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Annales de Gérontologie

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Étude préliminaire du devenir des personnes âgées prises en charge par une équipe mobile de gériatrie : impact de la présence de troubles cognitifs Volume 3, numéro 4, décembre 2010

Auteurs
Service de médecine gériatrique, CHU Carémeau, Place du professeur Robert Debré, 30000 Nîmes, Unité mobile de gériatrie, Département de santé publique, CHI de Poissy, 8 rue du champ Gaillard, 78300 Poissy

Les équipes mobiles gériatriques (EMG) se sont multipliées en France. Il n'existe pas de données probantes du bénéfice de leur intervention, ni sur le type de patient susceptible d'en tirer profit au mieux. Les troubles cognitifs sont l'un des facteurs pronostiques péjoratifs pour les personnes âgées hospitalisées. Quel est le devenir des patients présentant un déclin cognitif lorsqu'ils sont pris en charge par une EMG ? L'absence de lien entre troubles cognitifs et devenir péjoratif pourrait suggérer que l'intervention d'une EMG puisse être particulièrement pertinente dans cette sous-population. Il s'agit d'une étude préliminaire, descriptive, du pronostic de patients pris en charge par une EMG. Un recueil prospectif a été réalisé lors de 150 recours consécutifs à une EMG, de caractéristiques socio-démographiques, médicales et du devenir de patients âgés de 75 ans et plus. Ont été réalisées la description de la prévalence des troubles cognitifs (MMSE < 24), ainsi que la comparaison des groupes de patients : troubles cognitifs présents versus absents. La fréquence des troubles cognitifs était de 85 %. En cas de déclin cognitif, une dépendance antérieure à l'hospitalisation, une polypathologie et des symptômes psycho-comportementaux étaient plus fréquents. Malgré une vulnérabilité majorée, au terme de l'intervention de l'EMG et de l'hospitalisation, durée de séjour, survie et retour au domicile antérieur n'étaient pas péjoratifs, en comparaison au devenir du groupe sans déclin cognitif. L'intervention d'une EMG pourrait être particulièrement bénéfique dans le groupe des patients atteints de troubles cognitifs. Ce constat pourrait servir de base de réflexion à l'élaboration, dans l'avenir, d'une stratégie pertinente d'évaluation du ciblage et du devenir des patients pris en charge par les EMG.