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Douleur et analgésie

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La dépendance aux opiacés. Conséquences pour le traitement de la douleur Volume 22, numéro 4, Décembre 2009

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L’addiction est une maladie chronique et récidivante du système nerveux central.De nombreuses neuroadaptations se mettent en place suite à une exposition répétée aux drogues. Les progrès dans de nombreux domaines, neuro-imagerie, biologie moléculaire, modèles animaux, ont permis ces dernières années de mieux comprendre les mécanismes neurobiologiques et neurochimiques des addictions. L’activité du système nerveux central est globalement régulée par des molécules excitatrices et inhibitrices. L’équilibre très fin qui existe entre ces deux grands groupes de neurotransmetteurs et neuropeptides permet de garder l’homéostasie du cerveau. L’exposition aiguë à la drogue va, bien évidemment, fortement déséquilibrer cette balance. Si l’exposition se répète, peu à peu, le cerveau va essayer de s’opposer à ces effets pour maintenir l’équilibre. Il y a alors ce que nous appelons dans le jargon des neurobiologistes ≪neuroadaptation≫. Ces mécanismes, qui sont desmécanismes de rééquilibrage, perdurent très longtemps, et expliquent la nécessité d’utiliser des pharmacothérapies pour aider à l’abstinence. L’usage de traitements de substitution chez des personnes dépendantes aux opiacés a montré son utilité au cours des années passées. Il a pu être démontré que cette forme de traitement conduit à une réduction de la consommation de drogues opiacées ainsi qu’à une diminution des taux de morbidité et de mortalité liés à la prise de drogue.Néanmoins, ces traitements de substitution sont des agonistes opioïdes (buprénorphine ou méthadone), avec des propriétés pharmacodynamiques et pharmacocinétiques qui leurs sont particulières. La prise en charge de la douleur chez des patients substitués doit tenir compte de ces propriétés afin d’adapter les traitements, en termes aussi bien de molécule opiacée à utiliser, de fréquence d’administration, que de doses.