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Cahiers Santé Médecine Thérapeutique

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Un cas de bisalbuminémie associée à un syndrome néphrotique induit par les anti-inflammatoires non stéroïdiens Volume 30, numéro 2, Mars-Avril 2021

Illustrations


  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Service de biochimie-toxicologie, hôpital militaire Moulay Ismail, Meknès, Maroc
2 Service de médecine interne, hôpital militaire Moulay Ismail, Meknès, Maroc
* Tirés à part

La bisalbuminémie est une anomalie protéique assez rare, caractérisée par un dédoublement du pic de l’albumine sur le tracé d’électrophorèse des protéines sériques (EPS). Elle reflète la présence, chez le même individu, d’une albumine plasmatique normale et d’une albumine modifiée. La forme héréditaire est permanente et de transmission autosomique dominante, alors que la bisalbuminémie acquise est transitoire et habituellement observée au cours d’un traitement par les bêtalactamines, d’une pancréatite aiguë, de la rupture de pseudo-kystes pancréatiques ou de gammapathies monoclonales. Nous rapportons le cas d’une patiente de 49 ans, hospitalisée au service de médecine interne de l’hôpital militaire Moulay Ismail de Meknès pour spondylarthrite ankylosante récemment diagnostiquée, et qui a présenté un syndrome œdémateux généralisé au décours d’un traitement par anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Un bilan biologique a objectivé un syndrome néphrotique (SN) sans insuffisance rénale, et l’EPS réalisée sur Capillarys (Sebia) a révélé une bisalbuminémie. Par ailleurs, la biopsie rénale était en faveur d’une néphropathie glomérulaire à type de glomérulonéphrite extramembraneuse (GEM). Une EPS réalisée antérieurement étant normale, la nature héréditaire de la bisalbuminémie était exclue. L’enquête étiologique clinicobiologique a permis d’écarter également les causes habituelles de bisalbuminémie acquise. Par ce travail, nous souhaitons rapporter un cas inhabituel de bisalbuminémie afin de familiariser les cliniciens, le personnel de laboratoire et les scientifiques avec cette anomalie protéique, d’en discuter certains aspects physiopathologiques et pratiques et d’attirer l’attention sur une complication rénale peu connue des AINS, le SN à GEM.