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Bulletin du Cancer

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Les cancers du larynx et de l'hypopharynx : anatomie, anatomopathologie, signes cliniques, TNM, thérapeutique Volume 87, numéro spécial 12, FMC 5, Décembre 2000

Auteurs
Service d'ORL et de chirurgie de la face et du cou, Centre Antoine-Lacassagne, 33, avenue de Valombrose, 06189 Nice Cedex 2.
  • Page(s) : 27-38
  • Année de parution : 2000

Les cancers du larynx et de l'hypopharynx représentent en France respectivement 25 % et 15 % des cancers des voies aérodigestives supérieures (VADS), soit 5 à 6 % de la totalité des cancers. Ils s'observent dans plus de 90 % des cas chez l'homme, et dans deux tiers des cas entre 45 et 70 ans, avec un maximum de fréquence aux environs de 65 ans ; dans 95 % des cas, il s'agit d'un carcinome épidermoïde plus ou moins différencié [1-5]. Si les cancers du larynx sont essentiellement liés à une consommation excessive de tabac, en revanche ceux de l'hypopharynx sont plutôt en rapport avec une intoxication alcoolique ou alcoolo-tabagique. Si leur symptomatologie clinique rend compte de leur proximité anatomique, au niveau du carrefour aérodigestif, les tumeurs du larynx et de l'hypopharynx conservent cependant des caractéristiques évolutives et un pronostic radicalement différents, liés à leur origine embryonnaire et à leur extension et lymphophilie différentes, et à des modalités thérapeutiques particulières pour chacune de ces deux localisations. Ainsi le pronostic moyen, tous stades confondus, reste péjoratif, avec un taux de survie à 5 ans de 55 % en cas de cancer laryngé et de 30 % seulement en cas de cancer hypopharyngé. C'est la fréquence et l'importance de l'envahissement ganglionnaire cervical qui expliquent en partie cette plus grande gravité des cancers de l'hypopharynx, et cela même pour les lésions encore limitées [2, 4]. Le traitement de ces carcinomes pharyngolaryngés repose sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie selon des modalités qui seront décidées en comité pluridisciplinaire en fonction des caractères, de la localisation et de l'extension de la tumeur ; certaines options thérapeutiques, notamment celles qui privilégient le concept de préservation de l'organe, associent chirurgie partielle ou radiothérapie externe pour les tumeurs limitées, chimiothérapie néoadjuvante ou associations chimioradiothérapiques pour les tumeurs plus avancées. Quel que soit le mode de traitement, les résultats pour le patient devront être appréciés au double plan de l'efficacité antitumorale et de la qualité de la survie.