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Science et changements planétaires / Sécheresse

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Stress hydrique et écophysiologie de deux cultivars de luzerne pérenne (Medicago sativa L.) Gabès et Aquarius Volume 20, numéro 3, juillet-août-septembre 2009

Auteurs
UR d’écologie végétale Faculté des sciences de Tunis Campus universitaire 2092  El-Manar II, Tunis, Inrat, laboratoire de production animale et fourragère Rue Hédi Karray 2049  Ariana, Tunisie

Deux cultivars de luzerne pérenne (Medicago sativa L.) Gabès (cultivar tunisien local) et Aquarius (cultivar introduit en Tunisie) sont cultivés en pots, sous serre. Ces deux génotypes sont soumis à trois régimes hydriques de façon continue, depuis le semis, pendant six cycles de culture (les plantes-témoins sont toujours maintenues à la capacité au champ (CC) et les deux autres traitements ont une humidité voisine respectivement de 70 et 40 % de la CC). Au stade du début de floraison de chaque cycle, quatre plantes par traitement ont servi pour déterminer divers paramètres reliés à la croissance végétative – hauteur des tiges, surface foliaire, indice de qualité fourragère, rapport de masses de matière sèche de la partie aérienne/ la partie racinaire – et au statut hydrique des plantes – teneur en eau, déficit de saturation hydrique, amplitude et ajustement osmotique, module d’élasticité pariétal et contenu en eau de l’apoplasme. En parallèle à cette expérimentation, les graines issues du troisième cycle ont été utilisées pour le démarrage d’une deuxième série qui servira à vérifier si les mécanismes adaptatifs perçus sont passagers ou héréditaires. Les résultats montrent que le stress hydrique affecte différemment la croissance végétative et l’état hydrique de la plante des deux variétés étudiées. Ceci se traduit par un ralentissement de la croissance, de 63 % chez la variété introduite, contre seulement 43 % chez la variété locale, à 40 % de la CC, soit une amélioration du bilan hydrique plus importante chez Gabès que chez Aquarius. Pour les deux cultivars, le potentiel osmotique à turgescence nulle est plus faible chez les plantes conduites sous le régime hydrique de 40 % de la CC que chez les témoins. Chez la luzerne locale, ce paramètre est plus négatif que chez la luzerne introduite. Il atteint -2,71 MPa chez Gabès contre -2,43 MPa chez Aquarius, à 40 % de la CC à la fin de la deuxième série. Ceci témoigne d’une meilleure capacité à résister au déficit hydrique chez le cultivar local. L’ajustement osmotique a été de plus en plus croissant, en fonction de la durée des traitements. Il est plus important chez Gabès et atteint 0,721 MPa, contre seulement 0,638 MPa chez Aquarius pour la deuxième série, à la fin de l’expérimentation.