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Bulletin du Cancer

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Micronutriments et microconstituants végétaux protecteurs dans le cancer du sein Volume 88, numéro 10, Octobre 2001

Auteur
Groupe d'épidémiologie métabolique, Centre de recherche en cancérologie, Inserm - CRLC, 34298 Montpellier Cedex 5.

La synthèse présentée ici correspond à une analyse de la littérature fondée sur les trois ouvrages de référence actuels et sur le rapport d'une action concertée européenne. Ces revues ont été complétées par une analyse des données récentes, réalisée selon les mêmes critères de qualité méthodologiques que les revues précédentes : effectif, qualité du questionnaire alimentaire et des méthodes statistiques. Pour chaque microconstituant ou micronutriment, des hypothèses mécanistiques sont avancées qui soutiennent la pertinence des observations épidémiologiques et en inscrivent les résultats dans l'histoire naturelle du cancer. À côté des folates, peu étudiés dans le cancer du sein et dont l'effet se manifeste par une interaction avec le risque lié à l'alcool que les folates semblent diminuer, les anti-oxydants ont fait l'objet de nombreuses études avec des résultats peu convaincants. Environ la moitié des études relatives à l'effet des fibres sur le cancer du sein montrent une protection, bien que la plausibilité biologique de cet effet soit convaincante. Les phyto-œstrogènes, longtemps associés aux fibres, pourraient moduler négativement les récepteurs à œstrogènes et diminuer ainsi la promotion du cancer du sein par ces derniers. Mais ils peuvent également modifier d'autres acteurs de la promotion tumorale (topo-isomérase, enzymes de signalisation intracellulaire). La précaution est nécessaire dans l'interprétation des résultats de l'ensemble des études considérées comme dans l'utilisation à des fins préventive ou thérapeutique de ces micronutriments tant que la recherche épidémiologique n'aura pas confirmé les résultats positifs et que les données expérimentales n'auront pas clarifié tous les mécanismes en jeu.