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Bulletin du Cancer

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Associations chimioradiothérapie chez les patientes atteintes d’un carcinome du col utérin Volume 92, numéro 12, Décembre 2005

Auteurs
Service de curiethérapie, Département de radiothérapie,, Service de gynécologie oncologique, Département de médecine,, Service de chirurgie gynécologique, Département de chirurgie, Institut Gustave-Roussy, rue Camille Desmoulins 94800 Villejuif

Le cancer du col utérin est le deuxième cancer féminin à l’échelle mondiale après le cancer du sein. La chimioradiothérapie concomitante a été évaluée dans plus de 15 essais randomisés. Une méta-analyse a montré une différence statistiquement significative en faveur de la chimioradiothérapie sur la survie globale : risque relatif (RR) = 1,20, intervalle de confiance à 95 % (IC95 %) = 1,14-1,26, p < 0,001. La survie sans maladie était également plus élevée de façon statistiquement significative dans le bras chimioradiothérapie (RR = 1,26, IC95 % = 1,17-1,35, p < 0,001). Le bénéfice était plus marqué dans les essais incluant une proportion élevée de cancers de stades I et II. La chimioradiothérapie mettait en évidence un bénéfice significatif sur le contrôle local et les métastases. La toxicité gastro-intestinale et hématologique était significativement plus fréquente dans le groupe chimioradiothérapie. Les détails sur la toxicité tardive sont peu renseignés et il n’est pas actuellement possible de conclure sur une augmentation des complications tardives avec la chimioradiothérapie. Les critères d’inclusion n’étaient pas strictement les mêmes dans tous les essais, entraînant des variations dans la distribution des stades. De plus, les schémas de traitement utilisés dans les différents essais étaient différents pour la radiothérapie et pour la chimiothérapie. Ces résultats ont été obtenus avec différentes molécules de chimiothérapie incluant le cisplatine, soit en monothérapie, soit associé à d’autres cytotoxiques comme le 5-fluoro-uracile. Dans l’un des essais, l’association cisplatine et 5-fluoro-uracile s’est révélée plus toxique que le cisplatine seul, à résultat carcinologique égal. Les futurs essais cliniques randomisés devront établir les meilleurs schémas de chimiothérapie en association à l’irradiation.