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Bulletin du Cancer

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Evolution actuelle des techniques chirurgicales dans le traitement des cancers invasifs du sein Volume 88, numéro 1, Janvier 2001

Auteurs
Département de chirurgie oncologique, Centre hospitalier Lyon-Sud, 69495 Pierre-Bénite Cedex.
  • Page(s) : 45-53
  • Année de parution : 2001

En 1997, le ministère de la Santé publie le rapport du Bulletin d'Épidémiologie [1] qui est consacré à une enquête sur la chirurgie du cancer du sein. Il y apparaît que 94 % des cancers traités sont invasifs, que la moyenne globale d'activité chirurgicale est de 38 hospitalisations par an, que 50 % des établissements pratiquent moins de 15 interventions par an, que 10 % seulement assurent 55 % de l'activité chirurgicale et que 69 établissements traitent plus de 100 cas par an. L'incidence de la mastectomie en France est de 156/100 000 femmes, soit 37 % des indications chirurgicales. Ce taux est très variable d'une région à l'autre (29 % en Auvergne, 45 % en Basse-Normandie). De nombreux travaux démontrent que, pour que le traitement locorégional chirurgical soit le mieux adapté aux connaissances actuelles de l'histoire naturelle du cancer du sein, il faut que le nombre de cancers du sein opérés par un chirurgien soit d'au moins 30 par an [2]. Pour le cancer du sein, comme pour d'autres cancers, l'expérience de l'opérateur apparaît comme un facteur pronostique important [3-5]. Ces éléments expliquent les différences importantes de types de chirurgie pratiqués pour des cancers de même volume, de taux de rechutes locorégionales et surtout de résultats esthétiques obtenus après traitement conservateur [6, 7]. L'évolution actuelle des techniques chirurgicales dans les cancers invasifs du sein est la conséquence de trois facteurs : - une meilleure connaissance de l'histoire naturelle du cancer du sein avec l'établissement de facteurs pronostiques histopathologiques et biologiques précis ; - le traitement chirurgical est intégré dans une stratégie thérapeutique globale : le but du chirurgien est d'obtenir le contrôle locorégional de la maladie en minimisant la morbidité sur les plans physique et psychologique ; - grâce au dépistage, le chirurgien doit traiter des cancers de plus en plus petits avec un risque d'extension ganglionnaire de plus en plus faible ; il y a donc une désescalade importante du geste chirurgical et une orientation forte vers les techniques de chirurgie peu invasive.