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Annales de Biologie Clinique

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Profil en auto-anticorps dans un groupe de patients algériens atteints de sclérodermie systémique Volume 78, numéro 2, Mars-Avril 2020

Auteurs
1 Beni Messous University Hospital, Department of immunology ; Algiers Faculty of medicine, University of Algiers 1, Algiers, Algeria
2 Specialized medical center of Ben Aknoun, Department of rheumatology, Algiers, Algeria
3 Beni Messous University Hospital, Department of epidemiology and preventive medicine, Algiers, Algeria
* Correspondence

Objectif : Etablir un profil en auto-anticorps dans un groupe de patients algériens atteints de sclérodermie systémique (ScS) et évaluer les associations entre ces auto-anticorps et les différentes formes clinques et phénotypiques de la maladie. Méthodes : Une série de patients algériens diagnostiqués et suivis pour ScS ont été inclus dans cette étude. En plus d’une caractérisation clinique, tous les patients ont bénéficié d’une recherche d’auto-anticorps par des techniques d’immunofluorescence, immuno-enzymatiques et d’immuno-dots. Résultats : L’étude a porté sur 150 patients dont 103 (68,7 %) avaient la forme sclérodermie systémique cutanée limitée (ScScl), 42 (28 %) avaient la forme sclérodermie systémique cutanée diffuse (ScScd) et 5 (3,3 %) avaient la forme sclérodermie systémique sine scleroderma. Les auto-anticorps associés à la ScS étaient positifs chez 135 (90,0 %) patients et dont 63 (42 %) avaient plus d’un auto-anticorps. Les deux auto-anticorps les plus fréquents sont les anticorps anti-topo-isomérase I et les anti- SSA/Ro avec respectivement 76 (50,7 %) et 49 (32,7 %) des patients. Tandis que les anticorps anti-centromère, anti-RNA polymérase III, anti-U3 RNP, anti-Th/To, anti-U1 RNP, anti-PM/Scl et anti-Ku étaient notés respectivement chez 23 (15,3 %), 9 (6 %), 5 (3,3 %), 3 (2 %), 25 (16,7 %), 11 (7,3 %) et 4 (2,7 %) des patients. Les anticorps anti-topo-isomérase I étaient associés à la forme cutanée diffuse (p < 0,0001), à la pneumopathie interstitielle (p < 0,0001) et aux ulcérations digitales (p < 0,0001). De plus, les anti-U3 RNP étaient associés à l’hypertension artérielle pulmonaire (p = 0,031). Conclusion : De nombreuses similitudes et différences ont été observées dans la prévalence des auto-anticorps au cours de la ScS dans notre étude en comparaison aux autres populations. Les anticorps anti-topo-isomérase I et anti-U3 RNP pourraient constituer des marqueurs utiles pour l’atteinte pulmonaire. Des études supplémentaires sont nécessaires afin d’évaluer l’influence de l’origine ethnique dans l’expression de la maladie et la production des auto-anticorps.