John Libbey Eurotext

Bulletin du Cancer

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Apport des nouvelles techniques d’imagerie à la planification radiothérapique des patients porteurs de glioblastome polymorphe Volume 92, numéro 4, Avril 2005

Auteurs
Département de radiothérapie-radiophysique, Institut Gustave Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex, Service de neuroradiologie, CHU Kremlin-Bicêtre, 78 rue du Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre Cedex, Département d’imagerie médicale, Institut Gustave-Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex, Service de neurochirurgie, CHU Kremlin-Bicêtre, 78 rue du Général-Leclerc, 94275 Le Kremlin-Bicêtre Cedex, Service de neurochirurgie, CH Saint-Anne, 1 rue Cabanis, 75014 Paris, Département de médecine, Institut Gustave-Roussy, rue Camille-Desmoulins, 94805 Villejuif Cedex

Le glioblastome reste actuellement la tumeur gliale maligne de l’adulte à la fois la plus fréquente et la plus mortelle. Malgré des techniques neurochirurgicales plus sûres, permettant des exérèses larges à morbidité limitée, les patients rechutent quasi systématiquement au sein même ou au voisinage immédiat du lit tumoral. La radiothérapie délivre depuis 20 ans la même dose de 60 Gy en 6 semaines, même si elle est guidée de façon plus précise par l’usage combiné des images tomodensitométriques (TDM) et d’imagerie en résonance magnétique (IRM) effectuées en position de traitement. Si la morbidité a diminué grâce à des volumes de radiothérapie n’incluant plus tout l’encéphale, la radiothérapie est presque toujours mise en échec in situ, comme la chirurgie. Toutes les études d’escalade de doses, jusqu’à 80-90 Gy sur un volume limité, ont échoué jusqu’ici. On peut donc se poser la question : délivre-t-on « la bonne dose au bon endroit » ? Avec les nouvelles techniques d’imagerie, c’est d’abord une meilleure visualisation des extensions microscopiques tumorales que l’on espère. Ces techniques reposant sur des principes métaboliques et non morphologiques, la mise en évidence par l’imagerie fonctionnelle d’anomalies « spécifiques » a une signification différente et souvent complémentaire aux informations apportées par l’imagerie morphologique classique. Les quatre principales techniques évaluées sont la spectroscopie de résonance magnétique (SRM), l’IRM fonctionnelle (IRMf), la tomographie par émission de positons (TEP) utilisant différents traceurs radioactifs (18-FDG, méthionine), la tomographie par émission de photons (SPECT) utilisant l’alpha-méthyl-thyrosine marquée à l’iode 123 (IMT). Chaque technique a des intérêts potentiels et des limites, la SRM et l’IRMf semblant actuellement les plus prometteuses : elles ont une résolution spatiale acceptable et peuvent être effectuées dans le même temps que l’IRM classique. Les anomalies mises en évidence par ces techniques ne recouvrent que très partiellement les régions en hypersignal à l’IRM morphologique pondérée en T1, en T2 ou FLAIR. Il est donc possible que leur usage dans la planification de la radiothérapie amène des informations complémentaires précieuses, permettant d’améliorer un gradient efficacité/toxicité très limité. Cette hypothèse ne peut être confirmée que par des études prospectives corrélant en parallèle les anomalies visibles en imagerie « classique » versus « métabolique » avec les sites précis de rechute. Une fois amélioré le « ciblage » des régions cérébrales microscopiquement envahies, on peut anticiper de nouvelles études, combinant de plus hautes doses de radiothérapie dans les « bons volumes » avec des drogues « ciblées », ces dernières ayant déjà démontré une réelle efficacité lorsqu’elles sont associées à la radiothérapie, particulièrement en cancérologie de la tête et du cou.