JLE

Néphrologie & Thérapeutique

MENU

Management of bone and mineral metabolism disorders before the dialysis stage remains still perfectible. Data from the French Phosphorus and Calcium Survey Photo-Graphe Volume 13, issue 6, 2017-11-01

Figures


  • Fig. 1

  • Fig. 2

  • Fig. 3

Tables


  • Tableau 1

  • Tableau 2

  • Tableau 3

  • Tableau 4

  • Tableau 5

  • Tableau 6

  • Tableau 7
Authors

Introduction

La fragilité est un concept fréquemment utilisé en gériatrie. Il peut être défini comme un syndrome biologique, associé à une diminution des réserves, de la résistance aux agents stressants, résultant du déclin de différents systèmes physiologiques et accentuant le risque d’hospitalisation et de décès. En hémodialyse, certaines données limitées soulignent que ce concept pourrait aussi être intéressant à analyser, notamment en termes prédictif. En Europe, la prévalence n’est pas connue et pourrait varier selon les critères diagnostiques utilisés.

Patients et méthodes

Nous avons étudié la prévalence de la fragilité dans une population hémodialysée d’un centre universitaire. La fragilité est définie : (1) selon les critères de Fried [1] (si 3 ou 4 points sont rencontrés) : dénutrition (perte de poids sur un an), fatigue (questionnaire), faiblesse musculaire (mesure de la force de préhension), ralentissement (mesure de la vitesse de déplacement) et bas niveau d’activité physique (questionnaire) ; (2) selon les critères de Johansen basés uniquement sur les résultats de différents questionnaires [2].

Résultats

Cent huit patients adultes ont été inclus, dont 66 % d’hommes. L’âge médian était de 64 ans (P25 : 47,5 P75 76). La prévalence de la fragilité dans notre population est très élevée, à savoir 58 % selon les définitions de Fried et al. et Johansen et al. [1,2]. La concordance entre les deux définitions est bonne (test de kappa à 0,733±0,066). Les patients fragiles (selon Fried) sont plus âgés (69 versus 48 ans, p<0,0001) et plus souvent diabétiques (54 versus 24 %, p=0,0019).

Discussion

Dans notre population hémodialysée européenne, nous décrivons une prévalence très élevée (plus d’un patient sur deux) de sujets fragiles. En Amérique du Nord, la prévalence de fragilité en dialyse varie selon les études entre 30 et 60 %.

Conclusion

Nous avons observé un phénotype de fragilité chez plus d’un patient dialysé sur deux. Il s’agit maintenant de s’assurer que ce phénotype est bien un prédicteur indépendant de mortalité puis de mener des études interventionnelles pour tenter d’améliorer cette fragilité chez nos patients.

Introduction

La mesure de la force de préhension est une des données importantes dans la recherche d’une éventuelle fragilité chez le sujet hémodialysé. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact du moment de la mesure (avant ou après le branchement du patient à la machine) sur les résultats de force de préhension.

Patients et méthodes

Nous avons mesuré la force de préhension à l’aide d’un dynamomètre (Jamar® hydraulic hand dynanometer, Patterson Medical) chez 101 patients hémodialysés au CHU de Liège (Wallonie, Belgique). Les mesures ont été effectuées du côté dominant avant et après la séance de dialyse (patient non connecté). À chaque temps, trois mesures ont été réalisées et la valeur la plus élevée des trois était gardée pour analyse. Les valeurs seuil utilisées pour objectiver une faiblesse musculaire sont celles définies par Fried et varient selon le sexe et l’indice de masse corporelle [1].

Résultats

Cent un patients hémodialysés ont été inclus dans l’analyse, dont 36 femmes. L’âge moyen de nos patients était de 60±20 ans. Une faible force de préhension selon Fried (faiblesse musculaire) est observée en début de dialyse chez 39 % des sujets. La force de préhension médiane des patients avant la dialyse était de 28 [18,5] kg (20 [12] kg pour les femmes et 34 [16,5] kg pour les hommes, p<0,0001). Après dialyse, la mesure est répétée et on observe une diminution significative de la force de préhension à 24 [20] kg (soit une différence médiane de −4 [6] kg, et une différence relative de −11 [20] %, p<0,0001). La diminution observée chez la femme après dialyse n’est pas différente de celle observée chez l’homme (respectivement −2 [3] kg et −4 [6] kg). La diminution de force de préhension au cours de la dialyse est significative que le sujet ait une faiblesse musculaire initiale (donc au début de la dialyse) ou pas. Après dialyse, le pourcentage de patients considérés comme ayant une faible force de préhension augmente à 50 %.

Discussion

Nous avons montré que la force de préhension diminuait de manière statistiquement et cliniquement significative en fin de dialyse.

Conclusion

Une mesure reproductible de la force de préhension chez le patient hémodialysé impose de standardiser le moment où cette mesure est réalisée.

Introduction

L’hémodiafiltration (HDF) a montré ses nombreux intérêts [1]. L’HDF permet l’épuration bénéfique de toxines urémiques, mais entraîne également des pertes de molécules intéressantes telles les vitamines notamment la C. Celle-ci est impliquée dans la biodisponibilité du fer et donc l’érythropoïèse. Cette étude compare les posologies d’EPO avant et après l’introduction d’une supplémentation en vitamine C chez des patients en HDF.

Patients et méthodes

Quarante patients, traités par HDF chronique, stables ont été évalués. Tous les patients ont été supplémentés par vitamine C 1 gramme IV par semaine lors de la dernière séance hebdomadaire pendant 6 mois. L’hémoglobinémie, le bilan martial, la dose d’EPO ont été analysés. Les comparaisons de proportions et médianes ont été respectivement réalisées à l’aide du test exact de Fisher et du test de rang de Wilcoxon pour échantillon apparié.

Résultats

Sous traitement par vitamine C, les doses médianes d’EPO sont stables au cours de l’étude avec 72 UI/kg/semaine (min : 0–max. : 262) en début d’étude et 75 UI/kg/semaine (0–261) (p=0,49) en fin d’étude. La dose de fer est également stable avec 108mg/semaine (0–672) en début d’étude et 78mg/semaine (0–655) (p=0,92) en fin d’étude. La ferritinémie est restée stable avec 454 ug/L (56–1077) en début et 500 ug/L (61–1517) (p=0,28) en fin d’étude. En revanche, l’hémoglobinémie passe de 11 gr/dL (9,6–13) en début d’étude à 11,4 gr/dL (9–13,7) (p=0,01) en fin d’étude.

Discussion

L’hémoglobinémie a significativement augmenté au cours de l’étude sans modification des posologies d’EPO et de fer. Dans cette étude, il semble que l’utilisation de la vitamine C ait permis d’optimiser l’érythropoïèse avec l’obtention d’une hémoglobinémie plus élevée pour des doses d’EPO et de fer identiques. Les limites de cette étude sont un faible effectif et l’absence de groupe contrôle. Ces résultats doivent être confortés par des études contrôlées randomisées. À long terme, une baisse des besoins en fer et EPO après supplémentation en vitamine C est à évaluer chez les patients en HDF.

Conclusion

La supplémentation en vitamine C des patients en HDF semble augmenter la réponse à l’EPO et au fer pour corriger l’anémie.

Introduction

Les patients traités par dialyse péritonéale sont exposés à un double risque nutritionnel. La dépense énergétique totale (DET) des patients traités par DP pourrait être augmentée par rapport à la population générale et favoriser la survenue d’un état de dénutrition protéinoénergétique. L’absorption de glucose du dialysat par voie transpéritonéale pourrait contribuer à la survenue d’une balance énergétique positive et d’un syndrome métabolique. L’objectif principal de cette étude est de comparer la DET et ses composantes (repos, sommeil, repas, activité physique) chez des patients traités par dialyse péritonéale automatisée (DPA) par rapport à celles de volontaires sains.

Patients et méthodes

Pour cette étude, 7 patients (sur 12 prévus), traités par DP automatisée depuis plus de 3 mois, de sexe masculin ont été inclus et comparés à 9 volontaires sains. Les investigations comprenaient une consultation médicale, des examens biologiques dont une épreuve d’hyperglycémie orale provoquée, une mesure de la DET et du quotient respiratoire (QR) en chambre calorimétrique.

Résultats

La DET mesurée en chambre calorimétrique était de 2315,6±352kcal/j contre 2174±335kcal/j dans le groupe témoin (p=0,40) La DET ajustée à la masse maigre dans le groupe DPA était de 37,93±5,41kcal/kg/j versus 34,9±3,1 dans le groupe témoin, (p=0,18). La DE de base durant la période de sommeil était à 1,07kcal/kg/h dans le groupe DPA contre 0,91kcal/kg/h dans le groupe témoin (p=0,07). Le QR moyen de sommeil était à 0,99 dans le groupe DPA contre 0,93 dans le groupe témoin (p=0,12). D’après l’index HOMA-R, 57 % des patients DPA étaient insulinorésistants et l’absorption moyenne du glucose par voie transpéritonéale représentait 558±153kcal.

Discussion

Ces résultats préliminaires indiquent que la DET mesurée par chambre calorimétrique de patients en DPA n’est pas différente de celle de patients volontaires sains. En condition de vie courante, une balance énergétique positive chez les patients en DPA est retrouvée et peut être expliquée par une moindre activité physique et l’apport calorique lié à l’absorption du glucose.

Conclusion

Ces données sont un argument pour encourager l’activité physique régulière des patients en DPA et minimiser l’exposition au glucose du dialysat.

Introduction

La dénutrition protéinoénergétique (DPE) est fréquente chez les patients dialysés au long-court et est associée avec une morbidité et une mortalité accrue. Malgré tout, son évaluation reste difficile. Les scores de DPE, d’ARNOS et d’IPAQSS ont été développés dans ce but. Ils prennent en compte les différents compartiments corporels avec 3 paramètres communs (albumine sérique, Index de masse corporelle, apports protéiques) associés à l’index de créatinine (IC) pour le score de DPE, à la créatininémie normalisée par la surface corporelle (créatinine/SC) pour le score d’ARNOS et à la perte de poids à 6 mois pour le score d’IPAQSS. L’objectif de cette étude est de déterminer le score le plus pertinent pour l’évaluation de la DPE chez les patients hémodialysés.

Patients et méthodes

Les scores de DPE, d’ARNOS et d’IPAQSS ont été calculés chez 157 patients hémodialysés (104H/53F, âge médian : 68 [18–92]). De plus, l’index de créatinine (IC), la masse maigre corporelle (MMC) dérivée de l’IC comme substitut de la masse musculaire et l’index de masse musculaire squelettique (IMMS) en impédancemétrie ont été calculés.

Résultats

Les scores d’ARNOS et de DPE sont modérément concordants avec le score d’IPAQSS (respectivement coefficient kappa=0,536, p<0,0001 et kappa=0,534, p<0,0001, tableau de Landis et Koch 1977) alors que le score d’ARNOS est fortement concordant avec le score de DPE (coefficient kappa=0,793, p<0,0001). De plus, le critère créatinine/SC du score d’ARNOS est fortement corrélé avec l’IC (r=0,841, p<0,0001). En revanche, l’IMMS en impédancemétrie n’est pas corrélé avec la créatinine/SC (r=0,05, p=0,5425), l’est faiblement avec l’IC (r=0,364, p<0,0001) et plus fortement avec la MMC (r=0,53, p<0,0001).

Discussion

Le score ARNOS et DPE semblent plus appropriés que le Score IPAQSS pour évaluer la DPE précoce chez les patients dialysés.

Conclusion

Néanmoins, la masse musculaire estimée par l’IC et mesurée par impédancemétrie sont discordants et nécessitent des investigations futures dans une cohorte plus grande de patients hémodialysés.

Introduction

L’anticoagulation régionale citrate (ARC) est une alternative efficace à l’héparine pour les patients dialysés avec un risque hémorragique, mais son application clinique est lourde et difficile au cours des techniques intermittentes.

Matériels et méthodes

Nous décrivons une nouvelle technique simplifiée d’ARC en soins intensifs néphrologique à l’aide d’un dialysat au citrate sans calcium (Citrasate® 485, Hemotech, Toulouse, France) pour la technique de dialyse intermittente. Ce nouveau protocole évite l’infusion de citrate dans la ligne artérielle du circuit extracorporel. La quantité de calcium a restitué en postdilution est adaptée en temps réel selon un modèle cinétique à la mesure de la dialysance ionique par le moniteur de dialyse. L’objectif de cette étude était de démontrer la faisabilité et l’efficacité de cette technique. Dix-sept patients ayant une contre-indication à l’héparine ont été inclus dans l’étude.

Résultats

Nous avons effectué 29 séances de dialyse à l’aide de la nouvelle technique d’ARC dont l’objectif principal était le taux de réussite des séances ayant atteint la durée de 240min sans héparine. Vingt-cinq séances ont été conduites sans coagulation du circuit jusqu’à 240min. Quatre séances ont été stoppées prématurément en raison d’abords vasculaires dysfonctionnels. Le calcium ionisé mesuré après la membrane était en moyenne à 0,21±0,07mmol/L à 30min et 0,35±0,19mmol/L à 240min. Le calcium ionisé systémique est resté dans la fourchette des valeurs normales, en moyenne 1,02±0,13mmol/L avant séance et 1,24±0,13mmol/L après séance. Nous n’avons observé aucun effet indésirable lié au citrate et aucune accumulation de citrate.

Discussion

À notre connaissance, nous décrivons pour la première fois une nouvelle méthode d’ARC destinée aux techniques de dialyses intermittentes. Elle est simplifiée par l’utilisation d’un dialysat au citrate sans calcium avec une réinjection de calcium asservie à la dialysance ionique évitant la surveillance du calcium systémique. Elle ne nécessite pas d’infusion de citrate ni d’héparine supplémentaire dans la ligne artérielle. Notre protocole d’ARC est simple, sûr, efficace et limite les effets indésirables liés au citrate.

Conclusion

Cette technique simplifiée d’ARC est facile à mettre en place en réanimation pour les patients à risques hémorragiques.

Introduction

La technique du buttonhole (BH) consiste à piquer la fistule artérioveineuse (FAV) au même endroit, avec même angle et même profondeur, afin de créer un tunnel et pouvoir utiliser des aiguilles émoussée. Les mérites de cette technique par rapport aux autres techniques ont toujours été un sujet de controverse.

Objectif

Étudier la technique du BH sur l’incidence des complications vasculaire et surtout infectieuse de l’abord vasculaire.

Patients et méthodes

Étude rétrospective, incluant 36 patients en dialyse à domicile, formés au BH par la même équipe. Les paramètres épidémiologiques, clinico-radiologiques ont été recueillis des dossiers médicaux. La douleur lors de la ponction est évaluée par un questionnaire.

Résultats

L’âge moyen est de 47,3 ans (22–72), le sex-ratio est de 1,5 (24H/12F), la néphropathie initiale : 25 % glomérulaire, 9 % vasculaire, 9 % diabétique, 6 % interstitielle et 19 % maladies systémiques. L’ancienneté du BH est en moyenne de 17,4 mois (3–49) ce qui correspond à 6890 séances d’hémodialyse. La FAV, native dans tous les cas, est radio-radiale chez 43 % des patients, humérobasilique chez 31 % et humérocéphalique chez 26 %. Tous les patients bénéficient d’une surveillance du débit de la FAV une fois/3 mois par transonic. Douze patients n’ont jamais nécessité d’exploration radiologiques (écho-Doppler et/ou fistulographie). Une seule thrombose et 9 sténoses nécessitant une dilatation par angioplastie. Un seul épisode infectieux des points de ponction a été noté au début de l’utilisation du BH. Notre protocole a été modifié en utilisant de la mupirocine sur les points de ponction après chaque retrait des aiguilles. Depuis, aucune infection n’a été relevé. Plus de la moitié des patients ne ressentent aucune douleur à la ponction.

Discussion

Plusieurs études avaient montré l’avantage du BH par rapport à la technique de l’échelle de corde, mais avec un risque d’infection plus important. L’expérience de notre centre va à l’encontre de ces résultats. Sur une durée moyenne de 17,4 mois, nous n’avons noté qu’un seul épisode infectieux. Nos résultats s’expliquent par un respect rigoureux du protocole d’asepsie, de ponction et à l’utilisation de la mupirocine en prophylaxie.

Conclusion

Chez les hémodialysés dans les centres, le BH a des indications très limitées. En revanche, chez les patients dialysés à domicile elle doit être une technique de choix, en raison de complications très faibles et de risque infectieux maîtrisé si on respecte un protocole de soins rigoureux.

Introduction

Les vitamines hydrosolubles notamment les vitamines C, B6, B12, folates sont éliminées par l’hémodialyse (hd) ou par l’hémodiafiltration (hdf) compte tenu de leur faible poids moléculaire. Des recommandations ont été édictées pour supplémenter les patients après dialyse sans que cette prescription soit prise en charge par l’assurance maladie.

Patients et méthodes

Étude prospective multicentrique chez les patients traités par HD ou HDF en centre ou UDM ECHO traités par methoxy polyéthylène glycol-epoietin bêta depuis 3 mois. Chaque patient a subi une enquête diététique et un dosage avant HD des vitamines C, B6, B12, folates.

Résultats

Soixante-six patients d’âge médian 78 ans, 56 % hommes, 42 % diabétiques, IMC médian 26 traités par HDF dans 71 % des cas ont été étudiés, 94 % 3 hd/semaine, durée médiane d’HD 4 ans. L’enquête diététique a permis de déterminer que l’état nutritionnel est correct dans la majorité des cas : subject global assesment (SGA) À 98 % ; apport protéique médian 1,1g/kg poids ajusté/j et apports caloriques median 27Kcal/kg/j ; un apport alimentaire quotidien en vitamine C insuffisant : médiane 76,7mg/j (recommandation française 100mg/j) un apport en vitamine B6 1,6mg/j normal ainsi que l’apport en vit B12 4,8 microg/j ; supplémentation vitaminique à l’inclusion : vit C 24 %, folates 38 %, vit B6 13,6 %, vit B12 10,6 % 25OH VIT D 95 %. Les dosages plasmatiques avant dialyse : vit C médiane plasm 8,6 micromol.L et 22/66 concentration indosable avant dialyse soit 86 % de patients carencés ; vit B6 médiane 28 nmol/L, 42 % carencés ; folates : 13,6 % de patients carencés et pas de carence en vit B12.

Discussion

Cette étude confirme la carence généralisée et profonde des patients HD en vitamine C et la nécessité de la compenser. La carence en vitamine B6 est fréquente malgré des apports alimentaires suffisants, il existe une hausse des besoins en vitamine B 6 chez l’hémodialysé.

Conclusion

L’ECHO a donc décidé de fournir à tous les patients hémodialysés une supplémentation orale en vitamine C 250mg 2/sem et en vitamine B6 absorbée à la fin de la séance.

Groupe(s) de travail

Équipe des diététiciennes ECHO.

Introduction

Dans l’insuffisance rénale chronique (IRC), la vitesse de progression vers le stade d’insuffisance rénale terminale peut être très variable d’un patient à l’autre. L’objectif de cette étude est d’identifier des profils types d’évolution de la fonction rénale (FR) chez des patients IRC stade 4 et d’identifier les déterminants associés à ces profils évolutifs.

Patients et méthodes

La cohorte hospitalière, multicentrique, régionale, française Non Dialysis - Chronic Renal Insufficiency Study (ND-CRIS) inclut des patients adultes en IRC, suivis en consultation de néphrologie. L’étude a analysé l’évolution des débits de filtration glomérulaire (DFG) des patients IRC stade 4 de la cohorte et ayant au moins 2 DFG estimés (équation MDRD) à partir du premier DFG<30mL/min/1,73m2. Pour chaque patient, la différence entre le premier DFG et les suivants à été analysée à l’aide d’un modèle linéaire mixte à classes latentes (MLMCL). Les caractéristiques cliniques et biologiques des patients au sein des différents profils ont été analysées à l’aide d’une régression logistique multinomiale.

Résultats

Parmi les 1045 patients inclus, 5 sous-groupes de progression et 3 profils ont été identifiés (suivi médian : 18,2 mois [min. 2,1–max. 64], nombre médian de DFG estimés : 5 [2–33]). Deux groupes (n=795) avaient une dégradation lente de leur FR (<4mL/min/1,73m2/an), 2 groupes (n=177) avaient une FR stable au cours du suivi et le cinquième groupe (n=73), une dégradation plus rapide de la FR (9mL/min/1,73m2/an en moyenne). En analyse multivariée, la dégradation rapide de la FR était associée à un débit de protéinurie supérieur à 1g/j (OR [IC95 %] =1,9 [1,1–3,2]), une TA>140/90mmHg (OR=1,8 [1,1–3,1]), une hypocalcémie (OR =1,8 [1,1–3,1]), une hémoglobine inférieure à 11g/dL (OR=2,4 [1,4–4,1]) et un suivi en néphrologie, avant l’inclusion, de moins de 13 mois (OR=1,7 [1,03–2,9]).

Discussion

Le MLMCL suppose une population hétérogène constituée de sous-groupes de patients ayant chacun une évolution propre du DFG. Ce modèle nous a permis de classer les patients en 3 profils types d’évolution du DFG en tenant compte de toutes les estimations de celui-ci disponibles au cours du suivi.

Conclusion

Cette approche devrait nous permettre de développer, à l’aide de cette cohorte ouverte, un score prédictif de dégradation rapide de la FR chez les patients en IRC sévère.

Introduction

Dans de précédentes études, nous avons montré que les patients français en hémodialyse quotidienne (HDQ : HD 5 ou 6 séances/semaine) avant 2013 présentaient des profils variés [1] et avaient une plus grande probabilité de décéder que les patients en HD 3×/semaine [2]. L’objectif de cette nouvelle étude était de comparer les caractéristiques et trajectoires des patients français en HDQ à celles des patients australiens et néo-zélandais issus du registre ANZDATA ainsi que d’analyser la survie de ces patients.

Patients et méthodes

Tous les patients incidents, majeurs, ayant démarré une HDQ entre 2003 et 2012 en France (issus de REIN) et en Australie et Nouvelle-Zélande (issus de l’ANZDATA) ont été inclus. Les caractéristiques démographiques, biocliniques et les modalités de prises en charges des patients ont été analysées et comparées en fonction du registre. Le modèle de Cox a été appliqué pour étudier la survie au 31/12/2013.

Résultats

Entre 2003 et 2012, 523 patients en Australie et NZ et 753 patients en France ont démarré une HDQ. Les patients issus de l’ANZDATA étaient plus jeunes que ceux issus de REIN (âge médian : 54,8 ans vs. 64 ans) et présentaient davantage de comorbidités (obésité, diabète, pathologies cardiovasculaires). En Australie et Nouvelle-Zélande, les patients étaient à 96,7 % en HD conventionnelle (5 ou 6×/semaine) et 14,2 % étaient en HD longue nocturne. En France, les patients étaient à 20 % en HDQ convective (5 ou 6×/semaine). Après l’appariement 1:1 sur l’âge, le sexe et l’année de démarrage de la dialyse, la probabilité de décéder était similaire (HRajusté=1,04 ; IC95 % : 0,76–1,41) entre les 550 patients issus des deux registres.

Discussion

En Australie et Nouvelle-Zélande, l’HDQ était administrée à des profils homogènes de patients (jeunes et polypathologiques) contrairement en France où les patients présentaient des profils très variés. Par ailleurs, les modalités de dialyse sont différentes en fonction du registre.

Conclusion

Bien que les patients en HDQ de l’ANZDATA étaient plus pathologiques que ceux de REIN, après appariement, la probabilité de décéder était la même au sein des deux registres.

Introduction

La péritonite est une des premières causes d’échec de la technique en dialyse péritonéale (DP). Il existe des recommandations pour la prévention des infections en DP, mais on observe de larges disparités du taux de péritonite entre les différents pays du monde et bien souvent entre les centres d’un même pays, notamment en France.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective multicentrique, menée à partir des données du registre de dialyse péritonéale en langue française (RDPLF). Les pratiques des centres étaient décrites et cartographiées, en respectant l’anonymat des centres. Une analyse hiérarchique était réalisée afin de déterminer des clusters de pratiques. Une cartographie de ces différents clusters était proposée.

Résultats

Nous avons analysé les données liées à 2770 cathéters posés dans 64 services en France métropolitaine, entre le 1er février 2012 et le 31 décembre 2016. Trente-quatre cathéters étaient répertoriés en médiane dans chaque centre (de 5 à 133). Vingt-huit (43,8 %) centres utilisaient en routine une antibioprophylaxie systémique à la pose du cathéter de DP, et 8 (12,5 %) appliquaient par la suite une antibioprophylaxie locale à l’émergence, alors que ces pratiques sont préconisées par les recommandations internationales. La présence d’infirmières dédiées ou de néphrologues experts en DP au sein d’un centre n’était pas associée à une meilleure adhérence aux recommandations. Les pratiques étaient hétérogènes entre les centres. Nous avons identifié 4 clusters de centres selon leurs pratiques de soins liés aux cathéters. La proximité géographique entre les centres n’était pas associée à une homogénéité des pratiques.

Discussion

La propagation des bonnes pratiques de soins liées aux cathéters de DP semble nécessaire en France. L’identification de centres leaders d’opinion pourrait être un levier efficace, en ciblant les actions sur ces centres dans un premier temps. Il semblerait que les hôpitaux universitaires ne jouent pas encore ce rôle de centres d’influence pour la pratique de la DP en France. Les raisons du manque d’adhérence aux recommandations restent à explorer.

Conclusion

Les pratiques de soins en DP sont hétérogènes en France, même lorsqu’elles font l’objet de recommandations internationales. Des études sont encore nécessaires pour rechercher l’effet des pratiques centres sur le devenir des patients en DP.

Introduction

Les essais randomisés en recherche biomédicale permettent des prises de décision basées sur des preuves scientifiques lorsqu’ils mesurent et rapportent de manière homogène des critères de jugement pertinents pour tous les utilisateurs de la recherche. Le but de cette étude est d’évaluer l’homogénéité et la cohérence des critères de jugement rapportés dans les essais d’hémodialyse.

Matériels et méthodes

Nous avons évalué les essais inclus dans toutes les revues systématiques Cochrane publiées jusqu’au 29 août 2016 et les essais publiées et enregistrés dans ClinicalTrials.gov depuis janvier 2011. Tous les essais intéressant les adultes hémodialysés, quel que soit le type d’intervention étudiée, ont été inclus. Nous avons évalué les caractéristiques détaillées et la fréquence d’utilisation de chacun des critères de jugement.

Résultats

Nous avons inclus 362 essais et analysé 10 713 mesures de critères de jugement (médiane : 21 par essai, écart interquartile : 10 à 39). Ces critères ont été classés en 81 domaines parmi lesquels 42 (52 %) étaient des critères de substitution, 25 (31 %) des critères cliniques et 14 (17 %) des critères rapportés par le patient. Les cinq domaines les plus fréquemment rapportés étaient tous des critères de substitution : phosphore (125 [35 %] des essais), dose de dialyse (120 [33 %]), anémie (115 [32 %]), marqueurs de l’inflammation (114 [31 %]) et calcium (109 [30 %]). La mortalité, les évènements cardiovasculaires et la qualité de vie étaient rarement rapportés dans les essais (73 [20 %], 44 [12 %] et 32 [9 %], respectivement). Les critères de jugement les plus fréquemment rapportés étaient mesurés de manière hétérogène entre les essais sans amélioration au cours du temps.

Discussion

Les critères de jugement rapportés dans les essais incluant des adultes hémodialysés évaluent sont principalement des biomarqueurs plutôt que des critères cliniques ou centrés sur le patient. Ces critères sont multiples et hétérogènes à chaque niveau de mesure : domaine, métrique, méthode d’agrégation et délai d’analyse. Cela rend difficile la synthèse de résultats entre les essais et la pertinence des critères rapportés est parfois discutable.

Conclusion

L’optimisation de l’homogénéité et de la cohérence des critères de jugement requiert leur standardisation dans les essais cliniques.

Groupe(s) de travail

SONG-HD.

Introduction

Les régimes pauvres en protéines permettent de ralentir la progression de l’insuffisance rénale chronique (IRC) en raison de l’hyperfiltration glomérulaire induite par chaque charge protéique. Cependant, les études ayant démontré les effets hémodynamiques rénaux d’une charge protéique ont été construites sur des charges en advanced glycation end products (AGEs), correspondant à des protéines modifiées (viande cuite, perfusion d’acides aminés). Alors que le mécanisme exact de l’hyperfiltration glomérulaire induite par les protéines reste débattu, le but de notre étude était de démontrer l’impact du contenu en AGE sur l’hyperfiltration glomérulaire induite par les protéines.

Patients et méthodes

Dix sujets sains ont reçu deux charges orales riches en protéines (1g/kg) au cours de 2 journées différentes, l’une pauvre en AGE (3000 kU AGE) et l’autre riche en AGE (30 000 kU AGE), après une randomisation pour déterminer l’ordre de passage. Chaque intervention était encadrée par 2 sessions de TEP-IRM (pré et postprandiales [120minutes après le repas]) pour évaluer la perfusion rénale par TEP à l’eau marquée [15O], le métabolisme oxydatif rénal par TEP à l’acétate marqué [11C] et le contenu en oxygène par BOLD-IRM.

Résultats

La perfusion rénale a augmenté de manière significative après le repas riche en AGE (3,16±0,55 vs. 3,80±0,42mL/min/g [p=0,0002]) alors qu’il n’a pas été observé de modification significative après le repas pauvre en AGE (3,35±0,65 vs. 3,38±0,53mL/min/g, p=0,88). Le métabolisme oxydatif a augmenté significativement après la charge riche en AGE (0,3±0,04 vs. 0,36±0,08 min−1, p=0,005) par rapport à la charge pauvre en AGE (0,30±0,02 vs. 0,31±0,06 min−1, p=0,76). Nous n’avons pas observé de différence du contenu en oxygène entre les 2 charges pratiquées (données insuffisantes).

Discussion

Nos résultats sont en faveur d’un impact direct du contenu en AGE sur la perfusion et le métabolisme oxydatif rénal. Ces résultats démontrent qu’au-delà de la quantité de protéines, la qualité des protéines de notre alimentation est déterminante dans l’effet exercé par ces protéines sur la perfusion et le métabolisme oxydatif rénal.

Conclusion

Cette étude suggère que la prévention de la progression de l’IRC doive donc se focaliser sur une réduction de l’apport alimentaire en AGE au-delà d’une réduction de l’apport protéique global.

Introduction

La glomérulonéphrite à dépôts non organisés non Randall d’immunoglobuline monoclonale (PGNMID) est une entité maintenant bien individualisée au sein des gammapathies monoclonales de signification rénale. Les dépôts sont le plus souvent constitués d’une immunoglobuline entière, principalement IgG3 kappa. Nous rapportons une série de 7 cas de PGNMID à chaîne légère monoclonale.

Patients et méthodes

Étude rétrospective multicentrique incluant les patients présentant des dépôts granulaires, discontinus, de localisation glomérulaire exclusive, rouge Congo négatifs, marqués en immunofluorescence par un seul isotype de chaîne légère sans chaîne lourde associée.

Résultats

L’âge médian au diagnostic était de 63 ans. Tous les patients présentaient une insuffisance rénale chronique avec protéinurie et hématurie. Aucun cas n’avait de manifestations extrarénales. Un composant monoclonal circulant était détectable dans 6/7 cas (myélome symptomatique, n=1). L’aspect en microscopie optique était une glomérulonéphrite membrano-proliférative (n=5), mésangiale (n=1) ou extramembraneuse atypique (n=1). En immunofluorescence, les dépôts étaient constitués de chaînes légères kappa (n=5) ou lambda (n=2), toujours associés à des dépôts de C3. Trois patients avaient un C3 sérique bas sans anomalies des protéines régulatrices de la voie alterne. Dans 1 cas, nous avons montré que la chaîne légère lambda purifiée activait la voie alterne du complément. Le séquençage de cette chaîne légère Vλ3 a révélé plusieurs mutations dans les régions hypervariables (principalement CDR1). Six patients ont reçu une chimiothérapie à base d’alkylant±bortézomib. Une réponse hématologique, suivie dans tous les cas d’une réponse rénale, a été obtenue chez les 3/3 patients traités par bortézomib. Tous les patients en bonne réponse hématologique ont normalisé leur taux circulant de C3.

Discussion

Nous rapportons la première série de PGNMID à chaîne légère monoclonale. L’association constante avec des dépôts de C3 suggère une activation de la voie alterne du complément par la chaîne légère monoclonale. Un traitement ciblant le clone B sous-jacent, parfois non détectable par les techniques usuelles, est indispensable pour préserver le pronostic rénal.

Conclusion

Le séquençage des chaînes légères monoclonales pourrait permettre de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques impliqués dans cette forme rare de PGNMID.

Introduction

Les glomérulonéphrites (GN) sont une des premières causes d’insuffisance rénale. Parmi les GN, la néphrite lupique (NL) est caractérisée par des dépôts glomérulaires de complexe immuns à IgG menant à différentes formes cliniques et histologiques. L’interaction entre ces complexes et les récepteurs Fc des IgG notamment le CD32A joue un rôle clé dans l’activation leucocytaire. Nous avons montré que le CD32A régule l’inflammation par la présence d’un motif immunoreceptor tyrosine-based activation motif (ITAM) dans sa région intracytoplasmique. La NL est une maladie à haute morbidité et sa sévérité ne peut être établie que par la biopsie rénale. Le but est de développer des outils pronostiques non invasifs pour le suivi thérapeutique.

Matériels et méthodes

Le cellules du sang de patients et contrôles (n=10) ont été analysés par immunoprécipitation avec des anticorps anti-CD32A et par Western blot pour les Src kinases Lyn et Fyn et pour la phosphatase SHP-1 phosphorylée sous sa forme active (pSHP-1Y536) ou inactive (pSHP-1S591). En parallèle, pSHP-1 a été analysée par histochimie dans les biopsies rénales. Des modèles animaux ont été utilisés comme décrit.

Résultats

Nous montrons que les Src kinases, Fyn et Lyn, régulent d’une manière différentielle les signaux ITAM activateurs (ITAMa) ou inhibiteurs (ITAMi) induits par le CD32A. Chez les patients, l’analyse du CD32A dans les leucocytes circulants montre une activation constitutive du signal ITAMa associée à une activation de l’axe Fyn-pSHP-1S591 et une inhibition de l’axe protecteur ITAMi-Lyn-pSHP-1Y536. De plus, dans des modèles de souris transgéniques pour le CD32A, l’invalidation de Lyn aggrave la GN, alors que l’absence de Fyn protège de la GN. Finalement, l’étude des biopsies rénales des patients révèle que le degré d’activation de l’axe Fyn-pSHP-1S591 dans le rein est associé à la sévérité de la NL.

Discussion

Ces résultats suggèrent que l’activation du CD32A par l’axe Fyn-pSHP-1S591 joue un rôle clé dans la NL.

Conclusion

L’axe Fyn-pSHP-1S591 leucocytaire pourrait être un marqueur pronostique de NL. Le développement de nouvelles approches thérapeutiques est actuellement en cours.

Introduction

Le syndrome d’apnées du sommeil (SAS) est considéré comme un facteur de risque de développement et d’aggravation de l’hypertension artérielle et d’autres maladies cardiovasculaires. L’objectif de notre étude est de mieux préciser les particularités des données de la mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) chez les patients présentant un SAS par rapport au reste de la population hypertendue sans SAS.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective incluant tous les patients chez qui on a suspecté avoir un SAS, entre juin 2014 et mai 2016. Le diagnostic de SAS était retenu après polysomnographie. Nous avons partagé nos patients en 2 groupes : G1 : patients ayant un SAS et G2 : patients sans SAS. Chaque patient a bénéficié d’une MAPA. La comparaison entre les 2 groupes a été réalisée par les tests de χ2 et Anova à un facteur.

Résultats

Soixante-quatre patients ont été inclus pendant la période d’étude, avec un sex-ratio de 0,64. La prévalence du SAS était de 82 %. Il n’y avait pas de différence significative en ce qui concerne l’âge et le sexe. La pression artérielle moyenne en consultation était de 130/80mmHg (G1) et 123/74mmHg (G2) (p =0,016 ; 0,048). L’indice apnée-hypopnée et la saturation minimale en oxygène étaient de 1,5±1,9 et de 89±5 vs. 34,6±22 événements/heure et de 72±18 % pour les témoins et les patients ayant un SAS respectivement (p<0,001). Par rapport aux témoins, une HTA masquée était plus fréquente chez les patients ayant un SAS (55,8 % G1 vs. 18,2 % G2), p=0,02. À la MAPA, il n’y avait pas de différence en ce qui concerne la PA systolique (p=0,5), alors que la PA diastolique était plus élevée dans G1 (p=0,03). Les non-dippers et les risers étaient significativement plus fréquents dans G1 (p=0,02).

Discussion

Les résultats de notre série sont comparables avec ceux de la littérature, où on trouve une prévalence de l’HTA masquée chez la population ayant une SAS entre 39 % et 61,7 %.

Conclusion

Cette étude a montré une prévalence élevée de l’HTA masquée chez les patients ayant un SAS, ce qui augmente considérablement les risques de maladies cardiovasculaires. Nous pensons qu’une polysomnographie devrait être proposée systématiquement chez les patients ayant une HTA résistante, et vice versa une MAPA chez la population ayant SAS.

Introduction

L’existence de kystes rénaux simples a été associée à une augmentation du risque d’anévrysme de l’aorte. Il existe une augmentation de la prévalence des anévrysmes intracrâniens au cours de la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD), mais il n’y a pas d’information concernant une dilatation de la racine de l’aorte. Le but de l’étude a été de comparer le diamètre du sinus de Valsalva (SoV) de patients PKRAD et de contrôles appariés.

Patients et méthodes

Tous les patients atteints de PKRAD ayant une échocardiographie ont été inclus et appariés 1:1 pour le sexe, l’âge, la pression artérielle et un traitement bêtabloquant avec des individus non PKRAD. Le SoV a été mesuré conformément aux recommandations par 2 échographistes ignorant le statut des patients. Les résultats ont été analysés par test t-pairé pour les variables quantitatives et par test de Mc Nemar pour les variables qualitatives.

Résultats

De 2008 à 2016, 60 patients PKRAD (54 % hommes ; âge moyen : 56±12 ans) ont été inclus et appariés avec 60 contrôles ; 35 % recevaient un traitement bêtabloquant. La surface corporelle moyenne était 1,8±0,2 m2 et les pressions artérielles systoliques et diastoliques étaient 136±24 et 79±16mmHg (p>0,10 avec les contrôles appariés pour tous les paramètres).

Discussion

Les valeurs moyennes du diamètre du sinus de Valsalva étaient plus élevées chez les patients PKRAD par rapport aux contrôles (36,3±4,1 versus 34,1±3,7mm, p<0,0001). Les scores Campens Z (normalisés pour le sexe, l’âge et la surface corporelle) étaient plus élevés chez les patients PKRAD (1,2±1,2 versus 0,4±1,0, p<0,0001). De manière notable, les anévrysmes de l’aorte définis par un Z-score>2 déviations standard étaient présents chez 15 patients PKRAD (25 %) vs. 4 contrôles (7 %), p<0,01.

Conclusion

Il existe une augmentation de la prévalence des anévrysmes de l’aorte chez les patients PKRAD par rapport aux contrôles appariés pour les principaux facteurs associés à la dilatation de l’aorte. Actuellement, la réalisation d’une échocardiographie n’est pas recommandée de manière systématique chez les patients PKRAD, mais nos résultats indiquent l’intérêt d’un screening et d’une surveillance échographique des anévrysmes de l’aorte chez ces patients.

Introduction

L’étude observationnelle OSCAR a permis de former en France en 2015–2016 une cohorte de patients porteurs d’angiomyolipomes rénaux multiples, qui bénéficieront d’un suivi prospectif de 2 ans.

Patients et méthodes

Entre août 2015 et août 2016, 3 centres ont inclus 103 patients adultes consécutifs atteints d’angiomyolipomes rénaux (AML) multiples (n≥5). Nous présentons ici les caractéristiques initiales de cette population et une analyse rétrospective de la morbidité liée aux AML.

Résultats

Au moment de la visite d’inclusion, l’âge médian était de 33 ans (69 femmes/34 hommes). Les AML étaient liés à une sclérose tubéreuse de Bourneville (STB) prouvée dans 96/103 cas. Il s’agissait de patients déjà suivis (n=89, depuis en médiane 6 ans) ou vus pour la première fois (n=14). La comorbidité extrarénale (pulmonaire, neurologique) des patients STB était forte. Les plus volumineux AML dépassaient 3cm (TDM ou IRM) chez 43 % des patients. Rétrospectivement, les complications et/ou interventions ciblées liées aux AML étaient fréquentes (55 patients, 0,37 patient/année). Les principales complications étaient les hémorragies (11 patients, 0,055 patient/année), les compressions (5 patients), les lésions malignes (2 cancers et 1 un AML épithélioïde malin), les pyélonéphrites (4 patients) et les détériorations de la fonction rénale (5 patients). Les traitements préventifs ciblés du risque hémorragique (embolisation, radiofréquence, cryoablation, chirurgie) avaient été effectués chez 40 patients, parfois de façon itérative (0,23 procédure par année/patient).

Discussion

Le suivi prospectif de cette cohorte permettra de mesurer « dans la vie réelle » l’incidence des complications et actes thérapeutiques liés aux AML rénaux multiples, notamment chez les 18 patients ont débuté un traitement par inhibiteur de mTOR.

Conclusion

Les patients atteints d’AML multiples ont le plus souvent une STB, une lourde comorbidité et de fréquents antécédents de complications ou de traitements ciblés préventifs.

Introduction

L’hypertension artérielle (HTA) est fréquente au cours du lupus érythémateux systémique (LES) avec un risque cardiovasculaire important. Son mécanisme est multifactoriel. L’objectif de notre étude est de relever les caractéristiques histologique et évolutive des patients atteints de néphropathie lupique (NL) et présentant une HTA.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 85 patients suivis pour LES ayant une néphropathie lupique documentée par une ponction-biopsie rénale colligés sur une période de 17 ans (1998–2015) et présentant une HTA.

Résultats

Parmi 174 patients atteints d’une NL, 85 sont hypertendus (73 femmes et 12 hommes) avec un sex-ratio F/H de 6,08. L’âge moyen au moment du diagnostic de la maladie lupique était de 36,4 ans [13–75 ans]. Le délai moyen de l’apparition de l’HTA était de 25,8 mois [0–204]. Vingt-sept patients étaient sous corticoïde lors de la découverte d’HTA. Une HTA maligne a été présente chez 12 % des patients. Tous les patients avaient une NL documentée histologiquement (classe II : 2 cas, classe III : 8 cas, classe IV : 43 cas, classe V isolée dans 8 cas, associée à une classe II dans 2 cas, à une classe III dans 4 cas et à une classe V dans 15 cas et une classe VI dans 3 cas). Des lésions vasculaires étaient présentes : une artériolosclérose dans 40 % des cas et des lésions de micro-angiopathie thrombotique (MAT) dans 17,6 % des cas. Les antiphospholipides (APL) ont été retrouvés dans 35,3 % des cas. Le traitement était basé essentiellement sur les bloqueurs du système rénine-angiotensine, soit en monothérapie, soit en association avec d’autre classe. La durée de suivi moyenne était de 76,5 mois [7 jours–257 mois]. L’évolution était marquée sur le plan rénal par une rémission durable dans 27,5 %, une maladie rénale chronique dans 31,7 % et une insuffisance rénale terminale dans 40,8 % des cas.

Discussion

Dans notre étude, l’hypertension était fréquente, elle représente 48,8 %. Elle était associée à des lésions glomérulaires sévères (classe IV dans plus de la moitié des cas) et à des lésions vasculaires d’artériolosclérose et de lésions de MAT. Le pronostic rénal était mauvais vu le pourcentage d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale.

Conclusion

Devant l’importance du risque cardiovasculaire au cours du LES démontré dans plusieurs études, la recherche d’HTA et une prise en charge précoce semble primordiale.

Introduction

Le tolvaptan est un antagoniste des récepteurs V2 de l’hormone antidiurétique qui a obtenu l’AMM pour ‘ralentir la progression de la PKRAD chez l’adulte aux stades 1-3 de MRC, avec des signes d’évolution rapide de la maladie’. Le principal effet indésirable du produit est un syndrome polyuro-polydypsique, observé chez environ 25 % des patients. L’objectif du travail est de rapporter l’acceptabilité du traitement dans une cohorte de patients PKRAD traités en vie réelle, et dont le traitement a été initié entre le 01/07/2016 et le 30/04/2017.

Patients et méthodes

Le traitement a été proposé aux patients éligibles conformément à l’AMM ; après double quantification de diurèse, natriurèse et urée urinaire/24h, tous ont reçu les conseils diététiques calibrant l’apport alimentaire à 6 gr de NaCl et 1g/kg/j de protéines. Après information sur les effets indésirables, la titration du médicament a été réalisée par paliers mensuels, à l’occasion d’une visite médicale. Avant et pendant le traitement, une estimation du volume d’eau bue et du nombre de levers nocturnes ont été obtenus.

Résultats

Dans une cohorte de 162 patients suivis pour PKRAD stade 1–5 hors suppléance, 38 (23,4 % ; 21 F, 17H) patients éligibles ont été traités. Avant conseil diététique, les valeurs médianes de natriurèse et l’excrétion uréique urinaire sont à 146mmol/j et 710mmol/j. À l’initiation du traitement, l’âge médian est de 49 ans, la créatinine médiane est de 143μmol/L (extr. : 69–270) et le DFG médian à 50mL/min/1,73m2 (30–97). Le volume rénal varie de 873 à 7713mL. Le suivi médian des patients est de 4,5 mois (extr. : 1–8). La polyurie a motivé l’arrêt de traitement chez 2 patients. À la date de clôture, 36/38 patients sont traités, avec une posologie moyenne de tolvaptan de 87,5mg/j. L’estimation du volume hydrique médian ingéré est à 3750mL (2500–7000) et le nombre de levers nocturnes varie de 1 à 5. Aucun n’a développé d’anomalie des tests hépatiques.

Discussion

La posologie médiane utilisée de tolvaptan est exactement celle observée dans l’essai Tempo3/4. L’éducation thérapeutique, l’information diététique et les consultations mensuelles initiales ont semblé utiles à court terme pour obtenir une adhésion thérapeutique.

Conclusion

En vie réelle, l’usage de tolvaptan peut être proposé avec une tolérance acceptable chez la majorité des patients éligibles au traitement, à l’issue d’un programme d’information et d’éducation soigneux et au prix de consultations longues.

Introduction

La glycogénose de type I (GSD1) est une maladie rare du métabolisme caractérisée par une accumulation rénale et hépatique de glycogène et de lipides conduisant à une maladie rénale chronique dont le mécanisme est encore mal connu. L’hyperfiltration est le premier stade de l’atteinte rénale, mais les atteintes tubulaires secondaires à l’accumulation de lipides et de glycogène ont été décrites récemment avec l’apparition de kystes. Le but de cette étude est de décrire les anomalies rénales observées dans la GSD1.

Patients et méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement 21 patients avec une GSD1 (âge médian : 22 ans [11–62]) suivis dans le service entre 1976 et 2016. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) a été mesuré par clairance de l’inuline et des IRM hépatiques et rénales ont été réalisées chez tous les patients.

Résultats

Quatre-vingt-cinq pour cent des patients avaient une prise en charge diététique, mais seulement 45 % avaient un bon contrôle métabolique (critères de l’ ESGDS1 [1]). Le DFG médian était à 151mL/min/1,73m2 [97–209] et 75 % des patients étaient hyperfiltrants. Aucun patient n’avait un DFG diminué, mais 30 % avaient une microalbuminurie. Trente-cinq pour cent des patients avaient une acidose métabolique et 36 % avaient une hypercalciurie, mais aucun n’avait de lithiase. Sur le plan morphologique, 31 % des patients avaient une néphromégalie, 15 % avaient des kystes. Cependant, une accumulation rénale de glycogène ou de lipides n’a pas pu être mise en évidence en IRM. Nous n’avons pas retrouvé de corrélation entre le DFG, la microalbuminurie et le contrôle métabolique.

Discussion

L’hyperfiltration et les dysfonctions tubulaires sont retrouvées dans notre cohorte comme décrit précédemment. Une néphromégalie et des kystes rénaux ont été notés chez 31 et 15 % des patients respectivement sans élément pour une accumulation rénale de glycogène à l’IRM.

Conclusion

L’atteinte rénale est une complication importante de la glycogénose de type I. Les patients devraient bénéficier d’une évaluation rénale (tubulaire et glomérulaire) régulière en association avec une imagerie (échographie et/ou IRM).

Introduction

Le diagnostic de vascularites associées aux anticorps anticytoplasme des polynucléaires neutrophiles (AAV) repose sur la ponction-biopsie rénale. Une classification histologique glomérulaire proposée en 2010 par Berden et al. aide à établir le pronostic rénal de ces patients atteints d’AAV [1]. Le but de notre étude était de réévaluer la valeur pronostique de cette classification et de déterminer les facteurs de risque de rechute rénale.

Patients et méthodes

Les données clinicobiologiques et histologiques de 113 patients atteints d’une AAV rénale, diagnostiquée entre 2003 et 2013, ont été recueillies dans cette étude rétrospective et multicentrique.

Résultats

Notre étude permettait de valider cette classification en analyse de survie rénale et globale. La survie rénale à 1 an et 5 ans était respectivement de 94 % et 89,5 % pour le groupe focal, 80 % et 80 % pour le groupe croissant, 82 % et 66,5 % pour la classe mixte, 72 % et 54,5 % pour le groupe scléreux. En analyse multivariée, une fibrose interstitielle (CI>25 % ; p=0,01) et un débit de filtration glomérulaire bas au diagnostic (p<0,0001) étaient associés à une survie rénale plus défavorable. Seul un âge plus élevé au diagnostic était un facteur de risque indépendant de décès global (p=0,01). Les patients des groupes croissant et mixte avec une CI>25 % partageaient la même survie rénale que le groupe scléreux alors que ceux ayant≤25 % de CI avait un pronostic rénal intermédiaire avec la classe focale. Enfin, une durée plus longue d’immunosuppression en entretien et un infiltrat interstitiel>25 % étaient les deux seuls facteurs protecteurs d’une rechute rénale en analyse multivariée (p=0,0004 et p=0,016 respectivement).

Discussion

L’évaluation du degré de fibrose interstitielle apparaît déterminante dans cette étude et s’avérait plus discriminante que la classification de Berden et al. pour juger du pronostic rénal.

Conclusion

Nous avons validé la classification de Berden et al. en termes de survie rénale et globale. Néanmoins, Berden et al. n’étaient pas un facteur pronostique indépendant, à la différence de la fibrose interstitielle. Proposer une classification de Berden et al. modifiée par la fibrose interstitielle pourrait être intéressante pour améliorer l’évaluation des capacités de récupération des patients atteints d’AAV rénale à partir de données histologiques initiales.

Introduction

Objectif : décrire l’effet du traitement anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) sur la déplétion sodée et sur les besoins en supplémentation sodique et potassique.

Patients et méthodes

Il s’est agi d’une étude rétrospective de 19 malades suivis pour syndrome de Bartter (SB) entre janvier 1994 et février 2016 et traités par AINS : indométacine (n=16), ibuprofène (n=3). Critères de jugement : variation des suppléments potassique et sodique ; survenue des complications [1].

Résultats

Il y avait 10 garçons (52,6 %) et neuf filles (47,4 %), avec un âge médian de quatre mois au diagnostic et sept mois au début du traitement. Le diagnostic était fait en période postnatale dans 16 cas (84,2 %). Les arguments ayant conduit au diagnostic étaient : hydramnios (n=19), troubles électrolytiques (n=19), alcalose métabolique (n=16), hypokaliémie (n=11), prématurité (n=9), consanguinité (n=7), déshydratation (n=5), antécédent de SB dans la fratrie (n=4) et retard statut pondéral (n=3). L’anomalie génétique concernait le gène CLCNKB (52,6 %), le SLC12A1 (26,3 %) et le KCNJ1 (10,5 %). Les taux de rénine et d’aldostérone étaient élevés chez tous. Sous traitement, il a été noté, une diminution (p≤0,02) des taux de rénine et aldostérone, une diminution (p≤0,03) des suppléments sodique et potassique. Un meilleur contrôle de la kaliémie était observé avec une médiane passant de 2,9 à 3,3mmol/L sans être statistiquement significatif. L’alcalose métabolique, notée chez tous les malades, restait inchangée sous AINS. Onze malades avaient une hypercalciurie, dont neuf cas d’hyperparathyroïdie. Sous traitement, on a observé une diminution (p=0,02) de la calciurie et une amélioration non significative (p=0,4) de la PTH. Les complications observées étaient la néphrocalcinose (n=5) et les complications iatrogènes gastro-intestinales (n=4) dues à l’indométacine.

Discussion

La baisse de rénine et d’aldostérone et le bon équilibre hydroélectrolytique observés dans ce travail témoignent du bénéfice des AINS dans le contrôle de la balance sodée et du SRAA comme le soulignent Korff et al. [2].

Conclusion

Notre étude démontre l’intérêt des AINS dans l’équilibre hydroélectrolytique et phosphocalcique des patients atteints de SB. Elle met surtout en évidence la nécessité du dosage plasmatique de rénine dans l’évaluation et l’adaptation thérapeutique.

Introduction

Après une transplantation rénale, 4 à 78 % des patients présentent des calcifications du greffon. L’abondance de celles-ci est corrélée au pronostic du greffon, avec une moins bonne survie rénale en cas de nombreuses calcifications. Nous avons mis au point un modèle murin de néphropathie cristalline ischémique afin d’étudier la cinétique d’apparition des cristaux, leurs compositions, localisations et le rôle d’une prolifération tubulaire précoce ou retardée après insuffisance rénale aiguë ischémique.

Matériels et méthodes

Souris femelles C57BL6J ayant un régime comprenant glucose phosphate disodique et gavage par ergocalciférol soumises à une ischémie rénale de 45minutes avec néphrectomie controlatérale (IRA). En fonction des groupes, induction (ou non) d’une prolifération tubulaire à j2 par l’administration intrapéritonéale de FGF7 en fin de chirurgie. Analyse histologique, infrarouge, en microscopie électronique à balayage et immunohistochimique des reins à différents temps pour les groupes IRA avec et sans FGF7, IRA avec et sans diète phosphatée et mesure des clairances de l’inuline à j30.

Résultats

On observe à j2 des dépôts de lipoprotéines et de carbapatite à la jonction corticomédullaire (JCM) et une plus faible proportion de cristaux médullaires (CM). Leur nombre est majoré dans le groupe IRA+FGF7. À j6, ces dépôts sont très abondants. À j30, on observe une clairance presque complète des cristaux corticaux et de JCM. Les CM persistent, mais sont moins abondants dans le groupe FGF7. On n’observe pas de cristaux dans les groupes sans diète enrichie en phosphates (PO4). Nos résultats préliminaires suggèrent une diminution de la clairance de l’inuline à j30 dans le groupe IRA+diète PO4 par rapport aux groupes IRA+diète PO4+FGF7 et IRA sans diète PO4.

Discussion

La présence d’une diète PO4 lors d’une IRA est responsable à court terme de calcifications de JCM réversibles, mais de CM tubulaires persistantes à j30 qui semblent délétères sur la fonction rénale. L’administration de FGF7 au moment de l’IRA, responsable d’une prolifération tubulaire précoce, semble bénéfique sur les calcifications et la fonction rénale à long terme en conditions de sursaturation urinaire.

Conclusion

Ce travail ouvre la perspective d’une utilisation de FGF7 au décours d’une greffe rénale afin d’améliorer le pronostic rénal à long terme.

Introduction

La néphropathie du VIH est actuellement la plus fréquente des lésions rénales chez les sujets atteints de VIH. La néphropathie du VIH affecte autant les glomérules que les tubules et l’interstitium. L’étude des mécanismes moléculaires responsables des lésions rénales a été facilitée par l’utilisation d’un modèle murin exprimant un transgène partiel du VIH (tg26). Dans ce modèle, l’activation de la protéine STAT3 joue un rôle déterminant puisque les inhibiteurs directs de STAT3 limitent les lésions rénales expérimentales. Toutefois, l’utilisation clinique d’inhibiteurs de STAT3 pose des problèmes de sécurité chez l’homme compte tenu de son expression ubiquiste. Nous avons démontré que l’expression du facteur PPARγ est effondrée dans les cellules épithéliales lors des glomerulépathies extracapillaires et que les agonistes de PPARγ limitaient la glomérulonéphrite extracapillaire rapidement progressive. Nous avons testé l’hypothèse qu’il en est de même dans la néphropathie du VIH.

Matériels et méthodes

Des souris tg26 et témoins ont été traités par de la pioglitazone (agoniste de PPARγ) ou placebo en gavage oral pendant 30jours avant que les lésions histologiques caractéristiques surviennent.

Résultats

Le traitement par la pioglitazone entre la 3e et la 8e semaine est efficace sur la réduction de l’albuminurie (p=0,001), des lésions glomérulaires chez les animaux traités (HSF : 40 % contre 17 % ; p=0,02), la conservation du nombre de podocyte (p=0,001), la réduction du nombre de tubes kystiques (p=0,03) et de la fibrose interstitielle (20 % vs. 7 % ; p=0,02). La pioglitazone diminue l’expression de l’ARNm du TGFβ1 (p=0,008), la phosphorylation de SMAD3 et la forme phosphorylée de STAT3 (15 % vs. 1 % ; p=0,01) ainsi que son activité transcriptionnelle dans les épithéliums tubulaires.

Discussion

L’activation de PPARγ par la pioglitazone agit sur de nombreuses voies de signalisation impliquées dans l’HIVAN expérimentale. La modulation puissante de STAT3 constitue un résultats nouveau et original qui suggère que les agonistes de PPARγ puissent constituer une alternative thérapeutique relativement sûre aux antagonistes de la voie JAK-STAT3.

Conclusion

L’utilisation de la pioglitazone limite les lésions rénales dans un modèle animal de progression de maladie rénale chronique sévère.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique (IRC) induit un vieillissement accéléré des vaisseaux. Parallèlement, l’IRC s’accompagne d’une accentuation des processus de modification post-traductionnels tels que la glycoxydation, conduisant à la formation de produits de glycation avancée (AGEs). Ces modifications protéiques sont la marque d’un vieillissement protéique accéléré. Les AGEs interagissent avec leur récepteur (RAGE), récepteur pro-inflammatoire et ubiquitaire. Notre objectif est d’étudier l’implication du vieillissement protéique et de RAGE dans le processus d’athérothrombose urémique.

Matériels et méthodes

Nous avons utilisé des souris ApoE−/− et ApoE−/−/RAGE−/− soumises, ou non (Sham), à une IRC (néphrectomie 5/6). Quatre groupes de souris sont donc étudiés : ApoE−/− Sham (n=12) ApoE−/− urémique (n=10), ApoE−/−/RAGE−/− sham (n=11) et ApoE−/−/RAGE−/− urémique (n=15). Douze semaines après la chirurgie (sham ou néphrectomie) sont réalisés : 1) Une thrombose artérielle in vivo, par le dépôt d’un patch de perchlorure de fer sur la carotide. Le temps d’occlusion carotidienne complète a été mesuré, 2) La fonction plaquettaire est analysée ex vivo : en sang total et en plasma riche en plaquettes (PRP).

Résultats

L’urémie accélère le temps d’occlusion artérielle chez les souris ApoE−/− (9,18±1,11min vs. 11,10±0,57min pour Sham, p<0,01). Les souris invalidées pour RAGE sont protégées de cette accélération (14,55±2,34min vs. 13,03±1,51min, NS). L’agrégation plaquettaire en réponse à différents agonistes (en sang total et en PRP) est significativement augmentée chez les souris ApoE−/− urémiques par rapport aux souris ApoE−/− Sham. De même, en cytométrie en flux, l’activation de l’intégrine αIIbβ3 et l’externalisation de la P-sélectine est augmentée de manière significative à la surface plaquettaire chez les souris ApoE−/− urémiques par rapport aux souris ApoE−/− Sham. Pour les plaquettes issues des souris urémiques invalidées pour RAGE, on note une réponse aux agonistes significativement moins importante tant pour l’agrégation plaquettaire que pour l’activation.

Discussion

Dans ce modèle murin de thrombose artérielle : (1) la condition d’IRC est associée à un phénotype pro-thrombotique médié par une hyperréactivité plaquettaire ; (2) la délétion de RAGE inhibe l’effet pro-thrombotique et les anomalies plaquettaires induites par l’IRC.

Conclusion

Au cours de l’IRC, le vieillissement protéique participe au vieillissement vasculaire.

Introduction

Des études récentes ont montré les propriétés biologiques altérées des HDL dans l’insuffisance rénale chronique (IRC). La mortalité cardiovasculaire (CV) restant la cause principale de décès chez les patients IRC et le stress oxydant étant augmenté dans l’IRC, nous avons exploré l’impact des modifications oxydatives des HDL sur leur phénotype anti-agrégant plaquettaire dans un modèle de lapin IRC.

Matériels et méthodes

L’IRC a été induite chez le lapin par la méthode de néphrectomie subtotale des 5/6. Les HDL ont été isolées du plasma par technique d’ultracentrifugation successive sur gradient de densité de KBr. Les concentrations de malondialdéhyde (MDA) et les adduits protéiques de 4-hydroxy-2-nonenal (HNE) et 4-hydroxy-2-hexenal (HHE) ont été mesurés dans les HDL. L’agrégation plaquettaire a été mesurée sur des plaquettes humaines après 5min d’incubation avec les HDL de lapins contrôles ou IRC avec ou sans préincubation avec une anticorps anti-CD36 (Ac-CD36). Afin de reproduire, les modifications oxydatives observées dans l’IRC, des HDL issus de lapins contrôles ont été incubées pendant 16h à 37°C avec du 4-HNE (100μM) et l’agrégation plaquettaire était mesurée avec ou sans Ac-CD36.

Résultats

Huit lapins IRC ont été comparés à 9 lapins contrôles. Le DFG mesuré par la clairance du iohexol indique une diminution de 60 % chez les animaux néphrectomisés (p<0,005). La créatininémie était significativement plus élevée dans le groupe IRC (93±12 vs. 214±25μM, p<0,001), tout comme le niveau de MDA (0,14±0,07 vs. 1,45±0,10μM, p<0,001). Le concentration de MDA est augmentée dans les HDL du groupe IRC (0,89±0,18 vs. 2,64±0,67 nmol/mg, p<0,05). Les adduits protéiques d’HNE étaient significativement plus élevés dans les HDL d’IRC. L’inhibition de d’agrégation plaquettaire comparé au collagène seul était de 35 % en présence d’HDL d’IRC contre 70 % avec les HDL des contrôles (p<0,05). L’inhibition de l’agrégation plaquettaire en présence de HDL modifiées par le HNE (HNE-HDL) était de 85 % (p<0,05 vs. contrôle). L’incubation avec un Ac-CD36 restaurait significativement le phénotype anti-agrégant dans les groupes IRC et HNE-HDL (26 et 22 % ; p<0,05).

Discussion

Les HDL d’IRC et les HDL carbonylées présentent des propriétés anti-agrégantes perturbées par le biais du récepteur CD36. Ces résultats sont à confirmer chez les patients IRC.

Conclusion

La carbonylation des HDL pourrait contribuer au sur-risque CV observé dans l’IRC.

Introduction

La leuco-encéphalopathie multifocale progressive (LEMP) est une affection démyélinisante du système nerveux central, secondaire à la réplication intracérébrale du Polyomavirus virus humain JC-virus (JCV) et caractérisée par son extrême gravité chez les patients immunodéprimés. La seule approche thérapeutique actuellement démontrée de la LEMP est la restauration de la réponse cellulaire T spécifique du JCV.

Observation

Nous décrivons ici un cas de LEMP d’évolution fatale chez un patient transplanté rénal sous bêlatacept. Nous avons mis en évidence chez ce patient une altération profonde de la fonctionnalité des lymphocytes T spécifiques du JCV (sécrétions cytokiniques, prolifération et cytotoxicité) tout au long de l’évolution de la LEMP, associée à une sur-expression du récepteur inhibiteur PD-1. L’ajout in vitro d’un anticorps bloquant PD-1 n’a pas permis de lever cette inhibition lymphocytaire, suggérant un état d’anergie lymphocytaire.

Discussion

Cet état anergique des lymphocytes T spécifiques du JCV pourrait avoir été induit par l’administration de bêlatacept (CTLA4-Ig, inhibiteur sélectif du deuxième signal d’activation lymphocytaire induisant un état d’anergie lymphocytaire [1]).

Conclusion

Ainsi, les biothérapies induisant une anergie lymphocytaire pourraient favoriser l’émergence de LEMP résistantes à la restauration de l’immunité cellulaire spécifique du JCV et donc à la seule approche thérapeutique actuellement efficace.

Introduction

Une rigidité artérielle excessive secondaire aux calcifications vasculaires est observée chez le patient transplanté rénal et est considérée comme un marqueur de mauvais pronostic cardiovasculaire et rénal. La matrix-gla-protéin (MGP) est un inhibiteur du développement des calcifications vasculaires. En transplantation rénale, une association entre MGP et la mortalité toute cause ainsi que la perte du greffon a été suggérée. L’objectif de cette étude est d’étudier l’association entre MGP et rigidité artérielle en transplantation rénale.

Matériels et méthodes

Nous avons étudié la relation entre les taux circulants de MGP, mesurés sous sa forme inactive (déphosphorylée et décarboxylée : dp-ucMGP), les calcifications vasculaires (score de Kauppila) et la rigidité artérielle (vitesse de l’onde de pouls, VOP) chez des patients transplantés rénaux prévalents. L’analyse de l’association a été réalisée par régression linéaire uni et multivariée en incluant les facteurs de risque cardiovasculaire traditionnels et non traditionnels et le niveau de fonction rénale.

Résultats

Cent vingt-six patients âgés de 55,4±6 ans, transplantés depuis 8,3±7,7 années, ont été étudiés dans deux centres indépendants. En analyse univariée, une association significative entre MGP et VOP est observée (p=0,017). En analyse multivariée, les facteurs indépendamment associés à la VOP sont l’âge (p<0,001), le diabète (p<0,001), le DFGe (p=0,042) et MGP (p=0,048). Aucune association n’est retrouvée entre MGP et le score de Kauppila.

Discussion

L’absence de relation entre MGP et calcifications artérielles pourrait rendre compte d’un défaut de sensibilité du score de Kauppila.

Conclusion

Nos données suggèrent qu’il existe une relation significative et indépendante entre les taux circulants de MGP et la rigidité artérielle chez le patient transplanté rénal et justifient de conduire d’autres études évaluant l’intérêt de MGP comme possible biomarqueur du risque cardiovasculaire en transplantation rénale.

Introduction

L’échographie pulmonaire permet d’évaluer la quantité d’eau pulmonaire extravasculaire grâce à la recherche de lignes B également appelées « comètes ». Le nombre de lignes B est proportionnel à la quantité d’eau pulmonaire extravasculaire. Afin de prévenir les complications liées à l’hyperhydratation extracellulaire, la recherche de comètes pourrait permettre d’améliorer l’évaluation de l’état d’hydratation des patients transplantés rénaux dans la période postopératoire immédiate.

Patients et méthodes

Cette étude a inclus 37 patients hospitalisés pour transplantation rénale. Un opérateur unique, en aveugle des résultats de la greffe, a réalisé une échographie pulmonaire et une mesure du diamètre de la veine cave inférieure (VCI) de manière quotidienne jusqu’au retour à domicile des patients. Le volume plasmatique instantané estimé (ePV) a été calculé par le formule : [(1−hématocrite)/hémoglobine]×100.

Résultats

Le nombre de comètes augmente légèrement jusqu’au 5e jour après la greffe (jour 1 (j1) : 1,7±1,7 ; jour 4 (j4) : 2,5±2,5), puis diminue jusqu’au dixième jour (j10) (1,4±2,2 ; en comparaison avec j4 p<0,05). À j4, 60 % des receveurs âgés de plus de 60 ans ont plus de 3 comètes contre seulement 14,3 % des receveurs de moins de 60 ans (p=0,01). Chez les sujets âgés, le nombre de comètes est corrélé à la variation du poids à j1 (r=0,64, p<0,05) et au diamètre de la VCI à j4 et j10 (respectivement r=0,59 et r=0,58, p<0,05). Entre j1 et j10, la variation du nombre de lignes B est corrélée à la variation du diamètre de la VCI (r=0,62, p<0,05).

Discussion

L’échographie pulmonaire pourrait bénéficier aux patients à risque de développer une congestion pulmonaire en cas d’hyperhydratation extracellulaire (patients âgés, aux antécédents de cardiopathie ou recevant un rein issu de donneurs marginaux). Ceci pourrait permettre d’éviter les complications cardiovasculaires précoces en post-transplantation et d’optimiser la reprise de fonction des greffons les plus fragiles pour lesquels la congestion est probablement néfaste.

Conclusion

Chez les sujets âgés bénéficiant d’une transplantation rénale, l’échographie pulmonaire semble utile pour l’évaluation de l’état d’hydratation.

Introduction

La transplantation rénale est le traitement de choix de l’insuffisance rénale chronique terminale, elle peut être sujette de complications chirurgicales précoces ou tardives. Notre objectif est de décrire ces complications et leur impact sur la fonction et la survie du greffon.

Matériels et méthodes

Étude descriptive et analytique rétrospective monocentrique des patients transplantés rénaux sur 10 ans, les données recueillis ont concerné le donneur, le receveur, l’anatomie du transplant, les temps d’ischémie ainsi que les complications per et postchirurgicales.

Résultats

Parmi 126 greffés rénaux, il y a eu 29 patients avec une complication chirurgicale, soit 23,01 % dont 82,75 % à partir d’un donneur vivant et 17,25 % à partir d’un donneur en état de mort encéphalique. L’âge moyen est 35,93±11,48 ans, avec une ancienneté moyenne en hémodialyse de 38,93±42,94 mois. La transplantation a concerné dans 27,5 % des cas le rein droit. Le temps d’ischémie froide moyen est 258,55±317,79minutes et le temps d’ischémie tiède moyen est de 84,41±30,85minutes, la durée de suivi moyenne est de 21,17±12,5 mois. La moyenne des nadirs de créatinine est de 17,21±13,14mg/L. La survenue de complication chirurgicale notée en moyenne à 46,24±80,04jours du postgreffe. Les complications urologiques dominées par les lymphocèles (37,93 %) et l’urinome (17,24 %), alors que 27,58 % avaient des complications vasculaires (dont 62,5 % thromboses vasculaires et 37,5 % sténose vasculaire), les complications pariétales étaient présentes dans 6 cas. L’évolution marquée à 2 ans, dans 67,54 % des cas par une fonction rénale normale avec une créatinine moyenne de 10,45±2,6mg/L et une insuffisance rénale résiduelle dans 13,79 % des cas. Les complications vasculaires étaient associées de façon significative à une dysfonction du greffon rénal (p=0,0003) avec un retour en dialyse dans 50 % des cas.

Discussion

L’incidence des complications chirurgicales de la transplantation rénale varie de 1 à 30 % selon les séries. Notre travail rejoint les données de la littérature concernant les complications vasculaires qui avaient un impact péjoratif sur la survie du transplant et que les complications urologiques et pariétales n’avaient pas d’impact significatif.

Conclusion

La prévention des complications chirurgicales de la transplantation nécessite une préparation minutieuse du transplant et un respect rigoureux des bonnes pratiques chirurgicales.

Introduction

L’adaptation des anticalcineurines (ACN) lors des grossesses en transplantation rénale reste peu codifiée. Il est conseillé d’augmenter leurs posologies en regard de taux résiduels sériques qui diminuent physiologiquement per-partum sans preuve, cependant, d’une baisse d’efficacité thérapeutique concomitante. Nous rapportons ici le devenir de 34 grossesses au cours desquelles les posologies d’ACN n’ont pas été modifiées.

Patients et méthodes

Cette étude rétrospective, monocentrique a étudié les caractéristiques néphrologiques et obstétricales de 34 grossesses (36 naissances) menées, entre 1987 et 2014, chez 27 patientes transplantées rénales traitées par ACN maintenus à posologies fixes. L’évolution pédiatrique était évaluée au travers d’un questionnaire parental téléphonique.

Résultats

L’âge moyen à l’initiation de la grossesse étaient de 28,5 (±4,7) ans. La créatininémie avant grossesse était inférieure à 15mg/L chez 23 patientes (moy : 12,8±1,65mg/L), aucune n’avait de protéinurie. Douze grossesses étaient menées sous tacrolimus et 22 sous ciclosporine. Les tacrolémies et ciclosporinémies résiduelles moyennes diminuaient respectivement de 48 et 55 % (nadir : 30 semaines d’aménorrhée, SA). Aucun rejet aigu ne survenait per-partum. Une allo-immunisation anti-HLA était identifiée chez 6 patientes (23 %) à 1 an et 15 (55 %) à 4 ans, de type donor specific antigen dans respectivement 1 et 3 cas. Huit patientes (30 %) avaient une dysfonction du greffon à 2 ans, rattachée à un processus immunologique, à une toxicité des ACN ou sans cause identifiée chez respectivement 2, 2 et 4 d’entre elles. Hypertension artérielle gravidique et prééclampsie survenaient chez 13 (38 %) et 6 (18 %) des patientes. Le poids de naissance moyen était de 2447 grammes (500–3650) et le terme moyen de 35,6 (±3,7) SA. Une prématurité et une hypotrophie étaient rapportées dans 44 % et 46 % des cas. Deux enfants sur 19 présentaient un épisode infectieux grave et 1 avait un retard psychomoteur.

Discussion

L’absence de majoration per-partum des posologies d’ACN ne s’est pas associée dans ce travail à une sur-incidence de rejet aigu ou dysfonction chronique du greffon et le taux de complications vasculorénales est paru un peu plus bas que dans la littérature.

Conclusion

Les résiduels d’ACN, mais non leur forme libre (active), diminuent per-partum. Ainsi, maintenir leur posologie fixe lors de la grossesse ne paraît pas être une attitude délétère.

Introduction

La zinc-alpha 2 glycoprotéine (ZAG) est une nouvelle adipokine potentiellement impliquée dans la cachexie par son rôle dans la lipolyse et la dépense énergétique. La concentration plasmatique de ZAG est significativement augmentée chez les patients en insuffisance rénale chronique (IRC) et en hémodialyse (HD). Cependant l’impact de l’accumulation de ZAG sur la mortalité globale et cardiovasculaire n’a encore jamais été explorée.

Patients et méthodes

La concentration plasmatique de ZAG a été mesurée par immunodosage (EIA ZAG, Raybiotech, États-Unis) dans une cohorte de 253 patients en HD depuis au moins 3 mois et ne présentant pas de cancer en phase évolutive. La mortalité et les évènements cardiovasculaires ont été comptabilisés sur une période de suivi de 4 ans.

Résultats

Durant la période de suivi (31,3±17,1 mois), 49 patients sont décédés dont 16 d’évènements cardiovasculaires. La concentration plasmatique de ZAG est inversement corrélée avec l’albuminémie (p=0,008), la créatininémie (p=0,007) et la triglycéridémie (p=0,04) mais positivement corrélée à l’âge (p=0,002). L’analyse de Kaplan–Meier montre une association significative entre la concentration de ZAG et la mortalité globale (test du log rank, p<0,05) et les évènements cardiovasculaires (test du log rank, p<0,01). En analyse de Cox multivariées, après ajustement, l’association entre la concentration de ZAG et les évènements cardiovasculaires est conservée. La concentration de ZAG n’est pas associée à la présence de critères de dénutrition (p=0,33).

Discussion

Nous ne trouvons pas de corrélation entre l’accumulation de ZAG et les critères de dénutrition, comme observée dans le cancer. ZAG ne semble pas participer aux perturbations métaboliques comme l’insulinorésistance ou la dyslipidémie. En revanche, ZAG est clairement associée à la mortalité globale et plus spécifiquement la mortalité cardiovasculaire.

Conclusion

En conclusion, une augmentation de la concentration de ZAG semble être associée à un excès de risque de mortalité globale et cardiovasculaire chez les patients en HD. Des études complémentaires seront nécessaires afin de préciser une éventuelle causalité de ZAG et les mécanismes physiopathologiques impliqués dans les complications cardiovasculaires de l’IRC.

Introduction

Plusieurs anomalies oculaires peuvent être rencontrées chez les patients dialysés ; en raison à la fois de l’état urémique et de la procédure de dialyse elle-même. Elle peut également exacerber une maladie oculaire sous-jacente. L’objectif de notre étude est de déterminer la prévalence des atteintes ophtalmologiques chez les dialysés, décrire les différentes lésions retrouvées et chercher les facteurs de risque les plus fréquents.

Matériels et méthodes

Une étude transversale ayant porté sur 100 yeux de dialysés. Nous avons réalisé un examen ophtalmologique complet chez tous nos patients, avec mesure de l’acuité visuelle de loin et de prés, avec et sans correction, un examen des annexes, du segment antérieur et du segment postérieur. L’évaluation de la sécheresse oculaire a été étudiée par deux tests, le break up time (BUT) et le test de SCHIRMER. La mesure de la pression intraoculaire (PIO) a été faite à l’aide d’un tonomètre à aplanation de Goldmann.

Résultats

Dans notre travail, 100 % des patients avaient une atteinte oculaire. L’âge moyen est de 48,1±12,6 ans. La durée moyenne de dialyse est de 456±130 mois. La baisse de l’acuité visuelle est retrouvée dans 48 % des cas. Les calcifications conjonctivales sont observées au niveau de 42 yeux (42 %). L’âge, la durée en dialyse et l’hyperparathyroïdie secondaire prédisposent aux calcifications. La sécheresse oculaire est retrouvée au niveau de 84 yeux (84 %). La cataracte a été retrouvé au niveau de 61 yeux (61 %). On a retrouvé une baisse non significative de la PIO chez les hémodialysés de l’ordre de 3,3±1,1mmHg après la séance d’hémodialyse.

Discussion

Nous avons pu déterminer les facteurs de risque prédisposant aux calcifications conjonctivales tels que l’âge, la durée en dialyse et l’hyperparathyroïdie secondaire. La diminution de la PIO pourrait être liée à la variation de l’osmolarité sérique avant et après la séance de dialyse. Aucune des deux techniques d’épuration ne semble exposer plus que l’autre à des atteintes oculaires, cependant la dialyse péritonéale contribue à mieux contrôler l’élévation de la PIO chez les malades prédisposés.

Conclusion

Ces malades doivent bénéficier d’un examen ophtalmologique focalisé de routine, afin de dépister et de traiter ces lésions avant le stade de complications.

Introduction

En France, il n’existe aucune donnée exhaustive concernant l’épidémiologie de l’insuffisance rénale aiguë prise en charge en dialyse (IRA-D). L’objectif principal de l’étude est d’étudier l’évolution de l’incidence de l’IRA-D en France Métropolitaine entre 2009 et 2014.

Patients et méthodes

Étude de données administratives à partir du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI). La population étudiée concerne les adultes de plus de 18 ans ayant un diagnostic d’IRA-D codé d’après la CIM-10 et la CCAM, durant leur hospitalisation, en France métropolitaine de 2009 à 2014. Les taux d’incidence bruts et standardisés sur le sexe et l’âge de l’IRA-D ont été calculés avec leur intervalle de confiance à 95 % (IC95 %) pour décrire l’évolution et la comparer statistiquement. Les caractéristiques des patients, le diagnostic principal d’hospitalisation, le type de prise en charge par épuration extrarénale (EER) et le pronostic sont également rapportés.

Résultats

Le nombre de séjours pour IRA-D étudié sur la période est de 101 479 séjours pour 99 988 patients avec un âge médian de 68 ans [58–77]. L’IRA-D est plus fréquente chez les hommes (65 %). L’incidence brute de l’IRA-D évolue de 332 par millions d’habitants (pmh) en 2009 à 382 pmh en 2014. L’incidence standardisée de l’IRA-D est significativement croissante entre 2009 et 2013 évoluant de 341 pmh (IC95 % [337–346]) à 385 pmh [380–389]. Les comorbidités rapportées sont cardiovasculaires chez 74 % des patients, un diabète pour 25 %, une néoplasie pour 21 % et une maladie rénale chronique pour 18 %. Les diagnostics principaux les plus souvent déclarés sont les affections cardiovasculaires pour 14,6 % des séjours, l’IRA pour 14 %, les infections pour 13,7 %, un état de choc pour 13,1 % et une cause chirurgicale pour 10,5 %. La prise en charge par EER continue était 1,95 fois plus fréquente que celle par EER discontinue en 2009. L’incidence standardisée de l’IRA-D par EER continue est significativement croissante et passe de 221 pmh [219–222] en 2009 à 268 pmh [266–269] en 2013. La mortalité intra-hospitalière est stable de l’ordre de 55 %.

Discussion

Ces données sont exhaustives pour la France Métropolitaine mais présentent les limites liées aux systèmes de recueil du PMSI.

Conclusion

Nous rapportons une augmentation significative de l’incidence de l’IRA-D chez les adultes en France entre 2009 et 2014. Les facteurs associés à cette augmentation sont à l’étude.

Introduction

La présence de micro-calcification (MC) dans le parenchyme rénal est polymorphe et inconstamment rapportée au sein des ponctions biopsies rénales (PBR). Nous en donnons une description standardisée.

Patients et méthodes

Étude rétrospective multicentrique descriptive par analyse de registre suivie d’une relecture standardisée (optique, lumière polarisée, colorations) des lames de PBR avec MC et recueils des données cliniques et biologiques.

Résultats

Des MC étaient décrites sur 214 (4,7 %) biopsies réalisées entre janvier 2000 et 2016, chez 4512 adultes. Cent cinquante-cinq dossiers étaient analysables. L’iconographie révélait 3 néphrocalcinoses radiologiques. Les MC prédominaient en intra-tubulaire (86,5 %), à la jonction cortico-médullaire (74,8 %) en présence d’une nécrose tubulaire (NTA) dans 60 % des cas. Une réaction cellulaire y était associée dans 47 % des cas. L’aspect des MC évoquait une nature phosphocalcique (P-Ca), violettes, arrondies, non réfringentes ; oxalocalcique (Ox-Ca), incolores, réfringentes et radiaires ; et mixte dans 44 %, 24,5 % et 29 % des cas respectivement. Le Von kossa colorait à la fois les MC P-Ca et Ox-Ca. Les MC Ox-Ca étaient plus nombreuses (moyenne de 1,87 vs 0,54 MC par champs X200), mais de même taille (moyenne de 0,096 vs 0,90mm) que les P-Ca. Elles étaient plus souvent associées à une NTA, dans un contexte d’IRA, avec une créatininémie plus élevé que les MC P-Ca. Une étiologie spécifique aux MC était retrouvée dans 26 % des cas (17 malabsorptions, 17 hypercalcémies, 7 médicaments).

Discussion

La fréquence déclarée des MC est de 4,7 % des biopsies avec 44 % de P-Ca, 24,5 % d’Ox-Ca et 29 % de mixte. La coloration de Von Kossa ne distingue pas le P-Ca de l’Ox-Ca. Les MC sont majoritairement intra-tubulaires, cortico-médullaire et associée à de la de NTA. Une étiologie est retrouvée dans 1/4 des cas. Une étude en imager est en cours, afin de caractériser la nature de ces cristaux.

Conclusion

Cette étude permet d’obtenir une cartographie des néphropathies cristallines du Nord-Pas-de-Calais. Nos résultats suggèrent l’importance du rôle joué par la NTA dans la rétention cristalline.

Groupe(s) de travail

Réseau Néphronor.

Introduction

La radiothérapie interne vectorisée est utilisée en France pour les tumeurs neuroendocrines exprimant les récepteurs de la somatostatine et qui sont au stade métastatique ou inopérable. Le 177Lu-DOTA0-Tyr3-octréotate bénéficie d’une ATU dans cette indication depuis mai 2015 [1]. Ce médicament est capable d’induire une nécrose tubulaire prévenue par une perfusion d’acides aminés concomitante à l’administration du médicament. L’objectif de ce travail est de décrire le mécanisme d’action néphroprotecteur des acides aminés et de caractériser les modifications biochimiques sanguines et urinaires induites.

Patients et méthodes

Nous rapportons 2 cas de traitement par 177Lu-DOTA0-Tyr3-octréotate pour lesquels des prélèvements sanguins et urinaires ont été réalisés avant, pendant et après le traitement par acides aminés.

Résultats

Pour les deux patients, nous observons une tubulopathie proximale partielle induite par le traitement par acides aminés et réversible à l’arrêt de ce dernier. On retrouve l’apparition d’une augmentation de la β2 microglobulinurie, des chaînes légères polyclonales dans les urines et d’une amino-acidurie portant sur tous les acides aminés. On ne retrouve néanmoins pas de glycosurie, pas de modification du Tm phosphate ou d’acidose métabolique. Aucun des 2 patients n’a eu d’insuffisance rénale.

Discussion

Les acides aminés ont pour but de saturer le récepteur de la mégaline–cubuline permettant de limiter l’endocytose du 177Lu-DOTA0-Tyr3-octréotate et donc de diminuer l’accumulation rénale du produit qui est responsable de sa néphrotoxicité. Ceci explique que la tubulopathie induite ne porte que sur les ligands du complexe mégaline–cubuline. La tolérance clinique des acides aminés est mauvaise et d’autres molécules sont à l’étude pour inhiber la mégaline tel que la cilastatine et l’albumine [2]. Cette néphroprotection pourrait être un modèle valable pour d’autres molécules dont la néphrotoxicité dépend de l’endocytose par la mégaline et la cubuline telles que les aminosides, la vancomycine, la colistine ou les sels de platine.

Conclusion

L’inhibition spécifique du complexe mégaline–cubuline permet une néphroprotection contre le 177Lu-DOTA0-Tyr3-octréotate. Ce modèle de tubulopathie proximale induite pourrait s’appliquer pour d’autres classes thérapeutiques néphrotoxiques.

Introduction

Le rituximab (RTX) est un anticorps monoclonal chimérique murin/humain dirigé contre la molécule de surface CD20. Son utilisation dans la glomérulopathie extramembraneuse (GEM) permet l’obtention d’une rémission chez 60–80 % des patients. Cependant, nous avons montré que certains patients développent des anticorps anti-RTX neutralisants, pouvant être pour la plupart responsables d’un échappement thérapeutique. Nous avons donc étudié s’il existait une réactivité croisée avec les anti-CD20 de troisième génération (humanisés ou totalement humains).

Matériels et méthodes

Nous avons étudié la cytotoxicité médiée par le complément des anti-CD20 sur les lymphocytes B (LB) en présence ou non d’anticorps anti-RTX. Les anti-CD20 testés étaient : le RTX à concentration croissante, l’ocrélizumab (OCR) et l’obitunuzumab (OBI) (anti-CD20 humanisés), l’ofatumumab (OFA) (anti-CD20 totalement humain).

Résultats

En présence d’anticorps anti-RTX, la cytotoxicité du RTX est quasi nulle, démontrant le caractère neutralisant des anticorps. Il existe un effet dose–réponse de la cytotoxicité du RTX, lié à la saturation des anticorps anti-RTX. Concernant l’OCR, l’OBI et l’OFA, la cytotoxicité est évaluée à 80–100 % en présence d’anticorps anti-RTX. Il n’existe donc pas d’effet neutralisant des anticorps anti-RTX sur les anti-CD20 de troisième génération testés, même à faible dose.

Discussion

L’étude de la cytotoxicité dépendante du complément des anti-CD20 sur les LB confirme l’effet neutralisant des anticorps anti-RTX. À fortes doses de RTX, ces anticorps peuvent être saturés. Notre travail démontre l’absence de réactivité croisée avec trois anti-CD20 actuellement à l’étude : l’OCR, l’OBI et l’OFA. De plus, ces derniers pourraient être moins à risque d’induire une immunisation voire un échappement thérapeutique.

Conclusion

Il n’existe pas de réactivité croisée des anticorps anti-RTX avec les anti-CD20 de dernière génération. Ces anti-CD20 humanisés ou totalement humains pourraient être une alternative thérapeutique au RTX chez les patients atteints de GEM présentant des anticorps anti-RTX. La recherche d’anticorps anti-RTX neutralisants pourrait également être étendue à de nombreuses pathologies auto-immunes.

Introduction

La vitesse de l’onde de pouls carotido-fémorale (VOP), examen non invasif, est le gold standard d’évaluation de la rigidité aortique. Notre objectif était d’évaluer si la VOP à 3 mois post-transplantation rénale était prédictive de mortalité, de perte de greffon et si elle était corrélée au débit de filtration glomérulaire (DFG) ou à l’atteinte vasculaire rénale à 12 mois post-greffe.

Patients et méthodes

Étude de cohorte monocentrique avec évaluations standardisées à 3 et 12 mois post-greffe incluant mesure de VOP, DFG mesuré au 51-Cr EDTA (mDFG) et biopsies rénales avec scores histologiques vasculaires de Banff. Entre janvier 2006 et novembre 2016, 220 patients ont été inclus et 169 réévalués à 12 mois. Une comparaison de deux sous-groupes déterminés selon la VOP à 3 mois (75e percentile) et une analyse de survie par modèle de Cox pour les événements mortalité et retour en dialyse ont été réalisés.

Résultats

La VOP est<11m/s chez 75 % des patients à 3 mois (médiane=9,1m/s). Après un suivi médian de 5,5 ans [1,9;8,8], 10 patients sont décédés et 12 sont retournés en dialyse. La VOP est un facteur indépendant de mortalité, persistant après ajustement sur les facteurs de risque traditionnels (HR=1,29, [1,03;1,61] ; p=0,03). Une réduction de la rigidité aortique à 12 mois est constatée uniquement chez les patients ayant une VOP à 3 mois>11m/s (−0,5±1,9m/s ; p=0,02), sans variation significative de la pression artérielle moyenne (PAM). Une aggravation du score d’épaississement fibro-intimal de Banff (cv) est notée entre 3 et 12 mois au sein de la cohorte (p=0,01) mais aussi au sein du sous-groupe ayant une VOP<11m/s (p=0,03). De plus, la valeur de VOP à 3 mois n’est pas prédictive du mDFG à 12 mois ni de la survie du greffon.

Discussion

La rigidité aortique du receveur à 3 mois est donc un déterminant puissant de mortalité après transplantation, même si la greffe améliore la survie par rapport à la dialyse. La VOP ne semble pas avoir d’impact sur le rein greffé (DFG ou vaisseaux du donneur).

Conclusion

La vitesse de l’onde de pouls à 3 mois est un facteur indépendant de mortalité après transplantation rénale. Elle n’est pas associée à l’aggravation des paramètres histologiques vasculaires et ne prédit pas le risque de retour en dialyse.

Introduction

L’essai clinique prospectif randomisé comparant ciclosporine/azathioprine (csa/aza) à tacrolimus et mycophénolate mofétil (Tac/MMF), associés à des corticoïdes et une induction par globulines anti-thymocytes (ATG) n’a pas démontré de supériorité d’une stratégie à 3 ans. Les principaux critères de jugement étaient le taux de rejets aigus (clinique et prouvé par biopsie) à 1 an, le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe), les taux de survie des patients et des greffons à 1 an et 3 ans. Nos objectifs, ici, ont été d’évaluer au bout de 10 ans de suivi, les données de la population initiale de l’étude CATM2.

Matériels et méthodes

C’est une étude observationnelle à 10 ans de suivi. Nous avons analysé les taux de survie rénale (sans et après censure des décès), des patients, et des évènements secondaires chez 289 greffés rénaux. Les analyses statistiques ont été réalisées en intention de traiter.

Résultats

À 10 ans de suivi, la survie globale était de 72,2 % dans le groupe CsA/Aza vs. 69,5 % dans le groupe Tac/MMF, (p=0,335). La survie rénale était de 83,3 % vs. 78,9 % (p=0,61) et la survie des patients de 86,7 % vs. 88 % (p=0,738), dans le groupe CsA/Aza vs. Tac/MMF. Le DFGe était de 46,9±1,8 et 55,8±2,2mL/min/1,73m2 dans les groupes CsA/Aza et Tac/MMF, respectivement (p=0,002). Les rejets aigus étaient significativement plus fréquents dans le groupe CsA/Aza (17,8 %) que dans le groupe Tac/MMF (9,1 %) (p=0,03). Il y avait plus d’infections opportunistes parasitaires (5 % vs. 0 %, p=0,007) et d’intolérance digestive dans le groupe TaC/MMF (11,2 % vs. 2,1 %, p=0,002). L’apparition de donor specific antibodies était plus fréquente dans le groupe CsA/Aza (13,9 % vs 2,9 %, p=0,001). On notait 54,1 % de modification de l’immunosuppression dans le groupe Csa/Aza vs. 25,5 % dans le groupe Tac/MMF (p=0,005). Le coût annuel du traitement était supérieur dans le groupe Tac/MMF.

Discussion

Après 10 ans de suivi, cette étude ne démontre pas de différence significative entre les associations CsA/Aza et Tac/MMF, en termes de survie rénale et de survie patient. Cependant, la fonction rénale était meilleure, le taux de rejets aigus moindre, le taux de complications infectieuses non létales et de toxicité digestive supérieur dans le groupe Tac/MMF.

Conclusion

Une association CsA/Aza après induction par ATG reste une stratégie immunosuppressive efficace et sûre en transplantation rénale.

Introduction

La sarcopénie et la fragilité sont fréquemment observées chez le patient hémodialysé. Différents dosages biologiques ont été proposés dans le cadre de leurs évaluations. La créatinine est le plus simple de ces dosages mais a le désavantage d’être influencé par la fonction rénale résiduelle. Dans ce travail, nous avons testé l’intérêt de nouveaux biomarqueurs : la follistatine, le « Brain Derived Neurotrophic Factor », l’activine A, la myostatine, le P3NP, la sclérostine et l’IGF-1.

Patients et méthodes

Ces biomarqueurs ont été mesurés dans une cohorte de patients dialysés provenant d’un centre hospitalo-universitaire. Chez ces sujets, différents tests ont été réalisés : un test de marche sur 4,6 mètres [1], une mesure de la force de préhension avec dynamomètre [1], un score de fragilité selon Fried et al. [1], et un test « assis-debout ». Dans un premier temps, nous avons recherché si une corrélation existait entre ces mesures et les biomarqueurs (régression linéaire simple). Lorsqu’une telle relation était trouvée, nous avons étudié par analyses ROC la capacité des biomarqueurs à détecter un test fonctionnel diminué [1].

Résultats

L’étude a porté sur 68 patients hémodialysés (65 % d’hommes, âge médian : 64,5 ans [P25:46 ; P75:77]). Nous retrouvons une association négative entre les résultats du test assis-debout et la créatinine (p=0,0071), l’IGF-1 (p=0,0054) et la myostatine (p=0,0002). La vitesse de marche est inversement corrélée avec la créatinine (p=0,011), la préalbumine (p=0,0114), le P3NP (p=0,0189), l’IGF-1 (p=0,0121) et la myostatine (p<0,0001). La force de préhension est positivement corrélée à la créatinine (p<0,0001), l’IGF-1 (p=0,0001) et la myostatine (p<0,0001). Le score de fragilité de Fried et al. est inversement corrélé à la créatinine (p=0,0001), l’IGF-1 (p=0,001) et la myostatine (p<0,0001). La créatinine et la myostatine ont globalement les meilleures aires sur la courbe (ASC) pour détecter les tests fonctionnels diminués. La myostatine est même meilleure que la créatinine pour détecter une vitesse de marche diminuée (0,8m/s) (ASC de 0,82 et 0,64, respectivement, p=0,0165).

Discussion

La myostatine semble être un marqueur biologique intéressant dans l’évaluation des tests fonctionnels diminués liés à la sarcopénie chez le patient dialysé. De plus, sa concentration ne semble pas influencée ni par l’inflammation ni par le niveau de fonction rénal.

Conclusion

L’étude de la myostatine comme marqueur de la sarcopénie doit être approfondie en dialyse.

Introduction

Il n’existe actuellement pas de recommandation consensuelle sur les supplémentations en oligoéléments et vitamine C chez les patients pris en charge en HDF. Notre centre propose systématiquement cette supplémentation à tous les patients.

Patients et méthodes

Nous avions présenté en 2014 les résultats de notre protocole de supplémentation en zinc et sélénium. Les patients recevaient alors à chaque séance 1 ampoule de Zinc IV (10mg) et 1 ampoule de sélénium IV (100 microgrammes). Nous avions aussi dosé le taux de vitamine C qui s’était révélé extrêmement bas, au seuil scorbutique pour 64 % des patients. Notre protocole a depuis été modifié, les patients reçoivent deux fois par semaine un flacon de NUTRYELT IV perdialytique, et 1g de Laroscorbine IV. La quantité hebdomadaire de zinc (10 microg 2×/semaine au lieu de 3) et sélénium (75 microgrammes 2×/semaine au lieu de 3) était donc moindre, permettant des économies importantes sur ce poste, l’objectif de ce travail était de vérifier si ces modifications de pratique n’avaient pas d’incidence sur les dosages sériques. Tous les dosages ont été réalisés en juin 2016 sur 80 patients de centre lourd comme lors de la 1re étude par le laboratoire de biochimie de nutrition du CHU de Toulouse (Dr Periquet) et le coût intégralement pris en charge par notre association de recherche clinique ABORD.

Résultats

Les dosages confirment une normalisation des taux de vitamine C : moyenne 10,22mg// (N>10), et des taux de zinc corrects 12,4micromol/L (normale : 10,7–16,9micromol/L) ainsi que les taux de sélénium 65,8 microgrammes/L (normale : 70–100 microgrammes/L).

Discussion

Le changement de protocole a confirmé la correction des taux de vitamine C, et la stabilité des dosages sériques de zinc et sélénium.

Conclusion

Ce protocole validant nos pratiques, la suite du travail sera de s’intéresser aux effets du stress oxydatif facteur majeur de mortalité chez les patients hémodialysés. En outre nous étudierons les effets d’une supplémentation systématique en Vitamine E cofacteur majeur dans le métabolisme des oligoéléments.

Introduction

Un protocole prospectif randomisé en double aveugle a été réalisé afin de déterminer la capacité de prévention des péritonites bactériennes avec le Taurolock (T), dispositif médical antiseptique agissant sur le biofilm versus placebo (P).

Patients et méthodes

Cent cinquante patients débutant la dialyse péritonéale ont été sélectionnés sur 3 ans dans 11 centres. L’administration du T a été réalisée dans le cathéter tous les 6 mois pendant 18 mois, le suivi total étant de 2 ans. Le critère de jugement principal était la survenue d’une péritonite bactérienne. L’analyse statistique a été faite en intention de traiter. Le test du Chi2 a été appliqué pour comparer les 2 bras T et P.

Résultats

Cent quarante-huit dossiers ont été analysés, les populations T ou placebo étaient comparables. Trente-huit patients ont présenté une péritonite bactérienne (confirmée par un comité de 3 experts). Dix-huit dans le bras T (24 %) et 20 dans le bras P (27,4 %) différence non significative au test de Chi2 p=0,78. Douze patients ont présenté une péritonite à germe Gram+, 5 dans le bras T (6,7 %) et 7 dans le bras P (9,6 %) la différence n’est pas significative p=0,76. Vingt-sept décès ont été enregistrés 17 (22,7) dans le bras T, 10 dans le bras P (13,7 %), p=0,23. Vingt-quatre patients ont eu un changement de technique de dialyse au cours des 2 ans de suivi, 14 dans le bras T (18,7 %), 10 dans le bras P (13,7 %) p=0,55. Dix patients ont été transplantés au cours de ces 2 ans : 7 dans le bras T (9,3 %) et 9 dans le bras P (12,3 %) p=0,75. La survenue d’une douleur après injection a été enregistrée avec l’utilisation de l’échelle visuelle analogique : la différence est significative entre les groupes T et P : p<0,001 à l’inclusion 4,5 vs 0,25, à 6 mois 3,4 vs 0,002, à 12 mois 3,5 vs 0,21, à 18 mois 2,83 vs 0,12.

Discussion

L’absence de différence significative en T et P dans la survenue de péritonites, démontre dans des conditions d’enquête optimales l’absence d’efficacité du Taurolock dans les conditions d’utilisation décrites. Une fréquence d’administration plus grande serait l’objet d’une autre étude.

Conclusion

Le Taurolock administré tous les 6 mois dans le cathéter péritonéal n’a pas d’effet préventif des péritonites en dialyse péritonéale.

Introduction

La polykystose autosomique dominante (ADPKD) est responsable de 6 à 10 % des IRCT chaque année. Le phénotype de cette affection génétique est dominé par une augmentation du volume rénal et hépatique, une fréquence plus élevée de diverticules coliques et de hernies de la paroi abdominale. Pour ces raisons, de nombreux néphrologues sont réticents à l’idée de proposer la dialyse péritonéale (DP) aux patients atteints d’ADPKD.

Patients et méthodes

Nous avons analysé la survie globale et la survie technique des patients d’ADPKD traités par DP en France. Pour cela nous avons mené deux études rétrospectives sur les patients commençant la dialyse entre 2000 et 2010, et sur la base de deux registres français : le Réseau français d’épidémiologie et d’information rénale (REIN) et le Registre de dialyse péritonéale en langue française (RDPLF). Nous avons comparé les caractéristiques cliniques et le devenir des groupes suivants :

– patients ADPKD traités par DP comparativement aux patients ADPKD traités par HD (registre REIN) ;

– patients ADPKD en DP comparativement aux patients non ADPKD en DP (registre RDPLF).

Résultats

Ainsi, 5291 patients ADPKD et 12 856 patients non ADPKD ont été inclus. Les patients ADPKD pris en charge en DP représentaient 10,91 % de la population ADPKD totale. Ils avaient une albuminémie plus élevée (38,8±5,3 vs 36,8±5,7, p<0,0001) et étaient moins diabétiques (5,31 vs 7,71 %, p<0,03) que les patients ADPKD en HD. L’utilisation de la DP chez les patients atteints d’ADPKD était positivement corrélée à la probabilité d’une transplantation rénale. Le traitement par DP n’était pas associé à un sur-risque de décès chez les patients ADPKD, ratio de risque (HR)=1,15 [0,84–1,58], alors que le diabète et le vieillissement étaient des facteurs de risque importants de décès. Comparativement aux patients non ADPKD en DP, les patients ADPKD en DP étaient : plus jeunes, avaient moins de comorbidités et une meilleure survie globale. Le statut ADPKD n’était pas associé à un sur-risque d’échec technique ou à un sur-risque de péritonite.

Discussion

Selon nos résultats :

– la DP est proposée à une population faible et sélectionnée de patients atteints d’ADPKD ;

– le traitement par DP n’a pas d’impact négatif sur la survie globale des patients ADPKD ni sur leur survie technique.

Conclusion

Par conséquent la DP est une option de traitement raisonnable pour les patients ADPKD.

Introduction

L’hyperphosphatémie reste élevée chez les patients hémodialysés selon des données 2014 de l’observatoire Photographe (41 % des patients avec une phosphatémie prédialyse de milieu de semaine>1,5mmoles/L) malgré un arsenal thérapeutique large. L’oxyhydroxy sucroferrique (OHS) est un nouvel agent chélateur du phosphore (Pi) à base de fer permettant de réduire le nombre quotidien de comprimés et d’améliorer l’observance.

Patients et méthodes

Entre mai 2016 et février 2017, la prescription des chélateurs classiques du phosphore et de OHS, ainsi que les données biologiques du métabolisme minéral des patients hémodialysés des centres NephroCare en France ont été extraites du logiciel commun EUCLID5.

Résultats

Cent quatre-vingt-douze patients hémodialysés ont eu au moins une prescription d’OHS pour une durée moyenne de 4,3 mois. Avant cette prescription, 173 patients prenaient des chélateurs du Pi (de 1 à 3 chélateur par patient ; chélateurs calciques 54 % ; sevelamer 43 % ; lanthanum 21 %). Vingt-trois pour cent des patients ont eu une interruption du OHS avec reprise des chélateurs classiques. La phosphatémie après 3 mois de OHS a baissé significativement de 2,06±0,43 à 1,90±0,50mmoles/L (p<0,0001). Le % de patients avec une phosphatémie<1,5mmoles/L a augmenté de 10 à 20 % (p=0,011). Les calcémies et parathormones (PTH) moyennes avant dialyse n’ont pas changé de façon significative après respectivement 3 et 4 mois de traitement par OHS.

Discussion

À court terme la mise sous OHS a permis de réduire la phosphatémie de façon significative et de doubler la proportion de patients avec un Pi<1,5mmoles/L sans modification de la calcémie et de la PTH. Les interruptions de traitement ont été plus fréquentes que lors de l’étude de Phase III*.

Conclusion

L’OHS offre une efficacité nouvelle pour combattre l’hyperphosphatémie des patients dialysés. Pour en bénéficier pleinement une stratégie d’introduction progressive est nécessaire pour améliorer sa tolérance.

Groupe(s) de travail

Néphrologues des centres NephroCare.

Introduction

Les patients dialysés en échec de transplantation rénale (TRD) ont une morbi-mortalité plus importante que les patients dialysés naïfs de TR (ND). Notre hypothèse est que l’hyperparathyroïdie secondaire (HPT2) est aussi plus sévère chez les TRD que les ND.

Patients et méthodes

L’observatoire Photo-Graph3 multicentrique, prospectif et observationnel (169 centres) a inclus les patients incidents en hémodialyse (=M0) entre 2010 et 2014. Les patients parathyroïdectomisés à M0 ont été exclus. Les données biologiques et cliniques étaient collectées tous les 6 mois sur 24 mois. Les valeurs de PTH sérique étaient ajustées pour tenir compte des variations liées aux kits de dosage. Au total, 8063 patients ont été inclus dont 333 TRD. À M0, les ND sont plus âgés, ont un IMC plus élevé, plus d’ATCD cardiovasculaires et de diabète mais moins d’HTA et de tabagisme que les TRD. L’analyse multivariée a été réalisée après ajustement pour les facteurs confondants : âge, sexe, IMC, et diabète.

Résultats

À M0, la PTH sérique (pg/mL) et le pourcentage (%) de patients avec HPT2 non contrôlée (NC, PTH>9N selon KDIGO) sont significativement plus hauts chez les TRD que les ND (PTH : 356±297 vs 293±262 ; HPT2 : 17 % vs 11 %, respectivement). Ces différences, maintenues après ajustement à M0, ne sont plus identifiées pendant le suivi. L’Anova à mesures répétées montre que sur 24 mois, la PTH augmente significativement dans les 2 groupes de façon identique avec une tendance à des PTH plus hautes chez les TRD (p=0,06). L’analyse multivariée après ajustement montre qu’à M0 et M12 l’hyperphosphatémie est associée à l’HPT2 NC dans les 2 groupes. Sur 24 mois, le pourcentage de patients sous cinacalcet est supérieur chez les TRD (p<0,01). L’analyse des trajectoires de PTH sur 24 mois (méthode K-Means for Longitudinal Data) a généré 3 groupes : A (PTH basse), B (PTH modérément augmentée) et C (PTH haute) avec, respectivement, 60 %, 32 % et 8 % chez les ND et 39 %, 46 % et 15 % chez les TRD (p=0,0016 après ajustement). Ainsi, plus de patients développent une HPT2 NC chez les TRD que les ND au cours du suivi (17 % vs 8 %, p<0,0001).

Discussion

Notre étude comporte les biais habituels de toute étude observationnelle.

Conclusion

Après le retour en dialyse, l’HPT2 est plus sévère et plus fréquente chez les patients TRD que chez les patients ND. Les raisons de cette différence méritent d’être analysées.

Groupe(s) de travail

Observatoire national du métabolisme minéral et osseux Photo-Graph3, soutenu par Sanofi.

Introduction

Des expériences in vitro ont incriminé les toxines urémiques dans la survenue de l’anémie des patients hémodialysés (HD), mais peu de données cliniques ont été publiées. Nous avons étudié si l’acide indole 3-acétique (IAA), l’indoxyl sulfate (IS), et le para-cresyl sulfate (PCS) sont impliqués dans l’anémie des HD en corrélant leurs concentrations plasmatiques avec le taux d’hémoglobine (Hb) et les besoins en érythropoïétine (EPO).

Patients et méthodes

Étude observationnelle transversale incluant les patients HD de 2 centres. 3 approches statistiques différentes :

– comparaison des HD traités ou non traités par EPO ;

– régression linéaire entre les concentrations plasmatiques des toxines urémiques et l’Hb, le ratio Dose d’EPO/Hb, ou l’indice de résistance à l’EPO (IRE ; EPO/Hb/kg de poids corporel) ;

– régression logistique multinomiale de 6 groupes de patients classés selon le traitement par EPO ou non et les taux d’Hb (<10, 10–12,>12g/dL).

Résultats

Deux cent quarante patients HD ont été inclus, dont 55,4 % d’hommes ; 42,5 % étaient diabétiques. L’âge moyen était de 67,6±16,0 ans. Les patients avec et sans EPO avaient des concentrations identiques de IAA, IS ou PCS. Dans le modèle linéaire multivarié les corrélations entre la concentration plasmatique d’IAA, d’IS et de PCS et l’Hb, l’EPO/Hb et l’IRE n’étaient pas statistiquement significatives. Enfin, le modèle multinomial ne retrouvait pas non plus de relation entre la concentration en IAA, IS ou PCS et l’appartenance aux différents groupes.

Discussion

Malgré 3 approches statistiques différentes, nous n’avons pas pu établir de lien entre les concentrations plasmatiques d’IAA, IS et PCS, et les marqueurs de l’anémie des HD. Nos données in vivo ne vont pas dans le sens des données in vitro concernant l’implication de ces toxines urémiques dans la survenue de l’anémie des HD. Par exemple, il a été montré in vitro que l’IS inhibe l’activation de HIF en conditions d’hypoxie et donc la production d’EPO [1]. Les données de cette étude observationnelle transversale nécessitent d’être confirmées dans des études prospectives. Néanmoins, il s’agit de la première étude clinique sur ce sujet.

Conclusion

Les toxines urémiques indoliques (IS et IAA) ainsi que le PCS n’ont pas ou peu d’effet sur les paramètres de l’anémie des patients HD chroniques.

Introduction

Les taux d’Indoxyl Sulfate (IS), de p-Crésyl Sulfate (pCS) et d’acide indole 3-acétique (IAA) sont associés à une augmentation du risque de décès et d’événements cardiovasculaires au cours de l’insuffisance rénale chronique. Le rôle du microbiote et de l’alimentation dans la production de d’IS et de pCS est documenté. Dans le cadre de l’étude EVITUPH qui étudiait les déterminants de la variabilité des taux d’IS, de pCS et d’IAA, nous présentons l’impact du régime alimentaire.

Patients et méthodes

Étude monocentrique sur 1 an incluant 75 patients hémodialysés chroniques. Le questionnaire alimentaire réalisé à l’inclusion a été analysé chez 53 patients. Ce questionnaire relevait l’ensemble des prises alimentaires sur 7 jours consécutifs. Nous avons analysé les données alimentaires et les données biologiques correspondantes notamment les taux sériques d’IS, de pCS et d’IAA (dosage par HPLC) sur la même période.

Résultats

L’apport calorique est faible, la médiane est de 20Kcal/kg/j [17,5–22,6] avec des apports protéiques médians de 0,92g/kg/j [0,69–1,15]. L’analyse de l’ensemble des 53 patients n’a pas pu mettre en évidence de lien entre apports alimentaires et taux de toxines. Vingt-quatre patients n’avaient aucune diurèse résiduelle (DR) et 29 la conservaient. L’analyse comparative des patients avec ou sans DR ne met pas en évidence de différence quant aux apports alimentaires. Les taux d’IS sont moins importants chez ceux avec une DR comparés à ceux sans DR (médiane de 89,8μM et 132,4μM respectivement, p=0,005). Chez les patients sans DR, il existe une corrélation négative entre les taux d’IS et les apports alimentaires en fibres notamment insolubles (R=−0,54, p=0,006).

Discussion

Nous montrons que la diurèse résiduelle à un impact important sur les taux d’IS chez les hémodialysés. Le maintien de la diurèse est associé à une meilleure survie des patients. La moindre accumulation des toxines urémiques pourrait être un élément majeur dans cette réduction du risque. L’effet de la diurèse résiduelle masque l’effet de l’alimentation.

Conclusion

Chez les patients sans diurèse résiduelle, l’apport en fibres est associé à une réduction des taux d’IS. Leur utilisation pourrait réduire le risque cardiovasculaire associé à l’accumulation de l’IS.

Introduction

L’hepcidine, hormone régulatrice de l’homéostasie du fer, est un facteur majeur contribuant à l’anémie chez les patients dialysés. Elle participe à la séquestration du fer dans les macrophages et empêche son relargage par les cellules intestinales. Nous avons émis l’hypothèse que, chez les patients dialysés ayant un taux d’hepcidine normal, le fer per os serait correctement absorbé et aussi efficace que le fer en injection intraveineuse pour compléter les réserves intra-érythrocytaires et musculaires.

Patients et méthodes

Étude monocentrique, en cross-over, chez 10 patients hémodialysés sous fer IV n’ayant pas d’agents stimulants l’érythropoïèse (ASE) et un taux d’hepcidine normal (<20ng/mL). Apres un wash-out de 15 jours, du Fer PO est instauré pour 3 mois. Le critère de jugement principal est la modification du bilan martial et de l’hémogramme à M3.

Résultats

Neufs patients (8 hommes/1 femme) d’âge médian 62 ans (range 42–79) ont été inclus. Après une semaine de traitement, le coefficient de saturation (CS) a augmenté de 14±17 à 23,4±9,3 % (p=0,62) avant de revenir son niveau de base dès S4. La ferritine est restée stable de 80±113 à 91±141ng/mL entre M0 et M3 (p=0,43) et l’hepcidine a diminuée de 14,4±17 à 5,5±5ng/mL (p=0,42). On a observé une augmentation progressive de l’hémoglobine de 11,5±0,8 à 12,8±1,5g/dL entre M0 et M3 (p=0,01). Cette augmentation corrélait avec la crise réticulocytaire maximale à M2 (63 808±24 958 vs 52 799±20 241/mm3 à M0, p=0,07). La reprise d’une érythropoïèse était similaire chez les patients indépendamment du délai d’arrêt du Fer IV(<ou>4 semaines). Un patient a arrêté précocement le traitement PO du fait d’une trop grande efficacité (Hg>15g/dL). Aucun effet secondaire d’ordre digestif ou thrombotique n’a été observé. Nous n’avons pas retrouvé d’impact négatif du traitement PO sur la qualité de vie des patients selon le questionnaire SF-36 évalué de M0 et M3.

Discussion

Cette étude soutient la preuve de concept que chez les patients ayant un taux d’hepcidine « normale », le fer per os est correctement absorbé et permet une érythropoïèse efficace.

Conclusion

Chez les patients hémodialysés non traités par ASE et ayant une hepcidine « normale », le fer per os semble supérieur au fer IV pour stimuler l’érythropoïèse avec un profil de tolérance satisfaisant.

Introduction

Le but de ce travail est d’étudier les complications infectieuses et mécaniques des cathéters de dialyse péritonéale et leur survie à partir des 9092 implantations enregistrées dans le module cathéters (fiche de recueil version 1, 1997–2010, version 2 dite « v2 » depuis 2011).

Patients et méthodes

Cent dix centres participent au module cathéters. Au 31/12/2016, 9092 cathéters sont inclus dont 4507 cathéters « v2 » chez 4200 patients. Le recueil de données comprend le type de cathéters utilisés, les techniques d’implantation, l’utilisation d’antibioprophylaxie préopératoire, les incidents précoces, les infections et germes responsables et leur évolution, les complications mécaniques des cathéters et leur évolution.

Résultats

L’incidence des infections de cathéter diminue : 1 épisode tous les 68,25 mois×patient de 1997 à 2001, 1 épisode tous les 75,45 mois×patient de 2011 au 31/12/2015. Ces infections sont précoces (36,7 % à 3 mois, 66,1 % à 1 an). Le recours à un opérateur fidélisé, l’antibioprophylaxie préopératoire, le respect d’un intervalle>7 jours pour le premier pansement diminuent significativement le risque infectieux. Les facteurs de risque significatifs sont : l’obésité dès l’IMC à 25 (RR : 1,16, p=0,05) ; les incidents précoces, hématome de paroi (RR 2,3, p=1,7×10−5) et fuite pariétale de dialysat (RR 2,5, p=2×10−3). L’écologie bactérienne évolue sur 20 ans : diminution constante des infections de cathéter à S. aureus (68,03 % vs 32,33 %), augmentation des Pseudomonas (19,17 % vs 6,12 %). Les complications mécaniques sont encore plus précoces (66 % à 3 mois). Les cathéters à extrémité interne en queue de cochon se déplacent plus souvent (RR : 1,35, p<2×10−5). Sur les 4507 cathéters « v2 » : 1236 infections d’émergence pour 835 cathéters (1 cathéter/5) ; 96 ont conduit à la perte du cathéter soit 2,14 %. Au total, 1142 complications mécaniques sur 931 cathéters (1 cathéter/5) ; 599 (65 %) ont pu être conservés, 332 ont été perdus soit 7,3 % de l’ensemble. La survie est excellente pour les 9092 cathéters : 92,1 % à 1 an, 82,5 % à 5 ans.

Discussion

Ce module permet d’identifier les facteurs de risque de complications mécaniques et infectieuses et constitue un outil d’évaluation des pratiques au niveau de chaque centre.

Conclusion

Le module cathéter du RDPLF a 20 ans d’existence. Il s’agit de la première analyse d’ensemble de la plus grande série de cathéters de DP à notre connaissance.

Groupe(s) de travail

Centres participant au module cathéter du RDPLF.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique est associée à des altérations de la réponse immunitaire humorale et une réponse vaccinale diminuée. Une étude préliminaire chez 15 patients non immunisés après au moins une vaccination antérieure et dialysés pendant trois mois sur polyméthylmetacrylate (PMMA) a montré une réponse vaccinale chez 60 % d’entre eux nettement supérieure à ce qui est rapporté dans la littérature. Cette réponse était associée à une baisse du CD40 soluble, inhibiteur naturel de la réponse humorale. Nous avons voulu confirmer ces résultats par une étude randomisée multicentrique.

Patients et méthodes

Vingt-cinq patients ont été inclus (14 sur PMMA [BKF2.1], 11 sur polysulfone haute perméabilité). Selon le protocole, les patients devaient être dialysés pendant 40 semaines et ont reçu deux doses d’Engerix B20 à Semaine 12, S16, S20 et S36. Le critère de jugement principal est la réponse vaccinale à S40 définie par un taux d’Ac anti-HbS>10UI/L. La cinétique de la réponse vaccinale a été évaluée. Le taux de CD40s a été évalué à S0 et S12.

Résultats

À l’issue de l’étude, 58,3 % des patients sous PMMA vs 75 % des patients sous Polysulfone ont répondu à la vaccination (p=0,64). Le taux médian d’AC anti-HbS à S40 chez les répondeurs est de 496 (min–max : 81;750) vs 395 (26;750) UI/mL pour la PMMA et la polysulfone respectivement (p=0,46). Le taux médian de CD40s à S12 est de 306 (93;814) vs 491 (142;726) pg/mL (p=0,21). La variation médiane du CD40s entre S0 et S12 est de 5 (−425;255) vs 64 (−189;357) pg/mL (p=0,55). Il y a une tendance à un taux plus bas de CD40s à S12 chez les patients non répondeurs à la vaccination : médiane=193 (142;470) vs 413 (93;814) pg/mL ; p=0,08. Pour l’ensemble de la cohorte, les patients répondeurs à la vaccination ont tendance à être plus jeunes (âge médian 64 ans vs 76 ans ; p=0,16).

Discussion

L’hypothèse d’une épuration du CD40s par adsorption sur PMMA qui permettrait une meilleure réponse vaccinale n’est pas confirmée dans notre étude. Il est possible que la bonne réponse vaccinale observée dans les deux groupes et particulièrement sous Polysulfone, soit liée à l’épuration d’autres substances par les membranes haute perméabilité ou à un meilleur suivi de la vaccination dans le cadre d’un protocole.

Conclusion

Nous n’avons pas observé de supériorité de la membrane en PMMA sur la réponse vaccinale contre le virus de l’hépatite B comparée à la polysulfone haute perméabilité.

Introduction

La conciliation médicamenteuse (CM) permet d’intercepter et de corriger 75 % des événements indésirables médicamenteux. Il s’agit d’une démarche de prévention et d’interception des erreurs médicamenteuses. Les Objectifs de cette étude sont :

– décrire la mise en place d’un processus de conciliation médicamenteuse ;

– comprendre les causes de divergences intentionnelles (DI) et non intentionnelles (DNI) ;

– accompagner les patients pour réduire ces divergences.

Patients et méthodes

Nous proposons à tous les patients dialysés dans notre structure une CM :

– à l’arrivée dans la structure ;

– en cas d’hospitalisation ;

– en cas de modification majeure de traitement ;

– en cas de prescription médicaments à risque ;

– tous les 6 mois au moment d’une consultation de suivi médical.

Cette CM est réalisé par des soignants formés à l’éducation thérapeutique (ETP). Elle se réalise sous forme d’une séquence pédagogique avec participation active du patient. Les divergences sont définit par la différence entre ce qui est prescrit et ce qui est réellement pris par le patient. Les DNI sont définies par des divergences de posologies, formes ou doses. Les DI sont définies par la non-prise intentionnelle ou l’oubli ponctuel. L’adaptation de la posologie est définie par une adaptation du traitement médicamenteux par le patient suite aux compétences acquises grâce à l’ETP.

Résultats

D’avril 2015 à février 2017, 148 patients ont eu 210 CM. Cinq cent quatorze DNI sont identifiées soit en moyenne 2,45 DNI par patient. Cent vingt-neuf (61 %) ont au moins une DNI. Deux cent sept DI sont identifiées soit en moyenne 0,99 DI par patient. Quatre-vingt-quinze (45 %) ont au moins une DI. Deux cent quatre-vingt-deux adaptations de la posologie sont identifiées. Le temps passé par les infirmières auprès d’un patient est en moyen de 30minutes. Le contact avec l’IDE d’ETP a permis d’identifier les DNI et DI. Les DNI les plus fréquentes sont : 34 % liée aux doses, 16 % à la forme et 50 % à la posologie. Les DNI sont évaluées par le médecin et corrigées. Les DI sont pris en charge grâce à l’ETP.

Discussion

Le taux de divergence de 75,6 % (DI+DNI) mis en évidence par notre travail doit alerter les néphrologues et conduire à une PEC spécifique médicale et ETP.

Conclusion

La CM est une étape indispensable du parcours de la MRC pour sécuriser la prise en charge médicamenteuse, au regard du risque médicamenteux majeur des patients poly-médiques.

Groupe(s) de travail

Équipe ETP Calydial.

Introduction

La douleur est fréquente lors de la ponction de l’abord vasculaire des patients dialysés. Pour la prévenir, il existe plusieurs méthodes essentiellement pharmacologiques. L’application cutanée de froid est une méthode antalgique efficace utilisée dans d’autres disciplines médicales. L’étude présentée a évalué l’efficacité de l’application de froid sur l’abord vasculaire sur le ressenti douloureux à la ponction et son impact sur le vécu de la dialyse.

Patients et méthodes

Le groupe Douleur institutionnel a défini une procédure de cryoantalgie compatible avec les contraintes liées à la dialyse (notamment d’aseptie). Un coussin thermique congelé à −20°C est appliqué, isolé par un champ stérile, sur la FAV immédiatement avant la ponction durant 3 à 5 minutes. Vingt-deux patients de 2 unités de dialyse, algiques à la ponction (avec ou sans patch antalgique), ont testé volontairement l’efficacité de cette méthode pendant 2 mois. Un score de douleur a été relevé par l’IDE à chacune des 6 séances avant la cryoantalgie et des 26 séances d’étude. En parallèle, un questionnaire relatif au ressenti douloureux et à l’appréciation de la méthode a été auto-administré aux patients au démarrage, à mi- et fin-étude puis un mois après.

Résultats

Dix-neuf patients ont mené l’étude à terme. Le dispositif a été utilisé dans 89 % des séances. Aucun effet indésirable n’a eu lieu excepté un ressenti désagréable pour 3 patients. Le score moyen de douleur relevé par les IDE est passé de 3,4 en pré-étude à 1 pendant la phase d’application du dispositif. L’évaluation par auto-questionnaire des patients confirme cette efficacité avec un score de début d’étude à 4,1 qui passe à 1,1 et 1,6 à mi- et fin-d’étude.

Discussion

L’application de la cryoantalgie entraîne une diminution de l’appréhension des patients avant la ponction. Les 3 arrêts prématurés sont liés à une inefficacité ressentie et aux contraintes de la technique (perception de froid et perte de temps). La méthode est appréciée car jugée naturelle et efficace. Elle est encore utilisée à chaque séance par 86 % des patients à l’issu de l’étude sans lassitude ni perte d’efficacité.

Conclusion

L’application d’une cryoantalgie par coussin thermique congelé sur la fistule avant la ponction diminue le ressenti douloureux du patient. Cette méthode offre une alternative au patch anesthésique (contre-indication, oubli, etc.). Efficace, naturelle et peu coûteuse, elle présente peu de contre-indications et peut être proposée au long terme.

Introduction

Une faible proportion de patients en hémodialyse ne reçoit plus d’agents stimulant l’érythropoïèse (ASE). Nous avons étudié la contribution respective de l’EPO et l’hepcidine chez ces patients « EPO-free ».

Patients et méthodes

Étude cas-témoin monocentrique, chez des patients adultes (âge>18 ans) en hémodialyse ne recevant pas ASE (>6 mois) et avec une taux d’hémoglobine stable. Ils ont été comparés à 60 contrôles ayant une dose d’ASE et un taux d’hémoglobine stable>6 mois L’analyse a porté sur le bilan martial, les taux sériques d’EPO et de l’hepcidine.

Résultats

Parmi les 305 patients hémodialysés dans notre centre, 15 patients EPO-free ont été identifiés et comparés à 60 contrôles. Trois facteurs cliniques favorisant l’absence d’ASE ont été retrouvés : l’ancienneté de dialyse (médiane 91 vs 41 mois, p<0,001), la présence de kystes rénaux acquis (86,6 % vs 33 %, p<0,001) et l’absence d’HTA (40 % vs 61 %, p=0,002). Les patients EPO-free ont une hémoglobine plus élevée (12,1±0,99g/dL vs 11,1±0,73, p<0,002). L’hepcidine est diminuée chez les patients EPO-free (12,53±10,46ng/mL) par rapport aux contrôles (37,95±34,33ng/mL), p<0,001. Le taux d’hepcidine corrèle de manière significative avec la ferritine qui est elle-même diminuée chez les EPO-free (183±102 vs 312±166ng/mL, p=0,001). Aucune corrélation n’a été retrouvée entre le taux d’hepcidine et la transferrine, le coefficient de saturation, la dose de FER IV reçue, la CRP et le taux d’EPO sérique. L’EPO totale sérique est diminuée chez les EPO-free (13,5±10 vs 29,1±26,4, p=0,021) L’analyse par clustering confirme l’existence d’un profil clinicobiologique spécifique (présence de kystes rénaux, ferritine et hepcidin basse, faible taux d’EPO circulante) chez les EPO-free, qui est retrouvé de manière moins prononcé chez 10 contrôles.

Discussion

Les taux d’hepcidine redevenus normaux chez les patients EPO-free permettent une meilleure mobilisation des réserves en fer, qui, associée à la persistance d’une sécrétion endogène d’EPO sont les 2 conditions nécessaires à une érythropoïèse efficace.

Conclusion

Les patients EPO-free semblent restaurer l’axe fonctionnel EPO–hepcidine, nécessaire et indispensable pour une érythropoïèse efficace. Une combinaison spécifique de paramètre clinicobiologique permet d’identifier cette population spécifique.

Introduction

On sait peu de choses sur les différentes stratégies d’adaptation utilisées par les patients hémodialysés (HD) pour faire face à leur maladie (concept de coping) et comment cela pourrait affecter leur état de santé. Notre objectif était d’estimer les effets de 4 stratégies d’adaptation sur la qualité de vie (QV), la dépression et la mortalité. L’hypothèse était qu’une adaptation active entraînerait de meilleurs résultats de santé pour les patients plutôt que l’évitement ou le désengagement.

Patients et méthodes

Dans DOPPS 4 (2009–11), les stratégies d’adaptation ont été rapportées par 2339 patients HD (62±15 ans, H/F=1,44) résidant aux États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Allemagne et Suède, via le questionnaire Coping Strategies Inventory-Short Form (CSI-SF) : 14 questions réparties en 4 stratégies (un score par stratégie variant de 1 à 5) : engagement et désengagement axés sur les problèmes (PFE et PFD) ou sur l’émotion (EFE et EFD). Des analyses multivariées (Cox ou régressions linéaires) ont été réalisées pour estimer les associations de chaque stratégie (par quartile) avec la mortalité toutes causes, la QV (KDQoL) et la dépression (CES-D).

Résultats

Plus les patients utilisaient la stratégie PFE, plus leur QV était bonne (Δ=3 à 18 points entre 1er et 4e quartile selon la dimension) et moins ils rapportaient de symptômes dépressifs (Δ=5). L’inverse était observé avec les stratégies de désengagement (PFD et EFD). Par rapport aux patients du 1er quartile PFE, le risque de mortalité (IC95 %) était de 0,73 (0,55–0,98) pour ceux du 2e quartile, 0,67 (0,49–0,93) pour ceux du 3e quartile et 0,74 (0,53–1,03) pour ceux du 4e quartile. De faibles associations étaient observées entre EFE, PFD ou EFD et la mortalité.

Discussion

Première utilisation du CSI-SF chez des patients HD, traduit et validé dans ces 7 pays DOPPS. Nous ne pouvons pas exclure la confusion résiduelle et, dans ces analyses transversales, la causalité inverse.

Conclusion

Les patients HD présentaient de meilleurs résultats de santé lorsqu’ils utilisaient des stratégies d’engagement, et le contraire pour les stratégies de désengagement. Identifier les stratégies efficaces, puis permettre aux patients de les développer lors d’interventions spécifiques, pourrait améliorer la gestion de leur maladie.

Introduction

À un an des recommandations de la HAS, l’objectif était de dresser un premier état des lieux concernant le bilan d’orientation vers la greffe et les motifs de non-inscription en liste d’attente.

Patients et méthodes

Au total, 3324 patients dialysés depuis plus de 1 ans, âgés de 67±12 ans ont été inclus entre le 1er août 2016 et le 30 novembre 2016 sur l’ensemble du territoire ; les formulaires ont été remplis avec l’aide du néphrologue dans 82 % des cas.

Résultats

Soixante-huit pour cent des patients avaient reçu une information sur la greffe rénale en général et 46 % sur la possibilité d’un recours à un donneur vivant ; 17 % avaient reçu cette information dans le cadre d’un programme d’éducation thérapeutique formalisé. L’opportunité de démarrer un bilan pré-transplantation avait été discutée avec l’équipe de greffe dans 28 % des cas. Le bilan pré-transplantation n’était pas finalisé dans 16 % des cas.

Au moins un motif de non-inscription figurait dans le dossier dans 78 % des cas et au moins un motif contre-indiquant la greffe rénale était déjà présent (antécédent, comorbidité, autre) sans qu’il soit nécessaire d’engager un bilan spécifique dans 67 % des cas. Les motifs de non-inscription associaient à des degrés variables au moins une contre-indication pour 77 % des cas, au moins un motif de refus du patient pour 25 % des cas et au moins une autre considération pour 20 % des cas.

Parmi les 3 motifs possibles de contre-indication, étaient mentionnés : l’état vasculaire (31 %), la co-existence de multiples comorbidités (23 %), l’existence d’un cancer évolutif (12 %), une obésité (11 %), des comorbidités incompatibles avec l’anesthésie générale (10 %), une démence ou des troubles psychiatriques sévères (10 %), un autre motif de contre-indication (9 %), un âge trop avancé (8 %), une infection active (4 %), une dépendance à l’alcool ou addiction aux drogues dures (3 %) et un pronostic vital perçu inférieur à 6 mois (2 %).

Discussion

Notre étude permet de quantifier pour la première fois la prévalence des contre-indications médicales, des motifs de refus ou des autres considérations motivant la non-inscription.

Conclusion

Grâce aux efforts de tous, cette première étude ancillaire du REIN se révèle un succès en termes d’inclusion, de complétude des données et de participation des néphrologues.

Groupe(s) de travail

Groupe REIN – Accès à la liste d’attente.

Introduction

Grâce aux données du registre REIN, il est possible d’obtenir des indicateurs de suivi de l’insuffisance rénale terminale traitée (IRTT) sur une période de 10 ans. Ceux-ci nous réservent ainsi quelques surprises et méritent d’être analysés attentivement.

Patients et méthodes

Tous les patients incidents dans REIN entre 2005 et 2015 sont inclus.

Résultats

Le taux d’incidence subit une augmentation annuelle de +0,8 % alors même qu’il diminue dans plusieurs pays européens. Ceci concerne essentiellement les patients diabétiques de type 2. Entre 2005 et 2015, le profil des nouveaux malades arrivant au stade terminal chaque année s’alourdit : diabète : +1,5 % par an/obésité : +4,4 % par an/proportion d’hommes de plus de 85 ans : +2,2 % par an/insuffisance respiratoire : +5 % par an/cancers : +2,3 % par an. Alors même que l’insuffisance coronarienne, l’insuffisance cardiaque et l’artérite des membres inférieurs stagnent et que le taux de survie à 1 an, ajusté sur l’âge et le diabète est passé de 82 à 84 % entre les cohortes les plus anciennes et les plus récentes. Malgré toutes les actions de prévention et d’implication des médecins généralistes mises en place, les démarrages sur cathéter augmentent de +2,5 % par an et la prise en charge initiale en urgence stagne à 30 %. Malgré les incitations gouvernementales à promouvoir l’usage de la dialyse péritonéale, la part de cette modalité de traitement est en diminution chaque année (−3,7 % par an).

Discussion

Les nouveaux patients arrivant aujourd’hui au stade terminal de l’IRT semblent plus fragiles qu’en 2005. Malgré cela, nous relevons une légère augmentation de la survie à 1 an. Le développement récent de nouvelles techniques de dialyse comme l’hémodialyse convective (représentant aujourd’hui 30 % des patients en hémodialyse) est peut-être responsable de ce phénomène.

Conclusion

L’analyse des données du registre permettra de confirmer ces tendances et de suivre l’arrivée de nouvelles méthodes comme l’hémodialyse quotidienne à bas débit de dialysat.

Introduction

L’estimation du DFG à partir d’équations de plus en plus performantes, basées sur des marqueurs endogènes reste un challenge de la recherche en néphrologie. Aussi des équations incluant la créatinine et/ou la cystatine C ont été élaborées. Toutefois ces équations développées et consolidées n’ont pas fait l’objet de validation en population Africaine ; c’est le but de la présente étude qui vise à comparer les performances des équations CAPA, CKD-EPI et FAS à marqueur unique et combinés (créatinine et/ou Cys C), d’une part, et avec ou sans facteur ethnique, d’autre part.

Patients et méthodes

L’étude de type transversal a concerné 237 adultes donneurs de sang ivoiriens. Après validation du comité éthique national et consentement écrit des participants, des prises de sang ont été réalisées pour le dosage de la créatinine (enzymatique IDMS, Roche), la cystatine C (PETIA, Roche) et la mesure du DFG par la clairance plasmatique de l’iohexol. Les données ont été analysées par XLSTAT et MedCal. Les critères de performance étudiés sont les biais absolu et relatifs, la précision et les exactitudes P10 et P30. Les équations ont été classées selon des scores attribués pour chaque critère.

Résultats

Le DFG mesuré (DFGm) moyen de notre cohorte âgée en moyenne de 34±10 ans est de 103±17mL/min/1,73m2. Les biais absolus varie de −0,2 pour la FAS combinée avec facteur ethnique à −10,5 pour la FAS Scr sans facteur. La P30 la plus élevée (91,6 %) est obtenue avec la FAS combinée.

Discussion/Conclusion

La comparaison des scores obtenus révèle que l’équation FAS combinée avec les valeurs Q appropriées donne la meilleure performance de prédiction globale, suivie du facteur de correction combiné CKD-EPI SANS facteur ethnique. La pire performance provient de l’équation CKD-EPI basée sur Scr avec un facteur de correction ethnique.

Introduction

La précarité et les inégalités sociales de santé pourraient influencer le parcours de santé des patients insuffisants rénaux chronique terminaux (IRCT) et modifier leur accès à la greffe. Les multiples dimensions de la précarité (financières, rupture du lien social et affectif, niveau d’éducation…), rendent son évaluation difficile, en particulier chez les patients IRCT. Afin de mesurer l’impact de la précarité sur l’accès à la greffe, nous avons développé un questionnaire d’évaluation de la précarité adapté aux patients dialysés et analysons l’influence de la précarité sur la probabilité d’inscription sur liste.

Patients et méthodes

Étude multicentrique (6 centres) incluant 559 hémodialysés prévalents. Un questionnaire auto-administré de 13 items renseigne des données financières, d’isolement social et affectif et de niveau éducatif. Un rapprochement des données issues de REIN permet d’analyser les comorbidités et d’évaluer l’effet de la précarité sur l’inscription sur liste.

Résultats

Dans cette population dialysée (âge médian : 64 ans), 26,2 % des patients sont inscrits sur liste de greffe, 44,0 % sont diabétiques, 22,2 % sont coronariens. La précarité est fréquente : 53,9 % des patients signalent des difficultés financières, 53,7 % ont un niveau scolaire inférieur au secondaire et seuls 35,8 % des patients poursuivent des activités sociales (sorties). En analyse multivariée, les comorbidités et les facteurs négativement associés à l’inscription sur liste sont : l’âge, l’insuffisance cardiaque (risque relatif 0,61 [0,38–0,96]) et l’absence de suivi néphrologique (0,47 [0,32–0,71]). À l’inverse un niveau d’études supérieur au primaire (1,52 [1,03–2,23]), la poursuite d’activités sociales (2,26 [1,35–3,77]), la situation familiale (vie en couple : 1,73 [1,07–2,80]) sont associés à une plus forte probabilité d’inscription.

Discussion

Cette étude doit être répliquée dans une cohorte indépendante. Néanmoins, certaines composantes de la précarité, notamment la rupture sociale et le niveau éducatif, paraissent limiter l’accès à la greffe indépendamment des comorbidités.

Conclusion

Un questionnaire simple permet de repérer des facteurs sociaux associés à un moindre accès à la greffe de certaines populations précarisées qui pourraient bénéficier d’une prise en charge médicosociale spécifique.

Introduction

Les personnes avec une maladie rénale chronique et une baisse sévère du débit de filtration glomérulaire (DFG) sont à haut risque de défaillance rénale, mais aussi de maladie cardiovasculaire (CV) et de décès. Une estimation précise du risque de survenue de ces évènements permettrait de guider les conseils aux patients et les décisions thérapeutiques.

Patients et méthodes

L’étude a inclus 264 515 personnes avec un DFG<30mL/min/1,73m2, participant à 29 cohortes dans 30 pays, dont deux cohortes en France. Des modèles à risques compétitifs, une méta-analyse à effet aléatoire, et des processus de Markov avec simulations de Monte Carlo ont été utilisés pour estimer les probabilités de survenue d’une défaillance rénale requérant un traitement de suppléance, d’un évènement CV et d’un décès, selon neuf caractéristiques cliniques et démographiques.

Résultats

Le DFG médian était de 24mL/min/1,73m2 et le RAC de 168mg/g. Selon les prédictions, plus de 50 % des participants restaient sans évènement à 4 ans. La probabilité de rester sans événement diminuait avec l’augmentation de l’albuminurie. Par exemple, un homme de 60 ans, non fumeur, sans diabète, avec un antécédent CV, une PAS de 140mmHg, un DFG de 25mL/min/1,73m2 et un RAC urinaire de 1000mg/g, avait 30 % de chance de rester sans événement à 4 ans, 32 % de progresser vers la défaillance rénale (dont 9 % avec décès ultérieur), et 36 % d’avoir un évènement CV (dont 14 % avec décès ultérieur). Un DFG plus bas augmentait le risque de défaillance rénale, la présence d’un diabète, le risque d’événement CV, et un âge plus élevé, le risque de décès. L’incidence cumulée des évènements variaient selon le type de cohorte (administrative, de recherche ou de patients suivis en néphrologie), avec une variation d’un facteur 2 du risque prédit entre cohortes. Les risques prédits étaient conformes à l’équation de risque de défaillance rénale publiée.

Discussion

Cette étude montre une variabilité considérable du pronostic des patients avec un DFG<30mL/min/1,73m2. Le grand nombre de patients au stade 4 de la MRC provenant d’une large variété de pays constitue un point fort de l’étude. L’utilisation de l’initiation du traitement de suppléance comme définition opérationnelle de la défaillance rénale est une limite.

Conclusion

Les caractéristiques cliniques mesurées en routine peuvent prédire différents évènements au stade sévère de la maladie rénale chronique.

Groupe(s) de travail

Au nom du CKD prognosis consortium.

Introduction

La maladie rénale chronique (MRC) est associée à une augmentation du risque de développer une maladie cardiovasculaire (MCV) athéromateuse et non athéromateuse, mais l’effet de l’âge sur la distribution de ces deux types de MCV a été peu étudié. L’objectif était d’étudier la prévalence de la MCV selon l’âge dans une cohorte de patients avec une MRC.

Matériels et méthodes

Les données de base de la cohorte CKD-REIN, incluant des patients adultes avec une MRC stade 3 à 4, ont été utilisées afin d’analyser l’association entre âge, débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) et MCV athéromateuse (coronaropathie ou AVC ischémique sans fibrillation atriale) et non athéromateuse (insuffisance cardiaque sans coronaropathie, fibrillation atriale, autres troubles du rythme cardiaque ou valvulopathie). Une régression logistique multivariée a été réalisée pour chaque catégorie de MCV.

Résultats

Au total, 3033 patients ont été inclus (âge moyen 66,8 ans, DFGe moyen 32,9mL/min). La prévalence de la MCV athéromateuse était de 16,7 %, 32,3 %, 41,6 % et 35,1 % et de la MCV non athéromateuse de 16,0 %, 29,5 %, 38,9 % et 57,1 %, pour les patients<65, [65–75[, [75–85[et≥85 ans, respectivement. Après ajustement sur la protéinurie, le sexe et les facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels, nous avons observé que plus l’âge était élevé plus l’association avec la MCV non athéromateuse était forte (OR [IC95 %] 1,97 [1,58–2,46], 2,95 [2,34–3,71], 6,48 [4,29–9,81] pour les patients [65–75[, [75–85[et≥85 ans, comparés à ceux<65 ans, respectivement), tout comme pour la MCV athéromateuse jusqu’à 85 ans (1,78 [1,44–2,25], 2,91 [2,29–3,69], 2,64 [1,69–4,13], respectivement). Avoir un DFGe<30 vs≥30mL/min/1,73m2 était significativement associé à la MCV athéromateuse (OR : 1,21 [1,01–1,45]) et à la limite de la significativité à la MCV non athéromateuse (OR : 1,18, [0,99–1,40]).

Discussion

Dans cette cohorte de patients avec une MRC modérée à sévère, la prévalence de la MCV non athéromateuse augmentait fortement avec l’âge, jusqu’à atteindre plus de la moitié des plus de 85 ans. La prévalence de la MCV athéromateuse augmentait également avec l’âge, mais diminuait après 85 ans, probablement en raison d’un biais de survie.

Conclusion

La prévalence des deux types de MCV augmente fortement avec l’âge chez les patients MRC.

Introduction

L’éculizumab est un anticorps thérapeutique qui neutralise le composant C5 du complément et ainsi inhibe la voie finale commune du complément. Il est le traitement de référence des SHU atypiques. Son schéma de prescription, qui ne prend en compte que l’âge du patient, impose des perfusions toutes les 2 semaines. Le coût est très élevé (>300 000 euros/an/patient). La mesure des concentrations résiduelles d’éculizumab, qui doivent être supérieures à 75–100mg/L pour assurer une neutralisation complète du complément, pourrait permettre d’adapter le schéma d’administration de l’éculizumab.

Patients et méthodes

Nous avons collecté 156 sérums (39 patients) traités par éculizumab pour des SHU atypiques (7 centres). Après avoir validé une technique Elisa de mesure, la concentration résiduelle d’éculizumab a été mesurée sur 154 échantillons. Une analyse pharmacocinétique de population a été réalisée à partir des concentrations d’éculizumab déterminées chez 37 patients dont les données clinicobiologiques étaient disponibles.

Résultats

Les concentrations d’éculizumab présentaient une grande variabilité interindividuelle (médiane=474mg/L, étendue=131–1292mg/L), mais une faible variabilité intra-individuelle (CV=13,3±7,5 %). Trente-six sur 39 (92 %) patients présentaient des concentrations résiduelles d’éculizumab supérieures à 150mg/L. Trois de ces 36 patients avaient des perfusions réalisées seulement toutes les 3 semaines. Parmi les covariables étudiées en analyse multivariée (poids, sexe, taille), seul le poids était associé à la concentration résiduelle d’éculizumab (R2=0,26, p=0,002) et à la clairance de l’éculizumab (R2=0,40, p=0,0002). Une simulation des concentrations résiduelles montre que 95 % et 85 % des patients présenteraient des concentrations résiduelles d’éculizumab supérieures à 100mg/L pour une posologie respectivement de 1200mg toutes les 3 ou 4 semaines.

Discussion

Nous confirmons dans cette étude pharmacologique multicentrique nos résultats antérieurs [1]. Ainsi les concentrations résiduelles d’éculizumab, stables chez un même patient, sont supérieures à la cible indicative chez une large majorité des patients.

Conclusion

Un suivi thérapeutique pharmacologique de l’éculizumab devrait permettre une diminution de la posologie chez la plupart des patients, sans risque de sous-exposition, et une réduction importante des coûts.

Introduction

La récidive de la néphropathie à IgA (NIGA) après transplantation rénale est fréquente et peut entraîner la perte de greffons. La prédiction de cette récidive pourrait être possible par l’analyse de biomarqueurs sériques d’auto-immunité. Le but de cette étude était de déterminer la capacité du dosage quantitatif des IgA1 Galactose-déficiente (IgA1-Gd, auto-antigène) et des anticorps anti-IgA1-Gd (auto-anticorps, IgG et IgA) à prédire la récidive de le NIgA après transplantation rénale.

Patients et méthodes

Tous les patients présentant une NIgA comme maladie rénale initiale transplantés pour la première fois, traités par anti-calcineurine avec un suivi minimal de 10 ans ont été retenus pour l’analyse (70 hommes, 92 donneurs décédés, âge moyen 48,1 ans). Les critères de jugement étaient : le décès, la perte de greffon et la récidive clinico-histologique (cliniquement évidente et confirmée histologiquement). Un échantillon de sérum du jour de la greffe était analysé par la mesure quantitative d’IgA1-Gd et d’anti-IgA1-Gd (isotype IgG et IgA). Trente sera de sujets contrôles étaient également analysés.

Résultats

Quatre-vingt-seize patients ont été retenus pour analyse. Parmi eux, au cours du suivi 13 sont décédés, 34 ont perdu leur greffon (17 par récidive) et 34 patients ont présenté une récidive clinico-histologique après un intervalle moyen de 5,85 ans. La concentration d’IgA1-Gd sérique était élevée au moment de la transplantation et du diagnostic initial, mais n’était pas associée à la récidive. La valeur normalisée de l’IgG anti-IgA1-Gd était élevée au moment de la transplantation et au moment du diagnostic et prédisait significativement la récidive clinico-histologique (hazard ratio 2,68 [1,26–5,71], p=0,01 ; aire sous la courbe ROC à 0,622 [0,505–0,739], p=0,05). Après ajustement multivarié, les performances prédictives restaient significatives. Le taux d’anti-IgA1-Gd d’isotypes IgA ne prédisait pas la récidive clinico-histologique mais était associé à la perte de greffon par récidive.

Discussion

Les anticorps anti-Gd-IgA1 étaient associés à la récidive de la NIGA après transplantation rénale. Les auto-antigènes (Gd-IgA1) n’avaient pas dans cette étude un pouvoir prédictif significatif.

Conclusion

L’IgG anti-IgA1-Gd prédit la récidive clinico-histologique de la NIGA sur le transplant.

Introduction

Le traitement des néphropathies associées aux lymphomes indolents (iLNH) est mal codifié. Dans cette étude, nous avons évalué l’efficacité et la tolérance d’un traitement par rituximab-bendamustine (R-Benda), dont le taux succès hors atteinte rénale est de 70 %, avec peu (≤1 mois) ou pas de cortisone.

Patients et méthodes

Étude prospective monocentrique évaluant la réponse hématologique et rénale après un traitement par R-Benda de néphropathies glomérulaires, interstitielles ou mixtes secondaires à un iLNH.

Résultats

Vingt patients (F/H 6/14 ; âge 69±9 ans) ont été inclus (11/2014–12/2016). Treize patients avaient une atteinte glomérulaire pure (cryoglobulinémie n=5 ; amylose AL ou AL/AH n=4 ; LGM n=2 ; GEM n=1 ; GNMP n=1). La protéinurie moyenne était de 4,7±4g/g, 9 patients avaient un syndrome néphrotique, 10 une hématurie, et 11 une HTA récente ou déséquilibrée. Par ailleurs, 6 patients avaient une infiltration lymphomateuse interstitielle exclusive, et 1 une présentation interstitielle non biopsiée. Le DFGe était de 37±19,3mL/min/1,73m2 à l’admission. L’hémopathie sous-jacente était une LLC (n=7), un lymphome lymphoplasmocytaire (n=7), une lymphocytose B monoclonale (n=5) ou un lymphome du manteau (n=1). Quatre patients avaient reçu au moins une ligne de chimiothérapie avant le R-benda. Sept patients ont reçu une corticothérapie orale continue pendant 1 mois. Après un suivi de 16±6 mois, le taux de réponse hématologique était de 85 % (RC 60 %). Le taux de réponse rénale était de 75 % (RC [DFGe>60mL/min et protéinurie<0,5g/g] : 55 %). Trois patients sont décédés (2 avec une amylose cardiaque réfractaire). Après un suivi moyen de 16 mois, 1 patient a présenté une rechute hématologique suivie d’une rechute rénale (M12), et 5 patients ont présenté une infection bactérienne non grave.

Discussion

Alors que 4/20 patients avaient déjà reçu au moins une ligne de chimiothérapie pour leur iLNH, et que l’atteinte rénale était sévère au diagnostic, le pronostic hématologique et rénale après R-Benda était favorable malgré la minimisation de la corticothérapie.

Conclusion

Le traitement par R-Benda d’une complication rénale d’un iLNH est associé à une bonne réponse hématologique et rénale, et permet une épargne cortisonique.

Introduction

La rupture d’anévrisme intracrânien (AIC) est une complication grave de la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD). Deux options existent : le dépistage des AIC doit-il être systématique, ou doit il être ciblé en fonction des antécédents familiaux d’AIC ?

Patients et méthodes

Dans cette étude de cohorte prospective, monocentrique, 507 patients PKRAD ont bénéficié d’une politique de dépistage ciblé des AIC. Une angiographie par résonance magnétique (ARM) a été proposée aux patients avec antécédents de rupture ou de traitement préventif d’AIC (n=12, groupe 1A), aux patient avec risque familial d’AIC (n=110, groupe 1B). Nous n’avions pas l’intention de proposer ce dépistage aux patients sans risque familial d’AIC (n=385, groupe 2). Nous avons analysé de façon rétrospective les résultats des ARM, le traitement préventif des AIC, la survenue de rupture d’AIC et réalisé une analyse coût–bénéfice des différentes stratégies de dépistage.

Résultats

Cinq rupture d’AIC sont survenues au cours du suivi (suivi médian de 5,9 ans, taux d’incidence de 1,9 [0,84–4,5]/1000 patients-années). Aucun évènement n’est survenu dans le groupe 1A. Dans le groupe 1B, 90 % des patients ont été dépistés, et un AIC a été détecté chez 14 (14 % des ARM) d’entre eux. Cinq AIC ont été traités préventivement et un patient a présenté une rupture d’AIC malgré la surveillance radiologique. Dans le groupe 2, 21 % des patients ont été dépistés, un AIC a été détecté chez 5 (6 % des ARM) d’entre eux, dont 1 a fait l’objet d’un traitement préventif. Une rupture d’AIC est survenue chez 4 patients dans le groupe 2. Le dépistage systématique entraîne un gain net de 0,94 années de vie ajustées à la qualité de vie (QALY) comparativement à l’absence de dépistage, et de 0,45 QALY en comparativement à un dépistage ciblé.

Discussion

Le taux de rupture d’AIC observé dans cette cohorte est plus élevé qu’attendu. La majorité des ruptures d’AIC (4/5) sont survenues en l’absence de facteur de risque familial. L’analyse coût–bénéfice est en faveur d’un dépistage systématique.

Conclusion

Nos résultats plaident en faveur du dépistage des AIC chez l’ensemble des adultes atteints de PKRAD.

Introduction

La maladie de Fabry est une maladie de surcharge lysosomale dans laquelle des mutations du gène GLA (Xq22.1) engendrent un défaut d’activité en alpha-galactosidase A à l’origine d’une accumulation en glycosphingolipides (dont le lysoGb3) et des atteintes d’organes progressives, notamment cérébrovasculaires, rénales et cardiaques. Depuis 2001, une enzymothérapie substitutive par agalsidase alfa ou bêta est disponible. Le développement d’anticorps anti-agalsidase (AcAA) est connu, mais leur rôle peu clair. Notre but : déterminer l’épidémiologie ainsi que l’impact de ces anticorps anti-agalsidase.

Matériels et méthodes

Dans le cadre du projet collaboratif multicentrique de base de données nationale associée à une biobanque, nous avons mesuré les AcAA et réalisé des tests d’inhibition enzymatique chez les patients avec un diagnostic enzymatique et/ou génétique de maladie de Fabry traités ou non par agalsidase, puis corrélé ces résultats avec les données cliniques et les dosages de lysoGb3 plasmatiques au même instant.

Résultats

Cent trois patients dont 53 hommes ont été inclus : parmi les exposés à agalsidase, 40 % des hommes (18/45) et 8 % des femmes (2/25) avaient des AcAA. Anticorps anti-agalsidase alfa et anti-agalsidase bêta croisaient parfaitement. Des IgG1 spécifiques étaient les plus fréquents (16/18 hommes) mais les IgG4 étaient les plus abondants (médiane 1,9mg/mL, IQR 0,4–12,2). Chez les hommes, leur titre était corrélé à une inhibition enzymatique dans le sérum (r2>0,77, p<0,0001), une activité plus faible dans les leucocytes circulants (p=0,041) et un taux de lysoGb3 plasmatique plus élevé (r2=0,52, p<0,0001). Chez les hommes, la présence d’AcAA, mais non l’inhibition enzymatique, était associée à la nécessité de dialyse ou de transplantation rénale dans le passé (HR : 30,2, p=0,002). Les génotypes à l’origine d’alpha-galactosidase tronquée étaient plus souvent associés à la présence d’AcAA, sans caractère pronostique indépendant chez les hommes mais corrélé au score de sévérité de Mainz cardiaque chez les femmes (r2 0,52, p=0,03).

Discussion

Les AcAA sont associés à un effet neutralisant, une augmentation du lysoGb3 plasmatique mais aussi de manière indépendante à un mauvais pronostic rénal chez les hommes.

Conclusion

La mesure des AcAA et le recensement des génotypes associés semble primordial et permettrait une prise en charge thérapeutique personnalisée.

Introduction

Le méthotrexate haute-dose (HD-MTX≥1g/m2) est utilisé pour traiter certaines hémopathies malignes et ostéosarcomes. La survenue d’une insuffisance rénale aiguë (IRA) est une complication classique qui favorise le retard d’élimination du MTX et ses diverses toxicités. Au-delà des mesures thérapeutiques classiques (hyperhydratation alcaline, acide folinique, épuration extrarénale), une enzymothérapie spécifique onéreuse est disponible (glucarpidase), mais son impact clinique est mal évalué.

Patients et méthodes

Nous avons analysé les prescriptions d’HD-MTX dans 11 centres au cours des 15 dernières années, afin d’identifier et décrire les patients adultes ayant développé une IRA (classification KDIGO). Nous avons référencé un éventuel usage de glucarpidase (ATU officielle : méthotrexatémie≥10μmol/L après H48, ou≥3μmol/L après H48 avec IRA).

Résultats

Dans une cohorte préliminaire de 126 patients adultes traités par HD-MTX, l’incidence d’IRA était de 20 cas (18 % des patients en oncologie et 15 % en hématologie). Au total 76 cas d’IRA ont été étudiés. En moyenne, le pic de créatinine était de 206μmol/L (+227 %), observé après 5,6 jours ; il y avait 19 IRA stade 1 (25,0 %), 29 IRA stade 2 (38,2 %) et 27 IRA stade 3 (35,5 %). L’anurie (1 cas) et le recours à la dialyse (4 cas) étaient rares, la surcharge hydrosodée fréquente (29 % des patients). À 3 mois, 13 patients étaient décédés (17,3 %) et dix (15,4 %) présentaient des séquelles rénales. Lors de l’épisode d’IRA, 61 % des patients ont reçu de la glucarpidase. Malgré un effet spectaculaire sur la méthotrexatémie, la glucarpidase (comparativement à un traitement conservateur) ne modifiait ni le profil évolutif de l’IRA (sévérité, délai de récupération, recours à l’épuration extrarénale) ni l’incidence des toxicités extrarénales. L’absence de bénéfice persistait après stratification pour les taux résiduels de MTX, le délai d’utilisation ou encore le respect ou non du libellé d’ATU.

Discussion

La glucarpidase a probablement peu d’effet sur le MTX déjà présent au niveau de la lumière tubulaire ou dans la cellule tubulaire rénale, ce qui pourrait expliquer l’absence d’effet néphroprotecteur observé.

Conclusion

La glucarpidase ne modifie pas le profil évolutif de l’IRA post-HD-MTX.

Introduction

Le syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa) est associé à un défaut de régulation de la voie alterne (VA) du complément. La présence d’une immunoglobuline monoclonale (MIg) chez les sujets de plus de 50 ans soulève la question du lien physiopathologique entre la MIg et l’atteinte rénale.

Patients et méthodes

Nous rapportons la description clinicobiologique et immunologique de 20 patients ayant un SHUa associé à une MIg (MIg-SHUa) issus de la cohorte française. Les résultats ont été comparés aux patients SHUa de plus de 50 ans sans MIg.

Résultats

Dans la cohorte française de SHUa, 20/68 (29 %) des patients de plus de 50 ans ont une MIg. Au diagnostic, le tableau rénal est plus sévère comparé aux patients sans MIg : 55 % des patients requièrent une dialyse initiale et 50 % d’entre eux présentent des manifestations extrarénales. D’un point de vue immunologique, 35 % des patients MIg-SHUa ont un C3 bas, comparé à 14 % dans le groupe sans MIg (p=0,08). La recherche d’Ac anti-FH est positive chez 4/19 (22 %) des patients, fréquence comparable à celle des patients sans MIg (5/41 [14 %], p=0,44). De même la fréquence des variants génétiques des protéines de la VA est identique dans les 2 groupes (4/13 [33 %] versus 13/48 [27 %], p=0,72). Après exploration, 5/7 patients MIg-SHUa ont un C3 bas « inexpliqué » comparé à 1/7 dans le groupe sans MIg (p=0,04). La survie rénale des patients MIg-SHUa est significativement moins bonne comparée aux patients sans MIg (p=0,006), y compris en cas d’échanges plasmatiques (p=0,04). Deux des trois patients MIg-SHUa ayant reçu de l’éculizumab ont une fonction rénale préservée au dernier recul. Une patiente a reçu une chimiothérapie adaptée permettant l’obtention d’une rémission rénale.

Discussion

L’augmentation de la fréquence des MIg chez les patients de plus de 50 ans comparée à la fréquence attendue dans la population générale, la sévérité de l’atteinte rénale avec une survie rénale particulièrement brève et l’existence de biomarqueurs d’activation de la C3 convertase sans anomalie identifiée chez ces patients suggèrent que les mécanismes de dérégulation diffèrent et soulève la question du rôle de la MIg.

Conclusion

Ce travail soulève la question du traitement du clone B sous-jacent dans les formes de SHUa associés aux MIg.

Introduction

Les patients en insuffisance rénale chronique (IRC) présentent plus prématurément des pathologies associées au vieillissement (infections, événements cardiovasculaires [ECV]). Les données sur le lien entre IRC et immunosénescence (IS) restent parcellaires principalement limitées au stade d’IRC terminale et de dialyse. Nous avons conduit une étude prospective pour évaluer la présence d’une IS à différents stades d’IRC ainsi que l’impact sur la survenue d’événements cliniques (décès, infections, ECV).

Patients et méthodes

Nous avons réalisé l’analyse de biomarqueurs d’IS et relevé les événements cliniques sur 222 patients à différent stade d’IRC (I [n=85], IV [n=53], et V [n=83]) sur une période de 547±265 jours. Les biomarqueurs d’IS comprenaient un immunophénotypage lymphocytaire réalisé par cytométrie (CD3, CD4, CD28, CD57, CD45RA, CD31, γH2A.X), une mesure de la longueur des télomères (RTL) et la quantification de l’expression de KLOTHO lymphocytaire par qPCR ainsi que la mesure de marqueurs de l’inflammation.

Résultats

L’IRC était associée à une inflammation ainsi qu’à une diminution de la thymopoïèse (201±26 vs. 89±13 vs. 72±21 recent thymic emigrant/mm3), une augmentation de la proportion de lymphocyte T au stade terminal de différentiation (24±18 % vs. 32±17 % vs. 36±18 %) principalement chez les CMV positifs, une attrition télomérique (RTL 1,11±0,36 vs. 0,78±0,24 vs. 0,97±0,21) et une hyperexpression lymphocytaire du gène KLOTHO. En analyse multivariée, des télomères longs étaient protecteur vis-à-vis du risque de décès (HR : 0,04 ; IC95 % [0,01–0,55]). Une thymopoïèse diminuée était associé au risque de survenue d’infection (HR : 1,79 ; IC95 % [1,18–2,71]) et l’expansion de lymphocyte T (LT) au stade terminal de différentiation au risque de survenue d’ECV (HR : 2,02 ; IC95 % [1,15–3,55]).

Discussion

Ces résultats confirment l’existence d’un lien entre IS accélérée, urémie, dès le stade IV, et inflammation. C’est la première fois qu’il est décrit une association entre un paramètre d’IS (attrition télomérique, thymopoïèse, LT au stade terminal de différentiation) et la survenue d’événements cliniques (décès, infections, EVC) chez les patients IRC.

Conclusion

Certains paramètres d’IS prématurée induite par l’urémie sont associés au risque de survenue d’événements cliniques comme le décès, les épisodes infectieux et les ECV.

Introduction

La néphropathie tubulo-interstitielle sarcoïdosique s’accompagne d’une insuffisance rénale sévère de pronostic réservé. Malgré le traitement par corticoïdes, la plupart des patients garde une insuffisance rénale chronique. Les bolus de solumédrol ont été utilisés pour améliorer la fonction rénale mais cette stratégie thérapeutique n’a jamais été évaluée.

Patients et méthodes/Objectif

Nous avons évalué l’efficacité et la tolérance des bolus de solumédrol sur la fonction rénale en comparaison à une corticothérapie orale lors d’un essai randomisé multicentrique ouvert chez des patients ayant une IRA liée à NTI sarcoïdosique prouvée histologiquement. Cette étude a été conduite dans 21 centres en France entre octobre 2012 et août 2016. Interventions : 40 patients ont été randomisés pour recevoir soit du méthyl prednisolone 15mg/kg/j pendant 3 jours suivi de corticoïdes per os (groupe A) soit une corticothérapie orale de 1mg/kg/j dès le début du traitement (groupe B). Le critère de jugement principal était le pourcentage de patients ayant une réponse positive au 3e mois, définie par une amélioration>100 % du DFGe par rapport au DFGe avant traitement ou une normalisation de leur fonction rénale (DFGe≥60mL/min/1,73m2). Parmi les critères secondaires, nous avons mesuré l’incidence et le type de complications liées aux corticoïdes.

Résultats

L’âge médian était de 59 (45–68) ans et 70 % des patients étaient des hommes. Parmi les 40 patients, un seul a été exclu pour un diagnostic erroné. Le DFGe initial avant traitement était de 25 (22–37) pour le groupe A et 22 (17–40) mL/min/1,73m2 pour le groupe B, p=0,3. À la fin des 3 mois de traitement, le DFGe médian était de 45 (39–64) groupe A et 45 (34–73) groupe B. Les patients randomisés pour les bolus étaient significativement moins nombreux à atteindre le critère de jugement principal, 10 sur 20 (50 %) contre 16 sur 20 (80 %), p=0,047. Le DFGe par CKD-EPI était similaire entre les groupes à la fin du premier mois de traitement. Aucun patient n’a présenté de complication cardiaque.

Discussion

Le nombre d’effets secondaires aux corticoïdes était similaire dans les 2 groupes.

Conclusion

L’amélioration de la fonction rénale des NTI sarcoïdosique par le traitement par bolus de solumédrol n’est pas différente de celle d’un traitement corticoïde oral.

Groupe(s) de travail

Groupe Corticoïdose.

Introduction

Les atteintes rénales associées aux gammapathies monoclonales sont très variées. Nous rapportons ici une série visant à élargir le spectre de ces atteintes et portant sur une forme rare et peu décrite dans la littérature : les glomérulonéphrites extra-membraneuses (GEM) à dépôts monotypiques d’Ig.

Patients et méthodes

Notre série rétrospective porte sur les patients ayant eu une biopsie rénale analysée dans les services d’anatomopathologie des hôpitaux HEGP et Necker entre 1996 et 2016.

Résultats

Dix-huit patients ayant une GEM monotypique prouvée histologiquement ont été inclus dans l’étude. L’âge médian au diagnostic était de 50 ans [22–85]. La protéinurie était de 3,0g/j [0,2–7,1] avec un syndrome néphrotique dans 56 % des cas et une insuffisance rénale dans 44 % des cas. La créatininémie médiane était de 93μmol/L (soit un DFG estimé médian de 66mL/min/1,73m2 [21–133]). La biopsie retrouvait une GEM dans tous les cas, associée à une prolifération mésangiale dans six cas (33 %). Les dépôts monotypiques étaient constitués d’IgG kappa dans 83 % des cas avec une majorité d’IgG3. Seuls deux patients présentaient une hémopathie maligne au diagnostic (myélome et LLC). Les autres cas rentraient dans le cadre d’une gammapathie de signification rénale avec ou sans pic monoclonal décelable (n=6 [33 %] et n=10 [56 %], respectivement). La recherche d’anticorps anti-PLA2R ou l’expression du PLA2R sur la biopsie n’a été effectuée que chez six patients et était positive dans trois cas. Les données concernant le traitement et le suivi n’étaient pas disponibles pour trois patients. La médiane de suivi était de 36 mois [11–144]. Sept patients ont reçu un traitement spécifique, incluant des corticoïdes (n=4), du rituximab (n=5) et/ou un agent alkylant. Deux patients ont reçu un traitement par bortézomib dont un après avoir reçu du rituximab et des alkylants mais sans conséquence sur l’évolution de la GEM. Au dernier suivi, six et quatre patients sont entrés en rémission complète ou partielle. Trois patients ont progressé vers la dialyse.

Discussion

Malgré certaines limites, notre étude suggère que la présentation et le pronostic des GEM monotypiques se rapproche de ceux des GEM primitives.

Conclusion

Les GEM monotypiques constituent une forme rare de glomérulopathies associées aux gammapathies monoclonales, le plus souvent de signification uniquement rénale.

Introduction

La néphropathie à IgA (IgAN) est l’une des glomérulonéphrites primitives la plus fréquente chez les enfants et les adolescents et a été longtemps considérée comme une maladie relativement bénigne. Une cohorte rétrospective suivie sur 20 ans a montré que le pronostic de cette maladie est le même que chez les adultes. Nous rapportons la présentation clinique, biologique et histopathologique ainsi que l’évolution sous traitement d’une cohorte pédiatrique parisienne rétrospective de NIgA.

Patients et méthodes

Quatre-vingt-deux enfants et adolescents (moyenne de 10,6 ans ; suivi médian de 3,3 ans) ayant un diagnostic de NIgA par biopsie rénale à l’hôpital Necker et l’hôpital Robert-Debré entre 1990 à 2015 ont été inclus. Les biopsies ont été relues pour établir la classification d’Oxford et évaluer la prolifération extracapillaire et les lésions de hyalinose segmentaire et focale (HSF). Nous avons analysé l’évolution de 2 groupes : le groupe C1 traité par immunosuppresseur (corticothérapie±cyclophosphamide) et traitement néphroprotecteur ; le groupe C2 uniquement sous traitement néphroprotecteur. Les 2 groupes n’étaient pas comparables sur le plan clinique, biologique et histopathologique.

Résultats

Le débit de filtration glomérulaire (DFG) dans le groupe C1 s’est amélioré entre M0 et M6 de 89,9 (61,2–114,5) à 111,7 (101,7–120) mL/min/1,73m2 (p=0,001). La protéinurie a diminué 0,16 (0,1–0,43) à 0,03 (0,02–0,07) g/mmol creat (p=0,0001). Dans le groupe C2, le DFG et la protéinurie sont restés stables. La présence de lésions d’HSF était un facteur de mauvais pronostic en analyse uni- et multivariée. La présence de prolifération extracapillaire était associée à la mise en route d’un traitement immunosuppresseur en analyse uni- et multivariée (p=0,02).

Discussion

Le traitement immunosuppresseur, en particulier la corticothérapie, semble être bénéfique chez les enfants et les adolescents avec prolifération glomérulaire. Les lésions d’atrophie tubulaire et fibrose interstitielle du classement d’Oxford qui a un rôle pronostique majeur chez l’adulte ne semble pas avoir la même valeur chez l’enfant.

Conclusion

Malgré ces limites, cette étude montre que la corticothérapie dans la NIgA de l’enfant et l’adolescent a un intérêt majeur et souligne le besoin d’être confirmée par un essai randomisé.

Introduction

Le diabète de type 2 et le syndrome métabolique s’accompagnent d’une hyperacidité urinaire liée à un défaut d’ammoniogenèse rénale exposant au risque de lithiase urique. Les déterminants du pH urinaire (pHur) ne sont pas totalement connus et associent des facteurs organiques et des facteurs alimentaires. En outre, la réversibilité du trouble après normalisation de l’équilibre glycémique n’est pas établie.

Patients et méthodes

Nous avons étudié les facteurs pouvant être liés de manière indépendante à la valeur de pHur chez 1375 patients ayant une maladie rénale chronique de stade 1 à 5 et ayant bénéficié d’une exploration métabolique et fonctionnelle rénale. Chez 438 patients, l’évolution du pHur a été comparée à celle des paramètres cliniques et métaboliques.

Résultats

La population est composée de 62 % d’hommes, âge 53 ans, HbA1c 5,88 %, DFGCr-EDTA 51,6mL/min/1,73m2, IMC 26,4kg/m2 ; 51 % reçoit un IEC ou sartan et 22 % a un diabète. En analyse multivariée, les facteurs indépendamment liés à la valeur de pHur sont l’HbA1c (p<0,0001), la valeur de DFG (p<0,0002), la bicarbonatémie (p<0,0001), la charge protéique jugée sur l’excrétion uréique urinaire (<0,0001) et l’IMC (p=0,04). Dans notre population, la proportion de sujets diabétiques est de 30 % et 40 % lorsque le pHur est inférieur à 5,5 et 5, respectivement. L’évolution de l’HbA1c ne s’accompagne pas d’évolution significative du pHur (Tableau 1).

Discussion

Dans notre population MRC, les valeurs de DFG, IMC, charge protéique, bicarbonatémie et HbA1C sont liées de manière indépendante à la valeur du pH urinaire mais ne rendent compte que de 9 % de la variance totale. L’amélioration de l’équilibre glycémique ne s’accompagne pas de variation significative du pH urinaire. Ces résultats sont en accord avec l’hypothèse d’un défaut d’ammoniogenèse par résistance tubulaire à l’insuline.

Conclusion

Au cours de la MRC, en l’absence comme en présence de diabète, la valeur d’HbA1c est inversement corrélée à celle du pH urinaire à jeun, indépendamment de la valeur du DFG et de la présence d’une acidose métabolique.

Introduction

Il a été rapporté une amélioration immédiate de la fonction rénale après un remplacement valvulaire aortique (RVA) par voie chirurgicale (RVAC) ou par voie percutanée (TAVI). Cependant, aucune donnée n’est disponible sur l’évolution à plus long terme. L’objectif est d’évaluer l’évolution de la fonction rénale de patients ayant une maladie rénale chronique (MRC) de stade 3b à 5, un an après un RVAC ou un TAVI.

Patients et méthodes

Les patients de plus 70 ans ayant une MRC de stade 3b à 5 opérés de 2012 à 2015 d’un RVAC ou implantés d’un TAVI pour un rétrécissement aortique dans notre centre ont été inclus dans cette étude rétrospective. La fonction rénale était analysée entre 12 (±3) mois après la procédure. Un seuil de plus ou moins 5mL/min/m2 définissait une amélioration ou une aggravation de du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) selon MDRD.

Résultats

Dans cette étude ont ainsi analysé les résultats de 54 patients traités par RVAC et 73 par TAVI. Les TAVI avaient significativement plus de comorbidités et un Euroscore 2 moyen plus élevé (8,6 vs. 4,4 %, p<0,001). La fonction rénale s’est améliorée dans plus de la moitié des cas (51 %) à un an après le RVA, alors qu’elle s’est dégradée chez seulement 14 %. Une amélioration légèrement plus fréquente est observée après TAVI bien qu’elle soit non significative (57 % vs. 43 %, p=0,20). La mortalité à un an est similaire après RVAC ou TAVI parmi les stades 3b (6 % vs. 9 %). Chez les patients avec une MRC4 et 5, la mortalité à un an sont réduites de moitié après TAVI par rapport aux RVAC (21 vs 43 %).

Discussion

Notre étude confirme les résultats précédents rapportés dans la littérature à court terme Ainsi un RVA s’accompagne d’une amélioration du DFGe dans plus de 50 % des cas et ceci persiste à 1 an. Les analyses multivariées montrent que l’insuffisance rénale aiguë (IRA) post-RVA est un facteur pronostique indépendant de dégradation de la fonction rénale à long terme (OR=2,1 ; IC95 % [0,6–3,6] ; p=0,006) et les patients les plus à risques d’IRA sont les diabétiques (p=0,02). À l’inverse, une amélioration précoce de la fonction rénale prédit une bonne amélioration de la fonction rénale au long cours (p<0,001) avec une amélioration de la survie chez ces patients (p=0,002).

Conclusion

Un RVA (chirurgical ou TAVI) améliore le DFGe des patients IRC stade 3b à 5 dans plus de la moitié des cas à un an.

Introduction

Le déficit en cobalamine C (cblC) est la plus fréquente erreur innée du métabolisme de la vitamine B12. Cette pathologie est souvent révélée dans l’enfance, avec une symptomatologie neurologique prédominante. Quelques cas de microangiopathies thrombotiques (MAT) rénales liées au déficit en cblC ont été préalablement rapportés, chez l’enfant mais aussi l’adolescent et l’adulte jeune, mais le tableau rénal de cette maladie reste mal défini. Cette étude a pour objectif de décrire et d’analyser comparativement les spécificités anatomopathologiques des atteintes rénales liées au déficit en cblC.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique incluant 7 patients atteints d’un déficit en cblC et ayant bénéficié d’une biopsie rénale. Les caractéristiques cliniques et biologiques ainsi que l’évolution ont été recueillies. Chaque biopsie a été relue de manière centralisée et les 7 cas ont été comparés à 16 contrôles présentant une MAT d’une autre étiologie.

Résultats

Les patients inclus avaient entre 6 et 26 ans lors des premières manifestations. Tous présentaient un tableau de MAT avec insuffisance rénale aiguë et protéinurie, et 5 nécessitaient le recours à l’épuration extrarénale. L’étude histologique révélait une MAT artériolo-glomérulaire chez tous les patients. Après comparaison avec le groupe contrôle, un aspect en chaînettes de la membrane basale glomérulaire et des dépôts glomérulaires pariétaux d’IgM apparaissaient significativement plus fréquents au cours des MAT liées à un déficit en cblC. L’évolution sous traitement par hydroxycobalamine a montré une résolution de l’hémolyse chez 6/6 patients traités et un sevrage de la dialyse chez 3/4 patients.

Discussion

Le diagnostic de déficit en cblC doit être évoqué devant un tableau de MAT, même à l’âge adulte. Les atteintes histologiques comprennent des lésions typiques de MAT artériolo-glomérulaire aiguë ou chronique, un aspect en chaînettes de la membrane basale glomérulaire et des dépôts d’IgM. Le rôle de l’hyperhomocystéinémie et de l’hypométhioninémie est évoqué dans les lésions endothéliales et l’agrégation plaquettaire.

Conclusion

Les MAT associées au déficit en cblC sont une entité rare qu’il faut savoir évoquer chez l’enfant mais aussi le jeune adulte devant une hyperhomocystéinémie et une histologie typique afin de rapidement mettre en route un traitement adapté.

Introduction

La maladie de dépôts de chaînes légères d’immunoglobulines (Ig) monoclonales (LCDD) est une complication rare des dyscrasies plasmocytaires caractérisée par des dépôts amorphes d’une Ig monoclonale le long des membranes basales tubulaires et glomérulaires. Elle se manifeste par une insuffisance rénale progressive fréquemment associées à un syndrome néphrotique et une glomérulosclérose nodulaire.

Matériels et méthodes

Nous avons développé un modèle transgénique par insertion génique dirigée d’un domaine variable d’Ig humaine pathogène dans le locus des Ig kappa de souris. Un haut niveau de production sériques de chaînes légères est atteint (>500mg/L) grâce à un croisement avec des souris LMP2A qui présentent une hyperplasmocytose en absence de chaînes lourdes d’Ig.

Résultats

Notre modèle murin reproduit les principales caractéristiques de la LCDD, dont les dépôts péritubulaires et glomérulaires visibles dès le 2e mois mais aussi à partir du 6e mois, la glomérulosclérose, le syndrome néphrotique et finalement l’insuffisance rénale terminale avec une survie médiane des animaux de 8 mois. Un traitement hématologique à base d’inhibiteurs du protéasome permet de faire diminuer le taux d’Ig pathogènes et ainsi de préserver les fonctions rénales et d’augmenter la survie des animaux.

Discussion

Nous démontrons que le domaine variable de l’Ig porte à lui-seul la pathogénicité de la protéine monoclonale. Contrairement à l’amylose AL qui reste difficile à modéliser chez la souris, le LCDD est parfaitement transposable aux rongeurs. Notre modèle permet de reproduire l’ensemble des caractéristiques de la LCDD et va ainsi permettre de mieux comprendre la physiopathologie de cette maladie. Des études de transcriptomiques sont en cours afin de mettre en évidence les voies moléculaires impliquées dans la modification de la matrice extracellulaire au cours de la glomérulosclérose nodulaire.

Conclusion

Nous avons développé le premier modèle murin de LCDD récapitulant l’ensemble des caractéristiques de la maladie. Ce modèle représente un outil important pour l’étude de la pathologie mais aussi pour mener des tests précliniques de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Introduction

Le rein a des capacités uniques de régénération mais les mécanismes impliqués sont mal compris. La plasticité des cellules épithéliales tubulaires en réponse à une agression est essentielle pour la réparation des lésions tissulaires. Cependant, à plus long terme, elle peut également favoriser le développement d’une fibrose rénale. MUC1 est une glycoprotéine exprimée au pôle apical des tubes distaux dans le rein mature. Dans le cancer, son expression est associée à la transition épithélio-mésenchymateuse (TEM) et une plus grande plasticité des cellules tumorales. Nous avons donc fait l’hypothèse qu’elle pourrait aussi jouer un rôle dans la régénération rénale.

Matériels et méthodes

Tout d’abord, nous avons étudié l’effet de l’hypoxie sur l’expression de MUC1 dans des cellules tubulaires humaines en culture. L’influence de MUC1 sur la résistance à l’anoikis, une forme d’apoptose, a également été explorée in vitro. Puis, nous avons établi un modèle d’ischémie-reperfusion (I/R) chez des souris C57BL/6J sauvages ou invalidées pour le gène MUC1. Dans ce modèle, nous avons évalué par immunohistochimie et PCR quantitative l’expression de MUC1 et de plusieurs marqueurs mésenchymateux et de pluripotence. Enfin, l’expression de ces marqueurs a été quantifiée sur des biopsies de greffons humains précocement et à distance de la greffe.

Résultats

Nous avons observé une surexpression transitoire de MUC1 au niveau des cellules tubulaires en réponse à l’hypoxie et à l’ischémie. Cette induction de MUC1 était associée à l’expression accrue de marqueurs mésenchymateux et de pluripotence ainsi qu’à une plus grande résistance à l’anoikis. Dans le modèle d’I/R, MUC1 exerce une fonction néphroprotectrice durant les phases précoces. En revanche, en cas d’expression persistante lors des phases tardives, MUC1 est associée au développement d’une fibrose plus sévère. Des résultats concordants ont pu être observés sur les biopsies de greffons.

Discussion

L’induction de MUC1 en réponse à une agression s’associe à une transition des cellules épithéliales tubulaires vers un phénotype mésenchymateux témoignant d’une plus grande plasticité. Cette plasticité protège initialement le rein en cas d’agression mais favorise à terme le développement d’une fibrose.

Conclusion

MUC1 a un double rôle, protecteur puis délétère, en réponse à une agression rénale.

Introduction

Le syndrome urémique hémolytique atypique (SHUa) traduit des lésions de microangiopathie thrombotique d’expression majoritairement rénale. L’identification chez plus de 60 % des patients d’anomalie de régulation de la voie alterne a mis en avant le rôle majeur du complément. Pour autant, la susceptibilité des cellules endothéliales (CE) rénales, alors que l’activation complémentaire est systémique, reste incomprise.

Matériels et méthodes

Afin de comprendre le tropisme rénal du SHUa, nous avons comparé les caractéristiques de différents endothéliums en conditions hémolytiques in vitro et in vivo. Des marqueurs relatifs à l’activation du complément (C3b, iC3b) et à la cyto-protection des CE (facteur H [FH], thrombomoduline [TM], hème oxygénase 1 [HO1]) ont été étudiés dans des cultures de cellules d’origine glomérulaire (culture primaire et lignée), dermique ou de veine ombilicale (HUVEC), ainsi qu’au niveau rénal, hépatique et cardiaque dans un modèle murin exposé à l’hème.

Résultats

À l’état basal, le dépôt et l’expression des différents marqueurs étaient comparables. En revanche, les CE glomérulaires in vitro et l’endothélium glomérulaire in vivo déposaient significativement plus de fragments de C3 après exposition prolongée à l’hème, par rapport aux HUVEC et aux autres organes testés chez la souris. Nous avons observé sur les CE glomérulaires exposées à l’hème une moindre régulation du complément (plus faible liaison du FH et moindre augmentation de la TM). De plus, contrairement aux autres types cellulaires, l’expression d’HO-1 – enzyme majeure cytoprotectrice dégradant l’hème – n’était pas augmentée sous l’effet de l’hème au sein de l’endothélium glomérulaire aussi bien in vitro qu’in vivo. Seules les HUVEC démontraient une capacité d’adaptation – le dépôt de C3 induit par l’hème diminuant lors d’une réexposition à ce stimulus – et celle-ci s’avérait inhibée en cas de blocage de la fonction HO1.

Discussion

L’endothélium glomérulaire montre un défaut d’adaptation face à l’hémolyse (moindre synthèse d’HO1) et à l’activation du complément (moins de FH, de TM), susceptible de s’exprimer d’autant plus en cas de dérégulation sous-jacente de la voie alterne.

Conclusion

Ainsi, ce changement phénotypique hème-dépendant des CE glomérulaires pourrait expliquer l’atteinte endothéliale rénale préférentielle dans le SHUa.

Introduction

La néphropathie à IgA (N-IgA) est la glomérulopathie primitive la plus fréquente avec une évolution vers la MRC stade 5 dans 30 % des cas. Notre compréhension limitée de la maladie explique l’absence de traitement spécifique. Nous avons utilisé notre modèle murin de N-IgA pour tester si la modulation du microbiote intestinal influait sur la maladie.

Matériels et méthodes

Vingt-six souris âgées de 4 semaines ont été gavées pendant 8 semaines par un mélange d’antibiotique (groupe ATB, n=14, métronidazole, néomycine, vancomycine et amoxicilline) ou une solution contrôle (groupe CT, n=12). Des échantillons urinaires et fécaux ont été prélevés en début et fin d’expérience. Les souris ont été sacrifiées pour collecter également le sang et les reins pour analyses histologiques. La protéinurie et la créatininurie ont été mesurées sur les échantillons d’urine et les hIgA1 dans les sérums.

Résultats

En fin d’expérience, la charge bactérienne étaient diminuée dans le groupe ATB comparé au groupe CT (2,1 giga±7,7 giga vs 23,7 giga±16,2 giga respectivement, p<0,001). Le rapport protéine/créatinine urinaire (RPCu) des groupes ATB et CT au début de l’expérience étaient identiques (ATB 0,70±0,70g/mmol, véhicule 0,83±0,81g/mmol, p=0,606). À la fin, les RPCu du groupe CT (3,46±0,98g/mmol) était significativement (p<0,001) plus élevés qu’au début de l’expérience et que le RCPu du groupe ATB à la fin de l’expérience (0,90±0,40g/mmol, p<0,001). Ce dernier n’avait pas varié par rapport au début de l’expérience (p=0,436). Les concentrations sériques d’hIgA1 ne variaient pas entre les groupes ATB et CT (399,2±126,7mg/L et 358,7±188,4 respectivement, p=0,316), à l’inverse, seule les souris CT avaient des dépôts glomérulaires d’IgA.

Discussion

D’autres modèles murins de N-IgA ont été élevés en condition axénique afin de déterminer le rôle du microbiote dans la N-IgA. Dans ces modèles, l’absence totale de flore prévenait également les dépôts et la maladie mais entraînait également une diminution des concentrations sériques d’IgA. Dans notre travail la modulation du microbiote a prévenu la maladie malgré le maintien de la concentration d’hIgA1 circulant.

Conclusion

La modulation du microbiote intestinal par administration d’antibiotique prévient l’apparition de la N-IgA dans notre modèle murin, confirmant l’intérêt de cibler l’interaction microbiote/tissu lymphoïde associé à l’intestin dans la N-IgA.

Introduction

La dénutrition est associée à une sur-mortalité au cours de l’insuffisance rénale chronique (IRC) et se caractérise par une augmentation de la dépense énergétique de repos (DER) bien que les mécanismes en restent mal compris. Le « browning » correspond à l’activation d’adipocytes bruns inductibles dans le tissu adipeux blanc (TAB) et participe à la cachexie au cours de pathologies hypermétaboliques telles que le cancer. L’objectif de ce travail est de mettre en évidence un phénomène de browning au cours de l’IRC et d’étudier le rôle potentiel des toxines urémiques dans l’activation de ce phénomène.

Matériels et méthodes

In vitro, des adipocytes 3T3L1 ont été incubés 24h avec du plasma (20 %v/v) de patients hémodialysés chroniques, du plasma de volontaires sains ou des toxines urémiques (p-crésyl sulfate et indoxyl sulfate). Nous avons quantifié la protéine découplante UCP1, caractéristique du browning en western blot et étudié la différenciation adipocytaire. Une étude in vivo a été menée sur un modèle de souris IRC après néphrectomie des 5/6 avec mesure de la DER en calorimétrie indirecte et analyse du TAB à 14 jours.

Résultats

In vitro, l’incubation pendant 24h d’adipocytes 3T3L1 avec des plasmas de patients urémiques entraîne une augmentation de la quantité d’UCP1 (+153 %, p<0,05) par rapport au plasma témoins suggérant un phénomène de browning. L’incubation en présence de toxines urémiques, aux concentrations retrouvées chez le patient IRC, n’a pas montré d’effet sur la synthèse d’UCP1 ni altéré la différenciation adipocytaire. Les souris IRC présentent une augmentation de la DER comparées aux souris contrôles, associée à une augmentation de l’expression de plusieurs gènes de la thermogenèse dans le TAB des souris IRC (UCP1, PGC1alpha et PRMD16).

Discussion

Nos données, tant in vivo qu’in vitro, suggèrent l’activation d’un phénomène de browning dans l’IRC. Les toxines urémiques ne semblent pas participer à ce phénomène bien que le p-crésyl sulfate induise une dysfonction adipocytaire in vitro.

Conclusion

L’activation du browning pourrait participer à la dénutrition dans l’IRC par le biais d’une augmentation de la thermogenèse et de la dépense énergétique de repos. Des travaux complémentaires sont nécessaires afin d’en caractériser les facteurs déclenchants.

Introduction

Les maladies glomérulaires extracapillaires regroupent les glomérulonéphrites extracapillaires (GNEC) et la hyalinose segmentaire et focale (HSF) se caractérisent par une activation anormale des cellules pariétales épithéliales (PECs). La migration orientée et la prolifération des PECs conduisent à la formation du croissant dans le premier cas et aux dépôts scléreux dans le second, qui détruisent le capillaire glomérulaire. La voie de signalisation du récepteur à l’EGF (EGFR) a été impliquée dans la physiopathologie des GNEC. La tétraspanine CD9 interagit avec l’EGFR et organise des microdomaines fonctionnels à la surface membranaire. Nous avons observé que l’expression de CD9 est induite en particulier dans les PECs au cours des pathologies glomérulaires extracapillaires humaines. Notre étude a pour but d’étudier l’implication de CD9 au sein des PECs au cours des GNEC et de la HSF.

Matériels et méthodes

Nous avons utilisé un modèle murin de délétion spécifique du gène Cd9 au sein des PECs. Nous avons induit une GNEC par le modèle de néphrite toxique et une HSF par le modèle DOCA-sel avec uninéphrectomie.

Résultats

La délétion de CD9 au sein des PECs a un effet protecteur sur la protéinurie, la fonction rénale et les lésions histologiques au cours des modèles de GNEC et d’HSF. CD9 est induite au sein des PECs et du croissant chez les souris normales témoins. In vitro, l’invalidation de Cd9 au sein d’une lignée de PECs est associée à une diminution des capacités de migration et d’adhérence. En absence de CD9, l’expression de l’intégrine ß1 est diminuée ainsi que la phosphorylation de l’EGFR. L’induction de l’intégrine ß1 est également retrouvée au sein du glomérule et du croissant chez la souris témoins et sur des biopsies humaines de GNEC.

Discussion

Nos résultats suggèrent que l’induction de la tétraspanine CD9 au sein du glomérule a un rôle délétère au cours des GNEC et de la HSF. CD9 favoriserait la migration pathologique des cellules pariétales épithéliales en mettant en jeu l’expression de l’intégrine ß1 et favorisant l’activation de l’EGFR.

Conclusion

Il s’agit à notre connaissance de la première démonstration de l’implication d’une voie de signalisation dans le recrutement pathologique des PECs.

Introduction

Les maladies glomérulaires représentent une cause fréquente d’insuffisance rénale chronique et le podocyte est une des principales cibles au cours de ces pathologies. Nous avons précédemment démontré le rôle protecteur de la chaîne gamma commune (γC) au cours de la glomérulonéphrite expérimentale chez la souris. Par ailleurs, nos résultats préliminaires montrent que STAT5, un facteur de transcription classiquement décrit et activé en aval de γC dans le lymphocyte T, est exprimé par le podocyte et activé au cours du même modèle. Cependant le rôle précis de STAT5 dans le podocyte est à déterminer.

Matériels et méthodes

En utilisant des souris ayant une délétion podocytaire de STAT5, nous avons étudié son rôle dans deux modèles murins de maladies glomérulaires : la glomérulonéphrite à anticorps anti-membrane basale glomérulaire et la néphropathie à l’adriamycine.

Résultats

Au cours de la glomérulonéphrite inflammatoire, les souris déficientes en STAT5 podocytaire ont développé une protéinurie accrue par rapport aux souris de phénotype sauvage. Au cours de la néphropathie à l’adriamycine, l’absence de STAT5 podocytaire a induit une albuminurie accrue ainsi que des lésions podocytaires plus sévères par rapport au groupe contrôle. De plus, ces lésions podocytaires sont accompagnées d’une perte des marqueurs de différenciation podocytaire comme la néphrine. Cependant, l’infiltrat inflammatoire rénal n’est pas modifié par la délétion de STAT5 podocytaire.

Discussion

Nos résultats suggèrent que STAT5 podocytaire n’a pas d’influence sur le recrutement inflammatoire local mais participe au maintien de la différenciation du podocyte au cours d’une agression glomérulaire.

Conclusion

La signalisation podocytaire γC/STAT5 participe à la protection de l’épithélium glomérulaire face aux agressions immunologique et toxique et peut représenter une cible thérapeutique intéressante au cours des glomérulopathies.

Introduction

L’objectif de cette étude est de décrire les protocoles immunosuppresseurs et les rejets aigus observés chez les greffés du rein, ayant reçu un greffon d’un donneur vivant familial HLA identique (DvHLAid).

Patients et méthodes

Il s’agit d’une analyse rétrospective multicentrique des données de la base Cristal de l’ABM des greffes rénales avec DvHLAid réalisées entre janvier 2002 et décembre 2012 au sein de 28 centres de greffe rénale français. Chaque dossier source a ensuite été vérifié dans chaque centre. Les facteurs de risque du rejet aigu ont été comparés en analyse uni- et multivariée.

Résultats

Entre 2002 et 2012, 27 218 transplantations rénales ont été réalisées en France, dont 2475 avec donneurs vivants. Parmi celles ci, 163 donneurs étaient des donneurs familiaux HLAid. Un rejet aigu histologique a été observé chez 21 des 163 (12,9 %) receveurs de DvHLAid. Les receveurs dans le groupe avec rejet aigu étaient plus jeunes (p<0,01), avec un BMI de donneurs plus élevé (p=0,01) comparé au groupe sans rejet. Il n’y avait pas de différence statistiquement significative entre les 2 groupes pour les variables suivantes : sex-ratio, greffes antérieures, néphropathie initiale, durée en dialyse, et complications post-greffe. L’évaluation du traitement immunosuppresseur a montré que 32,4 % des patients n’ont pas eu d’induction par anticorps poly- ou monclonal, 29 % des patients étaient sous un protocole initial sans anti-calcineurines, et 35 à 43 % sans corticostéroïdes. Le rejet aigu a eu lieu dans un délai moyen de 24 mois après la greffe, dans 42,8 % des cas après une minimisation secondaire du traitement immunosuppresseur. À 1, 5 et 10 ans la survie des patients et des greffons ainsi que la fonction rénale étaient identiques et indépendantes du rejet.

Discussion

Dans cette étude nationale française, le rejet aigu est survenu dans 12,9 % des cas de greffe DvHLAid et n’a pas affecté la survie du greffon. Le facteur principal en cause est une minimisation de l’immunosuppression (p<0,001).

Conclusion

Le rejet aigu est possible même en cas de DvHLAid et la minimisation de l’immunosuppression doit être prudente. Une analyse génomique permettra de rechercher les antigènes tissulaires, autre que le HLA, qui peuvent médier le rejet chez ces patients.

Groupe(s) de travail

Radovfull study group.

Introduction

Les critères de jugement rapportés dans les essais cliniques sont souvent hétérogènes et rarement centrés sur le patient ce qui diminue la pertinence de leurs résultats. Notre but était d’identifier les critères de jugement les plus important en transplantation rénale pour les patients, leurs aidants et les professionnels de santé.

Matériels et méthodes

Lors d’une enquête Delphi à 3 tours, nous avons demandé à des patients/aidants et professionnels de santé de noter sur une échelle de Likert à 9 points l’importance de critères de jugement utilisés en transplantation rénale. Au cours des 2es et 3es tours, les participants re-notaient leurs propres scores après avoir réévalué leur précédente notation, celle des autres participants et tous les commentaires rapportés précédemment. Nous avons calculé la médiane et la moyenne des scores ainsi que les proportions de scores entre 7 et 9 puis effectué une analyse thématique des commentaires.

Résultats

Au total, 1018 participants (461 [45 %] patients/aidants et 557 [55 %] professionnels de santé) venant de 79 pays ont complété le 1er tour et 779 (77 %) le 3e tour. Les 8 critères de jugement ayant atteint un consensus entre les 2 groupes (moyenne≥7,5, médiane≥8 et proportion 7–9>85 %) étaient : perte du greffon, fonction du greffon, rejet chronique, rejet aigu, mortalité, infection, cancer (non cutané), et évènements cardiovasculaires. Le groupe patients/aidants a donné une plus grande importance à 6 critères de jugement (différence de moyenne de 0,5 ou plus) par rapport au groupe professionnels de santé : cancer cutané, complications chirurgicales, cognition, pression artérielle, dépression et capacité à travailler. Nous avons identifié 5 thèmes : capacité à contrôler et inévitabilité, pertinence personnelle, répercussion débilitantes, prise de conscience des risques et réponses aux lacunes dans les connaissances.

Discussion

Les critères de jugement relatifs aux complications du greffon et aux complications cliniques sévères étaient notés comme les plus importants pour les 2 groupes de participants.

Conclusion

L’obtention d’un consensus fondé sur l’opinion partagé des patients/aidants et professionnels de santé permettra d’améliorer la cohérence et l’homogénéité des critères de jugement évalués dans les essais en transplantation rénale.

Groupe(s) de travail

SONG-Tx.

Introduction

Un nouveau système d’attribution des reins a été introduit en France en février 2015, après 3 années de travaux de simulation en interaction avec les équipes de greffe et les associations de patients. Les objectifs étaient d’offrir des stratégies d’accès à la greffe différentiées selon l’âge du receveur, en améliorant l’accès à la greffe et l’appariement donneur-receveur en âge et en HLA pour les jeunes adultes.

Patients et méthodes

En plus des priorités nationales d’attribution pour les urgences (impossibilité de mise en oeuvre de la dialyse), pour les patients hyper-immunisés (full match, programme hyperimmunisé-antigènes-permis) et les enfants, un nouveau score d’attribution unifié a été introduit. Ce score prend en compte la durée de dialyse, la durée d’attente sur liste, l’âge du receveur, l’appariement donneur-receveur en âge et en HLA, le nombre potentiel de donneurs ayant au plus 3 mismatches HLA (un indicateur de faible accès à des donneurs bien appariés contrebalançant le poids donné à l’appariement HLA) et le temps de transport entre les lieux de prélèvement et de greffe.

Résultats

Les taux bruts d’accès à la greffe par tranche d’âge ont significativement évolué entre les deux périodes, passant de 23 à 35 %, 23 à 28 %, 24 à 26 %, 23 à 23 %, 26 à 21 % et 32 à 22 % pour respectivement les 18–29, 30–45, 46–55, 56–60, 61–65 et 66–74 ans. Les taux de greffes rénales réalisées en 0, 1 ou 2 incompatibilités HLA-DR sont passées respectivement de 35 à 59 %, 55 à 39 % et 9 à 2 % entre les deux périodes. Dans le même temps, les taux de greffes rénales réalisées en 0, 1 ou 2 incompatibilités HLA-DQ sont passées de 51 à 72 %, 46 à 27 % et 4 à 1 %.

Discussion

L’amélioration simultanée de l’accès à la greffe et de la qualité de l’appariement en âge et en HLA de classe II chez les jeunes adultes est un résultat majeur et prometteur pour l’avenir. Il contribue à la prévention de l’apparition d’anticorps spécifiques du donneur et la préservation d’un accès possibilité à une deuxième greffe éventuelle sur le long terme.

Conclusion

Ces résultats sont conformes aux résultats simulés et aux objectifs ciblés.

Introduction

L’épargne en inhibiteurs de la calcineurine (ICN) permet d’améliorer la fonction et la survie des greffons rénaux à court terme mais pas à long terme. Les donor specific antibodies (DSA) peuvent être impliqués dans la dysfonction du greffon à long terme. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la minimisation des ICN sur la survenue des DSA.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique réalisée entre janvier 2007 et décembre 2013. Les taux résiduels en ICN, les DSA avec leur MIF, le nombre de rejets, la survie des patients et des greffons ont été recueillis. Les patients ont été considérés comme minimisés si leur taux résiduel était inférieur aux cibles internationales plus de 50 % du temps d’exposition aux ICN.

Résultats

Au total, 247 patients ont été inclus (âge moyen 50 ans, 27,5 % de greffes avec donneur vivant). Cent soixante-cinq patients ont été minimisés d’après la définition retenue ; 21,8 % des patients minimisés ont présenté des DSA (seuil MFI : 1000) versus 3,7 % des patients non minimisés (HR en analyse multivariée pour l’apparition d’un DSA avec MFI>1000=6,79 [2,08–22,15], p=0,001 ; HR pour une somme de DSA avec MFI>6000=3,84 [1,14–12,92], p=0,03). Au cours du suivi, 9,4 % des patients minimisés sont retournés en dialyse versus 3,4 % des patients non minimisés (HR=3,22 [0,93–11,22], p=0,066). Au sein du sous-groupe n’ayant présenté ni cancer ni infection grave au cours du suivi (n=136), la minimisation reste associée à un sur-risque d’apparition de DSA (HR multivarié pour l’apparition d’un DSA avec MFI>1000=7,50 [1,77–31,88], p=0,006).

Discussion

L’originalité de ce travail tient à la prise en compte des taux résiduel en ICN et non des posologies. D’autres facteurs de confusion sur le risque de développer des DSA n’ont pas pu être évalués comme les transfusions ou les grossesses. Par ailleurs, l’inobservance est un facteur qui n’a pu être exploré dans cette étude.

Conclusion

La minimisation des ICN est un facteur de risque de développer des DSA de novo y compris dans une population à faible risque immunologique. Ces résultats doivent être confirmés par une étude prospective de grande ampleur.

Introduction

La mesure de la créatininémie avec estimation du débit de filtration glomérulaire (DFGe) ainsi que la protéinurie à 6 ou 12 mois sont associées à la survie des greffons rénaux. Dans le cadre des études cliniques ou pour guider la prise en charge des patients, il peut être intéressant de disposer d’indicateurs plus précoces. L’objectif de cette étude est d’évaluer la valeur prédictive sur la survie des greffons rénaux du DFGe par les méthodes MDRD et CKD-EPI et de la protéinurie mesurés dès 3 mois de la greffe.

Matériels et méthodes

Cette étude monocentrique a inclus 754 patients ayant reçu une première greffe rénale entre 2000 et 2010. La perte du greffon censurée ou non sur les décès ainsi que le décès avant retour en dialyse ont été étudiés par analyse multivariée en utilisant des modèles de Cox. La capacité de prédiction des marqueurs à 3 mois a été comparée aux marqueurs à 6 ou 12 mois par l’utilisation des méthodes de C-index et NRI.

Résultats

Après un suivi moyen de 8,3 ans, 90 patients sont décédés et 145 sont retournés en dialyse ou ont bénéficié d’une deuxième greffe préemptive. La corrélation entre le DFGe à 6 et 12 mois est élevée (r=0,81), celle entre DFGe à 3 et 12 mois étant plus modérée (r=0,76). Parmi les patients ayant des DFGe à 3 mois<30, 30–45, 45–60,>60mL/min/1,73m2, respectivement 56,7 %, 62,8 %, 55,5 % et 66,1 % des patients restent dans la même catégorie à 12 mois. Un DFGe à 3 mois<30 est associé au risque de retour en dialyse (HR ajusté 3,65 [2,0–6,65], p<0,0001) ou de perte de greffon toute cause (HR : 1,83 [1,12–2,99], p=0,016). Un taux de protéinurie à 3 mois entre 0,5–1g/24h est associé au retour en dialyse (HR : 1,78 [1,06–2,98], p=0,028). Il n’y a pas d’association significative entre ces deux critères et la survie des patients. La fonction rénale à 12 mois est un meilleur facteur prédictif de la survie du greffon (C-index à 12 mois=72,1 vs C-index à 3 mois=67,1).

Discussion

L’évaluation précoce de la fonction rénale grâce au DFG estimé par l’équation MDRD à 3 mois de la transplantation, est un marqueur pronostique de la survie à long terme du greffon censurée ou non sur les décès.

Conclusion

Il est possible d’utiliser les marqueurs précoces de fonction du greffon dans les études cliniques afin de prédire la survie des greffons.

Introduction

En octobre 2015 paraissaient les recommandations de la HAS sur l’accès à la liste d’attente de greffe rénale. Elles proposent un processus en 4 étapes coordonné entre équipes de néphrologie référentes et de transplantation. Néanmoins, leur implémentation sur le terrain reste un point clé important. L’objectif est de présenter un mode organisationnel d’implémentation des recommandations au sein d’une région.

Patients et méthodes

Les patients concernés sont ceux ciblés par les recommandations. Le schéma organisationnel proposé repose sur un renforcement de l’information sur la transplantation rénale dans les centres référents, la mise en place systématique d’une grille d’évaluation permettant d’orienter ou non les patients vers la greffe, la mise en place dans le centre de greffe de réunions de concertation pour statuer sur les cas « d’orientation à discuter », et d’un circuit dédié pour les patients orientés vers la greffe (consultation médicale dédiée couplée à une réunion d’information collective, démarrage du bilan lors de la 1re consultation, fin du bilan prégreffe 6 à 12 mois plus tard).

Résultats

Toutes les équipes ont mis en place le dispositif. Depuis septembre 2016, des créneaux dédiés de consultations ainsi que du temps médical ont été dégagés au niveau du centre de greffe permettant d’organiser sur la même matinée les prélèvements sanguins, la réunion d’information collective et la consultation médicale. Les réunions de concertation pour les « orientations à discuter » sont en place depuis janvier 2017 à raison de 2 par mois. En 4 mois, 60 patients ont été inscrits (soit 2 fois plus que l’année précédente). De janvier à mars, 36 dossiers « à discuter » ont été vus avec comme décision une contre-indication, une demande d’examens complémentaires ou une orientation vers la greffe.

Discussion

Notre objectif n’est pas d’inscrire systématiquement tous les patients mais de mieux cibler et d’inscrire tout patient qui doit l’être. Les équipes référentes ont modifié leur fonctionnement avec notamment l’identification d’un coordonnateur du parcours greffe dans chaque équipe.

Conclusion

Une évaluation structurée du dispositif est en cours. Nous espérons qu’elle montrera un réel bénéfice en termes d’orientation et d’accès des patients à la greffe rénale.

Groupe(s) de travail

Pour le réseau NEPHROLOR.

Introduction

La maladie rénale chronique (MRC) est une pathologie fréquente au Maghreb. L’incidence de l’IRCT varie de 60 pmp au Maroc, 130 pmp en Tunisie et 120 en Algérie. La prévalence de l’IRCT traitée est variable. Elle est de 571 pmp en Maroc, 833 pmp en Tunisie et de 626 pmp en Algérie.

Patients et méthodes

Une étude descriptive a été réalisée aux différents pays du Maghreb afin étudier l’état des lieux et les perspectives de la transplantation rénale. Les paramètres étudiés sont : le nombre de patients suivis, nombre de greffes réalisées durant les 3 dernières années (2013–2015). Paramètres épidémiologiques, la survie du greffon et les perspectives en 2016. Les difficultés rencontrées ont été recueillies : disponibilité de médicaments et de consommables pour la réalisation des bilans biologiques et radiologiques. L’actualisation des lois.

Résultats

Le nombre de TR réalisées en 3 ans (2013–2015) est de 654 en Algérie (dont 6 à partir du D en EME), 195 en Tunisie (dont 18 à partir du D en EME), 199 au Maroc (dont 58 à partir du D en EME). L’âge moyen est de 34 ans. La durée d’attente varie entre 25 et 35 mois dans les 3 pays du Maghreb. Le lien de parenté est représenté par la mère (35 %), la sœur (22 %) et le frère (25 %). La survie du greffon à 5 ans est estimée entre 85 % et 95 %. Perspectives : réaliser en 2016 à partir du DVA : 300 TR en Algérie, 80 TR en Tunisie et 100 TR au Maroc et développer la TR à partir du donneur en EME dans le Maghreb.

Discussion

La TR représente moins de 10 % des patients IRCT traités et 4,82 pmp. Cette prévalence est comparativement faible par rapport à celle de l’Arabie Saoudite (21,4 pmp) et de la France (48,2 pmp). Les obstacles du développement de la TR sont d’ordre organisationnel, le manque de législation clair et précise, la formation non appropriée, information et sensibilisation insuffisantes, structures inadaptées et le mode de financement qui doit être développé (rôle des caisses d’assurances, ministère, agences de greffe…).

Conclusion

La TR a connu des progrès considérables dans le Maghreb. Mais, elle n’est pas encore bien développée. La disponibilité des moyens humains et matériels, et le développement de la TR à partir du donneur en EME sont indispensables pour la réalisation des objectifs de la prise en charge de la MRC.

Introduction

Dans le domaine des cancers post-transplantation, l’utilisation de la pharmacogénétique pour adapter le traitement immunosuppresseur des patients en fonction du risque de développer un cancer semble prometteuse. Dans le carcinome à cellules rénales (RCC) post-transplantation, le vascular endothelial growth factor (VEGF) et les gènes codant pour les récepteurs du VEGF (VEGFR) sont de bons gènes candidats. Le VEGF, qui est un facteur de croissance crucial dans l’angiogenèse et la progression tumorale, a été fortement impliqué dans le développement du RCC. Les polymorphismes du VEGF ou des VEGFR ont déjà été étudiés dans le RCC dans la population générale. Cependant, aucune étude n’a été menée chez les patients transplantés rénaux qui présentent un risque de RCC augmenté comparativement à la population générale.

Matériels et méthodes

Nous avons examiné rétrospectivement l’association entre des polymorphismes dans les gènes du VEGF ou des VEGFR (KDR et FLT4) et le risque de développer un RCC post-transplantation ou l’agressivité des tumeurs dans une cohorte cas-témoin de 60 patients transplantés rénaux. Nous avons inclus 8 polymorphismes situés dans le VEGF (-2578 A>C, -2489 C>T, -460 C>T, -1154 G>A, -634 G>C, -7 C>T, 936 C>T, 1612 G>A), 2 polymorphismes dans le KDR (1416 T>A, 889 G>A) et 2 polymorphismes dans FLT4 (1480 A>G, 3971 G>T).

Résultats

Nous montrons que l’allèle VEGF 936 T, situé dans la région 3′ UTR, est associé à une diminution significative du risque de RCC post-transplantation (OR=0,14 ; IC95 % : 0,023–0,83 ; p=0,03). De façon intéressante, les patients porteurs du génotype VEGF 936 CT avaient également tendance à avoir une survie augmentée (p=0,12) et une taille de tumeur diminuée (p=0,16) comparativement aux patients ayant un génotype CC.

Discussion

Même s’il est évident que des études supplémentaires doivent être menées, nos résultats indiquent que VEGF 936 C>T est intéressant dans le contexte du RCC post-transplantation.

Conclusion

Ainsi, les génotypes de VEGF 936 C>T pourraient être utilisés pour classer les patients en fonction du risque de développer un RCC post-transplantation afin d’améliorer le dépistage et la gestion des traitements immunosuppresseurs.

Introduction

Le basiliximab et les anticorps anti-thymocytes polyclonaux de lapins (rATG) sont les traitements d’induction les plus fréquemment utilisés en transplantation rénale. L’utilisation du basiliximab était habituellement réservée aux patients non immunisés. Cependant, la meilleure caractérisation du risque immunologique avec les techniques sensibles d’identification des anticorps anti-HLA a ouvert la voie à son utilisation chez le patient immunisé sans DSA, considéré à risque immunologique intermédiaire.

Patients et méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les patients adultes (greffes combinées exclues) entre l’introduction de Luminex (juin 2007) et mai 2016. L’absence de DSA en single antigen a été validée après analyse individuelle de chaque dossier. Le risque de rejet aigu (clinique ou infraclinique) et l’apparition de DSA a été analysé en uni- et multivarié (test de log rank et modèle de Cox).

Résultats

Deux cent dix-huit (21 %) transplantés rénaux immunisés sans DSA prégreffe ont été identifiés (basiliximab=60, rATG=158). Les patients ayant reçu du basiliximab avaient un taux de greffons incompatibles (TGI) plus faible (24±26 vs. 66±32 %, p<0,0001), avaient plus souvent reçu une première greffe (88 vs. 63 %, p<0,0001) et/ou une greffe avec un donneur vivant (13 % vs 2 %, p=0,005). De plus, une combinaison évérolimus, tacrolimus, stéroïdes n’a été utilisée que chez les patients traités par basiliximab (8,3 % vs. 0 %, p=0,001). Au cours du suivi (3±2 ans), le risque de rejet aigu était plus élevé dans le groupe basiliximab (n=16, 26,7 %) que dans le groupe rATG (n=20, 12,7 %) (p=0,004). Ce sur-risque de rejet aigu dans le groupe basiliximab persistait après ajustement sur l’âge, le sexe, le mismatch HLA et la stratégie immunosuppressive initiale (HR=1,99 [1,02–4,69] ; p=0,044). L’apparition de DSA (MFI>1000) était observée chez 13 (21,7 %) et 26 (16,4 %) patients traités respectivement par basiliximab et rATG (p=0,087).

Discussion

Le basiliximab semble être associé à un sur-risque de rejet aigu par rapport au rATG chez les patients transplantés rénaux immunisés sans DSA avant la transplantation.

Conclusion

Une étude multicentrique permettra de préciser la stratégie d’induction pour la prévention du rejet aigu chez les transplantés rénaux immunisés sans DSA.

Introduction

Les immunoglobulines intraveineuses (IGIV) sont désormais incontournables dans l’arsenal thérapeutique des atteintes médiées par les anticorps anti-HLA après transplantation rénale. Les IGIV sont très utilisées au cours des maladies inflammatoires ou auto-immunes. Cependant, leur mécanisme d’action reste obscur et aucune donnée sur les modifications des phénotypes lymphocytaires après transplantation rénale n’est disponible.

Patients et méthodes

Nous avons analysé prospectivement les patients transplantés rénaux traités par fortes doses d’IGIV (2g/kg) mensuelles pendant au moins deux mois entre janvier 2013 et janvier 2014. Aucun des patients n’avait reçu de rituximab avant l’analyse. L’objectif principal était l’évolution du phénotype lymphocytaire B et T après traitement. L’objectif secondaire était l’évolution de l’expression des ARNm spécifiques de l’activation lymphocytaire.

Résultats

Douze patients ont été analysés. Tous ont été traités par deux cures d’IGIV à fortes doses (2g/kg) pour une détection d’anticorps anti-HLA spécifiques du donneur sans rejet aigu humoral histologique. Le délai médian était de 45 (12–132) mois après la transplantation. La distribution des populations lymphocytaires était identique avant et après traitement quelle que soit la population considérée, monocytes (CD14), lymphocytes (CD19) et lymphocytes T (CD3, CD4 et CD8). Nous avons analysé le phénotype lymphocytaire B selon la classification Bm1-5 classification. Deux sous-populations B étaient modifiées de façon significative au cours du traitement, les Bm1 (cellules B matures) augmentaient (p=0,004) et les Bm2 (cellules B naïves) diminuaient (p=0,012). L’analyse transcriptomique des ARNm d’activation lymphocytaire B et T ne retrouvait aucune modification significative avant ou après traitement.

Discussion

Ces résultats méritent d’être confirmés sur une cohorte plus large de transplantés rénaux et un suivi prolongé.

Conclusion

Le traitement par fortes doses d’IGIV après transplantation n’induit pas de modifications des phénotypes lymphocytaires B et T ni de l’expression transcirptomique des marqueurs d’activation lymphocytaire.

Introduction

La mesure du débit de filtration glomérulaire (DFG) par clairance de traceur exogène est fortement recommandée dans l’évaluation fonctionnelle de l’éligibilité au don de rein. Un DFG mesuré inférieur à 80mL/min/1,73m2 étant considéré comme une contre-indication relative au don par de nombreuses sociétés savantes. Cet examen de référence pose le problème de sa disponibilité, en particulier dans certains pays en voie de développement. Alternativement, il a été proposé d’utiliser soit les formules d’estimation du DFG, soit un calculateur en ligne utilisant les données anthropométriques et la créatininémie. L’utilisation combinée de la cystatine et de la créatinine améliore la prédiction du DFG en population générale, mais son intérêt chez le donneur vivant (DV) n’a jamais été évalué.

Patients et méthodes

Chez 151 DV, nous avons évalué les performances relatives d’un calculateur en ligne et des équations d’estimation du DFG CKD-EPICreat, CKD-EPIcys, CKD-EPImix. Le critère de jugement est la capacité de ces outils à identifier avec certitude les donneurs présentant un DFG mesuré inférieur à 80mL/min/1,73m2.

Résultats

Par rapport à l’utilisation de la créatinine seule, la cystatine seule ne change pas la sensibilité de l’équation CKD-EPI mais augmente sa spécificité pour détecter les DV avec un DFG inférieur à 80mL/min/1,73m2 (0,30 vs 0,45, p=0,01). La combinaison de la créatinine et de la cystatine augmente significativement la spécificité tant pour le calculateur en ligne (0,46 vs 0,70, p<0,001) que pour les équations (0,30 vs 0,54, p<0,001), et ce faisant le pourcentage de donneurs correctement identifiés comme ayant un DFG mesuré supérieur ou inférieur à 80mL/min/1,73m2 avec le calculateur (49 % vs 70 %) et avec les équations (32 % vs 49 %).

Discussion

La supériorité de la combinaison créatinine et cystatine pour l’estimation du DFG observée en population générale est également retrouvée chez les donneurs vivants.

Conclusion

L’utilisation combinée de la cystatine et de la créatinine dans l’évaluation du DFG augmente la capacité à définir avec certitude les donneurs éligibles au don de rein, en l’absence d’accès à une méthode de référence.

Introduction

Un quart des patients transplantés rénaux développent des anticorps anti-HLA spécifiques du donneur (de novo DSA) dans les 5 premières années suivant la greffe. La présence d’un dnDSA est un facteur de risque de rejet humoral aigu (environ 30 %). Cependant, chez ces patients, aucune stratégie préventive du rejet humoral chez ces patients n’est pour le moment proposée.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude observationnelle prospective de 11 patients transplantés rénaux avec un dnDSA détecté au cours de la première année de la greffe et histologie du greffon normale. Tous on été traités par de fortes doses d’immunoglobulines intraveineuses (IGIV, 2g/kg à M0, M1, M2). Le critère d’efficacité principal d’efficacité était l’incidence du rejet aigu (clinique et infraclinique dans les 12 mois suivant la détection du dnDSA) comparée à un groupe contrôle historique non traité. Les critères secondaires étaient l’évolution des caractéristiques des dnDSA, de l’expression des ARNm sanguins et des phénotypes lymphocytaires B sanguins.

Résultats

Dans les 12 mois suivant la détection du dnDSA, 2 épisodes de rejet aigu humoral ont été rapportés dans le groupe de 11 patients traités et un épisode dans le groupe de 9 patients non traités. À la fin du suivi, le débit de filtration glomérulaire était similaire dans les deux groupes (57 [±18] et 54 [±17] mL/min/1,73m2 dans les groupes IGIV+ et IGIV− ; p=0,72). Les caractéristiques des dnDSA étaient similaires à l’inclusion dans l’étude et à la fin du suivi quelle que soit la classe considérée et le traitement administré. Le traitement par IGIV diminuaient significativement l’expression de l’ARN messager du récepteur FcϒRIIA des lymphocytes circulants mais n’influençait aucun des marqueurs de l’activation lymphocytaire B.

Discussion

Une étude plus large d’évaluation des IGIV à fortes doses dans la prévention du rejet humoral est nécessaire pour confirmation de ce faible effet.

Conclusion

Dans cette première étude pilote incluant des patients transplantés rénaux avec dnDSA, les IGIV à fortes doses n’ont pas d’effet préventif du rejet humoral aigu et n’ont que très peu d’effet sur les caractéristiques des dnDSA et sur le phénotype lymphocytaire B.

Introduction

La transplantation rénale pédiatrique a modifié le pronostic des enfants atteints de maladie rénale chronique en améliorant la survie, la croissance, l’insertion socio-éducative et la qualité de vie de ces enfants. La plupart des études sur le devenir psychosocial à long terme se sont intéressées aux effets secondaires neuropsychologiques d’une transplantation mais peu à la réussite scolaire.

Patients et méthodes

L’objectif de cette étude rétrospective multicentrique était d’analyser les résultats scolaires des enfants transplantés rénaux suivis aux CHU de Nantes, Rennes, Tours et Angers en prenant le redoublement comme critère d’évaluation principal et en le comparant avec la fratrie. L’objectif secondaire était d’identifier des facteurs de risques de redoublement pouvant témoigner des difficultés de scolarisation. Les données étaient recueillies lors d’un entretien téléphonique auprès des parents ou de l’adolescent au cours duquel un questionnaire était réalisé.

Résultats

Sur les 149 enfants greffés et suivis dans ces quatre centres, 73 ont été inclus. Trente-huit pour cent des enfants greffés ont redoublé une classe dans les suites de la greffe et 57 % ont redoublé au cours de leur scolarité. Ces taux de redoublement étaient significativement plus importants que le taux de redoublement (19 %) des frères et sœurs. Les facteurs de risques associés à un redoublement en post-greffe étaient un âge plus avancé au moment du diagnostic de la maladie et la présence de troubles de l’attention. Pour le redoublement global au cours de la scolarité, l’âge au moment de la greffe était un facteur de risque de redoublement.

Discussion

Les enfants greffés rénaux redoublent fréquemment et plus que leurs frères et sœurs issus du même environnement socioéconomique. Être plus âgé au moment de la maladie ou de la greffe influence la survenue d’un redoublement. L’adolescence et le lycée sont probablement des périodes où l’absentéisme, les difficultés d’attention et l’asthénie ont plus de conséquences sur l’apprentissage scolaire.

Conclusion

Au vu de nos résultats, il semble important de dépister précocement les problèmes scolaires afin de mettre en place rapidement les aides adéquates. Le maintien d’une information des familles sur l’ensemble des soutiens est primordial.

Introduction

La « dysfonction rénale aiguë sans rejet » (DASR) se définit par l’absence des critères histologiques de rejet aigu chez un patient transplanté rénal présentant une insuffisance rénale aiguë justifiant une ponction-biopsie rénale (PBR) [1]. Son pronostic est méconnu.

Patients et méthodes

De janvier 2007 à juin 2015, nous avons rétrospectivement catégorisé les patients ayant bénéficié d’une PBR per cause endéans les 12 premiers mois post-greffe en 2 groupes :

– DASR ;

– rejet aigu histologiquement prouvé (RA).

Le groupe contrôle (C) incluait les patients n’ayant présenté ni RA ni DASR endéans les 24 mois post-greffe. Étaient exclues les néphropathies à BK virus et les « primary non-function ». Le débit de filtration glomérulaire (DFG) était estimé selon MDRD. La pente de DFG entre 6 et 24 mois post-greffe était évaluée selon un modèle linéaire mixte. La proportion de patients présentant une réduction≥30 % du DFG entre 6 et 24 mois post-greffe a été calculée en analyse « cubic spline ».

Résultats

Parmi 249 patients, 93 ont présenté une DASR (incluant 21 « borderline »), 21 un RA et 135 ni DASR ni RA. L’âge moyen au moment de la transplantation était de 50,2±14,2 (DASR), 46,1±17,4 (RA) et 53,6±12,4 (C) années. Le ratio femmes/hommes était de 37/56 (DASR), 10/11 (RA) et 46/89 (C). Le temps médian de la PBR per cause était de 22 (DASR) et 13 (RA) jours post-transplantation. À 6 mois post-greffe, le DFG était significativement meilleur dans C (55,2mL/min/m2) vs. DASR (44,6mL/min/m2 ; p<0,0001) et vs. RA (46,4mL/min/m2 ; p<0,05). La pente du DFG entre 6 et 24 mois post-greffe était positive pour C (0,16mL/min/mois) vs. négative pour ADNR (−0,04mL/min/mois, p<0,05) et vs. RA (−0,04mL/min/mois, non significatif). La proportion de patients avec≥30 % de réduction du DFG entre 6 et 24 mois post-greffe était de 7,4 % dans C vs. 26,4 % DASR (p<0,0001) et vs. 24 % RA (p<0,05).

Discussion

Dans notre cohorte, l’entité DASR touche 78,8 % des patients bénéficiant d’une PBR per cause endéans les 12 premiers mois post-greffe, sans distinction significative d’âge et de sexe. La DASR apparaît précocement post-transplantation, et est associée à un DFG significativement altéré à 6 mois et à une perte de fonction accélérée à 24 mois post-greffe.

Conclusion

La DASR se caractérise par une évolution péjorative de la fonction du greffon rénal, à court et à moyen termes.

Introduction

La voie d’abord en hémodialyse (HD) est corrélée à la morbi-mortalité des patients. Le début sur cathéter (KT) est grevé d’un taux de complications accru par rapport au début sur fistule artério-veineuse (FAV). Cette étude porte sur l’impact d’une évaluation des pratiques professionnelles (EPP) sur l’abord vasculaire lors de l’initiation en HD.

Patients et méthodes

On s’est intéressé à l’évolution de l’abord vasculaire utilisé entre 2011 et 2016. L’EPP a consisté au recensement et la communication des résultats des patients incidents ayant débuté l’HD chaque année depuis 2011 dans notre centre à l’ensemble des médecins néphrologues, à la communication des données aux chirurgiens vasculaires.

Résultats

En 2016, 144 patients ont été initiés à l’HD contre 131 en 2015, 132 en 2014, 109 en 2013, 72 en 2012 et 97 en 2011. Au total, 122 bénéficiaient d’un suivi néphrologique (76 %) en 2016, contre 100 (76 %) en 2015, 101 (77 %) en 2014, 76 (67 %) en 2013, 50 (52 %) en 2011. En 2016, 63 patients (44 %) ont débuté sur un KT, alors que ce taux était de 49 % en 2015 (66 patients), 61 % en 2014 (80 patients), 68 % en 2013 (74 patients), 75 % en 2012 (54 patients), 77 % en 2011 (75 patients). En 2015, 81 patients ont débuté l’HD sur une FAV fonctionnelle (56 %) représentant 66 % des suivis. En 2015, 66 patients ont débutés l’HD sur une FAV fonctionnelle, contre 52 patients en 2014 ont débuté l’HD sur une FAV fonctionnelle (39 %). Les caractéristiques des patients suivis débutés sur KT et sur FAV en 2016 n’étaient pas différents statistiquement pour l’âge (57 vs 60 ans, p=0,79), le sexe (femmes 38 % vs 26 % ; p=0,12). La durée médiane de suivi était plus courte en cas de début sur KT (18 mois±53 vs 47 mois±72 ; p=0,001). De plus, on observe un pourcentage supérieur de débuts en urgence (40 % vs 17 % ; p=0,003), des insuffisances rénales aiguës (32 % vs 11 % ; p=0,03) et de la pente de déclin du DFG sur 12 mois (−12mL/min±16 vs −7mL/min±7, p=0,01) lors du début sur KT vs sur FAV.

Discussion

Le programme d’EPP a permis l’augmentation progressive et continue des débuts sur FAV à 56 % en 2016 vs 40,8 % au niveau régional (données Rein IDF) et 23 % local en 2011.

Conclusion

La mise en place d’une EPP a été associée à l’amélioration des pratiques sur l’abord lors de l’initiation en hémodialyse avec une augmentation des patients suivis.

Introduction

L’information des patients sur les différentes thérapeutiques de prise en charge de l’insuffisance rénale chronique terminale est fondamentale. Elle est recommandée par l’HAS, réclamée par les patients. Dans notre centre, il est conseillé d’orienter les patients vers une consultation infirmière d’information (CsIDE) quand les patients sont à moins de 20mL/min de DFG.

Patients et méthodes

Cette étude porte sur l’impact de cette CsIDE sur la voie d’abord lors du démarrage de l’HD, sur le pourcentage d’inscription sur la liste d’attente de greffe rénale avant le démarrage de l’HD, ainsi que sur le nombre d’hospitalisations et la durée d’hospitalisation chez les 87 patients suivis chez qui l’HD a été initiée en 2016.

Résultats

En 2016, 87 patients bénéficiant d’un suivi néphrologique ont démarré l’HD dans notre centre. Au total, 59 patients ont eu la CsIDE, 28 patients n’en ont pas eu. L’âge, le sexe, le pourcentage de patient diabétique, de patient ayant eu une ponction biopsie rénale (PBR), ainsi que la durée médiane de suivi et la vitesse de déclin du DFG sur 12 mois étaient équivalents entre les patients ayant eu la csIDE et les autres. Par contre, il y avait plus de cas d’insuffisance rénale aiguë chez les patients n’ayant pas eu la CsIDE. Les débuts sur FAV étaient beaucoup plus fréquents chez les patients ayant bénéficié de la CsIDE (75 % contre 43 % chez ceux qui n’en ont pas bénéficié [p=0,004, Chi2]). De même, le pourcentage de patients inscrits sur liste avant le début de l’hémodialyse étaient bien meilleur chez les patients ayant bénéficié de la CsIDE (45 % contre 16 % chez ceux qui n’en ont pas bénéficié [p=0,006, Chi2]). De même, on notait la diminution du nombre de jours d’hospitalisation chez les patients ayant bénéficié de la CsIDE (8jours±16 vs 13±24 [p=0,05]).

Discussion

La CsIDE est associée à une amélioration nette du parcours patient en IRCT avec l’augmentation des démarrages sur FAV, l’augmentation de l’inscription sur liste d’attente de greffe rénale et la réduction du nombre de jours d’hospitalisation. Elle a de plus un rôle important pour améliorer le vécu des patients lors de la mise en dialyse.

Conclusion

La CsIDE a un rôle clé dans la qualité de la prise en charge du patient en IRCT, il est souhaitable de la généraliser au pourcentage maximal de patient.

Introduction

L’influence de syndrome métabolique (SM) sur l’accès vasculaire n’a pas été bien étudiée. Le SM a été trouvé comme un facteur du mauvais pronostic pour les résultats de la chirurgie vasculaires. Le but de cette étude est de décrire le pronostic des fistules artérioveineuses (FAV) des malades qui subissent l’hémodialyse avec ou sans SM.

Patients et méthodes

Cent malades qui bénéficient de la confection d’une FAV comme un accès vasculaire pour l’hémodialyse ont été examiné. Le SM a été défini utilisant le National Cholesterol Education Program Adults Treatment Panel III (NCPE-ATPIII). Nous avons analysé le site anatomique, la survie et les complications survenant sur la FAV dans les deux groupes (avec et sans SM).

Résultats

Cent malades ont bénéficié de la confection de leur FAV. Le SM a été retrouvé selon la définition de NCEP-ATPIII chez 46 patients soit une prévalence de 46 % et selon la définition de l’IDF chez 42 patients soit une prévalence de 42 %. La distribution des paramètres du SM était une hypertension dans 64 %, un diabète dans 23 %, une obésité abdominale dans 38 %, un triglycéride élevé>1,5g/L dans 46 %, un LDL cholestérol augmenté>1g/L dans 80 %, un HDL cholestérol diminué dans 40 %. Les patients avaient un âge moyen de 53,5±17,09 ans (extrêmes : 23–80 ans). La durée moyenne de suivi en hémodialyse était de 77,16 mois (extrêmes : 6–290 mois). Le site de la FAV était proximal dans 48 % ; aucune différence n’a été objectivée entre les 2 groupes (avec SM, 58 % ; sans SM, 44 % ; p=0.32). La perte de la FAV était en rapport principalement avec la thrombose. La survie médiane pour tous les malades était de 5,56±3,67 ans (sans SM, 6,41±4,27 ans ; avec SM, 3,85±2,6 ans, p=0.01).

Discussion

Dans notre étude la survie de la FAV est significativement inférieure chez les malades avec SM. Ces malades avec SM forment un groupe à haut risque qui a besoin des stratégies de préventions intensives.

Conclusion

Les hémodialysés sont une population à haut risque cardiovasculaire nécessitant une évaluation de tous les facteurs de risque cardiovasculaire dont le SM.

Introduction

Un abord vasculaire de qualité est indispensable pour tout patient en hémodialyse chronique. Le but de cette étude est de faire un état des lieux des abords vasculaires chez tous les hémodialysés du Sénégal.

Patients et méthodes

Étude prospective, multicentrique, transversale allant du 1er juin au 30 juin 2016 réalisé dans tous les centres d’hémodialyse publiques et privés du Sénégal. Tous les patient atteints d’une maladie rénale chronique de stade V, traitée par hémodialyse depuis au moins 3 mois ont été inclus.

Résultats

Quatre cent douze patients (412) ont été colligés. L’âge moyen était de 47,76 ans (11–85 ans). Il y avait 207 femmes (50,2 %) et 205 hommes (49,8 %). Le sex-ratio était de 0,99. La durée moyenne en hémodialyse était de 36,95 mois. Les premières séances d’hémodialyse ont été effectuée sur un cathéter veineux central chez 378 patients (91,75 %). Deux cent quatre-vingt-six patients (69,40 %) avaient comme abord vasculaire actuel une fistule artério-veineuse (FAV) et 126 patients (30,60 %) dialysaient sur un cathéter veineux central. Soixante-dix-neuf patients (62,7 %) avaient un cathéter tunnélisé, 26 patients (20,6 %) avaient un cathéter jugulaire simple et 21 patients (16,7 %) avaient un cathéter fémoral double lumière. La durée moyenne d’utilisation des cathéters veineux centraux (CVC) était de 7,66 mois (1–72 mois).

Discussion

Le guide de bonne pratique en hémodialyse (K DOQI) recommande l’utilisation de moins de 20 % de cathéters centraux temporaires dans une unité d’hémodialyse [1]. Une première étude menée à Dakar, au Sénégal avait retrouvé chez 89,20 % des patients, un cathéter veineux central comme premier abord d’hémodialyse [2]. Dans notre étude 91,7 % avaient un cathéter veineux central comme premier abord vasculaire.

Conclusion

L’utilisation de cathéter veineux central pour hémodialyse en première intention reste fréquente au Sénégal d’où l’intérêt de former les chirurgiens des hôpitaux régionaux à la confection de fistules artério-veineuses.

Introduction

Les séances d’hémodialyse nécessitent la présence d’une voie d’abord vasculaire dont on site les cathéters temporaires (KTT). Ces KTT ne sont pas dénués de complications notamment vasculaires. Le but de notre travail est d’étudier sur une année les complications vasculaires survenues dans notre formation.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective sur 12 mois, réalisée dans le service de néphrologie. Nous avons inclus tous les patients porteurs d’une complication vasculaire secondaire à un KTT. La complication vasculaire était définie par la présence d’une thrombose veineuse profonde (TVP), d’un hématome, d’un saignement extériorisé (SE) avec KTT en place ou d’une fistule artério-veineuse (FAV).

Résultats

Nous avons colligé 21 complications vasculaires sur 483 KTT posés, soit une fréquence de 4,35 %. L’âge moyen est de 47±12 ans avec un sexe ratio à 0,24. Les complications étaient, par ordre décroissant, les TVP (57,14 %), hématomes (28,57 %), les SE (9,52 %) et les FAV (4,7 %). Elles ont été diagnostiquées par l’échographie des parties molles dans 14,28 % des cas, et par une écho-doppler dans 76,19 % des cas. Au total, 66 % étaient en insuffisance rénale chronique et 33 % en insuffisance rénale aiguë. L’évolution était favorable chez 100 % de nos patients avec un traitement médical pour 66,66 % des cas, chirurgical pour 14,28 % des cas et une surveillance armée dans 19,04 % des cas.

Discussion

Les complications vasculaires des KTT sont moins fréquentes que celles infectieuses. Elles nécessitent un diagnostic et une prise en charge précoce et adaptée afin d’éviter l’engagement du pronostic vital et fonctionnel.

Conclusion

La pose de KTT est un geste quotidien mais non dénué de problème. Cette étude nous permet de mettre le doigt sur une complication importante de ces KTT.

Introduction

La ponction des fistules artério-veineuses chez les hémodialysés chroniques est une source de difficulté même pour des infirmiers expérimentés en dialyse. L’objectif de cette étude est de comparer le taux d’échec de ponction des fistules dites difficiles par la technique usuelle et après l’écho-repérage.

Patients et méthodes

Cette étude monocentrique prospective observationnelle a été réalisée au sein d’une unité d’hémodialyse pendant 16 semaines, en deux phases successives espacées d’un temps dédié à la formation des infirmiers à l’écho-repérage de la ponction : 36 hémodialysés (528 séances d’HD) sans écho-repérage puis 37 patients soit 546 séances précédées d’écho-repérage pour les fistules dites difficiles (fistule profonde, présence d’hématome, cordon veineux fin et en cas d’échec de la 1re tentative) ont contribué à l’évaluation.

Résultats

En utilisant l’écho-repérage pour la ponction des fistules difficiles, nous avons obtenu un taux de réussite plus élevé (97,2 % vs 22,2 %, p<0,001) de la 1re tentative de ponction. Ce bénéfice ne s’applique qu’au groupe « FAV difficile », pour lesquels le taux de 1re ponction réussie après écho-repérage atteint le taux de réussite pour les fistules non-difficiles (95–96 %). En cas d’échec de la 1re tentative de ponction on a moins de ponctions compliquées (2 % vs 64,4 %, p<0,001), moins de séance de dialyse avec une seule aiguille (14 % vs 70 %, p<0,001), moins d’appel au médecin néphrologue (50 % vs 90 %, p<0,001) et moins de changement d’IDE (4,8 % vs 78,9 %, p<0,001).

Discussion

Quant aux ponctions des fistules artério-veineuses, il n’existe à notre connaissance que trois études qui ont été menées pour tester l’utilité de l’échographie pour leur canulation. La troisième étude qui est la seule publiée randomisée toute récente a comparé la ponction habituelle de FAV récemment créée à la ponction échoguidée. Dans cette étude, le taux de succès de la ponction n’était pas différent dans les deux groupes.

Conclusion

Ce travail monocentrique montre pour la première fois l’intérêt de cette approche pour la canulation efficace des FAV de patients hémodialysés réputés difficiles à canuler. Une évaluation multicentrique est nécessaire pour valider cette approche prometteuse.

Introduction

Les complications d’accès vasculaire sont fréquentes chez les dialysés. L’identification des facteurs de risque (FDR) tend à minimiser ces complications afin d’améliorer la longévité de ces abords.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 771 patients hémodialysés chroniques de la région de Sfax (Tunisie). Nous avons recueilli les données démographiques, cliniques (antécédents, néphropathie initiale, ancienneté en HD) et les données relatives à l’abord vasculaire (nombre, type et complications). L’étude statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 20. Le seuil de significativité a été fixé à un p<0,05.

Résultats

L’âge moyen était de 58±15,8 ans. Le sex-ratio était de1,2. La néphropathie initiale était indéterminée dans 35 % des cas et diabétique dans 17,8 % des cas. L’ancienneté moyenne en HD était de 6,7±6,3 ans. L’hypertension artérielle était retrouvée chez 57,7 % des cas et le diabète dans 25 % des cas. Le nombre d’abords vasculaires était variable. Il s’agit de l’unique abord dans 63 % des patients, 2 abords chez 14 % des patients et 3 abords ou plus chez 23 % des patients. La fistule artério-veineuse native était le type d’abord le plus prépondérant (95 % des cas), suivie du Gortex dans 3 % et du cathéter de Canaud dans 2 % des cas. Les complications ont été observées dans 37 % des cas. Parmi ces complications, les thromboses ont été retrouvées dans 60 % des cas, les sténoses dans 24 % des cas, l’infection dans seulement 3 % des cas. L’ancienneté en HD et le diabète étaient associés à un risque plus élevé de complications (p respectifs de 0,03 ; 0,05).

Discussion

La morbi-mortalité liée aux abords vasculaires en hémodialyse est importante. Dans notre cohorte, ces complications ont été retrouvées dans 37 % des cas avec une nette prédominance des thromboses. L’ancienneté en HD et le diabète étaient les FDR les plus incriminés dans ces complications.

Conclusion

Une vigilance particulière doit être assurée pour les diabétiques et anciens en hémodialyse pour anticiper et agir à temps sur les complications de l’abord vasculaire.

Introduction

Une des causes les plus fréquentes de dysfonction des fistules arterio-veineuses est la sténose du versant veineux. La dilatation par ballonnet est le traitement de choix quand celle-ci est simple et accessible mais quand la fistule présente plusieurs sténoses, le succès de l’angioplastie devient plus une tentative de sauvetage qu’une simple intervention pour éviter son abondant et la création d’une nouvelle fistule.

Patients et méthodes

Entre décembre 2013 et mars 2017 ; 23 patients présentant des dysfonctions de fistules a type de : piquage difficile, hypodébit, KT/V inadéquat ; secondaires a des sténoses multiples du versant veineux de la fistule ont été pris en charge pour traitement endovasculaire par angioplastie. Quatorze fistules radiocéphaliques, 6 brachiocéphaliques, 3 brachiobasiliques. La fistulographie était faite par voie artérielle après piquage échoguidée de l’artère brachiale. L’angioplastie était faite après cathétérisme échoguidée de la veine. Le diamètre des ballonnets variait entre 5 et 7mm. Les ruptures ont été traitées par réinflation à basse pression du ballonnet. Aucune fistule n’a nécessité la pose de stent.

Résultats

Le diagnostic de sténoses multiples a été fait chez 100 % des patients, succès de l’angioplastie chez 21 patients (91 %). Deux patients (8,69 %) ont présenté un échec au cathétérisme de la veine. Cinq patients (21 %) ont présenté un échec après dilatation. Quatre patients (17,39 %) ont présenté une rupture veineuse traitée par ré-inflation du ballonnet a basse pression. Un patient a présenté un hématome au point de ponction artérielle (4,34 %). Aucune fistule n’a nécessité de stent. La perméabilité primaire était de 53 % à 6 mois et de 33 % à 12 mois et perméabilité secondaire était de 86 % à 6 mois et de 60 % à 12 mois. Au total 7 patients (30 %) sur les 23 patients inclus ont bénéficié d’une nouvelle fistule après échec de sauvetage endovasculaire.

Discussion

Le traitement par angioplastie des sténoses reste le traitement de choix quand celles-ci sont accessibles et simples. La question se pose quand la dysfonction est secondaire à plusieurs sténoses. Sur 23 fistules, 21 ont été traitées avec succès et 7 ont été abandonnées.

Conclusion

Un traitement par angioplastie devrait être tenté pour les dysfonctions de fistule secondaire a des sténoses multiples avant son abondant et la création d’une nouvelle.

Introduction

L’arrêt du saignement après l’ablation des aiguilles de la fistule artérioveineuse (FAV) repose sur la compression, parfois associée à des pansements hémostatiques. Le saignement prolongé post-dialyse altère la qualité de vie des patients et entraîne un dysfonctionnement des unités de dialyse. Le but de cette étude est de comparer la compression avec un nouveau pansement Mozaïk®, d’une part, à une compression mécanique par une compresse et, d’autre part, à une compression par un alginate de calcium. Les objectifs de ce travail sont : (1) évaluation du temps de la compression ; (2) du saignement post-compression ; (3) satisfaction utilisateurs.

Matériels et méthodes

Essai prospectif, dans 2 unités de dialyse. Unité A : comparant Mozaïk® (PM) vs compresse (CM) : période 1 : la compression est réalisée avec un PM et période 2 : la compression est réalisée avec un CM. Dans Unité B : comparant PM vs alginates (PC) : période 1 : la compression est réalisée avec un PC, période 2 : la compression est réalisée avec un PM. Chaque patient est son propre témoin. La durée de chaque période est de 15 j. Méthode statistique : Test-t apparié.

Résultats

L’étude a inclus 12 patients (n=6 [A], n=6 [B]). Dans l’unité A, il y a eu 136 points de compression, (66 CM et 70 PM). Dans l’unité B il y’a eu 116 points de compression (66 PC et 50 PM). Il y a une diminution significative (p<0,001) du temps de compression dans les deux unités en faveurs du groupe PM (l’unité A : 11,6min pour le CM contre 3,5min pour le PM. Dans l’unité B : 8,7min pour PC contre 5min pour PM). Les re-saignements après compression sont de 33 % des compressions pour le PC, 5 % pour PM et 15 % pour CM. La sur consommation de PC est 118 %,et 147 % pour les CM. Il n’y a pas eu de surconsommation de PM. L’évaluation de la satisfaction des patients, des soignants est significativement supérieure du pansement PM par rapport aux PC et CM.

Discussion

Ce nouveau dispositif de compression (PM) permet un gain de temps de 7min par séances de dialyse soit 18heures/an/patient. Ceci a un impact sur la qualité de vie des patients. Il permet de diminuer le risque de re-saignement. Nous présenterons le modèle médico-économique qui confirme l’intérêt de ce dispositif.

Conclusion

Ce nouveau dispositif PM est une méthode innovante d’hémostase des fistules artérioveineuses qui réduit significativement le temps de saignement, et les re-saignement.

Introduction

La réalisation de séances d’hémodialyse périodique sur cathéters veineux centraux (KTC) implique des risques infectieux et thrombotique. Pour les minimiser, un protocole de verrouillage a été instauré : Taurolock® héparine (TH) à j1 et j3 et Taurolock® urokinase (TU) à j5. Mais des problèmes de perméabilité subsistent, nécessitant des désobstructions du KTC par urokinase (U). Le but de ce travail est d’évaluer l’apport d’un protocole THU j1–j3–j5.

Matériels et méthodes

Pour évaluer l’impact du nouveau protocole, les consommations d’U et de TU en 2015 et 2016 ont été extraites du logiciel Copilote™, et rapportées au nombre de séances réalisées sur KTC. Un recueil de données rétrospectif sur l’année 2016 a été réalisé grâce au logiciel Medware™ et aux dossiers des patients ayant subi au moins 20 séances sur KTC, et dont le KTC a présenté des problèmes de perméabilité (au moins une désobstruction par U nécessaire). La qualité de la dialyse, objectivée par la dose dialysat (Kt/V), le pourcentage de recirculation (%R) et le débit (D), a été comparée avant et après instauration du THU.

Résultats

En 2015, la consommation d’U était de 0,22 versus 0,09/KTC en 2016, soit une diminution de 59 %, et de 0,45 versus 0,44/KT pour le TU, soit une diminution de 2 %. Parmi les 13 patients répondant aux critères d’inclusion, seuls six, dont le KTC nécessitait des désobstructions fréquentes, ont bénéficié du protocole THU. Pour ces patients (n=6), la consommation moyenne d’U par séance était de 0,316 avant THU et de 0 après THU, alors qu’elle était de 0,058 chez les patients non THU (n=7). Concernant la qualité de la séance de dialyse, seul le %R a été diminué significativement pour 2 patients.

Discussion

L’absence d’amélioration significative des paramètres de qualité de la dialyse peut être liée aux biais d’un travail rétrospectif (hétérogénéité des pratiques de soins, données Medware™ incomplètes, etc.). Une étude prospective encadrée serait nécessaire pour trancher.

Conclusion

L’instauration du protocole THU a permis de réduire la consommation d’U, sans améliorer de façon significative les paramètres de la séance pour les patients de notre étude.

Introduction

Les données concernant l’adéquation de la dialyse concernent essentiellement le cadre ambulatoire des patients dialysés chroniques stables. Lors d’une hospitalisation, la dialyse pourrait être moins « adéquate » en raison des contraintes diverses inhérentes au cadre hospitalier. Cette étude a évalué l’adéquation de la dialyse dans une cohorte prospective pilote de patients hémodialysés chroniques hospitalisés.

Patients et méthodes

Les paramètres des sessions d’hémodialyse et des données cliniques et biologiques ont été recueillis lors de 146 sessions, chez 17 patients hémodialysés chroniques hospitalisés à 22 reprises au CHU de Lausanne (CHUV), de novembre 2015 à avril 2016. Ces données ont été comparées aux cibles reconnues d’adéquation de la dialyse et aux données ambulatoires des mêmes patients jusqu’à 2 mois avant hospitalisation (n=255 sessions). Les patients hospitalisés pour un problème d’accès vasculaire ont été exclus.

Résultats

Les valeurs moyennes des formules d’adéquation de la dialyse atteignent les standards requis pour le taux de réduction de l’urée (75,5 %±5,5 DS), le spKt/V (1,65±0,26) et le eKt/v (1,49±0,23). Par contre, les taux moyens d’hémoglobine (Hb) (98g/L±19) et d’albumine (33,4g/L±3,3) sont inférieurs aux cibles recommandées. Au total, 41 % des patients ont un temps de dialyse<240min (moyenne : 227min±18), 23 % ont une ultrafiltration horaire moyenne par kilogramme>10mL/kg/h (moy. : 8mL/kg/h±2,9) et le taux de catabolisme protéique normalisé (nPCR) est <1,2g/kg/j chez 86 % (moy. : 0,86g/kg/j±0,26). En comparant les résultats hospitaliers à ceux ambulatoires, des différences sont observées pour les moyennes : du nPCR (Δ −0,13g/kg/j, p=0,02), de l’Hb pré-dialyse (Δ −16,5g/L, p=0,01), du taux de prescription de dialyse non atteint (Δ −8 %, p=0,04), de prise de poids interdialytique de >4kg (Δ −8,4 %, p=0,01), de coagulation du circuit (Δ +4,5 %, p=0,01).

Discussion

Dans cet échantillon pilote de patients hospitalisés, l’adéquation de la dialyse est en moyenne satisfaisante, si l’on se réfère aux cibles d’adéquation existantes pour l’ambulatoire. Toutefois, il existe une marge d’amélioration pour certains paramètres : temps de dialyse, ultrafiltration horaire, Hb, nPCR.

Conclusion

Chez les patients hémodialysés chroniques, il est possible d’obtenir des résultats d’adéquation satisfaisants lors d’une hospitalisation.

Introduction

L’hospitalisation a un impact majeur sur la morbi-mortalité des hémodialysés chroniques (HDC) avec augmentation de leur coût de soin. L’objectif de notre travail est d’étudier les indications et le déroulement des hospitalisations ainsi que les facteurs liés à la mortalité intra-hospitalière des HDC.

Patients et méthodes

Étude rétrospective incluant tous les HDC admis au CHU du 14/05/2015 au 30/03/2017. Les paramètres ont été étudiés à partir du registre de garde du service de néphrologie.

Résultats

Au total, 128 HDC ont été admis aux différents services et ayant bénéficié d’un total de 250 séances d’HD. L’âge moyen est de 50,1 ans (13–81) et sex-ratio de 58 H/70 F. La moyenne ancienneté en HD était 5,34 ans (2 semaines–20 ans). Au total, 94 patients avaient une fistule artério-veineuse fonctionnelle, 15 patients avaient un cathéter tunnélisé fonctionnel et 10 patients étaient sans abord vasculaire fonctionnel. L’hospitalisation était urgente chez 84,37 % des HDC avec 21,87 % admis en OAP, et programmée chez 15,63 %. Au total, 31 patients (24,22 %) ont été transfusés (total : 76CG). Au total, 59 malades étaient admis dans un service de réanimation, 18 cas en cardiologie, 8 cas en traumatologie, 26 cas dans un service de chirurgie, 17 cas dans des services de médecine. Les indications d’hospitalisations : 29,68 % des malades pour chirurgie, 21,09 % pour infection, 12,5 % pour un syndrome hémorragique, 14,06 % pour complications cardiaques, 22,67 % pour causes divers. Les complications durant l’hospitalisation sont dominées par la survenue d’un état de choc, d’infections et d’hémorragies. La mortalité est de 10,93 % avec 8 cas de choc septique, 2 cas d’hémorragie cérébrale, 2 cas de choc hémorragique et 2 cas de choc cardiogénique. Les facteurs de mortalité : le sexe féminin, le sepsis et les troubles de conscience.

Discussion

Du fait de leur statut d’hémodialysés chroniques, nos patients sont sujets à plusieurs complications infectieuses, hémorragiques, neurologiques, vasculaires conduisant à leur hospitalisation. Leur pronostic vital est surtout conditionné par la survenue d’une atteinte neurologique ou d’un choc septique.

Conclusion

l’impact les hémodialysés chroniques, d’où la nécessité d’une prise en charge adéquat d’abord préventive et thérapeutique, pour améliorer la mortalité intra-hospitalière.

Introduction

L’activité physique (AP) est peu développée chez les patients dialysés malgré ses bienfaits supposés sur l’état de santé [1]. La connaissance des pratiques et de la perception de l’AP des patients dialysés pourrait aider les soignants à mettre en place des programmes d’AP.

Patients et méthodes

Entre mai et décembre 2016, nous avons réalisé une enquête auprès des patients dialysés d’IdF par l’intermédiaire d’un questionnaire autoadministré. Au total, 642 patients ont répondu. L’âge moyen était de 62,5 ans, le sex-ratio H/F de 1,7, 92,2 % des patients étaient en hémodialyse et 7,8 % en dialyse péritonéale. Le questionnaire comprenait 54 questions évaluant le niveau d’AP par le score de Dijon [2] (score d’activité sportive de loisir [ASL] et score d’activité quotidienne), les modalités de l’AP, les freins à la pratique de l’AP et les propositions des patients pour développer l’AP. Les facteurs associés à la pratique de l’AP ont été analysés par régression logistique.

Résultats

Trois cents patients, soit 46,7 %, déclaraient pratiquer une AP. Les principales motivations étaient l’amélioration de leur santé et le plaisir de pratiquer (45,7 % et 39,5 % respectivement). Au total, 59,6 % réalisaient au moins 1 séance d’AP/semaine, la séance durait plus de 30minutes pour 53,3 % d’entre eux. Par la pratique d’une AP, 71,1 % des patients déclaraient ressentir une amélioration de leur humeur et 79,6 % une amélioration de leur forme physique. Concernant l’ensemble des répondants, 67,7 % considéraient l’AP comme bénéfique pour la santé. Les principaux freins étaient la fatigue (53,9 %), l’essoufflement (34,6 %) et la faiblesse musculaire (30,9 %). Concernant les propositions d’amélioration, 47,7 % des patients souhaitaient être conseillés par leur néphrologue, 65,7 % recommandaient de pratiquer une AP les jours sans dialyse. Les facteurs associés à la pratique de l’AP étaient : le sexe masculin (p=0,04), la pratique d’une AP antérieurement à la dialyse (p<0,001), un score élevé d’ASL (p<0,001).

Discussion

Notre faible effectif par rapport à l’ensemble des patients dialysés d’IdF pourrait limiter l’interprétation des résultats. Cependant deux tiers des patients considèrent la pratique d’une AP comme bénéfique pour la santé et souhaitent des conseils de leur néphrologue.

Conclusion

Les néphrologues devraient promouvoir l’AP auprès de leurs patients qui y sont majoritairement favorables, et proposer des programmes d’AP adaptés à chacun.

Introduction

Les syndromes myélodysplasiques (SMD) sont des hémopathies malignes rares du sujet âgé. Leur évolution est mal caractérisée chez les patients dialysés. Le but de cette étude est de décrire la prise en charge et l’évolution du SMD chez le patient en hémodialyse.

Patients et méthodes

Cohorte rétrospective multicentrique, incluant 10 patients hémodialysés dans 5 centres de dialyse en France, ayant un SMD. Les données cliniques et biologiques incluant le myélogramme, les posologies d’EPO et les transfusions, ont été récoltées au diagnostic, puis durant les 3 premières années post-dialyse.

Résultats

Dix patients ont été inclus (H=8, F=2) avec un âge moyen de 73,5±14 ans et un âge au diagnostic de 69,6±16 ans, 6 avaient différents types d’anémie réfractaire, 2 des cytopénies réfractaires et 2 des dysmyélopoïèses avec monocytose. Le caryotype était favorable dans 7 cas. Au diagnostic, les taux d’hémoglobine, de neutrophiles et de plaquettes étaient respectivement de 9,1±1,3g/dL, 2,9±1,7G/L et 133,500±82,813G/L. Les posologies d’EPO étaient de 180 [0–261,2]UI/kg/semaine. Après un suivi moyen de 32,8 mois, les doses d’EPO ont été majorées par rapport à celles mises à l’instauration de la dialyse (325 [193–403] vs 234 [100–400]UI/kg/semaine), afin de maintenir une hémoglobinémie à 10,3±1,6g/dL, p=0,39. L’index de résistance à l’EPO a augmenté de manière similaire (32,0 [16–45] vs 25,3 [10,2–43]), p=0,44. Trois patients étaient dépendants des transfusions (1 à 8 culots par mois). La survie est de 90 %, 1 patient a présenté une acutisation et 2 ont été traités par des facteurs de croissance.

Discussion

Les posologies d’EPO sont élevées par rapport à celles utilisées en dialyse mais inférieures à celles recommandées dans le SMD. Elles semblent plus importantes en fin de suivi, mais ces résultats doivent être confirmés. Il serait aussi intéressant de comparer ces posologies avec celles utilisées chez les autres patients dialysés.

Conclusion

C’est la première cohorte descriptive de SMD chez le patient dialysé. La survie des patients est bonne, mais un tiers sont dépendants des transfusions. Les posologies d’EPO semblent être plus importantes au dernier suivi, une étude à plus grande échelle est nécessaire. Une optimisation de la prise en charge en collaboration avec un hématologue pourrait être bénéfique.

Introduction

L’insuffisance rénale terminale affecte la fonction sexuelle, principalement causée par des anomalies endocriniennes, de la dépression et de l’anémie. La dysfonction sexuelle (SD) est bien étudiée chez les hommes principalement en ce qui concerne la dysfonction érectile. La fonction sexuelle chez les femmes en hémodialyse périodique est sous étudiée. Notre objectif est de déterminer la prévalence de SD chez ces femmes.

Matériels et méthodes

Nous avons inclus des patientes hémodialysées dans deux unités d’hémodialyse en Tunisie. Les critères d’inclusion étaient l’âge de 18 à 65 ans, une durée en hémodialyse au moins six mois et étaient sexuellement actifs. Les femmes utilisant des médicaments antidépresseurs ont été exclues. Nous avons utilisé l’indice de la fonction sexuelle féminine (FSFI). Les patientes présentaient un SD si le score FSFI total était inférieur à 26.

Résultats

Sur un total de 52 femmes, 48 (92,31 %) ont présenté un SD. Les participantes étaient principalement de classes économiques. L’âge moyen était de 54,84±10,32 ans. Les femmes étaient en HD pour une médiane de 61,96 mois±51,74. La néphropathie diabétique (46,8 %) et la néphroangiosclérose (32,7 %) ont été les principales causes de l’insuffisance rénale. En ce qui concerne les mesures de laboratoire, les valeurs moyennes étaient : 8,3±1,8g/dL pour l’hémoglobine, 36±0,3g/dL pour l’albumine, 47,8±13,6 pour le produit phosphocalcique et 66,9 %±1,9 pour le pourcentage de réduction de l’urée. La médiane des scores FSFI était de 12,57 (intervalle 2–31,2). Les raisons les plus souvent décrites pour l’inactivité sexuelle étaient le manque d’intérêt pour le sexe (64,2 %) mais rarement la difficulté sexuelle (2,1 %). Seulement 6,2 % des femmes ont manifesté un intérêt à connaître les causes et le traitement de la dysfonction sexuelle.

Discussion

Les approches possibles du SD féminine sont l’hormonothérapie, la correction de l’anémie, la dialyse adéquate et le dépistage de la dépression. La transplantation rénale doit être encouragée car il existe des résultats d’amélioration du SD après la transplantation.

Conclusion

La prévalence de SD chez les femmes sur HD est très élevée, atteignant près de 80 %. Les femmes en HD avec SD ont eu une mauvaise QoL. Par conséquent, les approches visant à améliorer le SD chez les femmes en HD doivent être prises en considération.

Introduction

L’anxiété et la dépression affectent la qualité de vie des hémodialysés chroniques et entravent leur capacité d’acceptation et d’adaptation à ce soin médical continu. L′objectif de notre étude était de déterminer la prévalence et la gravité de l’anxiété et de la dépression chez les hémodialysés.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale portant sur 135 malades en hémodialyse périodique dans deux centres d’hémodialyse du grand Tunis. Nous avons inclus les dialysés âgés de plus de 18 ans et ayant une durée minimale en hémodialyse de 6 mois. Nous avons exclu les malades ayant une pathologie psychiatrique. L’échelle de l’anxiété et de la dépression (HAD) a été utilisée pour diagnostiquer et évaluer la gravité de l’anxiété et la dépression dans cette population.

Résultats

L’âge moyen était de 54,21±12,06 ans (22 à 83 ans). Quatre-vingt-trois malades (61,48 %) étaient des hommes et 52 (38,52 %) étaient des femmes. Au total, 79,2 % des malades étaient mariés. Au total, 55,5 % des patients étaient sans emploi. Le niveau socio-économique était jugé mauvais dans 75,5 % des cas. L’hypertension artérielle était la comorbidité somatique la plus fréquente (45,4 %). Un refus de l’EER était signalé dans 17 % des cas. Pour l’échelle HAD, la moyenne d’anxiété (A) était de 11, La moyenne de dépression (D) était de 11,5 avec. Au total, 53,33 % des malades avaient une anxiété et 52,59 % avaient une dépression.

Discussion

Nos résultats confirment la forte prévalence d’anxiété et de dépression chez les malades hémodialysés chroniques. L’apparition de ces troubles reflète l’absence d’acceptation et d’adaptation à la maladie. La pathogénie de l’impact psychologique de la dialyse est multifactorielle. Elle serait liée à la néphropathie causale, aux circonstances de démarrage de cette technique, aux incidents en perdialytique et aux conditions propres des malades.

Conclusion

L’angoisse et la dépression sont fréquentes chez les patients en hémodialyse périodique. La prise en charge de l’hémodialyse chronique devrait être multidisciplinaire en intégrant au quotidien l’éducation thérapeutique du malade.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë et chronique est fréquente chez le sujet âgé, leurs incidences ont augmenté au cours des dernières décennies [1,2]. L’initiation en urgence de l’hémodialyse est une situation délicate, le néphrologue est amené à gérer l’abord vasculaire, la pathologie sous-jacente, les comorbidités associées et le déroulement de la séance. Notre but est de déterminer le profil à l’admission, les facteurs pronostiques de mortalité et de non-récupération de la fonction rénale du sujet âgé en hémodialyse urgente.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée au niveau du service de néphrologie–dialyse, étalée de juillet 2015 à janvier 2017. Le patient âgé était défini, selon l’organisation mondiale de la santé, par le patient dont âge civil était supérieur à 65 ans. Ont été inclus tous les patients âgés ayant présenté une insuffisance rénale aiguë ou chronique dialysée ou non et nécessitant la réalisation en urgence d’une ou plusieurs séances d’hémodialyse. Ont été exclus les patients en dialyse péritonéale et les greffés.

Résultats

Au total, 129 patients âgés ont été colligés. La moyenne d’âge était de 74±6,5 ans. Les antécédents d’hypertension artérielle, de diabète et de cardiopathie étaient observés respectivement dans 65,1 %, 52,7 % et 30,2 %. Au total, 15,5 % étaient des hémodialysés chroniques, 13,2 % avaient une insuffisance rénale aiguë et 71,3 % avaient une insuffisance rénale chronique. L’abord vasculaire utilisé était un cathéter courte durée dans 68,2 % des cas et un cathéter longue durée dans 17,8 %. La mortalité intra-hospitalière était notée dans 17 % des cas. L’évolution vers le stade chronique terminal avec recours à la dialyse chronique était observée chez 68 parmi 109 soit 63 %. L’âge avancé, le syndrome urémique digestif, l’hypotension perdialytique et l’infection sévère ont été identifiés comme des facteurs de risque indépendants.

Discussion

Malgré une prescription prudente des paramètres lors des premières séances d’hémodialyse chez les sujets âgés, les incidents perdialytiques et la mortalité demeurent élevés.

Conclusion

La dialyse urgente du sujet âgé reste greffée d’une lourde morbi-mortalité et les complications hémodynamiques et infectieuses en sont les principales causes.

Introduction

La rhéophérèse est un traitement alternatif des ischémies critiques d’origine microvasculaire. Le principe consiste, en l’épuration par double filtration des molécules impliquées dans la viscosité plasmatique, afin d’améliorer la microcirculation (FAHREUS-LINDQUIST effect) et l’oxygénation des tissus. Nous l’avons testé comme traitement adjuvant de la calciphylaxie dans l’objectif de limiter l’ischémie secondaire aux phénomènes thrombotiques et inflammatoires associés aux dépôts phosphocalciques vasculaires.

Observation

Une patiente de 71 ans, hémodialysée, diabétique, présentait un choc septique secondaire aux lésions de nécrose cutanée et sous-cutanée étendues des cuisses et de l’abdomen. Le diagnostic de calciphylaxie est histologiquement prouvé. L’évolution locale est défavorable malgré l’optimisation des paramètres de dialyse, la normalisation des paramètres phosphocalcique, un traitement par thiosulfate de sodium (25g×3/semaine), de la vitamine K et des soins locaux pluri-hebdomadaires. La claustrophobie de la patiente ne permet pas l’oxygénothérapie hyperbarique. Nous décidons de débuter des séances de rhéophérèse, (Rhéofilter ASHAI, module Plasauto), de manière combinée au déroulement des séances d’hémodialyse. Deux semaines après l’initiation du traitement, on notait une diminution de l’aspect nécrotique des lésions ainsi que des besoins en antalgiques. Le suivi photographique régulier lors des soins de pansements illustre l’évolution cutanée satisfaisante avec bourgeonnent puis cicatrisation qui sera complète en 16 semaines. Au total, 24 séances ont été réalisées en 10 semaines avec une excellente tolérance clinique. Le volume plasmatique traité était en moyenne de 5 litres par séance et permettait une baisse de 81,1±10,7 % des α2-macroglobulines, 74,2±10,1 % du fibrinogène et 70,5±13,5 % du cholestérol. La perte d’albumine était substituée par 500mL de sérum albumine dilué après chaque traitement.

Conclusion

La rhéophérèse semble un traitement adjuvant intéressant pour favoriser la cicatrisation des lésions de nécrose cutanée et diminuer le risque infectieux qui est la principale cause de décès en cas de calciphylaxie.

Introduction

La dépression est une des problématiques auxquelles fait face le système de santé, celle-ci est très liée à la santé physique essentiellement chez les hémodialysés chroniques chez qui il a été démontré que la dépression, estimée à 20–67 %, est associée à une mortalité plus accrue. Une des causes de cette dépression est liée à la mauvaise insertion des patients dans la société. Le but de cette étude est de déterminer l’idée générale de la jeune population marocaine envers les patients hémodialysés et leurs ressentis afin de pouvoir établir des plans d’action pour une meilleure insertion.

Matériels et méthodes

Un questionnaire a été établi après concertation avec un psychiatre et distribué à la population jeune marocaine active ayant moins de 50 ans de façon aléatoire. L’analyse a été réalisée par le logiciel SPSS v 20.

Résultats

Un total de 100 questionnaires a été collecté. La moyenne d’âge de l’échantillon était 34±10 ans, à prédominance masculine (52 %), marié dans 68 % des cas, 97 % avaient pour religion l’islam et avaient atteint les études supérieures dans 90 % des cas. Au total, 16 % avaient un patient hémodialysé dans l’entourage. Le sentiment prédominant était la compassion et la peur surtout de maladie transmissible dans 61 % et 26 % des cas. Au total, 39 % et 57 % pensent respectivement qu’ils ne peuvent pas mener une vie privée normale vue la charge lourde de cette pathologie et qu’ils devraient arrêter le travail ou être reclassés et seul 52 % étaient d’accord pour le don d’organe.

Discussion

Peu d’études se sont intéressées à étudier le comportement de la société vis-à-vis des patients hémodialysés, une avait pu démontrer la mortalité 3 fois plus élevées chez ces patients en cas d’absence de support familial et une autre la corrélation inverse entre le support social et la dépression cognitive de la maladie. Notre étude relève le point sur la perception négative de la société marocaine jeune et active pour les patients hémodialysés.

Conclusion

D’après les données de l’étude, une sensibilisation auprès des jeunes marocains, une intervention auprès des syndicats de travail, des entreprises serait de mise pour promouvoir l’insertion des hémodialysés dans la société. Des études à larges échelles pourraient être intéressantes pour chercher les failles du système.

Introduction

La morbi-mortalité cardiovasculaire chez les hémodialysés chroniques (HD) est généralement en rapport avec les altérations métaboliques. En effet, les anomalies lipidiques à la fois qualitatives et quantitatives sont fortement athérogènes et constituent un des facteurs de risque cardiovasculaire. Le but de ce travail est d’étudier les marqueurs de la peroxydation lipidique par dosage de la malonedialdéhyde (MDA) et des diènes conjugués (DC) au niveau plasmatique et érythrocytaire ainsi que les indices d’athérogénicité chez les patients HD.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude cas–témoin comportant 110 sujets : 70 patients hémodialysés et 40 sujets sains volontaires constituant le groupe témoin. Une étude clinique et biochimique, ainsi que des dosages spectrophotométrique pour évaluer le taux de MDA et de DC ont été effectué.

Résultats

Il s’agissait de 70 patients hémodialysés (52,1±13 ans) avec une durée moyenne en hémodialyse de 50±26,5 mois. Nos résultats montraient que le risque athérogène était statistiquement significative chez les malades par rapport aux témoins. Pour les rapports CT/HDL et TG/HDL-C, on a noté une différence significative entre les témoins et les HD (3,69±1,06 vs 4,58±2,7, p<0,001 ; 0,92±0,64 vs 2,4±1,79, p<0,001). Les taux de MDA plasmatique ainsi qu’érythrocytaire étaient augmentés de façon significative dans le groupe HD comparativement au groupe témoin (1,08±0,51 vs 0,64±0,18 ; 38,22±8,1 vs 14,78±2,7 ; p<0,01). De même, les DC érythrocytaire étaient augmentés de façon très significative chez les HD par rapport aux témoins (215,01±78,1 vs 150,31±20,1 ; p<0,01). Il existait donc une corrélation significative entre les DC plasmatiques, érythrocytaire et les indices d’athérogénicité.

Discussion

Les anomalies lipidiques les plus caractéristiques chez les urémiques chroniques sont l’hypertriglycéridémie ; la baisse du cholestérol des lipoprotéines de haute densité(C-HDL) et l’augmentation de manière significative des marqueurs de la peroxydation lipidique.

Conclusion

L’amélioration des anomalies lipidiques doit être stricte chez les HD afin d’instaurer une stratégie de prévention des risques cardiovasculaires.

Introduction

Le dépistage et la correction d’une carence martiale est indispensable pour le traitement de l’anémie chez les patients hémodialysés chroniques. Actuellement, les marqueurs biologiques utilisés (coefficient de saturation de la transferrine (CST) et ferritine) ne sont pas suffisamment fiables pour dépister ces carences notamment en cas d’inflammation ou de dénutrition. L’objectif de cette étude était d’évaluer la capacité du fer sérique à prédire la réponse de l’hémoglobine à une supplémentation martiale intraveineuse chez les patients hémodialysés.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective chez 92 patients hémodialysés durant l’année 2016 pour lesquels une supplémentation martiale intraveineuse avait été débutée. Un patient répondeur a été défini par une augmentation de l’hémoglobine supérieure ou égale à 1g/dL/mois et/ou une baisse de la dose d’agent stimulant l’érythropoïèse (ASE) après deux mois de supplémentation martiale.

Résultats

Chez les patients répondeurs le fer sérique était significativement plus bas (6,737±2,718μmol/L) par rapport au patients non répondeur (8,959±2,965μmol/L, p<0,001). La réponse positive à la supplémentation martiale était significativement associée à un fer sérique bas (odds ratio : 0,633 [0,470–0,853], p=0,003) dans un modèle de régression logistique prenant en compte la ferritine, le coefficient de saturation de la transferrine (CST), la variation de la dose mensuelle de fer et d’ASE. L’aire sous la courbe ROC du fer sérique, de la ferritine et du CST pour prédire la réponse à une supplémentation martiale étaient respectivement de 0,719, 0,507 et 0,638 (fer sérique vs ferritine, p=0,006 et fer sérique vs CST, p=0,038). La valeur prédictive positive était de 45,2 % pour une ferritine<86ng/mL, 47,4 % pour un CST<19 % et 60,5 % pour un fer sérique<7,5ng/mL.

Discussion

Le fer sérique représente le fer biodisponible accessible à l’érythroblaste médullaire pour la synthèse de son hémoglobine. Il apparaît donc logique qu’il permette de prédire au mieux et de façon simple et peu coûteuse la réponse à une supplémentation martiale.

Conclusion

Un fer sérique<7,5ng/mL permet de prédire le succès de la réponse à une supplémentation martiale chez les patients hémodialysés chroniques.

Introduction

Les agents stimulants l’érythropoïèse ont transformé la prise en charge de l’anémie de l’insuffisance rénale chronique. Des biosimilaires de l’époétine alpha sont disponibles en France. Nous avons étudié l’effet du remplacement dose pour dose de l’époétine bêta (EPO bêta) princeps par un biosimilaire de l’époétine alpha (EPO alpha) chez des patients hémodialysés chroniques.Patients et méthodes Trente patients hémodialysés chroniques (16 hommes et 14 femmes, âge moyen de 71±13 ans) traités par EPO bêta intraveineux (IV) ont été inclus. À M0, l’EPO bêta a été remplacée par le biosimilaire de l’EPO alpha IV. Tous les patients respectaient les conditions suivantes : taux d’hémoglobine (Hb) dans les cibles (10–12g/dL) à M0, posologie hebdomadaire identique lors du changement d’EPO, aucun évènement intercurrent et aucune transfusion. Au total, 28 patients recevaient du Fer IV (OH-ferrique saccharose) en dialyse. La posologie du fer a été inchangée pendant la toute la durée de l’étude (4 mois). Les paramètres recueillis ont été les suivants : dose hebdomadaire d’EPO, taux d’Hb et bilan martial. Les moyennes de ces paramètres à M0, M2 et M4 ont été comparées par le test-t sur données appariées.

Résultats

La dose hebdomadaire moyenne d’EPO bêta à M0 était de 86±38UI/kg et le taux d’Hb moyen était de 11,0±0,8g/dL. À M2 et M4, la dose hebdomadaire du biosimilaire était de 88±44UI/kg et 84±33UI/kg respectivement et le taux d’Hb de 10,8±0,9g/dL et de 11,2±0,9g/dL respectivement. La dose mensuelle moyenne de Fer IV était de 192mg. À M0 la ferritinémie moyenne était de 340±228ng/mL et à M4 de 333±209ng/mL. Le coefficient de saturation de la sidérophiline était de 27 % à M0 et de 32 % à M4. Aucune différence significative sur ces paramètres, aux différents temps étudiés, n’a été retrouvée. Aucun effet indésirable avec le biosimilaire de l’EPO alpha n’a été recensé.

Discussion

L’efficacité des biosimilaires de l’EPO alpha en hémodialyse est mal connue.

Conclusion

Dans notre étude monocentrique comportant 30 patients, nous observons une efficacité similaire entre l’EPO bêta princeps et un biosimilaire de l’EPO alpha sur une période de 4 mois.

Introduction

L’atteinte rénale avec parfois le recours à l’hémodialyse est fréquente au cours du myélome et en grève le pronostique.

Patients et méthodes

Profil des patients qui ont un myélome multiple nouvellement diagnostiqué avec au moins une séance de dialyse et leurs pronostiques depuis l’utilisation du Bortézomib. Étude rétrospective monocentrique sur une période 1995–2015.

Résultats

Il s’agit de 13 hommes et 15 femmes, d’âge moyen de 63,7 ans (34–88 ans). Tous les patients sont classés ISS3 dont 89 % avaient une hémoglobine<10g/dL et 43 % une hypercalcémie. La protéinurie de Bences Jones médiane est de 4,5g/24h avec une médiane de chaînes libres dans le sang à 6050mg/L. Au total, 89 % des patients avaient un traitement incluant du Bortézomib. Tous les patients ont été hémodialysés au diagnostic, dont 7 patients avec des membranes de dialyse de très haute perméabilité (HCO). Au total, 28 % des patients ont été sevrés d’hémodialyse dans un délai moyen de 20jours. Au total, 44 % des patients avaient au moins une réponse hématologique précoce. Au total, 57 % de décès avec une médiane de survie globale de 14 mois. Les patients sevrés d’hémodialyse semblaient avoir une meilleure survie avec une médiane de 18,3 mois.

Discussion

Le sevrage précoce d’hémodialyse chez les patients porteurs de myélome est habituellement de meilleur pronostique. Des études impliquant l’utilisation précoce des membranes de très haute perméabilité ont permis un meilleur sevrage de dialyse.

Conclusion

Le pronostique des patients porteurs d’un myélome multiple hémodialysés au diagnostic reste sévère malgré un traitement hématologique efficace et un sevrage de dialyse.

Introduction

L’apparition d’une démence est un événement fréquent et parfois précoce chez le patient hémodialysé chronique. En Afrique, la prévalence des troubles cognitifs dans cette population est mal connue. C’est ainsi que ce travail a été réalisé avec comme objectifs de mesurer la prévalence de ces troubles, et d’identifier les facteurs associés.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale, descriptive et analytique durant la période allant du 15 février au 15 mars 2017. Tous les patients de plus de 18 ans hémodialysés depuis plus de 3 mois ont été inclus. Nous avons utilisé 2 tests cognitifs : le Mini-Mental State Examination (MMSE) et le test du Sénégal.

Résultats

Soixante patients hémodialysés chroniques ont été évalués. L’âge moyen était de 50,98±13,42 ans avec un sex-ratio de 1,22. La première néphropathie causale était la néphroangiosclérose retrouvée dans 50 % des cas. L’ancienneté moyenne en dialyse était de 79,85±41,4 mois. Le taux d’hémoglobine moyen était de 9,47±2,55g/dL. La prévalence du déclin cognitif selon le MMSE et le test du Sénégal était respectivement de 11,7 % et de 5 %. Le score MMSE moyen était de 26,57±2,39. Quant au test du Sénégal, le score moyen était de 33,27±3,12. En analyse bivariée, il y avait un lien statistiquement significatif entre le genre féminin, une pression artérielle diastolique basse, et la survenue de troubles cognitifs selon les résultats du MMSE. En ce qui concerne le test du Sénégal, bien que l’effectif des patients atteints de troubles cognitifs soit faible (3/60), une corrélation statistiquement significative entre l’apparition d’un déclin cognitif et l’âge avancé des patients, un antécédent d’AVC ainsi qu’une pression artérielle diastolique basse ont été retrouvés.

Discussion

La prévalence du déclin cognitif dans notre population était plus faible selon le test du Sénégal. Cette divergence obtenue dans notre série entre les résultats des 2 tests cognitifs pourrait s’expliquer par le fait que le test du Sénégal soit plus adapté à la population locale.

Conclusion

Au vu de ces résultats il est donc indispensable de dépister un déclin cognitif chez le patient hémodialysé le plus tôt possible afin de planifier une stratégie de prise en charge adaptée.

Introduction

L’hypnose connaît de nos jours un très fort engouement dans le champ de la médecine, et plus particulièrement dans le domaine de l’algologie. Le patient dialysé est exposé à de nombreuse situation anxiogène et algique (mise en dialyse, ponction de la FAV…). Nous avons intégré à notre parcours de soins une prise en charge de l’anxiété et la douleur par de l’hypnose. L’objectif de cette étude est d’évalué l’effet de l’hypnose conversationnelle (HC) sur l’anxiété et la douleur à la ponction de la fistule artério-veineuse chez les patients hémodialysés.

Patients et méthodes

Au total, 3 IDE, 2 AS et 1 médecin sont formés à l’hypnose en 2014. Un programme de développement de l’HC lors de la réalisation des soins est mis en place en 2015 à l’aide de deux films réalisés à calydial sur le choix des mots (un film sur « les mots qui font peur, les mots qui font mal », le second sur « le choix des mots »). Nous avons étudié l’effet de l’HC sur la douleur à la ponction de la FAV et l’anxiété. L’évaluation de la douleur et de l’anxiété est réalisée par échelles numériques. Nous avons comparé nos résultats à une évaluation réalisés en 2008 par les mêmes échelles (date à laquelle l’HC n’était pas pratiquée). Trente patients ont participé à l’étude en octobre 2015. L’angoisse est évaluée avant la ponction, et la douleur après.

Résultats

Depuis la formation et la diffusion de l’HC en 2015, diminution significative de l’anxiété et de la douleur des patients à la ponction. En 2015, 69 % des patients ayant eu une ponction avec HC n’ont aucune angoisse, contre 36,8 % pour la prise en charge traditionnelle. Au total, 55 % des bénéficiant d’une ponction avec HC côte leur douleur à 0, contre 35,5 % pour la prise en charge traditionnelle.

Discussion

Cette étude montre une baisse de la douleur à la ponction ainsi que de l’anxiété en début de dialyse. Il s’agit de la première étude évaluant l’HC dans la prise en charge de la douleur et l’anxiété avant la ponction de la fistule.

Conclusion

Ce travail confirme l’intérêt de l’hypnose conversationnelle pour les patients hémodialysés. C’est « l’hypnose pour tous ». Elle permet d’améliorer la qualité de prise en charge du patient et le confort du personnel soignant.

Groupe(s) de travail

Groupe hypnose calydial.

Introduction

Les lésions des pieds constituent une complication du diabète fréquente, grave et coûteuse (prévalence de 12 à 15 %). Les patients en HD ont une plus haute prévalence des facteurs de risque de développer des plaies du pied (P), risque majoré en présence de DB. Le retard au diagnostic constitue un facteur d’évolution péjorative et de complications.

Patients et méthodes

Notre service a mis en place en 2016 une fiche de surveillance des pieds pendant les séances d’HD. Nous avons évalué 76 patients (28 F, 48 H ; âge moyen : 78,8±13 ans ; durée médiane en dialyse 6,7±5,9 années). Une surveillance des pieds a été réalisée une fois/mois par IDE, en HD, et un test au monofilament (MF) une fois par an. Nous avons répertorié : nombre de plaies apparues, présence et ancienneté du DB, ancienneté de dialyse, HBA1c, présence d’une artériopathie des MI (V) documentée par doppler, test au MF+/−.

Résultats

Parmi les 76 patients, 35 sont DB (46 %) et 49 ont une V+ (64 %). Nous avons observé 23 plaies (30 %), dont 14 parmi les patients DB (40 %) (Tableau 1). Le test MF+ est associé à la présence d’une plaie (p<0,001) et au DB (p<0,001). Il existe une corrélation entre le % d’HbA1c et la présence d’une plaie (p<0,001). Il n’y a pas de corrélation significative entre l’artériopathie des MI (V+) et le test MF+ (p=0,45) lorsqu’il n’y a pas de plaie. L’ancienneté en HD ou du DB n’est pas associée à la présence d’une plaie.

Discussion

La prévalence des plaies est nettement plus élevée en HD que dans la population générale (30 %). Les patients DB, d’autant plus s’ils sont mal équilibrés et/ou avec un test MF+, sont plus à risque de plaie. Le test au MF est un outil fortement prédicteur de plaie.

Conclusion

Chez les patients en HD, notamment chez les DB, une surveillance régulière des pieds s’impose afin d’optimiser leur PEC, pour une réduction de la morbi-mortalité et un gain économique.

Introduction

La grossesse reste à haut risque en cas de maladie rénale chronique, de surcroît, en hémodialyse. Néanmoins, l’amélioration des conditions actuelles de dialyse est associée à un meilleur pronostic maternel et fœtal.

Observation

Nous rapportons l’observation d’une patiente âgée de 41 ans, suivie pour une insuffisance rénale chronique préterminale depuis 2 ans sur néphropathie d’origine indéterminée, une hypertension artérielle ainsi qu’une hypothyroïdie substituée. L’épuration extrarénale a été initiée sur une grossesse évolutive de 19 SA afin de rétablir l’équilibre hydro-électrolytique et urémique maternel et fœtal. La thérapeutique était à base d’antihypertenseur central : alphamethyldopa et inhibiteur calcique : nicardipine, ainsi qu’un antiagrégant plaquettaire ; un complexe de vitamines hydrosolubles a aussi été instauré.

Les premières séances d’hémodialyse se sont déroulées sans incident particulier, hormis une majoration de l’anémie par résistance à l’érythropoïétine, ayant nécessité la transfusion d’un culot globulaire. Au fil des séances de dialyse intensive quotidienne, la patiente présentait des dyspnées per-dialytiques avec SaO2 à 70 % sous oxygénothérapie à 5L/min et une hypertension per-dialytique. Des ajustements du bain de dialyse étaient nécessaires. La réduction des bicarbonates à 20meq/L était associée à une nette amélioration clinique lors des séances ultérieures, la réduction de la [Na+] du bain était aussi à l’origine de la baisse des chiffres tensionnels et une prise de poids interdialytique moindre. L’accouchement a eu lieu à 33 SA par voie basse, d’un fœtus pesant 700g, Apgar 9/10 ; aucune détresse respiratoire n’a été observée malgré l’immaturité pulmonaire, ni de retard psychomoteur objectivé à un âge actuel de 11 mois.

Discussion

Pour permettre l’alcalose respiratoire physiologique de la grossesse, le taux de bicarbonates du dialysat doit être réduit, ce qui a été rapporté dans les différentes séries.

Conclusion

Le recours à la dialyse intensive permet d’améliorer le pronostic des grossesses avec un meilleur taux de naissances vivantes, toutefois, des modifications du dialysat sont indispensables.

Introduction

Le lithium est utilisé dans le traitement des troubles bipolaires majeurs. L’intoxication au lithium peut provoquer des manifestations neurologiques et cardiaques graves pouvant entraîner le décès du patient. En raison de son faible poids moléculaire, de son volume de distribution relativement faible et de sa liaison négligeable aux protéines, le lithium peut être efficacement éliminé par toute modalité d’épuration extrarénale (EER).

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur des patients ayant présenté une intoxication au lithium pendant la période comprise entre 2010–2017. Parmi les 26 patients identifiés, nous nous sommes intéressés aux 8 traités par hémodialyse intermittente.

Résultats

Il s’agit de 4 hommes et 4 femmes avec un âge moyen de 47 ans. Chez 3 patients il s’agissait d’une tentative d’autolyse avec une dose moyenne de carbonate de lithium de 7g. Cinq patients présentaient une toxicité chronique. Les symptômes de toxicité étaient : des convulsions dans 6 cas, un syndrome cérébelleux dans 2 cas, des vomissements et diarrhées dans 3 cas. Cinq patients avaient une insuffisance rénale aiguë avec une clairance moyenne de la créatinine CKD EPI 28,6mL/min/1,73m2 avec une acidose métabolique. La lithémie variait entre 2 et 10mmol/L. Trois patients ont nécessité seulement une séance d’hémodialyse avec une normalisation de la concentration sérique de lithium et 5 patients ont eu besoin de plus d’une séance en raison de l’augmentation du taux de lithium après la dialyse. L’évolution a été marquée par une amélioration clinique et biologique chez 6 patients et le décès de 2 patients.

Discussion

L’hémodialyse conventionnelle est un moyen efficace pour éliminer le lithium. Le phénomène de rebond nécessite des séances de dialyse répétées en cas d’intoxication sévère, pour lesquelles des modalités continues d’EER ont été suggérées, telles que l’hémodialyse continue, l’hémofiltration ou l’hémodiafiltration, bien que ces deux dernières ne réduisent pas les taux de lithium aussi rapidement que l’hémodialyse intermittente.

Conclusion

Les indications de dialyse en cas d’intoxication au lithium ne sont pas codifiées, elles sont portées sur les éléments de gravité clinique et sur la cinétique du lithium. Le choix de modalité d’EER dépend de la disponibilité de différentes techniques et de la maîtrise de chacune.

Introduction

L’hyperkaliémie est un trouble métabolique grave et fréquent. Il met en jeu le pronostic vital. Les étiologies sont variables, certaines peuvent être évitables.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective analytique portant sur les appels qu’on a reçu au cours des gardes durant la période du janvier 2016 et décembre 2016 ayant une kaliémie supérieure à 5,5mmol/L.

Résultats

Nous avons recensé 370 patients. La moyenne d’âge était de 63,36 ans. Soixante-douze pour cent avaient une kaliémie entre 5,5 et 7mmol/L et 27 % supérieure à 7. Parmi ces patients 17 % sont connus insuffisants rénaux chroniques et 33,7 % en hémodialyse chronique depuis en moyenne 4 ans. Il existe une association statistiquement significative entre le nombre de séances d’hémodialyse effectuées par semaine et la valeur de la kaliémie p<0,001. Une insuffisance rénale aiguë était diagnostiquée chez 32 % des patients. Le reste avait une IRC terminale méconnue. Trente pour cent des patients avaient des douleurs thoraciques (p=0,036). Les signes électriques de l’hyperkaliémie étaient présents chez 43,2 % des malades (p=0,012) : T ample dans 26,7 % des cas, BAV dans 6 % des cas, QRS larges dans 12 % des cas et une bradycardie chez 10,2 % des cas avec une forte corrélation entre la bradycardie et la kaliémie p=0,006. Cent huit patients étaient sous traitement hyperkaliémiant. En effet, 42 patients prenaient un bloqueur du système rénine-angiotensine, 11 étaient sous aldoactone, 3 patients sous kaléoride, 47 patients sous β-bloquant et 5 étaient admis en réanimation perfusés par du KCl. Deux patients avaient une insuffisance surrénalienne. Dix patients avaient une rhabdomyolyse. Le recours à l’hémodialyse en urgence était noté dans 68 % des cas ou bien à froid chez 15 % des cas. Un traitement médical était suffisant pour le reste. Le décès complique 24 % des cas.

Discussion

L’hyperkaliémie reste la complication la plus redoutable de l’insuffisance rénale chronique, toutefois une dialyse adéquate et un régime bien respecté peuvent nous éviter cette complication. Aussi, elle peut être induite par certains médicaments ou certaines pathologies d’où la nécessité d’une surveillance stricte même sans insuffisance rénale.

Conclusion

La prise en charge de l’hyperkaliémie devrait être toujours rapide. La recherche étiologique est importante pour prévenir la récidive d’une telle complication.

Introduction

L’émergence de nouveaux générateurs de type NxStage a permis de développer l’hémodialyse (HD) quotidienne à domicile, avec une amélioration de la qualité de vie et une bonne qualité de dialyse, malgré l’utilisation d’un faible débit de dialysat (20 à 25L de dialysat tamponné au lactate par séance).

Observation

Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 48 ans, en insuffisance chronique terminale sur néphropathie à dépôts mésangiaux d’IGA prouvée histologiquement en 1996, HD chronique depuis 03/2015 (3 séances hebdomadaires de 4h, sur AK 200, cartouche Bicart). Le bilan hépatique était normal de 03/2015 à fin 08/2016. Elle a débuté l’HD quotidienne sur NxStage le 5/09/2016. Le bilan biologique du 24/10/2016 retrouve une élévation des transaminases (TGO à 86UI/L et TGP à 104UI/L) sans cholestase. La bicarbonatémie élevée à 25mmol/L avant dialyse a amené à diminuer la concentration en lactates du dialysat de 45 à 40mmol/L en 11/2016. Le bilan étiologique de la cytolyse est négatif : échographie hépatique normale, absence de consommation d’alcool ou de médicament hépatotoxique, BMI à 24,5, sérologies et PCR (VHC, VHE, EBV, CMV) négatives, immunisation ancienne contre le VHA et post-vaccinale contre le VHB, bilan auto-immun négatifs, alpha 1 antitrypsine et céruloplasmine normales, hémoglobine glyquée normale, pas d’hypertriglycéridémie, ferritinémie normale. La biopsie hépatique du 18/01/2017 met en évidence une stéatose hépatique microvésiculaire dysmétabolique. En l’absence d’étiologie retrouvée et devant l’aggravation du bilan hépatique (nadir à TGO à 165UI/L et TGP à 224UI/L en 02-03/2017), reprise de l’HD conventionnelle (3 fois 4heures AK200) le 1/04/2017. Au suivi hebdomadaire du bilan hépatique, une amélioration biologique est rapidement constatée avec quasi-normalisation à partir du 28/04/2017 (TGO à 45UI/L et TGP à 42UI/L). Pour maintenir le bénéfice d’un traitement quotidien à domicile, une formation sur générateur PHYSIDIA S 3 (dialysat au bicarbonate) va être démarrée.

Conclusion

L’apparition de la cytolyse sous dialysat au lactate et sa disparition à l’arrêt fait évoquer la responsabilité de ce tampon, associée à une dysfonction du métabolisme hépatique pouvant rentrer dans le cadre d’une cytopathie mitochondriale (recherche en cours)

Introduction

L’élévation des taux sériques des enzymes pancréatiques est fréquemment observée chez l’hémodialysé chronique (HDC) asymptomatique. Les altérations hémodynamiques, biochimiques et physiologiques de l’urémie chronique ainsi que la baisse de la clairance rénale de ces enzymes pourraient expliquer cette élévation. Le but de ce travail est d’évaluer cette élévation chez l’HDC en comparaison à un groupe témoin de sujets à fonction rénale normale asymptomatiques.

Patients et méthodes

Étude transversale descriptive et comparative entre un groupe de 20 HDC asymptomatiques et un groupe de 25 sujets témoins asymptomatiques à fonction rénale normale. Les paramètres étudiés ont été l’âge, le sexe, les comorbidités, l’amylase et la lipase sériques, la créatininémie (avec estimation de la clairance de la créatinine par formule MDRD chez les témoins). Nous avons déterminé la prévalence et l’amplitude de l’élévation des enzymes pancréatiques (amylase et lipase) chez les HDC et nous avons comparé leur taux entre les HDC et les témoins.

Résultats

La prévalence de l’élévation des enzymes pancréatiques est de 70 % dans le groupe des HDC. Nous avons noté une élévation significative de l’amylase et de la lipase sérique dans le groupe des HDC par rapport aux témoins (103,8±50,6 vs 64,1±31,5U/L ; p=0,005 ; 61,2±40,1 vs 31,8±17,7 ; p=0,002) respectivement.

Discussion

Dans la littérature, une élévation des enzymes pancréatiques, ne dépassant pas 3 fois la limite supérieure de la normale, a été notée dans 60 à 80 % des cas chez l’HDC sans signes de pancréatite aiguë. Dans notre groupe d’HDC cette élévation a été objectivée dans 70 % des cas avec des valeurs significativement hautes par rapport au groupe témoin. Cette élévation pourrait être attribuée à une baisse du débit de filtration glomérulaire et à des lésions pancréatiques infra-cliniques chez l’HDC.

Conclusion

L’élévation des enzymes pancréatiques est fréquente et ne doit pas dépasser 3 fois la limite supérieure de la normale chez l’HDC asymptomatique. Les mécanismes de cette élévation ne sont pas complètement bien élucidés.

Introduction

L’inactivité physique est un facteur de risque de mortalité chez les patients en hémodialyse chronique et est encore mal documentée dans cette population. Elle a été évaluée essentiellement par des méthodes subjectives basées sur des questionnaires. Le but de notre travail est de quantifier le niveau d’activité physique d’une manière objective à l’aide d’un podomètre.

Patients et méthodes

C’est une étude prospective menée dans un centre d’hémodialyse comportant 25 patients. Les hémodialysés non autonomes au nombre de 5 ont été exclus. L’activité physique a été enregistrée pendant sept jours consécutifs en utilisant un podomètre accéléromètre modèle ONWALK 900 violet GEONAUTE pour mesurer quotidiennement le nombre de pas.

Résultats

Vingt patients étaient inclus d’âge moyen de 55,36±15,82 ans, avec une prédominance masculine (11 hommes et 9 femmes). La durée médiane de la dialyse était de 61,81 mois. Le diabète était la néphropathie la plus fréquente (45,5 %). Au total, 47,36 % étaient sédentaires (<5000 pas/jour) avec une moyenne de 2924 pas/jour (229–4769). Le niveau d’activité physique était bas dans les jours de dialyse comparé aux jours de non-dialyse (6151±3679 vs 6477±3411 ; p<0,05). La diminution de l’activité physique était corrélée de façon significative à l’âge avancé, le diabète, l’ancienneté en hémodialyse et les affections cardiovasculaires.

Discussion

Les études ayant évalué l’activité physique des hémodialysés révèlent une sédentarité importante. Cette sédentarité est associée à une surmortalité. À l’inverse, les bénéfices en de termes morbi-mortalité de l’activité physique dans cette population sont nombreux. La lutte contre la sédentarité chez les hémodialysés doit faire partie des objectifs des équipes soignantes, au même titre que la lutte contre les autres facteurs de risque cardiovasculaire.

Conclusion

Nécessité de poursuivre l’étude sur le plan national afin d’établir de phénotypes modifiables des patients liés à une activité physique réduite.

Introduction

L’hémodialyse est à l’origine d’un stress systémique important lié aux modifications hémodynamiques complexes qui conduisent à une diminution du débit sanguin efficace au niveau tissulaire et notamment dans les lits vasculaires fragiles. La mesure des vélocités moyennes au niveau de l’artère cérébrale moyenne permet d’avoir une estimation des débits sanguins cérébraux. L’objectif de cette étude est de décrire la variabilité de l’hémodynamique cérébrale chez les patients dialysés chroniques pendant la séance en dehors de tout épisode aigu par ailleurs, en termes de vélocités des artères cérébrales mesurées par Doppler transcrânien (DTC).

Patients et méthodes

Nous avons évalué une population d’hémodialysés chroniques stabilisés pris en charge depuis plus de 6 mois âgés de plus de 18 ans. Nous avons réalisé les mesures sur 3 séances de dialyse, avant le branchement (H0), pendant la première heure de dialyse (H1) et enfin au cours de la dernière heure (H4). Les variables étudiées étaient l’index de pulsatilité (IP), la vitesse systolique, diastolique et moyenne sur 10 cycles soit environ une boucle de 15 secondes.

Résultats

Quinze patients ont pu être enregistrés, moyenne d’age 66 ans et ancienneté de dialyse en moyenne de 31 mois. Les IP moyens étaient de 1,15 (1,04–1,22) à H0, 1,22 (1,16–1,3) à H1 et 1,25 (1,1–1,36) à H4. Les vitesses moyennes étaient de 43,7 (31–51) à H0, 37,3 (33–41) à H1 et 38,3 (33–41) à H4. Les vitesses systoliques étaient de 80,2 (61,4–92,5) à H0, 78,9 (66,9–91,1) à H1 et 78,5 (66,1–84,2) à H4. Les vitesses diastoliques étaient de 26,8 (24,6–30,4) à H0, 22,7 (18,6–24,8) à H1 et 27,8 (25,1–31,4) à H4.

Discussion

Nous avons pu observer une tendance à la diminution des vélocités systoliques et moyennes avec pour les vitesses diastoliques, une diminution sur le début de la séance puis un retour aux valeurs initiales. L’IP augmente au cours de la séance. D’autres études sont à mener afin de déterminer un éventuel lien avec la symptomatologie type céphalalgie perdialytique et à plus long terme les lésions cérébrales chroniques.

Conclusion

Nous avons pu réaliser une estimation et une description des modifications hémodynamiques intracérébrales à l’aide de la mesure des vélocités par DTC dans une population de patients en hémodialyse chronique.

Introduction

Le BNP est un marqueur biologique corrélé à l’hypertrophie ventriculaire gauche et la mortalité cardiovasculaire en hémodialyse. Son utilité comme marqueur prédictif de la volémie reste controversé. Nous avons développé un modèle mathématique permettant de prédire les variations du BNP en fonction des paramètres classiques (clinique et biologique) utilisés pour déterminer la volémie des patients en hémodialyse.

Patients et méthodes

Étude monocentrique, rétrospective sur 140 patients en hémodialyse (âge moyen=67±15 ans). Onze paramètres cliniques et biologiques étaient disponibles pour construire le modèle : l’âge, l’ethnie, diabète, la cardiopathie sous-jacent (CV), le BMI, le BNP, l’hémoglobine (Hb), la prise de poids interdialytique (PPID), la pression artérielle (PA) et le poids sec (NHYW) déterminé par body composition monitor (BCM). Nous disposons pour chaque paramètre de 6 mesures mensuelles consécutives.

Résultats

Sur les onze variables, seuls six contribuent au modèle final prédictif du BNP : l’âge, la PA, la PPID, le NHYW, l’Hb et la CV. Le modèle montre que le BNP est une fonction linéaire de la PPID et de l’Hb, également une fonction linaire du NHYW avec un coefficient dépendant de la CV et une fonction non linéaire (logistique) de l’âge et la PA. Un patient de 69 ans, normotendu, avec une PPID de 1,9kg a un BNP prédit de 265ng/mL, qui augmente à 425ng/mL en cas de CV associée. L’augmentation du BNP liée à la CV semble inversement proportionnel au poids, et l’effet disparaît pour un NHYW>100kg. L’ajustement du modèle sur la cohorte d’apprentissage est assez bon (r=0,56) Le modèle a été validé dans un 2e temps sur une cohorte de 62 patients incidents (r=0,51)

Discussion

Le modèle mathématique montre que l’interprétation du BNP dépend d’une combinaison complexe de plusieurs facteurs n’ayant pas la même contribution. La comparaison du BNP « prédit » et du BNP « vrai » du patient permettra d’affiner l’état d’hydratation du patient, notamment dans les situations cardiaques complexes. L’utilisation et intérêt clinique du modèle restent à préciser des études interventionnelles prospectives.

Conclusion

La modélisation du BNP des patients dialysés permet de prédire le taux de BNP pour chaque patient en fonction de ses caractéristiques cliniques et pour une hydratation extra-cellulaire adéquate.

Introduction

Le stress oxydatif est un marqueur déterminant des risques cardiovasculaires chez les hémodialysés (HD). L’une de ses conséquences est la peroxydation lipidique, indicateur des dommages oxydatifs au niveau des lipides. L’objectif de notre étude est d’explorer les marqueurs de peroxydation lipidique chez les patients HD par dosage de la malonedialdéhyde (MDA) et des diènes conjugués (DC) au niveau plasmatique et érythrocytaire et de chercher d’éventuelles corrélations avec ces deux paramètres.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude cas–témoin comportant 140 sujets : 100 patients hémodialysés et 40 sujets sains volontaires constituant le groupe témoin. Nous avons étudié les critères anthropométriques, cliniques et biologiques. Les dosages spéctrophotométriques pour évaluer le taux de MDA et de DC ont été réalisés pour tous les sujets.

Résultats

Il s’agissait de 100 hémodialysés chroniques d’âge moyenne de 53,12±12 ans. La durée moyenne en hémodialyse était de 49,7±26,5 mois. Les taux de MDA plasmatique ainsi qu’érythrocytaire étaient augmentés de façon très significative dans le groupe HD comparativement au groupe témoin (1,08±0,51 vs 0,64±0,18 ; 38,22±8,1 vs 14,78±2,7 ; p<0,01). Les DC érythrocytaire étaient augmentés de façon très significative chez les HD par rapport aux témoins (215,01±78,1 vs 150,31±20,1 ; p<0,01). Il existe une corrélation significative entre MDA érythrocytaire et la durée en HD et le bilan lipidique. Il existe aussi une corrélation significative entre le taux du DC plasmatique et le cholestérol, triglycérides et LDL. De plus, le DC érythrocytaire est corrélé avec l’âge et le LDL.

Discussion

Conformément aux données de la littérature, notre étude a montré une augmentation significative des marqueurs de la peroxydation lipidique et une corrélation avec la perturbation du métabolisme lipidique chez les hémodialysés.

Conclusion

Les marqueurs de la peroxydation lipidique augmentent de manière très significative chez les HD. L’évaluation du stress oxydatif est donc nécessaire car il est impliqué comme facteur de risque cardiovasculaire ; celui-ci considéré comme la cause principale de morbi-mortalité chez ses patients.

Introduction

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès chez les patients hémodialysés. Sur ce terrain, les calcifications cardiovasculaires surviennent à un âge plus précoce et progressent plus rapidement que dans la population générale.

Patients et méthodes

Quarante-neuf patients en hémodialyse chronique, 26 hommes et 23 femmes âgés en moyenne de 56,4 ans, avec une ancienneté moyenne en hémodialyse de 85 mois ont bénéficié d’un dépistage des calcifications coronaires (CC) par cardioscanner 64 barrettes en synchronisation ECG et sans injection de produit de contraste. Les CC étaient étudiées au niveau des artères inter-ventriculaire antérieure (IVA), coronaire droite (ACD), coronaire gauche (ACG), circonflexe (ACx), diagonale (ADiag) et inter-ventriculaire postérieure (IVP). Le score calcique coronaire d’Agatston (SCCA) était calculé par un logiciel pré-fourni.

Résultats

Les CC concernaient 69,4 % des cas et se répartissaient comme suit : IVA 69,4 %, ACD 36,7 %, ACx 32,7 %, ADiag 29,6 %, ACG 20,4 %, IVP 8,2 %. Les CC siégeaient dans une artère chez 22,4 % des cas, dans 2, 3 ou 5 artères chez 10,2 % des cas respectivement, dans 4 artères chez 14,3 % des cas et au niveau des 6 branches chez un seul patient. Le SCCA moyen était de 331,1, et de 522,2 chez les 10 patients suivis pour cardiopathie ischémique (p=0,09). Le SCCA moyen par branche se présentait comme suit : IVA 88,5, ACx 69,8, ACD 46,6, ADiag 15,8, ACG 6, IVP 2,8. Les CC étaient significativement associées à des facteurs de risques cardiovasculaires classiques (âge, sexe masculin, hypertension artérielle systolique, diabète, antécédent de cardiopathie ischémique).

Discussion

Les CC dans notre série sont superposables à la topographie décrite de l’athérosclérose coronaire avec laquelle elles partagent plusieurs facteurs de risque. Des études autopsiques confirment que les CC des patients insuffisants rénaux sont plus intenses et sont associées à des remaniements histologiques plus complexes en comparaison avec la population générale. D’autres études confirment que les CC du dialysé représentent un marqueur puissant de mortalité chez l’hémodialysé.

Conclusion

Nos résultats prouvent la grande prévalence des CC chez les hémodialysés et incitent à un dépistage précoce et régulier.

Introduction

Les maladies cardiovasculaires constituent la principale cause de mortalité chez les hémodialysés chroniques. Le but de cette étude était d’évaluer la prévalence et les déterminants des troubles de rythme cardiaque chez l’hémodialysé chronique.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude transversale de six mois portant chez les hémodialysés chroniques adultes depuis au moins trois mois par fistule artério-veineuse. Après un examen clinique complet, chaque participant bénéficiait d’une échocardiographie, d’un électrocardiogramme de repos (ECG) et d’un Holter ECG sur une période de 16heures subdivisée en 6, 4 et 6heures respectivement avant, pendant et après la deuxièmes séance hebdomadaire de dialyse. Les prélèvements sanguins étaient réalisés avant et à la fin de la même séance de dialyse pour le dosage des électrolytes et l’hémogramme. Le seuil de significativité retenu était p<0,05.

Résultats

Nous avons inclus 66 patients (77,3 % hommes) avec une moyenne d’âge de 45±10 ans et une ancienneté médiane en dialyse de 31 (15–48) mois. La fibrillation auriculaire (4,5 %) était l’unique trouble de rythme observée à l’ECG de repos. La dilatation auriculaire droite et gauche était présente dans 68,2 % et 54,5 % respectivement. La prévalence des arythmies était de 90,9 %, 81,8 % et 77,3 % respectivement avant, pendant et après la dialyse. La prévalence des arythmies menaçante (>grade 2 classification de Lown) était de 31,8 %, 27,3 % et 27,3 % respectivement. Le sexe masculin, l’âge avancé, la dilatation auriculaire droite et ventriculaire gauche, l’hypomagnésémie et les dyskaliémies étaient associées à la survenue des arythmies.

Discussion

Les troubles électrolytiques et les cardiopathies sous-jacentes seraient des facteurs favorisants la survenue des arythmies chez l’hémodialysé chronique.

Conclusion

Les hémodialysés chroniques doivent bénéficier d’une surveillance régulière des électrolytes et de l’état cardiovasculaire afin de réduire la morbi-mortalité en dialyse.

Introduction

La baisse isolée de la pression diastolique (HDI) chez l’hémodialysé n’est pas symptomatique et ne peut donc être détectée que par une surveillance systématique et suffisamment répétée de la pression artérielle au cours des séances d’hémodialyse. Chez l’hémodialysé, nous ne connaissons pas encore la signification de cette anomalie.

Patients et méthodes

Pour étudier ce phénomène, nous avons mené une étude prospective de 48 mois chez 40 patients en hémodialyse. Les facteurs de risque de l’HDI étaient étudiés à l’inclusion pour les patients avec HDI, et au terme du suivi pour les nouveaux cas.

Résultats

À l’inclusion, l’HDI était notée dans 40 % des cas et était significativement associée à l’âge avancé, les tares cardiovasculaires, la diurèse conservée, la prise de traitements antihypertenseurs, le volume résiduel critique et la variation des réserves alcalines en dialyse. L’échocardiographie montrait une fréquence plus élevée de l’hypertrophie ventriculaire gauche et de l’altération de la fonction diastolique du VG chez les patients avec HDI. Le suivi moyen dans notre étude est de 34,57 mois. Au cours de cette période, nous avons noté 7 nouveaux cas d’HDI parmi les patients initialement sans HDI. Les facteurs de risque relevés chez ces patients sont : l’âge avancé, les antécédents cardiovasculaires, la prise de traitements antihypertenseurs et un taux d’hémoglobine moindre. Bien que statistiquement non significatifs, la fréquence d’incidents cardiovasculaires et le taux de mortalité sont plus élevés chez les patients avec HDI. Durant les 48 mois de l’étude, 7 patients sont décès : 5 avaient une HDI à l’inclusion et 6 avaient une HDI avant le décès.

Discussion

L’hypotension diastolique isolée en hémodialyse est une complication silencieuse, fréquente et insuffisamment étudiée. Ce phénomène est lié essentiellement à un vieillissement vasculaire accéléré et au large usage des traitements antihypertenseurs. L’apparition de nouveaux cas d’HDI dans notre série suggère une évolution progressive des lésions vasculaires. La durée du suivi, bien que de 4 ans, semble insuffisante pour déterminer l’impact direct de l’HDI sur la mortalité cardiovasculaire en hémodialyse.

Conclusion

L’ensemble de ces données incite à une utilisation rationnelle des traitements antihypertenseurs et à une individualisation de la prescription.

Introduction

Chez les patients hémodialysés, il existe une controverse concernant le moment idéal de la prise de la pression artérielle (PA) et ses valeurs cibles. L’objectif de notre travail était d’évaluer le profil tensionnel chez des hémodialysés chroniques par deux méthodes de mesure ainsi que la fiabilité des mesures en pré- et post-dialyse.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude multicentrique transversale. Nous avons analysé, par automesure tensionnelle à domicile et par mesure conventionnelle de la PA en centre pendant une semaine, le profil tensionnel de nos patients hémodialysés entre le 25 avril 2016 et le 18 juin 2016 dans deux centres d’hémodialyse. Étaient inclus, les patients hémodialysés chroniques consentants et capables de prendre la pression artérielle à domicile à l’aide d’un tensiomètre électronique homologué et de la consigner sur une fiche d’automesure.

Résultats

Quarante-six (46) patients ont été inclus. L’âge moyen des patients était de 45,57±14,11 ans avec un sex-ratio de 1,42. La durée moyenne en dialyse était de 57,96±34,86 mois. La moyenne des pressions artérielles à domicile était de 140,88/88,92mmHg et elle était élevée chez 71,7 % des patients (33/46). La moyenne des PA en prédialyse était de 145,98/86,03mmHg et elle était élevée dans 82,6 % (38/46). La moyenne des pressions artérielles post-dialyse était de 140,79/85,6mmHg et elle était élevée dans 82,6 % (38/46). L’hypertension artérielle masquée était présente chez 8 patients (17,5 %), l’HTA blouse blanche chez 6 patients (13 %), l’HTA contrôlée permanente chez 7 patients (15,2 %) et l’HTA non contrôlée permanente chez 25 patients (54,3 %). Nous avons noté une corrélation statistiquement significative entre l’âge et l’HTA blouse blanche (p=0,01) et entre l’hypotension intradialytique et l’HTA contrôlée permanente (p=0,01).

Discussion

La proportion de l’hypertension artérielle masquée et de l’HTA non contrôlée permanente était importante. Ceci pourrait être expliquée par la non-observance thérapeutique des patients. Ce constat est alarmant dans la mesure où nous connaissons le pronostic cardiovasculaire défavorable de l’hypertension artérielle.

Conclusion

Compte tenu des résultats de cette étude, tous les patients hémodialysés devraient bénéficier de l’automesure à domicile dans le suivi de leur PA en dialyse.

Introduction

Bien que le dysfonctionnement diastolique soit connu cause fréquente d’épisodes d’œdème aigu du poumon et d’hypotension perdialytique chez les hémodialysés, son ampleur dans les pays en Afrique Subsaharienne (ASS) est paradoxalement peu connue. L’objectif de la présente étude était de déterminer la fréquence du dysfonctionnement diastolique en hémodialyse chronique.

Patients et méthodes

Étude transversale ayant inclus 60 patients dans 3 centres d’HD de Kinshasa qui ont subi une échocardiographique doppler transthoracique entre mars et août 2016. Les dossiers ont été colligés pour la recherche des paramètres d’intérêt. Les tests de Chi2 de Pearson, de Student (ou Mann-Whitney, variables continues asymétriques) ont été utilisés pour comparer respectivement, les proportions et les moyennes.

Résultats

L’âge moyen des patients était de 52±15,9 ans et le sexe masculin était prépondérant (73,6 %). La durée moyenne en HD et la PPID maximale étaient respectivement de 15,1±3,7 mois et de 3,21±1,40kg. La fréquence de l’insuffisance cardiaque diastolique a été de 50 %, en particulier de type II (n=31/60) suivi du type I (n=22/60). Une différence significative dans la PAPS a été observée entre les 3 types de dysfonctionnement diastolique (p=0,042). Comparés aux patients présentant une PTDVG normale, ceux ayant une PTDVG élevée (18/60) présentaient significativement des valeurs plus élevées de MVG, volume de l’oreillette gauche, PAPS et PPID maximale. En revanche, leur FEVG était significativement plus faible.

Discussion

La fréquence de la dysfonction diastolique est similaire à celle rapportée dans la littérature.

Conclusion

Cette étude montre qu’un patient hémodialysé chronique sur deux, présente des signes de dysfonctionnement diastolique avec PTDVG élevé ; un prédicteur important et indépendant de mortalité cardiaque. Des investigations approfondies et une prise en charge appropriée sont à envisager.

Introduction

La fonction rénale résiduelle (FRR) représente un impact favorable sur la qualité de vie des patients en insuffisance rénale chronique terminale. Sa préservation constitue un objectif majeur à intégrer dans la prise en charge du patient en dialyse péritonéale (DP), d’où l’intérêt d’une bonne connaissance des facteurs de risque qui influencent le déclin rapide de cette FRR, ce qui constitut l’objectif de notre travail.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective, menée en juin 2016, incluant 36 patients en cours de DP continue ambulatoire (DPCA), ayant un suivie minimum de 6 mois, avec une diurèse supérieure à 100mL par 24 heures, sous furosémide 500mg à 1g par jour et une FRR supérieure à 2mL/min. Nous avons calculé la vitesse de déclin de la FRR sur les six première mois de DP. Un déclin rapide est défini par une vitesse supérieure à 0,2mL/min/mois, puis nous avons réparti nos patients en deux groupes en fonction de la présence ou non d’un déclin rapide de la FFR afin d’en rechercher les facteurs prédisposant.

Résultats

L’âge moyen des patients est de 47,09±17 ans, avec un sex-ratio de 1,25. La néphropathie initiale est diabétique dans 26,7 %. La médiane de la durée en DP est 30,49 mois. La diurèse moyenne chez nos patients à l’admission était de 1790±528mL/j, dont 22 % été sous icodextrine. Un test de perméabilité péritonéale est réalisé chez 75 % des patients étudiés a objectivé un péritoine hyper-perméable modérée dans 50 % des cas. En analyse univariée l’âge supérieur à 50 ans, le sexe masculin et une protéinurie initiale à l’admission supérieure ou égale à 1g par 24 heures sont ressortis comme facteurs associés au déclin rapide de la FRR. En analyse multivariée, seule la protéinurie à l’admission est retenue comme facteur indépendant des autres facteurs.

Discussion

Le facteur de risque associé au déclin rapide de la FRR, trouvé dans notre étude est la protéinurie initiale supérieure à 1g/24h. Ce résultat rejoint la littérature d’où l’intérêt de l’utilisation des bloqueurs du système rénine-angiotensine-aldostérone. Le surpoids et l’hyperperméabilité du péritoine classiquement retrouvés comme facteurs prédictifs du déclin de la FRR, ne sont pas ressortit comme facteurs de risque.

Conclusion

La préservation de la FRR est un élément important à intégrer dans la prise en charge des patients en DP, afin d’assurer une dialyse adéquate et une meilleure qualité de vie.

Introduction

Les complications non infectieuses (CNI) des cathéters (KT) de dialyse péritonéale (DP) constituent une cause non négligeable de transfert de la DP vers l’hémodialyse. Le but de notre travail est d’étudier la prévalence des CNI, et d’identifier leurs facteurs de risque.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale, menée en juillet 2016, portants sur les patients en cours de DP au service. Les CNI liées au KT de DP suivantes ont été recherchés, à savoir l’obstruction, la migration, la fissuration ou la perforation, la fuite du dialysat du site d’émergence, la fuite pleuropéritonéale, le saignement de la paroi, le pneumothorax et l’hernie. Les patients sont répartis en deux groupes selon la présence ou non de CNI, avec recherche de facteurs risque associés, notamment l’age, le sexe, l’ancienneté en DP, l’index de masse corporelle et le délais de début des échanges.

Résultats

Les résultats sont présentés dans le Tableau 1. En analyse univariée, aucun des facteurs étudiés n’est retenu comme facteur de risque.

Discussion

Les CNI des KT de DP sont fréquentes (10 à 20 %). Elles doivent être dépistées précocement pour éviter la sous-dialyse. Malgré le fait d’avoir un chirurgien fidélisé, ces complications ne cessent d’augmenter (7 % en 2010 contre 14 % en 2016). Dans notre série, ils sont dominés par les migrations avec une prévalence élevée par rapport à la littérature. Nous n’avons pas retrouvé de facteurs de risque associés cependant des études récentes incriminent le type de KT Tenckof queue cochon dans les migrations.

Conclusion

La prévention des CNI liées au KT de DP repose sur le maintien d’un transit intestinal normal, le respect d’un délai de 3 semaines avant le début des échanges, l’adaptation des volumes des échanges en fonction de la pression intra-péritonéale.

Introduction

Le premier épisode de péritonite affecte la survie de la membrane péritonéale ainsi que la survie des patients. Le but de cette étude est de déterminer le taux de péritonite, les organismes responsables et les différentes causes de péritonite chez des patients tunisiens en dialyse péritonéale (DP).

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive rétrospective incluant 185 patients qui ont initié la DP entre janvier 2006 et juin 2016 dans le département de néphrologie de l’hôpital universitaire Sahloul en Tunisie. Le taux de péritonite, les germes responsables et les différentes causes de péritonite ainsi que le devenir du patient après sa survenue ont été analysés.

Résultats

Au total, 186 épisodes de péritonite ont été observés chez 69 patients au cours d’une période de dix ans. Le taux moyen de péritonite était un épisode par patient tous les 26,7 mois. La culture était négative dans 73 cas (39,24 % des cas). Les germes les plus souvent isolés étaient le cocci gram+ (CG+) (29,56 %). La proportion de gram-négatifs (G−) était de 20,43 %. La péritonite était fongique dans 3,68 % des cas. Les CG+ étaient représentés par Staphylococus aureus principalement (15 %). Les G− étaient principalement représentés par le Pseudomonas (28,9 %) puis par l’Ecoli (23,6 %). La principale cause de péritonite était le manque d’asepsie dans 78,2 % des cas. Les autres causes mineures étaient : la contamination endogène, l’infection du tunnel, la déconnexion, la rupture du cathéter. Parmi 93 patients atteints d’au moins une péritonite, 35 (37,63 %) ont été transférés en hémodialyse avec un taux d’échec de DP égal à 30,27 %. Un seul décès a été observé suite à une péritonite fongique.

Discussion

Selon la littérature, la proportion d’organismes G− est passée de 9,8 % à 17,3 %. Il y a eu une différence significative dans le pourcentage de péritonites à culture négative les trois dernières années. Et cela semble rejoindre nos résultats. De toute évidence, la flore péritonéale infectieuse dépend étroitement de la flore de l’environnement hospitalier.

Conclusion

La principale cause de péritonite était l’asepsie. La péritonite peut causer une défaillance de la technique. Pour cela, l’éducation thérapeutique des patients sous DP doit être la principale cible de prévention.

Introduction

La mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA) chez le patient en dialyse, offre un profil tensionnel plus détaillé comparé aux mesures réalisées au cabinet. Nous nous proposons alors dans ce travail d’étudier la MAPA des patients hypertendus sous dialyse péritonéale (DP).

Patients et méthodes

Nous avons pratiqué une étude observationnelle descriptive incluant des patients hypertendus traités par DP depuis au moins deux mois, sans aucune infections intercurrentes, ni perte de l’ultrafiltration. La variation de la TA nocturne par rapport à la TA diurne détermine les différents profils, ainsi selon le ratio : ([PAnocturne-PAdiurne]/PAdiurne) on distingue quatre profils : dipper : [10–20 %], extrêmement dipper : >20 %, non-dipper : [0–20 %], reverse dipper : augmentation de la TA nocturne.

Résultats

Nous avons inclus 30 patients, l’âge moyen était de 45,03±14,8 ans. Une HTA avant le démarrage de la DP était notée chez 17 patients. La durée moyenne en DP était de 32,3±28,2 mois. La majorité des patients était traitée par plus que deux antihypertenseurs (92,9 %). La diurèse était estimée en moyenne à 670,4±552,6mL/j. Tous nos patients avaient une ultrafiltration>500mL/j. Une hypertrophie ventriculaire gauche était objectivée chez 18 patients(soit 75 %, n=24). Une TA globale de 24h≥130/80mmHg était notée dans 66,7 % des cas. La médiane du ratio de la PA nocturne par rapport à la PA diurne était de 3,2 % avec des extrêmes de −12,8 à 20,8 % pour la PAS et de 5,7 % avec des extrêmes de −10,1 à 25,5 % pour la PAD. Les fréquences des statuts étaient comme suit : non-dipper : 59,3 %, reverse dipper : 22,2 %, extrêmement dipper : 14,8 % et dipper : 3,7 %.

Discussion

Nos patients étaient en majorité des non-dipper ou des reverse dipper. Ceci rejoint parfaitement les données de la littérature puisque la prévalence rapportée des non-dipper peut atteindre les 80 % chez les patients en dialyse. En effet, une relation inverse entre la clearance de la créatinine et la prévalence des non-dipper a été rapportée. Cette anomalie n’est pas anodine puisqu’elle est associée à un risque accru d’atteinte des organes cibles.

Conclusion

La MAPA informe sur les variations de la PA au cours du nycthémère et représente mieux le risque cardiovasculaire par rapport aux mesures conventionnelles. Toutefois nous ne disposons pas à l’heure actuelle d’objectifs tensionnels propre à la population des dialysés.

Introduction

La dialyse péritonéale (DP) offre une meilleure mobilité et indépendance de patients, mais est associée à une perturbation du bilan sodique, surtout chez les hypertendus. Ainsi, notre étude a consisté à établir la différence du bilan hydrosodé entre la dialyse péritonéale continue ambulatoire (DPCA) et la dialyse péritonéale automatisée (DPA) et leur influence sur le contrôle de la pression artérielle (PA).

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective d’intervention effectuée à notre service. Nous avons inclus le patient en DPCA et DPA. Nous avons mesuré la natrémie, la fonction rénale résiduelle, l’élimination journalière de sodium urinaire et l’ultrafiltration nette. Des mesures ambulatoires de la PA de 24heures ont été enregistrées. Nous déterminons la nécessité d’un antihypertenseur. Ces données ont été comparées entre les 2 groupes.

Résultats

Au total, 13 bilans sodiques ont été effectués (7 en DPA et 5 en DPCA). L’élimination net du sodium sur 24heures a été calculée comme suit : M=ViCi-VdCd, où Vd est le volume évacué de 24heures, Cd est la concentration en sodium dans Vd, Vi est la quantité de solution utilisée pendant 24heures et Ci est la concentration de sodium en Vi. L’élimination du sodium péritonéale était plus élevée chez les patients en DPA qu’en DPCA (−44mEq vs −63mEq, p=0,402).L’ultrafiltration nette a été plus élevée chez les patients en DPA (570±415mL/j contre 332±395mL/j). La PA était plus élevée chez les patients en DPCA (p=0,030) et la nécessité d’antihypertenseur était plus élevée dans ce même groupe (p=0,550). Il n’y avait pas de différences significatives dans la fonction rénale résiduelle, la natrémie et les pertes de sodium urinaire entre les groupes. Bien que, comme on le sait, l’ultrafiltration nette plus élevée soit associée à une meilleure pression de la PA, mais aucune relation significative entre les valeurs de la PA et la quantité d’élimination du sodium péritonéal n’a été trouvée.

Discussion

Les patients en DPA ont une élimination de sodium plus élevée qu’en DPCA avec un meilleur contrôle de la PA chez les DPA liés à l’ultrafiltration élevée. Ainsi, le contrôle de PA et l’ultrafiltration sont importants à considérer pour le choix de la modalité de DP.

Conclusion

Le choix de la modalité de DP est important pour un meilleur contrôle de la PA afin d’assurer une meilleure adéquat.

Introduction

Les bactéries hautement résistantes (BHR) sont un problème croissant en hémodialyse (HD). La présence d’entérocoques résistants à la vancomycine (ERV) chez l’hémodialysé constitue un risque infectieux pour les patients et du fait des mesures d’isolement entraîne un frein à la mobilité.

Patients et méthodes

Au cours du dernier trimestre 2016, notre service a été confronté à une épidémie de patients ERV hospitalisés.

Résultats

L’épidémie a concerné 33 patients ERV+ dont 18 patients en HD et 3 patients en dialyse péritonéale (DP). Le patient index était un patient en HD transféré en repli dans notre centre suite à un mal perforant plantaire pour lequel il avait reçu de la vancomycine au long cours. Chez les hémodialysés, 2 contaminations ont eu lieu en HD, les 16 autres ont eu lieu en hospitalisation. Les patients hémodialysés ont été traités en secteur isolé, avec du personnel dédié sans contact avec le reste des patients hémodialysés. La pratique de prélèvement itératif à la recherche d’ERV a permis la détection précoce des positifs et la limitation de l’épidémie en HD. On observe la négativation de 14 des 18 patients dialysés dont 4 des patients transplantés de matières fécales (TMF) 5 dans cette indication dans un délai médian de 58jours en cas d’éradication spontanée et de 14jours chez les patients transplantés.

Discussion

La fréquence des patients ERV est croissante. Le dépistage systématique des patients lors de l’arrivée en HD ou en cas de séjour à l’étranger est indispensable afin d’identifier les nouveaux cas précocement et d’éviter la dissémination. L’HD en secteur isolé avec un personnel dédié permet de limiter l’épidémie. On observe la négativation spontanée ou après TMF chez une majorité de patients permettant la lever d’isolement après 3 mois de recherche d’ERV négative. La présence de BHR est un frein important à la mobilité des patients impactant défavorablement leurs qualités de vie.

Conclusion

Nous rapportons l’expérience d’une épidémie d’ERV dans un centre d’HD et les mesures ayant permis de la juguler.

Introduction

La tuberculeuses est très fréquente chez l’hémodialysé chronique, du fait de l’altération du système immunitaire liée à l’insuffisance rénale chronique, et aggravée par la dialyse. Les signes révélateurs sont peu spécifiques d’où un retard diagnostique et thérapeutique. Les objectifs de ce travail étaient de préciser la prévalence de la tuberculose chez l’hémodialysés chronique à Ziguinchor et de montrer l’apport du GENEXPERT dans le diagnostique de cette dernière.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective longitudinale sur quatorze (14) mois, incluant les patients en hémodialyse périodique au centre d’hémodialyse de Ziguinchor présentant des symptômes cliniques et/ou paracliniques en faveur d’une tuberculose.

Résultats

Sur 30 patients hémodialysés chroniques durant la période d’étude, 7 cas de tuberculose maladie étaient colligés, soit une prévalence de 23,33 %. Il y avait 5 hommes et 2 femmes (5 H/2 F). L’âge moyen était de 37 ans [18–67 ans]. La durée moyenne en hémodialyse était de 16 mois [8–60 mois]. L’intervalle entre le début de l’hémodialyse et la découverte de la tuberculose était en moyenne de 8 mois. Le premier signe révélateur était une fièvre inexpliquée et des sueurs profuses dans 6 cas (85,8 %). Le GENEXPERT a confirmé l’atteinte tuberculeuse dans 6 cas (85,8 %) (1 cas dans le liquide de ponction pleurale, 2 cas dans le liquide de ponction d’ascite et 3 cas dans le liquide de ponction pleurale et péritonéale). Les localisations extra-pulmonaires étaient trouvées dans 6 cas (85,8 %). L’évolution chez nos patients était favorable dans 5 cas (71,4 %) et défavorable dans 2 cas (décès).

Discussion

Les signes cliniques révélateurs sont souvent peu spécifiques, ce qui rend le diagnostic difficile. Les tests cutanés chez l’hémodialysés sont presque toujours négatifs suite au déficit immunitaire. Toutes les études sont unanimes sur la grande fréquence des localisations extra-pulmonaires de la tuberculose chez l’hémodialysé. Dans notre série, 85,8 % (6 cas) ont une localisation extra-pulmonaire.

Conclusion

Les manifestations cliniques de la tuberculose chez les hémodialysés chroniques sont peu spécifiques. La localisation est surtout extra-pulmonaire. Le GENEXPERT est un outil de diagnostic de certitude et permet de diminuer la mortalité.

Introduction

Nous rapportons dans ce travail un épisode épidémique de bactériémie sur cathéter à Stenotrophomonas maltophilia multirésistante aux antibiotiques survenus chez des patients hémodialysés et portant tous des cathéters veineux centraux fémoraux.

Patients et méthodes

Durant une période de 4 semaines, 8 cas d’infection sur cathéters veineux centraux ont été réunis. Des hémocultures ont été réalisées chez 8 patients après la survenus de frissons au cours des séances d’hémodialyse. Les cathéters ont été retirés 2jours après la séance d’hémodialyse et envoyés au laboratoire pour culture chez 5 patients.

Résultats

Smaltophilia a été isolé dans 6 hémocultures de patients sur les 8 réalisés. Le même pathogène a été isolé sur le cathéter de 4 patients sur les 6. Tous les Smaltophilia ont montré le même l’antibiogramme. Les signes cliniques ont régressé après le retrait du cathéter chez les 6 patients.

Discussion

Des études analysant les facteurs prédisposant à l’infection par Smaltophilia ont défini plusieurs facteurs de risque ; à savoir la pose d’un cathéter central sachant que les 6 patients inclus dans l’étude étaient cathétérisés. Les données obtenues à partir des hémocultures et de la culture des cathéters sont suffisantes pour conclure à un phénomène épidémique d’infections liées aux cathéters survenant chez des patients hémodialysés. Les souches incriminées présentaient le même antibiotype laissant suggérer qu’il s’agit probablement d’un même clone.

Conclusion

L’infection est une complication majeure du cathétérisme veineux chez le sujet hémodialysé. Elle peut être causée par des germes hospitaliers multirésistants tel que Smaltophilia d’où la nécessité de mise en place de mesures prophylactiques reposant sur la formation du personnel soignant ainsi que le strict respect des règles d’hygiène.

Introduction

Pour rehausser l’immunogénicité de la vaccination, plusieurs protocoles (simple, double dose, voie IM vs intradermique, ADN recombinant vs dérivé du plasma) ont été utilisés chez les hémodialysés. Cependant, l’efficacité de ces protocoles n’a pas encore été formellement évaluée, dans les pays d’Afrique subsaharienne (ASS). Les objectifs de la présente étude étaient d’évaluer la séroconversion après une primovaccination et d’identifier les déterminants d’une non-réponse.

Patients et méthodes

Étude multicentrique ayant inclus les patients hémodialysés chroniques non vaccinés auparavant, présentant une sérologie AgHbS négative et Ac anti-HbS<10UI/L. Le vaccin ADN recombinant (Euvax B® 20μg) a été administré par voie IM aux mois M0, M1, M2 et M6 (double dose chez les PVV et en cas de co-infection VHC). Le titre d’Ac anti-HbS a été dosé au M8. Les patients perdus de vue, décédés ou transplantés avant M8 ont été exclus. L’absence de réponse vaccinale, la séroconversion et la séroconversion hautement protectrice ont été définies par des titres d’Ac anti-HbS respectivement<10, ≥10 et ≥100UI/L.

Résultats

Soixante et un patients (74 % d’hommes ; moyenne d’âge 55±15 ans ; 8,2 % des PVV) ont été inclus. La réponse vaccinale évaluée au M8 a montré une absence de réponse, une séroconversion et une séroconversion hautement protectrice, respectives de 19,7 %, 80,3 % et 49,2 %. L’absence de réponse vaccinale était associée à la cirrhose alcoolique [ORa : 5,25 (IC 95 % : 1,41–8,11)], une CRP>6mg/L [ORa : 8,96 (1,99–11,42)], une hypoalbuminémie<30g/L [ORa : 6,50 (1,01–11,80)] et un KT/V moyen<1,3 [ORa : 3,70 (1,67–10,63)].

Discussion

La séroconversion vaccinale contre le VHB chez les HD de Kinshasa semble comparable aux pays d’Afrique subsaharienne et faible par rapport à la population générale. L’inflammation, hypoalbuminémie, la cirrhose, la sous-dialysance ont une influence négative sur la réponse vaccinale.

Conclusion

En dépit d’une réponse vaccinale acceptable, près d’un patient hémodialysé sur 5 n’avait pas répondu à la vaccination ; les facteurs liés au patient et à l’HD étaient les principaux déterminants de cette absence de réponse.

Introduction

Les patients en dialyse sont des patients à haut risque d’infections. En effet, d’une part, ils sont plus sensibles aux infections à cause d’une baisse de leurs immunités innée et adaptative (conséquence des dialyses et de leur état physiopathologique), et, d’autre part, ils nécessitent de nombreux soins pourvoyeurs d’infections nosocomiales. La vancomycine est un antibiotique de la classe des glycopeptides de spectre étroit, elle est réservée surtout au traitement des infections à Staphylocoques méticilline-résistants. Ses propriétés pharmacocinétiques et sa toxicité justifient le suivi thérapeutique de cette molécule. L’objectif de ce travail est : d’évaluer l’intérêt du monitorage thérapeutique de la vancomycine chez des patients dialysés dans l’optimisation du traitement par ce médicament et d’établir des règles de bon usage de la vancomycine chez les patients dialysés.

Patients et méthodes

À ce jour 42 patients traités par vancomycine ont été suivis dont 18 de sexe masculin et 24 de sexe féminin, l’âge moyen de ces patients est de 44 ans et le poids moyen est de 68kg. Le dosage de la vancomycine est effectué par méthode FPIA sur analyseur automatique de médicament.

Résultats

Lors d’un premier dosage 40 % des patients avait des concentrations plasmatiques en vancomycine hors fourchette dont 29 % était surdosé et 11 % sous-dosé.

Discussion

Les patients surdosés sont pour la plupart des patients recevant de la vancomycine en perfusion continue or sachant qu’il s’agit d’un médicament à élimination rénale prépondérante, ce mode d’administration devrait être réévalué chez les patients dialysés. Pour les patients sous-dosés, un excès de prudence a incité le clinicien à établir de nouveau schéma posologique trop espacé et donc exposé à des creux thérapeutiques.

Conclusion

Le suivi thérapeutique pharmacologique de la vancomycine en dialyse est indispensable, il permet d’augmenter l’efficacité thérapeutique et de diminuer les risques de toxicité et d’échec thérapeutique.

Introduction

En réanimation, les patients sont à la fois à risque de saignements systémiques et de thromboses des circuits de dialyse. L’objectif de cette étude était de démontrer l’efficacité et la sécurité d’une anticoagulation régionale (ARC) des circuits, sans héparine, à l’aide d’un dialysat au citrate sans calcium avec une réinjection de calcium selon la dialysance ionique (DI), et cela chez des patients de réanimation bénéficiant de séances longues.

Patients et méthodes

Étude prospective observationnelle monocentrique (réanimation médicale). Inclusion de tous les patients ayant bénéficié d’une HDI avec une ARC sans héparine (amorçage au sérum salé, Qsang 300mL/min ; Qdial 500mL/min ; dialysat : citrate 0,8mM, calcium 0, magnésium 0,5M). La réinjection de calcium (300mM) en sortie de dialyse était adaptée à la DI mesurée toutes les 30minutes (Réinj [mL/min]=DI/200).

Résultats

Entre avril 2016 et janvier 2017, 35 patients ont bénéficié de 101 séances d’HDI par ce protocole d’ACR (ventilation mécanique 78 % ; norépinéphrine 13 %). La durée médiane de la séance a été de près de 290minutes (75 %>4heures, max. 6heures) avec un volume d’ultrafiltration de 2,3 litres (IQR : 1–2,8). Au total, 3/101 séances ont nécessité une interruption prématurée par coagulation du circuit, à chaque fois secondaire à une dysfonction majeure du cathéter de dialyse temporaire. La tolérance hémodynamique a été excellente. Le calcium ionisé (iCa) post-filtre était toujours dans les objectifs (0,35±0,17 et 0,38±0,14mmol/L à H1 et H3). L’iCa pré-filtre (systémique) était stable (1,15±0,006mmol/L). L’efficacité de l’épuration a été excellente (taux de réduction de l’urée et de la ß2-microglobuline de 64,5±4 % et 48±13 %, respectivement).

Discussion

L’excellente efficacité de l’anticoagulation, en l’absence de toute injection d’héparine, et l’absence de nécessité de surveiller l’iCa systémique permettent de moduler en continu la durée de la séance et donc l’UF horaire en fonction de la tolérance hémodynamique du patient. L’effet immunomodulateur du citrate (biocompatibilité) pourrait améliorer la tolérance des séances d’HDI en réanimation.

Conclusion

L’anticoagulation des séances d’HDI avec un bain au citrate sans calcium et une réinjection de calcium asservie à la DI est efficace, sûre, peu chère et ne nécessite pas de dosages d’iCa systémique itératifs.

Introduction

Les traitements d’épuration extrarénale utilisant des membranes à haute perméabilité associés à une chimiothérapie induisent une réduction du taux de chaînes légères libres (CLL) et permettent dans bon nombre de cas une amélioration de la fonction rénale [1,2]. Néanmoins l’utilisation de ces membranes a pour conséquence une perte importante d’albumine et un coût fort élevé. Le but de cette étude est d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle approche d’épuration associant membrane hyperperméable, une résine adsorbante et une réinfusion endogène (KIDNEY).

Patients et méthodes

Quatre patients atteints d’un myélome multiple (MM) associé à une néphropathie à cylindres myélomateux avec insuffisance rénale aiguë sévère (IRA) (3 patients avec CLL Kappa et 1 patient avec CLL Lambda) prouvée par biopsie rénale nécessitant un traitement par hémodialyse ont été épurés par la technique KIDNEY consistant en une convection avec une membrane hyperperméable (Synclear05), diffusion, adsorption et réinfusion. Ce traitement d’épuration a été entamé pour les patients 1, 2 et 4 dans les 3jours du diagnostic et pour le patient 4 dans les 40jours et a été associé à une chimiothérapie comportant bortézomib et dexaméthasone pour 3 patients et par bortézomib et cyclophosphamide pour un patient.

Résultats

Nous avons observé après un nombre moyen de 13 séances de 4heures chacune (10 à 14 séances) une réduction significative du taux de CLL ainsi qu’une stabilité du taux d’albumine. Trois mois après l’instauration du premier traitement d’épuration (KIDNEY), 2 des 4 patients avaient retrouvé une fonction rénale leur permettant de ne plus être hémodialysés. Les deux autres patients ont du poursuivre leur traitement par hémodialyse.

Discussion

La réduction rapide du taux CLL constitue un facteur de bon pronostic d’une récupération de la fonction rénale dans le myélome multiple (MM). La technique KIDNEY apparaît donc comme un traitement prometteur et efficace chez ces patients.

Conclusion

Le traitement par KIDNEY associé à une chimiothérapie permet efficacement de réduire le taux de CLL et ne requiert pas de supplémentation en albumine chez des patients présentant un MM avec néphropathie à cylindres myélomateux responsable d’une IRA.

Introduction

L’hémodialyse est une méthode de suppléance rénale permettant d’épurer le sang des toxiques normalement éliminés par les reins. L’insuffisance rénale aiguë (IRA) nécessite souvent le recours aux techniques d’épuration extrarénale (EER). Notre objectif était d’étudier le profil épidémiologique des malades ayant eu une hémodialyse en urgence.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale réalisée sur une période de 5 mois [octobre 2016–février 2017] ayant inclus tous les malades ayant eu une séance d’hémodialyse en urgence.

Résultats

Nous avons colligé 188 hommes et 114 femmes (sex-ratio 1,65) âgés en moyenne de 58±4 ans [15–90 ans]. Environ 53 % des malades étaient diabétiques et/ou hypertendus, 23 % avaient une insuffisance coronaire. L’insuffisance rénale chronique (IRC) était notée dans 75 % des cas. Les services d’origine étaient les urgences dans 46 % des cas ; la chirurgie cardiovasculaire, l’urologie, la chirurgie générale dans respectivement 10 % des cas. Les services de réanimation, de médecine et de gynécologie dans respectivement 11 %, 9 % et 6 % des cas. Les indications de la dialyse en urgence étaient l’œdème aigu du poumon, l’hyperkaliémie menaçante et l’acidose métabolique dans respectivement 30 %, 23 % et 10 % des cas. Une urémie mal tolérée et une anurie supérieure à 12heures étaient l’indication dans respectivement 8 % des cas et seulement une intoxication médicamenteuse dans 3 % des cas et une hypercalcémie maligne dans 2 % des cas. Les malades étaient intubés et ventilés dans 7 % des cas. La durée moyenne de la séance était de 3heures [1–4heures]. La voie d’abord était un désilet fémoral dans 77 % des cas, une fistule artério-veineuse dans 19 % des cas et un cathéter jugulaire interne dans 4 % des cas. Les complications per-dialytiques étaient une hypotension artérielle dans 13 cas (4 %), une hypoglycémie dans 4 cas (1,5 %), des douleurs thoraciques dans 3 cas (1 %). Un décès était noté dans seulement 1 % des cas.

Discussion

La morbi-mortalité chez les dialysés en urgence reste élevée. L’âge avancé, la sévérité du tableau clinique et le retard diagnostique influencent le pronostic de ces malades.

Conclusion

Un diagnostic précoce et efficace des insuffisances rénales aiguës ainsi que des IRC méconnues conditionne le devenir de ces patients.

Introduction

L’hyperparathyroïdie secondaire (HPTS) est une complication fréquente des patients hémodialysés (HD). Le cinacalcet diminue efficacement la PTH mais peu de données françaises sont disponibles quant à son efficacité en vie réelle. Notre objectif est donc d’évaluer le pourcentage de patients HD sous cinacalcet prescrit depuis 12 mois (M12) ayant une HPTS contrôlée, définie par un taux de PTH<9 fois la limite supérieure de la normale (KDIGO).

Patients et méthodes

Étude observationnelle, rétrospective, française, avec extraction des données issues de 7 centres utilisant la base de données Hemodial, des patients HD traités par cinacalcet entre 2005 et 2015 ; les valeurs à M0 sont celles enregistrées lors de l’instauration du cinacalcet.

Résultats

Au total, 1268 dossiers de patients analysés : 56,9 % d’hommes âgés de 64 ans (±16), en HD depuis en moyenne 4,3 ans (±5,6), suivis 21 mois en moyenne (±13) dont 645 ont des dosages de PTH et sont traités à M12. Parmi eux, 289 reçoivent des dérivés actifs de la vitamine D, et 335 des chélateurs du phosphate. À M12, 58,9 % (IC 95 %=[55,0–62,7]) sont contrôlés, dont 72,4 % l’étaient déjà M3 et à M6 et 41,1 % ne le sont pas, dont 42,3 % l’étaient à M3 ou M6 (Tableau 1).

Discussion

Dans cette étude de vie réelle, 58,9 % des patients traités par cinacalcet ont une HPTS contrôlée après 12 mois de traitement. Au total, 41,1 % des patients résistent ou échappent au traitement alors même que les doses prescrites de cinacalcet sont plus élevées.

Conclusion

Plusieurs facteurs pourraient expliquer le non-contrôle de la PTH sous cinacalcet, notamment la sévérité de l’HPTS et le manque d’observance au traitement.

Introduction

Les troubles du métabolisme minéral et osseux constituent l’une des complications fréquentes et graves de l’insuffisance rénale chronique (IRC). Les objectifs de ce travail étaient d’étudier le profil phosphocalcique de nos patients hémodialysés chroniques, apprécier l’impact de TMO-MRC sur la qualité de vie de nos patients, et évaluer la conformité des indicateurs du bilan phosphocalcique par rapport aux recommandations internationales (KDOQI et KDIGO).

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive et transversale étalée sur une période de 6 mois allant du 1er janvier au 30 juin, incluant tous les patients hémodialysés chroniques au centre hospitalier national de Nouakchott depuis au moins 6 mois et ayant bénéficié d’un bilan phosphocalcique.

Résultats

Sur une période de six mois nous avons inclus 60 patients. L’âge moyen est de 48 ans avec un sex-ratio de 0,5. Les signes cliniques les plus fréquents sont des douleurs articulaires dans 57 % des cas, des douleurs osseuses diffuses dans 65 % des cas, un prurit dans 42 % des cas et une insomnie dans 29 % des cas. Par rapport aux recommandations internationales KDOQI, la conformité est de 47 %, 57 % et 15 % respectivement pour la calcémie, la phosphatémie et la PTH ; alors que pour les KDIGO elle est de l’ordre de 46 %, 31 % et 38 % pour respectivement les trois paramètres sus cités. Sur le plan radiologique ; nous avons retrouvé des calcifications vasculaires dans 16 % des cas, des résorptions sous périostées dans 26 % des cas, des déminéralisations osseuses dans 33 % des cas et des traits de fractures dans 6,66 %.

Discussion

L’IRC est en augmentation constante dans notre pays. Les troubles du métabolisme minéral et osseux sont des manifestations fréquentes chez les patients porteurs de maladie rénale chronique. Ils conditionnent le pronostic vital et fonctionnel de ces malades.

Conclusion

Notre étude peut servir comme une première « photographie » de la prise en charge des TMO des patients hémodialysés dans notre pays. Malgré le manque des moyens et le coût des traitements, une remise en question est nécessaire pour améliorer notre prise en charge. D’autres études doivent suivre cette étude en se basant sur les bonnes pratiques et les recommandations internationales.

Introduction

L’hyperparathyroïdie (HPT) ectopique est souvent cause d’échec chirurgical par persistance de l’HPT en postopératoire, elle est retrouvée chez 22 % des malades en HPT secondaire ou tertiaire et 13 % présentent une parathyroïde surnuméraire. L’intérêt de la scintigraphie en préopératoire est indéniable toutefois, elle n’est pas systématiquement. L’objectif de cette étude est de rapporter les localisations des parathyroïdes ectopiques chez les patients en HPT tertiaire versus HPT primaire afin de guider les chirurgiens dans l’acte chirurgical et d’évaluer la place de la scintigraphie MIBI autant que bilan préopératoire systématique.

Patients et méthodes

Étude rétrospective monocentrique incluant tous les cas d’HPT ectopique ayant bénéficié d’une scintigraphie parathyroïdienne au MIBI au service de médecine nucléaire de 2010 à 2016, celle-ci a été réalisée dans l’HPT primaire à but diagnostic et dans l’HPT tertiaire après échec thérapeutique de la parathyroïdectomie. Le total des malades a été divisé en 2 groupes : HPT primaire (G1) et tertiaire à une insuffisance rénale chronique (G2).

Résultats

Un total de 151 patients ont eu une scintigraphie parathyroïdienne durant la période de l’étude dont 137 pour HPT primaire ou tertiaire (les secondaires éliminées vu la mauvaise fixation à la scintigraphie). Une hyperparathyroïdie ectopique a été noté chez 6 % (n=8), dont 50 % (n=4) du G2. L’étude comparative chez les 2 groupes a révélé la prédilection féminine du G1 et masculine du G2, les localisations ectopiques étaient semblables : basicervicale (n=1), médiastinale supérieure (n=2) et sous-mandibulaire (n=1) pour le G1 et basicervicale (n=2), médiastinale supérieure (n=1) et sous-maxillaire (n=1) pour le G2. Chez deux patients du G2 la parathyroïde ectopique était surnuméraire.

Discussion

Le taux d’échec thérapeutique après parathyroïdectomie varie entre 6–14 % des cas d’hyperparathyroïdie, les sièges des ectopiques sont habituellement pericarotidien, rétropesophagien le médiastin supérieur, intrathymique et intrathyroïdien. Dans notre série une autre localisation sous mandibulaire a été notée.

Conclusion

Compte tenu de la fréquence des parathyroïdies ectopiques et surnuméraires, les explorations préchirurgicales par imagerie morphologique et surtout fonctionnelles restent très utiles pour guider la chirurgical et ainsi offrir une meilleure chance de réponse au traitement.

Introduction

L’oxyhydroxide sucroferrique (OHS) est un nouveau chélateur à base de fer disponible en France depuis le mois de juin 2016. Nous rapportons notre expérience sur une série de 42 patients pris en charge depuis cette période.

Patients et méthodes

Au total, 42 patients dialysés dont 4 patients en dialyse péritonéale (âge 67 ans). Le traitement a été introduit progressivement (1 comprimé [cp] de 500mg semaine 1, 2 cps semaine 2 et 3 cps semaine 3 si la phosphatémie (PPO4) était supérieure à 1,75mmol/L). Pour 10 patients, il s’agissait de la substitution d’un chélateur en raison d’une intolérance, pour 29 patients de l’ajout d’OHS pour obtenir un phosphatémie inférieure à 1,75mmol/L. Treize patients, naïfs de tout chélateur ont débuté l’OHS.

Résultats

Pour l’ensemble des patients, PPO4 a diminué de −0,36mmol à un mois, de −0,4mmol à M3 et −0,44mmol à M6, la dose médiane d’OHS étant de 2,07 cps par jour. Pour les patients naïfs de tout chélateur, PPO4 a diminué de −0,44 à M1, 0,54 à M3 et −0,64mmol à M6 avec une dose médiane de 2,3 cps/j. Pour les patients recevant une association, après OHS, PPO4 a diminué de −0,32 à M1, −0,38 à M3 et −0,46mmol à M6 avec une dose médiane de 2,14 cps/j. Onze épisodes de diarrhées ont été observés. Huit patients ont arrêté le traitement dont 5 en raison de la persistance de la diarrhée, 3 pour inconfort digestif et 1 pour constipation. Il n’y a pas eu de modification significative du bilan martial.

Discussion

Dans notre série, on retrouve les résultats de l’étude PA-CL-05A ayant conduit à la mise sur le marché. La baisse de PPO4 est d’environ −0,4mmol pour 1g d’OHS. Les effets 2nd sont dominés par la diarrhée qui est précoce (dans le premier mois) et si elle persiste conduit à l’arrêt du produit. Le pourcentage d’arrêt est de 19 % donc comparable à l’étude PA-CL-05A (16 %).

Conclusion

Ces données confirment que l’OHS est un chélateur puissant permettant de réduire la phosphatémie avec un nombre réduit de cps. La diarrhée est un effet secondaire significatif apparaissant dès le début du traitement mais assez souvent transitoire. L’OHS est donc un nouveau chélateur du phosphore à privilégier en cas d’intolérance ou de contre-indication aux autres molécules. Il reste à vérifier que son utilisation avec un nombre réduit d’unité thérapeutique puisse favoriser l’observance thérapeutique.

Introduction

Les troubles du métabolisme minéral et osseux (TMO) sont fréquents en hémodialyse chronique. Le risque élevé des complications liées à ces troubles justifie une prévention et un traitement adaptés.

Le but de notre étude est de caractériser notre population et objectiver la relation entre les phosphatases alcalines et la PTH afin de différencier le high turnover du low turnover selon les recommandations KDIGO 2009 et les données récentes.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude prospective observationnelle sur une période de quinze mois (juillet 2015–septembre 2016). Les marqueurs biochimiques des troubles minéraux osseux-IRC ont été mesurés chez 60 patients hémodialysés.

Résultats

Un total de 60 patients hémodialysés a été étudié, la moyenne des PAL chez les patients avec iPTH<2 XLSN, entre 2–9 XLSN et >9 XLSN était respectivement : 230,6, 217, 592,15UI/L, La fréquence des anomalies de la vitamine D était : <30ng/L, >50 et entre 30–50 respectivement : 72 %, 8 %, 20 %. La fréquence des anomalies de la PTH<130 (<2 XLSN)>585(>9 XLSN) et entre 2–9 XLSN respectivement : 55 %, 17 %, 28 %. Il y avait une corrélation positive significative entre les phosphatases alcalines et la iPTH (r : 0,563, p=0,0001).

Discussion

Alors que les phosphatases alcalines étaient un paramètre traditionnel de la surveillance de l’hémodialysé, il semblait avoir perdu la faveur, probablement parce que les recommandations KDOQI ne l’ont pas inclus et ne suggèrent pas de valeurs seuils ou de cibles. Une association robuste et incrémentielle entre phosphatase alcaline et la mortalité cardiovasculaire, cela peut témoigner de l’effet délétère du turnover élevé. Contrairement à la PTH les PAL n’ont pas la fameuse courbe en « U » en association avec la mortalité.

Conclusion

Les phosphatases alcalines sont un marqueur fiable du high turnover dans la population étudiée. La fréquence élevée de l’adynamie osseuse nous pousse à réfléchir quant à la prise en charge des hémodialysés.

Introduction

La maladie rénale chronique est associée à des anomalies du métabolisme osseux, qui peuvent être explorées de façon non invasive par des biomarqueurs sériques. Cependant, les performances de ces marqueurs restent modestes en évaluation transversale et un suivi dynamique pourrait permettre de meilleures performances. Le but de notre étude est d’évaluer les pentes d’évolution de différents marqueurs du métabolisme osseux de patients en hémodialyse chronique (HDC) vis-à-vis de celle de la parathormone (PTH).

Patients et méthodes

Nous avons évalué les pentes d’évolution de la PTH de 3e génération (DiaSorin Liaison), de N-propeptide de procollagène de type 1 (PINP), isoforme 5b de la phosphatase acide résistante au tartrate (TRAP-5b), ostéocalcine (OSC), télopeptide C-terminal de collagène de type 1 (CTX) et phosphatase alcaline osseuse (b-ALP) et de la sclérostine (TecoMedical Sclerostin HS) par un prélèvement à M0, M1,5, M6 et M12 chez des patients en HDC de 3 centres belges. Les pentes sur ces 4 points étaient comparées par régression linéaire et coefficient de Pearson (significativité à 0,008, bonferroni).

Résultats

Un total de 94 patients a été inclus. Les pentes moyennes étaient : +0,77±16,4pg/mL/mois (PTH), +4,58±17,2ng/mL/mois (PINP), −0,04±0,25U/L/mois (TRAP-5b), de +5,93±16,4ng/mL/mois (OSC), +7,91±158ng/L/mois (CTX), +1,13±2,8μg/L (b-ALP) et –0,015±0,034ng/mL/mois (sclérostine). La corrélation des pentes biomarqueurs/PTH était significative pour CTX (coefficient +0,05 ; R=0,50 ; p<0,0001), pour b-ALP (+2,43 ; R=0,41 ; p<0,0001), pour PINP (+0,27 ; R=0,29 ; p=0,004). Aucune relation n’existait entre les pentes de PTH et celles de l’OSC (+0,23 ; R=0,22 ; p=0,028), de TRAP-5b (−0,40 ; R=−0,006 ; p=0,95), et de la sclérostine (−71,7 ; R=−0,15 ; p=0,15).

Discussion

Les pentes de CTX, b-ALP et de PINP sont les plus fortement associées avec celles de la PTH, avec une corrélation positive. Les autres marqueurs ne sont pas significativement corrélés à cause de la nature de la PTH qui n’est pas un marqueur osseux en lui-même ou bien encore à cause de sa grande variabilité intra-individuelle.

Conclusion

L’évaluation dynamique sur 1 an des biomarqueurs osseux à l’aide des pentes de régression linéaire montre une corrélation forte entre b-ALP, CTX et PINP avec la PTH.

Introduction

Certains patients hémodialysés nécessitent de fortes doses d’EPO pour maintenir une hémoglobinémie correcte sans qu’aucune cause de résistance n’ait été retrouvée. La vitamine C a déjà montré son intérêt chez les patients avec carence martiale fonctionnelle. Cette étude compare les posologies de prescriptions d’EPO avant et après l’introduction d’une supplémentation en vitamine C chez ces patients considérés résistants à l’EPO.

Patients et méthodes

Cette étude rétrospective inclut 13 patients en hémodialyse conventionnelle chronique requérant des posologies d’EPO supérieures à 200UI/kg/semaine ou équivalent sans carence martiale. Ces patients ont été traités pendant 5 à 7 mois par 1 gramme de vitamine C IV perdialytique lors de la dernière séance de dialyse hebdomadaire. La dose d’érythropoïétine (EPO), la dose de fer, l’hémoglobinémie, le bilan martial ont été analysés. Les comparaisons de proportions et médianes ont été respectivement réalisées à l’aide du test exact de Fisher et du test de rang de Wilcoxon pour échantillon apparié.

Résultats

Sous traitement par vitamine C, la dose médiane d’EPO passe de 265UI/kg/semaine (min. : 223–max. : 406) en début d’étude à 172UI/kg/semaine (48–417) en fin d’étude (p=0,03). Les posologies de fer intraveineux diminuent de façon significative passant de 215mg/semaine (0–563) en début à 80mg/semaine (0–552) (p=0,01) en fin d’étude. L’hémoglobinémie est restée stable au cours de l’étude avec 10,8g/dL (8,1–13,8) en début et 11,4g/dL (6,5–14,5) (p=0,21) en fin d’étude. La ferritinémie est stable au cours de l’étude (p=0,68). Aucun effet secondaire lié à la vitamine C n’a été constaté.

Discussion

Ces résultats suggèrent que la supplémentation en vitamine C chez ces patients résistants ou nécessitant de fortes doses d’EPO est associée à une diminution des doses d’EPO et de fer au cours de l’étude sans modification de l’hémoglobinémie. Les limites de cette étude sont l’absence de groupe témoin et son faible effectif. Des études avec groupe contrôle sont nécessaires pour valider ou non cette thérapeutique.

Conclusion

Une supplémentation en vitamine C chez les patients requérant de fortes doses d’EPO semble permettre de diminuer les doses d’EPO et de fer en maintenant une hémoglobinémie stable.

Introduction

Le score du groupe ARNos de dénutrition protéinoénergétique (DPE) (0=sévère à 4=adéquat) dépend de variables disponibles en pratique courante (Alb, IMC, Créat, nPCR). Il prédit la survie en HD. Toute augmentation du score est corrélée à une survie allongée. Il permet d’identifier les sous-groupes de patients présentant un risque de mortalité et un besoin de support nutritionnel. Ce travail évalue rétrospectivement si ce score de DPE est applicable en DP.

Patients et méthodes

Au total, 76 patients suivis entre 03/05 et 06/16, dont 58 patients ont des données disponibles. Nous avons identifié 4 groupes : Score DPE=0–1 (Gr. 1 : dénutrition sévère) ; Score=2 (Gr. 2 : dénutrition modérée) ; Score=3 (Gr. 3 : dénutrition légère) et Score=4 (Gr. 4 : normal). Nous avons analysé les associations entre le score de DPE et les résultats biologiques et cliniques.

Résultats

Le Tableau 1 décrit l’association entre les paramètres clinico-biologiques et le score de DPE. Au total, 34 patients (58 %) présentent une dénutrition modérée et sévère (Gr. 1 et 2). Tous les paramètres sont significativement altérés dans le Gr. 1 contre le Gr. 4, à l’exception de Kt/V.

Discussion

Le score ARNos est associé aux comorbidités et à la survie. Un suivi plus long et un nombre plus élevé de patients sont nécessaires pour préciser sa place en DP.

Conclusion

Le score ARNos identifie les sous-groupes de patients présentant un risque de mortalité élevé chez lesquels un support nutritionnel est nécessaire.

Introduction

L’observance thérapeutique dans les maladies de longue durée constitue un problème de santé publique mondial. L’objectif de notre étude est d’évaluer l’observance thérapeutique chez les patients hémodialysés chroniques et d’identifier les principaux obstacles à une bonne observance.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude transversale en mars 2017 à l’unité d’HD appartenant à notre service. Ont été inclus dans cette étude tous les patients bénéficiant des séances d’hémodialyse itérative durant la période d’étude et ayant acceptés de répondre à nos questions. Nous avons recueilli tous les données démographiques, socioéconomiques, pharmacologiques ainsi que de celles concernant l’observance vis-à-vis du médicament. Arbitrairement tout patient n’ayant pas pris un médicament au moins trois fois pendant la période d’étude était considéré comme mal observant.

Résultats

Notre étude a porté sur 68 patients hémodialysés chroniques. L’âge moyen des patients était de 44,45 ans (extrêmes : 18–75) avec une durée moyenne en hémodialyse de 3,77 ans soit 45,35 mois (extrêmes : 1 mois–25 ans soit 300 mois). Le sex-ratio est de 1,61 (42 H/26 F), 73,52 % (50 patients) ont un bas niveau socioéconomique, 57,35 % (43 patients) ont un niveau d’étude primaire, 48,52 % (33 patients) ont plus que 3 médicaments. Au total, 39 malades (57,35 %) sont mal observants, les causes de non-observance étaient : la lassitude des traitements dans 20 cas (29,41 %), l’oubli dans 19 cas (27,94 %), la saveur ou la forme galénique d’un médicament dans 16 cas (23,52 %), la sensation d’inefficacité du traitement dans 7 cas (10,29) et la rupture de stock à la pharmacie de l’hôpital dans 6 cas (8,82).

Discussion

La bonne observance thérapeutique a été observée chez les patients ayant un niveau éducationnel plus élevé, dialysés depuis une durée plus courte, les sujets jeunes ayant un bon soutien familial et les sujets âgés aidés par une tierce personne.

Conclusion

L’observance thérapeutique est importante chez les patients dialysé afin d’amélioré les troubles biologique et par la suite la qualité de vie des dialysé chroniques.

La connaissance des facteurs de la non-observance nous permettra une meilleur prise en charge ainsi d’adapter éducation efficace des patients dialysés.

Introduction

La polykystose rénale autosomique dominante (PRAD) est une cause fréquente d’insuffisance rénale terminale. Une dérégulation, centrale et périphérique, de l’hormone anti-diurétique (ADH) a été décrite dans la PRAD. Vu le rôle de l’ADH dans la perception de soif, nous avons investigué la prise de poids interdialytique (PPiD) chez le patient polykystique en hémodialyse chronique.

Patients et méthodes

De janvier 2010 à décembre 2015, les patients polykystiques en hémodialyse chronique (≥3 mois) ont été rétrospectivement identifiés, et systématiquement appariés aux contrôles selon le sexe, l’âge et le poids sec. Les données cliniques et biologiques ont été collectées, et comparées statistiquement selon Mann-Whitney ou Student t-test (seuil significatif, p≤0,05).

Résultats

Les 28 patients (14 PRAD et 14 contrôles) ne diffèrent pas statistiquement en termes de sexe (8 femmes par groupe), d’âge (58±13 vs 63±15 ans), de poids sec (67,6±12,6 vs 67,5±12,5kg), de durée de l’hémodialyse chronique (26,4±21,5 vs 26,5±16,5 mois), ou de diurèse résiduelle moyenne (100±550 vs 300±850mL/j). Le taux d’hémoglobine glyquée est ≤7,5 % chez les 28 patients. La PPiD moyenne est statistiquement plus basse chez les patients polykystiques (1,49±0,94kg) par rapport aux contrôles (1,57±1,08kg ; p=0,003). La natrémie prédialytique moyenne est statistiquement plus élevée chez les patients polykystiques (140±3,5 vs 137±3,2mM ; p=1,06 10–26). Les pertes extrarénales sont similaires dans les 2 groupes.

Discussion

Dans cette série monocentrique, les patients polykystiques présentent une plus faible PPiD que les sujets contrôles, malgré une natrémie prédialytique plus élevée. Ces observations suggèrent un reset du seuil osmotique de la sensation de soif en cas de PRAD.

Conclusion

Les patients polykystiques en hémodialyse chronique présentent une diminution de la perception de soif.

Introduction

L’accumulation ou la carence en micronutriments des patients hémodialysés (HD) dépend des apports alimentaires et de leur élimination rénale ou par la dialyse. En règle générale les molécules hydrophiles sont épurées par la dialyse alors que les molécules lipophiles s’accumulent. Certains composés ont un métabolisme plus complexe. Nous avons analysé les déterminants de la concentration plasmatique en rétinol, tocophérol et caroténoïdes des HD et analysé s’ils étaient prédictifs de la mortalité.

Patients et méthodes

Étude monocentrique, observationnelle, longitudinale. Recueil des données habituelles et des concentrations plasmatiques de rétinol, transthyrétine (TT), retinol binding protein 4 (RBP4), tocophérol, caroténoïdes ainsi que des facteurs associés à la mortalité à 1 an.

Résultats

Au total, 123 patients HD d’âge médian de 77,5 [69,5–84,5] ans, 58,5 % d’hommes. La médiane des taux de rétinol était de 4,07 [2,65–5,51]μmol/L ; 91,9 % des HD avaient une concentration élevée. En analyse monovariée, les taux de rétinol étaient inversement corrélés à la mortalité (HR=0,57 [0,45–0,72] ; p<0,001). Cette corrélation était significative après ajustement sur de nombreux paramètres, mais disparaissait dès que la TT était ajoutée au modèle. La TT était très corrélée aux taux de rétinol. Cela suggère que le rétinol n’est qu’un marqueur indirect de la mortalité. La concentration de tocophérol était de 34,8 [28,3–42,9]μmol/L ; 72,4 % des patients avaient une concentration élevée. Ni les concentrations de tocophérol, ni celles des caroténoïdes, n’étaient corrélées avec la mortalité dans l’analyse multivariée.

Discussion

Nous suggérons que le lien entre taux de rétinol et mortalité n’est pas un effet métabolique du rétinol. Le rétinol est plutôt un marqueur indirect du statut nutritionnel. En effet, le taux plasmatique de rétinol n’est pas représentatif des stocks de vitamine A de l’organisme. Le rétinol est stocké dans les cellules hépatiques. Pour en sortir, il nécessite la présence de RBP4 et de TT. Or chez l’HD, l’accumulation de RBP4 et la baisse de la TT induisent que le facteur limitant la sortie dans le plasma de rétinol est la TT.

Conclusion

Les concentration plasmatique de rétinol doit être interprétée prudemment chez l’HD. Elle n’est probablement qu’un marqueur indirect du taux de plasmatique de TT.

Introduction

L’épuration des moyennes molécules (MM), l’inflammation et l’état nutritionnel sont des facteurs déterminants dans le pronostic des patients hémodialysés chroniques. Les dialyseurs de haute perméabilité (HP) permettent en hémodialyse conventionnelle une épuration des MM en entraînant une perte d’albumine qui peut limiter leur utilisation. Leur effet sur la production et l’élimination des cytokines pro-inflammatoires (CKI) n’a pas été étudié.

Patients et méthodes

Trente patients ont été inclus dans une étude observationnelle. Trois types de membranes de HP de surface identique (2m2) ont été comparées en hémodialyse conventionnelle : PEPA (low pore size) (5 patients), hélixone (18 patients), polyphénylène (7 patients). Les taux de réduction (RR) de l’urée, du phosphore, de la créatinine, de la β2 microglobuline, de la myoglobine et de la RBP ont été mesurés au cours d’une séance d’hémodialyse. Les concentrations plasmatiques des CKI (IL-6, TNFα et IL-1β) ont été mesurées avant et après la séance. La perte d’albumine dans le dialysat effluent a été mesurée avec la membrane polyphénylène.

Résultats

Les Kt/V et les RR des petites molécules sont identiques selon le type de membrane. Les RR de la β2 microglobuline sont comparables alors que les RR de la myoglobine de PEPA et polyphénylène sont plus élevés que ceux de l’hélixone (0,50±0,14, 0,59±0,13 vs 0,24±0,06, p<0,0001). Le RR de la RBP de polyphénylène est plus élevé que celui d’ hélixone (0,37±0,15 vs 0,09±0,25, p=0,013). Les concentrations de CKI ne varient pas significativement entre le début et la fin de la séance. La perte d’albumine dans le dialysat pour polyphénylène, membrane la plus performante, est de 1,97±1g/séance.

Discussion

Il existe des différences significatives entre les membranes pour l’épuration des MM les plus lourdes (myoglobine PM=17 184Da et RBP PM=21 200Da). Les valeurs sont identiques à celles retrouvées en hémodiafiltration. La membrane la plus performante n’entraîne pas de perte d’albumine au-delà des seuils recommandés (5g/séance). Il n’est pas observé d’augmentation significative des CKI.

Conclusion

L’hémodialyse conventionnelle avec la membrane de HP polyphénylène permet une épuration des moyennes molécules proche de celle obtenue en hémodiafiltration sans génération de CKI et sans risque de dénutrition protéique par perte d’albumine.

Introduction

L’introduction de concentré de dialyse au citrate, en place de l’acétate, a permis d’améliorer la biocompatibilité et de prévenir, en partie, la coagulation dans le dialyseur. Le but de notre étude rétrospective en hémodialyse conventionnelle, est d’évaluer l’impact de l’utilisation d’un concentré citrate à 1mmol/L comparativement au concentré acétate à 3mmol/L sur le bilan calcique et acido-basique, l’équilibre hémodynamique, et l’adéquation de la dialyse.

Patients et méthodes

Au total, 66 patients en hémodialyse conventionnelle depuis plus de 6 mois ont été inclus. Chaque patient était son propre témoin. La balance calcique, le statut acido-basique, l’équilibre hémodynamique, et le Kt/V par la dialysance ionique ont été évalués sur trois périodes de plus de 2 mois : période 1 : dialyse à l’acétate avec [Ca2+] à 1,5 ou 1,75mmol/L ; période 2 : dialyse au citrate avec [Ca2+] à 1,5 ou 1,75mmol/L ; période 3 : dialyse au citrate avec [Ca2+] à 1,65 ou 1,75mmol/L. Les paramètres ont été comparés entre la période 1 versus période 2, et période 1 versus période 3 ; puis en réalisant une approche stratifiée selon le taux de calcium du concentré.

Résultats

Les calcémies pré- et post-dialytiques ainsi que les bicarbonatémies pré- et post-dialytiques sont significativement plus basses (p<0,001) lors des dialyses au citrate versus acétate. Nous n’avons pas observé de différence significative sur les pressions artérielles pré- et post-dialytiques. En revanche, les pressions artérielles per-dialytiques étaient significativement plus basses lors des dialyses au citrate. Une élévation non significative du Kt/V lors des dialyses au citrate versus acétate a été observée.

Discussion

La baisse des calcémies semble liée à la chute du calcium ionisé dans le bain citrate où son taux est divisé par 2 par rapport au bain acétate par formation de citrate tricalcique favorisant aussi la baisse tensionnelle per-dialytique. La tendance à l’acidose peut être en rapport avec un métabolisme hépatique insuffisant du citrate.

Conclusion

Ces résultats suggèrent que le bain citrate en hémodialyse conventionnelle nécessite des ajustements des prescriptions de calcium et de bicarbonate. Des études supplémentaires sont nécessaires afin de confirmer nos observations et d’évaluer le bénéfice des bains au citrate sans acétate sur la survie globale et la survenue d’évènements cardiovasculaires.

Introduction

L’anticoagulation la plus utilisée lors de l’hémodialyse intermittente (HDI) est l’héparine mais qui augmente le risque hémorragique. L’anticoagulation régionale au citrate est utilisée en épuration extrarénale continue à cause de son efficacité, de sa tolérance et d’une diminution du risque hémorragique. L’objectif de cette étude était de comparer l’efficacité et la tolérance d’une anticoagulation régionale au citrate par rapport à l’anticoagulation systémique à l’héparine lors des HDI dans une unité hospitalière de dialyse de repli.

Patients et méthodes

Étude rétrospective observationnelle au CHU de Clermont-ferrand analysant 3 groupes : HDI avec une anticoagulation par héparine du 1er janvier au 28 février 2015, HDI avec une anticoagulation par héparine ou par citrate du 1er janvier au 30 avril 2016. Le critère d’évaluation principal était la dose de dialyse évaluée par le Kt/V rapporté à la durée de la séance (Kt/V horaire). Les critères d’évaluation secondaires étaient la fréquence des arrêts prématurés des HDI, des accidents hémorragiques, des hypotensions artérielles, et les survenues d’une hypocalcémie nécessitant une intervention.

Résultats

Quatre cent soixante-treize HDI ont été analysées incluant 109 HDI 2015, 142 HDI citrate 2016 et 222 HDI héparine 2016. Le Kt/V horaire était significativement meilleur pour les HDI citrate 2016 par rapport au HDI héparine 2016 (0,29 vs 0,26, p<0,05). Il existait plus d’arrêts prématurés dans le groupe citrate 2016 par rapport au groupe héparine 2016 (9,9 % vs 5,4 %, p<0,05), sans retentissement sur la durée moyenne des séances. Ces arrêts étaient principalement dus à une coagulation du circuit, sans différence trouvée entre les groupes. La tolérance de la séance (nécessité de transfusion, apparition d’une hypotension artérielle ou de troubles ioniques) était comparable entre les 3 groupes. Aucun accident grave dyscalcémique n’a été observé.

Discussion

L’anticoagulation par citrate pourrait avoir un impact sur la mesure de la dialysance ionique, cependant, aucune donnée dans la littérature n’a été trouvée en faveur de cette hypothèse.

Conclusion

L’anticoagulation régionale au citrate en HDI n’a pas de performance dialytique inférieure et a une tolérance comparable à celles de l’anticoagulation systémique par héparine. Au vu de ces résultats, l’anticoagulation régionale au citrate pourrait être une alternative efficace à l’anticoagulation systémique par héparine pour les hémodialyses intermittentes.

Introduction

L’échange plasmatique (EP) est une technique d’épuration extrarénale permettant l’élimination d’un anticorps circulant ou d’apporter une protéine déficiente responsable de la maladie. Le but de notre travail est de déterminer les indications et la prévalence des EP en milieu néphrologique ainsi que les complications et les résultats de ces EP.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective incluant les patients admis de janvier 2011 à décembre 2016 et qui ont bénéficié des EP. Nous avons analysé les indications, les données clinico-biologiques ainsi que les complications et l’impact sur le pronostic rénal et vital.

Résultats

Nous avons colligé 12 patients d’âge moyen de 40 ans (10–74 ans) et de sex-ratio de 1. Les indications étaient un rejet aiguë dans 5 cas (41,6 %), un syndrome de Good-pasture dans 3 cas (25 %), un SHU du post-partum dans 2 cas (16,6 %), une récidive précoce d’une HSF en postgreffe et une PTT dans 1 cas chacun (8,3 %). Le nombre moyen des séances d’EP était de 12 (3–45). La solution de substitution était l’albumine dans 3 cas (25 %), la plasma frais congelée dans 3 cas (25 %) et les deux à la fois dans 6 cas (50 %). Les EP étaient associées à un traitement immunosuppresseur à type de corticothérapie dans 10 cas (83,3 %), cyclophosphamide dans 3 cas (25 %) et l’éculizumab dans 1 cas (8,3 %). Les indications d’arrêt des EP étaient les complications infectieuses dans 3 cas (25 %), le choc anaphylactique dans 1 cas (8,3 %), le décès dans 2 cas (16,3 %) et l’absence d’amélioration de la fonction rénale dans les cas restants (50 %). Les complications étaient des troubles de l’hémostase dans 4 cas (33,3 %), infectieuse dans 3 cas (25 %) et des réactions allergiques dans 1 cas (8,3 %). Une hypocalcémie a été observée dans 3 cas (25 %). La rémission partielle a été obtenue dans 4 cas (33,3 %) et le passage en hémodialyse dans 6 cas (50 %).

Discussion

L’EP est une technique d’aphérèse non sélective par filtration ou centrifugation permettant l’épuration rapide de substances pathogènes de haut poids moléculaire. Un traitement immunosuppresseur est en général associé pour réduire l’effet rebond de la substance épurée. Ces EP réalisent une contribution majeure en termes de pronostic dans certaines indications. La tolérance est généralement bonne.

Conclusion

Les EP gardent une place importante en milieu de néphrologie. Une surveillance clinique et biologique est nécessaire en raison du risque de complication.

Introduction

Le patient en dialyse est confronté à de nombreuses situations anxiogènes et/ou douloureuses. Depuis trois ans dans notre association, nous proposons l’hypnose comme une thérapeutique supplémentaire pour soulager ces symptômes. Nous remarquons certains freins au développement et au bon déroulement de l’hypnose pendant les soins. Pour mieux les comprendre et proposer des pistes d’amélioration, nous avons recueilli la perception des soignants sur ce nouveau savoir-faire.

Patients et méthodes

Nous avons proposé un questionnaire à toutes les infirmières (25) d’un centre lourd.

Résultats

Le taux de réponse est de 100 %. Au total, 80 % des soignants ont plus de 5 ans d’ancienneté en dialyse. Au total, 24 % des infirmières ont été formées à l’hypnose et 92 % ont reçu une information qui leur a permis de comprendre le déroulement d’une séance (60 %) et son intérêt pour les patients (90 %). Au total, 72 % des infirmières souhaiteraient des informations supplémentaires sur leurs attitudes à adopter pendant leurs soins réalisés sous hypnose. Pour toutes, l’hypnose est un outil supplémentaire à notre arsenal thérapeutique, d’ailleurs 96 % estiment qu’elle doit être davantage proposée aux patients. Plus de la moitié des soignants décrivent, pendant les soins sous hypnose, une diminution de l’appréhension du patient et de la perception de la douleur. Ces effets sur le patient diminuent le stress du soignant (58 %). De plus, 30 % des infirmières sont apaisées par la voix hypnotique et les images suggérées. Au total, 100 % des professionnels notent une amélioration de la prise en charge globale du patient. Toutes sont satisfaites de ce nouvel outil supplémentaire pour soulager l’anxiété et la douleur des patients.

Discussion

L’hypnose est perçue positivement par les soignants car elle améliore le bien-être du patient et des soignants pendant les soins. En revanche, certains soignants ne savent quelle attitude adopter pendant ces soins ce qui expliquerait les freins observés.

Conclusion

Il apparaît donc nécessaire de communiquer davantage sur l’hypnose pour améliorer la collaboration entre les différents professionnels créant un environnement favorable au bon déroulement d’une séance d’hypnose et ainsi optimiser son efficacité.

Introduction

La dialyse adéquate (DA) doit corriger les anomalies métaboliques et offrir les meilleures chances de survie. Elle est quantifiée en hémodialyse (HD) par l’index Kt/V urée (single-pool) dont la cible recommandée est de 1,4 chez l’hémodialysé chronique (HDC) traité par 3 séances par semaine. Le but est d’évaluer l’impacte de l’augmentation du calibre des aiguilles artério-veineuses (AV) sur la DA et l’épuration du K+.

Patients et méthodes

Étude prospective, 40 séances d’HD étaient évaluées chez 20 HDC depuis au moins 6 mois, par prothèse ou fistule AV (FAV). Pendant la 1re phase, des séances par aiguille métallique de 16-gauge (groupe A) étaient réalisées puis, pendant la 2e phase, on a augmenté le calibre de l’aiguille à 15-gauge (groupe B) sans changement des autres paramètres d’HD (débit de sang, débit de dialysat, bain de dialyse, durée de la séance, distance entre les aiguilles). Nous avons comparé le temps de compression, la pression veineuse (PV), le Kt/V urée (Daugirdas 2e génération), le pourcentage de réduction de l’urée (PRU) et la différentielle du K+ (ΔK+=K+0−K+4h), entre ces deux groupes.

Résultats

Vingt patients (8 [40 %] femmes et 12 [60 %] hommes), d’âge moyen de 55,35±15,8 ans, d’ancienneté médiane d’HD de 56,5 mois, 18 (90 %) avaient une FAV et 8 (40 %) étaient diabétiques. La moyenne de Kt/V urée, PRU et ΔK+ étaient significativement plus importants dans le groupe B que dans le groupe A (Kt/V urée : 1,93±0,9 vs 1,72±0,22 ; p<0,001 ; PRU : 80,15±3,32 vs 76,45±4,85 % ; p<0,001 ; ΔK+ : 1,87±1 vs 1,42±0,9meq/L ; p=0,029). Cependant, la PV est significativement mois importante dans le groupe B par rapport au groupe A (PV : 119±29 vs 142±40mmHg ; p=0,002). Concernant le temps de compression (min), il n’y avait pas de différence significative entre les deux groupe (groupe A : 10,30±1,4 vs groupe B : 10,55±1,6 ; p=0,096).

Discussion

La durée d’HD et les débits (sang et dialysat) sont des facteurs de DA et d’épuration du K+. Cependant, il est contraignant de les augmenter en pratique à cause de la faible compliance des HDC et de l’impacte économique. Notre étude suggère que l’augmentation du calibre des aiguilles AV permet une optimisation de l’HD sans modification des autres paramètres.

Conclusion

L’augmentation du calibre des aiguilles est une option intéressante pour atteindre une DA et optimiser l’épuration du K+.

Introduction

L’érythraphérèse thérapeutique est une technique d’aphérèse qui permet chez le patient drépanocytaire de soustraire de façon élective et efficace les hématies pathologiques présentes en excès. L’accès veineux est le principal obstacle à sa réalisation.

Observation

Il s’agit d’un patient de 53 ans porteur d’une drépanocytose SS sévère traitée par protocole d’érythraphérèse nouvellement mis en hémodialyse chronique. La mise en hémodialyse a permis la poursuite de son traitement par érythraphérèse en combinant les deux techniques au cours d’une même séance. Mise en dérivation du circuit d’érythraphérèse sur le circuit d’hémodialyse avec substitution à flux constant par 6 culots globulaires par séance. La baisse de l’hémoglobine S était de 32 % versus 17 % en échanges transfusionnels classiques et cette baisse s’est maintenue sur une plus longue durée de 40jours versus 23jours. Pas d’interférence sur les paramètres d’hémodialyse ni sur le profil phosphocalcique.

Conclusion

L’érythraphérèse peut se combiner aux séances d’hémodialyse grâce à l’accès vasculaire performant. Elle permet une baisse importante et durable de l’hémoglobine S réduisant ainsi les besoins transfusionnels.

Introduction

L’élimination des molécules de moyens poids moléculaires (MPM) et de hauts poids moléculaires (HPM) permet d’améliorer la survie des patients atteints d’insuffisance rénale chronique terminale. Nous avons comparé l’extraction des MPM selon 3 méthodes : hémodialyse chronique conventionnelle (HDC), hémodialfiltration post-dilution (HDF) et mid-dilution (Mid).

Patients et méthodes

Étude pilote prospective monocentrique. Huit patients hémodialysés chroniques ont été traités par séquences successives de 15jours (6 séances) par Mid, puis HDF post puis HDC. La myoglobine, β2 microglobuline, ont été mesurées avant et après le traitement chaque semaine.

Résultats

L’extraction de la B2m médian retrouvée par Mid est de 75,6 %, contre 76,3 % en HDF post (p=ns) et 61,3 % en HDC (p<0,005). L’extraction de la myoglobine médiane est de 48,8 % en Mid, contre 63,5 % en HDF post (p<0,005) et 27,4 % en HDC (p<0,005). Le KT/V médian sur l’ensemble de ces séances était de 1,44 en Mid contre 1,55 en HDF post (p=0,007) et 1,34 en HDC (p=ns).

Discussion

Les résultats de notre étude confirment l’avantage de l’HDF post-dilution et de la Mid pour l’épuration des moyennes molécules et petites molécules par rapport à HDC. Par contre l’épuration de la myoglobine par l’HDF post-dilution est supérieure à celle obtenue par la Mid et la différence n’est pas significative pour la β2 microglobuline dans notre étude. Il faudra confirmer ces résultats par une étude prospective de plus large cohorte.

Conclusion

Les méthodes convectives par HDF et Mid-dilution permettent une meilleure extraction des MPM et HPM par rapport à HDC. La simplification technique de ces méthodes permet leur utilisation en routine. Des études prospectives de grandes cohortes sont nécessaires afin de les comparer.

Introduction

L’éducation thérapeutique (ETP) représente une part incontournable de la prise en charge des maladies rénales chroniques. L’objectif principal de notre étude était de démontrer l’intérêt de cette ETP, d’une part, dans l’amélioration des connaissances des patients relatives à leur maladie et aux méthodes de suppléance et, d’autre part, dans l’orientation vers un choix personnalisé d’une technique d’épuration extrarénale.

Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude prospective, étalée sur 3 mois, intéressant les patients en insuffisance rénale chronique à partir du stade 4, suivis au sein de notre service. Les séances se déroulaient à une fréquence de 1 à 2 fois par semaine. L’animation de chaque séance a été assurée par 3 médecins résidents, englobant différents thèmes relatifs aux rôles des reins, à l’insuffisance rénale chronique terminale et ses symptômes ainsi qu’aux méthodes de suppléance : l’hémodialyse (HD), la dialyse péritonéale (DP) et la transplantation rénale (TR). Le recueil des données a été effectué à partir des dossiers médicaux des patients et grâce à un questionnaire au début et en fin de séance.

Résultats

Nous avons recensé 50 patients avec un âge moyen de 55,4 ans±15,39 et un sex-ratio H/F de 0,67. Le niveau d’instruction dans 70 % des cas était bas. L’évolution des connaissances, après ETP, est évidente. Le score des connaissances s’est amélioré de 56 %. L’analyse des données a mis en évidence une relation statistiquement significative entre le niveau d’instruction des patients et leur score de connaissances. Le choix de la méthode de suppléance a été porté sur la DP dans 50 % des cas, sur la TR dans 22 % et seulement 4 % sur l’HD, alors que 24 % n’ont pas manifesté de choix.

Discussion

Les résultats de notre étude concordent avec les données de la littérature en évolution des connaissances et en choix d’une technique de suppléance. Ils ont soulevé également un certain nombre d’insuffisances au niveau de l’information des patients concernant la maladie rénale chronique et son traitement. Ce qui se répercute négativement sur la qualité de la prise en charge globale.

Conclusion

L’intérêt de l’ETP est irréfutable, les professionnels de santé vont avoir à se former et à coordonner leurs actions ainsi qu’à mutualiser leurs moyens pour mettre en place une offre susceptible de répondre aux demandes des patients.

Introduction

Il y a consensus sur le fait que l’hémodiafiltration en ligne (HDF) combinant l’épuration par diffusion et par convection est non pro-inflammatoire. Dès lors, il est intéressant d’analyser l’évolution de différents paramètres en rapport avec l’inflammation après un transfert des patients (pts) de l’hémodialyse conventionnelle (HDC) vers l’HDF.

Patients et méthodes

Travail prospectif chez 35 patients transférés d’HDC vers l’HDF au démarrage de la méthode convective dans l’établissement, n’ayant eu aucun replis en HDC pendant la période analysée de 12 mois. Il s’agit de 16 femmes (46 %) et de 19 hommes (54 %), âge moyen 72±12 ans, ancienneté de dialyse 7±6 ans. Caractéristiques techniques d’HDF : débit sanguin 300–400mL/min, débit du dialysat≥600mL/min, volume de substitution 20 à 24L, membrane de haute perméabilité (superficie≥1,9m2 et coefficient d’ultrafiltration≥40mL/h/mmHg), mode post-dilution. Paramètres protocolaires prédialytiques mesurés en phase HDC, à 6 et 9 mois sous HDF : dose de dialyse (KT), taux de B2-m, CRP, phosphatémie (P), parathormone intacte (PTHi), albuminémie (Alb), hémoglobine (Hb).

Résultats

Les résultats sont résumés dans le Tableau 1.

Discussion

À moyen et long terme (6 et 12 mois) on observe une baisse des indicateurs de l’inflammatoire (B2-m, CRP, PTHi), le maintien de l’équilibre nutritionnel, le contrôle de l’anémie et l’amélioration du syndrome ostéodystrophique facilitée probablement par la normalisation de P et PTHi comme le montrent les résultats de notre travail.

Conclusion

Les épurations convectives en HDF lui confèrent l’avantage du contrôle de l’inflammation impactant favorablement par ce biais sur la prise en charge des complications urémiques.

Introduction

L’hémodialyse (HD) est une thérapie très demandeuse en ressources, comme l’eau et l’électricité, et génère une grande quantité de déchets à haut risque. L’objectif de ce travail est la mise au point sur l’impact écologique de notre centre d’HD, récemment démarré, ainsi que son retentissement sur l’environnement en milieu saharien.

Matériels et méthodes

Étude transversale descriptive, réalisée dans un centre d’HD démarré depuis 2 ans et demi à Guelmim, ville du Sahara marocain. La moyenne approximative de la consommation d’eau pour HD de l’ensemble des générateurs d’HD a été mesurée en considérant un débit de dialysat de 500mL/min. Les paramètres physico-chimiques et bactériologiques ont été analysés dans un laboratoire accrédité. Pour chaque appareil du centre, la consommation en électricité a été mesurée par un technicien de maintenance. L’ensemble des déchets produits ont été pesés en fin de journée.

Résultats

Notre centre d’HD dispose de 8 générateurs avec une salle de traitement d’eau (double osmose inverse=osmoseur 1er étage–osmoseur 2e étage avec désinfection à la chaleur). La consommation annuelle en eau pour le fonctionnement d’un générateur d’HD à raison de 12heures par jour et 6jours par semaine était estimée à 112,32m3. Le volume de la production d’eau rejetée enregistré par le système double osmose inverse de l’installation de traitement d’eau était estimé à 1,46m3/h. Au total, 0,26m3/h sont utilisés pour les échanges durant les séances d’HD et 0,81m3/h sont recyclés vers la double osmose. Les valeurs obtenues après l’analyse des différents paramètres physico-chimiques et bactériologiques des échantillons étaient dans les normes exigées par la FAO et l’OMS. La salle de traitement avait besoin de 160kW/j. Un générateur de dialyse avait besoin de 27kW/j. Au total, 9,36 tonnes de déchets solides à haut risque sont produits annuellement.

Discussion

Notre travail incite à l’utilisation de l’eau rejetée dans d’autres domaines, à la mise en place des systèmes de recyclage des déchets en HD et à l’utilisation d’énergie renouvelable comme l’énergie solaire d’autant plus dans une zone saharienne comme la notre.

Conclusion

L’utilisation d’énergie renouvelable comme l’énergie solaire et le recyclage des déchets en HD sont indispensables notamment dans les pays exposés à une pénurie d’eau dans un avenir proche et dans les pays en développement.

Introduction

L’hémodialyse constitue le traitement de suppléance le plus utilisé dans le monde en matière de prise en charge de l’insuffisance rénale surtout chronique. Toutefois de par son coût, elle reste inaccessible à la majorité des patients dans les pays en voie de développement. À Madagascar, près de 95 % des patients nécessitant une prise en charge en dialyse ne peuvent pas y accéder. Cet état des lieux nous a incité à chercher des moyens pour alléger le coût de la séance de dialyse tout en priorisant l’efficacité du traitement. Nous avons alors initié la réutilisation des reins artificiels et des lignes artérielles et veineuses depuis juin 2016. Notre objectif dans la présente étude est de rapporter le résultat de ces 6 mois d’expérience sur la réutilisation en matière d’efficacité et secondairement de comparer le coût de la réutilisation par rapport à l’hémodialyse conventionnelle avec les reins à usage unique.

Observation

Au total 537 réutilisations ont été effectuées. En dehors de l’absentéisme, le rein artificiel et les lignes en hémodialyse ont été utilisés en moyenne 11 fois. L’urée moyenne avant et après était respectivement de 15,42 et 4,53mmol/L. L’URR moyen était de 70,6 % et le KT/V moyen était à 1,4. Aucun effet secondaire a été rapporté. Le facteur imposant le changement par un nouveau dialyseur était majoritairement la transfusion sanguine en cours de séance. Ainsi, la technique de réutilisation permettait de réduire le coût de la dialyse mensuel jusqu’à 57,07 % que la dialyse conventionnelle.

Conclusion

Au total, technique sécurisée et économique, la réutilisation semble donner des résultats probants à la fois en matière d’efficacité et en matière de coût. Nous estimons que la mise à l’échelle dans notre pays serait la prochaine étape pour permettre à un plus grand nombre d’insuffisants rénaux terminaux d’accéder au traitement par hémodialyse chronique.

Introduction

La prévalence croissante de l’insuffisance rénale terminale impacte sévèrement le budget des soins de santé et le prix élevé de l’érythropoïétine (EPO) en est un facteur. Largement utilisée en dialyse, la darbépoiétine alpha (DA) présente l’avantage d’une sécurité d’emploi et d’une durée d’action prolongée. Administrée en IV, une adsorption potentielle sur les membranes pourrait exister, avec un surcoût par consommation augmentée. Le but de l’étude est la détermination de l’économie potentielle d’une administration de DA en fin de dialyse par rapport à une injection perdialytique.

Patients et méthodes

Au total, 71 patients stables, hémodialysés 3 fois par semaine depuis plus de 3 mois ont été sélectionnés. Ces patients reçoivent chroniquement de la DA IV, du fer IV (carboxymaltose ferrique) et bénéficient d’un filtre polysulfone (PO) high-flux. Durant 16 semaines, ils ont tous reçu de la DA à mi-séance de dialyse (période 1). Ont été collectés : le taux d’hémoglobine (Hb), le status martial et les doses d’anticoagulant. Les paramètres impliqués dans la résistance à l’EPO ont également été mesurés : le Kt/V, la CRP, les paramètres nutritionnels ainsi que la parathormone (PTHi) et le bicarbonate. Ensuite, ces mêmes patients ont bénéficié de DA en fin de séance. Deux mois plus tard, les mêmes paramètres ont été enregistrés durant 16 semaines (période 2).

Résultats

Entre ces 2 périodes, aucune différence significative n’a été observée dans les paramètres de résistance à l’EPO. Parallèlement, nous n’avons relevé aucune variation significative de l’Hb et du status martial, avec une administration statistiquement identique de fer et de DA.

Discussion

L’adsorption de l’EPO sur différents types de membranes a fait l’objet d’études in vitro, avec notamment des adsorptions significatives sur certaines mais pas sur le PO. De petites études in vivo n’ont pas trouvé d’impact de cette adsorption. Sur une population hémodialysée stable, et sur une longue période, nous retrouvons des résultats identiques dans le cas d’un usage de la DA et de membranes PO.

Conclusion

Quel que soit le moment de son administration IV durant la séance de dialyse, l’efficacité de la DA n’est pas impactée. Aucun gain en matière de coût n’est atteint si on administre la DA en fin de dialyse.

Introduction

Les variations de l’état d’hydratation chez les hémodialysés est fortement corrélé à une majoration de la morbi-mortalité cardiovasculaire. La recherche du « poids sec » ou « poids idéal » chez un hémodialysé reste imprécise. Elle se base sur des moyens cliniques et biologiques et/ou l’apport de la bio-impédancemétrie (BIA). La dialyse longue et/ou fréquente réduit le risque de morbidité. Cependant, il n’a pas été établi de « normes » de BNP pour déterminer sa sensibilité et d’évaluer la fiabilité de la BIA.

Le but de l’étude est de rechercher chez une population de dialysés de référence (hémodialyse quotidienne) la valeur du BNP et de la BIA dans l’évaluation de l’état d’hydratation.

Patients et méthodes

Étude rétrospective, 27 patients (15 hommes et 12 femmes) hémodialysés en dialyse quotidienne 6jours/7, dont la variation volémique interdialytique est faible, ont bénéficié d’une évaluation mensuelle du poids, de BNP et BIA (ZHydra®) post-dialyse.

Résultats

L’âge moyen est de 43,1±12,9 ans. La période d’étude est de 125 mois cumulés. Le poids moyen=71,4±13,5kg et une médiane 70,5kg. La variation du poids pendant la période d’étude est de 4,1±3,1 %. Le BNP moyen=158±258ng/L et une médiane 57,5ng/L. La variation du BNP est de 2,5±2,2 %. Enfin, le volume d’eau total moyen par BIA est 40,8±7,5L avec médiane 40,9L. La variation de l’eau totale est de 9,5 %.

Discussion

Chez une population considérée comme le « gold standard » au niveau de la variation volémique, on note que le BNP a des valeurs qui peuvent se situer à des niveaux bas (10ng/L), une faible variation (2,5 %). Une modification du BNP de plus de 50 % par rapport à une valeur basse de référence est significative et correspond à une variation de l’état d’hydratation. Il existe une forte corrélation entre le BNP et le poids bien supérieure à celle avec le volume d’eau totale. Ce dernier représente une variation bien plus importante (9,5 %).

Conclusion

Les patients en dialyse quotidienne avec une variation volémique réduite, le BNP représente un excellent marqueur avec une valeur qui peut être basse quand la surcharge et la pression artérielle sont contrôlés. La BIA reste moins sensible avec une variation intra-individuelle qui reste importante et doit être analysée avec précaution en la corrélant à la clinique.

Introduction

Le lupus érythémateux systémique (LES) masculin est rare. Plusieurs études portant sur le LES ont tenté d’identifier les différences liées au sexe au cours de cette maladie. Cependant, nous n’avons pas retrouvé d’étude s’intéressant aux différences liées au sexe dans la néphropathie lupique (NL). Le but de notre étude était d’analyser les différentes caractéristiques de la NL chez l’homme.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective portant sur 24 cas de NL masculin suivis entre 1985 et 2016. Nous avons collecté les principales données cliniques, biologiques, immunologiques et histologiques de la PBR chez ces patients.

Résultats

L’âge moyen au diagnostic était de 33,5 ans. Le NL a été la première manifestation de LES dans 83,3 % des cas. La circonstance de découverte de la NL était un syndrome œdémateux dans 33,3 % des cas, une protéinurie dans 50 % des cas et une insuffisance rénale aiguë dans 8,3 % des cas. Les manifestations rénales étaient faites d’hypertension artérielle dans 54,2 % des cas et de syndrome œdémateux dans 41,7 % des cas. Les manifestations extrarénales étaient : l’atteinte articulaire dans 79,2 % des cas, les signes généraux dans 75 % des cas. Sur le plan biologique, les anticorps antinucléaires étaient positifs dans 95,8 % des cas, l’hypocomplémentémie était notée dans 41,66 % des cas. Selon la classification de l’OMS de NL, nous avons signalé : NL classe III dans 41,7 % des cas, NL classe IV dans 33,3 % des cas et NL une classe VI dans 16,7 % des cas. La néphropathie lupique chez les hommes a été traitée avec une corticothérapie isolée dans 50 % des cas et avec l’association de la corticothérapie et du cyclophosphamide dans 16,7 % des cas.

Discussion

Le LES masculin est réputé par son mauvais pronostic. Dans les séries comparatives, certaines atteintes systémiques sont plus fréquentes. Il s’agit de l’atteinte rénale qui évolue plus fréquemment vers l’IR. Dans notre série de 24 hommes ayant une NL, 45 % ont développé une IR et 60 % ont développé une hématurie corrélée aux lésions histologiques sévères retrouvées à la PBR, 85 % des patients ont une NL classe III ou IV.

Conclusion

Plusieurs auteurs ont montré que la maladie lupique est plus agressive chez les hommes et elle est caractérisée par un taux de complications plus élevé, notamment l’atteinte rénale.

Introduction

La ponction-biopsie rénale (PBR) est un examen très important en pratique néphrologique pour établir le diagnostic et guider le traitement. L’objectif de notre travail est de relever les indications de la PBR et de déterminer le profil des néphropathies diagnostiquées par PBR.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective et descriptive portant sur 549 PBR réalisées entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2016 dans le service de néphrologie.

Résultats

L’âge moyen de nos patients était de 40±16 ans avec un sex-ratio de 1.1. Les principales indications étaient le syndrome néphrotique (SN) (59,7 %), la glomérulonéphrite rapidement progressive (10,9 %), la protéinurie et/ou l’hématurie (10 %). La néphropathie glomérulaire, tubulo-interstitielle et vasculaire rapportait respectivement dans 89,3 %, 4,9 % et 5,8 %. Elles sont primitives chez 51 % de nos patients, dominées par l’hyalinose segmentaire et focale (HSF) (28,2 %) et secondaires dans 44,3 % (la glomérulonéphrite lupique : 38,6 %).

Discussion

Le SN est le mode de présentation le plus fréquent des maladies rénales et la première indication de la PBR. Ces résultats sont comparables avec la littérature. Les néphropathies glomérulaires sont majoritaires avec une fréquence de 89,3 %. Elles représentent la première cause des maladies rénales prouvées par biopsie dans de nombreux registres. Chez l’ensemble de nos patients, les premières causes de SN sont la HSF, GEM. Cela concorde avec d’autres études.

Conclusion

La PBR reste le gold standard pour le diagnostic de la maladie rénale. Elle permet une meilleure classification de la néphropathie causale.

Introduction

Le diagnostic de néphropathie diabétique (ND) est généralement porté sur des arguments cliniques. En effet, la fréquence de la ND dans la population diabétique est telle que la biopsie rénale (BR), geste invasif à risque de complications graves, n’est réalisée qu’en cas d’atypie dans la présentation ou d’argument pour un autre diagnostic.

Patients et méthodes

Nous avons séparé les patients diabétiques ayant eu une BR pour syndrome glomérulaire entre 2006 et 2015 dans notre service selon l’indication de la BR. Le groupe 1 (G1) comprenait les BR motivées uniquement par la présence d’une ou plusieurs atypies (absence de rétinopathie diabétique [RD], présence d’une hématurie [HU], évolution rapide de la maladie rénale, augmentation rapide de la protéinurie, ou syndrome néphrotique brutal) et le groupe 2 (G2) par la présence d’un ou plusieurs arguments pour un maladie rénale non diabétique (MRND). Nous avons ensuite comparé les fréquences de ND seule et de MRND seule ou en association avec la ND et des complications de la BR.

Résultats

Cent quarante-quatre patients ont été identifiés, 68 dans le groupe 1 et 76 dans le groupe 2. Il n’y avait pas de différence significative entre les 2 groupes pour le genre, l’âge, la présence d’une HTA, la créatininémie, le ratio protéine/créatinine urinaire, la présence d’une hématurie, la présence d’une rétinopathie, le traitement par IEC/ARAII et la durée du diabète. Les HbA1c étaient différentes (7,8±2,2 dans le G1 vs. 7,1±1,4 dans le G2, p=0,036). Une ND seule était présente chez 90 % des patients du G1 et 50 % de ceux du G2 (p<0,001). Aucun des 37 patients biopsiés pour l’absence de RD ou la présence d’HU n’avait de MRND. Les patients des G1 et G2 ont présenté 7 % et 1 % de complications (p=0,027).

Discussion

Il n’y a pas de consensus concernant l’indication de la BR chez les sujets diabétiques. L’association de certains éléments cliniques et/ou biologique à la présence d’une ND a été rapportée. À l’inverse, nous avons étudié la rentabilité diagnostique de la BR chez un patient diabétique pour le diagnostic d’une MRND selon l’indication. Il est particulièrement notable qu’aucun des patients biopsiés pour l’absence de RD ou la présence d’HU n’avait de MRND. De plus, le taux de complication était plus élevé dans ce groupe.

Conclusion

L’absence de RD ou la présence d’HU ne constituent pas une indication pour la réalisation d’une BR, ce d’autant plus qu’une complication est plus probable chez ces patients.

Introduction

Classiquement, la maladie à anticorps (Ac) anti-MBG se présente sous forme d’une glomérulonéphrite rapidement progressive associée à la présence d’Ac anti-MBG circulant avec ou sans atteinte pulmonaire. La biopsie rénale montre en microscopie optique la présence de croissants et en immunofluorescence (IF) des dépôts linéaires d’IgG au niveau de la membrane basale glomérulaire (MBG). Récemment, on a décrit une nouvelle entité caractérisée par la présence dépôts linéaires d’IgG le long de la MBG sans d’Ac anti-MBG circulants.

Patients et méthodes

Nous rapportons l’observation d’un patient atteint d’une glomérulonéphrite à anti-MBG prouvé histologiquement en l’absence d’Ac anti-MBG circulants.

Résultats

Il s’agit d’un patient âgé de 24 ans, sans antécédents pathologiques particuliers, hospitalisé devant l’installation d’œdèmes généralisés. Il s’agit d’un syndrome néphrotique impur par la présence d’hématurie (+++ à la bandelette réactive), d’hypertension artérielle (170/110mmHg) et d’insuffisance rénale (clairance de la créatinine à 10mL/min). L’échographie rénale et la radiographie thoracique étaient sans anomalies. Une biopsie rénale a été réalisée en urgence montrant une prolifération endo et extracpillaire et en IF des dépôts granuleux de C3 associés à un dépôt linéaire d’IgG le long de la MBG. Le bilan immunologique était négatif, particulièrement les Ac anti-MBG étaient négatifs par les techniques usuelles. Le patient a été traité par méthylprednisone en IV pendant 3jours puis par prednisone à la dose de1mg/kg/j pendant 1 mois avec dégression, des bolus de cyclophosphamide mensuels et des séances de plasmaphérèse. L’évolution a été marquée par l’absence d’amélioration de la fonction rénale et la prise en charge en hémodialyse chronique.

Discussion

Cette pathologie peut être expliquée par le fait que les techniques habituelles telles que l’Elisa ne détecte que le domaine non collagénique (NC1) des chaînes α3 du collagène IV et que les Ac anti-MBG du patient sont dirigés contre d’autres constituants de la MBG.

Conclusion

Cette entité, rare à ce jour, qui semble être de mauvais pronostic rénal reste encore sujette à diverses interprétations et explications.

Introduction

L’atteinte rénale est un facteur pronostique majeur des vascularites associées aux ANCA (VAA). Le traitement des VAA vise la rémission rapide. Sur le plan rénal, la rémission est définie par une diminution ou une stabilité de la créatininémie et de la protéinurie. L’hématurie est d’interprétation difficile. Le but de ce travail est d’évaluer la valeur pronostique de l’hématurie lors la rémission au décours d’un premier épisode de GNEC.

Patients et méthodes

Étude rétrospective de patients en 1re poussée de GNEC histologiquement prouvée après obtention de la rémission de la VAA (BVAS=0) après traitement d’induction conventionnel. L’hématurie est définie par : bandelette urinaire>1+ et/ou la cytologie urinaire≥10 000 érythrocytes/mL (H+). Le critère de jugement principal (CDJ) est la rechute rénale (RR) et l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT). La RR est définie par une élévation de la créatininémie et/ou l’apparition d’une hématurie et/ou la confirmation histologique menant à une modification du traitement. L’IRCT est définie par un GFRe<15mL/min/1,73m2.

Résultats

Les dossiers de 86 patients ont été analysés : 41 femmes et 45 hommes, âge moyen de 60,5±12,3 ans ; MPO-ANCA : n=42, PR3-ANCA : n=39 ; créatinine : 2,9mg/dL au diagnostic, 1,6mg/dL lors de la rémission. Il n’y a pas de différence clinique, biologique ou histologique significative entre les patients H+ et H− au diagnostic ou lors de la rémission. Le CDJ est atteint chez 34 patients (26 RR). En analyse de survie, il n’a pas de différence pour le CDJ. En revanche, la survie sans RR est moins bonne dans le groupe H+ (p=0,002). La RR survient plus précocement dans le groupe H+ que dans le groupe H− (30,3±14,1 vs. 55,7±26,8 mois, p=0,017). En analyse multivariée, 3 facteurs sont associés à la RR : l’hématurie à la rémission pour les RR dans les 44 premiers mois (p=0,03), la durée d’immunosuppression (p<0,001) et le type d’ANCA (PR3+ vs. PR3−) (p=0,07). Aucune différence n’a été retrouvée entre les 2 groupes concernant le risque d’IRCT.

Discussion

En accord avec les études précédentes, nous n’avons pas montré d’influence de l’hématurie sur le risque d’IRCT (Karras A. et al., 2015), mais un rôle pronostique sur le risque de rechute, en particulier dans les premiers mois suivant la rémission (Rhee R.L. et al., 2016).

Conclusion

Cette étude rétrospective souligne l’association entre l’hématurie à la rémission et le risque de RR précoce au décours d’une 1re poussée de GNEC.

Introduction

Les atteintes rénales au cours des néoplasies myéloprolifératives sont variées. Une atteinte glomérulaire spécifique semble possible. L’objectif principal de cette étude est de décrire les manifestations cliniques et les lésions histologiques rencontrées au cours des glomérulopathies associées aux néoplasies myéloprolifératives.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique. Les données ont été recueillies à partir de la consultation du dossier médical des patients.

Résultats

Vingt-deux patients atteints de néoplasie myéloproliférative et ayant bénéficié d’une ponction-biopsie rénale ont été identifiés. Les signes cliniques étaient : une hypertension artérielle dans 59 % des cas, la présence d’œdèmes dans 54 % des cas, une protéinurie>0,3g/g de créatinine urinaire dans 100 % des cas, une hématurie microscopique dans 36 % des cas et une insuffisance rénale dans 63 % des cas. La ponction-biopsie rénale a retrouvé dans 59 % des cas une hyalinose segmentaire et focale (associée dans 30 % des cas à une hypercellularité mésangiale), 14 % des cas des lésions glomérulaires minimes, 18 % des cas une glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM), 4,5 % des cas une glomérulonéphrite à dépôts de C3 et 4,5 % des cas une glomérulonéphrite extracapillaire pauci-immune ANCA négatifs. En analyse factorielle discriminante, le type d’hémopathie permettait d’orienter vers le type de néphropathie : GEM (leucémie myéloïde chronique et myélofibrose primitive), lésions de hyalinose segmentaire et focale (polyglobulie primitive) ou lésions glomérulaires minimes (thrombocytémie essentielle).

Discussion

L’hémopathie pourrait être à l’origine d’une dérégulation du système immunitaire responsable de la néphropathie. Les cellules hématopoïétiques produisent également des facteurs de croissance (PDGF notamment) entraînant une expansion de la matrice mésangiale, une prolifération mésangiale et une apoptose podocytaire.

Conclusion

La survenue d’une glomérulopathie en cas de syndrome myéloprolifératif mérite d’être connue. La connaissance des mécanismes aboutissant aux lésions glomérulaires pourrait apporter des informations précieuses dans la compréhension de la physiopathologie d’autres glomérulopathies.

Introduction

En 2010, Berden propose une classification histopathologique des vascularites à ANCA basée sur l’étude des ponctions biopsies rénale (PBR) réparties en quatre classes : focale, croissant, mixte et scléreuse. Il montre que le pronostic rénal est corrélé à la classe histologique. Nous vérifions ici la valeur pronostique de cette classification et étudions les aspects épidémiologiques de notre cohorte de patients atteints de glomérulonéphrite à ANCA.

Patients et méthodes

Étude de cohorte rétrospective de patients atteints d’une première poussée de glomérulonéphrite à ANCA avec PBR au diagnostic. Les patients ont été répartis dans les quatre classes histologiques par un anatomopathologiste expérimenté aveugle du devenir des patients : classe focale (>50 % de glomérules normaux), mixte (<50 % de glomérules normaux, avec croissants ou scléreux), croissant (>50 % de glomérules avec croissants) et scléreuse (>50 % de glomérules fibreux). Le critère de jugement principal était la survie rénale dans les classes histologiques. La mortalité, la survenue d’infection sévère ou de néoplasie ainsi que les rechutes étaient également étudiées.

Résultats

Quarante-cinq patients inclus de décembre 1991 à janvier 2015 ont été répartis comme suit : classe focale n=11, classe mixte n=9, classe croissant n=18, classe scléreuse n=7. L’âge médian était de 61 ans, la créatininémie médiane de 245μmols/L, 60 % étaient des hommes et 64 % étaient porteur d’ANCA anti-MPO. La survie rénale était décroissante avec les classes histologiques dans l’ordre suivant : focale, mixte, croissant, scléreuse (p=0,0001). Au terme d’un suivi médian de 72 mois, nous avons recensé 10 décès (22 %). La mortalité était plus élevée chez les patients en épuration extrarénale chronique (p=0,001) et chez les patients ayant un FFS élevé (p=0,035). Quatre patients (9 %) ont présenté une néoplasie, 14 (31 %) une infection grave et 16 (36 %) ont rechuté au moins une fois.

Discussion

Dans ce travail et dans la littérature, le pronostic rénal des classes croissant et mixte semble proche ainsi, ces deux classes pourraient être regroupées afin de dégager trois profils de survie rénale bien différents.

Conclusion

Nous confirmons la valeur sur le pronostic rénal de cette classification.

Introduction

L’amylose AA est une complication bien connue des maladies inflammatoires chroniques, rhumatismale et des affections malignes. Cependant, la survenue d’une amylose rénale ou multiviscérale est considérée comme exceptionnelle au cours de l’évolution d’un lupus érythémateux aigu disséminé.

Observation

Nous rapportant une observation associant lupus et amylose. Il s’agit d’une patiente âgée de 48 ans, qui présente depuis 03 mois une altération de l’état général, un amaigrissement et des œdèmes de membres inférieurs. Elle présente depuis 02 ans des arthralgies de type inflammatoire traitées par des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Le bilan biologique montre une insuffisance rénale avancée avec anémie à 6,8g/dL, un syndrome néphrotique sans hématurie ni leucocyturie, un syndrome inflammatoire biologique. La recherche des anticorps antinucléaires, anti-DNA natifs, SSA, SSB/la, antihistone est positive. Les fractions C3 et C4 du complément sont basses. Le bilan radiologique montre une pleuropéricardite. La ponction-biopsie rénale retrouve la coexistence de l’amylose AA avec des signes de glomérulopathie lupique active. La patiente est traitée par une corticothérapie associée à un bolus de cyclophosphamide. Elle est décédée dans les suites opératoires d’une tamponnade.

Conclusion

L’amylose AA n’est pas une complication classique de la maladie lupique. Son traitement dans ce cas est peu codifié et repose sur le contrôle des poussées évolutives du lupus érythémateux aigu disséminé. La gestion de l’association de néphropathie lupique et d’amylose AA reste un défi thérapeutique.

Introduction

En Afrique subsaharienne, le syndrome néphrotique du sujet âgé reste très peu abordé dans la littérature. Les objectifs de cette étude étaient d’établir le profil épidémiologique des sujets âgés atteints de SN, identifier leurs étiologies et d’évaluer leurs traitements et leurs évolutions.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive portant sur les sujets âgés de plus de 60 ans, consultés ou hospitalisés de 2009 à 2013 et chez qui le diagnostic de syndrome néphrotique avait été retenu.

Résultats

Quarante cas ont été colligés, la prévalence hospitalière de 3,87 %. L’âge moyen était de 65,67±6,2 ans. Le sex-ratio était de 3. L’œdème de type rénal, la protéinurie et l’insuffisance rénale (IRA) représentaient les principaux motifs de consultation et/ou d’hospitalisation respectivement dans 72,5 %, 45 % et 42,5 % des cas. Des signes extrarénaux étaient présents chez 20 % des patients. La protéinurie moyenne était de 5,53±3,65g/24h. Une IR était présente dans 77,5 % des cas. Le DFG moyen était de 39,07±17,9mL/min. La protidémie moyenne était de 57,17±9,2g/L et l’albuminémie moyenne était de 21,74±5,3g/L. Le SN était impur chez 95 % des patients. La PBR a été réalisée chez 50 % des patients. À l’histologie, les lésions étaient dominées par la GEM (50 % des lésions primitives) et par l’amylose (35,7 % des SN secondaires). Six patients ont été mis sous corticothérapie avec un taux de rémission de 50 %, deux cas (33,3 %) de corticodépendance et un cas (16,3 %) de corticorésistance.

Discussion

La prévalence du SN du sujet âgé reste très variable suivant les régions du monde. Ces différences sont probablement liées à la structure démographique des pays. En effet, dans les pays en voie de développement et à forte démographie, la population est plus jeune (19 ans d’âge moyen au Sénégal), contrastant avec une moyenne d’âge beaucoup plus élevée dans les pays développés (en France, 16,2 % de la population a plus de 65 ans).

Conclusion

Le SN du sujet âgé est une pathologie relativement fréquente dans notre service pour les patients de plus de 60 ans. Les causes primitives étaient dominées par la GEM et les causes secondaires par l’amylose.

Introduction

Le SNI représente 15 à 30 % des glomérulopathies de l’adulte, son évolution est difficilement prédictible.

Objectif de cette étude rétrospective

Identifier des facteurs prédictifs de rechute et d’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT).

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude de cohorte multicentrique régionale descriptive incluant tout patient de 15 ans et plus ayant eu une biopsie de rein propre entre 01/2007 et 12/2014 concluant à un syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes (LGM) ou hyalinose segmentaire et focale (HSF). Quatre centres de pathologie ont centralisé les biopsies. Étaient exclus les transplantés et les patients avec suivi<2 mois. L’analyse statistique descriptive a reposé sur un test de comparaison adapté selon la variable (t test ou Mann-Withney). L’analyse multivariée a été réalisée selon un modèle de Cox incluant l’âge, le tableau clinicobiologique initial, la réponse à la 1re ligne de traitement, l’utilisation d’IEC/ARA2.

Résultats

De manière exhaustive, nous avons étudié 97 LGM avec un âge médian de 47 ans. Parmi les patients, 91,7 % ont reçu une corticothérapie (Cs) avec une durée médiane de 13 mois. Sur un suivi médian de 45 mois, 92,8 % des patients sont entrés en rémission, 45,5 % ont rechuté après un délai médian de 7 mois. Nous n’avons observé aucune association statistique entre la présentation clinicobiologique initiale et la survenue des rechutes. Cinq pour cent des patients ont évolué vers l’IRCT (délai médian 13 mois). Nous avons observé 11 % de diabète Cs-induit. Parallèlement, nous avons étudié 68 HSF idiopathiques avec un âge médian de 57 ans. Parmi les patients, 51,5 % ont reçu une Cs avec une durée médiane de 15 mois. Sur un suivi médian de 66 mois, 73,5 % des patients sont entrés en rémission, 20 % ont rechuté après un délai médian de 14,5 mois, sans association statistique avec la présentation clinicobiologique initiale. Les patients qui ont évolué vers l’IRCT (délai médian 51 mois) étaient de 26,5 %. Nous avons observé 11,4 % de diabète Cs-induit.

Discussion

Cette étude rétrospective incluant un nombre de patients élevé (4e étude de la littérature depuis 30 ans pour les LGM, 8e pour les HSF) ne permet pas d’identifier des facteurs pronostiques de rechute ou d’IRCT chez des patients adultes ayant un SNI avec LGM ou HSF.

Conclusion

Il est nécessaire d’initier des travaux multicentriques prospectifs à la recherche de nouveaux facteurs pronostiques.

Introduction

La prévalence de l’atteinte rénale au cours de la sarcoïdose est observée dans 10 à 20 % des cas avec le plus souvent une atteinte tubulo-interstitielle. Les atteintes glomérulaires sont plus rares et parmi celle-ci, la glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) est retrouvée avec une prévalence de 42 %. Nous rapportons un cas de GEM PLA2R positif précédent de 19 ans une sarcoïdose.

Observation

Homme de 16 ans suivi initialement dans le service pour une GEM, traité par un protocole de type ponticelli en 1996 avec obtention d’une rémission partielle. Perdu de vue jusqu’en 2005. Une nouvelle biopsie rénale en raison de la récidive du syndrome néphrotique (SN) confirme la GEM et un marquage positif anti-PLA2R sur l’histologie rénale (biopsies de 1996 et 2005). Un traitement par corticoïdes et ciclosporine est alors débuté. Devant une corticodépendance, une injection d’un gramme de rituximab est réalisée en 2010 permettant une rémission partielle. En 2013, la situation se dégrade de nouveau avec réapparition du SN et insuffisance rénale se majorant. Un nouveau traitement par rituximab amène à une réponse partielle. Les anticorps sériques anti-PLA2R sont positifs avant ce traitement. Deux ans plus tard, une hypercalcémie avec adénopathies médiastinales et panuvéite permettent de suspecter une sarcoïdose confirmée par une biopsie ganglionnaire. La fonction rénale se dégrade (créatininémie jusqu’à 265μmol/L) sans majoration de la protéinurie (4g/24h). Une corticothérapie est initiée permettant une amélioration de la fonction rénale (créatininémie à 150μmol/L), une protéinurie inchangée, une normalisation de la calcémie et des atteintes sarcoïdosiques.

Discussion

Ces données suggèrent que le contexte immunologique de la sarcoïdose et de la GEM sont communs avec perturbation du système lymphocytaire B. Cependant à la lumière de notre observation et celles de Stehlé (3 GEM précédant la sarcoïdose, 4 cas concomitants, 2 GEM suivant la sarcoïdose), l’évolution des deux maladies ne semble pas parallèle.

Conclusion

Cette observation conforte l’hypothèse d’un terrain immunologique commun entre GEM anti-PLA2R positifs et sarcoïdose. Cette observation rappelle que la positivité des AC anti-PLA2R aussi bien sérique qu’histologique ne permet pas d’affirmer de façon formelle le caractère primitif de la GEM.

Introduction

Chez les patients d’origine africaine, la néphropathie lupique (NL) est de moins bon pronostic que dans la population caucasienne. Cependant, les données sur le devenir à long terme de ces patients sont rares dans les pays ou l’accès aux soins est gratuit. C’est ici ce que nous décrivons.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective. Entre 2002 et 2015, en Martinique, tous les patients qui avaient une NL prouvée par biopsie et suivis au moins 24 mois, étaient inclus.

Résultats

Quatre-vingt-neuf patients ont été inclus. Le suivi médian était de 106 mois (2,5 à 317 mois). Aucun patient n’était perdu de vue. L’âge médian au diagnostic de NL était 30 ans. La protéinurie médiane au diagnostic était de 2,31g/24h (0,6 à 27), la créatininémie médiane à 88μmol/L (26 à 500). En cumulatif, les NL prolifératives était retrouvées chez 68/89 patients (76,4 %) au diagnostic. Les 21 patients restants présentaient une classe V, I ou II chez respectivement 17, 3 et 1 patients. Concernant les NL prolifératives, le traitement d’induction était le cyclophosphamide (CYC), mycophénolate mofétil (MMF) ou l’azathioprine (AZA) chez respectivement 66,1 %, 24,9 % et 4,4 % des patients. En entretien, le MMF, le CYC et l’AZA étaient utilisés chez respectivement 75 %, 5,9 % et 5,9 % des patients. Tous recevaient un traitement par corticoïde oral et 91 % par hydroxychloroquine. À 1 an, sur 89 patients, 14,6 % entraient en rémission partielle (RP) et 43,8 % en rémission complète (RC). Au cours du suivi, 13 classes V sur 17 (76,5 %) se transformaient en NL proliférative. Après un suivi moyen de 118,4 mois, 43,8 % des patients (39/89) étaient toujours en RC, 7,9 % (n=7) en RP, 39,3 % (n=35) étaient insuffisant rénaux chronique dont 15,7 % (n=14) d’hémodialysés chronique et 9 % (n=8) étaient décédés. À 10 ans, sur 89 patients la mortalité était de 8,7 %.

Discussion

Chez les caucasiens la survie à 10 ans est également de 90 %. Le biais socioéconomique, limitant l’accès aux soins, pourrait expliquer le pronostic défavorable classiquement décrit de la population afro-caribéenne.

Conclusion

Le pronostic vital dans la population afro-caribéenne est comparable aux populations caucasiennes, probablement liés à l’accès gratuit aux soins.

Introduction

Les glomérulopathies sont une des causes principales d’insuffisance rénale chronique terminale en Afrique. Il existe peu de données concernant leur épidémiologie et pronostic à long terme. L’objectif de notre étude est de déterminer les indications de la biopsie rénale (PBR), décrire l’épidémiologie des glomérulopathies et la transition temporelle.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les PBR natives lues au service d’anatomie pathologie du CHU Ibn-Rochd de Casablanca du premier janvier 2005 au 31 décembre 2014. Les biopsies du greffon et les non-représentatives ont été exclues. Les biopsies ont été divisées en 2 groupes : G1 de 2005–2009 et G2 de 2010–2014. La saisie et l’analyse sont faites par SPSS v20, l’analyse univariée par test de χ2 et le p est significatif si<0,05.

Résultats

Au total, 1543 biopsies ont été analysées, l’âge médian des patients était 33 ans [1–89 ans] avec un mode à 21 ans, une prédominance féminine à 52 %. Les principales indications étaient le syndrome néphrotique (SN), le syndrome glomérulaire et la protéinurie isolée dans 52,3 %, 13,4 % et 11,9 % des cas respectivement. Les pathologies principales étaient la néphropathie lupique (NL), la lésion glomérulaire minime (LGM), la glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) et la hyalinose segmentaire et focale (HSF) dans 21,5 %, 15,2 %, 9,3 % et 9,1 % des cas respectivement, la néphropathie à IgA (NIgA) et l’amylose AA dans 6,4 % des cas chacune. L’étude univariée a noté une différence significative du sex-ratio avec prédominance masculine à 51,5 % pour G1 et féminine à 54,2 % pour G2, du mode de révélation avec baisse du syndrome de GNA et augmentation des protéinuries isolées biopsiées et des étiologies avec augmentation significative de la NL (33,6 %G2 vs. 19,4 %G1), de la NIgA, l’amylose AA, l’HSF et la microangiopathie thrombotique versus une baisse significative de la GEM, la LGM et la GNA.

Discussion

Vu le nombre restreint de PBR en Afrique, il existe peu de données sur l’épidémiologie des néphropathies. Le SN reste la principale indication retrouvé aussi dans notre série. Les néphropathies secondaires principales en Afrique sont : LGM, HSF et les néphropathies secondaires : HVB et NL, dans notre série la NL est la première cause puis la LGM.

Conclusion

Première étude marocaine étalée sur 10 ans, elle a permis de déterminer le mode de révélation principal soit le SN et les étiologies principales soit la NL, LGM et la GEM.

Introduction

La glomérulosclérose nodulaire (GSN) représente l’atteinte caractéristique de la néphropathie diabétique (ND), mais ces dernières années d’autres pathologies ont été décrites ou la GSN a été décrite comme lésion anatomopathologie.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective monocentrique des patients ayant une GSD à la PBR, colligés entre 2000 et 2017 dans le service de néphrologie Monastir. Les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et étiologiques.

Résultats

Nous avons colligé 81 glomérulosclérose nodulaire. Parmi les patients, 92,5 % présentaient une GSN d’origine diabétique et 7,5 % une GSN non diabétique. Pour les patients ayant une GSN d’origine diabétique ; l’indication à la PBR était l’hématurie (35 patients), une GNRP (22), un syndrome néphrétique (9), une anurie (6), absence de rétinopathie diabétique (5), diabète récent (5), prise d’AINS (2), syndrome néphrotique brutal (2), pic monoclonal (1), syndrome sec (1) et lombalgie (1). Les 6 patients ayant une GSN non diabétique présentaient tous un syndrome néphrotique impur par une hématurie et l’insuffisance rénale. Tous les patients ont eu une échographie rénale montrant 2 reins de taille normale. Quatre patients avaient une GNMP, 1 patient présentait une maladie de Randall et l’autre patient avait une GSN idiopathique ce diagnostic a été retenu après avoir éliminé toutes les étiologies de GSN (dosage du complément normal, pas de diabète, pas de pic monoclonal, IFD négatif, contexte de tabagisme et d’HTA) L’immunohistochimie à la recherche de dépôts des chaînes kappa et lambda a été faites chez 2 patients éliminant ainsi le myélome.

Discussion

D’après notre étude, la GSN n’est pas d’étiologie diabétique dans tous les cas, plusieurs autres étiologies doivent être évoquées devant la constatation de cette lésion anatomopathologique. Plusieurs d’entre elles restent sous-diagnostiquées.

Conclusion

L’étiologie la plus fréquente de GSN reste le diabète, mais cette lésion peut être vue dans d’autres pathologies telles que GMNP, Randall, l’amylose, dépôts monotypiques d’immunoglobulines, glomérulopathies à dépôts non immunoglobuliniques et idiopathique.

Introduction

Le syndrome néphrotique est caractérisé par des troubles de l’hémostase. Leur diagnostic est nécessaire afin d’évaluer le risque hémorragique et/ou thrombotique. Le but de ce travail est de décrire les caractéristiques cliniques clinicobiologiques et histologiques des patients pressentant un déficit en facteur XII au cours du syndrome néphrotique.

Matériels et méthodes

Étude prospective, descriptive colligeant 50 patients présentant un syndrome néphrotique avec un déficit isolé en facteur XII (Hageman) sur une période allant de juin 2013 à décembre 2016.

Résultats

Il s’agit de 28 hommes et 22 femmes âgés de 18 à 85 ans. La protéinurie moyenne était de 8,86±5,50 gr/24h avec une albuminémie moyenne de 17,70±5,75 gr/L et une protidémie moyenne de 44,46±10,16 gr/L. La fonction rénale était normale chez 24 patients soit 53,3 % et la clairance moyenne de la créatinine MDRD était de 72,44±57,09mL/min. Tous les patients avaient un TP normal et le TCA était allongé à 35s (témoin : 24s). L’indice de Rosner était négatif (<12) chez tous nos patients avec une moyenne de 5,61±3,32 traduisant ainsi un déficit en facteurs de la voie intrinsèque de la coagulation. Il y’avait un déficit en facteur XII chez tous nos patients avec une activité moyenne du facteur XII de 29,67±10,49 % (VN : 70–110 %). L’histologie ranale retrouvait une HSF dans 14 cas (28 %), une amylose AA dans 12 cas (24 %) et une LGM dans 5 cas (10 %). Deux patients ont présenté une thrombophlébite des membres inférieurs et une patiente un AVCH.

Discussion

L’amylose AA, la l’HSF et la LGM se caractérisent par la profondeur du syndrome néphrotique. Au cours du syndrome néphrotique, il y a une fuite de molécules de petit poids moléculaire dont le facteur XII (76kDa). Cette fuite urinaire n’est pas suffisamment compensé par la synthèse hépatique. Bien que le déficit du facteur XII soit responsable de l’ allongement du TCA, il n’entraîne pas de complications hémorragique.

Conclusion

Les anomalies de la coagulation ne sont pas rares au cours du syndrome néphrotique. Elles doivent être recherchées systématiquement et la découverte d’un allongement du TCA doit faire rechercher un déficit en facteur de coagulation dont le facteur XII.

Introduction

Les dépôts glomérulaires sont une caractéristique pathologique majeure d’une large gamme de néphropathies glomérulaires et peuvent être situés dans les régions mésangiale, sous-épithéliale et sous-endothéliale. Des cas rares de glomérulopathies primitives définis par des dépôts mésangiaux exclusifs ou prédominants d’IgG ont été signalés.

Observation

Patient de sexe masculin âgé de 55 ans consulte pour des œdèmes. À la biologie, il avait un syndrome néphrotique (protidémie=7g/1,73 m2/jour, albuminémie=14g/L) avec hématurie. Le taux de créatinine était à 88 umol/L. La clairance de la créatinine selon la formule MDRD était à 82mL/min/1,73m2. Il ne présentait pas de syndrome inflammatoire biologique. Il a bénéficié d’une ponction-biopsie rénale concluant à des dépôts mésangiaux exclusifs d’IgG sans lésions prolifératives. Le bilan immunologique était normal durant toute la période de suivi (taux de C3, C4, CH50 : normal, anticorps antinucléaires négatifs et anticorps anti-ADN négatifs). Les sérologies : HVB, HVC étaient négatives. Le patient était alors mis sous corticothérapie à pleine dose (1mg/kg/j). L’évolution était marquée par une rémission complète atteinte après 3 mois du début du traitement. Au cours du suivi, le patient a présenté 3 rechutes du syndrome néphrotique en 3 ans sans facteurs de décompensation évident. La décision était alors de mettre le patient sous mycophénolate mofétil (MMF) avec une rémission complète atteinte après 2 mois.

Discussion

La néphropathie glomérulaire à dépôts mésangiaux d’IgG peut se voir dans divers types de glomérulopathies primitive et secondaire, y compris la néphropathie lupique, la glomérulonéphrite postinfectieuse et la néphropathie à IgA. Le premier cas rapporté de néphropathie glomérulaire à dépôts mésangiaux exclusifs d’IgG était en Japan par Sato et al. en 1993 [1].

Conclusion

La néphropathie glomérulaire à dépôts mésangiaux d’IgG est un type de glomérulopathie primaire très rare, mais distinct. Son pronostic rénal peut être moins favorable que précédemment rapporté en raison de la possibilité de la corticorésistance du syndrome néphrotique et de la récidive après une transplantation rénale.

Introduction

La glomérulonéphrite primitive la plus fréquente est la glomérulonéphrite à IgA (NIgA). Sur la base unique d’une dizaine de cas rapportés dans la littérature, il est décrit une association avec les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). Le but du travail est de préciser les caractéristiques clinicobiologiques et le pronostic des NIgA associées aux MICI.

Patients et méthodes

Vingt-trois patients (15 hommes, âge médian : 37 ans) présentant une NIgA prouvée histologiquement et une MICI sont identifiés rétrospectivement.

Résultats

La cohorte comprend 18 cas de maladie de Crohn et 5 cas de rectocolite hémorragique, tous antérieurs à la NIgA. La MICI était active dans 5 cas malgré les traitements par chirurgie (6 cas) ou par anti-TNFa (5 cas) avant le diagnostic néphrologique. Les manifestations rénales comprenaient : HTA (n=5), protéinurie constante (RPC médian : 260mg/mmol), syndrome néphrotique (n=3), hématurie macroscopique (n=2) et microscopique (52 %), fonction rénale préservée (DFGe>60mL/mn/1,73m278 %, eDFGe médian : 70mL/min/1,73m2 selon CKD-EPI), insuffisance rénale stade III (n=3) et IV (n=2). Histologiquement, une hyperplasie mésangiale isolée était observée sauf 4 cas qui présentaient une prolifération endocapillaire ou extracapillaire avec nécrose fibrinoïde. Dix-huit patients ont reçu un bloqueur du système rénine-angiotensine et 11 patients ont été traités par corticoïdes, majoritairement en cas de prolifération endo ou extracapillaire, permettant une survie rénale (sans IRCT ou perte de 50 % de DFGe) chez 9/11 patients. Au terme d’un suivi médian de 7 ans, le DFGe médian était de 59mL/min/1,73m2, 4 patients ont atteint l’IRCT.

Discussion

Comparativement à une cohorte de 134 patients atteints de NIgA sans MICI, il n’existait pas de différence de présentation initiale clinicobiologique ou de survie rénale.

Conclusion

L’association entre MICI et NIgA symptomatique est rare. Les caractéristiques physiopathologiques de ces formes restent à préciser. La présentation et l’évolution semblent globalement comparables à celle des NIgA sans MICI.

Introduction

La pathogénie de la néphropathie à IgA (NIgA) implique la présence d’une forme soluble du récepteur des IgA, le CD89s dans les dépôts mésangiaux. Nous avons préalablement montré que la transglutaminase 2 (TG2) est nécessaire à la formation des dépôts d’IgA1. Cette enzyme ubiquitaire présente diverses fonctions dont la régulation de certaines métalloprotéases (MMP). L’objectif est de déterminer le rôle de la TG2 dans l’induction d’une MMP responsable du clivage du CD89 et la formation des complexes circulants d’IgA1-CD89s.

Matériels et méthodes

Des souris α1KI-CD89Tg ont été comparées à des souris invalidées pour TG2. Les complexes ont été dosés par Elisa et l’expression du CD89 mesurée par cytométrie. L’activité des gélatinasses a été mesurée par zymographie. Des inhibiteurs de protéase ont été testés pour bloquer le clivage du CD89. Les MMP ont été dosées chez les patients.

Résultats

L’invalidation de TG2 chez la souris α1KI-CD89Tg entraîne une diminution des complexes circulants CD89s-pIgA1 associée à une augmentation de l’expression du CD89 membranaire des monocytes circulants. In vitro, une augmentation significative de la liaison des pIgA1 aux macrophages dérivés de la moelle osseuse (MMO) a été observée en absence de TG2. Pour déterminer la protéase impliquée, nous avons d’abord montré sur la lignée U937 que le clivage du CD89 est induit par le PMA et qu’il peut être bloqué par un inhibiteur de large spectre des protéases, le GM6001. Pour identifier une protéase contrôlée par la TG2, nous avons montré que MMP9 est présente uniquement dans le mésangium des α1KI-CD89Tg et active dans les surnageant des MMO de ces souris. De plus, les taux sériques de MMP9 ont été significativement plus élevés chez les patients atteints de NIgA. Nous avons également analysé PP2A une sérine phosphatase connue pour réprimer MMP9 et activer le CD89. En effet, en absence de TG2, PP2A est très fortement augmentée dans les MMO des α1KI-CD89Tg.

Discussion

Nos résultats suggèrent que MMP9 monocytaire soit impliqué dans la formation des complexes pIgA1-sCD89, et que le clivage du CD89 est régulé par l’axe TG2-PP2A.

Conclusion

La dérégulation de l’axe TG2-PP2A-MMP9 pourrait jouer un rôle crucial dans la pathogenèse de la N-IgA.

Introduction

L’hypertension artérielle (HTA) dans la hyalinose segmentaire et focale idiopathique (HSFI) est fréquente et est responsable de la progression de la maladie.

L’objectif du travail

Déterminer la prévalence de l’HTA chez cette population et décrire le profil des patients ayant une HSFI et hypertendus par rapport aux non-hypertendus.

Patients et méthodes

Étude rétrospective sur 9 ans incluant tous les patients suivis pour HSFI au service de néphrologie.

Résultats

Nous avons colligé 104 cas d’HSFI. La prévalence de l’HTA était de 16,3 % avec une prédominance masculine, une pression artérielle systolique moyenne à 149,7mmHg et une pression artérielle diastolique moyenne à 90mmHg. L’âge moyen des patients était de 32,2 ans±14,92. Le syndrome néphrotique était impur par l’HTA isolée dans 17,64 % des cas. La protéinurie moyenne était de 8,95g/24h, il n’y avait pas de différence significative entre les patients hypertendus et les patients normotendus. L’insuffisance rénale était significativement plus présente chez les patients hypertendus (75 % des patients hypertendus vs 25 % des patients normotendus). Les lésions vasculaires étaient présentes à la biopsie rénale chez 52,94 % des patients hypertendus. Tous les patients ont reçu une corticothérapie à pleine dose et un bloqueur du système rénine-angiotensine. Après une année de suivi, dans le groupe des patients hypertendus avec insuffisance rénale, la fonction rénale s’est normalisée chez 70,58 % des cas. Le contrôle tensionnel était obtenu sous monothérapie chez 52,94 % des patients et sous bithérapie chez 23,52 % des patients.

Discussion

Dans la HSFI, l’HTA s’installe progressivement avec la maladie rénale aggravant ainsi le pronostic. Contrairement à la HSF des formes secondaires, le syndrome néphrotique et le degré de la protéinurie sont plus importants. Dans la HSFI, plus la pression artérielle est équilibrée, plus la fonction rénale est préservée.

Conclusion

Dans la HSFI, la présence de l’HTA aggrave le pronostic rénal. En plus de la corticothérapie qui est la pierre angulaire du traitement, un bon contrôle tensionnel s’impose.

Introduction

L’atteinte rénale satellite des hémopathies malignes est fréquente et varie selon l’hémopathie impliquée. De nombreuses glomérulopathies et infiltrations tumorales ont été décrites lors des lymphoproliférations, beaucoup plus rarement en cas de syndrome myéloprolifératif.

Observation

Nous rapportons le premier cas de glomérulonéphrite PLA2R positive accompagnée d’une néphropathie induite par un syndrome myéloprolifératif. Il s’agit d’un patient de 63 ans suivi depuis plusieurs années pour une myélofibrose qui a bénéficié d’une biopsie rénale pour exploration d’une protéinurie de rang néphrotique associée à une insuffisance rénale aiguë. L’histologie rénale a mis en évidence : (i) une glomérulopathie satellite du syndrome myéloprolifératif associant une sclérose et une hypercellularité mésangiale, (ii) une infiltration des 3 lignées de cellules hématopoïétiques au sein de l’interstitium, des capillaires péritubulaires et du tissu périrénal, (iii) une glomérulonéphrite extramembraneuse avec forte prédominance de la sous classe IgG4 en immunofluorescence et un marquage de l’antigène PLA2R positif en immunohistochimie. Le traitement instauré a compris un traitement néphroprotecteur associé à un traitement spécifique de l’hémopathie avec un traitement inhibiteur des Janus kinases. Cette prise en charge a permis une évolution favorable avec une amélioration de la fonction rénale et une nette régression de la protéinurie.

Conclusion

Les atteintes rénales satellites des syndromes myéloprolifératifs consistant en une glomérulopathie accompagnée ou non d’une hématopoïèse extramédullaire sont probablement sous-estimées. Le recours à une biopsie rénale doit être envisagé en cas de protéinurie et/ou insuffisance rénale dans le contexte d’un syndrome myéloprolifératif. En effet, l’atteinte rénale secondaire peut devenir un critère de traitement de l’hémopathie d’autant plus que l’évolution semble favorable avec ce dernier.

Introduction

La sécurité de la ponction-biopsie rénale (PBR) durant la grossesse est un sujet à débat. Cependant, elle peut être impérative. Le but de ce travail est d’évaluer les indications de la PBR et les atteintes rénales au cours de la grossesse et de vérifier son innocuité.

Patients et méthodes

Étude rétrospective sur 22 PBR échoguidées réalisées chez des femmes enceintes avec atteinte rénale. Les indications de la PBR et les données histologiques sont analysées.

Résultats

L’âge moyen est de 32,8±8 ans. Les indications de la PBR étaient un syndrome néphrotique dans 18 cas, hématurie macroscopique récidivante dans 2 cas et insuffisance rénale avec hypertension artérielle dans 2 cas. La PBR a montré une glomérulonéphrite à lésions glomérulaires minimes dans 6 cas, une glomérulonéphrite extramembraneuse dans 5 cas, une néphropathie lupique classe IV dans 4 cas et classe V dans un cas, une néphropathie à IgA dans 2 cas, une hyalinose segmentaire et focale dans 2 cas, une GNA postinfectieuse dans 1 cas et GNMP dans 1 cas. Les suites de la PBR étaient simples chez toutes nos patientes. Une interruption médicale de la grossesse a été indiquée dans les 3 cas de NL classe IV avec mise sous corticoïdes+MMF dans un cas et corticoïdes+cyclophosphamide dans deux. La patiente avec GEM II est traitée par corticoïde+ciclosporine. Une corticothérapie est prescrite dans les cas de la glomérulonéphrite à LGM, d’HSF et GEMIII. L’abstention thérapeutique avec surveillance clinique et biologique est indiquée chez les patientes qui présentent une GEM I et néphropathie à IgA.

Discussion

Même si rarement pratiquée, la PBR chez la femme enceinte a permis dans notre étude de poser le diagnostic de plusieurs glomérulopathie autre que la prééclampsie, elle reste le gold standard pour le diagnostic rapide et initial d’une néphropathie, pour l’initiation d’un traitement rapide et ciblée permettant ainsi une meilleure survie maternelle et fœtal.

Conclusion

La PBR au cours de la grossesse permet de déterminer le type de l’atteinte rénale, d’instaurer un traitement adéquat et de préciser le pronostic materno-fœtal.

Introduction

L’atteinte rénale au cours de la vascularite à IgA (V-IgA) fait la gravité de cette maladie, sa fréquence est extrêmement variable selon les séries. L’objectif de notre travail était d’étudier les caractéristiques cliniques, biologiques et histologiques des patients ayant une V-IgA.

Matériels et méthodes

Notre étude était rétrospective et descriptive. Nous avons colligé 8 patients ayant une V-IgA hospitalisés au service de médecine interne de l’hôpital des forces de sécurité intérieure durant la période de 2005 et 2017. Le diagnostic de V-IgA était retenu selon les critères de l’ACR 1990.

Résultats

Tous les patients étaient de sexe masculin. L’âge moyen était de 47 ans. Les circonstances de découverte étaient le purpura vasculaire (PV) chez 7 patients associé ou non à des douleurs abdominales (3 cas), un syndrome œdémateux (2 cas), une atteinte articulaire (2 cas), une HTA (un cas) et une insuffisance rénale avancée (un cas). Le PV était pétéchial chez 4 patients, nécrotique chez un patient. Le siège de prédilection était les membres inférieurs avec quatre cas de forme diffuse. La biopsie cutanée a conclu à une vascularite leucocytoclasique avec dépôts d’IgA à lIFD. Une atteinte rénale était présente chez 7 patients. Une HTA était objectivée chez quatre patients. Quatre patients s’étaient présentés avec une insuffisance rénale avancée. La biopsie rénale a objectivé une glomérulonéphrite extracapillaire dans quatre cas, une prolifération mésangiale segmentaire et focale dans 3 cas. Tous les patients présentaient des dépôts d’IgA à l’IF. Des arthralgies inflammatoires et des arthrites ont été notées chacune dans deux cas. Quatre patients présentaient une atteinte digestive se manifestant par des douleurs abdominales (n=3) et des rectorragies (n=1). Un patient a présenté un tableau d’ischémie mésentérique. Sur le plan thérapeutique, la corticothérapie étaient préconisés chez six patients. Deux patients ont évolué vers l’IRC terminale nécessitant une hémodialyse régulière.

Discussion

L’atteinte rénale au cours de la V-IgA chez l’adulte survient dans 45 à 85 % des cas. Elle doit être systématiquement recherchée.

Conclusion

L’atteinte rénale modifie le pronostic de la V-IgA.

Introduction

L’immunoglobuline A (IgA) est l’Ig la plus abondamment synthétisée. Ses propriétés ambivalentes l’impliquent dans les phénomènes de protection contre des pathogènes et dans les phénomènes de tolérance. Les IgA développent des propriétés pathogènes avec la capacité à se déposer sur le mésangium ; celle-ci peut être liée à une anomalie de glycosylation favorisant la constitution de complexes (IgA-IgG ; IgA-CD89.), mais aussi à des caractéristiques particulières de leur partie variable.

Objectifs

Évaluer les caractéristiques physicochimiques (CPC) des IgA monoclonales(mIgA) promptes à se déposer sur le mésangium.

Matériels et méthodes

Les IgA de 12 patients ayant une dysglobulinémie mIgA et ayant bénéficié d’une biopsie rénale(PBR) ont été purifiées. 400μg d’IgA sont injectés (IV) à des souris « nude » ; l’IgA est révélée par immunofluorescence. Leurs CPC sont analysées (western-blot, lectines et spectrométrie de masse, dichroïsme circulaire [DC]). Ces IgA sont ensuite désialylées et déglycosylées et à nouveau injectées. Dix Ac. monoclonaux IgA1(Am) obtenus après immunisation de souris α1KI ont été purifiés. Leur capacité à se déposer a été évaluée ; la séquence des VH et Vκ a été obtenue.

Résultats

Au total, 8/12 patients ayant une mIgA ont des dépôts mésangiaux sur la PBR ; 5/8 des IgA présentes sur les PBR le sont sur le mésangium des souris « nudes » ; 4/12 des IgA non présentes sur la PBR ne se déposent pas chez les souris « nude ». Il n’y a pas de différences significatives du degré de glycosylation et de sialylation des IgA selon leur capacité à se déposer. La désialylation et la déglycosylation ne modifient pas cette propriété. le DC montre que les IgA qui se déposent ont une plus grande stabilité thermique qui dépend de leur VDJ. L’analyse des séquences des Am obtenus à partir des hybridomes montre que l’hypermutation des Ac ayant la capacité de se déposer est plus faible que celle des Ac ne se déposant pas.

Discussion

Si l’importance d’un défaut de glycosylation des IgA a été démontrée à l’origine de leurs dépôts, nous mettons en évidence le rôle de la structure des parties variables des IgA.

Conclusion

La capacité des IgA à se déposer sur le mésangium est davantage influencée par la structure de leur partie variable que par leur degré de glycosylation ou de sialylation.

Introduction

L’incidence de la glomérulonéphrite aiguë postinfectieuse (GNA) a fortement diminué, touchant actuellement principalement des adultes immunodéprimés (diabète, éthylisme chronique, néoplasies) et associée à un tableau et un pronostic plus sévères. Nous nous intéressons dans notre travail aux GNA survenant chez des patients ayant une néphropathie diabétique.

Patients et méthodes

Notre étude est rétrospective. Elle avait concerné les patients atteints de GNA sur néphropathie diabétique suivis au service de néphrologie de Monastir entre la période de 2012 et 2016.

Résultats

Nous avons colligés 14 cas de GNA sur néphropathie diabétique. Le sex-ratio (F/H) était de 0,55. L’âge médian était de 53 ans (extrême de 32 à 76 ans). La porte d’entrée est cutanée (PE) dans 64 % (9 cas), ORL dans 21 % (3 cas) et dans 2 cas la PE n’a pas été mise en évidence. Le diabète était mal contrôlé dans 57 % (8 cas). Sur le plan clinique, une HTA était notée dans 64 % (9 cas), un syndrome œdémateux dans 64 %, une hématurie dans tous les cas et une protéinurie d’abondance variable dans tous les cas. Une insuffisance rénale rapidement progressive était notée dans 5 cas. La PBR était réalisée pour les 14 patients montrant dans 9 cas une GNA bénigne et dans 5 cas une GNA maligne (soit 35 %). Il y a eu un recours à l’hémodialyse en urgence dans 35 % (5 cas) et à la corticothérapie dans les cas de GNA malignes. L’évolution est marquée par récupération de la fonction rénale dans 71 % (10 cas), l’évolution vers l’insuffisance rénale chronique terminale était notée pour 4 patients (19 %) puis l’évolution est marquée par le décès de 2 de ces patients.

Discussion

La GNA est plus fréquente en cas de diabète non ou mal traité, la porte d’entrée est préférentiellement la voie cutanée au contraire à la population générale ou la PE est souvent ORL-La GNA maligne est plus fréquente par rapport à la population générale et le recours plus fréquemment à l’épuration extrarénale et à la corticothérapie.

Conclusion

La GNA est plus grave chez le diabétique par rapport à la population générale et le recours plus fréquemment à l’épuration extrarénale à la phase aiguë et une évolution plus fréquente à l’insuffisance rénale chronique terminale.

Introduction

La glomérulonéphrite à dépôts de C3 est une entité rare, récemment décrite. En microscopie optique, c’est une glomérulonéphrite membranoproliférative, avec des dépôts isoles de C3 en immunofluorescence. La pathogénie semble être associée aux anomalies de la voie alterne du complément.

Observation

Nous présentons le cas des deux frères (homme 36 ans et femme de 23 ans), atteints d’une mutation homozygote du facteur H, qui ont développé une atteinte rénale. Tous les deux ont développé un syndrome hémolytique urémique (SHU) atypique avec tableau clinique de microangiopathie thrombotique (MAT) périphérique et atteinte rénale avec insuffisance rénale aiguë sévère, protéinurie et hématurie microscopique. Le bilan biologique avait mis en évidence pour les deux un déficit en facteur H lié a une mutation homozygote du facteur H. Tous les deux ont été traités par éculizumab, avec amélioration de la fonction rénale. Par la suite, apparition d’une protéinurie non néphrotique et d’une hématurie microscopique pour les deux. La biopsie rénale a montré dans les deux cas une glomérulonéphrite membranoproliférative à dépôts isoles de C3. Le bilan biologique a montré la persistance du déficit en facteur H. Le dosage de l’éculizumab a été dans les limites considérés efficace. Les deux patients ont été traites avec immunosupresseurs : corticoïdes a 1mg/kgc/jour et mycophénolate mofétil. La réponse a été favorable dans les deux cas, avec amélioration de la protéinurie et de l’hématurie microscopique.

Discussion

Dans les deux cas, le facteur étiologique est le déficit en facteur H secondaire a une mutation homozygote du facteur H. La nécessité de rajouter des immunosupresseurs (MMF et corticoïdes) au traitement par éculizumab souligne la pathogénie complexe de la glomérulonéphrite a C3.

Conclusion

Deux cas familiaux de glomérulonéphrite à dépôts isoles de C3, avec bonne réponse au traitement par éculizumab, corticoïdes et mycophénolate mofétil.

Introduction

La prévalence du syndrome néphrotique à lésions glomérulaires minimes (SNLGM) au cours de l’infection par le VIH serait de 1 à 4 %, mais les caractéristiques de ces patients n’ont jamais été décrites avec précision.

Patients et méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective permettant de recueillir les données des patients au sein de 7 hôpitaux, entre 2000 et 2016. Les données démographiques, cliniques, biologiques, histologiques et thérapeutiques étaient recueillies au moment de la ponction-biopsie rénale et au moment de chaque rechute.

Résultats

Huit patients ont été identifiés (3 hommes, 5 femmes) avec une durée médiane de suivi après le diagnostic de SNLGM de 20 mois. Sept avaient une infection VIH connue avant le SNLGM, 1 patient a présenté les deux entités simultanément. La protéinurie et l’albuminémie moyennes étaient respectivement de 7,9g/j (3,33 à 14,8) et de 17,5g/L (7,7 à 29,5). Trois patients ont présenté une insuffisance rénale aiguë. Au moment du SNLGM, 7 patients avaient des lymphocytes T CD4+>450/mm3 et 5 avaient une charge virale indétectable. L’apparition du SNLGM a amené à modifier le traitement antirétroviral chez 3 patients. Six patients ont reçu comme traitement de première intention une corticothérapie permettant une rémission complète (RC) dans 4 cas. De manière spontanée, un patient a présenté une rémission partielle (RP) et un autre une RC. Deux patients avaient un SNLGM corticodépendant, deux autres ont présenté des rechutes multiples et un patient une seule rechute. Un traitement par rituximab a été instauré avec succès chez 4 patients. On note 4 épisodes infectieux sans infection opportuniste chez 2 patients traités par rituximab.

Discussion

Les résultats de cette étude suggèrent que la présence d’un SNLGM dans un contexte d’infection par le VIH soit une association rare, sans qu’un profil typique ne soit mis en évidence. Une étude complémentaire par hybridation in situ est en cours pour rechercher la présence du virus dans les podocytes de ces patients.

Conclusion

Cette étude permet de décrire précisément les caractéristiques des patients infectés par le VIH présentant un SNLGM. Le lien étiopathogénique potentiel entre ces deux entités reste à déterminer.

Introduction

Le diagnostic de néphropathie diabétique (ND) est le plus souvent présomptif. Dès lors, qui sont les patients ayant un diagnostic histologique de ND ? Sont-ils des diabétiques connus ? Pourquoi la biopsie est-elle effectuée ? Le diagnostic d’une néphropathie surajoutée au diabète (NSDB) est-il fréquent ? Peut-on prédire la présence d’une NDSB, et ce diagnostic est-il utile ?

Patients et méthodes

Les patients ayant un diagnostic histologique de ND entre 2000 et 2016 ont été inclus dans cette analyse rétrospective monocentrique. La présence ou l’absence de NSDB a été notée et confrontée aux caractéristiques anamnestiques, cliniques et biologiques.

Résultats

Cent deux patients (66 hommes et 36 femmes) ont été inclus. Au moment de la biopsie, l’âge médian était de 58 ans. Chez tous, le diabète était connu (évoluant depuis 15 ans en médiane) et la biopsie était effectuée afin de rechercher une NSDB. Vingt-six patients (25 %) présentaient une NSDB et 76 (75 %) une ND isolée. Les biopsies réalisées dans un contexte d’insuffisance rénale aiguë ont souvent décelé une NSBD (n=12/14, dont 7 nécroses tubulaires aiguës, 3 néphrites interstitielles aiguës et une vascularite à ANCA) conduisant à une thérapeutique spécifique dans 5 cas. Les biopsies effectuées en contexte chronique ont rarement révélé une NSDB (n=14/88, dont 9 glomérulopathies) et ont mené à un traitement spécifique dans 3 cas. En analyse multivariée, la présence d’une maladie générale non diabétique (tumorale, auto-immune, infectieuse) était associée à une NSDB, tandis que les autres éléments ayant fait porter l’indication de la biopsie rénale (hématurie, évolution de la protéinurie, déclin de la fonction rénale, absence de rétinopathie, absence de neuropathie, hypoalbuminémie, ancienneté du diabète) n’étaient pas discriminants.

Discussion

La biopsie rénale a permis d’identifier une NSDB chez seulement 25 % des diabétiques biopsies.

Conclusion

Une NSBD est plus probable en contexte aigu, et/ou en cas de maladie générale surajoutée au diabète.

Introduction

Le spectre des glomérulopathies chez l’enfant diffère de celles des adultes reste cette phase de transition à savoir l’adolescence et l’adulte jeune chez qui la biopsie est indiquée vu leur similitude avec les néphropathies de l’adulte, mais aussi leur similitude avec l’enfant dans le cadre du syndrome néphrotique pur. Le but de notre travail est d’évaluer l’indication de la biopsie rénale (PBR), les étiologies principales des néphropathies et de déterminer les indications de PBR en cas de syndrome néphrotique pur.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective incluant toutes PBR natives lues au service d’anatomie pathologie pendant 10 ans du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2014. Ont été inclus les patients d’âge de 16 à 25 ans inclus. Les biopsies du greffon et les non-représentatives ont été exclues. Analyse faite par SPSS V20, univariée par test de χ2 et le p significatif si<0,05.

Résultats

Trois cent trente-quatre PBR ont été lu (21,6 % des PBR faites durant la période). L’âge moyen :20,7±2,8 ans, le sex-ratio :1, le syndrome néphrotique (SN) était révélateur dans 57,4 % des cas (pur dans 52 % des SN), la protéinurie isolée et le syndrome glomérulaire dans 13,8 % et 9 % des cas respectivement. Les étiologies principales étaient le lupus (NL)(26,6 %), la lésion glomérulaire minime (23,4 %), la hyalinose segmentaire et focale (HSF) (10 %) et la néphropathie à IgA (6,3 %). Chez ces patients avec SN pur, la LGM représentait 56,4 % des cas, des étiologies secondaires ont été diagnostiquées chez la femme dans 61,9 % des cas : NL(13 %) essentiellement classe 4 avec indice d’activité à 5 majoritairement, HSF (9 %), GEM(9 %), amyloseAA (6 %). Les indications de PBR dans les SNpur non LGM étaient : signes clinique de lupus, antécédent de maladie de système (Bechet ou autres, angines) et la corticorésistance révélant essentiellement la NL, HSF, GEM et l’amylose AA.

Discussion

Dans notre étude, le principale mode de révélation des glomérulopathies est le SN, à la différence des autres séries, la NL était la principale cause, expliqué par la non biopsie si SNpur (principal mode de révélation) traités comme LGM. En cas de SNpur, la principale cause : LGM, PBR réalisée si antécédents de maladie de système ou signes extrarénaux.

Conclusion

La fréquence de la néphropathie lupique dans notre contexte comme première cause de glomérulopathie chez l’adolescent et le jeune adulte pourrait indiquer la PBR chez cette tranche d’âge essentiellement en présence de signes ou antécédents évocateurs.

Introduction

Le syndrome hémolytique et urémique atypique (SHUa) est dû à des mutations des gènes des protéines régulatrices de la voie alterne du complément : facteur H, CD46 ou MCP (membrane cofactor protein) et facteur I (FI), et de deux protéines de la C3 convertase : facteur B et C3. Une anomalie du complément est mise en évidence chez 70 % des enfants et des adultes atteints de SHUa dont des mutations du FI dans 10 % des cas. De très rares cas de glomérulonéphrite à dépôts de C3 (GNC3) ont été rapportés en association à une mutation hétérozygote du gène codant pour le FI. Nous rapportons ici le cas d’un patient présentant un SHUa sur rein natif et GNC3 sans SHUa après transplantation rénale.

Observation

Un homme de 60 ans est adressé en consultation en 2004 pour un syndrome œdémateux et une anémie. Il présente pour seuls antécédents : une hypertension artérielle sous inhibiteurs calciques, un tabagisme sevré et des épisodes infectieux ORL et respiratoires à répétition dans l’enfance. Le bilan biologique met en évidence un syndrome néphrotique impur et une anémie hémolytique avec schizocytose (4 %). La ponction-biopsie rénale révèle une GNMP de type I. L’immunofixation montre une fixation endo-membraneuse de sérum anti-IgG et C4. Le bilan étiologique de la GNMP type I ne retrouve aucune cause. L’exploration de la voie alterne du complément met en évidence un déficit en FI avec une mutation hétérozygote du FI au niveau de l’exon 9 impliquée dans la structure secondaire de la protéine. L’évolution rénale de ce patient est défavorable avec des poussées fréquentes d’hémolyse et une dégradation progressive de sa fonction rénale conduisant à l’hémodialyse chronique en août 2007. En février 2010, il est hospitalisé pour un tableau de MAT avec atteinte multiviscérale (cardiaque et neurologique) d’évolution favorable après échanges plasmatiques. Deux ans plus tard, il bénéficie d’une greffe rénale. La biopsie du greffon réalisée pour protéinurie à deux ans postgreffe révèle alors une GNC3 isolée, sans récurrence de MAT.

Discussion

Cela est à notre connaissance le premier cas de déficit en FI avec SHUa sur rein natif et GNC3 après transplantation rénale.

Conclusion

Ce cas suggère qu’une dysrégulation constitutionnelle de la voie alterne du complément soit associée à un large éventail de maladies rénales. La GNC3 et le SHUa seraient des expressions différentes d’un même état.

Introduction

La glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) est la première cause du syndrome néphrotique de l’adulte. Dans 30 % des cas, elle évolue vers l’IRCT. L’attitude attentiste est recommandée dans la prise en charge ou une alternance de cycles mensuels de cyclophosphamide (ou anticalcineurine) et des corticoïdes pendant six mois. Le but de notre travail est de comparer les bénéfices d’une attitude attentiste à un traitement par rituximab ou cyclophosphamide pour la GEM.

Patients et méthodes

Étude rétrospective de janvier 2010 à décembre 2016. La ponction-biopsie rénale a été faite et lue en microscopie optique et en immunofluorescence. Nous avons défini la GEM par la présence d’un dépôt des complexes immuns d’immunoglobulines associés (IgG4, c3 et c4). La rémission complète a été définie par une fonction rénale normale et une protéinurie inférieure à 0,5g/j et la rémission partielle par une protéinurie entre 1 et 3g/j ou une diminution de son débit de 50 % avec stabilisation de la fonction rénale.

Résultats

Les dossiers de 90 patients ont été colligés : 30 hommes et 60 femmes avec un âge moyen de 35 ans. Le syndrome néphrotique était le principal mode de révélation (87 %). Le stade II de Bariety est noté dans 63 % des cas, associé à une fibrose interstitielle dépassant 50 % dans 15 cas. Le groupe de l’attitude attentiste ne recevait que les bloqueurs du système rénine-angiotensine (45 patients), 30 patients ont reçu cyclophosphamide et 15 autres patients ont reçu du rituximab selon le protocole de Pontcelli. La rémission est complète chez tous les patients du bras cyclophosphamide et rituximab (et partielle chez 15 patients qui n’ont été soumis qu’à l’attitude attentiste. La durée moyenne de suivi est de 24,7 mois. Quatorze malades (16 %) ont évolué vers l’IRCT nécessitant la dialyse.

Discussion

La GEM est une maladie auto-immune rare. Elle est plus fréquente chez la femme que chez l’homme. Le traitement immunosuppresseur doit être introduit précocement pour éviter la dégradation de la fonction rénale.

Conclusion

La rémission au cours de la GEM dépend de la précocité de la prise en charge et des facteurs du pronostic rénal qu’il faut évaluer et interpréter de façon appropriée.

Introduction

Les cryoglobulinémies sont de véritables complexes immuns précipitant au froid. L’objectif de notre travail est d’analyser les caractéristiques clinicobiologiques des cryoglobulinémies, leurs étiologies, le traitement, ainsi que l’évolution.

Patients et méthodes

Étude rétrospective menée au service de néphrologie, dialyse et transplantation rénale de l’hôpital militaire de Rabat, incluant les cas de cryoglobulinémies pris en charge entre janvier 2007 et décembre 2015. Nous avons étudié les paramètres cliniques, biologiques, histologiques, la prise en charge thérapeutique ainsi que l’évolution.

Résultats

Durant la période d’étude, 14 cas ont été inclus. L’âge moyen au diagnostic était de 46 ans avec une prédominance masculine (64 %). On a noté une atteinte cutanée, articulaire et neurologique respectivement chez 57 %, 28 % et 71 % des cas. Tous les patients avaient une insuffisance rénale, avec un syndrome néphrotique et hématurie microscopique respectivement chez 42 % et 28 % des cas. La cryoglobuline était mixte dans 78 % des cas et de type I dans 21 % des cas. La ponction-biopsie rénale, réalisée chez 7 patients, a révélé une glomérulonéphrite membranoproliférative dans tous les cas. 5 patients (HVC+) ont bénéficié d’une bithérapie associant la ribavirine et le PEG interféron dont 2 ont nécessité un complément par le rituximab, un patient (HVB+) avait été traité par l’entécavir et 9 patients ont bénéficié d’une corticothérapie, associée à la cyclophosphamide dans 2 cas. L’évolution après un an, a été marquée par une fonction rénale normale dans 21 % des cas, une insuffisance rénale chronique stable dans 35 %, un passage en hémodialyse chronique dans 35 % et un décès à la suite d’un accident vasculaire cérébral dans 7 %.

Discussion

Selon la littérature, le ratio d’âge et de sexe est variable en fonction des séries. Cliniquement, la cryoglobulinémie peut être complètement asymptomatique ou présenter une atteinte multiviscérale mortelle. L’atteinte rénale, facteur pronostique majeur de morbi-mortalité, a été observée chez tous les patients de notre série, abaissant ainsi le taux de survie de 90 % à 50 %.

Conclusion

Notre étude met en lumière les caractéristiques de la cryglobulinémie qui peut être d’une prise en charge lourde, voire même fatale car souvent pathologie sous-diagnostiquée.

Introduction

Le diabète est un problème de santé mondial, son incidence est en nette augmentation dans le monde. Il constitue la 2e cause de maladie rénale chronique au Maroc, mais seule une faible proportion de diabétiques bénéficie de biopsie rénale (PBR). Ainsi, la néphropathie diabétique reste une probabilité basée sur l’évolution et les complications du diabète sans confirmation histologique. Le but de notre étude est de déterminer les indications de la PBR chez les diabétiques et préciser les néphropathies non diabétiques.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les PBR réalisées chez les patients diabétiques et lues au service d’anatomie pathologie pendant 10 ans du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2014. Les biopsies du greffon et les non-représentatives ont été exclues. La saisie et l’analyse a été faite par SPSS V20, l’analyse univariée par test χ2. p significatif si<0,05.

Résultats

Un total de 47 PBR a été lu, l’âge moyen était 52±5,9 ans, avec prédominance masculine à 57,4 %. Au total, 61,7 % des PBR ont été réalisées de 2005 à 2009 inclus. Les indications de PBR étaient le syndrome néphrotique impur, glomérulaire, pur et l’insuffisance rénale aiguë dans respectivement 36,2, 17, 14,9 et 12,8 % des cas. La néphropathie diabétique a été retrouvée dans 27,7 % des cas, la glomérulonéphrite extramembraneuse et lupique dans 12,8 % chacun, la lésion glomérulaire minime et la hyalinose segmentaire et focale dans 8,5 et 6,4 % des cas respectivement.

Discussion

Notre étude a démontré la présence dans plus de 80 % des cas d’une néphropathie autre que diabétique chez les patients diabétiques, d’autres études trouvent des taux plus bas, cela dépend de la durée d’évolution du diabète et des indications de la PBR.

Conclusion

La PBR garde sa place chez le patient diabétique en présence d’indications précises, elle permet de confirmer la néphropathie diabétique ou non surtout devant la possibilité de traitement en cas de néphropathie non diabétique permettant ainsi de retarder la progression vers l’insuffisance rénale chronique terminale.

Introduction

La maladie de Kimura ou lymphogranulome éosinophile est une maladie inflammatoire endémique en Asie et rare dans le reste du monde. Elle se caractérise par une atteinte cutanée à type de nodules sous-cutanés, des adénopathies et une atteinte des glandes salivaires. L’atteinte rénale est rare au cours de cette affection.

Observation

Nous rapportons l’observation d’un patient caucasien de 69 ans aux antécédents de syndrome d’hyperéosinophilie idiopathique évoluant depuis 10 ans, corticodépendant, inefficacité d’un traitement par interféron alpha, réponse partielle à l’hydroxycarbamide suspendu en juin 2016. Persistance depuis d’un prurit vespéral, d’une polyadénopathie périphérique et d’une hyperéosinophilie sanguine aux alentours de 1500 G/L. Constatation à partir d’octobre 2016 d’une protéinurie glomérulaire à 2,96g/24heures, fonction rénale normale, pas de microhématurie. Pris en charge en néphrologie : bilan parasitaire négatif, pas d’auto-immunité, explorations fonctionnelles respiratoires normales, pas d’argument pour un syndrome myélo/lymphoprolifératif (biopsie ostéomédullaire normale, Tep-scan négatif, recherche BCR/ABL et mutation de JAK2 négatives, pas de monoclonalité T), recherche transcrit FIP1L1-PDGFR alpha négative, dosage IgG4 à 1,31g/L et IgE totale>10 000 UI/mL. La biopsie rénale révèle une glomérulonéphrite à dépôts mésangiaux IgA et la biopsie ganglionnaire montre une hyperplasie folliculaire lymphoïde avec polynucléaires éosinophiles et hyperplasie des veinules postcapillaire dans les territoires interfolliculaires en faveur d’une maladie de Kimura.

Discussion

Différents types d’atteintes glomérulaires ont été décrites au cours de la maladie de Kimura (GEM essentiellement, LGM, HSF, néphropathie à IgA, à IgM ou à IgE, GNMP). Le traitement est représenté par la corticothérapie en 1re intention. Dans cette observation, nous avons utilisé la ciclosporine avec succès sur la protéinurie, l’éosinophilie et les adénopathies.

Conclusion

La maladie de Kimura est une cause rare de néphropathie à IgA. En cas de corticodépendance, la ciclosporine est efficace par son effet suppresseur sur certaines lymphokines (IL4-5), sur la protéine cationique éosinophilique (PCE) et sur le taux d’IgE.

Introduction

Les GNEC constituent une entité grave dont le diagnostic et traitement précoces conditionnent le pronostic.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, qui a concerné 144 cas de GNEC colligés au service de néphrologie du CHU Ibn Sina de Rabat depuis janvier 2005 à décembre 2015, a pour objectif : la description des caractéristiques épidémiologiques, cliniques, biologiques, histologiques, thérapeutiques et évolutives des GNEC, ainsi que la recherche des facteurs associés à une rémission complète.

Résultats

L’âge moyen des malades est de 39±17 ans avec prédominance féminine (79F/65H). À l’admission, 45 % des patients sont hypertendus, 99 % ont une IR avec oligoanurie dans 26,4 % des cas et un recours à l’hémodialyse dans 43 % des cas. La protéinurie est positive chez tous nos malades associée à une hématurie microscopique dans 78 % des cas. Sur le plan histologique, le pourcentage moyen des croissants cellulaires, fibrocellulaires et fibreux ainsi que des PAC est respectivement de 10 %, 12 %, 6 % et 22 %. Concernant les étiologies, les vascularites sont la première cause des GNEC, retenus dans 37 % des cas, le LEAD et les GNA postinfectieuses sont retenus dans, respectivement 23 % et 17,4 % des cas. L’évolution de nos malades est marquée par la persistance d’une IRC dans 58,6 % des cas, le décès dans 10,4 % des cas, seuls 22 % des patients ont une fonction rénale normale en fin de suivi et 9 % des cas sont perdus de vue. Les facteurs associés à une rémission complète sont : l’âge jeune (p=0,02), le non recours à la dialyse à l’admission (p≤0,01) et le pourcentage élevé de glomérules normaux.

Discussion

Comme rapporté dans la littérature, nos patients sont jeunes avec une prédominance féminine et présentent un tableau clinique sévère. Les facteurs associés à une rémission complète sont : l’âge jeune, le non-recours à la dialyse et le pourcentage élevé de glomérules normaux.

Conclusion

Le pronostic des GNEC est défavorable ; la démarche diagnostic et surtout la biopsie rénale doit être urgente dans le but d’asseoir un diagnostic étiologique et entreprendre le traitement précocement.

Introduction

Les complications rénales sont fréquentes après allogreffe de cellules souches hématopoïétiques (ACSH). La survenue d’un syndrome néphrotique après ACSH (typiquement 6 à 12 mois après) reste rare avec une incidence estimée à 0,4–6 %. Histologiquement, il s’agit essentiellement de glomérulopathies extramembraneuses (PLA2R négatives) et de lésions glomérulaires minimes qui sont considérées comme des manifestations rénales de réaction chronique du greffon contre l’hôte. L’intensification du traitement immunosuppresseur permet une rémission complète ou partielle de la néphropathie glomérulaire dans la majorité des cas.

Observation

Un homme de 52 ans nous a été adressé en janvier 2017 pour l’exploration d’un syndrome néphrotique survenant 2 ans après une ACSH. Il lui a été diagnostiqué en 2010 un lymphome malin non hodgkinien B de stade IV de Ann Arbor traité par chimiothérapie avec rechute en 2014 pour laquelle une ACSH a été réalisée en octobre 2014. Deux ans plus tard, il a développé une ascite réfractaire révélant une maladie vasculaire du foie. À cette occasion, il a été identifié un syndrome néphrotique (albuminémie à 21g/L, protéinurie glomérulaire à 1,0g/mmol) pur (fonction rénale normale, absence d’HTA et d’hématurie). Le bilan immunologique (AAN, anti-PLA2R, C3–C4) était normal et les sérologies virales (VIH, VHB, VHC) étaient négatives. L’immunofixation sérique révélait un micropic IgG lambda. La ponction-biopsie rénale retrouvait une glomérulopathie extramembraneuse (GEM) de stade 1. Les dépôts extramembraneux étaient marqués par l’anticorps anti-PLA2R en immunohistochimie (IHC). Un traitement immunosuppresseur associant une corticothérapie orale et du rituximab est débuté, mais malheureusement le patient est décédé en avril 2017 de complications septiques.

Conclusion

Nous décrivons un cas de GEM PLA2R+ (PLA2R+ sur la biopsie, anti-PLA2R sérique négatif) post-ASCH. Huang et al. ont rapporté 5 cas de GEM post-ACSH pour lesquels des anticorps sériques anti-PLA2R ont été détectés chez un seul patient. Cette observation met en exergue la difficulté de distinguer les causes primitives des causes secondaires au cours de certaines GEM PLA2R+ et la difficulté d’interprétation des GEM avec IHC anti-PLA2R+ sur la biopsie et sans anticorps anti-PLA2R sériques, entité qui mériterait d’être mieux caractérisée.

Introduction

L’objectif était de dépister l’hypothyroïdie chez les patients adultes présentant un syndrome néphrotique.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale, menée entre janvier et juin 2016, ayant porté sur 32 patients hospitalisés pour un syndrome néphrotique (SN). Le bilan thyroïdien (TSHus, FT4) était fait chez tous, définissant une hypothyroïdie frustre, avérée et secondaire.

Résultats

Ils étaient 18 hommes (56,2 %) et 14 femmes (43,8 %), âgés en moyenne de 46,6±19 ans. Le SN était impur dans 84,4 % avec une protéinurie moyenne de 9,4±5,8g/24heures. Vingt-huit patients (87,5 %) avaient une protéinurie≥ 6g/24heures. La néphropathie sous-jacente était secondaire (n=14), primitive (n=11) et indéterminée (n=7). Les complications communes étaient retrouvées dans 31 cas (93,9 %) : dyslipidémie (n=27), IR (n=22), HTA (n=8), complications thromboemboliques (n=2). Le bilan thyroïdien était perturbé chez 15 patients dont 12 hommes et trois femmes, âgés en moyenne de 41,7±19,1 ans. Aucun patient n’était symptomatique. Leurs moyennes de TSHus et FT4 étaient respectivement de 3,2±2,0 (1,5–7,9) et 0,7±0,07. Les perturbations observées étaient : l’hypothyroïdie frustre (n=1), l’hypothyroïdie avérée (n=2) et l’hypothyroïdie secondaire (n=12). Les anticorps anti-TPO étaient négatifs chez tous et la néphropathie en cause était secondaire dans huit cas dont cinq cas d’amylose rénale. En analyse univariée, la profondeur du syndrome néphrotique, l’élévation du cholestérol total et le sexe masculin étaient significativement corrélés au risque d’hypothyroïdie (p : 0,007–0,03). L’altération de la fonction rénale n’était pas corrélée à ce risque (p=0,4).

Discussion

Nos données corroborent avec celles de plusieurs auteurs selon lesquelles l’hypothyroïdie au cours du SN est fortement corrélée au sexe masculin et à la profondeur du SN et qu’il existerait un certain seuil. La principale hypothèse pathogénique est une perte excessive d’hormones thyroïdiennes dans les urines.

Conclusion

L’hypothyroïdie franche au décours du syndrome néphrotique de l’adulte est rare. Il apparaît, néanmoins, dans cette étude que la profondeur du syndrome néphrotique en est un facteur de risque indépendamment de la fonction rénale.

Introduction

L’amylose AL peut être concomitante au diagnostic du myélome multiple (MM). Le but de notre étude était d’étudier les caractéristiques cliniques, biologiques et évolutives des cas d’amylose AL diagnostiquée de façon concomitante à un MM symptomatique.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive menée de 1975 à 2015 sur une série de 650 cas d’amylose rénale. On a inclus seulement les patients chez qui le diagnostic d’amylose AL et de MM ont été retenus au cours de la même hospitalisation dans notre service.

Résultats

Il s’agit de 9 hommes et 5 femmes d’âge moyen 58,21 ans [42–75 ans]. L’amylose rénale a été découverte devant un syndrome œdémateux chez 9 patients avec un syndrome néphrotique dans 11 cas. La protéinurie de 24h moyenne était de 3,7g [1,1–9,25g]. Une insuffisance rénale chronique était présente dans tous les cas avec une clairance moyenne de la créatinine à 35,42mL/min/1,73m2. Le MM était de type Ig G λ dans 11 cas et de type Ig A λ dans 3 cas. Un traitement à base de cortancyl et melphalan a été préconisé dans 8 cas. L’évolution était marquée par une rémission complète du MM dans un cas et partielle dans 2 cas. Après un suivi moyen de 15 mois, un décès est survenu dans tous les cas.

Discussion

La plupart des patients présentent au moment du diagnostic de l’amylose AL une gammapathie monoclonale isolée ou un MM. L’amylose systémique AL est une maladie grave. Son pronostic dépend de l’extension des dépôts amyloïdes et de l’importance de l’atteinte cardiaque. Sans traitement efficace, la médiane de survie est d’environ 12 mois. Environ 10 % des patients avec myélome multiple présentent une amylose AL associée. La survie des patients atteints d’amylose AL et MM est nettement moindre que la survie des patients atteints d’amylose AL seule.

Conclusion

Le pronostic de l’amylose AL est plus sombre lorsqu’elle est associée à un MM symptomatique.

Introduction

La glomérulopathie à dépôts isolés de C3 est une pathologie rare caractérisée par la présence de dépôts de C3 avec absence ou expression faible des immunoglobulines. Les caractéristiques de cette pathologie ne sont pas encore bien connues. Notre objectif consiste à étudier le profil de la glomérulopathie à C3 dans la région du sud tunisien.

Patients et méthodes

Nous avons recueilli rétrospectivement les données clinicobiologiques, histologiques et évolutives des patients adultes atteints d’une glomérulopathie à dépôts de C3, colligés au service de néphrologie de Sfax sur une période de 16 ans (1996–2011).

Résultats

Nous avons colligé 28 patients d’âge moyen 41±17 ans. Le sex-ratio (H/F) était de1,3. Une insuffisance rénale (IR) au moment du diagnostic a été notée chez 19 patients (67,9 %) avec une créatinémie médiane à 149,5μmol/L. Huit patients (28,5 %) avaient une hypocomplémentémie portant sur la fraction C3. La biopsie rénale a été indiquée dans 57,1 % devant la présence d’un syndrome néphrotique. L’étude en microscopie optique a montré une prolifération extracapillaire dans 7 cas (25 %) et un aspect rubané des membranes basales dans 2 cas (14,2 %). La fibrose interstitielle a été notée dans 15 cas (53,6 %). Douze de nos patients (42,8 %) ont été suivis sur une durée moyenne de 31±43 mois. Cinq cas (41,6 %) ont évolué vers le stade d’IR chronique terminale (IRCT) dans un délai moyen de 32±43 mois. Un seul cas a eu une transplantation rénale avec récidive en postgreffe. L’étude des facteurs de risque d’IRCT a montré que la présence d’une créatinémie supérieure à 200μmol/L au moment du diagnostic et la présence de fibrose interstitielle étaient des facteurs de mauvais pronostic (p respectifs=0,04 et 0,03).

Discussion

La glomérulopathie à C3 affecte les adultes jeunes. Sa présentation clinique est variable. L’hypocomplémentémie intéresse surtout la fraction C3 témoignant l’activation de la voie alterne. Comme décrit dans la littérature, le pronostic est caractérisé par une évolution fréquente vers l’IRCT. L’IR et la fibrose étaient des facteurs de mauvais pronostic.

Conclusion

Des études plus larges avec un suivi plus long sont nécessaires afin de mieux évaluer le profil évolutif de cette pathologie.

Introduction

La glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) idiopathique se caractérise par la présence d’anticorps (Ac) anti-PLA2R dans le sérum dans±70 % des cas. En immunofluorescence (IF), une fixation granulaire et diffuse d’IgG et C3 le long des membranes basales glomérulaires est classique. Un immunomarquage positif avec toutes les classes des Ig (pattern « full house ») peut être retrouvé et erronément interprété.

Observation

Nous présentons une série de 3 cas de syndrome néphrotique floride dont le diagnostic histologique de GEM lupique a été proposé sur base de ce pattern. En absence de tout tableau clinicobiologique évocateur de lupus, la présence d’Ac anti-PLA2R a rectifié le diagnostic. Le Tableau 1 reprend les principales caractéristiques des patients.

Discussion

Un pattern « full house » à l’IF peut erronément conduire à un diagnostic de GEM lupique. La recherche d’Ac anti-PLA2R sur sérum et l’expression des PLA2Recepteurs sur tissu rénal permettent d’orienter le diagnostic vers une GEM idiopathique. À notre connaissance, un seul cas de GEM idiopathique associant Ac anti-PLA2R et pattern « full house » à l’IF a été décrit. La recherche et la description d’une telle association est utile au diagnostic et permet d’affiner au mieux le traitement immunosuppresseur. Dans notre expérience, le développement d’un lupus n’a pas été observé et le pronostic rénal est médiocre.

Conclusion

La positivité des Ac anti-PLA2R dans une GEM avec pattern « full house » à l’IF confirme le diagnostic de GEM idiopathique.

Introduction

La glomérulonéphrite aiguë postinfectieuse (GNA) se manifeste, le plus souvent par un syndrome néphrétique aigu (SNA) précédé par une pharyngite ou une pyodermite. Sur le plan morphologique, la lésion fondamentale est une prolifération endocapillaire. Une prolifération extracapillaire peut s’y associer dans la GNA maligne. L’association à des lésions de microangiopathie thrombotique (MAT) est rarement décrite dans la littérature.

Observation

Observation no 1 : c’est garçon de 6 ans qui a présenté un SNA survenu une semaine après une pharyngite et des diarrhées. À l’examen clinique, il avait des œdèmes des membres inférieurs. La biologie a montré une anémie hémolytique avec une thrombocytopénie, les LDH étaient élevées, le C3 était bas et les Ac antistreptolysine-O étaient élevés. la créatinine était à 417 micromoles/L, et la protéinurie à 1,25g/24h. La biopsie rénale (PBR) a confirmé le diagnostic de GNA avec une prolifération endo et extracapillaire, des humps et des dépôts du C3 en ciel étoilé à l’immunofluorescence. Par ailleurs, il s’y associait une MAT artériolaire et glomérulaire. Observation no 2 : il s’agit d’un patient de 65 ans admis pour insuffisance rénale aiguë survenue deux semaines après une pneumopathie infectieuse persistante. Cliniquement, il présentait un syndrome œdémateux, une HTA et une hématurie microscopique. L’NFS était normale, la créatinine était à 733μmol/L et la dialyse a été indiquée pour une hyperkaliémie. La PBR a révélé d’une part une GNA avec une prolifération endocapillaire, des humps, un seul croissant segmentaire et des dépôt C3 en ciel étoilé à l’immunofluorescence. D’autre part, elle a objectivé une MAT glomérulaire. Seule une antibiothérapie parentérale a été administrée et la fonction rénale s’est améliorée avec une créatinine à 122μmol/L au bout d’un mois.

Discussion

La GNA comme la MAT peuvent être secondaire à une diarrhée infectieuse due à E. coli sécrétant une virotoxine. Les lésions endothéliales responsables de la MAT seraient dues à une neuraminidase secrétée par le streptocoque responsable de la cascade de la formation des thrombi.

Conclusion

Malgré la sévérité des lésions constatées, l’évolution était bonne après diagnostic histologique précoce et prise en charge rapide.

Introduction

Au Sénégal, les données épidémiologiques de l’insuffisance rénale aiguë (IRA) des sujets âgées sont inexistantes. Le but de notre étude est de documenter l’IRA chez les sujets âgés de plus de 60 ans.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude prospective portant sur des cas d’IRA chez les sujets âgés de 60 ans et plus, hospitalisés au centre hospitalier régional de Saint-Louis, sur une période de 6 mois, allant du 1er mars 2015 au 31 août 2015. Ont été inclus les patients âgés de 60 ans ou plus, porteurs d’IRA. Les données recueillies ont été saisies et analysées avec le logiciel Excel® 2010.

Résultats

La prévalence était de 29,5 %. La moyenne d’âge était de 70,94 ans [60–88 ans]. L’âge moyen des hommes était inférieur à celui des femmes [70,92 vs 71 ans]. Le sex-ratio était de 3,5 en faveur des hommes. Cinquante pour cent (50 %) avaient un antécédent d’HTA. Le signe fonctionnel dominant était un trouble de la conscience dans (27,8 %). La créatinémie moyenne était de 60,35mg/L [15–148,6mg/L]. L’urée sanguine moyenne était comprise entre [0,63–1,92g/L]. L’anémie était présente chez 50 %. Les patients avaient été répartis selon RIFLE : classe risk (R) représentait 16,70 %, classe injury (I) 27,80 %, classe failure (F) 55,60 %. L’IRA était fonctionnelle dans (61,1 %), obstructive (27,8 %), organique (11,1 %). Les mesures suivantes ont été instituées : réhydratation chez (55,6 %), référence urologique pour les IRA obstructives. Aucun patient n’a nécessité le recours à la dialyse. L’évolution était favorable dans (61,1 %), avec récupération de la fonction rénale. L’évolution était défavorable chez (38,9 %) dont (27,8 %) des décès.

Discussion

Notre étude menée chez les sujets âgés dans notre structure hospitalière révèle une fréquence élevée de l’IRA de 29,5 % ; cette importante fréquence s’explique d’une part par l’admission tardive de nos patients et d’autre part par des nombreuses comorbidités rencontrées dans ce groupe d’âge. Des études similaires ont été observées dans des travaux antérieurs.

Conclusion

L’IRA est fréquence chez les personnes âgées du centre hospitalier régional de Saint-Louis. Une attention particulière doit être accordée à la prévention de l’IRA avant l’âge de 60 ans.

Introduction

Plus de 50 % des patients hospitalisés en réanimation développent une insuffisance rénale aiguë (IRA) et plus de 10 % d’entre eux nécessitent une épuration extrarénale (EER) au cours de leur hospitalisation. L’objectif de notre étude est d’identifier les facteurs de risque de mortalité et d’évaluer le pronostic rénal de ces patients qui présentent une insuffisance rénale aiguë grave nécessitant une épuration extrarénale.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, réalisée au sein d’un service de réanimation. Les patients hospitalisés en réanimation et ayant présenté une IRA nécessitant une EER ont été inclus de façon consécutive.

Résultats

Sur les 245 patients inclus, 214 ont eu un suivi d’un an suivant l’admission en réanimation et 147 (68,7 %) sont décédés au cours de l’année. Les facteurs de risques associés de façon indépendante à une mortalité à 1 an incluaient la sévérité de la maladie à l’entrée dans le service et à l’initiation de l’EER, l’existence d’une pathologie hépatique chronique. À 1 an, 50 % des survivants ayant des valeurs connues de créatinémie (14/28) avaient développé une insuffisance rénale chronique (IRC) et 7,1 % (2/28) nécessitaient une EER au long cours (EERC). À 3 ans, l’IRC concernaient 44 % des survivants (25/57) et 10,5 % (6/57) étaient dépendant de l’EERC. Au total, 63,2 % des survivants (12/19) avaient une récupération rénale complète à 1 an et seulement 45,5 % (15/33) à 3 ans.

Discussion

Le caractère rétrospectif et monocentrique sont les principales limites de notre étude.

Conclusion

Le pronostic des patients présentant une IRA sévère nécessitant une EER au cours de leur hospitalisation en réanimation est sombre. La récupération rénale est souvent incomplète et de nombreux survivants développent une insuffisance rénale chronique.

Introduction

Le paludisme constitue un problème de santé publique au niveau mondial. Plus de la moitié des décès liés au paludisme concerne les enfants de moins de 5 ans. L’insuffisance rénale aiguë (IRA) constitue est un des signes de gravité de la maladie. Notre étude a pour objectif d’évaluer le profil épidémiologique, clinique et pronostic de l’insuffisance rénale aiguë au cours du paludisme grave de l’enfant.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale de 6 mois (1er février au 31 août 2016) dans les services de pédiatrie des hôpitaux de référence de la ville de Niamey. Nous avons inclus tous les patients de moins de 15 ans hospitalisés pour paludisme grave associé à une IRA.

Résultats

Nous avons recensé 967 cas de paludisme grave dont 64 avaient présenté une IRA donnant une incidence de 6,6 %. L’âge moyen des patients était de 2,5±0,75 ans. La tranche d’âge [0–5 ans] représentait 43 % des cas. L’oligurie (67 %), le syndrome urémique (30 %) étaient les principaux signes de l’IRA. L’urémie moyenne était de 27,5mmol/L. L’hyponatrémie et l’hyperkaliémie étaient retrouvées chez 65,37 % des patients. Soixante seize pour cent des patients étaient mis sous artésunate intraveineuse. Les patients avec oligoanurie avaient bénéficié d’une hyperdratation avec diurèse forcée première. Chez 17,39 %, l’hémodialyse a été réalisée après l’échec de la réhydratation. La fonction rénale a récupéré complètement chez 74 % des patients et 4 % des patients avaient évolué vers la chronicité. Nous avons déploré 11 % de décès.

Discussion

La mortalité n’est pas associé à certains paramètres comme l’age, le sexe, la parasitémie, l’hypercreatininémie dans notre série.

Conclusion

L’insuffisance rénale aiguë au cours de paludisme est une complication grave. Elle survient beaucoup chez les enfants de moins de 5 ans. Une bonne hydratation au début de la maladie permet d’éviter la survenue de l’insuffisance rénale aiguë.

Introduction

Le mécanisme de l’insuffisance rénale aiguë (IRA) varie selon l’âge du patient. Le but de notre travail était de décrire le profil histologique de l’IRA en fonction de l’âge du patient.

Patients et méthodes

Étude portant sur les patients admis à notre centre hospitalier universitaire entre janvier 2010 et décembre 2011 ayant bénéficié d’une biopsie rénale (BR) pour IRA. L’IRA a été définie selon les critères de la classification Acute Kidney Injury Network (AKIN). Nous avons scindé les patients en 3 groupes groupe A, B et C : ceux avec un âge inférieur à 19 ans, entre 19 et 64 ans et supérieur à 64 ans respectivement.

Résultats

Nous avons colligé 373 cas d’IRA, le taux des IRA biopsiées était de 25,46 % (95 BR). La moyenne d’âge était de 34±14,83 ans avec un sex-ratio H/F de 0,8. La moyenne de créatinémie était 87±11mg/L. Dans le groupe A (19 patients collectés), les principales lésions retrouvées étaient la glomérulonéphrite extracapillaire de type 1 ou 3 (GNEC) :8 cas soit 42,1 % suivie de la glomérulonéphrite aiguë postinfectieuse (4 cas, 21,05 %) et de la glomérulonéphrite lupique (3 cas, 15,78 %). Dans le groupe B (69 patients), les résultats étaient dominées par la glomérulonéphrite lupique (17 cas, 24,63 %), suivie de la GNEC de type 1 ou 3 (10 cas,14,49 %), ensuite la microangiopathie thrombotique (6 cas, 8,69 %), la hyalinose segmentaire et focale et la néphrite interstitielle (5 cas, 7,24 % chacune), suivies de la néphropathie amyloïde (4 cas, 5,79 %) et de la nécrose tubulaire aiguë et la glomérulonéphrite aiguë postinfectieuse 3 cas chacune soit 4,34 %. Concernant le groupe C (7 patients), la GNEC et la glomérulonéphrite membranoproliférative étaient les principales lésions histologiques retrouvées (2 cas, 28,57 % chacune).

Discussion

La glomérulonéphrite extracapillaire est une cause fréquente de l’IRA biopsiée. La particularité de notre série est la grande fréquence de la glomérulonéphrite lupique.

Conclusion

Chez les patients ayant bénéficié d’une BR pour IRA, la glomérulonéphrite lupique était la lésion la plus souvent retrouvée, alors quel la GNEC est une cause fréquente des IRA parenchymateuses quel que soit l’âge du patient.

Introduction

Peu d’études ont décrit l’insuffisance rénale aiguë (IRA) communautaire chez l’enfant et l’adolescent. Le but de notre travail était de comparer les caractéristiques des IRA communautaires (IRAC) et hospitalières (IRAH) chez les enfants et adolescents.

Patients et méthodes

Étude rétrospective ayant inclus les patients âgés de moins de 19 ans, admis entre janvier 2009 et décembre 2011, à notre centre hospitalier universitaire pédiatrique ayant présenté une IRA. L’IRA a été définie par les critères de la classification p RIFLE. L’IRAC a été définie par une IRA présente à l’admission ou apparue dans les 48heures L’IRAH par une IRA apparue 48heures après l’admission. Les patients on été suivis jusqu’à leurs sortie d’hospitalisation ou leur décès.

Résultats

Cinquante-quatre cas ont été collectés, dont 41 (75,92 %) IRAC. La moyenne d’âge était 11,76±5,11 ans dans le groupe IRAC versus 8,28±5,28 et le sex-ratio F/H était 0,5 versus 0,71 respectivement. Dans le groupe IRAC, les mécanismes étaient dominés par les glomérulonéphrites 25 cas (60,97 %) versus 0 cas dans le groupe IRAH, les causes obstructives 6 cas (14,63 %) versus 0 cas et le syndrome hémolytique et urémique 5 cas (12,19 %) versus 0 cas. Dans le groupe IRAH, le mécanisme était dominé par la nécrose tubulaire aiguë (NTA) septique puis toxique 11 cas (84,61 %) versus 2 cas (4,91 %). Au total, 90,24 % (37) des patients du groupe IRAC étaient pRIFLE 3 versus 61,53 % (8) dans le groupe IRAH. La mortalité était 30,76 % (4) dans le groupe IRAH versus 19,51 % (8) dans le groupe IRAC. Parmi les survivants, 66,66 % (6) ont récupéré une fonction rénale normale dans le groupe IRAH versus 45,45 % (15).

Discussion

Dans les pays développés, la part des NTA toxiques et ischémiques est en augmentation constante. Alors que dans notre contexte, les étiologies glomérulaires dominent largement les mécanismes des IRA chez l’enfant et l’adolescent.

Conclusion

Chez les enfants et les adolescents, l’IRAC est plus fréquente, liée essentiellement aux glomérulonéphrites et aux mécanismes obstructifs et vasculaires. L’IRAH est souvent secondaire à une NTA et elle est plus fréquemment associée à mauvais pronostic vital mais à un meilleur pronostic rénal.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) est fréquente, grave et évitable. Le but de notre travail est de décrire l’évolution temporelle des mécanismes de l’insuffisance rénale aiguë au sein de notre centre hospitalier universitaire pour guider les stratégies sanitaires préventives locales.

Patients et méthodes

Une première étude a été menée de février 1983 à avril 1988 et une deuxième de janvier 2008 à décembre 2011. Ont été inclus les patients admis à notre centre hospitalier universitaire ayant présenté une IRA. L’IRA a été définie par les critères de la classification KDIGO 2012. L’IRA en transplantation rénale a été exclue. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 18. Une valeur de p inférieure à 0,05 a été considérée comme statistiquement significative.

Résultats

De 1983 à 1988, 172 cas ont été collectés, la médiane d’âge était 36 ans (extrêmes : 6 mois et 75 ans) et le sex-ratio H/F 1,9. De 2008 à 2011, 704 cas ont été colligés, avec une médiane d’âge de 42 ans (extrêmes : 26jours à 100 ans) et un sex-ratio H/F 1,06. Concernant les mécanismes de l’IRA, les variations suivantes ont été notées : la fréquence des causes infectieuses et du choc hypovolémique a baissé de 45,35 % en 1983–1988 à 15,2 % en 2008–2011 (p=0,00000001) et de 8,72 % à 4,4 % (p=0,02) respectivement, alors que celle de la néphrotoxicité médicamenteuse a augmenté de 0 à 3,41 % (p=0,01). Les glomérulonéphrites représentaient 15,7 % des mécanismes de l’IRA durant la première partie de l’étude versus 24,43 % à la seconde période (p=0,01). La part de l’IRA induite par prééclampsie–éclampsie est passée de 1,74 % entre 1983–1988 à 6,39 % en 2008–2011(p=0,01). La fréquence de l’IRA induite par les causes néoplasiques obstructives a augmenté de 2,91 % en 1983–1988 à 16,76 % en 2008–2011 (p=0,000002). Les variations des taux des autres mécanismes n’ont pas été statistiquement significatives.

Discussion

Plusieurs études ont décrit une évolution temporelle des mécanismes de l’IRA chez l’enfant et l’adulte.

Conclusion

Les stratégies sanitaires préventives locales devraient prendre en considération ces résultats pour diminuer l’incidence et le surcoût liés à l’IRA.

Introduction

Les glomérulonéphrites lupiques (GL) et les vascularites (VX) sont les principales causes d’insuffisance rénale aiguë (IRA) glomérulaire. Le but de notre travail était de comparer les paramètres de l’IRA chez ces 2 groupes de patients.

Patients et méthodes

Étude rétrospective ayant inclus les patients admis à notre centre hospitalier universitaire entre janvier 2010 et décembre 2011, ayant bénéficié d’une biopsie rénale (BR) pour insuffisance rénale aiguë (IRA) et chez qui la BR a objectivé une glomérulonéphrite lupique (GL) ou des lésions de vascularite prédominantes en l’absence de tout signe clinique ou biologique évoquant un lupus érythémateux systémique (VX). L’IRA a été définie par les critères de la classification AKIN. Nous avons comparé plusieurs données entre les 2 groupes d’études : GL et VX.

Résultats

Dans le groupe GL, 21 patients ont été colligés versus 20 dans le groupe VX. La moyenne d’âge était de 32±12,18 ans et le sex-ratio H/F de 0,05 dans le groupe GL versus 37,19±24,79 ans et 0,9 respectivement. Au total, 47,61 % (10) étaient hypertendus dans le groupe GL versus 55 % (11) dans la groupe VX. La médiane de créatinémie était de 78,5mg/L (extrêmes : 20 à 148) dans le groupe GL versus 104,25mg/L (extrêmes : 42 à 137) et de protéinurie était 2,8g/24h (extrêmes : 3 à 7,98) dans le groupe GL versus 2,04 (extrêmes : 0,26 à 7,6). Quatre-vingt pour cent (16) des patients étaient AKIN 3 dans le groupe GL versus 100 %. Tous les patients des 2 groupes ont nécessité le recours à l’hémodialyse avec une médiane de 6 (1 à 17) séances dans groupe GL et 8,5 dans le groupe VX (2 à 13). Le taux de décès était de 33,33 % (7) dans le groupe GL versus 15 % (3). Au total, 9,52 % (2) des patients ont récupéré une fonction rénale normale dans le groupe GL versus 10 % (2). La durée de prise en charge était de 19jours dans le groupe GL versus 90jours

Discussion

Les glomérulonéphrites lupiques et les vascularites sont des lésions fréquemment retrouvées en cas de BR réalisée pour IRA. À notre connaissance, notre étude est la première à avoir comparé les caractéristiques de ces 2 entités.

Conclusion

L’IRA chez les patients avec vascularite est plus sévère, nécessite une prise en charge plus longue, mais associée à une mortalité moindre par rapport aux patients avec GL.

Introduction

La fibrose rétropéritonéale (FRP) est une maladie inflammatoire rare. Elle se caractérise par un manchon fibreux périaortique qui engaine les structures vasculaires et les uretères, pouvant conduire à une obstruction des voies urinaires responsable d’une insuffisance rénale.

Patients et méthodes

Étude rétrospective monocentrique des patients ayant une FRP colligés entre 2000 et 2017 dans le service de néphrologie de Monastir. Les caractéristiques épidémiologiques, cliniques, étiologiques, thérapeutiques et évolutives ont été recueillies.

Résultats

Nous avons colligé 14 cas de FRP. L’âge moyen des patients était de 52,8 ans avec prédominance masculine. Les circonstances de découverte étaient les douleurs lombaires dans 50 % des cas et l’insuffisance rénale aiguë dans 50 % cas. Pas de signes généraux retrouvés, ni de signes cliniques de compression. Le bilan biologique a objectivé une insuffisance rénale dans tous les cas. L’échographie abdominale a montré une dilatation urétéropyélocalicielle bilatérale dans 100 % des cas. L’uroscanner a été pratiqué dans 78 % des cas et une IRM dans un 14 % des cas. La FRP était secondaire dans 50 % des cas et idiopathique dans 50 % des cas. Pour les FRP secondaires, elles étaient d’origine néoplasique dans 71 % des cas (cancer digestif dans 3 cas, gynécologique 1cas et prostate 1cas), postradique dans 1 cas et secondaire à une maladie d’Erdheim-Chester dans 1 cas. Le traitement était basé sur la montée de sonde double JJ dans 42 % des cas et une corticothérapie dans 57,1 % des cas. L’évolution était favorable dans 1 cas, 92 % des patients ont évolué vers l’insuffisance rénale chronique (IRC) dont 2 vers l’insuffisance rénale terminale. Dans un cas, la fibrose a régressée initialement par la corticothérapie, mais a récidivé par la suite.

Discussion

Les étiologies néoplasiques ont représenté 71 % des étiologies secondaires avec une évolution vers l’IRC dans 92 % des cas, les facteurs associés au risque d’IRC : la gravité initiale de la maladie, l’âge des malades et les tares associées. Le petit effectif de cette étude rend ces conclusions peu puissantes.

Conclusion

Les étiologies d’IRA obstructive sont dominées par les lithiases et les tumeurs. La FRP reste une étiologie rare. Le traitement dépend de l’étiologie.

Introduction

Le syndrome catastrophique des antiphospholipides est une forme de syndrome des antiphospholipides accélérée, au cours duquel survienne des thromboses de la microcirculation de localisations multiples. Un facteur déclenchant est retrouvé dans 65 % des cas, avec seulement 5 % de facteur identifié d’origine médicamenteuse.

Observation

Une patiente de 55 ans est admise aux urgences pour une insuffisance rénale aiguë anurique, associée à une anémie brutale à 8g/dL, une thrombopénie à 39 G/L et des stigmates d’hémolyse mécanique. La patiente était suivie depuis une vingtaine d’année pour un purpura thrombopénique immunologique (PTI) asymptomatique, avec un taux de plaquettes fluctuant entre 30 et 80 G/L. L’eltrombopag, un traitement oral utilisé pour les PTI réfractaires, est introduit 15jours avant le début du tableau clinique. Des échanges plasmatiques sont réalisés dès j3, devant la suspicion clinique initiale de microangiopathie (MAT) type syndrome hémolytique et urémique (SHU). Une biopsie rénale peut être réalisée à j5 (plaquettes à 183 G/L) et montre une MAT touchant tous les glomérules avec infarcissement hémorragique cortical focal, dépôts sous membraneux segmentaires et focaux d’IgM, et dépôts vasculaires d’IgM et C3. Le diagnostic de SAPL est posé devant des anti-bêta2gp1 et des anticardiolipine positifs à titres élevés. Le bilan d’extension montre des petites thromboses cérébrales à l’angio-IRM, et une thrombose veineuse fémorale sur cathéter, confirmant le diagnostic de CAPS ; une anticoagulation curative est alors débutée. Les échanges plasmatiques sont progressivement espacés, mais on est confronté à des thrombopénies récidivantes inférieures à 50 G/L. Un traitement par rituximab est réalisé en seconde intention et les échanges plasmatiques sont progressivement sevrés en faveur de cures ponctuelles d’immunoglobulines IV, efficaces, avec stabilisation des plaquettes supérieures à 100 G/L. La fonction rénale ne récupère pas et les séances d’hémodialyse sont poursuivies au long cours.

Conclusion

Ce cas illustre une complication thrombotique grave survenant après l’utilisation d’eltrombopag, un facteur de croissance plaquettaire. Cette patiente était à risque thrombotique élevé du fait : (1) association d’anticorps antiphospholipides et de PTI et (2) introduction d’un traitement décrit comme à risque thrombotique dans la littérature.

Introduction

Le syndrome d’hyper-IgG4 (IgG4RD) est une maladie inflammatoire systémique caractérisée par des infiltrats tissulaires lympho-plasmocytaires riches en IgG4. La présentation clinique et radiologique, souvent trompeuse, peut faire évoquer une pathologie maligne.

Observation

Un homme de 74 ans est hospitalisé pour altération de l’état général (perte de 7 kilos en 3 mois), insuffisance rénale aiguë (créatinine à 220μmol/L ; protéinurie tubulaire isolée à 1g/24h), cytolyse hépatique (ASAT à 10 fois la normale) et bicytopénie d’origine centrale (anémie à 103g/L, thrombopénie à 89g/L). Le bilan d’imagerie (échographie, IRM, échoendoscopie) retrouve : une néphromégalie et une infiltration suspecte de la tête pancréatique. La cytoponction pancréatique ne retrouve pas de cellule néoplasique, mais du matériel inflammatoire. Le bilan immunologique identifie une élévation isolée des IgG4 (6857mg/L, 8 fois la normale) et une hypocomplémentémie (C3=0,4 ; C4=0,02 ; CH50<16). La thrombopénie contre-indiquant une biopsie tissulaire profonde, le diagnostic d’IgG4RD est retenu. Le bilan d’extension retrouve une prostatite (PSA>100ng/L ; infiltrat inflammatoire à la biopsie). L’atteinte hématologique est confirmée à la biopsie ostéomédullaire. Une corticothérapie (3 bolus, relayés per os à 0,5mg/kg/j avec décroissance sur 3 mois) permet une amélioration de la fonction rénale (créatinine à 99μmol/L, protéinurie à 0,3g/24h) et une normalisation du bilan hépatique, médullaire et prostatique. Huit mois plus tard, le patient présente une nouvelle IRA (créatinine à 150μmol/L, protéinurie à 2,3g/24h), une hypocomplémentémie et un titre IgG4 à 6 fois la normale sans cytopénie. La biopsie rénale retrouve une infiltration interstitielle diffuse, riche en plasmocytes associé à des dépôts d’IgG confirmant une rechute rénale de l’IgG4RD. Une nouvelle corticothérapie orale a permis en 1 mois une normalisation de la fonction rénale (créatinine à 111μmol/L).

Conclusion

IgG4RD se présente fréquemment sous l’aspect de pseudo-tumeur. L’histologie permet de confirmer le diagnostic. La réponse aux corticoïdes est excellente, mais des rechutes sont possibles. Des immunosupresseurs (azathioprine, rituximab) peuvent alors être discutés.

Introduction

La pyélonéphrite aiguë (PNA) est une affection grave, par ses complications septiques et par le risque de genèse de l’insuffisance rénale.

Matériels et méthodes

Nous nous sommes proposés de réaliser une étude colligeant 43 patients hospitalisés pour PNA dans le service de néphrologie de l’hôpital Charles Nicolle de Tunis.

Résultats

Treize patients (30,23 %) avaient présenté des complications : un abcès rénal dans un cas (2,33 %), un état de choc septique dans deux cas (4,65 %) et une insuffisance rénale aiguë (IRA) dans 13 cas (30,23 %). Parmi les patients qui avaient présenté une IRA, onze étaient des insuffisances rénaux chroniques (84,61 %). Un rein unique était retrouvé dans deux cas (15,38 %) (2/13), un diabète dans trois cas (23,07 %) (3/13) et traitement immunosuppresseur dans deux cas (15,38 %) (2/13). Quatre patients ont eu recours à l’hémodialyse aiguë. Un patient a présenté une IRA AKIN3 par hypovolémie suite à un état de choc et un autre patient a présenté une IRA AKIN3 d’origine obstructive sur rein unique fonctionnel. Pour les autres cas, le diagnostic le plus probable était une atteinte organique à type de néphrite interstitielle aiguë (NIA) ou moins fréquemment une nécrose tubulaire aiguë (NTA), mais on n’avait pas de preuve histologique. Nous avons trouvé que l’IRC et la tranche d’âge supérieure à 60 ans représentaient un facteur prédictif positif de survenue d’IRA (p=0,001, p=0,02). Nous avons trouvé que 69,23 % des patients qui ont présenté une IRA avaient un ECBU positif à E.Coli. Un seul cas de décès (2,32 %) rattaché à la PNA suite à un état de choc septique. On note une corrélation significative entre l’IRA et la septicémie (p=0,028) et entre l’IRA et l’état de choc (p=0,028). Cependant, il n’y avait pas une corrélation entre l’IRA et le décès (p=0,53).

Discussion

IRA secondaire à la PNA survient généralement sur un terrain particulier (grossesse, rein unique, statut d’immunodépression, utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens [AINS]). Sa survenue en l’absence d’hypovolémie, d’obstruction et de prise de médicaments néphrotoxiques n’est pas fréquente. L’atteinte organique la plus probable est NIA ou moins fréquemment une NTA. La mortalité liée à la PNA est rare.

Conclusion

Les complications liées à la PNA sont rares, mais graves. Une prise en charge multidisciplinaire permettra de réduire l’incidence de PNA compliquées.

Introduction

La mortalité maternelle en Mauritanie est un problème de santé publique. Parmi ses causes, l’insuffisance rénale aiguë du post-partum (IRA-PP) reste à déterminer. Les objectifs de ce travail étaient de déterminer la prévalence et les profils épidémiologique, clinique, biologique, étiologique, évolutif et pronostique de l’IRA-PP dans ce pays.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude prospective descriptive et analytique menée sur une période 03 ans (juin 2012 à Juin 2015). Étaient incluses, les patientes présentant une IRA-PP pendant la période d’étude. L’IRA-PP est définie selon les critères des KDIGO 2012 survenant dans le post-partum immédiat ou tardif (de l’accouchement à 3 mois après). Les données anamnestiques, cliniques, paracliniques, évolutifs ont été analysées. Les facteurs pronostiques ont été déterminés en comparant 2 groupes de patientes selon l’évolution de la fonction rénale.

Résultats

La prévalence hospitalière de l’IRA-PP était de 4,61 %, l’âge moyen de 32±6 ans. L’oligoanurie était présente dans 83,82 %. La nécrose tubulaire aiguë était retrouvée dans 100 % des cas d’origine posthémorragique secondaire à une prééclampsie (66,17 %) ou un hématome rétroplacentaire HRP (33,82 %). L’hémodialyse a été indiquée dans 92,65 %. La récupération de la fonction rénale était complète chez 44,12 % des patientes et partielle chez 17,64 % des patientes. Les facteurs de mauvais pronostic étaient : la provenance en zone rurale(p=0,240), l’ avortement (p=0,106), l’ oligurie à l’admission (p=0,001), l’œdème aiguë du poumon (p=0,011), la sévérité de l’atteinte rénale à l’admission (p=0,001), l’anémie (p=0,001) et l’hyponatrémie (p=0,002).

Discussion

Les IRA-PP en Afrique reste une cause non négligeable parmi les causes de mortalités maternelles. Notre prévalence est similaire à une étude faite au Sénégal en 2011.

Conclusion

L’IRA-PP est relativement fréquente en Mauritanie. Les étiologies sont dominées par la prééclampsie et l’hématome rétroplacentaire. Une stratégie préventive s’avère nécessaire pour limiter son incidence.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) est un problème de santé mondial. Son incidence est en nette augmentation. Aux USI, elle affecterait plus de 60 % des patients avec une mortalité dépassant 60 %. Quand démarrer la dialyse aiguë ? Cette question est toujours sujette de débat. Il existe une tension entre le bénéfice qu’apporte une dialyse précoce et le risque d’un traitement abusif. Le but de ce travail est d’identifier les indications de la dialyse aiguë du point de vue du néphrologue marocain.

Matériels et méthodes

Étude prospective, multicentrique, collaborative, concernant tous les cas incidents d’IRA définie selon les KDIGO 2012 et vus par les néphrologues du 1er septembre 2012 au 28 février 2013 avec un suivi de 3 mois. L’analyse univariée s’est basée sur le test de χ2 et l’analyse multivariée sur la régression binomiale. Un p<0,05 était retenu significatif.

Résultats

Cinq cent quarante et un patients ont été colligés, 73,4 % dans les hôpitaux universitaires. L’IRA était communautaire dans 82 % des cas, les principaux services d’admission étaient la réanimation (25 %), la néphrologie (19,8 %) et les urgences (16,6 %). Le sex-ratio était 1,14 et l’âge médian 54 ans [3 mois–94 ans]. Les 3 premières causes d’IRA étaient la déshydratation, le sepsis puis l’obstruction. Au total, 40,3 % ont nécessité une dialyse en moyenne de 4 séances±7,42 sur une durée moyenne de 6,32 jours±12,52. Les facteurs de risque indépendants de recourir à la dialyse étaient l’anurie, la défaillance respiratoire, l’HTA, l’hyperkaliémie≥6,5meq/L et l’hyperazotémie≥3,5g/L. Le pourcentage des dialysés qui sont décédés étaient de 33,3 versus 20,6 des non-dialysés.

Discussion

Jusqu’à ce jour, il n’existe aucun consensus portant sur le délai d’initiation de l’EER, le besoin d’études randomisées est de mise. D’après l’ERBP et le KDIGO, l’EER doit être démarré en cas de troubles hydroélectrolytiques ou acidobasiques engageant le pronostic vital et ne pouvant être traité par un traitement conservateur, tout en prenant en considération le contexte clinicobiologique et non pas la valeur de l’azotémie et de la créatininémie uniquement. Dans notre étude, les néphrologues marocains indiquent la dialyse en IRA en cas d’anurie, hyperkaliémie, hyperazotémie, HTA et OAP.

Conclusion

Première étude d’ampleur nationale sur l’IRA, elle a permis d’identifier les indications de début de la dialyse aiguë : l’anurie, l’hyperkaliémie, l’hyperazotémie, l’HTA et l’OAP.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) du sujet âgé est fréquente et grave. Le but de notre travail est de décrire les particularités de l’IRA du sujet âgé.

Patients et méthodes

Étude statistique portant sur les patients admis à notre centre hospitalier universitaire entre janvier 2010 et décembre 2011 présentant une IRA. L’IRA a été définie par les critères de classification Acute Kidney Injury Network (AKIN). Les patients ont été scindés en 2 groupes : groupe 1 a inclus les patients âgés entre 19 ans et 44 ans et le groupe 2 ceux de 65 ans et plus. Une valeur p inférieure à 0,05 a été considérée comme statistiquement significative.

Résultats

Le groupe 1 a inclus 153 patients, la médiane d’âge était de 39 ans et le sex-ratio H/F de 0,71 versus 59 cas dans le groupe 2, avec une médiane d’âge de 72 ans et un sex-ratio 1,45. Dans le groupe 1 : 2,61 % étaient hypertendus, 3,26 % diabétiques et 3,92 % avaient une cardiopathie versus 28,81 % (p<0,05), 11,86 % (p<0,05) et 5,08 % (p>0,05) respectivement. Dans le groupe 1 : 14,37 % des cas étaient secondaires à un sepsis, 3,26 % à une néphrotoxicité, 0,65 % à un myélome, 24,84 % à une glomérulonéphrite, 11,76 % à une obstruction tumorale et 11,11 % à une prééclampsie ou éclampsie versus 30,5 % (p<0,05), 5,08 % (p>0,05), 6,77 % (p<0,05), 13,55 % (p<0,05), 20,33 % (p>0,05) et 0 % (p<0,05) respectivement. La médiane de créatinine plasmatique était médiane 87mg/L dans le groupe 1 et de 83mg/L dans le groupe 2. Le recours à l’hémodialyse 79,73 % dans le groupe 1 et 91,52 % dans le groupe 2. Les taux de décès étaient de 22,87 % et 35,6 % (p>0,05) respectivement. Parmi les survivants, la récupération totale de la fonction rénale était : 43,22 % et 36,84 % respectivement (p>0,05).

Discussion

Les mécanismes de l’IRA chez les personnes âgées sont les mêmes que pour la population générale, seule la répartition est différente.

Conclusion

IRA du sujet âgé est fréquemment associée à des comorbidités multiples et aux mécanismes septiques et tumoraux par rapport à l’adulte jeune. Le pronostic rénal et vital n’est pas statistiquement différent entre ces 2 groupes de patients.

Introduction

La lithotripsie extracorporelles (LEC) est un traitement efficace pour les calculs urinaires. Cependant, ce traitement peut également avoir des effets néfastes sur le rein en exposant les épitopes de la membrane basale glomérulaire (MBG) conduisant à la formation des AC-anti-MBG et des manifestations cliniques chez les individus les plus sensibles.

Observation

Nous rapportons l’observation d’une jeune de femme de 33 ans, sans profession, qui a présenté une colique néphrétique sur un calcul pyélique droit pour laquelle elle a bénéficiée d’une montée de sonde double J suivie de deux séances de LEC espacées d’un intervalle de 15jours avec une bonne évolution. Deux mois plus tard, la patiente a présenté une hématurie totale indolore et non caillotante avec aggravation de la fonction rénale passée de 61 umol/L à 450 umol/L, le reste du bilan a objectivé une protéinurie à 2,93g/24h, une anémie normochrome normocytaire à 7,6g/dL et au bilan immunologique les AC anti-DNA et FAN négatifs, le C3 et C4 non consommés, ANCA négatifs et des Ac anti-MBG fortement positifs à 100 UI/mL. Une ponction-biopsie rénale a été réalisée objectivant une glomérulonéphrite extracapillaire avec croissants circonférentiels et dépôts linéaires d’IgG le long de la MBG à l’immunofluorescence. Le diagnostic de glomérulonéphrite à Ac anti-MBG a été retenu vu l’absence d’hémorragie intra-alvéolaire à la radiographie et le traitement a combiné les bolus de méthylprédnisolone relayés par corticothérapie per os, la cyclophosphamide par voie IV et les échanges plasmatiques. L’évolution a été marquée par l’amélioration de la fonction rénale qui est passée à 110 umol/L ainsi qu’une baisse du taux des anti-MBG.

Discussion

Les rapports de cas de glomérulonéphrite à Ac anti-MBG associés à des stimuli environnementaux sont maintenant répandus dans la littérature. Nous signalons le sixième cas de glomérulonéphrite à Ac anti-MBG suite à la LEC par ondes de choc. Les cas précédents ont tous présenté des molécules HLA de classe II hautement susceptibles comme le phénotype HLA DR4.

Conclusion

Bien que rare, notre cas souligne la nécessité d’une surveillance vigilante de la fonction rénale après lithotripsie extracorporelle. Cela peut permettre une reconnaissance précoce des complications autres que mécanique afin d’améliorer le pronostic rénal.

Groupe(s) de travail

M.A. Khalfaoui; M. Bourial ; N. Mtioui ; S. Elkheyat ; M. Zamd ; G. Medkouri ; M. Benghanem Gharbi ; B. Ramdani.

Introduction

Environ 1 % des lithiases urinaires sont d’origine médicamenteuse. Nous présentons un cas d’insuffisance rénale aiguë obstructive compliquant la prise de sulfadiazine, découverte 12jours après l’initiation du traitement, avec identification des cristaux par analyse pharmacologique.

Observation

Il s’agit d’une patiente de 71 ans, présentant une myélodysplasie ayant nécessité une allogreffe en juillet 2016. Les suites de la greffe ont été marquées par une GVH corticorésistante traitée par ruxolitinib, puis par l’apparition en mars 2017 d’un syndrome confusionnel et de troubles mnésiques, faisant suspecter une toxoplasmose. Un traitement par pyriméthamine (50mg/j)–sulfadiazine (1g toutes les 4heures) est initié. Le reste de son traitement comportait de l’amoxicilline 2g/j, du valganciclovir 1800mg/j (pour une réactivation CMV), prednisone 30mg/j, ruxolitinib 20mg/j, folinate de calcium 25mg/j et l2 vétiracétam 1000mg/j. Douze jours après l’introduction de la sulfadiazine, elle présente une insuffisance rénale aiguë (IRA) avec une créatininémie à 176μmol/L, associée à une microhématurie et une protéinurie modérée, motivant l’arrêt de la sulfadiazine, de la pyriméthamine et du valganciclovir. Trois jours plus tard, la créatininémie est contrôlée à 595μmol/L. L’échographie rénale retrouve une dilatation bilatérale des cavités pyélocalicielles. Le scanner confirme la présence de lithiases bilatérales légèrement hyperdenses et de tonalité non calcique, faisant suspecter une lithiase d’origine médicamenteuse. Après dérivation par sondes JJ bilatérales, l’évolution est favorable sur le plan néphrologique. Une analyse pharmacologique urinaire a révélé la présence de sulfadiazine et de son métabolite (N-4 acétylsulfadiazine). L’identification des cristaux objective la présence de cristaux de sulfadiazine, confirmant le diagnostic d’IRA obstructive secondaire à la prise de sulfadiazine.

Conclusion

La sulfadiazine est utilisée en première intention dans le traitement de certaines infections opportunistes, comme la toxoplasmose ou la nocardiose. Son élimination est essentiellement rénale. L’apparition d’une insuffisance rénale aiguë chez un patient traité par sulfadiazine doit faire évoquer une étiologie obstructive, liée à la cristallisation de la molécule et de ses métabolites, responsable de la formation de lithiases. Elle peut être prévenue par une hydratation adaptée avec alcalinisation.

Introduction

Plusieurs facteurs (infection à Plasmodium falciparum, déficit en G6PD, sels de quinine) sont incriminés dans la survenue de la fièvre bilieuse hémoglobinurique (FBH). La nécrose tubulaire aiguë (NTA) est une des complications observée. Une prise en charge précoce et efficace détermine le pronostic vital.

Objectif

Rapporter notre expérience dans la prise en charge de la nécrose tubulaire aiguë par fièvre bilieuse hémoglobinurique dans le service de néphrologie-hémodialyse du CHU–YO.

Patients et méthodes

Il s’est agi d’une étude rétrospective réalisée sur 3 ans (1er janvier 2011 au 31 décembre 2013). Ont été inclus tous les patients hospitalisés ayant présenté une hémoglobinurie macroscopique et une insuffisance aiguë.

Résultats

Sur 2201 patients hospitalisés, 346 cas (15,7 %) d’insuffisance rénale aiguë (IRA) ont été rapportés. Cinquante et un patients des cas d’IRA avaient une hémoglobinurie macroscopique, soit une incidence de 14,7 %. Quarante patients (78,4 %) étaient de sexe masculin et 11 patients (21,5 %) de sexe féminin. L’âge moyen était de 27,7±15,5 ans. Les symptômes majeurs étaient la fièvre (49 %), l’asthénie (45,1 %), les vomissements (35,3 %). La moyenne de la créatininémie était de 1135,6±608,4μmol/L. La goutte épaisse était positive chez 14 patients (27,5 %). Vingt-six patients (51 %) avaient une anémie sévère. Onze patients (21,6 %) ont été pris en hémodialyse aiguë. Vingt-sept patients (52,9 %) ont récupéré complètement leur fonction rénale. Le taux de mortalité était de 3,9 %.

Discussion

La FBH a été un motif fréquent d’hospitalisation dans notre étude. L’expression clinique variable est dominée par l’hématurie macroscopique. La lésion prépondérante rapportée dans la littérature était une NTA.

Conclusion

La fièvre bilieuse hémoglobinurique pose un problème de diagnostic étiologique. Le pronostic est dominé par l’intensité de l’anémie et de la sévérité de l’insuffisance rénale.

Introduction

Le débit de filtration glomérulaire (DFG) initial et le traitement antirétroviral pour le VIH (TARV) sont de plus en plus impliqués dans la morbidité cérébro-cardiovasculaire chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Mais, l’impact sur la survie à long terme de la fonction rénal à l’initiation de la prise en charge des PVVIH n’est pas clairement établi. D’où l’objectif dévaluer, chez les PVVIH sous TARV l’impact du DFG prévalant au 1er semestre de suivi sur la survie à six ans.

Patients et méthodes

Étude longitudinale de type cohorte fermée rétrospective. Le décès était l’événement attendu. L’exposition principale était le DFG (mL/min/1,73m2) du 1er semestre via CKD-Epi et stratifié (<60 ; 60–89 ; ≥90). La méthode de Kaplan-Meier, l’équation de Miettinen sur la fraction étiologique attribuable (FEA) et l’index de concordance pronostique (ICP) déduits du hasard ratio ont servi pour estimer la survie et l’impact pronostic du DFG sur la survie. SPSS 21 a été utilisé (p<0,05).

Résultats

Sur 848 PVVIH, seuls 511 ont composé la cohorte fermée et faire l’objet d’analyse de survie. Description des patients à l’initiation de la prise en charge : médiane d’âge : 38 ans (IIQ=15,0 ans) ; sex-ratio : 0,43 IC=(0,36 0,53), p=0,001 ; l’IMC médian : 21,50kg/m2 (IIQ=6,40kg/m2) ; médiane de CD4=248,0 (IIQ=307,00) et 57,34 % (IC=[53,01–61,56]) était mis sous TARV. Prévalence des strates de DFG (mL/min/1,73m2) :<60 : 15 % IC=(12,1–18,4), 60–89 : 47 % IC=(31,7–40,0), ≥90 : 36 % IC=(42,3–50,9), pour une survie globale à six ans respectivement de, 30,2 % IC=(20,7–39,8), 54,3 % IC=(39,0–67,0), et 59,2 % IC=(51,1–66,3) (log-Rank p=0,001). La médiane de temps de suivi 66 mois (IIQ=37,1), la médiane de survie globale 62,0 mois, mortalité brute de 9,1p.100 par an (IC=[8,4–9,8]). FEA à chaque strate DFG pour l’évènement « décès » : DFG<60 : 82 % IC=(37–95), p=0,007 ; DFG=60–89 : 49 % IC=(06–84), p=0,072. L’ICP : pour DFG<60 ICP=0,85, IC=(0,61–0,95) et pour DFG 60-89 ICP=0,66, IC=(0,38–0,87).

Discussion

La fraction étiologique de décès au cours des six premières années de suivi attribuable à chaque strate DFG initial et l’ICP augmentent significativement avec le déclin du DFG.

Conclusion

Le DFG prévalent au premier semestre de l’initiation de la prise en charge prédirait la survie à six ans sous TARV chez les PVVIH.

Introduction

L’ethnicité noire et le VIH facteurs de susceptibilité de l’atteinte rénale (AR) [1]. Chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH), le contrôle ou la prévention de l’AR nécessitent un système de santé performant. Les pays à faibles revenus (PFR) sont caractérises par des systèmes de santé de qualité insuffisante. Dans ce contexte défavorable et la venue de l’ère de gratuite du traitement antirétroviral (TARV) dont sont connus à la fois le bénéfice rénal et ses effets indésirables, l’ampleur de l’AR reste peu connue chez les PVVIH. D’où l’objectif déterminer pour l’AR chronique la prévalence et les facteurs prédictifs chez les PVIIH sous TARV.

Patients et méthodes

Étude prospective, transversale. L’ARC (variable dépendante) était définie par DFG-CKD-Epi (mL/min/1,73m2)<60 ou albuminurie>30mg/24h ou hématurie ou leucocyturie persistantes après 3 mois. Le rapport de prévalence de l’ARC ajusté par l’odds ratio (OR) via la régression logistique (RL) méthode descendante pas à pas a permis d’élaborer un modèle multifactoriel prédictif dont la probabilité de prédiction a été donnée par l’aire sous la courbe ROC non paramétrique. R-deux de Nagel-Kerke pour la contribution du modèle dans la probabilité de prédire l’ARC. Logiciel SPSS 21 ; p<0,05.

Résultats

On a compté 237 PVVIH inclus. Âge médian : 43 ans (IIQ=13,0 ans), sex-ratio : 0,35 p=0,001. Prévalence ARC : 11,7 % [7,8–16,6]. Facteurs du modèle après RL pour l’issue ARC : l’âge>40 ans (vs 18–40 ans OR :1,91 IC=[1,12–9,97], p=0,05) ; l’IMC<18,5kg/m2 (vs 18,5–25kg/m2 : OR=2,46 [1,1–9,33] p=0,04), le taux de CD4<200mm3 (vs≥500/mm3 : OR=1,59 IC=[1,04 ; 2,44], p=0,04) et la prise continue de cotrimoxazole (oui vs non : OR=0,46, IC=[0,18–0,96], p=0,04). L’aire sous la courbe ROC non-paramétrique à partir des probabilités individuelles générées par le modèle : 0,74 IC=[0,64–0,85], p<0,001 ; R-deux Nagel-Kerke : 0,453.

Discussion

La prévalence de l’ARC reste de loin au-dessus des faibles taux chez les PVVIH dans la littérature. Le cotrimoxzole semble prédire l’ARC. La probabilité de prédiction multifactorielle est significative et nécessite une exploration future du lien de causalité.

Conclusion

La prévalence de l’ARC est près de douze pour cent sous TARV. L’âge, l’IMC, le taux de CD4 et le cotrimoxazole prédiraient significativement la coexistence de l’ARC.

Introduction

La prise en charge néphrologique tardive des patients insuffisants rénaux chroniques est très souvent associée à une mortalité précoce plus importante. L’objectif est de déterminer les facteurs associés à la prise en charge néphrologique tardive et de décrire l’évolution de ces patients suivant ces facteurs dans le service de néphrologie de l’hôpital national Donka.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective de type observationnelle d’une durée de 5 ans allant du 1er janvier 2010 au 31 décembre 2014. Ont été inclus tous les patients hospitalisés pour insuffisance rénale chronique ayant bénéficié ou non de la dialyse.

Résultats

La population étudiée comprend 307 hommes (53,4 %) et 268 femmes (46,6 %) (sex-ratio : 1,14). Les patients sont âgés de 15 à 85 ans avec une moyenne de 44,4±16,20 ans. La profession exercée est la suivante : 220 femmes au foyer (38,3 %), 181 ouvriers (31,5 %), 104 fonctionnaires (18,1 %), 56 élèves et étudiants (9,7 %) et 14 sans emploi (2,4 %). Dans cette population, 48 patients étaient admis en urgence (8,3 %) ; 105 étaient programmés par le suivi néphrologique (18,3 %) et 422 étaient référés dans le service de néphrologie (73,4 %). Les motifs d’admission en urgence étaient un œdème aigu du poumon chez 21 patients (43,7 %), une anémie décompensée chez 13 patients (27,1 %), une perte de connaissance chez 9 patients (18,7 %) et une hypertension maligne chez 5 patients (10,4 %). Les motifs de référence étaient le syndrome urémique chez 312 patients (54,3 %), suivi de l’HTA, 247 patients (42,9 %), d’un syndrome œdémateux, 234 patients (40,7 %), d’une oligoanurie, 222 patients (38,6 %), d’une anomalie morphologique des reins à l’échographie, 4 patients (0,7 %).

Discussion

Ni le mode d’admission, ni le délai de prise en charge, ni le mode de prise en charge n’étaient significativement liés à la mortalité ; celle-ci n’était associée qu’avec le niveau d’instruction et certaines pathologies telles que l’HTA, l’insuffisance cardiaque, le diabète, l’infection à VIH, la péricardite, l’ulcère gastroduodénal et la tuberculose.

Conclusion

La mortalité liée à la prise en charge néphrologique tardive est élevée et est liée au caractère insidieux de la maladie, au bas niveau socioéconomique, à la lenteur dans la collaboration interdisciplinaire et à l’absence d’unité de néphrologie dans les régions.

Introduction

La troponine apporte une contribution indépendante à la prédiction des complications cardiovasculaires (CCV) et de la mortalité toutes causes confondues dans la population générale en dehors des autres facteurs de risque traditionnel en particulier la troponine T. Qu’en est -il de la troponine ultrasensible (us) ?

Patients et méthodes

Étude prospective étalée sur 18 mois, incluant tous les patients hospitalisés au service de néphrologie ayant une maladie rénale chronique et une CKMB négative, ont été exclus de notre travail tous les patients ayant une cause d’élévation de la troponine us autres que l’insuffisance rénale.

Résultats

Cent soixante-dix-sept patients ont été colligés, l’âge moyen de nos patients était de 52±19 ans. Le sex-ratio (H/F) était de 0,82 avec une prédominance féminine. Concernant la troponine us et en se référant aux normes du laboratoire avec un taux de troponine us normale étant de 0 à 26ng/mL comme limite supérieure, la moyenne de la troponine us chez les patients au stade V de la MRC était de 793±3681, de 155±109 chez les patients de stade IV, une moyenne de 1193±4944 chez les patients de stade III de la MRC et une troponine us de 56±34 et de 57±76 dans le stade II et I de la MRC respectivement. Au total, 29,3 % des patients ont eu des évènements cardiovasculaires ; dont 92,3 % étaient au stade V de la MRC. Concernant le seuil du taux de troponine us plasmatique corrélée à la survenue d’évènements cardiovasculaires, 61,5 % des patients ayant présenté un événement cardiovasculaire avaient un taux de troponines us plasmatique supérieur à 600ng/mL (supérieur à 26 fois la normale) (p=0,01) dont 25,6 % avaient un syndrome coronarien aiguë ST– ; et 10,21 % avaient un syndrome coronarien ST+ ; 8 % ont présenté des douleurs thoraciques et 5,12 % ont présenté un infarctus du myocarde.

Discussion

Plusieurs études ont été effectuées dans le but d’établir un lien et de comparer entre la sensibilité de la troponine T et I dans la maladie rénale chronique en revanche, peu de données ont été rapportées dans la littérature concernant l’intérêt du dosage de la troponine us chez la même population.

Conclusion

La troponine us peut-être un moyen de dépistage fiable et précoce des CCR d’où l’intérêt de renforcer les recherches dans ce sens.

Introduction

Le diabète de type 1 survient le plus souvent sur un terrain jeune, dénué d’obésité ou de terrain cardiovasculaire ou métabolique, contrairement au diabète de type 2. Le pronostic vasculaire du diabète de type 1 rejoint celui du diabète de type 2 lors de l’installation d’une néphropathie diabétique. L’objectif de notre étude est d’évaluer les particularités de la néphropathie diabétique chez le patient diabétique de type 1.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective transversale portant sur les observations de patients hospitalisés pour un diabète sucré avec une insulinopénie au moment du recours à l’insuline. Le caractère auto-immun est attesté par la positivité des anticorps anti-pancréas : anti-glutamyle acide décarboxylase GAD et/ou anti-anticorps anti-tyrosine phosphatase IA2.

Résultats

Notre série a porté sur 359 patients : 209 hommes et 150 femmes, âgés entre 10 et 69 ans avec une moyenne d’âge de 28,75 ans. La présentation clinique était cétosique dans la majorité des cas n=336 (93,6 %), avec une cétose inaugurale dans 313 cas (87,2 %). La durée de l’insulinopénie varie entre une semaine et 36 mois, avec une durée moyenne de 3,75 mois et un écart-type de 6,8 mois, dépassant 6 mois réalisant une forme lente et un traitement oral préalable dans 24 % des cas. Sur le plan pondéral, on note un IMC moyen de 22, supérieur à 30 chez 22 patients. Le surpoids était significativement plus important chez les patients de plus de 20 ans, avec 6 % chez les moins de 20 ans, 14 % entre 20 et 40 ans et 34 % chez les plus de 40 ans. Une HTA est retrouvée chez 14 patients (4 %). Les complications dégénératives ont été retrouvées chez 10,7 % de la population : une néphropathie diabétique dans 4,5 %, une rétinopathie diabétique dans 4,5 % et une neuropathie diabétique dans 1,7 % des cas. La néphropathie diabétique était dans tous les cas une néphropathie incipiens avec une microalbuminurie.

Discussion

Certains diabétiques de type 1 présentent une clinique faite de facteurs de risque vasculaires qui pourraient faire égarer le diagnostic et présenter des complications précoces.

Conclusion

La néphropathie diabétique dans le diabète de type 1 est une complication tardive liée à un terrain familial génétique et à une évolution tardive du diabète.

Introduction

Le syndrome néphrotique est la maladie rénale la plus fréquente en pédiatrie. Il se caractérise par des oedèmes, une hypoalbuminémie<25g/L et une protéinurie≥3+. L’objectif est de rapporter le profil épidémiologique, la clinique, la prise en charge et l’évolution du syndrome néphrotique dans notre service.

Patients et méthodes

Étude rétrospective portant sur 408 enfants âgés de plus d’un an suivis pour syndrome néphrotique idiopathique durant la période juin 1994 à juin 2014. Les critères de définition ont été appliqués chez tous les patients.

Résultats

Soixante-trois pour cent avaient plus de 4 ans au moment du diagnostic. Le sex-ratio est de 1,93. L’HTA est présente d’emblée chez 85 patients (21 %). La corticosensibilité est présente dans 294 cas, avec 60 % de corticodépendance et 33 % de rechuteurs fréquents. Une guérison obtenue chez 50 patients, une corticorésistance dans 114 cas. La PBR pratiquée chez 88 patients a révélé des lésions histologiques différentes. Les immunosuppresseurs ont été utilisés chez 80 patients corticorésistants et chez 129 patients corticodépendants. Nous avons eu des complications chez 200 patients : 100 cellulites, 4 orchites, 18 péritonites à pneumocoque, 23 thromboses veineuses, 3 thromboses artérielles avec amputation du membre atteint, 68 cas d’insuffisance rénale chronique. Aucun malade n’a bénéficié d’une transplantation rénale et 15 patients sont décédés. Nous avons eu également des complications liées au traitement. Cependant, la croissance staturale des patients corticodépendants évoluant depuis plus de 10 ans est normale.

Discussion

Notre étude conforte les données de la littérature : la nette prédominance masculine, la fréquence de l’HTA, de la corticodépendance, l’hétérogénéité histologique et l’évolution possible vers l’insuffisance rénale chronique, mais la croissance à long terme dans notre série reste globalement normale malgré une corticothérapie de longue durée.

Conclusion

Le syndrome néphrotique idiopathique de l’enfant reste pourvoyeur de complications parfois graves. Son pronostic dépend de l’atteinte rénale et de la réponse au traitement.

Introduction

La perturbation du bilan phosphocalcique est une complication très fréquente au cours de l’évolution de la maladie rénale chronique. Son apparition est relativement précoce et sa fréquence augmente considérablement avec la progression de la maladie. Sur le plan épidémiologique, la population âgée est la plus touchée par la MRC. Le but de cette étude est de déterminer si l’étude du bilan phosphocalcique permet de différencié les stades précoces de la maladie rénale chez le sujet âgé.

Matériels et méthodes

Une étude transversale incluant 451 sujets volontaires âgés de plus de 65 ans (244 hommes et 207 femmes) habitants la wilaya D’Alger. Tous les sujets ont bénéficié d’un examen clinique complet, d’une calcémie, une phosphatémie et d’une estimation de la fonction rénale utilisant la formule BIS1.

Résultats

La moyenne d’âge est de 72,19 ans±6,23 (médiane : 71 ans). Les moyennes de la calcémie et la phosphatémie sont respectivement 2,33±0,10mmol/L et 1,05±0,16mmol/L, sans corrélation avec l’age (p : ns). La corrélation entre le DFG était plus forte avec la phosphatémie (r=−0,300, p<0,001) qu’avec la calcémie (r=0,116, p<0,05). Le test Anova n’a pas monté de différence entre les calcémies des différents stades de la MRC (p : ns), en revanche, une différence très significative entre les phosphatémies. Cette différence est absente entre les stades 1 et 2 et apparaît dès le stade 3a.

Discussion

Les perturbations du bilan phosphocalcique font partie des complications précoces de la maladie rénale chronique. Elles sont causées par la réduction néphronique, qui est responsable de la rétention phosphatée et la baisse de synthèse de la vit D.

Conclusion

La phosphatémie peut être utilisée pour différencier les stades précoces de la maladie rénale chronique chez le sujet âgé, cela n’est pas valable pour la calcémie.

Introduction

L’étude FIND-CKD a validé l’intérêt d’une cible de ferritinémie (F), entre 400 et 600ng/mL, dans la prise en charge de l’anémie du patient insuffisant rénal chronique non dialysé (IRC-ND). L’objectif de notre travail a été d’évaluer l’efficacité et la tolérance de cette stratégie dans cette population au sein de notre service de néphrologie.

Patients et méthodes

Les patients évalués présentaient une IRC-ND, de stades 3 à 5, avec carence martiale absolue ou fonctionnelle. L’anémie était définie par une hémoglobinémie (Hb)<13g/dL (hommes) ou<12g/dL (femmes) et une ferritinémie (F)<100ng/mL ou un coefficient de saturation de la transferrine (CST)<20 %. Ces patients n’avaient pas reçu d’agent stimulant l’érythropoïèse (ASE) depuis au moins un mois et un traitement par fer per os avait été mal toléré ou inefficace. La prise en charge par le carboxymaltose ferrique injectable (CMF) consistait en : 1000mg de CMF pour les patients de plus de 70kg ou 500mg pour les patients<70kg ; la dose était diminuée de moitié si CST<20 % mais F≥200ng/mL= enfin, si F≥400ng/mL, aucune perfusion n’était réalisée. Une nouvelle perfusion était possible, au moins un mois après la première perfusion, selon ces mêmes critères.

Résultats

L’évaluation a porté sur la prise en charge de 53 patients, avec comme caractéristiques : âge moyen 69,8 ans, diabétiques 77,4 %, débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) moyen 34,7mL/min/1,73m2 ; Hb moyenne 11,4g/dL ; F moyenne 114ng/mL. Vingt et un patients avaient reçu du fer oral dans l’année qui précédait, et 43 patients étaient à risque de spoliation sanguine. Sur 1 an de suivi, 12 patients (22,6 %) ont nécessité un autre traitement de l’anémie (transfusion ou ASE). Aucun patient n’a présenté une baisse significative de l’Hb. Soixante-deux pour cent des patients n’ont reçu qu’une seule perfusion.

Discussion

Durant les 12 mois de cette prise en charge, l’Hb a été corrigée et maintenue et la F et le CST sont restés conformes aux recommandations KDIGO 2012(2) : F<500ng/mL et CST<30 %. De plus, un recours à une 2e ou une 3e perfusion de CMF a rarement été nécessaire.

Conclusion

En IRC-ND, une cible plus élevée de ferritinémie entre 400 et 600ng/mL sous CMF, et dans les cibles recommandées, est efficace pour corriger l’anémie sans recours à une autre stratégie thérapeutique.

Introduction

Le nombre des patients insuffisants rénaux chroniques (IRC) ne cesse d’augmenter au cours de ces dernières années. L’IRC est fortement associée à l’accélération des maladies cardiovasculaires responsables de près de la moitié de la mortalité chez ces patients. Nous proposons d’étudier les profils épidémiologiques, cliniques et thérapeutiques du syndrome coronarien aigu chez les IRC.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective et descriptive colligeant les patients ayant présenté un syndrome coronarien aigu (SCA) avec ou sans sus-décalage du segment ST hospitalisés dans le service de cardiologie à l’hôpital des forces de sécurité intérieure la Marsaentre 2010 à 2016. Notre population d’étude était divisée en deux groupes : groupe 1 : les patients ayant une fonction rénale normale avec une clairance de la créatinine supérieure ou égale à 60mL/mn. (n=50) groupe 2 : les patients ayant une insuffisance rénale chronique soit une clairance de la créatinine inférieure à 60mL/mn. (n=50).

Résultats

Nous avons constaté une prédominance masculine dans les deux groupes. Les patients du groupe 2 étaient plus âgés (54,8/68,9 ans, p<0,001). Le diabète (p : 0,005) et l’HTA (p : 0,008) étaient significativement plus fréquents chez les patients du groupe 2 ainsi que le BMI qui était plus important (p : 0,004). Au moment du syndrome coronarien, les patients du groupe 2 avaient plus de tachycardie (p : 0,006) et d’œdème aigu pulmonaire (p<0,001). Le SCA sans sus-décalage ST était plus signalé dans le groupe 2 (p : 0,046), en cas de SCA avec sus-décalage ST le territoire antérieure était plus fréquent dans le groupe 2 (p : 0,014). Le score TIMI(p : 0,001) ainsi que le score GRACE (p : 0,001) étaient nettement plus élevés dans le groupe 2. Quant aux paramètres échographiques, l’hypertrophie ventriculaire gauche (p : 0,001), l’altération de la fonction systolique (p : 0,01) ainsi que les calcification aortiques (p : 0,05) sont plus notées dans le groupe 2.

Discussion

L’IRC aggrave le tableau initial du SCA et elle expose à plus d’évènements cardiovasculaires et cérébraux majeurs par rapport aux patients à fonction rénale normale.

Conclusion

L’IRC est considérée actuellement un facteur de risque cardiovasculaire, sa présence rend la prise en charge du syndrome coronarien plus délicate et plus difficile.

Introduction

Les troubles minéraux et osseux (TMO) représentent l’une des complications les plus fréquentes et graves chez les hémodialysés chroniques(HDC). Notre objectif est de déterminer le profil phosphocalcique et de l’hyperparathyroïdie secondaire et étudier l’atteinte des objectifs phosphocalciques recommandés par les K/DIGO chez les HDC.

Patients et méthodes

Étude transversale menée en avril 2017 au service de néphrologie–hémodialyse. Ont été inclus tous les patients hémodialysés chroniques. Les données démographiques, cliniques, phosphocalciques et thérapeutiques ont été analysées pour tous les patients (P). Les paramètres phosphocalciques ont été définis par les KDIGO 2009.

Résultats

Quatre-vingt-dix-huit (P) ont été colligés. L’âge moyen était de 49,4±17 ans avec un sex-ratio 51H/49F. La néphropathie causale était diabétique dans 27,3 %, vasculaire dans 20,2 %, indéterminée dans 35,4 % et glomérulaire dans 5,1 % des cas. L’ancienneté moyenne de la dialyse était de 96±66 mois. Les douleurs ostéoarticulaire étaient présentes chez 26,3 % dont 3 % des (P) avaient présenté des fractures pathologiques. Les valeurs moyennes plasmatiques de calcium(Ca), phosphore (Ph) et du 25 OH vitamine D (VIT D) étaient de 85,5±10mg/L, 51,2±17,9mg/L et 32,4±15,3ng/mL. La PTH moyenne était de 251pg/mL [10,1680]. Au total, 12,5 % des patients avaient une PTH<100pg/mL et 43,3 % des patients avaient une hyperparathyroïdie. Parmi les patients, 41,2 % avaient une insuffisance en vit D. Les prévalences globales de l’hyperphosphatémie et de l’hypocalcémie étaient de 41,2 % et 10,3 %. La conformité des indicateurs de Ca, Ph et PTH par rapport aux recommandations étaient de 82,2 %, 52,2 %, 52,1 % et 52 % des patients avaient tous les paramètres dans la cible recommandée. Sur le plan thérapeutique, 54 % des patients recevaient des chélateurs de phosphore, 7 % de la vitamine D active et 20 % de la vitamine D native.

Discussion

La majorité des paramètres phosphocalciques n’était pas dans les cibles recommandées par les KDIGO. Les paramètres les mieux contrôlés étaient le Ca et la vitamine D. La faible prévalence d’atteinte globale des cibles recommandées de nos patients (18,6 %) rejoint les résultats de l’étude DOPPS.

Conclusion

Les TMO constituent un vrai challenge du fait d’une part de la gravité de leurs conséquences et d’autre part de la difficulté d’atteindre les cibles recommandées.

Introduction

L’amylose systémique est une maladie rare qui peut toucher plusieurs organes. L’atteinte rénale est la plus fréquente et la plus expressive. Elle se manifeste généralement par une protéinurie le plus souvent d’ordre néphrotique. Nous rapportons le cas de dix patients atteints d’amylose systémique avec atteinte rénale confirmée par l’histologie, mais sans protéinurie.

Patients et méthodes

Cinq patients étaient de sexe masculin, suivis pour spondylarthrite ankylosante dans sa forme axiale depuis 3 ans associée à une maladie de Crohn. On leur a découvert au cours de leur suivi une insuffisance rénale avec une créatinine sérique>201μmol/L et une protéinurie inférieure à 0,1g/24h. Les autres patients étaient de sexe féminin, porteuse d’une sarcoïdose, chez qui nous avons objectivé un taux sérique de créatinine>277μmol/L et une protéinurie de 24h nulle. Les cinq patientes n’avaient aucun signe clinique ou biologique en faveur l’amylose. Une ponction-biopsie rénale a été réalisée devant cette insuffisance rénale révélant chez nos patientes une amylose massive glomérulaire tubulaire et vasculaire. La protéinurie a été contrôlée à plusieurs reprises et dans différents laboratoires revenue à chaque fois négative.

Résultats

L’amylose rénale est une pathologie glomérulaire et la présence d’une protéinurie est indispensable pour évoquer le diagnostic. Cependant, la protéinurie n’est pas corrélée à l’importance des dépôts amyloïdes au niveau rénal et son absence ne devrait pas alors retarder la pratique de la ponction-biopsie rénale. En effet, des cas d’amylose rénale sans protéinurie existent, mais rarement décrits dans la littérature.

Discussion

L’atteinte rénale au cours de l’amylose systémique est un élément pronostic. Son diagnostic doit être fait de façon précoce malgré des présentations cliniques parfois inhabituelles.

Conclusion

La protéinurie doit faire rechercher l’amylose devant les signes évocateurs. Une bandelette urinaire normale n’exclut pas le diagnostic.

Introduction

L’éducation thérapeutique (ET) constitue un volet incontournable de la prise en charge du patient atteint d’une maladie rénale chronique. L’objectif de notre travail est d’améliorer la connaissance de nos patients par rapport à leur maladie et d’évaluer l’impact de l’ET chez les patients ayant une néphropathie diabétique (ND).

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective étalée sur 4 mois, incluant tous les patients diabétiques volontaires ayant une néphropathie diabétique et suivis au cours de nos consultations. Les séances d’ET se sont déroulées 1 à 2 fois par semaine et ont été animées par un groupe de médecins à l’aide d’un diaporama autour du thème du diabète, de la ND et de la néphroprotection. Nous avons rempli un questionnaire d’évaluation avant et après chaque séance et les données biologiques ont été recueillies sur les dossiers médicaux des patients. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du Logiciel SPSS 17.0.

Résultats

Nous avons recensé 78 patients, ayant un âge moyen de 63,2 ans±10,5, un sex-ratio de 0,69 et un taux d’analphabétisme de 41 %. Le DFG moyen de nos patients était de 43,4mL/min±25,2 avec une Hb A1C moyenne de 7,9 %±1,8. La comparaison des connaissances avant et après les séances d’ET est détaillée dans le Tableau 1. À l’issue de l’étude, 97,5 % des patients étaient désireux d’une deuxième séance d’ET.

Discussion

La ND est la première cause de mise en dialyse dans le monde et un facteur de risque cardiovasculaire. Un dépistage précoce et une meilleure implication des patients dans leur prise en charge permettent d’améliorer le pronostic. L’ET est le moyen d’y parvenir.

Conclusion

Cette étude nous a permis de démontrer que malgré le fort taux d’analphabétisme des patients, la séance d’ET permet d’améliorer leur connaissance sur la ND et les mesures de néphroprotection et par conséquent une meilleure prise en charge de leur maladie.

Introduction

La déplétion protéinoénergétique (DPE) est estimée à 50 % au stade 4 de la maladie rénale chronique. Un dépistage précoce est nécessaire afin de mettre en place des mesures adaptées avant la mise en dialyse. L’objectif de notre travail est d’explorer la DPE et rechercher ses facteurs de risque.

Patients et méthodes

Nous avons analysé les caractéristiques cliniques et biologiques de tous les patients non dialysés suivis de juillet à décembre 2014 dans notre unité. La déplétion protéinoénergétique a été définie selon les critères de l’International Society of Renal Nutrition and Metabolism.

Résultats

Deux cent quatre dix-huit patients sont colligés, dont l’âge moyen est de 39±6 ans avec un sex-ratio de 1,2. Cent soixante-sept patients (56 %) présentent une DPE. Leur IMC moyen est à 17,4±1,5kg/m2. Trente-deux patients (10,7 %) ont une IRC modérée, 106 patients présentent une IRC sévère et le reste soit 160 patients présentent une IRCT. Deux cent vingt et un (86 %) des patients dénutris présentent une anémie (Hb moyenne est à 7,4±1,2g/dL, l’albumine moyenne est à 27,2±6g/L/et le cholestérol total moyen est à 1,6±0,7. Cent neuf (36 %) des patients sont en acidose métabolique, la bicarbonatémie moyenne est à 15,4±2mmol/L. Un syndrome inflammatoire est noté chez 10 patients avec une CRP médiane à 17mg/L. En analyse univariée, aucun de ces éléments (âge, présence de comorbidités, inflammation, acidose, anémie, hyperparathyroïdie) ne ressort comme facteur de risque de dénutrition.

Discussion

La DPE est fréquente et apparaît lorsque la filtration glomérulaire devient inférieure à 40mL/min. Cette baisse du débit de filtration glomérulaire est responsable de la diminution de la qualité de vie des patients et augmente le taux d’hospitalisations, voire de mortalité.

Conclusion

Un dépistage précoce simple doit être basé sur une évaluation clinique de l’indice de masse corporelle et une évaluation biologique à la fois du taux sanguin de cholestérol et de l’albumine.

Introduction

Les patients IRC devraient bénéficier d’un suivi régulier en consultation de néphrologie, mais certains sont perdus de vue (PDV) pour des raisons diverses. L’objectif de cette étude était de décrire le profil épidémiologique de ces patients PDV.

Patients et méthodes

Étude rétrospective descriptive ayant inclus tous les patients PDV un an après la dernière consultation en 2014 au service de néphrologie du CHU de Yopougon.

Résultats

Sur un total de 936 patients consultés en 2014, 343 étaient PDV, soit une prévalence de 36,6 %. L’âge moyen était de 48,3 ans. On notait 65 % d’hommes et 35 % de femmes, 49 % de mariés et 42,3 % de célibataires. Le pourcentage de patients qui avaient une activité professionnelle était de 70,3. Seulement 16,3 % avaient une assurance maladie. Le pourcentage des PDV qui habitaient Abidjan était de 63,3 et les 36,7 % qui provenaient de l’intérieur du pays parcouraient une distance moyenne de 244,7km. Le motif principal de consultation était l’IR dans 82 % des cas. Les comorbidités étaient l’HTA (60,6 %), le diabète (14,3 %) et l’infection au VIH (13 %). Douze pour cent des PDV étaient hypertendus et diabétiques. Le pourcentage qui étaient hypertendus était de 62,1 et étaient répartis en grade I (16 %), grade II (16,3 %), grade III (17,8 %) et HTA systolique isolée (12 %). Le DFG moyen selon MDRD à la première consultation était de 35,4mL/mn contre 40,3mL/mn à la dernière consultation. L’évolution de la fonction rénale était marquée par une amélioration (18,4 %), une stabilisation (63,2 %) et une aggravation (18,4 %). Vingt et un patients avaient repris la consultation en moyenne 11,9 mois après leurs dernières consultations et leurs DFG moyens étaient de 6,8mL/mn. La protéinurie a été recherchée chez 187 patients avec une moyenne de 1,86g/24h. Les PDV avaient en moyenne 4 médicaments. Les causes de la PDV recherchée chez 189 patients étaient : la fonction rénale normale (55,6 %), le décès (24,3 %), l’aggravation de l’état clinique (10,6 %), la distance et les difficultés financières (4,8 %) et la mise en dialyse (3,2 %).

Discussion

La prévalence des PDV est élevée (un tiers des patients en consultation), ce qui est conforme avec la littérature. Les causes évoquées ont un impact négatif sur la santé des patients.

Conclusion

Des mesures doivent être prises pour réduire le nombre de PDV afin d’améliorer leur prise en charge.

Introduction

La metformine est le traitement de première ligne chez les patients diabétiques de type 2 (DT2) et le seul qui a montré un bénéfice sur la survie, y compris chez les patients insuffisants rénaux chroniques. Mais, la metformine a des effets indésirables, particulièrement dans la MRC. Les recommandations préconisent une diminution progressive de la posologie jusqu’au stade 3b, puis un arrêt. Le but de notre étude est de décrire la prescription de metformine dans la pratique quotidienne chez ces patients.

Patients et méthodes

Nous avons inclus 581 patients DT2 ayant consulté dans le service de néphrologie d’un hôpital universitaire entre mars 2014 et mars 2016. En se basant sur le DFG estimé (CKD-EPI), nous avons divisé les patients en 6 groupes, correspondant aux stades MRC : 45 patients de stade 1, 72 de stade 2, 117 de stade 3a, 187 de stade 3b, 124 de stade 4 et 36 de stade 5ND. Tous les traitements ont été recueillis. L’HbA1c a été dosée chez 376 patients.

Résultats

Au stade 1, 89 % des patients sont traités par metformine, avec une posologie moyenne de 1939mg/jour. Dès le stade 2, la proportion chute à 58 % (1820mg/j), puis 52 % au stade 3a (1557mg/j). Vingt et un pour cent des patients reçoivent de la metformine au stade 3b (1471mg/j), 7 % au stade 4 (1325mg/j) et aucun au stade 5. Il n’y a pas de différence d’HbA1c entre les patients avec et sans metformine au sein des différents stades. Un épisode d’acidose lactique a été répertorié au cours des 2 années.

Discussion

La metformine est fréquemment arrêtée dès le stade de MRC légère. L’adaptation à la progression de l’IRC est souvent un arrêt total et non une réduction de la posologie, comme recommandé. L’absence de metformine n’affecte pas le contrôle diabétique, mais on sait qu’elle est associée à une augmentation de la mortalité. Des améliorations correspondant aux recommandations actuelles peuvent donc être réalisées dans la prescription de la metformine aux stades de MRC légère à modérée. Cependant, le risque de surdosage ne doit pas être négligé et il est nécessaire d’insister sur l’éducation thérapeutique des patients lors de la prescription de metformine.

Conclusion

Notre étude a montré que la metformine est fréquemment arrêtée dès le stade de MRC légère et qu’il y a peu d’adaptation posologique ultérieurement.

Introduction

Les troubles minéraux et osseux sont une complication fréquente chez les hémodialysés chroniques (HDC). Ils sont associés à des complications cardiovasculaires et osseuses et à une morbi-mortalité élevée d’où l’intérêt d’une prévention et d’un traitement adapté. Notre objectif est d’étudier l’évolution entre 2010 et 2017 des paramètres phosphocalciques chez les patients HDC.

Patients et méthodes

Étude rétrospective, menée en avril 2010 (A) et avril 2017 (B) au service de néphrologie-dialyse. Ont été inclus tous les HDC. Les données démographiques, cliniques, phosphocalciques et thérapeutiques ont été analysées en 2010 et en 2017 pour les mêmes patients. Les paramètres phosphocalciques ont été définis par les KDIGO 2009.

Résultats

Quatre-vingt-dix-huit patients ont été colligés, dont 51 hommes. Les valeurs moyennes plasmatiques étaient respectivement dans les séries A et B : le calcium 85,6±10mg/L et 92,3±8mg/L, le phosphore 50,9±17,9 et 43,6±15,2mg/L (p=0,01) et la PTH 435pm/mL [31,2800] et 251pm/mL [10,1680] (p=0,01) dans les périodes A et B respectivement. La prévalence de l’hyperphosphatémie et de l’hypocalcémie était respectivement de 54,1 % et 33,7 % en 2010 vs 41,2 % et 8,2 % en 2017. En 2017, 43,3 % avaient une hyperparathyroïdie vs 59,2 % en 2010. Le pourcentage qui avaient une PTH inférieure à 100pg/ml étaient de 10,2 vs 5,1 en 2010. L’insuffisance en vitamine D était de 46,4 % en B vs 77,6 % en A (p=0,02). La moyenne de vitamine D sérique était de 20,6±13,7ng/mL en 2010 et de 32,4±15,3ng/mL en 2017 (p=0,01). La conformité de tous les indicateurs phosphocalciques par rapport aux recommandations étaient de 52,3 % en 2017 vs 13,2 en 2010.

Discussion

Nous avons noté une amélioration significative entre les deux périodes A et B concernant les paramètres phosphocalciques en général et l’hyperparathyroïdie particulièrement. Sur le plan thérapeutique, l’utilisation plus large des chélateurs calciques, des chélateurs non calciques, des bains riches en calcium, des dérivés de vitamine D active ont profondément contribué à l’amélioration des résultats observés en 2017 par rapport à 2010.

Conclusion

La disponibilité des moyens thérapeutiques, la meilleure adhésion des patients au régime et au traitement médical prescrit et la surveillance médicale rigoureuse permettent une meilleure atteinte des objectifs recommandés par les KDIGO.

Introduction

Les patients insuffisants rénaux chroniques sont bénéficiaires des progrès pharmacologiques. Cependant, l’usage des médicaments est associé à une prise de risque et l’on parle d’iatrogénie médicamenteuse lorsque la thérapeutique médicamenteuse induit des effets, des réactions, événements ou accidents indésirables, tant en raison des effets propres des médicaments concernés qu’à cause du contexte et des modalités de leur utilisation. Pour le contrôle du risque iatrogène chez ces patients, tous les acteurs de la chaîne de soins sont concernés. En tant que spécialiste du médicament, le pharmacien hospitalier est le véritable responsable « assurance qualité » du circuit du médicament. L’objectif de notre étude est de définir et d’évaluer le rôle d’un pharmacien hospitalier dans la sécurisation thérapeutique des patients insuffisants rénaux chroniques au sein d’une équipe soignante.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude observationnelle prospective à visée descriptive. L’étude a concerné les patients insuffisants rénaux chroniques venant pour consultation de routine ou pour une séance d’hémodialyse au niveau des unités du service de néphrologie de l’EHUO. L’échantillonnage a concerné tous les patients insuffisants chroniques des 2 sexes, de tous les âges, sous traitement médicamenteux.

Résultats

Les résultats auxquels nous avons aboutis montrent que pour les 50 patients interrogés, 124 problèmes ont été identifiés soit une moyenne de 2,48 problèmes par prescription. Cela signifie que ces patients sont à risque iatrogène. Ces problèmes sont majoritairement liés aux interactions médicamenteuses (35,48 %), mode d’administration inapproprié (30,64 %) et problème d’observance (16,93 %).

Discussion

Cette enquête a été réalisée auprès des insuffisants rénaux afin d’évaluer leur connaissance vis-à-vis leur traitement essentiel et de démontrer la nécessité de l’implémentation du pharmacien dans le programme d’éducation thérapeutique de ces patients.

Conclusion

L’intégration du pharmacien dans l’équipe médicale paraît comme un moyen pertinent pour lutter contre cette iatrogénie. Cela permettrait d’identifier les problèmes liés à la thérapeutique et d’élaborer des interventions adéquates.

Introduction

La typologie des calculs urinaires en territoire ultramarin est méconnue contrairement à celle de métropole.

Matériels et méthodes

L’ensemble des calculs urinaires analysés par spectrométrie infrarouge sur le territoire durant l’année 2016 a été répertorié. Les résultats ont été recueillis auprès des différents laboratoires hospitaliers et extrahospitaliers.

Résultats

Quarante lithiases analysées en spectrométrie infrarouge en 2016 ont été évaluées. Le sex-ratio H/F est de 4. L’âge moyen est 50,8 ans (12–77 ans). La répartition des calculs est la suivante : 37,5 % (15/40) de type Ia (whewellite), 22,5 % (9/40) mixte, 20 % (8/40) de type IIIa (acide urique anhydre), 7,5 % (3/40) de type IIb (weddellite+whewellite), 7,5 % (3/40) de type IIIb (acide urique dihydraté et anhydre) et 2,5 % (1/40) de type IIa (weddellite). Globalement 57,5 % (23/40) des calculs sont de type oxalocalcique, 32,5 % (13/40) uriques et 7,5 % (3/40) phosphocalciques.

Discussion

Cette étude évaluant la typologie des calculs sur une année en territoire ultramarin révèle certaines différences avec la typologie lithiasique en métropole. On retrouve notamment une proportion élevée de calculs d’acide urique qui s’élève à 32,5 % des lithiases contre moins de 10 % en métropole. Les hypothèses concernant cette différence pourraient être une plus forte prévalence du diabète de type 2 et de l’obésité. Au niveau alimentaire, on note une consommation répandue et importante de gibiers (cerfs), sodas (riche en fructose) et bière, facteurs lithogènes bien connus pour ce type de calcul. La faible diurèse favorisée par la déshydratation liée aux températures élevées augmente le risque lithogène global. Enfin, des facteurs génétiques ne sont pas à exclure.

Conclusion

Cette première évaluation de la typologie des calculs urinaires en territoire ultramarin montre des différences certaines avec la métropole probablement en lien avec l’alimentation locale et une forte prévalence du syndrome métabolique.

Introduction

Des travaux récents suggèrent que les patients souffrant de lithiases calciques idiopathiques présentent des niveaux de rigidité artérielle plus élevés que des individus sains, appariés sur l’âge et le sexe. Le but de cette étude était : (1) de comparer le niveau de rigidité artérielle des patients lithiasiques par rapport aux individus sains et (2) d’évaluer l’impact de la nature chimique du calcul sur le niveau de rigidité artérielle.

Matériels et méthodes

Une étude de cohorte prospective, monocentrique a été conduite entre septembre 2015 et novembre 2016. Quatre-vingt-dix-neuf patients ont été inclus : 41 individus sains (donneurs vivants de rein) et 58 patients lithiasiques. La mesure de la vitesse de l’onde de pouls (VOP) a été réalisée pour chaque patient et les résultats ont été comparés entre les 2 groupes. Les calculs expulsés ont été analysés par spectrophotométrie et la nature chimique a été récoltée.

Résultats

Les 2 groupes étaient comparables sauf pour la phosphorémie (0,89mmol/L chez les lithiasiques, 1,02mmol/L chez les individus sains, p=0,005). Il n’y avait pas de différence de niveau de rigidité artérielle entre les 2 groupes (p=0,34). Parmi les patients lithiasiques, 26,8 % présentaient des calculs de weddellite, 10,7 % de carbapatite et 7,1 % de brushite. L’analyse en sous-groupe a montré que les patients présentant des calculs de brushite avaient des valeurs de VOP supérieures à ceux présentant des calculs de weddellite (10,2 vs 7,2m/sec respectivement, p=0,04).

Discussion

Notre étude est la première évaluant le niveau de rigidité artérielle chez les patients souffrant de lithiases urinaires, en fonction du type de calcul. Nos résultats révèlent un niveau de rigidité artérielle plus élevé chez les patients souffrant de calculs de brushite. Ces résultats suggèrent que les facteurs de risque cardiovasculaires de ces patients doivent être correctement dépistés chez ces patients.

Conclusion

Les patients souffrant de calculs de brushite, connus pour être les plus sévères en termes de lithogenèse et de résistance au traitement, présentent des niveaux plus élevés de rigidité artérielle que les patients souffrant de calculs de weddellite, suggérant que l’excès de rigidité artérielle rapportée dans de récents travaux puisse être dépendant de la nature chimique du calcul.

Introduction

L’insuffisance rénale (IR) est un facteur de morbidité et de mortalité au cours du cancer. L’objectif de cette étude était de décrire le profil du patient atteint de cancer avec IR associée.

Patients et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective descriptive portant sur l’insuffisance rénale chez des patients inscrits au registre national du cancer d’Abidjan pendant la période allant de janvier 2012 à décembre 2015. Le diagnostic d’IR a été retenu pour un débit de filtration glomérulaire (DFG)<60mL/min obtenu par la formule MDRD. La comparaison de patients avec ou sans IR, puis une analyse par régression logistique a permis d’identifier les facteurs de risque d’IR.

Résultats

Nous avons colligé 131 cas d’IR auxquels nous avons comparé un groupe sans IR (n=136). L’âge moyen était de 54±13,9 ans dans le groupe avec IR contre 49±14,8 ans dans le groupe sans atteinte rénale (p=0,003). Nous avons observé une prédominance féminine dans les deux groupes. Les étiologies de l’IR étaient l’obstruction urinaire (41,2 %), l’usage de sels de platine (19,8 %) et les pertes hydriques (12,2 %). En analyse multivariée, l’âge (OR=3,07 ; IC 95 %=1,32–7,12 ; p=0,009), l’hypertension artérielle (OR=2,34 ; IC 95 %=1,14–4,78 ; p=0,02), l’atteinte de l’utérus (OR=6,37 ; IC 95 %=3,20–9,71 ; p=0,0001) et de la prostate (OR=6,75 ; IC 95 %=1,48–10,80 ; p=0,014) étaient associés au risque d’insuffisance rénale au cours du cancer. La mortalité à 6mois était de 13 % dans le groupe avec IR contre 4,4 % dans le groupe sans IR (OR=1,58 ; IC 95 %=1,19–2,08 ; p=0,01). Les facteurs tels que le sexe masculin (OR=3,79 ; IC 95 %=1,44–9,99 ; p=0,007), l’infection à VIH (OR=3,72 ; IC 95 %=1,02–13,63 ; p=0,021), le DFG<15mL/min (OR=4,88 ; IC 95 %=1,80–13,23 ; p=0,002) et le taux d’hémoglobine<8g/dL (OR=3,02 ; IC 95 %=1,04–8,77 ; p=0,041) étaient associés à la mortalité des patients atteints de cancer avec IR associée.

Discussion

Le diagnostic tardif expose à un envahissement locorégional du cancer avec un piégeage des uretères. Dans notre contexte, la conjonction de l’ignorance, la pauvreté et les habitudes socioculturelles sont les facteurs clés de ce retard au diagnostic.

Conclusion

Le diagnostic tardif expose aux complications rénales avec un risque accru de mortalité.

Introduction

La réponse hématologique dans l’amylose AL est évaluée par la différence entre la chaîne légère impliquée et celle non impliquée (dFLC). Pour les patients ayant une dFLC<50mg/L au diagnostic, environ 10 % des cas, elle est difficilement évaluable. L’objectif de cette étude est de préciser les caractéristiques cliniques, hématologiques et la réponse au traitement chez ces patients.

Patients et méthodes

Quatre-vingt-dix-sept patients atteints d’amylose AL systémique avec dFLC<50mg/L (gp1) ont été rétrospectivement étudiés entre 2003 et 2016. Les données ont été extraites de la base du centre de référence amylose AL puis comparées à 577 patients avec dFLC>50mg/L (gp2) pendant la même période.

Résultats

Au moment du diagnostic, l’âge moyen était de 65 ans, avec 68 % d’hommes. L’hémopathie causale était une MGUS dans 68 % et la chaîne légère (CL) impliquée le plus souvent était de type Lambda (56 %). L’immunofixation sérique était positive pour 84 % des patients. L’atteinte d’organe la plus fréquente était l’atteinte rénale (69 %), isolée dans 24 % des cas ; puis l’atteinte cardiaque (42 %), avec une prédominance de stade I (45 %). Après une ligne de traitement, 50 % des patients avaient normalisé leurs CL, mais l’immunofixation n’était pas réalisée pour la plupart d’entre eux ; 22 % progressaient sur le plan rénal et 22 % avaient une réponse cardiaque.

Discussion

Cette étude confirme la prédominance de l’atteinte rénale : 69 % gp1 vs 61 % gp2, moins marquée que dans la série de Merlini (77 % vs 63 %) ou dans l’étude de Sanchorawala (77 %). La fréquence moindre d’atteinte cardiaque (42 % gp1 vs 68 % gp2) est comparable à celle décrite par Merlini (43 % vs 83 %) et Sanchorawala (26 %) ; de même que son stade moins avancé 15 % de stade III dans le groupe DFLC<50mg/L pour les Italiens et 20 % dans notre étude vs 45 % et 49 % respectivement pour les groupes DFLC>50mg/L. Dans notre série, la courbe de survie des patients du gp1 est comparable à celle du gp2 en réponse hématologique ce qui est comparable aux 2 études suscitées.

Conclusion

Les patients atteints d’amylose AL à dFLC<50mg/L ont un meilleur pronostic, mais un suivi thérapeutique difficile, cependant l’immunofixation sérique, seul moyen d’affirmer une réponse complète, est trop peu utilisée.

Introduction

Les kystes rénaux simples représentent une anomalie morphologique fréquemment retrouvée chez les sujets âgés. Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène. Dans l’optique de donner des éléments de réponse à cette question, nous avons entrepris cette étude.

Matériels et méthodes

Une étude transversale incluant 365 sujets (201 hommes et 164 femmes) âgés de plus de 65 ans ont bénéficie d’une échographie rénale. Tous les participants ont bénéficié d’un examen clinique et d’un bilan biologique complet avec une estimation de la fonction rénale par la formule BIS1. Tous les sujets avec une histoire de polykystose familiale ont été exclus de l’étude.

Résultats

La moyenne d’âge de la population est de 72,19 ans±6,23 (médiane : 71 ans, extrêmes : 65–94 ans). La fréquence des kystes rénaux simples est de 32,1 % (IC 27,1–36,7 %), elle est plus élevée chez les hommes (36,8 % vs 26,2 %, p<0,05). Cette fréquence augmente avec l’âge ou elle passe de 22,7 % pour la catégorie d’âge de 65–69 ans à 64,7 % chez les plus de 85 ans. Le nombre de kystes augmente aussi avec l’âge (p<0,01). Les sujets avec des kystes sont plus âgés (74,5 ans vs 71,48 ans, p<0,01). En revanche, il n’y a pas de différences selon les paramètres anthropométriques (taille, poids, IMC et surface corporelle). L’interprétation de la fréquence des kystes rénaux selon les pathologies chroniques n’a pas montré de différence entre : les diabétiques et les non-diabétiques (p : ns), les hypertendus et les non-hypertendus (p : ns) et pas de différences selon les stades de la maladie rénale chronique (p : ns).

Discussion

Les kystes rénaux simples représentent un motif fréquent de consultation et une source de stress chez les sujets âgés.

Conclusion

Il semble que la présence de kystes rénaux simple chez le sujet âgé représente plus un signe de vieillesse qu’un marqueur d’une pathologie rénale.

Introduction

L’abus de substances psychoactives (SPA) s’est diversifié ces dernières années, tant au niveau de la population qu’au niveau des produits consommés. Si les effets psychiatriques sont bien connus, les complications somatiques, et notamment uronéphrologiques, le sont peu.

Matériels et méthodes

Nous décrivons tout d’abord les complications urologiques et néphrologiques des principales SPA. Nous proposons ensuite un état des lieux des SPA consommées par les usagers de drogue en France à partir des données de l’étude nationale pharmacoépidémiologique Observation des produits psychotropes illicites ou détournés de leur utilisation médicamenteuse (OPPIDUM). Nous présentons enfin une enquête pharmacoépidémiologique concernant les patients hospitalisés en néphrologie adulte au CHU de Marseille pour des complications liées à l’abus de SPA entre 2000 et 2015.

Résultats

Selon l’étude OPPIDUM en 2014, plus de la moitié des 5003 patients interrogés avaient consommé une SPA non médicamenteuse (principalement du cannabis) la semaine précédente. Cette consommation de SPA peut entraîner de multiples atteintes rénales, avec des manifestations aiguës comme chroniques. Dans le centre de néphrologie de Marseille, 22 patients âgés de 18 à 57 ans ont été hospitalisés entre 2000 et 2015 pour des complications néphrologiques des SPA.

Discussion et conclusion

Les complications somatiques liées à l’usage des SPA sont variées et insuffisamment connues, responsables d’un sous-diagnostique. Il est important que les professionnels de santé signalent au centre d’addictovigilance de leur territoire les complications sanitaires liées à l’usage des SPA, afin d’optimiser l’information donnée aux patients et aux professionnels de santé et d’adapter des programmes de prévention et de réduction des risques.

Introduction

Les patients présentant une obésité centrale et/ou un diabète ont un pH urinaire acide. C’est également le cas des patients présentant une lithiase idiopathique urique (AU), mais pas calcique (C). L’acidité urinaire des personnes obèses ou diabétiques ou AU est associée à un défaut d’ammoniurie. La stéatose rénale diminue l’ammoniurie chez le rat obèse et diabétique et celle-ci est associée à l’abondance de la graisse périrénale.

Patients et méthodes

Sur une TDM, la graisse périrénale est mesurée par son épaisseur à la hauteur de la veine rénale homolatérale (épaisseur à droite+épaisseur à gauche), la graisse intra-abdominale et la graisse sous-cutanée sont mesurées par leurs surfaces en L3–L4. Seuls les hommes ayant un indice de masse corporelle (IMC)≥25kg/m2 et une lithiase définie par spectrophotométrie infrarouge participent à l’étude. Le pH urinaire, l’ammoniurie et l’excrétion nette d’acide sont mesurés sur les urines de 24h recueillies sous huile après 4jours d’un régime standardisé dont le suivi est vérifié par l’analyse des urines de 24h. L’analyse comparative est réalisée par des tests non paramétriques.

Résultats

L’âge moyen est de 57±11 ans, l’IMC de 29±3kg/m2. Les apports en sel sont de 7±3g/j, en protéines de 0,9±0,1mmol/kg/j, en phosphates de 872±186mg/j sans différence entre AU et C. AU et C ont une concentration plasmatique d’acides gras libres (0,43±0,10 vs 0,37±0,07mmol/L, p=0,22) et de triglycérides (1,57±0,39 vs 1,44±0,34, p=0,36) non différente. Il y a 6 diabétiques AU versus 1C. La graisse périrénale AU est plus abondante que C (27±11 vs 18±8mm ; p=0,03) et la graisse intra-abdominale AU est plus abondante que C (277±88 vs 185±77cm2 ; p=0,01). La graisse sous-cutanée AU tend à être moins abondante que C (183±66 vs 247±115, p=0,08). Le pH urinaire AU est plus bas (5,30±0,40 vs 6,04±0,23 ; p=0,01) et le rapport ammoniurie sur excrétion urinaire nette d’acide AU tend à être plus bas que C (0,48±0,12 vs 0,67±0,09 ; p=0,07).

Discussion

Nous montrons que la graisse périrénale AU est plus abondante que C et que ce résultat est corrélé à un pH urinaire plus bas pour une charge acide et des apports en phosphates alimentaires équivalents. Cette relation est déjà démontrée pour la graisse viscérale.

Conclusion

L’indépendance de la graisse périrénale par rapport à la graisse viscérale reste à explorer chez AU ainsi que le lien entre graisse périrénale, stéatose rénale et défaut d’ammoniurie.

Introduction

Les atteintes rénales surviendraient jusqu’à 50 % des cas au cours du myélome multiple (MM). Peu de données sur ce sujet sont disponibles en Afrique subsaharienne. Le but de notre travail était de déterminer et d’analyser le profil épidémiologique, diagnostique, pronostique, thérapeutique et évolutif des atteintes rénales du MM.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique descriptive et analytique sur une période de 7 années (2010–2016). Les différents paramètres sociodémographiques, diagnostiques, pronostiques, thérapeutiques et évolutifs ont été étudiés et analysés.

Résultats

Cent vingt-cinq (125) cas de MM ont été colligés dont 67 avaient une atteinte rénale, soit une prévalence 53,6 %. L’âge moyen des patients était de 57,4±9,3. Le sex-ratio (H/F) était de 1,48. Le taux moyen d’hémoglobine était de 7,45±2,4g/dL. La créatininémie moyenne était de 60,02±63,12mg/L. Parmi les patients, 62,68 % présentaient un DFG inférieur à 30mL/min/1,73m2. La protéinurie de 24heures moyenne était de 3,57±2,81g/24h. Les différents tableaux d’atteintes rénales étaient : une néphropathie à cylindres myélomateux (NCM) (53 cas), une insuffisance rénale aiguë (IRA) fonctionnelle (21 cas), une maladie des dépôts d’immunoglobuline monoclonale (MDIM) (3 cas), IRC (6 cas), amylose (1 cas). Ces différents tableaux étaient intriqués chez certains patients. Une PBR a été réalisée chez 15 (22,38 %) patients. Une maladie des dépôts d’immunoglobuline monoclonale (MDIM) était retrouvée dans 3 cas et une amylose AL chez un patient. La sévérité de l’insuffisance rénale était corrélée avec le genre masculin (p=0,026), la déshydratation (p=0,025), les douleurs osseuses (p=0,017), l’association de la NCM à une IRC (p=0,019). Un traitement de fond (chimiothérapie et/ou greffe de CSH) a été effectué chez 51 (76,11 %) patients. Sur le plan évolutif, une récupération complète de la fonction rénale a été observée chez 8 patients (11,94 %). Après une année d’évolution, le taux de décès était de 16,4 % (11 patients).

Discussion

L’atteinte rénale présente au moment du diagnostic du MM (79,1 %) était similaire à une série d’Afrique du Nord.

Conclusion

Notre étude montre la fréquence élevée des atteintes rénales au cours du MM dans notre contexte.

Introduction

Le football est un sport collectif caractérisé par des efforts de longues durées à intensités variables entrecoupées de périodes de récupération incomplète, capable d’engendrer de sérieuses modifications dans le fonctionnement des reins. Le but de ce travail est d’étudier les perturbations rénales au cours d’une série de deux matchs.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale et descriptive menée de novembre 2015 à mai 2016. Étaient inclus tout footballeur mélanoderme, âgé de plus de 17 ans, résidant sur le territoire national depuis au moins un an, détenant une licence sportive validée pour la première division du championnat pour la saison sportive en cours, régulier aux séances d’entraînement et ayant donné son consentement éclairé pour participer à l’étude. Nous avions réalisé chez chaque joueur un dosage de créatinine sanguine et urinaire, l’ionogramme sanguin et urinaire et l’urée urinaire. Les prélèvements sanguins et urinaires étaient régulièrement effectués avant, juste à la fin et 24heures après chaque match. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) était estimé par la formule CKD-EPI. La fraction excrétée du sodium (FENa) et l’osmolalité urinaire ont été calculées.

Résultats

Un total de 14 joueurs était inclus à chaque match. L’âge moyen des joueurs étaient de 23±2,21 ans. Le DFG estimé moyen des joueurs était de 124,96±17,25mL/min/1,73m2 avant le début, de 95,10±17,17mL/min/1,73m2 à la fin et de 128,49±17,56mL/min/1,73m2 24heures après. La FENa moyenne des joueurs était de 0,71±0,54 % au début, de 0,47±0,26 % à la fin et de 0,46±0,29 % 24heures après les matchs. L’osmolalité urinaire calculée moyenne était de 716,65±225,36 mOsmol/kg au début, de 615,64±203,45 mOsmol/kg à la fin et de 713,34±195,25 mOsmol/kg 24heures après les matchs.

Discussion

Ces résultats montrent que les reins subissent des perturbations au cours des matchs de football. Ces perturbations sont réversibles et peuvent être probablement en rapport avec les pertes hydriques insuffisamment compensées.

Conclusion

Les fonctions rénales sont perturbées au cours d’un match de football. Les footballeurs doivent rigoureusement se réhydrater avant, pendant et après chaque match afin de compenser les pertes d’eau.

Introduction

L’insuffisance rénale (IR) est un problème de santé public, dont le traitement est souvent inaccessible aux populations dans les pays en voie de développement. Celles-ci ont recours à la médecine traditionnelle. C’est le cas de 92 % de la population ivoirienne. L’objectif de ce travail était d’évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des praticiens de médecine traditionnelle (PMT) relatives à l’IR.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective qui s’est déroulée du 2 novembre 2013 au 2 février 2014 et qui a concerné les PMT exerçant à Abidjan.

Résultats

Au total, 100 PMT ont répondu aux questionnaires. L’âge moyen des PMT était de 44 ans, 58 % étaient de sexe masculin, 62 % de chrétiens, 19 % de musulmans, 78 % scolarisés, 45 % avaient plus de 10 ans d’exercice ; 38 % de naturothérapeutes et 36 % de phytothérapeutes, 82 % ne savaient pas situer le rein. Ils indiquaient principalement le syndrome œdémateux, les troubles urinaires, la perte d’appétit et la fatigue comme signes d’IR ; les intoxications médicamenteuses, la mauvaise alimentation et les infections comme causes d’IR. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des PMT qui consultaient les malades savaient que le diagnostic se faisant au vu du bilan biologique et 56 % collaboraient avec des agents de la médecine moderne. Pour le traitement, 94 % utilisaient des plantes qui étaient administrées par voie orale associée dans 10 à 20 % des cas à la voie cutanée et ou annale, avec des prescriptions d’interdits (75 %). Des 15 plantes utilisées pour la pratique thérapeutique, aucune n’avait fait l’objet d’études phytochimiques et toxicologiques sur le rein. Il n’y avait pas de lien entre la connaissance des PMT et la prise en charge des patients, la collaboration avec les médecins, la durée d’exercice.

Discussion

Le profil épidémiologique des PMT était comparable aux données africaines en ce qui concerne l’âge, la prédominance masculine et l’ancienneté de la pratique. Les connaissances des PMT étaient imprécises et confuses, ce que confirme la littérature.

Conclusion

Les PMT ont des connaissances limitées sur l’IR, des attitudes acceptables et utilisent des plantes dans leurs pratiques quotidiennes.

Introduction

La fibrose rétropéritonéale (FRP) est une pathologie rare caractérisée par la présence d’un tissu fibro-inflammatoire qui se forme autour de la portion sous-rénale de l’aorte abdominale et des artères iliaques. L’objectif de notre travail est de préciser les aspects diagnostiques, étiologiques, thérapeutiques et évolutifs de cette maladie.

Patients et méthodes

Étude rétrospective colligée au service de néphrologie dialyse et transplantation rénale de l’hôpital militaire de Rabat incluant les cas de FRP pris en charge entre janvier 2008 et décembre 2015. Nous avons étudié les paramètres anthropométriques, cliniques (tension artérielle, douleur abdominale, diurèse…), biologiques (créatinine, CRP, hémoglobine, complément sérique et bilan immunologique), radiologiques, thérapeutiques et évolutifs.

Résultats

Durant la période d’étude, 7 cas ont été inclus, l’âge moyen au diagnostic était de 47,1 ans avec une prédominance masculine (71 %). Une douleur abdominale a été notée chez tous les patients, une insuffisance rénale retrouvée dans 85 % des cas et un syndrome inflammatoire dans 100 % des cas. Chez l’ensemble de nos patients, la FRP était primitive. L’uroscanner a montré une urétèro-hydronéphrose bilatérale dans 85 % des cas justifiant une montée de sonde JJ. La longueur du manchon fibro-inflammatoire était en moyenne de 10cm. Tous les patients ont bénéficié d’un traitement incluant une corticothérapie avec une dose qui varie entre 0,5 et 1mg/kg/j. Chez un patient, celle-ci a été associée d’emblée au mycophénolatemofétil à la dose de 2g/j. L’évolution après un an a été marquée par une amélioration de l’état clinique chez tous les patients, une normalisation de la fonction rénale chez 57 % des cas, une stabilisation de celle-ci chez 14 % et une progression à une insuffisance rénale chronique chez 28 % des cas.

Discussion

Selon la série de Jannet Labidi, l’âge moyen était de 50,5 ans avec une nette prédominance masculine, la FRP idiopathique était la plus fréquente (85 %), l’évolution marquée par une réponse initiale favorable dans 76 % des cas et un passage à chronicité dans 20 % des cas. Ce qui concorde avec les résultats de notre série.

Conclusion

Notre étude est une contribution modeste à la compréhension des caractéristiques diagnostiques, thérapeutiques et évolutifs d’une pathologie rare. En effet, à notre connaissance, il s’agit de la première série marocaine rapportée sur la FRP.

Introduction

La métabolomique constitue un nouvel outil de physiopathologie et d’identification de cibles diagnostiques et/ou thérapeutiques. Elle permet d’analyser divers types d’échantillons biologiques (biofluides et biopsies). Cependant, la manipulation préanalytique de l’échantillon influence significativement son métabolome. Standardiser les méthodes d’extraction des milieux de cryopréservation, tel que le cryopréservant optimal cutting temperature (OCT compound), est dès lors crucial. Nous proposons une méthode simple, rapide et robuste d’extraction du cryopréservant OCT compatible avec l’analyse métabolomique par résonance magnétique nucléaire (RMN), testée sur des échantillons murins et humains.

Patients et méthodes

Chez les souris (n=6), une néphrectomie droite (=reins non-ischémiés) et une ischémie rénale gauche de 30min sont réalisées, suivies d’une reperfusion de 48heures Les 2 reins sont coupés transversalement : un fragment est congelé dans l’azote liquide (LN2), l’autre dans le cryopréservant OCT. Chez les patients (n=15), deux biopsies du cortex rénal sont prélevées lors de transplantations rénales : une biopsie est congelée dans LN2, l’autre dans le cryopréservant OCT.

Résultats

Le spectre RMN du proton du cryopréservant OCT montre la présence de 2 signaux principaux, entre 3,4 et 4,2ppm (47,2 %) et 1,2 et 2,2ppm (42,5 %), qui rendent les spectres rénaux ininterprétables. Trois rinçages (de 30 secondes) dans du liquide physiologique à 4̊C permettent de réduire cette contamination sans altérer significativement le métabolome tissulaire. Ce protocole préanalytique distingue le métabolome des reins murins OCT ischémiés versus non-ischémiés, avec un Q2 de 0,695 (à comparer au Q2 de 0,866 entre les reins LN2). Les métabolites discriminants sont les mêmes dans les groupes OCT et LN2, avec un coefficient de corrélation de 0,831. Chez l’homme, le coefficient de corrélation entre les biopsies OCT rincées et les biopsies LN2 est de 0,732.

Discussion

De nombreux échantillons de reins humains, prélevés à visée initialement diagnostique, sont disponibles dans les biobanques hospitalo-universitaires, soit enrobés en paraffine, soit congelés dans le cryopréservant OCT. Nos observations suggèrent qu’un rinçage itératif des biopsies rénales en cryopréservant OCT permette d’étudier leur métabolome par RMN de façon fiable.

Conclusion

Notre protocole préanalytique d’extraction du cryopréservant OCT offre l’opportunité d’exploiter les échantillons rénaux congelés pour l’analyse métabolomique par RMN.

Introduction

La glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM) est une néphropathie glomérulaire très répandue. Le syndrome de Gougerot-Sjögren (SGS) peut être une de ses étiologies fréquente, mais rarement recherchée. Nous rapportant 3 observations dans lesquels le SGS peut être une cause ou fortuitement associé à la GEM.

Observation

Observation 1 : femme de 52 ans qui présente une HTA avec insuffisance rénale chronique sans syndrome sec clinique. Elle a bénéficié d’une PBR objectivant une GEM stade 2 avec une néphrite tubulo-interstitielle cadrant avec un syndrome sec. Un examen ophtalmologique fait objectivant un BUT=6 secondes et une kératite d’exposition. La biopsie des glandes salivaires objective une sialadénite chronique lymphocytaire grade 3 de Chisholm. Elle a été mise sous corticoïdes 1mg/kg/j. Observation 2 : femme de 47 ans qui présente une xérostomie, xérophtalmie avec des douleurs articulaires et un syndrome néphrotique. Les anticorps anti-SSA, anti-SSB et anti-DNA natifs sont positifs. À la PBR, il s’agit d’une GEM avec quelques infiltrats interstitiels et fibrose. La patiente a été mise sous corticoïdes et immunosuppresseurs et elle a gardé une fonction rénale normale avec disparition du syndrome néphrotique. Observation 3 : femme de 40 ans qui présente un syndrome néphrotique intense impur par l’HTA et l’hématurie. Une PBR a été pratiquée révélant une GEM. Le bilan étiologique initial était négatif. Au cours de son suivi, elle a présenté une xérophtalmie et xérostomie. Le diagnostic de syndrome sec a été confirmé par le bilan immunologique et la biopsie labiale. Dans ce cas, le SGS n’a pas était recherché initialement bien qu’il soit l’étiologie de la GEM. L’évolution était marquée par l’installation d’une IRC terminale.

Discussion

Le SGS est une cause possible généralement sous-estimée de GEM qu’il faut évoquer même en l’absence de syndrome sec patent. Le pronostic reste favorable bien que l’évolution vers le stade terminal ne soit pas rare. D’autre part, le SGS peut être associé à une GEM sans être sa cause directe telle que la deuxième observation. Ou bien, il peut se manifester par une atteinte glomérulaire et tubulo-interstitielle.

Conclusion

L’atteinte rénale au cours du SGS est essentiellement tubulo-interstitielle rarement glomérulaire. La GEM est parmi ces lésions. D’où l’intérêt d’évoquer le SGS devant toute GEM.

Introduction

La gentamicine est un antibiotique de la classe des aminoglycosides, réservée surtout au traitement des infections à bacille Gram négatif (BGN). Compte tenu de son faible index thérapeutique, de sa néphro- et ototoxicité un monitorage thérapeutique par la mesure des concentrations plasmatiques, résiduelles et maximales, est effectué afin d’assurer l’efficacité et de prévenir la toxicité de ce médicament. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’intérêt du monitorage thérapeutique de la gentamicine chez les patients insuffisants rénaux et dialysés.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée de mars 2011 à juillet 2016 au niveau du service de pharmacovigilance de l’EHU Oran. Quatre-vingt-sept patients traités par gentamicine ont été monitorés. Les concentrations résiduelles (Co) et les concentrations au pic (Cmax) sont mesurées sur analyseur automatique des médicaments par méthode EMIT.

Résultats

Quatre-vingt-sept pour cent des patients sont hémodialysés, 25 % sont en dialyse péritonéale et 28 % présentaient une insuffisance rénale (IR). De manière générale, les résultats auxquels nous avons abouti montrent que les concentrations résiduelles sont élevées et les concentrations maximales assurant l’efficacité sont basses : 62 % des concentrations résiduelles (C0) sont élevées et 83 % des concentrations au pic (Cmax) sont basses.

Discussion

Chez l’insuffisant rénal, il serait utile d’utiliser les doses conventionnelles et d’espacer les prises en fonction des résultats de Cmin. Chez les patients hémodialysés, l’administration de la gentamicine en mode postdialyse entraîne l’augmentation des concentrations résiduelles malgré l’emploi de posologies faibles. Par conséquent, les concentrations maximales sont basses. Le passage en d’administration prédialyse (4h avant) permet au clinicien d’administrer des posologies élevées et donc d’atteindre des concentrations maximales efficaces et minimise le risque de toxicité. L’application de cette recommandation a permis d’obtenir 100 % des Cmax cibles et seulement 14 % des C0 élevées.

Conclusion

L’usage de la gentamicine nécessite un suivi thérapeutique pharmacologique (STP) régulier permettant une meilleure adaptation de posologie en fonction de l’état clinique du patient.

Introduction

Le débit de filtration glomérulaire (DFG) est le meilleur indicateur de la fonction rénale. La mesure de DFG par une méthode de référence reste cruciale, mais d’usage limité en routine. En clinique, le DFG est estimé avec différentes équations à partir de biomarqueurs sanguins, notamment la créatinine et la cystatine C. À ce jour, il n’existe aucune donnée montrant l’adéquation des équations (avec ou sans facteur ethnique) avec le DFG mesuré (DFGm) dans la population congolaise.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale réalisée dans la population adulte saine de Kinshasa en RDC. Elle a comparé le DFGm par la clairance de l’iohexol (en 4 points) et le DFG estimé (DFGe) par les équations suivantes : MDRD, CKD-EPI basée sur la créatinine (CKDEPIcreat), la cystatine C (CKDEPIcys) ou la formule combinant les deux (CKDEPImix). Les formules avec un facteur correctif ethnique ont été étudiées avec et sans cette correction. La créatinine enzymatique est calibrée et la cystatine C est standardisée. La performance des équations a été étudiée par le calcul du biais, de la précision et de l’exactitude à 30 % (P30).

Résultats

L’étude a porté sur 93 participants dont 48 femmes, l’âge moyen était de 45±15,7 ans. Le DFGm moyen était de 90,9±17,3mL/min/1,73m2. Les DFGe avec les différentes équations étaient les suivants : 105,5±30,1 et 87,2±24,8mL/min/1,73m2 pour MDRD avec et sans facteur ethnique ; 108,8±24,1 et 94,3±20,9mL/min/1,73m2 pour CKDEPIcreat avec et sans facteur ethnique ; 93,5±18,6mL/min/1,73m2 pour CKD-EPIcys ; 93,5±18,0 et 101±19,6mL/min/1,73m2 pour CKD-EPImix. Une surestimation du DFGm a été notée avec toutes les équations, excepté le MDRD sans facteur ethnique. La surestimation était plus importante pour CKDEPIcreat, CKDEPImix et MDRD quand le facteur ethnique était appliqué. CKDEPIcys (P30=91 %) et CKDEPImix (P30=92 %) sont plus performantes que CKDEPIcreat (p30=82 %) dans notre population (p=0,035 et p=0,002, respectivement).

Discussion

Dans notre population congolaise saine, les équations MDRD et CKD-EPI ont un biais plus faible lorsque le facteur ethnique n’est pas appliqué. Les équations intégrant la cystatine C, seule ou combinée, sont plus performantes que la formule CKDEPI basée sur la créatinine.

Conclusion

Le facteur ethnique ne doit pas être appliqué en Afrique centrale. La cystatine C permet une meilleure estimation du DFG en population saine.

Introduction

L’élévation de la créatininémie constitue le premier moyen de diagnostic de l’insuffisance rénale. Il existe un diagnostic différentiel. Seuls 4 cas de pseudo-hypercréatininémie ont été décrits à ce jour dans la littérature.

Observation

Un homme de 65 ans consulte en 2013 pour découverte d’une insuffisance rénale (470μmol) dans un contexte de surveillance de MGUS (pic IgM kappa à 13g/L). La biopsie rénale montre une histologie normale en MO et IF. Le patient est adressé au CHU de Poitiers pour bénéficier d’une nouvelle PBR avec analyse en microscopie électronique, mais devant la normalité de la créatininémie dosée le jour du geste, la biopsie n’est pas réalisée. Le patient bénéficie alors à son retour au Mans d’une montée de sondes double J dans l’hypothèse d’une fibrose rétropéritonéale, sans succès (créatininémie à 470μmol). Une scintigraphie rénale au Chrome 51-EDTA réalisée à l’HEGP s’avère normale. La créatininémie faite à l’HEGP est de 72μmol/L en méthode immuno-enzymatique (MIE) (technique utilisée à Poitiers et au Mans) et en jaffé. Un nouveau dosage fait en jaffé au Mans est de 74μmol/L. En 2015 et 2016, nous avons diagnostiqué 2 autres cas de pseudo-hypercréatininémie chez des patients présentant un pic monoclonal IgM kappa : une femme de 86 ans (créatininémie à 186μmol/L en MIE et 66μmol/L en Jaffé, pic à 2,8g/L) et un homme de 84 ans (créatininémie à 549μmol/L en MIE et 212μmol/L en Jaffé, un pic à 21,2g/L) pour lequel une maladie de Waldenstrom a été diagnostiquée.

Discussion

Il existe donc un risque de pseudo-hypercréatininémie avec la méthode immuno-enzymatique. Cette erreur analytique n’existe pas avec la colorimétrie et aucune pseudo-hypercréatininémie n’a été mise en évidence avec des pics monoclonaux non IgM. Il semble exister une corrélation positive entre le niveau de la pseudo-hypercréatininémie et le taux de pic d’Ig M (paraprotéine).

Conclusion

Toute élévation isolée de la créatininémie doit amener à refaire le dosage par technique colorimétrique (Jaffé) en cas de pic monoclonal d’IgM.

Introduction

La maladie rénale chronique est un problème de santé publique. Toutes les études disponibles actuellement s’accordent qu’elle est très fréquente chez les sujets âgés, et que sa prévalence augmente considérablement avec l’âge. Récemment, quelques auteurs ont remis en question l’applicabilité des recommandations KDOQI 2002 et KDOGI 2012 chez cette population, car elles ne prennent pas en considération le déclin physiologique de la fonction rénale liée à l’âge. La confusion provient principalement des grandes similitudes entre le vieillissement et la maladie rénale. Dans l’optique d’apporter des éléments de réponse à cette question, nous avons entrepris cette étude.

Patients et méthodes

Une enquête transversale dans l’objectif principal était d’établir la prévalence de la MRC chez le sujet âgé de plus de 65 ans dans la Wilaya d’Alger en respectant les recommandations KDIGO 2012. Tous les sujets ont bénéficié d’un bilan sanguin complet avec estimation de la fonction rénale par les formules (Cockcroft, Cockcroft indexé la SC, MDRD 4V, CKD-epi et BIS1).

Résultats

Quatre cent cinquante et un sujets âgés, dont 244 hommes et 207 femmes. La moyenne d’âge était de 72,19 ans±6,23 (médiane : 71 ans). L’analyse des résultats des paramètres biologiques et leurs corrélations avec l’âge et le DFG a permis le développement d’un model mathématique simple capable de départager la maladie et le vieillissement rénal. Cela avec un degré de précision de l’ordre de 99 % (AUC : 0,999). Ainsi que la proposition d’un cut-off de DFG adapté à chaque sujet âgé (selon ces propres paramètres biologiques) au lieu de 60mL/mn fixé par les KDIGO.

Discussion

Le seuil de 60mL/mn n’est pas adapté aux sujets âgés, les recommandations KDIGO ne sont pas adaptés au sujet âgé.

Conclusion

Notre model semble répondre parfaitement au problème des limites entre la maladie et le vieillissement rénal. Son application pourrait changer considérablement la pratique de la néphrogériatrie, par conséquent l’épidémiologie de la maladie rénale chronique.

Introduction

La créatinine est un métabolite de la créatine, un dérivé d’acide aminé d’origine musculaire. Les principales formules d’estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) utilisent la valeur de créatininémie. La myosite à inclusion est une myopathie rare qui atteint principalement les sujets âgés de plus de 60 ans.

Patients et méthodes

Chez 15 patients suivis par le service de myologie de l’hôpital Pitié-Salpêtrière, Paris, le DFG a été simultanément mesuré par la clairance rénale du 51Cr-EDTA (DFGm) et estimé (DFGe) par les formules MDRD et CKD-EPI. La créatininémie a été mesurée par technique enzymatique (CrE) et les urines des 24heures ont été recueillies la veille de l’examen. La composition corporelle (masse maigre appendiculaire non osseuse) a été mesurée par absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA).

Résultats

Huit hommes et 7 femmes âgés de 65±7 ans ont été étudiés. Leur masse musculaire moyenne se situait dans les valeurs basses de la normale (Z-score : −1,5±0,9 DS). La valeur de CrE était située dans les valeurs basses (47±15mM). Le DFGm était 77±20mL/min/1,73m2 ; le DFGe 155±63 et 110±20mL/min/1,73m2, respectivement par les formules MDRD et CKD-EPI ; le biais moyen de mesure était 79±53 et 33±18mL/min/1,73m2, respectivement. Le biais de mesure par la formule CKD-EPI était plus faible que celui par la formule MDRD (p=0,001). Trois sujets (20 %) avaient un DFGm<60mL/min/1,73m2 ; aucun n’avait un DFGe<60mL/min/1,73m2, quelle que soit la formule utilisée. La clairance rénale de la créatinine mesurée par le recueil des urines des 24heures (118±33mL/min/1,73m2) ou par le recueil minuté des urines pendant l’épreuve (119±32mL/min/1,73m2) ne permettait pas une meilleure estimation, le biais moyen étant respectivement 41±25 et 40±16mL/min/1,73m2.

Discussion

Chez les patients étudiés ayant une masse musculaire dans les valeurs basses de la normale, l’estimation du DFG utilisant la créatininémie est grandement biaisée, quelle que soit la formule d’estimation du DFG utilisée (MDRD ou CKD-EPI).

Conclusion

En cas de myosite à inclusion, le DFG est mal estimé par les formules habituelles, malgré une masse musculaire modérément inférieure aux valeurs normales. Une mesure du DFG est justifiée, chaque fois que cela est nécessaire.

Introduction

La drépanocytose est la maladie génétique la plus répandue avec une prévalence à 7 % dans la population mondiale. Elle tue 80 % d’enfants africains qui souffrent avant l’age de 5 ans et de nombreux en meurent avant le diagnostic. Les complications rénales peuvent survenir chez 5–8 % des drépanocytaires. L’absence d’étude sur l’estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) chez les drépanocytaires au Niger nous a motivée à réaliser ce travail.

Patients et méthodes

Notre objectif était d’évaluer le profil épidémiologique, clinique et d’estimer le débit de filtration glomérulaire chez les drépanocytaires régulièrement suivis au Centre national de la drépanocytose. Il s’agit d’une étude prospective descriptive réalisée du 1er janvier au 31 décembre 2016 ayant colligé 280 drépanocytaires qui ont réalisé un bilan rénal.

Résultats

Notre série a inclus 280 patients avec un sex-ratio à 1,22. L’age moyen était de 11,94 ans avec des extrêmes allant de 1 à 54 ans ; la tranche d’age la plus représentée était celle de 6–15 ans. La principale perturbation du DFG retrouvée était l’hyperfiltration glomérulaire à 90 % avec 43,2 % pour la tranche d’age de 6–15 ans et 78,48 % d’homozygotes SS. La maladie rénale chronique était présente à 4,68 % avec 2,16 % pour la tranche d’age de 1–5 ans et 3,96 % des homozygotes SS. Aucune corrélation statistiquement significative entre certains paramètres cliniques et biologiques des drépanocytaires tels que l’age, le sexe, la consanguinité, le déficit en G6PD le taux d’hémoglobine de base et le profil électrophorétique avec le débit de filtration glomérulaire dans notre étude.

Discussion

Dans plusieurs séries africaines, on retrouve une population drépanocytaire jeune avec cette prédominance de l’hyperfiltration glomérulaire.

Conclusion

Il ressort de notre étude une forte prédominance de l’hyperfiltration glomérulaire qui était présente aussi bien dans la population adulte qu’infantile. Les patients atteints de maladies rénales chroniques étaient en majorité des enfants drépanocytaires SS.

Introduction

La clairance plasmatique (CP) de traceurs exogènes au comportement rénal idéal est une technique alternative reconnue aux clairances urinaires, pour la mesure du débit de filtration glomérulaire (DFG). Il existe différentes procédures de calcul du CP à partir de la décroissance plasmatique, en particulier en fonction du nombre de prélèvements postinjection. Dans cette étude, nous comparons les résultats de DFG obtenus par CP à partir de prélèvements multiples (PM) et ceux obtenus à partir d’un prélèvement unique (PU), pour deux traceurs différents, l’iohexol et le 51CrEDTA.

Patients et méthodes

Nous avons collecté les données de 4 cohortes adultes distinctes mesurant le DFG par CP, soit avec le traceur iohexol (Liège, Lyon, Berlin) soit avec le traceur 51Cr-EDTA (Paris). La CP à PM est calculée à partir de la pente de décroissance obtenue par 3 ou 4 points prélevés à 120, 180, 240 et 300minutes, le DFG étant obtenue après application de la correction de Brochner-Mortensen [1]. La CP par PU a été calculée à chaque temps par la méthode de Jacobsson [2]. Le critère principal de jugement est la concordance à±10 % (P10), la référence étant le DFG obtenu avec PM.

Résultats

Au total, 5106 sujets ayant eu une CP par PM sur au moins 3 points (120, 180 et 240minutes) ont été inclus dans l’analyse. Six-cent-cinquante-sept d’entre eux avaient également un résultat prélevé à 300minutes (ou plus). Le pourcentage de femmes était de 42,6 %, l’âge moyen de 54±17 ans, l’IMC de 25,9±5,5kg/m2 et le DFG de 65±26mL/min (valeurs extrêmes de 4 à 195mL/min). Dans la population globale (n=5106), le DFG par CP à PU à 120, 180 et 240minutes a un P10 respectivement de 67, 83,7 et 91,7 %. Pour les 657 patients avec un prélèvement à 300minutes (ou plus), le P10 est respectivement de 65,1, 83,7, 91,9 et 90,3 %. La concordance est d’autant meilleure que le PU est à 300min lorsque le DFG est<50mL/min et à 240min lorsque le DFG est>50mL/min. Les facteurs indépendants de moins bonne concordance sont les DFG très bas, l’âge élevé et les IMC extrêmes.

Discussion

Les résultats obtenus avec une CP sur PU montrent une bonne concordance avec ceux obtenus avec PM, et ce d’autant plus que le temps du prélèvement est adapté au DFG.

Conclusion

Dans certaines circonstances (par exemple dans les études épidémiologiques), le calcul de la clairance plasmatique de l’iohexol par PU est une alternative acceptable aux PM.

Introduction

La ponction-biopsie rénale (PBR) constitue un outil fondamental pour la prise en charge des maladies rénales en permettant d’établir un état des lieux histologique. Elle peut être réalisée par voie transjugulaire (TJ) ou percutanée (PC). Nous rapportons à travers cette étude, l’expérience du centre hospitalier de Meaux concernant la technique adoptée pour les biopsies rénales.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective incluant toutes les biopsies rénales réalisées ou indiquées chez des patients hospitalisés au service de néphrologie à l’hôpital de Meaux de 2006 à 2016. Nous avons évalué la technique utilisée (TJ ou PC), le nombre de biopsies par an, le nombre de glomérules par biopsie, complications post-PBR et le nombre des biopsies inadéquates définies par un nombre de glomérules moins de 10.

Résultats

Nous avons recensé 181 biopsies rénales réalisées au cours de ces 11 dernières années dont 122 réalisées par voie TJ soit 67 % des biopsies. Le nombre moyen de glomérules était de 15,4. En ce qui concerne les biopsies réalisées par voie PC ; le nombre moyen de glomérules était de 15,6 avec des extrêmes allants de 3 à 47 glomérules contre 15,3 de glomérules moyens pour la voie TJ avec des extrêmes allant de 0 à 74. Les biopsies dites inadéquates étaient plus fréquentes dans le groupe TJ que PC soit 17 biopsies (29 %) et 46 biopsies (38 %) respectivement. Aucunes complications majeures n’a été rapporté pour les techniques. Nous avons remarqué que le nombre de biopsies/an a augmenté au fil des années soit 15 biopsies réalisées en 2006 contre 26 en 2016.

Discussion

Il ne semble pas exister de supériorité de la voie TJ par rapport à la PC au bénéfice d’indications plus élargies pour les patients à haut risque hémorragique. Le nombre de glomérule moyen obtenu par les deux techniques n’était pas significatif, cependant les biopsies dites inadéquates étaient plus fréquentes dans le groupe TJ. Dans notre centre, le recours à la voie TJ est liée essentiellement aux difficultés locales et l’absence d’anatomopathologiste à l’hôpital.

Conclusion

La biopsie rénale est un intérêt diagnostique et pronostique dans les maladies rénales. Il ne semble pas exister de supériorité de la voie TJ par rapport à la PC. La technique reste cependant influencée par les habitudes du centre et de l’infrastructure locale.

Introduction

Le migalastat est un chaperon pharmacologique par voie orale qui se fixe sur certaines formes mutantes et instables de l’α GAL A, sensibles au migalastat afin de restaurer leur transfert vers le lysosome et leur activité enzymatique.

Patients et méthodes

Une analyse rétrospective à partir de données de l’étude de phase III FACETS versus placebo évaluent le migalastat chez des patients Fabry avec mutations sensibles, a évalué l’évolution de l’accumulation de GL3 au niveau des capillaires de l’interstitium rénal combinée à l’évolution de l’échelle Gastro-intestinal Symptom Rating Scale (GSRS-D) (D : sous-domaine diarrhée). Soixante patients ont été randomisés ; 53/57 étaient porteurs de mutations sensibles. Une régression logistique a évalué la corrélation entre les variations d’inclusions de GL3 et de GSRS-D en définissant comme réponse une réduction des inclusions de GL3>à 0,1 par capillaire (supérieur au bruit de fond) et une réduction>0,33 pour l’échelle GSRS-D (variation supérieure à la différence cliniquement pertinente).

Résultats

Quatre-vingt-trois pour cent (15/18) des patients porteurs d’une mutation sensible traités par le migalastat ont présenté une réponse sur la variation des inclusions de GL3 et/ou des diarrhées (GSRS-D) dès lors que le score de l’un ou des deux était élevé à l’inclusion ; ce pourcentage était de 33 % (5/15) sous placebo. Cette méthode statistique a mis en évidence une différence significative entre les traitements sur la variation moyenne à 6 mois par rapport à l’inclusion pour les inclusions de GL-3 (p=0,021), le GSRS-D (p=0,029), et ces deux variables combinées (p=0,009). Les patients qui réduisaient l’accumulation rénale de GL-3 avaient 4,3 à 5,6 fois plus de chance d’améliorer leurs symptômes digestifs via le GSRS-D par rapport à ceux qui n’avaient pas réduit leurs inclusions de GL-3.

Discussion

La corrélation significative entre le taux de GL3 et l’échelle GSRS-D supporte l’utilisation de Gl3 comme un marqueur prédictif de la réponse clinique.

Conclusion

Globalement, la réduction de l’accumulation de GL3 est associée à l’amélioration des diarrhées et le migalastat agit simultanément sur la réduction de substrat et sur l’amélioration des symptômes digestifs chez les patients atteints de maladie de Fabry porteurs de mutations sensibles.

Introduction

Le migalastat est un chaperon pharmacologique par voie orale qui se fixe sur certaines formes mutantes et instables de l’α GAL A, sensibles au migalastat afin de restaurer leur transfert vers le lysosome et leur activité enzymatique.

Patients et méthodes

Des analyses en sous-groupe ont évalué le bénéfice du migalastat sur 24 mois, dans une cohorte de patients de sexe masculin, naïfs de traitement par enzymothérapie substitutive issus de l’étude de phase III FACETS. Soixante-sept patients avec mutations sensibles ou non au migalastat ont été randomisés ; quatorze hommes sur les 50 patients randomisés avec mutations sensibles présentaient une forme classique de la maladie, avec atteinte multiorganique et une activité enzymatique résiduelle plasmatique de l’ α-Gal A<3 %. La variation par rapport à l’inclusion a été calculée pour le DFGe CKD-EPI, l’indice de masse ventriculaire gauche (IMVG), le lyso-Gb3 plasmatique et l’activité digestive en particulier les diarrhées mesurée via l’échelle Gastrointestinal Symptoms Rating Scale (GSRS) chez les patients masculins présentant un phénotype classique.

Résultats

Le DFGe CKD-EPI à l’inclusion était de 87,8mL/min/1,73 m2 (±33,6 DS), avec une variation annuelle moyenne à 24 mois de −0,3 (IC 95 % : −2,8, 2,3). L’IMVG à l’inclusion était de 114±27,3g/m2, avec 7/14 patients présentant une HVG à baseline. L’IMVG à 24 mois était à −16,7g/m2 (IC 95 % : −31,1, −2,4). Le taux plasmatique de lyso-Gb3 était de 99,8±35,3 nmol/L, avec une variation par rapport à l’inclusion à 12 mois de −36,8 (IC 95 % : −69,9, −3,7). L’échelle GSRS présentait un score à l’inclusion de 2,5±1,66 avec une variation par rapport à l’inclusion à 24 mois de −0,9 (IC 95 % :−2,1, 0,4).

Discussion

Le migalastat ayant démontré une efficacité chez tous les types de patients, les hommes atteints de la forme classique, les hommes atteints de la forme non classique et les femmes, ce traitement pourrait apporter un bénéfice à tous les patients présentant des mutations sensibles.

Conclusion

Ces résultats démontrent le bénéfice clinique du migalastat chez les hommes atteints d’une forme classique de la maladie de Fabry associée à des mutations sensibles à la fois sur la fonction rénale, l’IMVG, le taux plasmatique de lyso-Gb3 et les symptômes digestifs et sont consistants avec ceux observés dans la population globale de l’étude.

Introduction

L’acidose tubulaire distale est une tubulopathie rare liée à un défaut d’excrétion d’ions H+ par les cellules intercalaires alpha du tubule collecteur du rein. L’objectif de notre étude est d’évaluer les critères diagnostiques et évolutifs de la maladie.

Patients et méthodes

Étude rétrospective descriptive de 84 enfants suivis pour acidose tubulaire distale durant la période 1989–2014. Le diagnostic d’ATD a été retenu sur une clinique évocatrice associée à une acidose métabolique hyperchlorémique, hypokaliémique ou normokaliémique avec un trou anionique plasmatique normal, contrastant avec un pH urinaire alcalin. Des PEA ont été pratiqués chez tous les patients suspects de surdité. La génétique n’a pas été possible.

Résultats

Le motif d’hospitalisation est dominé par la déshydratation. Le sex-ratio est de 1,6. L’âge moyen au diagnostic est de 06 mois. La maladie est familiale dans 49 % des cas. Nous avons 2 cas secondaires à des valves de l’urètre postérieur. Le tableau clinique est dominé par l’hypotrophie, 38 %des patients avaient un RVR. L’hypercalciurie et la néphrocalcinose sont présentes dans 90 % des cas avec des lithiases dans 8 % des cas. La fonction rénale était normale chez tous les patients. Tous les malades ont reçu du bicarbonate de sodium et/ou de potassium. Six patients sont suivis depuis plus de 20 ans. Il n’y a eu aucun cas d’insuffisance rénale. Trois patients sont décédés. Quarante pour cent des patients ont une surdité de perception précoce. Plus de la moitié sont appareillés, avec amélioration après rééducation orthophonique. Une patiente a bénéficié d’un implant cochléaire. Sous traitement, les signes cliniques, biologiques et radiologiques se sont améliorés, mais la vitesse de croissance staturopondérale est restée ralentie. Seulement 22 % des patients ont pu rattraper une croissance normale.

Discussion

Le traitement améliore le pronostic vital de la maladie. Mais, la croissance staturopondérale reste ralentie, expliquée par le retard au diagnostic et les formes graves. La surdité est précoce suggérant une mutation du gène ATP6B1.

Conclusion

Dans l’acidose tubulaire distale, le pronostic statural est conditionné par la précocité du diagnostic.

Introduction

Le pronostic rénal dans la polykystose rénale autosomique dominante (PKRAD) est variable. La mesure du volume rénal total (VRT) ou du VRT ajusté à la taille (VRTat) est largement utilisée tant comme outil pronostic que comme critère de jugement dans les essais thérapeutiques. Les méthodes de référence de mesure du VRT sont longues et fastidieuses ce qui limite leurs utilisations. Deux méthodes rapides d’estimation du VRTat ont été proposées. Nous étudions ici leur reproductibilité et précision.

Patients et méthodes

Le VRTat de patients atteints de PKRAD issus du registre GENKYST a été mesuré par segmentation (mesure de référence) et estimé par les méthodes de la coupe moyenne (proposée par Bae) et ellipsoïde (proposée par Irazabal) à partir d’IRM ou de scanner. Dans un sous-groupe, le VRTat était mesuré et estimé par deux opérateurs différents afin d’étudier la reproductibilité de la méthode de mesure de référence et des méthodes d’estimation du VRTat. La précision des deux méthodes d’estimation du VRT par rapport à la méthode de référence étaient également étudiées. L’étude statistique était réalisée à partir de graphiques de Bland-Altman.

Résultats

Quatre-vingt-deux patients ont été inclus, dont 60 formaient le sous-groupe de mesure interopérateur. L’âge moyen était de 49,8 ans, le DFG moyen de 56mL/min/1,73m2 et le VRTat moyen de 1248mL/m. Le VRTat de référence, mesuré par segmentation, nécessitait 25minutes/patient et était reproductible (r=0,992, biais=−0,55 % et IC 95 % −12,7 % ; 11,6 %). Le VRTat, estimé par la méthode de la coupe moyenne nécessitait 10minutes/patient, était reproductible (r=0,980, biais=2,80 %, IC95 % −10,5 ; 16,1 %) précis (biais −4,32 %, IC95 % −19,8 ; 11,2 %) et bien corrélé à la mesure de référence (r=0,967). Le VRTat, estimé par la méthode ellipsoïde nécessitait 5minutes/patient, était moins reproductible (r=0,981, biais −0,54 %, IC95 % −26,7 ; 25,6 %), moins précis (biais=−6,05 %, IC95 % −30,4 ;18,3 %), mais restait corrélé à la méthode de référence (r=0,980).

Discussion

L’estimation du VRTat par la méthode de la coupe moyenne était plus reproductible et plus précise que par la méthode ellipsoïde.

Conclusion

La méthode de la coupe moyenne semble être la meilleure alternative aux méthodes de références.

Introduction

Le syndrome d’Alport est une maladie héréditaire rare. Elle est définie par l’association d’une néphropathie glomérulaire hématuriante évoluant vers l’insuffisance rénale terminale, d’une surdité de perception et une atteinte oculaire. Différents modes de transmission sont retrouvés, lié à l’X mode le plus fréquent, autosomique récessive et autosomique dominante beaucoup plus rarement.

Patients et méthodes

Étude rétrospective descriptive incluant 27 patients ayant un syndrome d’Alport, hospitalisés dans notre service et suivis sur une période de 25 ans (1991–2016).

Résultats

Il s’agit de 21 hommes et 6 femmes d’âge moyen 27 ans (extrêmes : 18–47). La durée moyenne de suivi de nos patients était de 60 mois (extrêmes : 1–288). La consanguinité était retrouvée dans 14 familles. Des cas de néphropathie familiale chronique sont notés dans 13 cas. Un tableau de néphropathie glomérulaire révélait la maladie chez tous nos patients avec une hypertension artérielle (21 cas), des oedèmes (10 cas), une protéinurie de 24heures moyenne à 5g (extrêmes : 0,9–11g/24heures) et une hématurie microscopique dans tous les cas, un syndrome néphrotique (8 cas), une insuffisance rénale (IR) dans (18 cas). La fonction rénale au moment du diagnostic était normale chez 8 patients, 2 parmi les 8 cas ont développé une (IR) après un recul moyen de 18 mois (extrêmes : 12–24 mois). Deux patients avaient un reflux vésico-urétéral bilatéral à l’UCR. La ponction-biopsie rénale réalisée chez 9 patients avait montré une néphropathie tubulo-interstitielle avec des lésions vasculaires (6 cas), une hyalinose segmentaire et focale (2 cas), une néphropathie mésangiale (1 cas), une prolifération extracapillaire (1 cas). Il y a eu trois cas de greffe rénale avec évolution favorable après la greffe et un cas a été marqué par l’apparition secondaire d’une glomérulonéphrite extramembraneuse. Pour l’atteinte extrarénale, il y avait une surdité de perception bilatérale (20 cas), une atteinte oculaire (17 cas). Une thrombopénie a été notée dans 4 cas et des mégaplaquettes dans 2 cas. Trois décès sont intervenus parmi les cas.

Discussion

La transplantation rénale constitue une alternative thérapeutique optimale permettant une amélioration de la survie chez ces patients avec un taux de réussite considérable.

Conclusion

L’enquête génétique reste la clé diagnostique pour une détection précoce du syndrome.

Introduction

La dysplasie immuno-osseuse de Schimke est une maladie rarissime de transmission autosomique récessive, associant des signes cliniques caractéristiques : un retard de croissance, une dysplasie spondylo-épiphysaire, un syndrome néphrotique corticorésistant évoluant vers l’insuffisance rénale terminale, un défaut d’immunité cellulaire et des épisodes récidivants d’ischémie cérébrale transitoire. Il a été récemment démontré que ce syndrome était lié à une mutation du gène SMARCAL 1 codant pour une protéine modifiant la structure de la chromatine.

Observation

Nous décrivons le cas d’une fille âgé de 6 ans qui consulte pour un syndrome néphrotique impur (HTA) avec anasarque corticorésistant associé à un retard statural et un syndrome dysmorphique fait de : faciès particulier avec un nez pointu, scoliose, taches hyperpigmentée au niveau du tronc et du visage. Dans les antécédents, on retrouve la notion d’une méningite à l’âge de 06 mois. Le bilan biologique retrouve une protéinurie à 03,17 gr/24H, créatininémie à 04mg/L, CRP à 0,1mg/L, FAN(−), caryotype normal, lymphopénie T, angio-IRM cérébrale sans anomalies. L’échographie rénale : sans anomalie. L’échocardiographie retrouve un VG hypertrophié. Ponction-biopsie rénale : une hyalinose segmentaire et focale. Devant la forte suspicion de la maladie de Schimke, une dégression progressive des corticoïdes a été proposée jusqu’à l’arrêt total, puis maintien uniquement d’un traitement symptomatique.

Discussion

L’espérance de vie est limitée à la petite enfance ou au début de l’adolescence chez la plupart des patients, en raison d’accidents vasculaires cérébraux, d’infections, d’aplasie médullaire ou d’insuffisance rénale terminale. Des patients atteints des formes plus légères et à début tardif de la maladie avec un traitement efficace des complications rénales peuvent survivre jusqu’à l’âge adulte.

Conclusion

La dysplasie immuno-osseuse de Schimke est une maladie orpheline multisystémique caractérisée par une dysplasie spondylo-épiphysaire et une petite taille disproportionnée, une dysmorphie faciale, un déficit immunitaire à cellules T et une glomérulonéphrite avec un syndrome néphrotique évoluant vers l’insuffisance rénale terminale dans. La transplantation rénale est le traitement de choix de l’insuffisance rénale irréversible.

Introduction

L’insuffisance rénale au cours du myélome multiple (MM) survient dans plus de 50 % des cas (néphropathie à cylindres myélomateux, amylose, maladie à dépôts organisés d’immunoglobulines, …). La tubulopathie proximale avec syndrome de Fanconi (FS), secondaire à des dépôts de chaînes légères sous forme des cristaux dans les cellules tubulaires proximales (LCPT) est rare.

Observation

Une femme de 61 ans suivie pour un MM IgA kappa depuis 2014 (15 % de plasmocytes dystrophiques, pas d’atteinte osseuse, pic IgA=15g/L, chaînes légères kappa=60mg/L, rapport kappa/lambda=6,6) est hospitalisée en néphrologie en septembre 2016 pour insuffisance rénale chronique (IRC) (créatininémie=86μmol/L ; eDFG=60mL/min/1,73m2 [CKD-EPI]) et majoration d’une protéinurie de Bence Jones (de 0,4 à 3g/24h). Les explorations complémentaires retrouvent : une augmentation pic IgA (22g/L) et du ratio kappa/lambda (17,5) ; une IRC stade IIIa (clairance du Iohexol=58mL/min/1,73m2) et un syndrome de Fanconi complet (glycosurie normoglycémique=16mmol/L), acidose métabolique hyperchlorémique (HCO3-=15mmol/L, Cl=109mmol/L), hypophosphorémie avec perte rénale de phosphore (taux de réabsorption phosphore=78 % (normale>90 %), hypouricémie avec hyperuricurie et aminoacidurie). Une PBR est réalisée. En microscopie optique, les cellules tubulaires proximales sont le siège de multiples inclusions granuleuses microcristallins (PAS négatif, verdâtres au trichrome de Masson) intracytoplasmiques et de nécrose tubulaire aiguë. On note 20 % de fibrose interstitielle, sans lésion glomérulaire. L’immunofluorescence est négative. Une chimiothérapie à base de bortézomib, cyclophosphamide et dexaméthasone est réalisée avec une réponse hématologique et rénale précoce après 3 cures (pic IgA=13g/L, chaîne légère kappa=58mg/L, eDFG=66mL/min/1,73m2 CKD-EPI, protéinurie en baisse à 1,4g/24h)

Conclusion

Nous décrivons une tubulopathie proximale avec dépôts de chaînes légères responsable d’un syndrome de Fanconi complet apparue pendant le suivi d’un MM. La réponse rénale dépend de la réponse hématologique au traitement. La collaboration entre néphrologues et hématologues est nécessaire pour un diagnostic et un traitement précoce des MGRS.

Introduction

L’acidose tubulaire rénale distale (ATD) est caractérisée par l’incapacité du rein à produire une urine acide même en présence d’une acidose métabolique systémique. Le but de notre travail était d’étudier les particularités cliniques, paracliniques et évolutives de l’ATD.

Patients et méthodes

Étude rétrospective descriptive réalisée dans notre service, durant la période entre 1990 et 2016, portant sur les patients présentant une ATD.

Résultats

Quatorze patients ont été inclus (11 femmes et 3 hommes) d’âge moyen 45,6 ans. Un retard de croissance a été noté dans 2 cas, un syndrome polyuro-polydipsique dans 3 cas, des infections urinaires à répétition dans 7 cas, des signes digestifs dans 5 cas, des douleurs osseuses dans 11 cas, une déshydratation dans 4 cas, des signes neurologiques dans 8 cas et un syndrome sec dans 8 cas. À la biologie, il s’agissait d’une acidose métabolique hyperchlorémique avec des réserves alcalines entre 9 et 19 et un pH urinaire toujours supérieur à 5,5. La chlorémie moyenne était de 111,8mmol/L. La kaliémie moyenne était de 2,9mmol/L (1,3–4,6). L’hypokaliémie était associée à des signes électriques dans 10 cas. Les anticorps antinucléaires étaient positifs chez 5 patients avec des anti-SSa et anti-SSb positifs. À la radiologie, une néphrocalcinose était notée chez 6 patients, des lithiases urinaires chez 7 patients et des signes d’ostéomalacie chez 5 patients. L’ATD était secondaire à un syndrome de Gougerot-Sjögren primitif dans 8 cas. Un traitement par du bicarbonate de sodium a été prescrit pour tous les patients, associé à une supplémentation potassique dans 10 cas et à une corticothérapie dans 7 cas. L’évolution était marquée par la dégradation de la fonction rénale devenue terminale dans un cas.

Discussion

Le faible effectif de notre population d’étude témoigne de la rareté et la méconnaissance de cette affection. Un traitement alcalinisant doit être instauré précocement afin d’obtenir une croissance staturopondérale proche de la normale, de limiter la néphrocalcinose et d’éviter l’évolution vers le stade terminal. Une recherche étiologique est obligatoire pour prescrire un traitement spécifique.

Conclusion

La gravité clinique de cette maladie et le risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale justifient un diagnostic précoce afin d’instituer une prise en charge adéquate.

Introduction

La cystinose est une maladie métabolique, rare, caractérisée par l’accumulation de cystine dans différents organes. Cette « thésaurismose » résulte d’un défaut de transport de cet acide aminé hors des lysosomes. L’objectif de ce travail est de comparer les aspects diagnostiques et évolutifs, selon la prise en charge thérapeutique et sa durée avec étude dans le service de pédiatrie A de Benimessous.

Patients et méthodes

Étude rétrospective des dossiers d’enfants atteints de cystinose entre le 1 janvier 2006 et le 30 décembre 2016, suivis dans le service de pédiatrie A de CHU Benimessous.

Résultats

Seize dossiers ont été colligés et 15 exploités. Le sex-ratio est de 2,7 avec une nette prédominance masculine. Les circonstances de découverte sont dominées par le retard de croissance. Le diagnostic est évoqué devant les signes d’atteinte tubulaire proximale chez 10 patients sur 15, retenu devant l’atteinte oculaire chez 8 patients sur 15. L’âge moyen du diagnostic est 30 mois. Le dosage de la cystine intraleucocytaire est effectué chez 10 patients sur 15 avec un taux moyen de 5,6 nMol half-cystine/mg protéine. Treize patients sur 15 ont bénéficié d’un traitement spécifique (cystéamine), dont un à partir de l’âge de 08 ans, L’âge moyen de traitement est de 33,9 mois.

Discussion

Depuis que le dosage de la cystine intraleucocytaire a été instauré dans le diagnostic et le suivie de nos patients en 2012, l’âge moyen du diagnostic est passé de 31,4 mois en 2012 à 30 mois. L’âge moyen de traitement est passé de 43 mois avant 2012 à 33,9 mois avec meilleur conservation de la fonction rénale.

Conclusion

La cystinose infantile, actuellement, est confrontée à de nombreuses difficultés dans le diagnostic et la prise en charge des patients. L’amélioration des moyens de diagnostic et de prise en charge précoce a permis d’améliorer le pronostic rénal de nos patients.

Introduction

Les principales causes d’acidose métabolique à trou anionique (TA) augmenté (AMTAA) sont l’acidocétose, l’acidose lactique et les intoxications par les glycols (source d’accumulation d’acide organique). Nous rapportons ici le cas d’une AMTAA par accumulation d’acide pyroglutamique (AP) liée à la prise de paracétamol.

Observation

Une patiente de 70 ans, anxio-dépressive et éthylique, est adressée aux urgences pour chute à domicile. Elle prend du paracétamol (3g par jour) depuis plusieurs années pour des lombalgies. Elle est dénutrie, la PA est à 100/80mmHg, la FC à 108/min et la FR à 25/min. Au plan biologique : Hb 10,3g/dL, créatinine 91,1μmol/L, Na 133mmol/L,K 4,5mmol/L, Cl 106mmol/L, albumine 27g/L, lactate veineux 1,5mmol/L (N : 0,5–2,2), pas de cétose et alcoolémie nulle ; pH 7,40, PaO2 114mmHg, PaCO2 12,6mmHg, HCO3- 5mmol/L, indiquant une AMTAA (TA corrigé à 25) associée à une acidose métabolique sans TA et une alcalose respiratoire. La chromatographie des acides organiques urinaires retrouve un taux élevé d’AP (11153,6mmol/mol créatinine). Une prise en charge symptomatique et l’arrêt du paracétamol permettent la correction rapide des anomalies.

Discussion

L’AP ou 5-oxoproline est un acide endogène dont l’accumulation peut induire une AMTAA. L’AP est un intermédiaire du cycle gammaglutamyl permettant l’entrée dans la cellule d’acides aminés via la synthèse et la dégradation du glutathion. Deux déficits enzymatiques congénitaux (en 5-oxoprolinase ou en glutathion synthétase) induisent une AMTAA avec anémie et troubles neurologiques dès la naissance. Chez l’adulte, la prise de paracétamol à dose thérapeutique est la cause acquise la plus fréquente d’accumulation d’AP et plus de 50 cas ont été rapportés dans la littérature [1]. Plusieurs facteurs de risque y sont associés : sexe féminin, dénutrition, alcoolisme, insuffisance rénale ou hépatique, sepsis, traitement par β-lactamine ou aminoside [2]. Le TA élevé peut être méconnu s’il n’est pas corrigé de l’hypoalbuminémie, fréquente chez ces patients.

Conclusion

L’acidose pyroglutamique est une cause rare, méconnue, d’AMTAA, à évoquer lors d’une prise chronique, à dose thérapeutique, de paracétamol et en présence de facteurs de risques. Le dosage des acides organiques urinaires confirme le diagnostic. Les troubles métaboliques régressent avec l’arrêt du paracétamol.

Introduction

Les recommandations actuelles sont en faveur de l’utilisation de fortes doses de cloxacilline pour le traitement des endocardites et infections ostéoarticulaires à staphylocoques sensibles à la méthicilline. Il existe peu de données sur la tolérance de cette utilisation. Nous décrivons une série de 23 patients ayant présenté une insuffisance rénale aiguë (IRA) au cours d’un traitement par fortes doses de cloxacilline.

Patients et méthodes

Tous les cas d’IRA survenus chez les patients traités par cloxacilline et déclarés auprès du service de pharmacovigilance de notre CHU ont été recensés rétrospectivement. Les données des dossiers médicaux ont été recueillies selon un questionnaire standardisé.

Résultats

Parmi 23 patients inclus (16 hommes, 7 femmes), l’âge médian était 75 ans (66–80). L’IRA survenait après un délai médian de 4jours avec une dose médiane de cloxacilline de 12g par jour (10–12), pour des infections ostéoarticulaires (n=8) ou des endocardites (n=7), à Staphylococcus aureus sensible à la méthicilline (n=17). Selon les critères RIFLE, pour 20 patients, l’IRA était au stade failure et la créatinine plasmatique médiane à 339μmol/L (249–503). L’analyse urinaire suggérait une atteinte tubulaire pour 7 patients, 3 présentaient une hyperéosinophilie et 8 des perturbations du bilan hépatique. Une seule ponction-biopsie rénale a été réalisée retenant le diagnostic de néphropathie immuno-allergique aiguë. Tous les patients présentaient au moins un facteur de risque d’IRA, dont l’administration de traitements néphrotoxiques : gentamicine (n=19), diurétiques (n=15), inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (n=8), antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (n=6). Treize patients (57 %) ont présenté un surdosage en cloxacilline. À 3 mois, 12 patients ont récupéré totalement et 10 partiellement, 1 est décédé.

Discussion

La surveillance rapprochée du traitement par cloxacilline, de la fonction rénale et l’éviction des facteurs de risque en particulier médicamenteux, pourrait réduire le risque d’IRA au cours du traitement par fortes doses de cloxacilline, en objectivant précocement le surdosage et en permettant l’adaptation de la posologie.

Conclusion

Dans notre étude, tous les patients ayant développé une IRA au cours d’une antibiothérapie par cloxacilline présentaient d’autres facteurs de risque d’IRA ou un surdosage. L’évolution est le plus souvent favorable après l’arrêt de la cloxacilline.

Introduction

Le diabète est en nette progression dans le monde, il risque de devenir une épidémie mondiale. Le diabète reste une cause croissante de l’insuffisance rénale chronique terminale (IRCT) dans les pays industrialisés et par conséquent pose un problème de santé publique par sa forte incidence, sa forte prévalence et ses lourdes conséquences économiques. La prise en charge du diabétique en hémodialyse est très spéciale.

Patients et méthodes

C’est une étude transversale descriptive multicentrique réalisée dans 11 centres d’hémodialyse réalisée entre le 1er juin et le 31 août 2016.

Résultats

Pendant cette période, nous avons enregistré 527 hémodialysés dont 152 (28,84 %) diabétiques. Les hommes représentent 61,6 %, l’âge moyen est de 61,94±15,48 ans, l’HTA est constante 100 % ; 39,4 % des diabétiques ont atterris au stade terminal chez le néphrologue, 64,9 % ont débuté la dialyse sur KT et 33 % sur FAV, 75,5 % n’ont pas bénéficié de doppler avant la confection de leur FAV. Le nombre moyen de FAV réalisé est de 1,65 par patient. La rétinopathie est retrouvée chez 84,8 % ; les complications cardiovasculaires sont de l’ordre de 78,1 % et l’anémie (Hb<10g/dL)est rencontrée chez 48,3 %.

Discussion

La prévalence des diabétiques hémodialysés est élevée dans notre étude en avoisinant les 29 %, cette prévalence qui a tendance à augmenter au fil des années est variable selon les pays : 44 % aux États-Unis en 2008, 34 % en Australie-nouvelle Zélande en 2008 ; 35 % en France en 2006 et au Maroc 21,6 %.

Conclusion

Le diabète reste la principale cause croissante de l’IRCT dans le monde ; les patients diabétiques hémodialysés ont principalement un mauvais pronostic en dialyse par rapport aux autres causes d’IRCT.

Introduction

Les complications cardiovasculaires sont la première cause de morbi-mortalité chez les hémodialysés chroniques. L’athérosclérose est le principal facteur de risque d’événements coronariens et d’accidents vasculaires cérébraux chez l’hémodialysé chronique. Le but de notre travail est de déterminer la prévalence des complications cardiovasculaires dans une population d’hémodialysés chroniques.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective bicentrique de type descriptif de patients hémodialysés chroniques pris en charge au niveau du service d’hémodialyse du centre hospitalo-universitaire d’Oran et du centre de dialyse petit lac Oran. L’électrocardiogramme, l’échocardiographie et un suivi biologique régulier ont été réalisés.

Résultats

Soixante-quatorze patients sur une période de 78 mois janvier 2010–août 2016. Un sex-ratio à 2,08. Tous nos patients sont porteurs de FAV, la prévalence des complications cardiovasculaires dans notre série était 73,2 % et qui sont dominées par l’hypertension artérielle dans 84,30 %. L’hypertrophie ventriculaire gauche chez 77 % des cas, les syndromes coronaires aigus dans 11 % des cas, les accidents vasculaires cérébraux dans 17,5 % des cas, une artériopathie oblitérante des membres inférieurs dans 13,5 % des cas, les calcifications vasculaires 8,1 % et un accident ischémique transitoire dans 1,3 % cas.

Discussion

Les résultats de notre étude soulignent la forte prévalence des complications cardiovasculaires chez nos patients hémodialysés, ce qui concorde avec les résultats d’autres séries similaires. La part élevée de l’athérosclérose dans la mortalité des patients dialysés est attestée par des études récentes. L’athérosclérose du patient hémodialysé est très évolutive du fait de sa progression rapide et diffuse sur l’ensemble de l’arbre artériel. L’insuffisance rénale augmente le risque de maladie cardiovasculaires et de mortalité de manière exponentielle.

Conclusion

La prévalence de la pathologie cardiovasculaire dans notre population d’hémodialysés chronique est très élevée. Le dépistage et la prise en charge précoce des facteurs de risques pourront certainement prévenir ces complications.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est une maladie fréquente. L’arrivée au stade terminal nécessitant l’épuration extrarénale est une évolution inévitable de cette maladie. Nous allons étudier les caractéristiques socio-démographiques ainsi que la survie des patients dialysés dans l’unité d’hémodialyse de CHU Sahloul, Sousse.

Patients et méthodes

C’est une étude rétrospective s’étendant sur 10 ans (novembre 2006–décembre 2015) incluant tous les patients en IRC stade terminal qui ont démarré l’hémodialyse dans notre unité.

Résultats

Le nombre total des patients était de 877 avec un nombre moyen de nouveaux patients par an de 87,7 patients. L’âge moyen était de 52,2±16,9 ans. Soixante pour cent des patients étaient de sexe masculin avec un sex-ratio de 1,5 ; 40,5 % appartiennent à la tranche d’âge entre 51 et 70 ans et 18 % étaient d’âge>70 ans. L’incidence annuelle des patients montre une augmentation de celle des patients d’âge entre 51 et 70 ans et celle des patients d’âge>70 ans. La néphropathie la plus fréquente était la glomérulaire chronique (NGC) de 48 %. La néphropathie diabétique représente la première cause de l’IRC terminale, presque le 1/3 (29,1 %) de total des néphropathies et plus que la moitié (62,7 %) des NGC. La survie des patients se détériore avec l’âge avec une différence significative (p=0,000) et avec les antécédents de diabète (p=0,001) alors qu’il n’y avait pas de différence significative selon le sexe et la néphropathie initiale.

Discussion

Nos résultats témoignent que l’IRC terminale est plus fréquente chez les patients de sexe masculin expliqués par la fréquence de l’hypertension artérielle chez les hommes ainsi que par l’éventuel rôle protecteur des hormones féminines. En outre, cette maladie touche plus fréquemment les patients âgés avec tendance à dialyser de plus en plus les sujets d’âge avancé (>70 ans) expliquée par l’amélioration de la prise en charge de cette population quoi que la survie est significativement médiocre chez tels patients. Le diabète représente la première cause de l’IRC avec un impact significativement négatif sur la survie des hémodialysés.

Conclusion

L’IRC est une maladie fréquente. Le diabète constitue la première cause d’où la nécessité de la néphroprotection.

Introduction

L’initiation de la dialyse engendre des difficultés psychologiques liées, du fait du fort impact sur la vie quotidienne de ses traitements. En effet, les contraintes d’horaire, de lieu, du type de voie d’abord, et changements des habitudes alimentaires vont avoir un impact sur la vie au quotidien. L’objectif de ce travail de recherche est de comprendre les difficultés rencontrées par les patients hémodialysés au moment de l’initialisation de ce traitement, et comment ils ont pu les surmonter. La finalité est de produire des séquences pédagogiques pour accompagner les patients pendant cette phase difficile.

Matériels et méthodes

Cette recherche s’appuie sur une méthode issue de la sociologie compréhensive avec des entretiens semi-directifs type compréhensif. Elle consiste à 4 entretiens menés par une psychologue et un néphrologue formé à ce type d’entretiens. Les entretiens sont enregistrés, transcris puis codés selon la méthode L. Bardin (analyse de contenu).

Résultats

L’analyse des entretiens a permis d’avoir les catégories et sous catégories suivantes :

– turning point (Changement de la trajectoire de vie. Brutalité et soudaineté du diagnostic. Trajectoire et travail de contrôle de la maladie) ;

– apprendre à vivre avec sa maladie (Gestion des stigmates. Difficultés de communiquer sur sa maladie « solitude face à la maladie ». Les conséquences sur le quotidien. S’adapter au rythme. Les tâches apprises) ;

– gestion de l’émotion stress et rythme d’activité (Contrainte temps. Charge émotionnel : savoir garder son calme. Charge psychique) ;

– transformation des habitudes et des activités (Changement habitudes alimentaire. Apprentissage de soins de sécurité. Gestion du poids) ;

– adaptation à cette nouvelle réalité (coping) (Gérer les ressources humaines. Diriger autrui, lui demander d’agir, donner des instructions. Collaborer avec autrui. Déléguer des tâches à autrui. Assister à l’action d’autrui et l’évaluer) ;

– la reconstruction par l’affirmation du soi (Parler de soi. Énoncé son projet de vie. Être conscient de ses atouts. Être combatifs).

Discussion

Cette recherche qualitative a permis d’identifier les besoins des patients et les compétences d’adaptation à acquérir pour améliorer le vécu de l’initiation de la dialyse.

Conclusion

Nous montrerons les difficultés engendrées par le traitement de l’hémodialyse. Nous mettrons également en évidence la capacité d’adaptation à cette nouvelle situation.

Introduction

Les épidémies de bactéries hautement résistantes (BHR) – entérocoque résistant aux glycopeptides (ERG) – représentent actuellement un problème en France. En néphrologie et compte tenu du profil polypathologique des patients, les unités d’hémodialyse peuvent représenter des niches à ces BHR. La dissémination de l’ERV dans le service et aux autres patients peut se faire, dans ce cas là, très rapidement. Les conséquences sont importantes avec un impact majeur financier, humain et organisationnel.

Observation

Situation clinique et épidémiologique : en mars 2015, le service s’est trouvé face à une faible épidémie d’ERV. Un premier cas a été détecté et déclaré positif chez un patient hospitalisé et hémodialysé. Tous les patients contacts ont été dépistés et cette compagne de dépistage a mis en évidence 6 autres cas. Au total 7 patients ont été dépistés positifs à ERG (cohorte épidémique VANB) avec 5 patients traités par hémodialyse et 2 par dialyse péritonéale. Du fait du risque élevé de dissémination de cette BHR, un dépistage systématique de tous les patients du service a été réalisé et mettant en évidence un patient porteur d’ERV van A (la souche épidémique est van B).

Discussion

La lutte contre l’épidémie d’ERG a été très coûteuse. Elle a pu être maîtrisée grâce à la vigilance et aux différentes actions mises en place rapidement : recommandations standards, renforcement des mesures d’hygiène, compagnes régulières de sensibilisation et de formation, arrêt des admissions, isolement des patients porteurs et contacts avec des locaux, des séances et du personnels dédiés (cohorting). Cette maîtrise a été obtenue au prix de contraintes humaines, financières et organisationnelles indispensables : baisse importante de l’activité, surcoût majeur, réorganisation du service augmentation importante des activités du laboratoire de bactériologie. Le retentissement sur la prise en charge et l’impact social sont également à signaler : infection-impact sur la prise en charge.

Conclusion

L’épidémie de BH à ERG est un évènement grave avec des conséquences financières, humaines et organisationnelles majeures. Les équipes doivent être sensibilisées à ce problème et s’organiser en mettant une politique de prévention, de dépistage et d’isolement (politique d’alerte et démarche positive).

Introduction

Depuis 2011, l’équipe pharmaceutique anime un atelier médicament dans le cadre d’un programme d’éducation thérapeutique destiné au patient insuffisant rénal chronique (IRC). Le premier temps de cet atelier est dédié à l’identification des médicaments prescrits dans l’IRC selon leurs actions (néphroprotecteurs, prévention cardiovasculaire, lutte contre les répercussions de l’IRC) ; le deuxième est consacré à la gestion du traitement face à des situations à risques. En 2015, les outils pédagogiques et la méthode employée pour aborder ces thématiques ont évolué. Une analyse est proposée afin d’évaluer l’impact de la nouvelle séquence pédagogique.

Matériels et méthodes

Dans cette étude observationnelle et selon deux critères : (1) organisationnel et (2) comportemental, nous avons étudié comparativement la nouvelle séquence pédagogique à celle mise en œuvre précédemment. Depuis 2015, un road book a été rédigé pour détailler le contenu de l’atelier et des outils ont été créés : des cartes médicaments pour la première partie et des cartes de Barrow sur des situations à risque de la vie quotidienne pour la seconde (oubli de prise, automédication, déshydratation…).

Résultats

Sur le plan organisationnel, l’élaboration du road book nous a permis de structurer l’atelier et identifier clairement les messages clés à transmettre systématiquement aux patients. Sur le plan comportemental, un plus grand nombre d’interactions ont été constatées entre les participants eux-mêmes ainsi qu’avec l’animateur.

Discussion

La nouvelle séquence pédagogique permet une meilleure gestion du temps et du contenu de l’atelier (reproductibilité et exhaustivité des messages clés transmis). Les interactions ont évolué d’un modèle de communication bidirectionnel (animateur–participant) à un modèle pluridirectionnel (participants–animateur–participants). Les nouveaux outils contribuent à faciliter et renforcer l’apprentissage ainsi que la participation des patients sur un modèle socioconstructiviste. Il serait donc intéressant d’évaluer les connaissances acquises et la satisfaction des patients sur cette nouvelle séquence pédagogique.

Conclusion

L’amélioration de la structure de l’atelier, des outils et de la méthode pédagogique utilisés a permis d’optimiser la transmission des messages clés aux patients insuffisants rénaux afin de les rendre plus autonomes dans leur prise en charge.

Introduction

La maladie rénale chronique (MRC) s’accompagne de nombreuses complications cardiovasculaires (CCV).

Patients et méthodes

Étude prospective incluant tous les patients hospitalisés dans le service de néphrologie de janvier 2016 à janvier 2017 et atteints d’ une maladie rénale chronique.

Résultats

Cent soixante-dix patients ont été colligés, l’âge moyen de nos patients était de 52±19 ans. Le sex-ratio (H/F) était de 0,82 avec une prédominance féminine ; 48,4 % des patients avaient un examen cardiovasculaire anormal dont 70,3 % étaient dans le stade V de la MRC. Les anomalies à l’électrocardiogramme étaient observées chez 56 % des patients, dominées par les troubles de repolarisation présents chez 57,6 % des patients. Les anomalies échocardiographiques ont été retrouvées chez 56,6 % de nos patients, la fraction d’éjection (FE) moyenne des patients du stade I était de 65±13,4. Une hypertrophie du ventricule gauche était retrouvée dans 29,7 % des malades dont 94,4 % étaient au stade V de la maladie rénale chronique, 2,8 % dans le stade III et IV de la MRC et 0 % dans le stade I et II. Les valvulopathies ont été retrouvées dans 17,5 % des cas dont 85 % était dans le stade V de la MRC, 9,5 % dans le stade IV et de 5 % dans le stade I, III de la MRC, ces derniers étaient dominées par l’insuffisance tri-cuspidienne chez 54 % des patients. Parmi les autres anomalies échocardiographiques, la péricardite était observée chez 9,4 % des patients, l’épanchement péricardique était de grande abondance dans 85,7 % des cas, avec une moyenne du diamètre rétro-ventriculaire gauche de 20mm±8 ; 64 % des péricardites étaient présentes chez les patients dans le stade V, 7,14 % dans le stade I, II, III et 14,2 % dans le stade IV de la MRC.

Discussion

Les patients atteints d’IRC présentent un taux élevé de CCV. Ce risque important est en partie attribuable à une prévalence accrue de facteurs de risque classique et à la présence des facteurs liés aux troubles métaboliques.

Conclusion

Les CCV sont la principale cause de décès des patients dans différents stades de la MRC, ce qui doit nous inciter à considérer une prise en charge précoce, globale et surtout multidisciplinaire.

Introduction

Une diminution du débit de filtration glomérulaire (DFG) chez le patient admis pour infarctus aigu du myocarde (IM) est associée à une augmentation de mortalité à court et à long terme. Ce DFG peut être estimé par différentes équations. Le but de ce travail est de comparer la valeur prédictive de ces différentes équations sur la mortalité à un an de ces patients.

Patients et méthodes 2144 patients présentant un IM (avec élévation du segment ST) et référés à l’institut de cardiologie et de pneumologie de Québec pour angioplastie entre janvier 2006 et janvier 2011 ont été considérés. Les critères d’inclusion étaient les suivants : douleur thoracique >30min, élévation du segment ST ≥1mm dans ≥2 dérivations à l’ECG, bloc de branche gauche de novo ou IM postérieur. Il s’agit d’une analyse rétrospective de patients suivis prospectivement dont le statut vital à un an est connu. La valeur de créatinine sérique (Jaffe standardisé) à l’admission était disponible chez 1755 patients, inclus dans notre analyse. Le DFG a été estimé par différentes équations : Chronic Kidney Disease Epidemiology (CKD-EPI), Cockcroft (non indexé pour la surface corporelle) et la nouvelle équation Full Age Spectrum (FAS). La valeur prédictive de chaque équation a été étudiée et comparée par analyses de courbes ROC (comparaison des aires sur la courbes [ASC]). Les résultats « bruts » des équations mais aussi une modélisation intégrant l’âge ont été comparés.

Résultats

L’âge médian des sujets étudiés est de 60 [IQR : 17] ans et 23 % d’entre eux étaient des femmes. La mortalité à un an est de 8,2 %. Les ASC, pour prédire la mortalité à un an, des différentes équations sont les suivantes : CKD-EPI : 0,794 (IC 95 % : 0,751–0,836), Cockcroft : 0,807 (IC95 % : 0,767–0,848), et FAS : 0,805 (IC95 % : 0,764–0,847). L’ASC est significativement meilleure pour FAS que pour CKD-EPI (p=0,0111). De plus, l’inclusion de l’âge dans le modèle ne modifie pas significativement l’ASC des équations FAS et Cockcroft mais bien celle de l’équation CKD-EPI (ASC=0,812, p=0,0243). Les modèles incluant l’âge aplanissent les différences entre les formules.

Discussion

Nos résultats suggèrent que l’équation FAS, plus performante pour l’estimation du DFG mesuré, présente aussi une meilleure valeur prédictive de mortalité à un an chez les patients ayant présenté un IM.

Conclusion

L’équation FAS prédit le mieux la mortalité post-infarctus à 1 an.

Introduction

La greffe concerne près de 4000 patients atteints de pneumopathies avancées. L’objectif de notre étude est d’évaluer la perte de fonction rénale après une greffe pulmonaire.

Patients et méthodes

Tous les patients greffés pulmonaires au CHU de Lyon de janvier 2012 à avril 2016 ont été étudiés rétrospectivement. Une mesure de la filtration glomérulaire (mDFG) par clairance de l’Inuline ou de l’Iohexol en pré- et/ou post-greffe pulmonaire était réalisée. L’estimation du débit de filtration glomérulaire (eDFG) se faisait par l’équation du CKD-EPI.

Résultats

Cent onze greffes pulmonaires ont eu lieu de janvier 2012 à avril 2016 dont 91 patients ont bénéficié d’une mDFG lors de leur bilan pré-transplantation. Parmi ces patients, 13 sont décédés durant le suivi, 28 ont bénéficiés d’un mDFG après 1 ou 2 ans de transplantation pulmonaire et 6 patients étaient en hémodialyse en post-greffe. Le mDFG moyen avant greffe était de 106 et après de 58mL/min/1,73 m2 (p<0,05) avec une diminution moyenne par patient de 48mL/min/1,73 m2. Six % des patients présentait une MRC de stade 3 ou plus (>3) avant la greffe et 66 % en post-greffe. On notait une différence significative entre l’eDFG et le mDFG uniquement pour l’estimation du DFG en pré-greffe (16±6mL/min/1,73 m2, p<0,05). Le risque d’avoir une MRC>3 en post-greffe était plus élevé chez les patients présentant un mDFG inférieur à 90 en pré-greffe (RR=2,1 ; IC95 % 1,2–3,6). Les patients ayant une MRC hémodialysée avaient un mDFG pré-greffe significativement plus bas que les patients ayant une MRC de tout autre stade (74±7 vs. 108±5mL/min/1,73 m2, p<0,05).

Discussion

La perte de fonction rénale après greffe pulmonaire est majeure puisque mesurée en moyenne à 48mL/min/1,73 m2. Du fait d’un faible effectif, il nous est impossible d’en identifier des facteurs de risques clairs. Ce travail confirme néanmoins l’importante différence entre le mDFG et le eDFG en pré-transplantation et suggère la réalisation d’une mesure chez les patients en attente de greffe. En effet, la présence d’un mDFG inférieur à 90 expose à un risque de développer une MRC significative.

Conclusion

La prévalence de la MRC est importante chez les greffés pulmonaires. Les patients éligibles à ce traitement présentant un mDFG inférieur à 90mL/min/1,73 m2 doivent être particulièrement surveillés sur le plan de la fonction rénale.

Introduction

La maladie rénale chronique (MRC) est en nette progression dans le monde, liée à l’augmentation de la prévalence de ses facteurs de risque.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale descriptive réalisée du 24 au 26 mai 2016 dans la commune de Yopougon et qui a concerné tout participant venant volontairement à notre centre de collecte. La MRC a été définie par la présence d’une anomalie urinaire et/ou d’une baisse du débit de filtration glomérulaire (DFG)<90mL/min. Le DFG a été évalué à partir des formules MDRD, CKD-EPI et Cockcroft–Gault.

Résultats

Nous avons colligé 510 participants dont l’âge moyen était 43±14,5 ans avec une prédominance féminine (sex-ratio : 201/309=0,65). Les comorbidités telles que l’hypertension artérielle (47,1 %), l’obésité (22,7 %), l’hypercholestérolémie (12,5 %), l’infection à VIH (7,1 %) et le diabète (3,6 %) étaient retrouvées. La prévalence de la MRC était de 13 % selon la formule MDRD, de 11,2 % selon la formule CKD-EPI et de 23,4 % selon la formule Cockcroft–Gault. En analyse multivariée, les facteurs tels que le sexe féminin (OR=1,15 ; IC95 %=1,07–1,23 ; p=0,0001), l’obésité (OR=2,04 ; IC95 %=1,26–3,30 ; p=0,004) et l’hypertriglycéridémie (OR=1,95 ; IC95 %=1,05–3,59 ; p=0,039) était associés à la MRC.

Discussion

La prévalence de la MRC était variable selon l’équation utilisée pour évaluer le DFG. Elle était plus basse avec la formule CKD-EPI et plus élevée avec CG comme l’ont montré Kazé et al. au Cameroun. En considérant le DFG<60mL/min, la proportion de MRC était quasi-identique, quelle que soit la formule utilisée. Cette formule CG ne devrait donc plus être utilisée pour évaluer le DFG dans la population générale ivoirienne en raison de cette proportion importante d’obèse.

Conclusion

L’obésité doit être prise en charge pour la prévention de la MRC, au même titre que les facteurs de risque habituels. La formule de CG ne devrait plus être utiliser pour évaluer le DFG en population générale.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est un problème majeur de santé publique. La néphropathie diabétique vient au premier rang comme cause d’IRC terminale(IRCT). Nous allons étudier dans cette série le profil épidémiologique des insuffisants rénaux diabétiques qui ont démarré l’hémodialyse (HD) dans la région de Sousse sur une période de 10 ans.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective é sur 10 ans (novembre 2006–décembre 2015) incluant tous les patients en IRC stade terminal qui ont démarré l’HD dans notre unité du CHU de Sahloul.

Résultats

Le nombre total des patients qui ont démarré l’HD dans notre unité était de 877 patients dont 29,6 % étaient des diabétiques. L’âge moyen des patients diabétiques était de 58,40±13,37 ans. La plupart des patients diabétiques (40,1 %) appartenait à une tranche d’âge entre 50 et 70 ans suivie par ceux d’âge >70 ans (36 %) au moment de démarrage de l’HD. Notre population diabétique était essentiellement du sexe masculin (67,7 versus 32,3 %) avec un sex-ratio de 2. La néphropathie diabétique représente respectivement plus que la moitié (67,7 %) de totale des néphropathies glomérulaires et 30 % des étiologies de l’IRCT toute cause confondue. Environ le 1/3 (28,7 %) des patients incidents en HD chaque année était des diabétiques avec une augmentation progressive de cette incidence atteignant 42,2 % pour l’année 2015. Les patients diabétiques avaient la survie la plus médiocre par rapport aux non diabétiques (p=0,001).

Discussion

La néphropathie diabétique reste la première cause de l’IRCT malgré l’amélioration de la prise en charge des patients diabétiques et les stratégies de prévention. L’âge des patients diabétiques nécessitant l’HD au démarrage était avancé >50 ans avec une tendance à dialyser de plus en plus les patients à un âge plus avancé >70 grâce à la néphroprotection. Notre étude a également confirmé le retentissement néfaste de diabète sur la survie des patients même en cas d’IR stade d’HD en raison de MIA syndrome et des comorbidités.

Conclusion

La néphropathie diabétique reste la première cause de l’IRC terminale et dont l’incidence ne cesse d’augmenter en parallèle avec l’augmentation de la population diabétique.

Introduction

La maladie rénale chronique est très répandue et associée à des résultats médiocres à court et à long terme chez les patients atteints de cardiopathie ischémique. Les données relatives à ces patients ne sont pas fréquentes car ils sont généralement exclus des essais cliniques randomisés. L’objectif de ce travail était de décrire les caractéristiques cliniques et l’évolution intra-hospitalière des insuffisants rénaux présentant un infarctus du myocarde (IDM).

Patients et méthodes

C’est une étude rétrospective incluant les patients hospitalisés pour IDM entre janvier 1995 et décembre 2016. La clairance de la créatinine (Clcr, exprimée en mL/min/1,73 m2) a été calculée par la formule de MDRD. On a réparti les patients en 4 groupes ; groupe 0 : Clcr>90 (groupe de référence ; n=414), groupe 1 : Clcr entre 90 et 60 (n=708), groupe 2 : Clcr entre 60 et 30 (n=322) et groupe 3 : Clcr<30 (n=58).

Résultats

Notre étude a inclus 1502 patients avec une moyenne d’âge de 60,2 avec±16,6.

Chez les groupes 2 et 3, la prévalence de l’HTA et du diabète était plus élevée alors que celle du tabagisme était plus faible (p<10−3). Le groupe 3 a consulté plus tardivement (30 % après 12h du début de la douleur vs<15 % chez les autres groupes). En effet, la douleur thoracique était moins fréquente chez le groupe 3 (91,4 % vs. >96 % ; p<10−3). Aucune différence des paramètres hémodynamiques n’a été notée à l’admission. Presque la moitié des patients (46 %) appartenant aux groupes 2 et 3 n’ont pas bénéficié d’une reperfusion à la phase aiguë de l’IDM (vs. 38 % chez les autres groupes ; p=0,02). Le taux de mortalité intra-hospitalière était plus élevé chez les groupes 2 et 3 (16,8 % et 36,2 % respectivement). Ces mêmes groupes présentaient significativement plus de troubles du rythme et de la conduction à leur admission et au cours de leur hospitalisation (p<10−3).

Discussion

Les maladies rénales chroniques représentent un facteur de risque indépendant et puissant de mauvaise évolution clinique en cas de cardiopathie ischémique.

Conclusion

L’insuffisance rénale s’associe à des présentations cliniques atypiques au cours de la phase aiguë de l’infarctus du myocarde. Elle est associée à une morbi-mortalité intra-hospitalière élevée ce qui nécessite une attention particulière chez ce groupe de patients.

Introduction

La maladie rénale chronique (MRC) est un enjeu majeur de santé publique. Les cohortes sont des outils épidémiologiques d’intérêt pour rechercher les liens entre les facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux et les effets sanitaires. Un tel outil apparaît alors essentiel pour connaître les trajectoires d’évolution des patients avant mise en place d’un traitement de suppléance et l’exploration plus large des déterminants sous-jacents à ces différents profils d’évolution.

Patients et méthodes

Nous présentons ici une étude de cohorte prospective ouverte sans horizon temporel déterminé, spécialisée dans la MRC pré-suppléance nommée Non-dialysis – chronic renal insufficiency study (ND-CRIS). Ont été inclus les patients prévalents et incidents de plus de 18 ans avec un débit de filtration glomérulaire estimé <60mL/min/1,73 m2 (MDRD), informés et n’ayant pas exprimé un refus, pris en charge par les néphrologues de différents centres hospitaliers de la région Bourgogne Franche Comté. Les variables ont été recueillies de manière passive par des assistants de recherche clinique à l’aide d’un formulaire électronique dédié. La cohorte a reçu les accords du CCTIRS et de la Cnil.

Résultats

Cette étude a débuté par une phase pilote d’une durée de 3 ans (2012–2015) menée dans 3 centres de la région Bourgogne Franche Comté (Besançon, Mâcon, Belfort-Montbéliard) ayant permis l’inclusion de 1849 patients avec un taux de refus de participation bas (51 non participants). Depuis 2015, 6 centres supplémentaires de la même région ont été ouverts avec à la fin décembre 2016, 3452 patients inclus. Le suivi moyen est de 17,4 mois pour les 2443 patients ayant au moins une consultation de suivi.

Discussion

La cohorte ND-CRIS comble un manque d’outil épidémiologique en France dans la MRC. En effet, les cohortes actuelles sont à inclusion fermée présentant comme limites la perte de représentativité dans le temps et l’impossibilité de surveiller des tendances temporelles sur le long terme.

Conclusion

Le caractère ouvert et incident et le nombre de patients inclus devraient permettre de répondre à des questions auxquelles des cohortes prévalentes de plus petite taille ne peuvent répondre. Cette cohorte peut également servir de plateforme de recherche et d’outil de monitoring de santé publique.

Introduction

Dans l’insuffisance rénale, la connaissance de la typologie des patients et de leur parcours de soins est un enjeu pour les professionnels de santé et pour les tutelles afin d’adapter les moyens alloués à leur prise en charge. L’étude Non-dialysis – chronic renal insufficiency study (ND-CRIS) est une cohorte prospective ouverte sans horizon temporel, réalisée en région Bourgogne–Franche Comté étudiant des patients atteints de MRC de stade 3 et plus mais non dialysés.

Patients et méthodes

Les patients adultes sont recrutés depuis 2012, à l’occasion d’une consultation auprès d’un néphrologue. Leurs données cliniques et biologiques sont recueillies par un attaché de recherche clinique à partir du dossier médical de la structure dans laquelle ils sont suivis par leur néphrologue habituel. Fin 2016, près de 3500 patients sont inclus permettant d’établir une première photographie de la MRC dans cette région.

Résultats

Au total, 3452 patients ont été inclus : 2061 hommes, 1391 femmes soit un ratio H/F de 1,48. Âge moyen : 72 ans (19–99) identique pour les 2 sexes. Néphropathies vasculaires 32,4 % mixte (diabète-hypertension) 16 % diabète seul 8,6 % glomérulopathies 9 %, néphropathies tubulo-interstitielles 6,4 % pkrd 4,1 % autres 5,6 % inconnu ou non disponible 17,7 %. Stades de la MRC : 3A : 22 %, 3B : 39,3 %, 4 : 31,5 %, 5 : 6,9 %. Hypertension (HTA) : traitée chez 3109 patients, considérée équilibrée pour 33,7 % d’entre eux seulement.

Discussion

Le patient type suivi pour une MRC de stade 3 ou plus en Bourgogne–Franche Comté appartient majoritairement au 3e ou au 4e âge. Il s’agit plutôt d’un homme sauf dans la tranche des plus de 90 ans du fait de la survie plus longue du sexe féminin identique à la population générale. Il est souvent traité pour une HTA insuffisamment équilibrée dans 2/3 des cas malgré le recours à une association d’anti-hypertenseurs chez 75 % des patients.

Conclusion

La cohorte ND-CRIS, prospective et ouverte est un outil performant qui, au-delà de cette photographie à l’inclusion des patients atteints de MRC permettra dans les années qui viennent d’évaluer leur évolution clinique et biologique tout au cours de leur parcours de soin. Elle mesurera également les interventions du néphrologue sur leur devenir.

Introduction

Déterminer la prévalence de la maladie rénale chronique et les facteurs associés au sud du Bénin.

Patients et méthodes

Nous avons mené une étude transversale, descriptive et analytique. Elle s’est déroulée sur une période de 3 mois du 1er octobre au 31 décembre 2016. Ont été inclus les adultes de plus de 18 ans vivants dans les zones sanitaires de Sakété, Ifangni (rurale) et la commune de Porto-Novo (urbaine), ayant accepté de participer à l’étude. Les paramètres anthropométriques et des prélèvements d’urine ont été faits afin de doser l’albuminurie et la créatinurie. La créatinémie est dosée si la microalbuminurie positive. La maladie rénale chronique sera constatée par la présence d’une albuminurie positive et ou d’un DFG<60mL/min/1,73 m2. La protéinurie est négative si le rapport protéinurie/créatininurie (PC/R) est inférieur à 0,3. L’analyse statistique a été faite grâce aux logiciels, SPSS ver. 21 et le stata.

Résultats

Un total de 291 sujets étaient retenus dont 53,9 % de femmes contre 46,1 % d’hommes. L’âge variait de 18 ans à 78 ans. Le rapport protéinurie/créatinurie est altéré : protéinurie positive dans la population rurale 32,4 % et de 29,2 % en urbaine avec un total de 30,2 %. Le DFG est altéré selon la formule de CKD-EPI chez 8 % de la population rurale et 4,9 % urbaine avec un total de 9,1 %. Le DFG est altéré selon la formule de MDRD chez 13 % de la population rurale et 7 % urbaine avec un total de 6 %. Les facteurs de risque identifiés selon la formule de MDRD et de CKD-EPI : l’âge, le sexe, le niveau d’éducation, l’obésité abdominale, la consommation d’alcool et la consommation insuffisante de fruits et légumes.

Discussion

F. Kazé au Cameroun a retrouvé des valeurs de protéinuries inférieures et un débit de filtration glomérulaire supérieur. La méthode utilisée pouvait justifier cette différence.

Conclusion

Les facteurs socio-démographiques, anthropométriques, comportementaux et biologiques jouent un rôle important dans la survenue de l’albuminurie, un contrôle strict de ces facteurs s’impose.

Introduction

L’épidémiologie des glomérulopathie ainsi que les indications de la biopsie rénale (PBR) varient selon l’âge des malades. Le but de ce travail est d’analyser les indications des PBR et les étiologies des glomérulopathies chez l’enfant et d’évaluer l’indication de la PBR et leurs évolutions dans le temps.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les PBR natives lues au service d’anatomie pathologie pendant 10 ans du premier janvier 2005 au 31 décembre 2014. Les biopsies du greffon et les non représentatives ont été exclues. Ont été inclus les patients d’âge ≤15 ans. La durée a été divisée en 2 : 2005–2009 (G1) et 2010–2014 (G2). La saisie et l’analyse sont fait sur SPSSv20, l’analyse univariée par test de Chi2. p significatif si<0,05.

Résultats

La PBR chez l’enfant représente 11,6 % du total des PBR (n=179), la moyenne d’âge était 10,5±4 ans, prédominance masculine à 51,1 %. En comparaison avec l’adulte et l’adolescent en étude univariée, le sex-ratio était le même, cliniquement, le syndrome néphrotique pur prédominait à 27,9 % Vs 20,4 % chez l’adolescent et l’adulte et le néphritique aiguë (11,2 % Vs. 4,4 %), le syndrome néphrotique impur était moins fréquent (22,9 % Vs. 32,3 %). Sur le plan étiologique, ils avaient plus de lésion glomérulaire minime (LGM) (22,5 % Vs. 13,3 %), de GNA (15,1 % Vs 4,4 %), de hyalinose segmentaire et focale (14,8 % G1 Vs. 9,8 %) et de néphropathie à IgA (NIgA) (13,4 % Vs. 5,4 %) (p<10−3) et ils avaient moins de glomérulonéphrite extra-membraneuse (0,6 % Vs. 10,6 %), de néphropathie lupique (NL) retrouvée essentiellement chez la fille (12,8 % G1 Vs. 23 %) avec p<10−3. En comparant le G1 et G2, on note une baisse significative du syndrome néphritique aiguë (16,3 % G1 Vs. 6,5 % G2) versus une augmentation significative des HSF, NIgA et NL.

Discussion

Dans notre étude comme dans la majorité des publications sur la PBR chez l’enfant, le SN est la principale indication. Selon l’ISKDC, la LGM est la principale néphropathie chez l’enfant retrouvée dans notre étude, des séries européennes rapportent la NIgA.

Conclusion

Cette étude confirme la fréquence du SN chez l’enfant comme première indication de PBR et de la LGM. Le changement épidémiologique des néphropathies avec la baisse des causes infectieuses en faveur des causes immunologiques met le point sur l’élargissement des indications de PBR et la meilleure prise en charge des infections.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique(IRC) constitue dans des nombreux pays un en jeux majeur de santé publique, cela du fait des conséquences socio-économiques qu’elle engendre, notamment au stade dit de dialyse. À ce jour ; nous ne disposons pas au Congo des données épidémiologiques quant à cette pathologie. L’objectif de ce travail est d’évaluer le profil épidémiologique de l’IRC au CHU de Brazzaville.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, portant sur les patients insuffisants rénaux chroniques, hospitalisés dans le service de néphrologie et de dialyse du CHU de Brazzaville durant l’année 2016. Les données ont été recueillies à partir du registre annuel des hospitalisations et des dossiers médicaux. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) a été calculé par la formule MDRD. L’analyse statistique a été faite avec les logiciels Excel® et Epi info.

Résultats

Au cours de notre étude 223 patients admis dans le service de néphrologie présentaient une IRC, soit 50,7 % des admissions. Leur âge moyen est de 51,2±15 ans, avec une prédominance masculine de 63,7 %. L’IRC était de découverte récente chez 162 patients (72,6 %) et a été déclarée terminale chez 139 patients. Parmi les patients au stade de dialyse, 88,9 % n’ont pas été dialysés par défaut de moyens. Les 3 premières néphropathies causales sont la néphropathie diabétique (27,3 %), la néphroangiosclérose (17,9 %) et la néphropathie liée au VIH (13,4 %). Dans 33,6 % des cas, la néphropathie causale est restée indéterminée. Le taux de mortalité a été de 33,2 %.

Discussion

Les patients en IRC représentent près de la moitié des hospitalisations en néphrologie. Comme dans des nombreux pays en voie de développement, le taux de mortalité est élevé chez ces patients du fait d’un taux d’accès a la dialyse trop faible en raison de son coût élevé. Le manque de sensibilisation sur les maladies rénales chroniques et leur mode évolutif silencieux sont responsables d’un taux élevé des néphropathies de causes indéterminées.

Conclusion

Notre étude révèle le grand en jeux sanitaire que constitue l’IRC au Congo ; notamment en raison du taux de mortalité élevé, et d’un faible taux d’accessibilité à la dialyse.

Introduction

Devant le vieillissement de la population, le sujet âgé représente une partie importante de la société, La biopsie rénale (PBR) est souvent non réalisée devant la fréquence des comorbidités, d’où le manque de données suffisantes. Le but de notre étude est de déterminer les indications de la PBR et les néphropathies chez le sujet âgé.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les PBR lues au service d’anatomie pathologie pendant 10 ans du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2014. Ont été inclus les patients ≥65 ans. Les biopsies du greffon et les non représentatives ont été exclues. La durée d’étude a été divisée en deux : 2005–2009 (G1) et 2010–2014 (G2). La saisie et l’analyse est faite par SPSSv20, l’analyse univariée par test Chi2. p significatif si<0,05.

Résultats

Au total, 79 PBR ont été lues soit 5 % des PBR versus 21,6 % chez l’adolescent et l’adulte jeune et 11,6 % chez l’enfant. L’âge moyen était 70±4,5 ans, prédominance masculine à 57 %, diabétique dans 3,8 % des cas. Le syndrome néphrotique, glomérulaire, l’insuffisance rénale aiguë étaient révélateurs dans 50,7, 20,3 et 10,1 % des cas respectivement. Les étiologies principales étaient la glomérulonéphrite extra-membraneuse (GEM) (16,5 %), l’amylose AA (AA) (23,4 %) secondaire essentiellement aux séquelles de tuberculose, la glomérulonéphrite membranoproliférative et les gammapathies (Gp) (surtout l’amylose AL) dans 8,9 % chaque. Nous n’avons pas retrouvé de différence significative entre G1 et G2. En comparaison avec les sujets plus jeunes, les patients âgés ont présenté plus de GEM, d’AA, de Gp, de vascularite et de lésions chroniques versus moins de lésions glomérulaires minime, de néphropathie à IgA et de maladies auto-immunes avec un p significatif.

Discussion

Dans notre étude, comme dans d’autres internationales, la GEM est la première néphropathie du sujet âgé, entité pouvant être traitable après une immunosuppression et un suivi bien conduits. La fréquence de AA pourrait être diminuée puisque la principale étiologie reste la tuberculose, maladie infectieuse traitable.

Conclusion

La fréquence de néphropathies contrôlables chez les patients âgés expliquerait l’importance de la PBR à cet âge, permettant ainsi d’éviter l’insuffisance rénale chronique terminale et la dialyse comme comorbidité surajoutée.

Introduction

La prise en charge du syndrome néphrotique idiopathique (SNI) corticodépendant reste un enjeu thérapeutique majeur, la rémission étant maintenue au prix d’une corticothérapie et d’une immunosuppression orale aux effets secondaires non négligeables. Le syndrome néphrotique idiopathique renferme deux entités anatomocliniques distinctes dont le rein est la cible fonctionnelle [1]. Aucune étude contrôlée à large spectre n’a été réalisée pour évaluer le traitement adéquat dans notre région. Notre objectif est d’étayer la démarche diagnostique et proposer une prise en charge.

Patients et méthodes

Les données clinicobiologiques de 50 patients avec SNI corticodépendant, ayant bénéficié d’une déplétion lymphocytaire B minimale de 15 mois sous rituximab (RTX), ont été recueillies rétrospectivement.

Résultats

Au terme d’un suivi après réplétion B de 27 mois, le taux de rémission complète (absence de rechute après réplétion) était de 83 %. Les durées cumulées de corticothérapie et immunosuppression orale étaient diminuées après RTX (p<0,0001). Les effets indésirables rapportés à moyen et long terme étaient principalement infectieux (n=28, 65 %). Dix-huit patients (36 %) avaient un taux abaissé d’IgG en cours de déplétion et 32 (36 %) après réplétion sans antécédent d’hypogammaglobulinémie. Enfin, les patients ayant bénéficié d’Immunoglobulines polyvalentes (IgIV) avaient une durée de rémission augmentée (40±7,2 contre 21±2,5 mois, p=0,0045).

Discussion

Le syndrome néphrotique Idiopathique est défini par l’association d’une protéinurie>50mg/kg/jour, d’une protidémie<60g/L et d’une hypoalbuminémie ≤30g/L. Devant cette constellation, deux entités anatomocliniques doivent être recherchées en l’occurrence la LGM et la HFS primitive. Le rituximab paraît une option thérapeutique intéressante mais requiert un suivi clinicobiologique rapproché.

Conclusion

Le syndrome néphrotique idiopathique doit être systématiquement recherché chez tout patient consultant en néphrologie. La connaissance de la démarche diagnostique est une clé de prévention de l’Insuffisance rénale chronique.

Introduction

L’atteinte rénale au cours du lupus est l’une des plus sévères, cause de morbi-mortalité. Sa sévérité est corrélée à la classification histologique. La néphropathie lupique (NL) est la première cause d’insuffisance rénale aiguë (IRA) organique au Maroc. Le but de ce travail est de déterminer le profil de la NL au Maroc.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective, monocentrique incluant toutes les PBR réalisées chez les patients lupiques et lues au service d’anatomie pathologie pendant 10 ans du 1er janvier 2005 au 31 décembre 2014. Les biopsies du greffon, les non représentatives et des non marocains ont été exclues. La saisie et l’analyse a été faite par SPSSv20, l’analyse univariée par test Chi2. p significatif si<0,05.

Résultats

Au total, 332 PBR ont été lues. L’âge moyen des patients était 31±11 ans, le Q75 est 39 ans, 90 % étaient de sexe féminin. Le mode de révélation était un syndrome néphrotique, une protéinurie<2g/j, un syndrome glomérulaire et une insuffisance rénale aiguë dans respectivement 37,5, 32,5, 15,3 et 7,7 % des cas. Sur le plan histologique, la NL était classe 4, 3 et 5 dans respectivement 62,2, 17,8 et 10,6 % des cas, indice d’activité médian était 4 [0–11] et de chronicité 1 [0–8], 20,2 % étaient des associations de classe essentiellement classe 4+5 dans 14,8 % du total des PBR. En comparant les enfants (≤15 ans) avec le reste de la population et en comparant la NL chez l’homme versus la femme, on note une différence significative avec un indice de chronicité plus important chez le l’adulte et chez la femme.

Discussion

Il existe une variabilité géographique et ethnique dans l’incidence et la sévérité de la NL. Ainsi dans notre étude, le même profil histologique chez les pays européens soit une prédominance de la classe 4, 3 et 5 versus la prédominance de la classe 4 et 2 dans les pays du golfe.

Conclusion

La sévérité de la NL dans les pays du pourtour méditerranéen explique le besoin d’études multicentrique à large échelle pour évaluer les causes de sévérité voire étudier si prédisposition génétique.

Introduction

La maladie de Fabry est une maladie génétique liée au chromosome X rare caractérisée par un déficit en α-galactosidase responsable de l’accumulation de sphingolipides dans les lysosomes des cellules de l’organisme conduisant à une atteinte multisystémique incluant une maladie rénale chronique (MRC) progressive. Plusieurs études se sont intéressées au dépistage de cette pathologie chez des patients en insuffisant rénale chronique (IRC) au stade de suppléance. Notre étude vise à évaluer la prévalence de la maladie de Fabry à différents stades de l’atteinte rénale.

Patients et méthodes

Étude transversale, multicentrique, réalisée en ouvert de manière prospective au cours du suivi médical courant des patients de plus de 18 ans présentant une MRC d’étiologie non déterminée ou étiquetée hyalinose segmentaire et focale au stade I à V, dialysés ou transplantés. Le dépistage est réalisé pour les hommes par la mesure par microdosage de l’activité α-galactosidase A leucocytaire (α-GAL) depuis 04/2013 et pour les femmes depuis 07/2016 par le dosage du globotriaosylsphingosine (Lys-GL3) sur buvard.

Résultats

Depuis avril 2013, 288 patients (homme 86 %) ont été inclus dans 7 centres. L’âge médian est de 56 ans (min 37, max 75), 105 patients étaient dialysés (DP 13 %), 42 transplantés (14 %) et 141 patients n’étaient pas dialysés (48 %) : le DFGe médian était de 34ml/min/1,73 m2. Dix pour cent, 28 %, 12 %, 20 % et 5 % des patients étaient en MRC stade I, II, III, IV et V, respectivement. Un patient de 51 ans avait une activité α-GAL nulle et le diagnostic de maladie de Fabry a été confirmé (mutation faux sens p.R112H décrites dans les formes atypiques). Il est transplanté rénal depuis 2006, n’a pas d’atteinte cutanée, ophtalmologique ou cérébrale en dehors d’un hypersignal de la substance blanche périventriculaire à l’IRM mais a une cardiopathie hypertrophique homogène d’aspect compatible avec la maladie de Fabry ce qui a conduit à débuter une enzymothérapie substitutive.

Discussion

La limite de notre étude est l’exhaustivité des inclusions dans la population de patients atteints de MRC. À ce jour, la prévalence de la maladie de Fabry est de 0,34 % dans la population étudiée.

Conclusion

L’étude doit être poursuivie pour augmenter le nombre de femmes et élargir le dépistage à un plus grand nombre de patients.

Introduction

Les journées mondiales du rein et du diabète sont l’occasion de dépistage des maladies rénales et du diabète en population générale. En Ile de France cette action est coordonnée par les associations de patient, l’ARS, les réseaux de santé et les professionnels des établissements de santé.

Matériels et méthodes

Chaque individu accepte de répondre à un questionnaire et la mesure de : IMC, PA, glycémie capillaire, BU. Sont présentés les résultats de l’année 2016.

Résultats

Dans 107 lieux (67 lors de la semaine du rein), 6102 sujets (femmes : 68 % ; âge 49±13 ans), ont participé. Soixante-quatre pour cent étaient en activité professionnelle, 11,1 % sans emploi, 46,6 % résidaient dans les départements limitrophes de Paris, 33,6 % dans la grande couronne, 13,1 % à Paris. Quatre-vingt-treize pour cent avaient un médecin traitant, 96,6 % bénéficiaient de l’assurance maladie, 87,5 % avaient une complémentaire santé. Comparés aux résidents parisiens, les habitants de Seine-Saint-Denis étaient plus jeunes (46,9±12,8 vs. 50,4±13,1 ans), mais avaient une prévalence plus importante de facteurs de risque cardiovasculaire et de maladie rénale personnels : HTA 20,1 vs. 15,6 %, diabète 9,6 vs. 7,7 %, tabac 21,7 vs 20,3 %, IMC 27,3±4 vs 25,6±3,9, PAS 132,6±14,9 vs. 130±15,3mmHg ; des facteurs de risque familiaux : HTA 52,6 vs. 50 %, diabète 48,7 % vs. 42,5 %, maladie rénale 13,8 vs. 13,5 %,et une prévalence de protéinurie>0,3g/L (BU) plus importante : 4,9 vs. 4,2 % (3,7 % globalement).

Discussion

Malgré un biais de recrutement et de méthodologique (BU et non ratio protéinurie/créatininurie), nous montrons que la répartition des facteurs de risque entre territoire de santé est différents, différence retrouvée aussi en fonction du lieu de naissance.

Conclusion

La disparité des facteurs de risques personnels et familiaux entre différents lieux de résidence recoupe la disparité de prévalence des maladies cardiovasculaire, de la dialyse, et du diabète. Leur identification précoce surtout dans les territoires à haut risque devrait être encouragée dans l’espoir de diminuer l’incidence des événements cardiovasculaires et rénaux. Les résultats de l’année 2017 (en cours) incluant une échelle de risque de diabète (FineRisk) seront disponibles au deuxième semestre 2017.

Introduction

Le pied diabétique est une lésion dans le pied ou membres inférieurs, qui est causée par une angiopathie diabétique et de l’infection neurologique. C’est une des complications les plus graves du diabète.

Patients et méthodes

Le but d’étude se d’évaluer la corrélation entre les scores de risque d’ulcération du pied chez les malades atteints de diabète de type 2 et le degré de maladie rénale chronique (MRC). De comparer ces risques et leur impact sur les facteurs métaboliques ainsi que les facteurs qui influencent le temps d’identification de risque d’ulcération du pied et le degré de MRC.

Résultats

Il s’agit d’une étude transversale, dans lequel, pendant la visite 1 (V1), le nombre total de patients atteints de DM2 et MRC ont été examinés ainsi que 6 mois plus tard durant la visite 3 (V3). Les malades ont été examinés et testés pour le pied diabétique et classifié selon le groupe de travail international (IWGDF) dans trois groups : risque moyenne, haut risque et très haut risque. De plus les malades ont été examinés et classifiés pour le degré de MRC selon la formule de Cockroft–Gault et MDRD. Le nombre total des malades qui ont entré dans l’étude est 107, et parmi 50,5 % étaient des hommes et 49,5 % étaient des femmes. L’âge moyen des malades était 59,12 ans, et moyen niveau d’HbA1c était 9,5 % et six mois plus tard le niveau d’HbA1c était 8,8 % (p<0,004). L’IMC était 28kg/m2. Le score de risque à V1 et V3 a une signification statistique (p<0,004) à savoir V3 montre score plus élevé de risque. L’analyse de corrélation montre que les groupes ayant un risque plus élevé de points d’ulcération (2 et 3) ont également un degré de néphropathies supérieur (3 et 4) pendant V1 et aussi pendant V3 (p<0,001).

Discussion

Chez les malades d’âge moyen atteints de DM2 et MRC, la durée de DM2, HbA1c et la pression artérielle élevée ont un rôle important dans l’évaluation du risque d’ulcération du pied et la progression de la MRC.

Conclusion

Les patients présentant un risque élevé pour les scores d’ulcération, se rapportent à un degré de néphropathies supérieur.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) aux soins intensifs est associée à une mortalité élevée. Une épuration extrarénale (EER) est souvent nécessaire. Elle peut être réalisée suivant deux méthodes : séquence intermittente discontinue 1 jour sur 2 ou séquence quotidienne. L’objectif est de démontrer l’efficacité d’une dialyse selon la séquence quotidienne sur la bonne tolérance hémodynamique chez les patients atteints d’ IRA.

Patients et méthodes

Étude rétro-prospective à partir des dossiers d’enfants admis pour urgences néphrologiques. Ont été inclus 155 patients parmi les 266 patients pris en charge pour insuffisance rénale aiguë. Deux groupes de patients ont été comparés selon la période d’étude : G1 (de 1995–2002 ; n=65) ; G2 (de 2003–2015 ; n=90). Les caractéristiques clinicobiologiques ainsi que le devenir de ces patients ont été étudiés. Chaque séance dure en moyenne 4heures/jour. La tolérance hémodynamique de l’hémodialyse se juge sur le nombre des épisodes hypotensifs, sur le volume de l’ultrafiltration par séance.

Résultats

Âge moyen des patients est de 7,37 ans (3–15 ans). Les enfants proviennent du milieu médical (58 %), du milieu oncologique (30 %) et du milieu chirurgical (12 %). Durant les 2 périodes le coma était noté chez 12 % dont 10 % ont été intubés et mis sous ventilation mécanique. Cinq pour cent étaient sous support hémodynamique. La durée de séjour en moyenne était de 13,8±1,2jours (3–30jours). L’évolution était marquée par une récupération de la fonction rénale chez 125 patients (77 %), une mortalité de (16,3 %) (26 patients), 9 patients (5,80 %) ont évolué vers une insuffisance rénale chronique.

Discussion

L’analyse statistique montre que la séquence intermittente est un facteur de mauvaise tolérance hémodynamique en analyse uni- et multivariée attestée par des épisodes hypotensifs 66,5 % vs. 12,5 %, p=0,0001, d’un volume d’ultrafiltration par heure élevé. Par ailleurs le délai de récupération rénale est plus long 10jours vs. 5jours (p=0,045 ; RR : 10,12 ; IC [9,05–17,25]).

Conclusion

L’IRA aux soins intensifs est greffée d’une lourde morbi-mortalité. L’EER est souvent nécessaire. En termes d’une bonne tolérance hémodynamique et un meilleur délai de récupération de la fonction rénale, la séquence quotidienne est meilleure que la séquence discontinue.

Introduction

La survenue d’une insuffisance rénale aiguë (IRA) en périopératoire est souvent plurifactorielle, cependant peu fréquente chez l’enfant au CHU d’Oran. Notre objectif est de déterminer les facteurs de risque de survenue de cette IRA dans un contexte chirurgical.

Patients et méthodes

Étude rétro-prospective (2002–2016) regroupant 23 dossiers d’enfants admis en réanimation pédiatrique dans un contexte chirurgical. Tous les enfants avaient une fonction rénale normale avant la chirurgie. L’insuffisance rénale aiguë en périopératoire est définie selon le critère RIFLE.

Résultats

Les natures de l’intervention précédant l’IRA sont : digestives, urologiques, chirurgie interventionnelle cardiaque, chirurgie traumatologique et la neurochirurgie. L’âge moyen des patients est de 65,14 mois (extrême 3 jours–14 ans) repartis en 16 garçons et 7 filles. L’IRA est apparue en moyenne à 2,5 j d’intervention définie selon RIFLE (R) chez 4 patients, RIFLE (I) chez 8 patients et RIFLE (F) chez 11 patients. Le mécanisme était fonctionnel chez 6 patients faisant suite à un collapsus vasculaire (4 cas), état de choc septique (2 cas). Organique sur une tubulopathie post-ischémique ou toxique (17 fois). Sept patients étaient ventilés et sédatés et 4 ont été mis sous support hémodynamique. Dix-sept patients ont été dialysés selon le mode de dialyse intermittente et quotidien pendant une durée moyenne de 9,12 j (2–14). Trois enfants sont décédés (par défaillance multiviscérale) et 1 enfant a évolué vers une insuffisance rénale chronique après un recul de 3 ans.

Discussion

En comparant les enfants opérés ayant présenté une IRA avec ceux n’ayant pas présenté une IRA il en découle de l’analyse statistique comme facteurs de risque : un sepsis p=0,001, OR : 1,33 [0,48–3,67] ; une reprise chirurgicale p=0,005 ; un choc hypovolémique p=0,001 ; usage de médicaments néphrotoxiques p=0,003 ; urgence chirurgicale p=0,0045. Il n’y a aucune différence significative concernant l’âge, le sexe, la durée de l’intervention, les drogues anesthésiques utilisées, la ventilation mécanique.

Conclusion

La reconnaissance des facteurs de risque pourrait diminuer la survenue d’une IRA périopératoire. La prévention repose sur une optimisation hémodynamique peropératoire et sur l’éviction des agents néphrotoxiques chez des sujets à risque.

Introduction

Les traitements anti-rétroviraux hautement efficaces (HAART) ont bouleversé la survie des patients vivant avec le VIH (PVVIH). Afin de rechercher un effet de ces molécules sur les pathologies rénales associées à l’infection VIH, une étude observationnelle nationale est menée.

Matériels et méthodes

Les hospitalisations pour pathologies rénales chez les PVVIH sont identifiées dans la base nationale des données Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) entre 2008 et 2013. La prévalence et l’incidence des pathologies rénales nécessitant des hospitalisations sont répertoriées chaque année, et comparées d’une année sur l’autre. D’éventuelles corrélations avec l’âge, le sexe, le stade (sida ou non), les comorbidités (HTA, diabète, infection hépatite B ou C, maladies cardiovasculaires) sont recherchées.

Résultats

Entre 2008 et 2013 une moyenne annuelle de 10 862 hospitalisations sont identifiées chez des PVVIH. La prévalence des hospitalisations pour pathologies rénales passe de 3,0 % en 2008 à 3,7 % en 2013 (p<0,01). L’incidence cumulative quinquennale des pathologies rénales nécessitant une hospitalisation est de 5,9 %. Les principales causes d’hospitalisations sont l’insuffisance rénale aiguë (IRA) (25,4 %), les pathologies lithiasiques (22,1 %), les pyélonéphrites (22,6 %). Les glomérulopathies représentent 6,4 % et seuls 41,3 % des patients hospitalisés pour glomérulopathies ont été biopsiés, la hyalinose segmentaire focale étant le principal diagnostic (37,6 %). Deux tiers des hospitalisations pour IRA, de causes multiples, surviennent au cours des deux premières années de suivi. Les facteurs associés à un risque plus élevé de pathologies rénales sont l’âge (OR=1,02), les maladies cardiovasculaires (OR=3,39), le sexe féminin au stade SIDA (OR=3,67).

Discussion

L’utilisation des HAART coïncide avec une augmentation de la prévalence des hospitalisations pour pathologies rénales. L’IRA, observée souvent les deux premières années, constitue la principale cause d’hospitalisation. Les résultats de cette étude sont soumis aux limites des données du PMSI. Le nombre restreint de biopsies limite l’identification des glomérulopathies.

Introduction

Les hypernatrémies font partie des désordres hydroélectrolytiques les plus fréquents en réanimation. Elles constituent en elles-mêmes un facteur pronostique (la valeur de la natrémie entre dans le calcul des scores de gravité tel que APACHE et IGS). L’objectif de notre travail est de décrire l’incidence de l’hypernatrémie en réanimation et ses répercussions sur le pronostic des patients.

Patients et méthodes

Nous avons colligé rétrospectivement les dossiers de malades admis en réanimation des urgences médicochirurgicales du CHU Hassani Abdelkader de Sidi-Bel-Abbès sur une période de deux ans (2015 et 2016). Nous avons analysé les données cliniques, biologiques et la prise en charge de l’hypernatrémie.

Résultats

Cent cinq patients sur 950 admis en réanimation ont présenté une hypernatrémie soit une incidence de 11 %. On note une prédominance masculine, l’âge moyen était de 65 ans. Vingt-cinq pour cent des patients étaient des cérébrolésés, 30 % présentant un état septique. Cinquante-cinq sur 105 des patients avaient une hypernatrémie entre 145–150 meq/L, 38/105 avaient une natrémie entre 150–160 meq/L et 12/105 des patients avaient une natrémie entre 160–165 meq/L. Quatre-vingt-dix pour cent des patients ont été réhydratés par voie entérale par l’eau libre, et 10 % par du sérum glucosé 5 %. La mortalité était de 28,5 %, liée au degré de sévérité de l’hypernatrémie.

Discussion

La natrémie s’est élevée à plusieurs jours de l’admission en réanimation en rapport en particulier avec l’hyperhydratation dans le traitement d’une rhabdomyolyse par du sérum salé 0,9 % par manque de Ringer lactate, du sérum bicarbonaté et du soluté hypotonique à notre niveau. Les facteurs aggravants étaient le manque de calcul du déficit hydrique, la non observance du traitement par le personnel infirmier.

Conclusion

La prise en charge des hypernatrémies en réanimation peut être améliorée par le respect des règles de remplissage, le choix du soluté adéquat et respect des infirmières des prescriptions de perfusion.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë (IRA) est une complication relativement fréquente et grave retrouvée chez les patients hospitalisés en réanimation. Le but de ce travail est de déterminer le profil épidémiologique, de décrire le profil clinique et biologique et d’analyser les facteurs pronostiques de l’IRA.

Patients et méthodes

Étude rétrospective sur une durée d’un an au niveau du service de réanimation des urgences médicochirurgicales du CHU Abdelkader Hassani de Sidi-Bel-Abbès, Algérie. Nous avons colligé tous les dossiers des malades hospitalisés au service de réanimation des urgences médicochirurgicales avec toutes pathologies confondues. Étaient exclus les enfants âgés moins de 15 ans. Le dosage de la créatinine sérique se faisait systématiquement tous les jours au niveau de la réanimation.

Résultats

De janvier à décembre 2016, 430 dossiers de patients hospitalisés en réanimation ont été analysés. L’âge moyen est de 56,3 ans [23–90 ans]. Une prédominance masculine avec un sex-ratio H/F de 2/1. L’incidence de l’IRA 140 (32,5 %) se répartissant selon l’échelle RIFLE : R 46,4 %, I 37,9 % et F 15,7 %, 18,6 % des IRA étaient présentes à l’admission associée à un état septique. Dans le groupe IRA, la défaillance viscérale associée à l’IRA était : neurologique 37,8 %, traumatisme 29,2 %, sepsis 27 %, pancréatite aiguë 6,4 %. Dix patients ont bénéficié d’une épuration extrarénale. La mortalité dans le groupe IRA est de 53,6 %. Soixante pour cent des patients étaient âgés moins de 50 ans. Les facteurs pronostiques sont : le sepsis (77,3 %), IRA acquise en réanimation, l’hypovolémie par défaut des pratiques infirmières dans 76 %, le nombre de défaillances viscérales associées à l’IRA (51 %) qui est un élément majeur du pronostic.

Discussion

Dans notre travail, l’IRA est un facteur de risque de mortalité en analyse univariée. L’IRA en réanimation est le plus souvent multifactorielle, les facteurs pronostiques ne sont pas liés à l’âge, mais sont liés au nombre de défaillance d’organes, l’hypovolémie iatrogène et le sepsis.

Conclusion

L’IRA chez les patients de réanimation a ses caractéristiques cliniques et évolutives qui sont différentes par rapport à celles des autres patients. L’IRA est comme facteur de risque de mortalité nécessitant une prise en charge préventive précoce.

Introduction

La ponction biopsie rénale (PBR) est peu réalisée en Afrique subsaharienne. Elle demeure encore moins pratiquée chez le sujet âgé. L’objectif de notre étude était de déterminer les indications de la PBR chez le sujet âgé et décrire les aspects histopathologiques des néphropathies de cette tranche d’âge.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive sur une période de 5 ans (du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2015). Étaient inclus les patients âgés de plus de 60 ans ayant bénéficié d’une PBR durant la période d’étude. Cette PBR devait être corticale et contenir au moins 5 glomérules. Toutes les PBR étaient échoguidées.

Résultats

Cinq cent quatre-vingt-dix-neuf PBR effectuées, cent cinq (105) étaient réalisées chez le sujet âgé, soit une prévalence hospitalière de 17 %. Seules 75 ont eu une histologie interprétable. L’âge moyen des patients était de 66,5±5,03 ans. Avec un sex-ratio (H/F) de 2,4. Le syndrome néphrotique était la principale indication dans 26,7 % des cas. Les lésions glomérulaires représentaient 63 % des cas, les lésions tubulo-interstitielles 5,2 % des cas, les lésions vasculaires 25,36 % des cas, et les lésions inclassées 6,5 %. Parmi les lésions glomérulaires, la glomérulonéphrite extra-membraneuse (GEM) représentait 33,33 % des cas, la hyalinose segmentaire et focal (HSF) 30,76 % des cas, l’amylose 12,82 %, la lésion glomérulaire minime (LGM) 10,25 % des cas, la glomérulonéphrite extracapillaire (GNEC) 7,69 %, la glomérulonéphrite membranoproliférative (GNMP) 2,56 %, la glomérulonéphrite aiguë (GNA) 2,56 %. Les néphropathies étaient primitives dans 35,8 % des cas et secondaires dans 64,2 % des cas. Le myélome représentait 12,4 % des néphropathies secondaires.

Discussion

La GEM primitive dans notre contexte représentait la première lésion glomérulaire. Sone pourcentage était plus élevé que celui retrouvé dans une autre étude africaine (14,5 %) d’Okpechi et al. en Afrique du sud.

Conclusion

Nos données à l’instar des celles de littérature mondiale, montre que la GEM est la lésion la plus retrouvée chez le sujet âgé. L’histologie pour cette tranche d’âge est souvent nécessaire pour clarifier une situation clinique, confondu quelques fois avec des comorbidités et cela peut aider à adopter une stratégie thérapeutique appropriée.

Introduction

L’apport de la biopsie rénale dans le diagnostic, le choix thérapeutique et l’évaluation pronostique des néphropathies est considérable en pratique néphrologique courante.

Patients et méthodes

Notre étude rétrospective a concerné 920 biopsies rénales réalisées dans notre service de néphrologie, elle s’étend sur une période de 5 ans (du janvier 2011 au décembre 2016). La biopsie du greffon rénale est exclue de notre étude.

Résultats

Les 920 biopsies rénales ont concerné 760 adultes et 160 enfants [extrêmes d’âge : 18 mois–94 ans] avec un sex-ratio [H/F] de 0,6. Les néphropathies glomérulaires sont les plus fréquentes (836 cas soit 90,87 %) suivies des néphropathies interstitielles (62 cas soit 6,74 %) et enfin les néphropathies vasculaires ont été retrouvées dans 22 cas (soit 2,39 %). Concernant les néphropathies glomérulaires, les néphropathies primitives sont retrouvées dans 635 cas (75,95 % des néphropathies glomérulaires), la répartition histologique est la suivante : Les lésions glomérulaires minimes chez 310 patients (48,8 %) suivies des hyalinoses segmentaires et focales chez 109 patients (17,16 %), les glomérulonéphrites extracapillaires chez 89 P, les glomérulonéphrites extra-membraneuses chez 60 P, la prolifération mésangiale diffuse chez 7P, la néphropathie à IgA (22P), les glomérulonéphrites chroniques (15P) et enfin les GNMP(15 cas). Les néphropathies glomérulaires secondaires représentaient 24,05 % des néphropathies glomérulaires ; la glomérulonéphrite lupique est la plus fréquente (72,14 %) suivie des amyloses dans 18,4 % des cas puis des néphropathies héréditaires (6,46 %) et les glomérulonéphrites infectieuses (3 %).

Discussion

Dans notre série, les résultats sont différents comparés aux séries publiées concernant les néphropathies glomérulaires primitives avec une nette prédominance des LGM et des lésions de HSF par ailleurs la néphropathie à IgA est rare dans notre série. La glomérulonéphrite lupique constitue la principale néphropathie glomérulaire secondaire.

Conclusion

La biopsie rénale constitue un moyen incontournable en néphrologie, qui permet de poser le diagnostic histologique, d’orienter le traitement et d’évaluer le pronostic.

Introduction

Chez l’enfant les néphropathies glomérulaires chroniques sont d’étiologies très variées et représentent un tiers des causes d’insuffisance rénale chronique terminale.

La biopsie rénale est rarement effectuée en première intention, elle est réservée aux syndromes néphrotiques corticorésistants et aux néphropathies secondaires.

Patients et méthodes

Notre étude rétrospective a concerné 306 biopsies rénales réalisées dans notre service de néphrologie chez des enfants, elle s’étend sur une période de 10 ans (du janvier 2006 au décembre 2016). La biopsie du greffon rénale est exclue de notre étude.

Résultats

Nous avons réalisé 306 biopsies rénales chez des enfants avec un âge moyen de 8 ans [extrêmes : 18 mois et 16 ans] et un sex-ratio H/F de 1,05. Les néphropathies glomérulaires sont les plus fréquentes (293 cas soit 95,75 %) suivies des néphropathies interstitielles (9 cas soit 2,94 %) et enfin les néphropathies vasculaires ont été retrouvées dans 3 cas (0,98 %). Concernant les néphropathies glomérulaires, les néphropathies primitives sont retrouvées dans 242 cas (82,59 % des néphropathies glomérulaires), la répartition histologique est la suivante : les lésions glomérulaires minimes chez 108 patients (44,62 %) suivies des HSF chez 48 patients (19,83 %), la prolifération mésangiale diffuse chez 43P, la néphropathie à Ig A (30 P), les glomérulonéphrites extracapillaires chez 06 P, les GEM chez 04 P et enfin les GNMP (3 cas). Concernant les néphropathies glomérulaires secondaires : elles représentent 17,41 % des néphropathies glomérulaires, la glomérulonéphrite lupique est la plus fréquente (62,74 %) suivie néphropathies héréditaires (15,68 %), des amyloses dans 9,80 % des cas et les glomérulonéphrites infectieuses (11,76 %).

Discussion

La principale indication est le syndrome néphrotique corticorésistant des néphroses lipoïdiques. On note une nette prédominance des LGM et des lésions de HSF. La néphropathie lupique est la principale néphropathie glomérulaire secondaire.

Conclusion

La biopsie rénale reste un moyen incontournable pour le diagnostic histologique de certaines néphropathies de l’enfant.

Introduction

La mesure de la PA à la consultation externe se confronte à l’effet blouse Blanche. La PA prise par l’infirmier serait-elle plus proche de la réalité ? L’objectif de notre étude est de comparer la PA prise par le médecin à celle prise par l’infirmier et de voir la corrélation entre chacune des deux mesures avec la MAPA.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude prospective s’étendant sur un mois incluant des patients ayant bénéficié d’une MAPA. L’analyse statistique a été réalisée par le logiciel SPSS 20 en utilisant les tests non paramétriques pour échantillons liés. Tous les patients ont bénéficié de cinq mesures de la PA consécutives d’une minute d’intervalle par appareil automatique, par l’infirmier le jour de la MAPA et par le médecin le jour de la récupération de l’appareil.

Résultats

Nous avons colligé 14 patients d’âge moyen 62 ans±12 ans et de sex-ratio : 0,35. Nous avons calculé la moyenne des mesures 2-3-4 et celle de 2-3-4-5 et comparé à la première mesure. Il n’y avait pas de différence significative entre la PAS effectuée par le médecin et celle par l’infirmier elles étaient respectivement 143±17,07 et 144±13,37. La PAD mesurée par le médecin est moins élevée que celle mesurée par l’infirmier (p : 0,007). Il n’y avait aucune corrélation entre les données de la MAPA et la PA prise par l’infirmier. Pour le médecin, il y avait une corrélation entre la PAS au cabinet et celle de la MAPA. Pour 3 mesures : pas de corrélation avec les données de la MAPA, alors que pour 5 mesures : il y avait une corrélation entre les PAS du médecin et données de la MAPA. Il n’y avait pas de différence significative entre la moyenne des premières mesures et la moyenne des mesures 2-3-4-5.

Discussion

Selon les données de ce travail, les mesures prises par le médecin seraient plus proches des données de la MAPA notamment en multipliant les mesures.

Conclusion

Toutefois une étude sur un échantillon plus large serait nécessaire, ainsi q’une étude inversant l’ordre de la prise du médecin et de l’infirmier.

Introduction

La nécrose tubulaire aiguë (NTA) est plus fréquemment rencontrée chez les patients de réanimation. Elle occupe une grande fréquence dans l’IRA parenchymateuse. Ses mécanismes physiopathologiques sont multiples.

Objectifs

Décrire le mécanisme étiopathologénique ainsi que les modalités thérapeutiques et évolutives.

Patients et méthodes

Étude prospective allant de 2010 à 2017 colligeant toutes les IRA admises en réanimation pédiatrique du CHU d’Oran. Sont étudiés tous les cas d’une NTA sur les paramètres suivants : âge, sexe, circonstances étiologiques, paramètres biologiques, traitement et évolution.

Résultats

Cent soixante-cinq enfants avaient un âge moyen de 10,15 ans (32 mois–16 ans) avec une large prédominance masculine. La NTA représente 67 % de toutes les IRA. La NTA est survenue comme le continuum d’une IRA prérénale et les facteurs précipitants sont : l’ischémie (hypovolémie 5 %, hypotension périopératoire 7,2 %, choc cardiogénique 3,1 % cas). Ischémie reperfusion post-arrêt cardiaque (6,4 %). D’autres mécanismes déclencheurs de la NTA sont : sepsis 30 %, lyse tumorale 25 %, néphrotoxicité 12 %, rhabdomyolyse 6 %, hémolyse aiguë sur (déficit en G6PD 1,8 % et accident transfusionnel 1,2 %). Quatre-vingt-sept pour cent des patients ont nécessité une EER en moyenne de 9,35jours±6,5. Trente et un pour cent ont nécessité une ventilation mécanique, 29 % ont été mis sous inotropes positifs. L’évolution a été marquée par un décès chez 25 % des patients, une récupération totale de la fonction rénale chez 66,4 % des patients, une récupération partielle dans 8,5 % des cas et 1,2 % des patients ont été transplantés.

Discussion

L’analyse multivariée a objectivé que la sévérité du sepsis reste un facteur de risque important d’IRA en milieu de réanimation et l’association sepsis avec défaillance multiorgane-IRA a été grevée d’une mortalité plus importante que l’IRA isolée OR=3,31 (0,6–19).

Conclusion

La NTA est fréquente en milieu de réanimation. Son traitement est long et complexe. Sa prévention est fondamentale elle doit passer par l’identification des patients à risque d’un développement d’un dysfonctionnement rénal, l’éviction des agents néphrotoxiques et la correction de l’état volémique des patients.

Introduction

Les évènements cardiovasculaires chez l’enfant insuffisant rénal chronique restent une cause de morbi-mortalité, les facteurs de risque sont multiples et peuvent s’additionner. Notre objectif est de déterminer ces facteurs de risque cardiovasculaire chez l’enfant dialysé.

Patients et méthodes

Étude rétrospective des dossiers d’enfants en insuffisance rénale terminale, admis de 1994–2014. On a étudié les complications cardiovasculaires chez l’enfant au moment de la mise en dialyse et après une durée de dialyse de 6 mois.

Résultats

Cinquante-six pour cent de patients incidents répondent au critère d’inclusion, On note un sex-ratio de 1,3 et un âge moyen de 11,5 ans (4–16 ans). Les événements cardiovasculaires étaient : une hypertension artérielle dans 76 % des cas, dont 7 % des enfants se sont présentés avec une HTA sévère, compliquant une surcharge hydrosodée (OAP) dans 55 % ainsi d’une péricardite dans 14 %. Une hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) était retrouvée chez 21 % de patients. Une anémie est objectivée chez tous les patients, une hyperparathyroïdie primaire chez 84 %. À 6 mois de dialyse 7 % de patients sont passés en DPCA et on déplore 9 % de décès suite à un AVC, et une insuffisance cardiaque globale. En analyse univariée : l’hypertrophie ventriculaire gauche était un facteur prédictif de la dysfonction diastolique. En analyse multivariée l’hypertension artérielle sévère, la dysfonction systolique gauche et l’anémie dont le taux HB<4g/L étaient retrouvées comme facteurs de risque de mortalité.

Discussion

L’insuffisance rénale chronique est associée à une véritable cardiomyopathie urémique. La prévalence des anomalies échocardiographiques est élevée chez les patients urémiques au moment de la mise en dialyse. L’HVG dans notre étude est l’anomalie la plus fréquente retrouvée dans76 %, en effet toute réduction de 0,5g/dL du taux d’hémoglobine augmente le risque hypertrophie ventriculaire gauche.

Conclusion

Les événements cardiovasculaires sont quasi constants chez l’enfant insuffisant rénal avant la mise en dialyse, ils peuvent précipiter un dysfonctionnement diastolique du ventricule gauche, d’ou l’intérêt de dépistage précoce des enfants insuffisants rénaux.

Introduction

L’insuffisance rénale aiguë est très fréquente en milieu hospitalier. Les étiologies sont multiples. Le rein est ainsi victime de diverses agressions.

Patients et méthodes

Étude descriptive prospective sur 16 mois, des insuffisance rénales aiguës recrutées au niveau des différents services hospitaliers. Il s’agit de 579 cas dont 309 hommes, vus par le néphrologue entre novembre 2015 et février 2017.

Résultats

L’âge moyen de la population était de 64,9±17,58 avec des extrêmes de 5–104 ans. Le sujet âgé représente 44,7 % des cas. Une néoplasie connue et suivie était présente chez 85 patients soit 14,8 %. À l’admission l’état de conscience était conservé dans 72 % des cas. Une obnubilation dans 9,7 %, un état comateux dans 16,4 %. L’état d’hydratation correspondait à une déshydratation chez 41,6 % et une hyperhydratation dans 16,4 % des cas. Une anurie était présente dans 16,7 % des cas. Selon la classification AKIN, il s’agissait d’AKIN 1 (25 %), AKIN 2 (32 %), AKIN 3 (43 %). L’insuffisance rénale est fonctionnelle (62,8 %), organique (29 %), obstructive (8,2 %) des cas. La nécrose tubulaire aiguë représente 143/579 patients, avec diverses étiologies : état de choc 104 cas (hypovolémique [33 %], cardiogénique [28 %], septique [23,3 %] sepsis sévère [14,1 %], néphrotoxicité médicamenteuse [18 %], lyse cellulaire [2,5 %]). Le recours à l’épuration extrarénale était nécessaire chez 92/579. La récupération de la fonction rénale était totale dans 26,4 % cas, partielle dans 11,5 %. Le taux de décès était important 30,5 % de la population.

Discussion

La fréquence est élevée chez le sujet âgé, dont le vieillissement physiologique est à l’origine d’un rein plus vulnérable aux agressions dominé par les insuffisances rénales aiguës fonctionnelle. Fréquence élevée des décès du fait de défaillance multiviscérale souvent suite à des états septiques sévères.

Conclusion

Le pronostic rénal et vital dépendent de la rapidité diagnostique et ainsi de la prise en charge thérapeutique, du fait du caractère souvent vulnérable d’un rein par différentes circonstances (vieillissement, néphrotoxicité). La collaboration multidisciplinaire est ainsi nécessaire.

Introduction

L’hyperkaliémie, survenant dans un contexte d’insuffisance rénale (IR) aiguë ou chronique, reste un motif pour lequel les néphrologues sont fréquemment sollicités. Le but de notre travail était d’étudier les caractéristiques épidémiologiques et les facteurs favorisants l’hyperkaliémie chez les consultants aux urgences et les malades hospitalisés.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale réalisée sur une période de 6 mois [septembre 2016–mars 2017], ayant inclus tous les appels en urgence pour des hyperkaliémies supérieures à 5,5mmol/L.

Résultats

Nous avons colligé 76 femmes et 131 hommes (ratio H/F 1,7) âgés en moyenne de 63,5±15 ans [15–93 ans]. Environ 36 % des malades étaient diabétiques, 46 % hypertendus et 62 % insuffisants rénaux chroniques. Les services d’origine étaient les urgences dans 61 % des cas, la chirurgie cardiovasculaire (CCV), la cardiologie, l’urologie et la chirurgie générale dans respectivement 11 %, 6 %, 6 % et 5 % des cas. Aux urgences, les motifs de consultation étaient la dyspnée, les vomissements, l’oligurie et la fièvre dans respectivement 31 %, 8 %, 7 % et 6 % des cas. Pour les 2/3 des malades hospitalisés en CCV, le motif d’admission était la confection ou la rupture de fistule artérioveineuse. Une IR aiguë a été objectivée dans 53 % des cas. Parmi eux, 17 % étaient des IR aiguës obstructives et 30 % étaient des IR aiguës iatrogènes. La kaliémie moyenne était de 6,5±0,7mmol/L [5,6–9,7mmol/L] associée à une acidose métabolique dans 85 % des cas. La créatinine médiane était de 677μmol/L [79–2360μmol/L]. Des signes d’hyperkaliémie à l’électrocardiogramme ont été relevés dans 15 % des cas. Un traitement médical a été démarré en urgence pour tous les malades et 62 % ont nécessité une hémodialyse en urgence. Un arrêt cardiorespiratoire est survenu dans seulement 7 cas.

Discussion

Dans notre étude, les facteurs les plus associés à la survenue d’une hyperkaliémie étaient dominés par l’IR, l’acidose et le diabète. Le pronostic vital reste lié à la précocité du diagnostic et de la prise en charge thérapeutique.

Conclusion

L’hyperkaliémie demeure un évènement fréquent et grave. Sa sévérité, son retentissement cardiaque et le terrain sur lequel elle survient déterminent les modalités de sa prise en charge.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique est un enjeu majeur en santé publique. La fibrose rénale représente le trait histologique commun des néphropathies associées à une insuffisance rénale chronique évolutive. Elle se caractérise par une accumulation de protéines de la matrice extracellulaire conduisant à la destruction progressive du parenchyme rénal. L’objectif de notre travail est de reproduire le modèle expérimental de fibrose rénale par obstruction urétérale unilatérale.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’un travail expérimental réalisant un modèle de fibrose rénale par obstruction urétérale unilatérale par ligature au niveau de la jonction pyélo-urétérale. L’étude de la fibrose rénale a été menée sur 6 rats. Ces rats ont été répartis en 3 groupes de 2 rats chacun : un premier groupe de rats témoins ne recevant aucune intervention, un deuxième groupe de rats ayant subi une ligature de l’uretère et sacrifiés 3jours après l’induction et un troisième groupe de rat ayant subi une ligature de l’uretère et sacrifiés 14jours après l’induction.

Résultats

L’étude en microscopique optique des reins après 3jours d’obstruction a révélé seulement une altération de la bordure en brosse des tubes contournés proximaux. L’étude en microscopique optique après 14jours d’obstruction a mis en évidence des lésions comportant trois principales composantes : l’infiltrat inflammatoire, la fibrose interstitielle et l’atteinte tubulaire.

Discussion

Nos résultats obtenus suggèrent que la fibrose se manifeste de façon remarquable au bout de 14jours de l’OUU. Cependant, pour confirmer ces résultats, il serait intéressant d’envisager d’autres travaux pour mieux comprendre les mécanismes complexes de la fibrose rénale afin d’ouvrir la voie à des nouvelles stratégies thérapeutiques.

Conclusion

Nos résultats sont comparables avec ceux de la littérature. Ce modèle expérimental de fibrose rénale pourra être utilisé dans d’autres travaux de rechercher pour mieux comprendre les mécanismes de cette fibrose et ouvrir la voie à des nouvelles stratégies thérapeutiques.

Introduction

La rhabdomyolyse chez les patients en réanimation peut être responsable de lésions rénales et d’une insuffisance rénale aiguë. L’identification des facteurs potentiels efficaces de la lésion rénale aiguë (IRA) induite par la rhabdomyolyse est d’une importance majeure pour la prévention des complications. L’objectif de notre étude est d’évaluer la valeur de la myoglobine sérique dans la prédiction du risque d’IRA induite par la rhabdomyolyse.

Matériels et méthodes

L’étude prospective a inclus tous les patients âgés plus de 16 ans admis en réanimation pendant une période de capture de deux mois (mars et avril 2017), chez qui nous avons dosé la myoglobine sérique à différents jours (1,3, 5,7, 10,15,21) de leurs séjours en réanimation. Nous avons analysé les caractéristiques du patient, la cause d’hospitalisation, nombre de cas de rhabdomyolyse, résultats de la myoglobine.

Résultats

Cinquante-quatre patients ont été inclus dans l’étude pendant cette période et ont présenté une rhabdomyolyse sur un collectif de patients admis en réanimation soit 33 %, l’âge moyen est de 46,6 ans (18 ans à 62 ans), une prédominance masculine avec un sex-ratio de 3/1. Parmi les patients, 35,7 % étaient des polytraumatisés, 21,3 % des traumatisés crâniens graves, 14,5 % ont présenté un état septique et 28,5 % un état de mal épileptique. L’insuffisance rénale était présente chez 18 patients (33,3 %). La myoglobine était présente chez 18 (33,3 %) patients à j1, chez 20 (37 %) patients à j3, chez 10 (18,5 %) à j5, chez 6 (11 %) à j7, 5 (9 %) à J10, 10 (18,5 %) à j15 et chez 4 (7,4 %) à j21. Des valeurs de la myoglobine sérique étaient comprises entre 1000 et 1750ng/mg. Onze pour cent des patients dont la myoglobine sérique était élevée présentaient une IRA de gravité RIFLE (R et F). Aucun patient n’a nécessité une épuration extrarénale.

Discussion

Les patients qui ont présenté une IRA induite par une rhabdomyolyse n’ont pas nécessité une épuration extrarénale et ce grâce à la réhydratation précoce. Les facteurs impliqués dans les variations de la myoglobine sérique sont le sepsis, l’alitement, le traumatisme. La myoglobine sérique était élevée à différents moments d’hospitalisation en réanimation.

Conclusion

Une surveillance et suivi des valeurs de la myoglobine sérique sont primordiaux chez tout patient admis en réanimation afin de dépister toute atteinte rénale.

Introduction

La sclérose tubéreuse de Bourneville (STB) est une maladie multisystémique à transmission autosomique dominante qui se manifeste par la survenue de tumeurs bénignes touchant différents organes, dont le cerveau, la peau, la rétine, l’intestin, les reins, le cœur et les poumons. Elle résulte de la mutation de deux gènes TSC1 et TSC2 responsables de l’activation de la signalisation de la protéine mammalian Target of Rapamycin (mTOR), dont l’activation a été récemment constatée au cours du lupus érythémateux systémique (LES).

Observation

Une patiente âgée de 26 ans était suivie depuis l’âge de 16 ans pour ataxie cérébelleuse et une tâches hypopigmentées, plaques en peau de chagrin et une lymphangiomyomatose pulmonaire (STB). Elle est hospitalisée pour une dyspnée d’effort avec installation progressive d’un syndrome œdémateux généralisé (ascite de grande abondance, œdèmes des membres inférieurs, épanchement pleural bilatéral et péricardique) avec notion d’arthralgies des grosses et petites articulations. L’examen trouve un rash malaire, une hypertension artérielle (HTA) à 140/90 mmHg, et la bandelette urinaire révèle une protéinurie à 3+, une hématurie à 3+. À la biologie, on note un syndrome néphrotique et une hypergammaglobulinémie à 21g/L, la fonction rénale était altérée (DFG selon MDRD à 30mL/min), une anémie profonde et une leucolymphopénie. Le bilan immunologique a montré une positivité des (anticorps antinucléaires, anti-ADN, anti-sm, anti-Rnp) concluant à un (LES). Devant l’aggravation rapide de la fonction rénale, un traitement par bolus de méthylprednisolone à la dose de 15mg/kg/j a été démarré suivi d’un bolus de cyclophosphamide relayé par une corticothérapie à la dose de 1mg/kg/j. L’évolution a été marquée par l’apparition d’une pancytopénie, en rapport avec un syndrome d’activation macrophagique nécessitant le recours aux immunoglobulines, des complications infectieuses, thrombotiques et neurologiques ont émaillé l’évolution clinique entraînant le décès de la patiente.

Conclusion

Cette observation consolide les études menées sur l’implication d’un mécanisme physiopathologique commun qui est la voie de signalisation mTOR, dans la pathogenèse de la STB et dans les désordres immunologiques survenant au cours du LES.

Introduction

Les podocytes sont des cellules hautement différenciées et quiescentes qui sont décrites comme ayant une capacité très limitée de renouvellement dans l’organisme adulte. Cependant, les podocytes possèdent une capacité de régénération significative, un potentiel révélé par l’activation d’une voie de signalisation faisant intervenir la télomérase. Dans ce projet, nous avons utilisé la capacité de la télomérase à activer la régénération des podocytes afin de caractériser les populations cellulaires responsables du renouvellement des podocytes dans l’organisme adulte.

Matériels et méthodes

Nous avons utilisé des lignées de souris génétiquement modifiées permettant de suivre la dynamique des podocytes in vivo au cours du processus de régénération induit par la surexpression transitoire de la télomérase.

Résultats

Nos résultats montrent que la régénération de podocytes fonctionnels observé dans notre modèle de surexpression conditionnelle de la télomérase est attribuable à l’activation d’un pool de cellules souches dans le rein adulte. De plus, nos résultats montrent que la stimulation de la duplication des podocytes par la télomérase contribue également à une régénération efficace des ces cellules.

Discussion

Nous possédons un modèle unique de renouvellement forcé des podocytes in vivo nous permettant d’étudier les mécanismes cellulaires et moléculaires mis en œuvre dans ce processus. Ainsi, nous utilisons ce modèle afin de comprendre comment la régénération des podocytes peut être favorisée dans le but de retarder ou d’inverser la progression des pathologies rénales chroniques chez l’humain.

Conclusion

Les stratégies expérimentales développées dans ce projet nous permettent de comprendre comment les podocytes se renouvellent dans l’organisme adulte. Nous utilisons actuellement des modèles alternatifs afin d’identifier les cellules souches des podocytes, un travail dont l’accomplissement représentera une avancée cruciale pour le traitement du nombre croissant de patients souffrants d’insuffisance rénale chronique.

Introduction

La formation du rein fœtal est très sensible aux facteurs exogènes, et notamment aux médicaments consommés durant la grossesse. Malgré leur interférence avec la voie de biosynthèse des prostaglandines, la toxicité de l’ibuprofène ou du paracétamol sur la néphrogenèse au cours du premier trimestre de grossesse est peu documentée.

Matériels et méthodes

Dans un premier temps, un patron d’expression des voies de biosynthèse des prostaglandines a été établi sur des reins fœtaux humains du premier trimestre de grossesse (6 à 12 semaines), en combinant PCR quantitatives et immunohistochimie. Ensuite, les reins fœtaux ont été exposés sur cultures ex vivo à l’ibuprofène ou au paracétamol. Après 7jours d’exposition à un médicament ou au témoin, les explants rénaux ont été analysés en histologie, immunohistochimie ou cytométrie en flux.

Résultats

L’analyse en qPCR et immunohistochimie montre que les enzymes et récepteurs des voies de biosynthèse des prostaglandines sont exprimées dans le rein fœtal du premier trimestre de grossesse. Alors que COX2 et la prostaglandine E synthase sont largement exprimées à ces stades précoces de développement, COX1 est peu exprimée. Les prostaglandines D et F synthase présentent une expression restreinte à certains segments du néphron.

Discussion

Saisir le texte l’étude toxicologique basée sur le modèle de culture organotypique montre que l’ibuprofène et le paracétamol induisent tous deux une augmentation du taux d’apoptose sur les reins fœtaux de 7 à 10 semaines de grossesse, alors qu’aucun effet n’est observé à partir de 11 semaines. Cet impact est plus important pour l’ibuprofène que pour le paracétamol et semble irréversible même après exposition courte. L’immunomarquage caspase 3 clivée révèle que l’apoptose induite par l’ibuprofène concerne les stades précoces de la néphrogenèse, peu après la transition mésenchymato-épithéliale. Au contraire, le paracétamol induit une activation de l’apoptose au niveau des cellules tubulaires, sans effet–dose, et semble présenter un potentiel de récupération.

Conclusion

En conclusion, notre travail montre que les prostaglandines sont produites dans le rein fœtal du premier trimestre. L’exposition à l’ibuprofène ou au paracétamol sur culture ex vivo, qui interfèrent avec leur biosynthèse, induit l’apoptose, ce qui évoque une toxicité de ces antalgiques aux stades précoces de la néphrogenèse.

Introduction

La physiopathologie de la néphropathie à IgA (N-IgA) reste mal connue. Les propriétés pathogènes des IgA ont été attribuées à une anomalie de leur glycosylation favorisant la constitution de complexes pathogènes (IgA-IgG ; IgA-CD89). Nous avons développé un modèle de souris α1KI dont la production d’IgA normales est remplacée par celle d’IgA polyclonales dont la chaîne lourde est celle de l’IgA1 humaine. Tous ces animaux déposent de l’IgA1 sur le mésangium (Oruc Z JASN 2016). Notre objectif est d’ évaluer dans ce modèle si l’absence d’hypermutation par défaut d’activation de l’induced cytidine deaminase (AID) ou d’augmenter l’affinité par défaut de lymphocytes T influencent la capacité de dépôts d’IgA et modifient le phénotype de l’atteinte rénale et en particulier aggravent la maladie. Nous formulons l’hypothèse qu’une réponse inappropriée du système immun muqueux, à un ou plusieurs antigènes entraîne une synthèse d’IgA de mauvaise affinité favorisant son dépôts sur le mésangium.

Matériels et méthodes

Nous avons croisé les souris α1KI avec des souris AID−/− (fournies par T. Honjo, Japon) et des souris CD3−/− (fournies par B. Malissen, Marseille). Ont été analysés : protéinurie, hématurie ; histologie et immunohistochimie des reins ; dosage et western-blot des IgA.

Résultats

Nous observons une augmentation significative de la protéinurie à partir de 16 semaines chez les souris α1KI/AID−/− 1,5g/mmol.creat. ; α1KI/CD3−/− : 1,2g/mmol.creat vs. 0,7g/mmol creat. pour α1KI ; il n’y a pas d’hématurie associée. La concentration plasmatique d’IgA est augmentée dès le 2e mois chez les souris α1KI/AID−/− élevées en zone protégée et conventionnelle, normale chez á1KI/CD3−/−. La fraction monomérique est prioritairement augmentée. L’intensité des dépôts sur le mésangium est augmentée sans qu'à 6 mois il ne soit mis en évidence en microscopie optique de lésions histologiques significatives.

Discussion

Les IgA naturelles, c’est-à-dire non hypermutées et les IgA de faible affinité ont la capacité de se déposer en plus grande quantité et d’induire une protéinurie pathologique sans qu’a 6 mois n’apparaissent en optique des lésions histologiques particulières.

Conclusion

Nous démontrons le rôle dans le développement de la N-IgA de l’affinité des IgA.

Introduction

La reprogrammation métabolique permet à la fois la prolifération rapide et la différenciation des cellules T au cours de l’activation lymphocytaire. Cette réorientation métabolique cruciale pour la fonction des cellules T est régulée par des points de contrôle (« metabolic checkpoints »), incluant Myc, HIF-1α, AMPK et mTOR. L’objectif du travail est de caractériser les effets de l’acide mycophénolique (MPA) sur le métabolisme lymphocytaire par comparaison avec la rapamycine (rapa), inhibiteur de mTORC1.

Matériels et méthodes

La lignée Jurkat a été utilisée comme modèle de cellules T prolifératives. Après incubation avec MPA ou rapa, l’analyse de l’expression des « metabolic checkpoints » et des principaux enzymes et des transporteurs des voies métaboliques étudiées a été réalisée par RT-PCR et western blot. Les flux glycolytique et glutaminolytique ainsi que la captation du glucose ont été évalués avec des substrats radiomarqués. Nous avons réalisé le dosage du lactate et de l’ATP intracellulaire.

Résultats

Nous avons identifié une signature transcriptomique spécifique du MPA au niveau de la glycolyse, la glutaminolyse et la synthèse de nucléotides. Le traitement par MPA induit une réduction précoce et transitoire de l’ATP intracellulaire, associée à une inhibition de la synthèse de novo de purines et une activation d’AMPK. Le MPA et la rapa diminuent significativement les flux glutaminolytique et glycolytique, s’accompagnant d’une réduction de l’entrée de glucose dans la cellule. En outre, MPA et rapa inhibent la glycolyse aérobie. L’expression des facteurs HIF-1α et Myc est également inhibée.

Discussion

Le MPA influence fortement le métabolisme des cellules T en prolifération par génération d’un stress énergétique, par déplétion du pool d’ATP et ciblage des points de contrôle métabolique HIF-1α et Myc.

Conclusion

Ces résultats originaux offrent la perspective de nouvelles combinaisons thérapeutiques pour inhiber efficacement la prolifération des cellules T et améliorer l’immunosuppression.

Introduction

La prise de poids est fréquente dans les premières années post-transplantation rénale (TR). L’obésité et la surcharge pondérale sont associées à un sur-risque de mortalité cardiovasculaire dans la population générale. Le but de ce travail est d’évaluer la prévalence du surpoids et de l’obésité et leur impact sur la fonction du greffon.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective colligeant 129 transplantés rénaux entre 1981 et 2015. Nous avons recensé les données démographiques du donneur et du receveur, le traitement immunosuppresseur ainsi que les paramètres clinico-biologiques avant la TR, à 6 et 12 mois en post-TR. La classification de l’indice de masse corporelle (IMC) de l’OMS a été utilisée. Afin de déterminer l’impact du surpoids après la TR sur la fonction du greffon et les comorbidités d’ordre cardiovasculaires à un an, les transplantés sont divisés en deux groupes ; groupe A : IMC<25kg/m2 un an après la TR et groupe B : IMC≥25kg/m2 un an après la TR.

Résultats

L’ âge moyen était de 35,7±11,5 ans avec un sex-ratio H/F de 1,58. La néphropathie initiale était indéterminée dans 50,4 % des cas seuls 5 patients soit 3,9 % avaient une néphropathie diabétique. La prise de poids moyenne un an après la greffe était de 10,3 %. Un an après la greffe 59 patients sont en surpoids (groupe B) parmi eux, 12 sont obèses soit une prévalence de 9,3 %. Le surpoids en prétransplantation est seul facteur de risque d’obésité un an après la greffe (p=0,001). La prévalence de l’HTA, du NODAT et de la dyslipidémie était plus importante chez les transplantés rénaux en surpoids, mais la différence n’est pas significative. Il n’y avait pas de différence de survie du greffon entre les deux groupes mais la prévalence de l’insuffisance rénale est plus importante chez les greffés en surpoids (40 % vs. 57,6 % ; p=0,046).

Discussion

Dans notre série, la prévalence de l’obésité est de 9,3 % est proche à la littérature (10–20 %). L’impact de la surcharge pondérale et de l’obésité sur la fonction du greffon est toujours sujet à débat cependant, le surpoids et l’obésité sont associés à l’apparition d’un diabète post-transplantation, mais aussi d’une HTA et d’une dyslipidémie.

Conclusion

La prise de poids est fréquente en postgreffe. La prévalence élevée de l’IR chez les transplantés en surpoids ou obèses rend nécessaire une prise en charge diététique.

Introduction

L’utilisation de nouveaux agents immunosuppresseurs après transplantation a permis de diminuer l’incidence des rejets et d’améliorer la survie des greffons. Aucune étude récente du spectre et des conséquences des infections opportunistes n’est disponible.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique de cohorte chez des patients transplantés rénaux entre 01/2008 et 12/2013. Le groupe infection opportuniste a été comparé au reste de la cohorte. L’objectif principal était l’évaluation de la survie des patients et des greffons. Les objectifs secondaires étaient le spectre des infections opportunistes après transplantation rénale et les facteurs prédisposants à une infection opportuniste.

Résultats

Sur les 538 transplantés rénaux inclus, nous avons recensé 55 épisodes d’infections opportunistes chez 51 (9 %) patients. Le groupe contrôle était constitué de 487 patients. À la fin du suivi, la survie des greffons et des patients étaient comparables dans les deux groupes avec 6 (11 %) perte de greffon dans le groupe infection et 59 (12 %) dans le groupe contrôle (p=1,00) et 8 (16 %) décès dans le groupe infection et 50 (10 %) dans le groupe contrôle (p=0,23). Le délai médian de l’infection opportuniste était de 20 (6–35) mois et 20 (36 %) des épisodes étaient diagnostiqués dans la première année postgreffe. Les étiologies étaient virales pour 28 (51 %) épisodes, fongiques pour 15 (27 %), parasitaires pour 7 (13 %) et bactériennes pour 5 (9 %). Le nombre moyen de lymphocytes totaux le jour de la transplantation était significativement plus bas dans le groupe infection (1210/mm3 vs. 1420/mm3 ; p=0,03). Le nombre absolu de CD4+ et CD8+ à 6 mois de la transplantation était significativement plus bas dans le groupe infection opportuniste (p=0,01 et p=0,03 respectivement).

Discussion

Une modulation de l’immunosuppression selon le chiffre de lymphocytes totaux avant la transplantation peut être discutée.

Conclusion

Après transplantation rénale, la survenue d’une infection opportuniste ne semble pas impacter la survie des patients et des greffons. L’analyse multivariée à la recherche de facteurs de risque indépendants d’infection opportuniste après transplantation rénale est en cours.

Introduction

L’hypertension artérielle (HTA) est une complication fréquente en transplantation rénale. L’HTA est un facteur de risque cardiovasculaire. Le contrôle de la pression artérielle doit être un objectif chez tout transplanté. Le but de ce travail est de déterminer la prévalence de l’HTA non contrôlée ainsi que les facteurs associé au non-contrôle de l’HTA.

Matériels et méthodes

Étude rétrospective sur les transplantés rénaux entre 1981 et 2015 suivis au service. L’HTA est définie selon les critères de l’OMS (PAS≥140mm Hg et/ou PAS≥90mmHg). Le contrôle optimal de la pression artérielle (PA) est défini par une PA≤130/80mmHg. Nous avons divisé les transplantés en deux groupes : groupe 1 : PA contrôlée et groupe 2 PA non contrôlée.

Résultats

Nous avons colligé 129 transplantés rénaux avec un âge moyen de 35,7±11,5 ans. La néphropathie initiale était indéterminée dans 50,4 % des cas, glomérulaire dans 20,9 %. Seuls 5 patients, soit 3,9 %, avaient une néphropathie diabétique. Un an après la TR, 99 patients sont hypertendus, soit une prévalence de l’HTA de 76,7 %. Parmi eux, 48 transplantés ont une HTA contrôlée (groupe 1). Aucune différence n’a été observée entre les deux groupes concernant le sexe du receveur, l’ancienneté en dialyse, l’IMC, les doses de stéroïdes, ou le type d’anticalcineurine. La prévalence du NODAT et de l’hypertriglycéridémie est significativement plus élevée chez les transplantés hypertendus non contrôlés (NODAT : 21,2 % vs. 6,4 % ; p=0,046 et hypertriglycéridémie 47,7 % vs. 21,4 % ; p=0,012). Il n’y a pas de différence de DFG estimé entre les 2 groupes (groupe 1 : 57,3±30mL/min vs. groupe 2 : 51,8±23,6mL/min). En analyse multivariée, l’hypertension artérielle avant la transplantation rénale est le seul facteur de risque de non-contrôle de la pression artérielle (p=0,041, RR=4, IC : 1,06–15).

Discussion

Ce travail a montré une prévalence élevée de l’HTA. L’HTA est contrôlée chez la moitié des patients. Nous n’avons pas trouvé d’impact du non-contrôle de l’HTA sur le DFG à un an. Cependant, les comorbidités sont fréquentes chez les hypertendus non contrôlés.

Conclusion

L’HTA est une complication fréquente après la transplantation rénale. Lorsqu’elle n’est pas contrôlée, elle est souvent associée au diabète et à la dyslipidémie facteurs de risque cardiovasculaires, d’où l’importance d’une prise en charge adaptée.

Introduction

La cryptosporidiose (Cs) a une prévalence réelle sous-estimée, car sous-diagnostiquée. Il s’agit du deuxième agent pathogène responsable de diarrhée dans le monde, après les rotavirus. En France, a été responsable d’épidémies, mais aussi dans le monde. Soixante pour cent des cas surviennent chez des immunodéprimés, principalement VIH et transplantés rénaux. Vingt-cinq pour cent des cas surviennent chez des immunocompétents. La transmission est féco-orale, par contacts avec animaux ou hommes contaminés, par ingestion d’eau (principalement de piscine, mer) ou d’aliments souillés. Les oocystes excrétés dans le milieu sont très résistants, survivent jusqu’à 1 an. Le risque de contamination nosocomiale est élevé.

Observation

Un patient âgé de 72 ans, ayant reçu une greffe de rein en 2012 sur Wegener, est hospitalisé 4 fois de 03/16 à 01/17 pour AEG, diarrhées profuses, dégradation de fonction rénale. Les coproparasitologies des selles, les PCR CMV, EBV, recherche de toxines de Clostridum difficile restent négatives. TEP-TDM exclut un lymphome du grêle. La coloscopie montre une diverticulose, sans biopsie en zone saine. Lors de la dernière hospitalisation, une recherche spécifique de cryptosporidiose et microsporidiose sur échantillon de selles, avec examen direct et coloration Ziehl Nielsen est réalisée (PCR non réalisée) : une Cs est diagnostiquée.

Discussion

Devant une diarrhée aiguë ou chronique non étiquetée chez le patient ayant reçu une greffe de rein, une Cs doit être systématiquement recherchée. Le diagnostic s’effectue par recherche de l’ADN de Cs par PCR sur les selles, et non sur parasitologie des selles standard. L’examen direct avec ou sans coloration est moins sensible et moins spécifique, opérateur dépendant, mais moins coûteux. Une biopsie colique en zone saine est conseillée. Le traitement associe nitazoxandine (N) et paramomycine (P) ou macrolide pour plusieurs semaines, jusqu’à négativation des contrôles hebdomadaires des selles. Nécessité de diminuer l’immunodépression, isolement contact et traitement du sol par eau de javel non diluée.

Conclusion

Les patients ayant eu une greffe de rein sont une population à risque pour la Cs. Chez un patient greffé, une diarrhée inexpliquée ne doit pas être attribuée trop rapidement au traitement immunosuppresseur (MMF), mais doit faire rechercher systématiquement une Cs.

Introduction

La transplantation rénale est le traitement de choix pour les enfants souffrant d’insuffisance rénale chronique terminale car permet une meilleure réhabilitation et survie, cependant, elle constitue un véritable défit chirurgical, vu la petite taille des vaisseaux et des uretères ce qui implique un risque accrue de complications urologiques. Le but de notre étude est de faire le point sur les particularités de ce type de geste chez l’enfant.

Patients et méthodes

Étude rétrospective de janvier 2007 à décembre 2016 qui s’est basée essentiellement sur l’étude des données de dossiers médicaux.

Résultats

Les dossiers de 20 greffes pédiatriques ont été colligés ; la moyenne d’âge était de 11,45 ans, avec une prédominance féminine de 57,14 %, le poids moyen était de 31,23kg, la cause de mise en dialyse était dominée par les uropathies malformatives dans 42,85 % des cas, la greffe était préemptive dans deux cas, à noter que pour 100 % des patients, le donneur était vivant apparenté : il s’agit de la mère dans 50 % des cas. Une préparation chirurgicale préalable a été faite chez 64,28 % des enfants avec 25 % de réimplantation urétérovésicale. L’évolution a été bonne avec un nadir moyen de créatinine plasmatique à 6,03mg/L et les principales complications étaient la dilatation des voies calicielles (12,5 %) et urinome dans un cas.

Discussion

Bien que l’activité de la greffe rénale pédiatrique reste globalement faible dans notre pays depuis 2007, cette pratique ait fait beaucoup de progrès, permettant la survie et la réhabilitation d’enfants, autrefois condamnés. Une meilleure organisation de la pratique de la greffe d’organes et la généralisation de don d’organe à partir du cadavre sont les seuls moyens efficaces pour augmenter le nombre d’enfants greffés du rein dans notre pays. En France ; 97 greffes pédiatriques effectuées entre 2006 et 2015, essentiellement donneur en EME, les néphropathies causales sont dominées par les néphropathies héréditaires et uropathies malformatives.

Conclusion

Il s’agit d’une activité en plein développement dans notre pays, qui nécessite un suivi particulier une collaboration étroite entre pédiatre, chirurgien pédiatre, urologue et néphrologue.

Introduction

La mauvaise observance thérapeutique (MOT) en transplantation rénale constitue une cause modifiable de perte de greffon. L’objectif de notre travail est d’évaluer les facteurs associés à une mauvaise observance thérapeutique chez les transplantés rénaux.

Patients et méthodes

Étude transversale incluant 33 patients transplantés rénaux, au service de néphrologie du CHU Ibn-Sina de Rabat, entre 2014 et 2015. Nous avons analysé les paramètres sociodémographiques des patients et à l’aide d’un questionnaire sur l’échelle de mesure de l’adhésion aux médicaments prescrits, nous avons réparti nos patients en deux groupes en fonction de la présence ou non de l’oubli de la prise du traitement, afin de rechercher les facteurs associés à une mauvaise observance thérapeutique.

Résultats

L’âge moyens des patients est de 43,9±12,2 ans, sans prédominance de sexe, avec débit de filtration glomérulaire moyens de 76±25mL/min. Dans 70 % des cas, il s’agissait d’une transplantation rénale par donneur vivant apparenté. L’oubli de la prise d’au moins d’un médicament au cours des sept derniers jours est noté chez 60 % des patients, dans 24 % des cas il s’agit du traitement immunosuppresseur. Chez 50 % des transplantés, l’oubli est en rapport avec la non-disponibilité du médicament à l’heure de la prise, soit par contrainte de travail ou par rupture du stock en médicaments. L’oubli sans raison est noté chez 30 % des patients. En analyse univariée, seul le caractère d’avoir un donneur vivant est retenu comme facteur associé à une MOT, avec un p significatif à 0,013.

Discussion

La non-adhésion au traitement est de plus en plus impliquée dans la survenue de la perte du greffon jusqu’à 36,4 % des cas, avec risque d’échec de greffe 7 fois plus important. La non-observance thérapeutique peut être liée à de nombreux facteurs, soit liés au patient ou encore au traitement. Dans notre étude, seule le caractère d’avoir un donneur vivant est ressorti comme facteur de risque, ce qui rejoint la littérature. L’oublie sans raison évidente est surtout associé à des troubles de la mémoire restent fréquents chez les transplantés rénaux où leur fréquence a été estimé à 28 %.

Conclusion

L’amélioration des pratiques professionnelles reste à évaluer, notamment en termes de relation avec nos patients, qui ne peuvent être les seuls responsables de leur observance thérapeutique.

Introduction

Le mycophénolate mofétil a une place importante dans la prévention du rejet de greffe rénale.

Patients et méthodes

Étude prospective descriptive concerne le dosage de l’AMP (métabolite actif du MMF) chez 61 greffés rénaux suivis sur une période de 6 mois. Le dosage est réalisé par méthode immuno-enzymatique homogène pour l’analyse de l’AMP dans le plasma.

Résultats

Il s’agit de 44 hommes et 17 femmes, l’âge moyen est de 32,64 ±12,36 ans avec des extrêmes de 9 à 68 ans. L’AUC se présente dans l’intervalle thérapeutique chez 49,2 % des patients, 32,8 % étaient sous-dosés et 18 % sont surdosés. Les patients surdosés sont majoritairement ceux greffés depuis moins de 3 mois. L’âge, l’albuminémie et la clairance de la créatinine ne semblent pas affecter les AUC du MMF (p>0,05), contrairement au sexe et aux médications associées (tacrolimus, cyclosporine et antiviraux) qui présentent une relation significative avec les AUC.

Discussion

L’AUC chez le groupe recevant le tacrolimus est plus élevée que chez le groupe sous ciclosporine reflétant une diminution du métabolisme du MMF par le tacrolimus ainsi qu’une interaction de la ciclosporine avec le métabolisme du MMF probablement en inhibant son cycle entérohépatique. Nos résultats préconisent une réadaptation de la posologie pour 62,3 % des patients, bien que seulement 50,8 % aient une AUC en dehors de l’intervalle thérapeutique, ceci implique un réajustement de posologies pour les sous-dosés, surdosés et même certains normodosés dans le but d’atteindre une valeur cible de 50mg/h.

Conclusion

Bien que le MMF soit administré à doses journalières fixes, la forte variabilité interindividuelle de sa pharmacocinétique et de sa pharmacodynamie montrent la nécessité d’un suivi thérapeutique.

Introduction

Le tacrolimus est un médicament immunosuppresseur très largement utilisé dans la transplantation d’organes. Les concentrations sanguines optimales du tacrolimus ont une grande importance pour éviter le rejet et les effets indésirables dose–dépendants après la transplantation. Divers facteurs peuvent conduire à la variabilité de la pharmacocinétique du tacrolimus, parmi eux, les facteurs génétiques peuvent avoir une influence non négligeable. L’objectif de cette étude est de déterminer l’impact du polymorphisme du CYP3A5 c.6986A>G et ABCB1 c. 3435C>T sur la pharmacocinétique du tacrolimus chez les patients ayant eu une greffe de rein à Oran.

Matériels et méthodes

Soixante-trois patients de l’Ouest algérien, âgés entre 19 et 64 ans ayant eu une greffe de rein ont été inclus dans l’étude. Le dosage du tacrolimus a été réalisé par méthode immuno-enzymatique (EMIT) sur analyseur automatique des médicaments. Le génotypage a été réalisé par technique polymerase chain reaction–restriction fragment length polymorphism (PCR-RFLP) et les données ont été analysées par χ2.

Résultats

Sur les 63 patients ayant reçu une greffe de rein, 1 mois après la transplantation rénale, seulement 22,22 % de ces patients étaient équilibrés. Le génotypage de ces patients a montré que 12,70 % des patients avaient l’allèle CYP3A5×3/×3 et 87,30 % l’allèle CYP3A5×1/×3.

Discussion

Nos résultats suggèrent qu’il existe une distribution significative de la concentration/dose-ratio à j30 et j90 post-transplantation pour ces polymorphismes. Cependant, au sixième mois après la transplantation, la concentration/dose-ratio présente une distribution significative uniquement pour le polymorphisme du CYP3A5 c. 6986A>G.

Conclusion

Ces résultats montrent qu’en dehors de la période initiale, le polymorphisme du CYP3A5 c. 6986A>G et ABCB1 c. 3435C>T n’influencent pas la pharmacocinétique du tacrolimus. Cependant, ces résultats doivent être confirmés sur un échantillon de patients beaucoup plus important.

Introduction

L’estimation de l’indice de résistance (IR) est simple et peu coûteuse. L’objectif principal de notre étude était de préciser si l’IR permet de prédire la fonction du greffon rénal à long terme et l’objectif secondaire était de définir les paramètres du donneur et du receveur liés à l’IR.

Patients et méthodes

Étude analytique ayant inclus les patients ayant bénéficié d’une TR à notre centre hospitalier universitaire en 2011 et 2014. L’IR a été estimé durant la première semaine après la TR par la même radiologue chez tous les receveurs. Ont été exclus les patients ayant présenté un rejet aigu, une aggravation rapide de la fonction du greffon, une complication urologique ou une sténose de l’artère du greffon. Les receveurs ont été séparés en deux groupes selon les valeurs de l’index de résistance : le groupe A a regroupé les receveurs avec un IR inférieur à la valeur médiane de l’IR et le groupe B ceux avec un IR supérieur à la valeur médiane. L’association entre IR et les paramètres du donneur et du receveur a été étudiée par régression linéaire univariée. Les variables étudiées étaient : pour le donneur : âge et l’indice de masse corporelle (IMC) et pour le receveur : l’âge, IMC, la durée de dialyse avant la TR, la pression artérielle à la première semaine après TR, les taux résiduels des traitements immunosuppresseurs, le temps d’ischémie froide et d’anastomose, le retard de reprise de la fonction du greffon et la fonction du greffon à 12 mois.

Résultats

Le nombre total des receveurs collectés : 46. La médiane de l’IR : 0,66. Le groupe A a inclus 20 receveurs. 84, 79 % (39) des donneurs étaient vivants. L’IR n’a été statistiquement lié à aucun paramètre du donneur. Concernant les paramètres du receveur, il a été lié uniquement au paramètre : ancienneté en dialyse 971,8±843,48 mois dans le groupe A versus 1733,5±1419,43 dans le groupe B (p=0,02).

Discussion

Des études récentes ont démontré que l’IR mesuré précocement après la TR, n’est pas corrélé à la fonction du greffon rénal à 1 an et que l’IR reflétait les caractéristiques du receveur et non du celles du greffon rénal, nos résultats sont similaires.

Conclusion

L’IR dépend des paramètres du receveur et son évaluation précoce ne permet pas de prédire la fonction du greffon rénal à long terme.

Introduction

Le donneur vivant apparenté représente la source exclusive de greffons dans notre pays. Les critères de sélection des donneurs vivants doivent être stricts afin d’assurer la sécurité des donneurs d’une part et optimiser les résultats chez les receveurs d’autre part.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique, réalisée entre 2007–2016, portant sur 65 donneurs exclus du don de rein parmi 191 éventuels donneurs. Les paramètres analysés sont : l’âge, sexe, le lien de parenté entre donneur et receveur, les causes médicales de refus.

Résultats

Il s’agit de 65 donneurs récusés ayant une médiane d’âge de 55 ans, avec une prédominance féminine (sex-ratio : 0,6). Le lien de parenté avec le receveur était : parents à enfant dans 31 cas (47,6 %), entre fratrie dans 22 cas (33,8 %), enfants à parents dans 7 cas (10,7 %), entre conjoints dans 05 cas (7,6 %). Les causes de refus étaient la positivité du cross match en lymphocytotoxicité (LCT) ou présence d’un anticorps spécifique du donneur (DSA) dans 25 cas, variante vasculaire rénale complexe dans 06 cas, une sténose de l’artère rénale (athéromateuse ou angiodysplasique) dans 03 cas, des anomalies urologiques dans 05 cas, un débit de filtration glomérulaire (DFG) inférieur à 80mL/min/1,73m2 dans 05 cas, la découverte d’une insuffisance rénale sévère dans 01 cas, un diabète dans 04 cas, une néphropathie familiale dans 03 cas, une hypertension artérielle avec retentissement dans 03 cas, la présence d’une néoplasie dans 03 cas, une hépatite virale B dans 01 cas, une hépatite virale C dans 01 cas, une toxicomanie aux drogues dures dans 01 cas, une cardiomyopathie dilatée dans 01 cas, l’âge extrême dans 03 cas et un antécédent d’une maladie auto-immune dans 01 cas.

Discussion

Le taux d’exclusion au don était élevé : 34 % dans notre série. Certaines contre-indication restent indiscutables telles que : cross match positif en LCT, le diabète, l’existence d’une néphropathie. Le bilan chez le donneur vivant est une circonstance de découverte de certaines pathologies chroniques jusque là méconnues.

Conclusion

La pénurie d’organes incite à élargir les critères de sélection des donneurs vivants et de mettre en place des stratégies permettant un accès à la greffe des receveurs immunisés.

Introduction

Les troubles de sommeil restent un problème fréquent même après transplantation rénale. La plupart des études s’intéressent à la qualité de sommeil chez les patients en insuffisance rénale ou en dialyse. Le but de notre étude est d’évaluer la qualité de sommeil chez les patients transplantés rénaux et sa relation avec la qualité de vie.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude transversale ayant porté sur 33 patients ayant bénéficié d’une greffe de rein en 2014–2015. La qualité de sommeil a été mesurée par l’indice de la qualité de sommeil de Pittsburgh (PSQI). Les troubles du sommeil étaient définis par un score supérieur à 7. La qualité de vie a été mesurée à l’aide du questionnaire SF-36.

Résultats

L’âge moyen des patients est de 39,7 ans. Le sex-ratio H/F est de 1. La durée moyenne en dialyse était de 52,36 mois. Le débit de filtration glomérulaire moyen est de 76,21mL/min. Le score global moyen est de 5,36. Les troubles du sommeil sont retrouvés dans 31,5 % des cas avec un PSQI supérieur à 7. Tandis que 68,5 % sont des bons dormeurs (PSQI=7). En se basant sur le PSQI, les six items retrouvés sont : la latence de sommeil, la perturbation de sommeil, la qualité de sommeil, l’efficacité de sommeil, la durée de sommeil et l’utilisation des hypnotiques. Le SF-36 des dormeurs dont le PSQI supérieur à 7 est plus bas que les bons dormeurs.

Discussion

La prévalence des troubles de sommeil est importante en hémodialyse, mais reste quand même assez méconnue après transplantation rénale. Les données de la littérature sont controversées en ce qui concerne la fréquence et les facteurs incriminés dans la survenue des troubles du sommeil chez cette catégorie de patients.

Conclusion

Le sommeil est un bon indicateur de santé. Les troubles de sommeil chez les patients ayant eu une greffe de rein doivent être pris en considération afin de pouvoir améliorer leur qualité de vie.

Introduction

La cardiopathie urémique est une entité complexe qui touche 75 % des patients dialysés. La mortalité cardiovasculaire du patient transplanté reste nettement supérieure à celle de la population générale. L’objectif de ce travail est d’étudier des facteurs influençant l’évolution des paramètres échocardiographiques après transplantation rénale et l’impact des comorbidités prégreffe sur l’évolution cardiaque après transplantation.

Patients et méthodes

Cette étude monocentrique rétrospective observationnelle a inclus les patients ayant bénéficié d’une première transplantation rénale entre le 1er janvier 2007 et le 31 août 2015. Chaque patient a bénéficié d’une ETT avant la greffe et au minimum 6 mois après la greffe. Tous les paramètres échocardiographiques ont été relus par un opérateur indépendant en aveugle des résultats de la greffe. L’impact des facteurs suspectés a été étudié par une analyse multivariée par régression linéaire.

Résultats

Cinquante-six patients ont constitué notre cohorte. Il n’a pas été observé de modification significative de la masse ventriculaire gauche indexée (MVGi) (114,0g/m2 versus 105,9g/m2 ; p=0,13). Il a été observé un gain significatif de la FEVG en postgreffe (69,6 % versus 63,9 % ; p=0,0046). Il n’a pas été observé de variation significative des autres paramètres échocardiographiques. En analyse multivariée, le diabète était associé à une moindre amélioration des pressions de remplissage et du remodelage ventriculaire (â=4,15, p=0,046 ; et â=−0,15, p=0,06). Les coronaropathies étaient associées à une moins bonne évolution de la FEVG (β=7,17 ; p=0,02). Les valvulopathies étaient associées à une moins bonne évolution de la MVGi (β=−27,3, p=0,037)

Discussion

Les comorbidités avant la greffe, notamment cardiovasculaire, semblent avoir un impact plus important que les paramètres néphrologiques après la greffe. Dans cette étude, on retrouvait une faible amélioration des paramètres échocardiographiques et un impact modéré de la transplantation rénale sur l’évolution de ces paramètres.

Conclusion

L’impact de la transplantation rénale sur l’évolution des paramètres échocardiographiques était faible dans cette étude. La coexistence d’une cardiopathie diabétique et d’une cardiopathie urémique pourrait avoir un rôle non négligeable dans cette absence d’amélioration après la greffe.

Introduction

Les avancées de ces dernières années en matière de transplantation rénale ont permis d’augmenter le nombre de transplantés. Afin de ne pas nuire aux donneurs, des explorations poussées doivent être faites afin d’éliminer toute cause pouvant contre-indiquer le don de rein.

Matériels et méthodes

C’est une étude rétrospective faite entre janvier 2011 et mars 2017 au sein de notre unité de transplantation rénale, CHU Ibn-Rochd, concernant 36 donneurs récusés au don de rein parmi 133 éventuels donneurs vivants.

Résultats

Le taux de donneurs récusés est de 27,06 %. L’âge moyen est de 43,9 ans (23 à 66 ans), dont 58,3 % femmes et 41,7 % hommes. Les candidats au don étaient à partir d’ascendants, collatéraux et conjoints avec un taux respectivement de 44,4 %, 36,1 % et 19,5 %. Les causes d’exclusion des donneurs étaient : incompatibilité ABO (un cas), cross-match positif (un cas), présence de DSA (trois cas), l’âge<32 ans (quatre cas), HTA (un cas), diabète (trois cas), l’obésité (cinq cas), un bilan rénal perturbé : IR (un cas), PU (un cas), hématurie microscopique (deux cas), anomalie morphologique : microlithiases rénales (trois cas), kystes rénaux (quatre cas), anomalies vasculaires (six cas), causes psychosociales dans deux cas.

Discussion

Le taux de donneurs récusés était de 27,06 %, un chiffre élevée vue la pénurie des donneurs. Certaines causes sont relatives et peuvent être modifiées, d’autres dues probablement à la réticence de l’équipe médicale à prélever les greffons, qui dépend principalement de leur expérience.

Conclusion

Devant la pénurie d’organe et de la liste d’attente des malades inscrits, plusieurs axes de travail sont à améliorer pour équilibrer la balance demande/offre et pouvoir suivre la politique nationale de transplantation d’organes visant la réalisation de 50 greffes.

Introduction

La transplantation rénale à partir du donneur vivant est encouragée de plus en plus en raison de ses excellents résultats. De nombreuses études ont décrit l’aspect positif chez le donneur, principalement l’impact physique du don de rein qui ne met pas en risque le donneur à une détérioration physique, mais qu’en est-il de l’aspect psychologique ? D’où l’intérêt de notre travail.

Matériels et méthodes

Déterminer les effets psychologiques et sociaux du don de rein chez les donneurs de rein en utilisant le questionnaire de santé de 36 éléments (SF-36) comme questionnaire de qualité de vie.

Résultats

Il s’agit d’une enquête transversale et rétrospective qui a concerné 50 donneurs vivants de rein, dont le suivi s’est déroulé au service de néphrologie du CHU Ibn-Rochd, la première partie de notre étude, comprenait le questionnaire SF-36 (limitations du fonctionnement physique en raison de problèmes de santé) et la deuxième partie comprenait des questions sur le stress lié au don et la satisfaction du donneur.

Discussion

Le SF-36 et le questionnaire sur la satisfaction des donneurs ont été complétés par 50 donneurs (33 femmes et 17 hommes, âge moyen au cours de la transplantation était 45,36 %). Plus de la moitié est sans activité professionnelle. Le don du rein était à partir des ascendants (52 %), les collatéraux (36 %) et les conjoints (12 %). La décision du don a été prise par le donneur lui-même (42 des cas soit 84 %), sans hésitation et de façon précoce dans l’évolution de la maladie rénale du receveur, notre travail a révélé que les donneurs vivants étaient dans un excellent état de santé physique selon le score physique SF-36, 97 % des donneurs sont très satisfait de leur choix, éprouvent une augmentation de l’estime de soi et ont une meilleure relation avec le receveur après le don, seulement 3 % ont déclaré que le don a eu un impact négatif sur leur santé et 2 % ont déclaré des conséquences financières négatives.

Conclusion

La transplantation rénale à partir du donneur vivant semble être la plus appropriée pour le traitement de patients atteints d’insuffisance rénale terminale, d’autant plus que la qualité de vie des donneurs rénaux n’est pas affectée par la néphrectomie. Une meilleure préparation psychologique permet de réduire les résultats négatifs chez les donneurs.

Introduction

L’insuffisance rénale chronique (IRC) est un problème de santé publique en Mauritanie avec des conséquences médicales et socioéconomiques. Selon une étude hospitalière, l’incidence de l’IRC à environ 150 nouveaux cas par an (1500 hémodialysés en Mauritanie). Devant cette situation, un programme a été entamé avec adoption d’un projet de loi relative au don, au prélèvement et à la transplantation d’organes et des tissus mous en mars 2016.

Patients et méthodes

Nous avons réalisé une étude prospective sur 6 mois allant du 1er juin 2016 au 31 décembre 2016 à travers un questionnaire sur la faisabilité, l’éligibilité et l’appréhension du don d’organes dans 2 populations : une population d’hémodialysés chroniques de 100 patients et un échantillon de 80 personnes de la population dans le milieu de la santé (médical, paramédical et accompagnants des patients)

Résultats

Sur la perception du don d’organe, 95 % des patients étaient bien informés de la greffe rénale ; 89 % étaient favorables et 11 % étaient défavorables. Sur l’efficacité du traitement, 84 % de nos patients avaient répondu que la transplantation était le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique. Sur l’échantillon de 80 personnes dans le milieu de la santé pour avoir leurs appréhensions sur le don d’organes, nous rapportons que 81 % des personnes interrogées étaient favorables aux dons d’organes, à la question d’une carte de donneur 45 % étaient favorables. Parmi les personnes, 53,3 % n’étaient pas au courant de la législation autorisant le don d’organes en Mauritanie et 62,5 % rapportaient que le don d’organes est autorisé par la religion.

Discussion

Nous retrouvons une population d’hémodialysés très jeune reflétant en partie de l’importance de la greffe dans cette population avec un impact socioéconomique important. Une campagne de sensibilisation et de communication est nécessaire dans notre pays pour mieux accepter le don d’organe en agissant sur les facteurs socioculturelles par une sensibilisation et l’information à travers les sociétés savantes, les médias et les religieux.

Conclusion

Cette étude permettra de faire un constat sur la faisabilité et surtout l’appréhension du don d’organes dans notre pays et de pouvoir mettre en place des outils et une politique de sensibilisation et de communication utile pour la réussite de ce projet en Mauritanie.

Introduction

La vaccination contre le virus de l’hépatite B est recommandée chez les patients atteints de maladie rénale chronique avant l’initiation de la dialyse. Le titre des anticorps anti-Hbs doit être supérieur à 10UI/L pour être protecteur. L’évolution naturelle du titre d’anticorps anti-Hbs après transplantation rénale (TR) est peu connue.

Objectif

Étude de l’évolution du taux d’anticorps anti-Hbs 3 ans après TR.

Patients et méthodes

Étude rétrospective monocentrique consistant à doser le taux d’Ac anti-Hbs chez les patients transplantés rénaux entre le 1er janvier 2012 et le 31 décembre 2012 le jour de la TR (j0), à 1 (A1), 2 (A2) et 3 (A3) ans après TR. Les patients dont la sérologie a j0 n’a pu être retrouvée ont été exclus de l’étude.

Résultats

Dix-huit patients (36 %) ayant un titre d’anticorps<10UI/L à j0 ont été exclus. Trente-deux (64 %) avaient des Ac anti-Hbs>10UI/L à j0. La moyenne du titre des Ac anti-Hbs à j0, A1, A2, A3 était respectivement (181UI/L, 197UI/L, 155UI/L, 108UI/L, p=ns). Tous ont eu un traitement par induction (n=18 par thymoglobuline et n=15 pour basiliximab). Le traitement d’entretien associait soit bêlatacept (n=4), tacrolimus (n=25), certican (n=2). Quatre (12,5 %) ont perdu leur immunité contre l’hépatite B (Ac anti-Hbs<10UI/L) à 3 ans de la TR. La perte du titre protecteur à A3 n’était pas associée à la survenue d’un rejet.

Discussion

Peu de patients ont un titre d’anticorps anti-HbS avant la TR. La différence des titres d’anticorps anti-Hbs aux différents temps n’est pas significative et ne semble pas être modifiée par l’immunosuppression et la survenue d’un rejet.

Conclusion

La vaccination après TR contre l’hépatite virale B est recommandée. Peu de patients ont un titre protecteur au moment de la TR. L’immunosuppression ne semble influencer à 3 ans le titre d’anticorps. Il faudra confirmer ces résultats préliminaires par une cohorte plus large et prospective.

Introduction

Le nombre de molécules liées aux atteintes rénales dans les urines chez les individus ayant connu une ischémie–reperfusion (IR) reflète l’importance de ces lésions et apporte des informations sur le risque de défaillance de l’organe. Cependant, la valeur prédictive d’évènements survenant après la greffe de ces marqueurs reste encore inconnue.

Patients et méthodes

Nous avons étudié une cohorte de 244 transplantés rénaux suivi sur plus d’un an après la greffe ainsi que leur survie à long terme et pour lesquels des prélèvements d’urine ont été réalisés 10jours après la greffe. Les marqueurs urinaires kidney-injury molecule 1 (KIM-1) et l’angiogénine (ANG) ont été quantifiés par Elisa dans les urines. La valeur pronostique d’évènements survenant après la greffe (histologie et fonction rénale) a été déterminée.

Résultats

La concentration de KIM-1 urinaire (uKIM1) et d’ANG urinaire (uANG) sont fortement associées entre elles (R2=0,16 ; p<0,001) et sont significativement (p<0,01) et indépendamment associées avec le temps d’ischémie froide, la reprise retardée de fonction rénale, le nombre de dialyses et la créatinine plasmatique à j10. Cependant, uANG et KIM-1 ne sont pas prédictifs de modifications histologiques (score i, t, ptc, ci et ct) sur les biopsies réalisées 3 et 12 mois après la greffe, ni de la survie du greffon. Le facteur le plus prédictif concernant la fonction rénale, l’atrophie tubulaire, la fibrose interstitielle reste l’âge du donneur.

Discussion

L’impact de l’IR sur la survie du greffon sur le long terme reste encore en débat. De nombreux biomarqueurs ont été étudiés récemment et il semblerait que les plus fort marqueurs pronostiques sur le long terme restent la créatinine plasmatique et la protéinurie. Ces marqueurs « globaux » d’atteinte tissulaire se révèlent plus efficaces comparé aux marqueurs reflétant l’activation de processus biologiques spécifiques en réponse aux atteintes, qui ont une fenêtre informative plus courte.

Conclusion

Nous avons démontré que uANG et uKIM1 reflètent la sévérité de l’IR 10jours après la transplantation, mais ne constituent pas des biomarqueurs de la fonction rénale, des changements histologiques ou de la survie du greffon.

Introduction

La gestion de l’hyperparathyroïdie tertiaire après transplantation rénale est complexe et peu codifiée. Notre objectif était d’évaluer l’incidence de l’hyperparathyroïdie après transplantation rénale au sein de notre centre et de rechercher les facteurs prédictifs.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude observationnelle, descriptive, monocentrique sur 90 patients vus en consultation. Nous avons recueilli les données cliniques, biologiques avant et après transplantation rénale à 1 semaine, 3 mois, 6 mois et 1 an ainsi que les différents traitements pris. L’hyperparathyroïdie tertiaire était définie pour une valeur de PTH supérieure à la normale du laboratoire (65pg/mL) et une hypercalcémie supérieure à 105mg/L. L’analyse statistique a été faite par le logiciel SPSS avec un p<0,05 comme seuil statistiquement significatif.

Résultats

Nous avons colligé 90 patients transplantés rénaux avec une moyenne d’âge de 42 ans, un sex-ratio H/F de 1,7. Parmi les patients, 72,8 % présentaient une élévation du taux de parathormone et 38,1 % présentaient des troubles phosphocalciques associés. La calcémie moyenne à 3 mois était à 92mg/L avec une tendance à l’augmentation et est resté stable au cours du suivi. La durée en hémodialyse, le traitement médical de l’hyperparathyroïdie, le produit phosphocalcique supérieur à 55 étaient corrélé à un risque élevé d’hyperparathyroïdie après transplantation rénale avec un p<0, 05. Il n’a pas été retrouvé d’association entre l’hyperparathyroïdie et la fonction rénale.

Discussion

La prévalence de l’hyperparathyroïdies après transplantation rénale retrouvée dans notre étude est élevée comparativement aux données de la littérature qui l’estiment entre 17 et 48 %. La difficulté de définition des normes de PTH et l’absence ou le manque de données biologiques et échographiques rendent difficile l’analyse comparative de nos données.

Conclusion

La persistance de l’hyperparathyroïdie après transplantation rénale est liée à la dysfonction du greffon dont elle peut être le reflet. Dans notre étude, la durée en hémodialyse, le traitement médical de l’hyperparathyroïdie, le produit phosphocalcique supérieur à 55 ont été retrouvés comme facteurs prédictifs de l’hyperparathyroïdie.

Introduction

La dénutrition protéinocalorique est fréquente et précoce chez le patient insuffisant rénal chronique. C’est un facteur de comorbidité majeur. Notre objectif premier était de déterminer le statut nutritionnel des patients transplantés rénaux en réalisant une évaluation nutritionnelle ; nous avons voulu corrélé l’apport protidique à la survie rénale et déterminer l’impact d’une dénutrition sur le devenir du transplant rénal.

Patients et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive et analytique réalisés à partir des consultations de transplantation rénale au CHU Ibn-Rochd de Casablanca réalisés sur une année. L’évaluation nutritionnelle s’est basée sur des critères clinico-biologiques et sur des critères physiques tels que l’évaluation nutritionnelle subjective et globale, les données anthropométriques, les enquêtes diététiques. L’apport en protéine a été estimé à partir de l’excrétion urinaire de 24h de l’urée. L’échec de transplantation rénale était défini par un retour en hémodialyse.

Résultats

Nous avons colligé 90 patients transplantés rénaux avec une moyenne d’âge de 42 ans, un sex-ratio H/F de 1.7 et une durée moyenne de suivi de 3 ans. La prise de poids moyenne après transplantation rénale était de 5kg avec des extrêmes allant à 15kg. L’appétit était retrouvé et jugé bonne chez 84 % des patients interrogés. L’albuminémie était supérieur à 35g/L chez 78 % de nos patients. Une hypoalbuminémie inférieure à 30g/L était retrouvé chez 8.9 % des patients. L’état buccodentaire était précaire chez 10 % des patients occasionnant une gêne à l’alimentation. Dix-sept pour cent de nos patients présentaient une dénutrition protidique, mais aucune corrélation n’a pu être établie entre cette dénutrition et l’évolution de la fonction rénale.

Discussion

Bien que n’étant pas aussi fréquente en transplantation rénale qu’en dialyse, la dénutrition protéinocalorique est un facteur de risque d’échec de transplantation. La fin du régime contraignant de la dialyse permet une meilleure nutrition mais n’est pas le gage d’apports protidiques conséquents. Notre étude est limitée par la difficulté de collectes des informations et la réalisation de certains examens notamment la bio-impédancemétrie.

Conclusion

Un faible apport en protéines peut augmenter les risques de malnutrition et de décès. Le maintien d’un état nutritionnel satisfaisant est un objectif primordial.

Introduction

Dans un pays où les valeurs morales, humaines et religieuses constituent les fondements de la société, le don d’organes reste encore un tabou et ne fait toujours pas partie de la culture des citoyens.

Matériels et méthodes

Enquête à l’aide d’un questionnaire destiné au personnel médical et paramédical des structures hospitalières universitaires impliquées dans le don d’organes, notamment les services de réanimation et de néphrologie, du CHU. Les 22 questions de l’enquête répondaient à 5 thèmes : l’opinion, évaluer le niveau de connaissances en matière de don d’organes, la justification explicite du refus, les déclarations avancées en cas de refus de don d’organes et les moyens pour encourager le don d’organe.

Résultats

Parmi les personnes enquêtées, 30,3 % étaient des hommes et 69,7 % des femmes. La moyenne d’âge était de 25,5 ans. Parmi les personnes, 91,9 % sondées connaissaient la greffe rénale 85,4 % étaient au courant de l’existence d’une législation régissant le don et la greffe d’organes. Un quart pensaient que les actes de prélèvement et de greffe n’étaient effectués que dans les établissements publics de santé autorisés. Plus que la moitié des personnes acceptaient de donner leurs organes après la mort. Parmi le groupe d’enquêtés refusant le don de leurs organes après la mort, l’obstruction religieuse était en tête de liste des déterminants du refus avec une prévalence de 35,7 %.

Discussion

Les maladies chroniques sont des affections de longue durée qui en règle générale évoluent lentement, responsable de 63 % des décès et nécessitent un traitement onéreux et coûteux. Parmi eux, l’insuffisance cardiaque qui a été estimée à 2,3 % dans la population adulte et à 1,8 % dans l’ensemble de notre population, on souligne aussi l’insuffisance rénale chronique qui présente un problème de santé public, la meilleure solution reste la greffe, option qui délivre le malade de la contrainte de l’hémodialyse et lui permet de retrouver une vie avec qualité meilleure.

Conclusion

Les facteurs les plus importants, qui freinent le don d’organes dans notre pays, se résument en des facteurs liés à l’information et la communication, des facteurs législatifs, des facteurs liés aux ressources humaines, des facteurs psychoaffectifs, des facteurs organisationnels et des facteurs socioculturels.

Munchausen syndrome by proxy is a persistent fabrication of illness done by a person to another. Renal and urologic forms of this syndrome are not as uncommon as can be thought; a review of all the cases of Munchausen-by-proxy syndrome reveals that 25% of the children had renal or urologic issues. This syndrome can result in a serious diagnostic dilemma for the physicians; knowing this entity can allow early recognition of falsification and limit the physical and psychological damages caused in the victim. In this study, we reviewed the pediatric nephrology cases of Munchausen syndrome by proxy, grouping them through the principal signs of presentation.

Il y a peu de données sur la prise en charge des troubles du métabolisme minéral et osseux (TMO) de la maladie rénale chronique avant le stade de la dialyse en France. Une meilleure connaissance de la prise en charge actuelle pourrait conduire à une amélioration de l’implémentation des recommandations internationales (KDIGO). L’Observatoire national du métabolisme minéral et osseux Photo-Graphe (Sanofi), dans sa 3e version, a inclus une cohorte de patients aux stades 4 et 5 de la maladie rénale chronique (MRC) dans le but d’examiner les TMO de la MRC ainsi que la qualité de leur prise en charge chez des patients suivis par 62 néphrologues répartis dans 20 régions françaises. Les TMO et leurs traitements ont été étudiés en octobre 2011, soit 1 an après l’inclusion des patients. Nous avons examiné en particulier le pourcentage de patients ayant une anomalie des paramètres biologiques reflétant les TMO, mais ne recevant pas de traitement adéquat selon les recommandations des KDIGO. Au total, 456 patients au stade 4 et 154 au stade 5 ont été étudiés, avec un âge moyen de 72,9±14,2 ans et de sexe masculin dans 58 % des cas. Les cibles des KDIGO (stades 4 et 5) n’étaient pas atteintes dans respectivement 80 et 84 % des cas pour la PTH sérique, dans 8 et 22 % des cas pour la calcémie et dans 12 et 46 % des cas pour la phosphatémie. Une explication potentielle peut être une prise en charge médicamenteuse insuffisante estimée respectivement à 45 et 60 % pour l’hyperparathyroïdie secondaire (HPTS) et à 36 % pour l’hyperphosphatémie au stade 5. À noter que 55,5 et 57,5 % respectivement des patients aux stades 4 et 5 recevaient de la vitamine D native. Dans cet observatoire national, la prise en charge des TMO de la MRC aux stades 4 et 5 apparaît suboptimale, surtout pour ce qui concerne l’HPTS qui n’est pas traitée dans près de 50 % des cas. L’hyperphosphatémie est également fréquente et insuffisamment contrôlée au stade 5. Une amélioration de la prise en charge des TMO de la MRC passe par une sensibilisation des néphrologues à l’importance de viser les cibles biologiques et aux moyens d’y arriver.

Only limited data is available on the management of the chronic kidney disease-associated bone and mineral metabolism disorder (CKD-MBD) in the pre-dialysis stages of CKD in France. A better knowledge of current management habits could lead to an improvement in the implementation of international recommendations (KDIGO). The 3rd version of the French Phosphorus and Calcium Survey Photo-Graphe (Sanofi) included a cohort of CKD stages 4 and 5 patients, whose aim was to examine the prevalence of CKD-MBD and the quality of its management in patients under the care of 62 nephrologists from over 20 geographical regions in France. The study started in October 2011, i.e. one year after patient enrollment. We examined in particular the percentage of patients presenting with laboratory parameter abnormalities indicative of CKD-MBD who were not receiving adequate treatment. A total of 456 patients with CKD stage 4 and 154 with CKD stage 5 were studied. Their mean age was 72.9±14.2 years, and male/female ratio was 58/42. KDIGO targets of serum PTH for CKD stages 4 and 5 were not achieved in respectively 80 and 84% of the patients, for serum calcium in 8 and 22% and for serum phosphate in 12 and 46%. As a potential explanation, insufficient therapy was estimated to account for respectively 45 and 60% of insufficiently controlled secondary hyperparathyroidism, and for 36% of persistent hyperphosphatemia in stage 5. It should be noted that 55.5 and 57.5% of patients were receiving native vitamin D. In this national observatory, the management of CKD-MBD stages 4 and 5 appears suboptimal, especially as regards the control of secondary hyperparathyroidism, which remained untreated in nearly 50% of the patients. Hyperphosphatemia was also common and inadequately controlled in CKD stage 5. To improve the management of CKD-MBD, nephrologists need to be more aware of the importance of aiming for recommended laboratory targets and how this can be achieved.