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Annales de Gérontologie

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Le processus de fragilité : mise à jour du phénotype et stratégies préventives Volume 1, numéro 1, Octobre-Novembre-Décembre 2008

Auteurs
Département de rééducation et de gériatrie École de médecine et Hôpital Universitaire de Genève Suisse

La fragilité a été longtemps considérée comme synonyme de handicap et de co-morbidité, fréquents au cours de la vieillesse, et qui engendrent un risque élevé de chutes, d’hospitalisation et de mortalité. Néanmoins, il est actuellement reconnu que la fragilité peut être considérée comme un syndrome clinique à part entière, avec des bases biologiques. Le processus de fragilité apparaît comme un état transitionnel entre l’état de robustesse et le déclin fonctionnel. Au cours de ce processus, les réserves physiologiques globales diminuent et deviennent insuffisantes au maintien et à la réparation du corps vieillissant. L’absence de consensus sur la définition de la fragilité est liée, en partie, à l’utilisation répandue de cette expression pour des états très variés. Les études longitudinales ont démontré qu’une démarche lente, la fatigue, l’anorexie, la perte de poids involontaire et la diminution de force musculaire doivent être considérées comme les symptômes majeurs de fragilité. Au stade de fragilité, le clinicien peut distinguer aisément le sujet âgé fragile du non fragile, en utilisant quelques facteurs comme la présentation clinique (consistante ou non avec l’âge), l’état nutritionnel (maigreur, perte de poids), l’évaluation subjective de la santé (perception de son propre état de santé), les performances (cognitive, physique et la sensation de fatigue extrême), les déficiences neurosensorielles et physiques (vision, audition, force) et les soins courants (médicaments, hospitalisations). Le processus du « devenir fragile » est silencieux et insidieux. Une meilleure compréhension de ces changements cliniques, et notamment de l’état pré-fragile, peut confirmer l’impression retenue par les gériatres que la fragilité croissante est différente du vieillissement, et par conséquent potentiellement réversible. Nous rapportons les nouvelles données sur la physiopathologie du processus de fragilité et ses caractéristiques cliniques et biologiques, ainsi qu’une réflexion sur les possibles interventions préventives.