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Virologie

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L'éradication de la variole : menaces persistantes et développements nouveaux Volume 2, numéro 1, Janvier - Février 1998

Auteur
Laboratoire de virologie, Faculté de médecine, 29285 Brest Cedex
  • Mots-clés : Eradication de la variole - Orthopoxvirus - Virus de la variole - Destruction des stocks de virus - Bioterrorisme - Armes biologiques - Monkeypox - Cowpox.
  • Page(s) : 9-16
  • Année de parution : 1998

L'éradication globale de la variole, solennellement proclamée par l'OMS en 1980, si elle a permis de sauver des millions de vies humaines, a aussi entraîné l'arrêt progressif des vaccinations et revaccinations antivarioliques dans le monde et, corrélativement, la disparition progressive de l'immunité des populations vis-à-vis de plusieurs orthopoxvirus : variole, monkeypox et cowpox. La conservation injustifiée et l'utilisation expérimentale délibérée de souches de virus de la variole, dans deux laboratoires au monde, malgré les recommandations périodiquement répétées de l'OMS, font peser sur l'humanité de très graves menaces. Il est toujours possible à un virus de s'échapper d'un laboratoire, même lorsque de très sérieuses mesures de sécurité y sont appliquées. De plus, le bioterrorisme et la fabrication d'armes biologiques demeurent des réalités, comme viennent de nous le rappeler les événements récents de la guerre du Golfe (1991). Il faut impérativement respecter le dernier délai fixé par l'OMS pour la destruction totale de tous les stocks dangereux : le 30 juin 1999. Un nouveau report de cette mesure, tant attendue de beaucoup de virologistes, serait irresponsable et criminel. En 1996-1997, le monkeypox a manifesté, en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) des capacités accrues de transmissibilité interhumaine qui posent des problèmes épidémiologiques nouveaux et constituent une autre menace pour l'espèce humaine. La surveillance épidémiologique de cette zoonose tropicale africaine doit être renforcée. Eventuellement, des campagnes de vaccination antivariolique limitées doivent être lancées dans certaines régions exposées, avec tous les dangers que cela peut représenter pour les vaccinés (accidents locaux, plus rarement nerveux, mais parfois mortels). Le cowpox humain, par contre, apparaît comme une épiphénomène, même si les cas sont de plus en plus nombreux, notamment en Grande-Bretagne. De plus, des formes graves, voire mortelles, liées à l'immunodépression des patients, peuvent être observées. La surveillance épidémiologique de cette zoonose doit donc être instituée.