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Bulletin du Cancer

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Détection de la maladie résiduelle dans les lymphomes folliculaires par la technique de PCR : intérêt des sondes clono-spécifiques Volume 85, numéro 10, Décembre 1998

Auteurs

Les lymphomes folliculaires représentent 30 à 40 % des lymphomes malins non hodgkiniens. La majorité des patients présente des localisations multiples lors du diagnostic. Ces tumeurs évoluent lentement et sont en général incurables avec les traitements actuels. En effet, des cellules néoplasiques résiduelles, au-dessous du seuil de détection par les techniques standard, sont à l’origine des rechutes chez des patients considérés en rémission clinique. Avec le développement de la technique de PCR, la présence de ces cellules résiduelles malignes (minimal residual disease ou MRD) a été clairement démontrée. Récemment, l’association d’une chimiothérapie à fortes doses et d’une autogreffe de moelle ou de cellules souches hématopoïétiques périphériques autologues (CSP) est apparue prometteuse dans le traitement de ces lymphomes. En vue de la surveillance de la MRD dans les lymphomes folliculaires, deux applications de la PCR peuvent être utilisées : l’étude de la translocation t(14;18)(q32;q21), détectée dans environ 50 % des cas et l’étude des gènes réarrangés de la chaîne lourde des immunoglobulines (IgH) (gamma 75 % des cas sont positifs). La zone jonctionnelle bcl-2/JH issue de la translocation t(14;18) et la région CDRIII du réarrangement des gènes IgH (VH/JH) sont hypervariables, par leur taille et leur séquence, et peuvent donc être utilisées comme marqueurs spécifiques du clone tumoral de chaque patient. Le séquençage des zones jonctionnelles permet ensuite de synthétiser pour chaque patient une sonde spécifique, encore appelée sonde clono-spécifique. Ces sondes sont des marqueurs moléculaires d’une grande spécificité et d’une grande sensibilité pour la recherche de la MRD après traitement. Cette revue générale illustre l’apport de marqueurs moléculaires tels que les réarrangements bcl-2/JH et VH/JH pour la surveillance de la maladie résiduelle dans les lymphomes folliculaires.