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Virologie

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Le virus de l‘immunodéficience humaine de type 2 Volume 7, numéro 5, septembre-octobre 2003

Auteurs
Laboratoire de virologie, Hôpital Bichat Claude‐Bernard, 46 rue Henri‐Huchard, 75018 Paris. E‐mail : florence.damondbch.ap‐hop‐paris.fr Institut Pasteur, Dakar, Sénégal
  • Mots-clés : VIH2, pathogénicité, Afrique de l‘Ouest, charge virale, sous‐type
  • Page(s) : 329-38
  • Année de parution : 2003

Le virus de l‘immunodéficience humaine de type 2 (VIH2) a été isolé pour la première fois en 1985 chez un patient originaire d‘Afrique de l‘Ouest. Depuis cette date, l‘épidémie liée au VIH2 reste confinée à cette région. L‘histoire naturelle de l‘infection par VIH2 montre que ce virus a une pathogénicité moindre que celle du VIH1. Des études de cohorte au Sénégal suggèrent que le risque de transmission sexuelle est cinq à neuf fois plus bas que par le VIH1. La transmission de la mère à l‘enfant est aussi significativement plus basse. Enfin chez les sujets infectés, le taux de progression vers le sida est plus faible que lors de l‘infection par le VIH1. Il a été montré que les patients infectés par le VIH2 ont une charge virale plasmatique moindre que les patients infectés par le VIH1, à taux de CD4 comparable. Ces résultats virologiques in vivo expliquent les différences épidémiologiques observées entre ces deux infections. Cependant, l‘origine de la moindre pathogénicité du VIH2 n‘est pas encore connue ; elle ne semble pas être expliquée par le tropisme de ce virus ni par sa moindre variabilité génétique. L‘hypothèse la plus vraisemblable serait celle d‘une régulation différente de l‘expression virale entraînant une efficacité prolongée de la réponse immune cellulaire. Une meilleure connaissance des facteurs responsables de cette virulence atténuée aurait des implications importantes pour la compréhension de l‘infection par le VIH1.