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Bulletin du Cancer

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Traitement des bouffées de chaleur associées au cancer du sein Volume 91, numéro 4, Avril 2004

Auteurs
Service de médecine interne, Hôpital Desgenettes, 108, boulevard Pinel, 69003 Lyon Centre Léon‐Bérard, 28, rue Laennec 69373 Lyon Cedex 08 UHIM, hôpital Édouard‐Herriot, 1, place d’Arsonval, 69003 Lyon Service d’oncologie médicale, Hôpital Tenon, 2, rue de la Chine, 75020 Paris

Avec l’augmentation de la prescription de chimiothérapie et d’hormonothérapie adjuvantes, le nombre de femmes traitées pour cancer du sein et présentant secondairement des bouffées de chaleur iatrogènes va être en progression. Le traitement de référence reste la substitution œstrogéno‐progestative qui, dans cette situation, est classiquement contre‐indiquée. La prise en charge repose sur une évaluation du retentissement fonctionnel des bouffées de chaleur afin de mieux préciser les indications thérapeutiques. Les règles hygiéno‐diététiques, de par leur innocuité, sont toujours indiquées en première intention. Les traitements n’ayant pas démontré d’efficacité dans des études randomisées, comme les phyto‐œstrogènes et la vitamine E, ont, comme tout traitement des bouffées de chaleur, un effet placebo chez 30 % des patientes qui peut s’avérer utile. Les molécules d’action centrale comme la clonidine et la gabapentine voient leur utilisation limitée par leurs effets secondaires. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont la classe thérapeutique en développement la plus prometteuse dans cette indication. Les progestatifs sont efficaces mais leurs effets à long terme ne sont pas connus. Enfin, chez de rares patientes, l’indication d’un traitement hormonal substitutif peut se discuter au cas par cas en prenant en compte le bénéfice attendu par rapport au risque de récidive de cancer du sein. ▾