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Bulletin du Cancer

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Association chimiothérapie d’induction, chirurgie et/ou radiothérapie, dans les cancers localement avancés de la tête et du cou. Analyse rétrospective d’une série de 125 patients Volume 84, numéro 9, Septembre 1997

Auteurs

Le pronostic des cancers localement avancés de la tête et du cou est péjoratif, surtout en cas d’envahissement ganglionnaire associé. Dans le but d’améliorer le contrôle local, de sauvegarder si possible le larynx et de lutter contre la dissémination métastatique occulte, nous avons débuté en 1986 un programme de chimiothérapie néoadjuvante dans les stades III et IV. De mai 1986 à novembre 1992, 125 patients porteurs de carcinomes malpighiens des voies aéro-digestives supérieures ont été traités selon le schéma suivant : 3 cures à 21 jours d’intervalle associant cisplatine (100 mg/m2 à J1) et 5FU (1g/m2 de J1 à J5 en perfusion continue) avant le traitement locorégional par chirurgie et/ou radiothérapie. Cent dix-neuf patients sont évaluables (110 hommes et 9 femmes). L’âge médian est de 57ans (36-78). Le temps médian de participation est de 32 mois (rangs : 4-112). Tous les patients ont un statut de performance inférieur ou égal à 2. Selon la classification TNM de l’UICC, 50 patients sont de stade IV (42 %), 61 de stade III (51%), 7 de stade II (6%) et 1 de stade I (1%). La répartition anatomique est la suivante : 30 cavités buccales (25 %), 26 oropharynx (22 %), 28 hypopharynx (24%), 32 larynx (27%) et 3 adénopathies cervicales isolées (2%). Cent patients (84%) ont reçu au moins 3 cures de chimiothérapie. Soixante-dix patients ont reçu une chirurgie radicale et/ou fonctionnelle tumorale et 11 patients une chirurgie ganglionnaire isolée. Cent dix-sept patients (98 %) ont reçu une irradiation dont 43 (37 %) de façon exclusive. Après chimiothérapie, une réponse objective a été observée chez 74 patients (62 %, intervalle de confiance : 60,4-63,5), avec 25 réponses complètes (RC) (21 %) et 49 réponses partielles (RP) (41 %) ; 37 patients étaient stabilisés (32 %) et 6 patients étaient en progression (6 %). En fin de traitement locorégional, 105 patients étaient en RC (89 %) et 8 patients en RP (7 %). La tolérance à la chimiothérapie est bonne avec 8 % de grades III et IV toutes toxicités confondues. La leucopénie de grades III et IV est la toxicité la plus fréquente (5 %). Quatre pour cent des patients ont présenté une toxicité rénale de grade III ou IV. La survie médiane globale de la cohorte est de 38 mois (rangs : 18-54 mois). La survie médiane sans rechute est de 62 mois. La localisation oropharyngée s’accompagne d’une meilleure survie (log-rank test, p = 0,02).