John Libbey Eurotext

Virologie

Isolement du virus West Nile au Maroc Volume 1, numéro 3, Mai - Juin 1997

Durant l'été 1996, une pathologie inhabituelle chez des chevaux de la zone littorale atlantique au nord-ouest du Maroc était rapportée aux services vétérinaires. Elle se caractérisait par une paralysie ascendante des membres postérieurs évoluant vers la mort dans 40 % des cas ou vers un rétablissement lent mais sans séquelles pour le reste des animaux. L'histopathologie orientait vers une infection virale du système nerveux ; cependant, les investigations de laboratoire permettaient d'éliminer rapidement les maladies virales classiques telles la rhinopneumonie ou la peste équine. Un broyat d'encéphale d'un cheval décédé était inoculé sur cinq types cellulaires différents. Après plusieurs passages, un virus cytopathique sur cellules BSR, sensible aux solvants des lipides et de taille inférieure à 100 nm, était isolé. Parallèlement, des sérums de chevaux malades étaient testés contre les alphavirus des encéphalites équines américaine, Eastern, Western et Venezuelan Equine Encephalitis (EEE, WEE, VEE), et contre le flavivirus West Nile, connu en France pour avoir été responsable d'une pathologie comparable en Camargue dans les années 1960 [1]. Ces 9 prélèvements étaient positifs en IgG contre West Nile. Pour étayer cette suspicion, deux séries de prélèvements réalisées dans un même élevage en mars et en octobre 1996 étaient testées contre West Nile et montraient une nette séroconversion entre les deux dates. La confirmation venait de l'identification par immunofluorescence du virus isolé en culture et l'étude en microscopie électronique montrait les aspects caractéristiques de cette famille des Flaviviridae rapportés dans la légende.

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