John Libbey Eurotext

Virologie

MENU

Signification biologique des rétrovirus endogènes humains Volume 5, numéro 2, Mars - Avril 2001

Auteurs
UMR 2142 CNRS-bioMérieux, École Normale Supérieure de Lyon, 46, allée d'Italie, 69364 Lyon Cedex 07, France
  • Mots-clés : rétrovirus endogène humain - HERV-W - syncytiotrophoblaste - HERV-K - tumeur des cellules germinales.
  • Page(s) : 91-111
  • Année de parution : 2001

Depuis le premier isolement moléculaire d'un rétrovirus endogène humain (HERV) en 1981, l'évolution des techniques de biologie moléculaire, l'avancement du programme génome humain et le développement d'outils bio-informatiques ont permis de caractériser vingt-deux familles rétrovirales. Les membres de chacune de ces familles sont défectifs pour la réplication. Néanmoins, la persistance de certains cadres ouverts de lecture et l'abondance des séquences de régulation (LTR) dans notre génome soulèvent la question de la signification biologique des HERV. Les modalités de leur expression sont explicitées, en particulier dans le placenta et dans des lignées cellulaires tumorales, ainsi que l'influence de facteurs cellulaires et environnementaux induisant leur réexpression. Sur le plan physiologique, les protéines HERV pourraient contribuer à la différenciation cellulaire, la modulation de l'immunité et la résistance aux infections. Ainsi la glycoprotéine fusogénique Env HERV-W pourrait contribuer à la formation du syncytiotrophoblaste placentaire. De plus, les LTR peuvent moduler le tropisme d'expression de gènes cellulaires adjacents, tel le gène de l'amylase salivaire. La contribution des HERV en tant qu'effecteur ou marqueur de pathologies demeure mal comprise. L'expression de la famille HERV-K semble principalement associée à des tumeurs des cellules germinales. La co-détection de l'expression des familles HERV-W et RTVL-H dans la sclérose en plaques illustre la complexité de la régulation de l'expression des HERV dans les maladies auto-immunes. Les mécanismes par lesquels les HERV pourraient contribuer à des pathologies sont décrits, tels que la rupture de tolérance et l'immunosuppression. Enfin, les conséquences possibles de l'expression de ces rétrovirus chez l'homme et les autres espèces animales sont discutées au regard de thérapies telles la xénotransplantation et la thérapie génique.