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Bulletin du Cancer

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Mutations du gène du récepteur des androgènes : rôle possible dans le cancer de la prostate Volume 84, numéro 2, Février 1997

Auteurs
Service d’endocrinologie et de médecine de la reproduction et Laboratoire de biochimie B, Hôpital Necker, 149, rue de Sèvres, 75743 Paris Cedex 15, France.

Le cancer de la prostate est le deuxième cancer par ordre de fréquence chez l’homme, mais le premier après 75 ans, âge auquel il touche plus de 50 % de la population masculine. C’est une pathologie androgéno-dépendante et des modifications des paramètres du mécanisme d’action des androgènes, en particulier de leur récepteur, pourraient être impliquées dans son apparition, sa progression et son évolution vers un stade androgéno-indépendant. Certaines mutations du récepteur des androgènes aboutissent à un récepteur plus actif (mutation constitutive, amplification de l’expression du récepteur, prédominance d’un allèle court, plus actif, dans l’exon 1), permettant d’expliquer la progression vers l’androgéno-indépendance ou l’augmentation du risque relatif dans certaines populations. Les mutations modifiant la spécificité du récepteur (activation par les androgènes faibles, les antiandrogènes, les progestatifs ou l’estradiol) pourraient également être responsables de cette progression en l’absence d’androgènes. Des mutations diminuant l’activité du récepteur pourraient au contraire expliquer pourquoi certains cancers restent latents. Enfin, le polymorphisme de l’exon 1 pourrait peut-être être utilisé comme marqueur de pronostic dans la mesure où la prédominance d’allèles « courts » représenterait un récepteur plus agressif et donc favorisant l’apparition et l’évolution du cancer chez les sujets porteurs de ce polymorphisme. Les mutations du récepteur des androgènes sont peut-être plus fréquentes qu’on ne l’avait tout d’abord pensé, mais elles restent rares et il est difficile à l’heure actuelle de définir le moment où elles apparaissent et donc leur signification.