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Bulletin du Cancer

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Vivre la chimiothérapie au quotidien : un processus qui révèle l’âge Volume 95, supplément 8, FMC Oncogériatrie

Auteurs
Oncologue médical, médecin chef service d’oncologie, Centre hospitalier du Centre du Valais, Hôpital de Sion, avenue Grand-Champsec 80, 1951 Sion, Valais, Suisse, Docteur en sociologie, Haute Ecole Santé-Social Valais, Gravelone 5, 1950 Sion, Valais, Suisse

Les patients âgés désirent connaître leur diagnostic et les alternatives de traitement. Se sentir en bonne santé jusque-là et avoir surmonté d’autres épreuves sont des arguments qu’ils avancent pour accepter une chimiothérapie. Les issues possibles s’inscrivent dans un temps restant à vivre perçu comme limité, mais souvent surestimé. Durant cette phase, l’âge chronologique n’est pas évoqué. En revanche, suite au traitement, les patients ressentent les stigmates du vieillissement. Les répercussions de la chimiothérapie, principalement la fatigue, entraînent un retrait de la vie sociale et un repli sur la sphère privée. Le cancer et la chimiothérapie introduisent un sentiment de solitude et une vulnérabilité jusque-là inconnus. Les personnes, fragilisées par l’expérience, se sentent vieillies. Les difficultés de transport et l’isolement en sont deux conséquences significatives. Si les patients disent avoir décidé seuls de se faire traiter, l’aide des proches s’avère indispensable au cours du traitement. La chimiothérapie chez les personnes âgées ne peut pas se penser en dehors d’un contexte intégrant d’emblée des dimensions psychosociales et économiques. L’évaluation gériatrique doit se comprendre comme une approche dynamique susceptible d’intégrer, à chaque étape du parcours des patients, de nouveaux éléments pouvant la modifier.