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Virologie

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MicroARN et infections virales Volume 11, numéro 3, Mai-Juin 2007

Auteur
Institut de biologie moléculaire des plantes, laboratoire propre du CNRS (UPR 2357) conventionné avec l’Université Louis-Pasteur, 12, rue du Général-Zimmer, 67084 Strasbourg Cedex, France
  • Mots-clés : micro-ARN, RNA silencing, virus, régulation de gènes
  • DOI : 10.1684/vir.2007.0091
  • Page(s) : 207-16
  • Année de parution : 2007

Le RNA silencing joue un rôle important au cours du développement par le biais des micro(mi)ARN qui régulent de manière fine l’expression d’une grande portion du génome. De plus, chez les plantes et les insectes, il est également un acteur très important de la réponse immunitaire innée, en particulier dans la défense antivirale médiée par l’action de siARN (small interfering ARN). Alors que l’on commence à identifier les déterminants génétiques de ce mécanisme de défense dans ces organismes, l’implication du RNA silencing dans la protection antivirale chez les mammifères est beaucoup moins évidente. Dans le but d’identifier des siARN d’origine virale, les petits ARN ont été clonés à partir de cellules humaines infectées par des virus à ARN, mais sans succès. De manière surprenante, des petits ARN viraux ont en revanche été découverts dans des cellules infectées par le virus d’Epstein-Barr, un virus à ADN. L’étude de ces petits ARN a montré qu’il s’agissait de miARN et non de siARN. Des miARN ont par la suite été découverts chez d’autres herpèsvirus, ainsi que chez le polyomavirus SV40. Ces découvertes suggèrent que les virus à ADN infectant les mammifères en développant leurs propres miARN ont détourné à leur profit la machinerie cellulaire du RNA silencing, afin de moduler l’expression des gènes de l’hôte ou de leur propre génome.