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Bulletin du Cancer

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Techniques et méthodes nouvelles en chirurgie des cancers digestifs Volume 88, numéro 1, Janvier 2001

Auteurs
Service de chirurgie digestive carcinologique, Institut Gustave-Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex.
  • Page(s) : 55-8
  • Année de parution : 2001

Pas de révolution dans la chirurgie digestive carcinologique, mais des évolutions qui font progresser notre pratique La principale évolution de la décennie à venir se fera principalement dans le contrôle, l'évaluation, voire la démarche d'assurance qualité (c'est-à-dire l'amélioration continue de la qualité) des procédures chirurgicales. Il est étonnant de voir le nombre d'essais prospectifs réalisés pour évaluer un traitement pré- ou postopératoire (comme la chimiothérapie ou la radiothérapie) dans lesquels une exérèse chirurgicale est faite, et où il n'y a aucun contrôle de qualité de cette exérèse. Or, comme on va le voir, la qualité de cette exérèse ou, en d'autres termes celle du chirurgien, est un facteur pronostique primordial. Souvenons-nous du contrôle de qualité effectué par nos méthodiques voisins, les Hollandais, lors de leur célèbre essai comparant les curages ganglionnaires étendus (D2) et les curages traditionnels (D1) dans les gastrectomies pour cancer : malgré une parfaite définition du geste à effectuer et la présence d'un expert lors de chaque curage D2, il y a eu plus de ganglions retirés que prévu dans 52 % des cas et moins de ganglions retirés que prévu dans 84 % des cas [1]. De même, le résultat anatomopathologique de la pièce est le résultat du travail conjoint de deux praticiens : le chirurgien et l'anatomopathologiste ; que l'un des deux fasse mal son travail, et ce résultat est incomplet. On constate en France que 56 % des résultats des pièces d'exérèses rectales issues des registres départementaux comportent moins de 8 ganglions analysés [2]. La classification pTNM de 1997 [3] spécifie pourtant qu'un minimum de 12 ganglions doit être analysé pour que le résultat ait une certaine fiabilité (puisque l'on sait que plus on analyse de ganglions et plus on en trouve d'envahis). En ce sens, le contrôle de qualité, que met en place la démarche nationale d'accréditation, sera la principale modification de la décennie.