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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Un regard rétrospectif sur l’évolution de la gouvernance de l’irrigation en Beauce (1993-2008) Volume 20, numéro 3, juillet-août-septembre 2009

Auteur
Centre EREIA (EA 4026) CLERSE (UMR 8019 CNRS-Univ. Lille 1) Université d’Artois 9, rue du temple BP 10665 62030 ARRAS

La nappe de Beauce, située à l’ouest de Paris, a été le théâtre de conflits d’usage entre agriculteurs irrigants, protecteurs de la nature et consommateurs, au tournant des décennies 1980 et 1990. Dans un contexte d’élévation des superficies irriguées et de sécheresses répétées, le niveau piézométrique a fortement diminué durant cette période, atteignant son plus bas niveau historique enregistré depuis 1906. Par ailleurs, sa situation géographique et administrative particulière (environ 9 722 kilomètres carrés : elle chevauche deux grands bassins hydrographiques, concernant deux régions et six départements) rend sa gestion d’autant plus complexe et souligne les difficultés d’une coordination des politiques publiques. Afin d’analyser l’évolution de la gouvernance de la nappe de Beauce, nous dressons un bilan des mesures prises. Nous examinons ensuite les étapes ayant conduit à l’émergence d’une procédure SAGE et montrons comment cette procédure est parvenue à fédérer les acteurs de la nappe autour d’un projet commun. Dans le même temps, un certain nombre d’innovations institutionnelles sont apparues pour tenter de pallier la lenteur de la procédure SAGE. Nous étudions, dans ce contexte, l’ensemble de ces innovations. Ceci nous permet alors de caractériser la gouvernance de la nappe de Beauce comme résultant d’un compromis entre une action collective d’intérêt public et une action collective d’intérêt communautaire.