JLE

Science et changements planétaires / Sécheresse

MENU

Impact de la technique du zaï sur la production du niébé et sur l’évolution des caractéristiques chimiques des sols très dégradés (zipellés) du Burkina Faso Volume 15, numéro 3, JUILLET-AOÛT-SEPTEMBRE 2004

Auteurs
Unité de formation et de recherche en science de la vie et de la terre, Université de Ouagadougou 03 BP 7021, Ouagadougou 03, Burkina Faso

Dans la zone sahélienne du Burkina marquée par une faible pluviométrie et une dégradation des sols, les producteurs ont recourt à une technique traditionnelle, la technique du zaï pour la restauration des sols et la conservation des eaux. C’est une technique qui consiste à creuser des poquets de 20 à 30 cm de diamètre sur 15 à 20 cm de profondeur destinés à collecter les eaux de ruissellement. On y introduit en général du compost ou de la poudrette en guise de fumure organique. L’étude réalisée a pour but, d’une part, d’évaluer l’efficacité de cette pratique culturale sur le niébé, une légumineuse très consommée et pourvoyeuse de devises substantielles pour les producteurs et, d’autre part, de mesurer son impact sur l’évolution des caractéristiques chimiques du sol. L’étude a été conduite au champ dans la province du Passoré, une zone nord-soudanienne marquée par un important développement des sols dégradés nus et une baisse de la pluviosité. La quantité d’eau enregistrée de juin à octobre 2002, période couvrant la campagne de culture, est de 404 mm. Quatre types de fertilisants ont été utilisés en vue d’apprécier l’impact de la composante amendement : le fumier, le Burkina phosphate (phosphate naturel), le compost et la paille de Loudetia togoensis. Le sol utilisé est de type ferrugineux tropical lessivé. Il ressort de ce travail que, par la technique du zaï, il est possible de produire le niébé sur les sols dégradés dénudés. Les meilleurs rendements sont obtenus avec le traitement à base de fumier et le traitement à base du Burkina phosphate. Le compost utilisé a donné des résultats plutôt insatisfaisants et l’enfouissement de la paille de Loudetia togoensis a été inefficace lors de cette première campagne. Au plan pédologique, la tendance évolutive a été à l’amélioration des caractéristiques chimiques du sol : relèvement du pH et du taux de la matière organique dû à l’application des différents amendements, amélioration du taux du phosphore et du calcium consécutif à l’apport du Burkina phosphate. Le gain d’azote escompté par la fixation symbiotique de l’azote atmosphérique par le niébé n’a pas été observé au cours de cette première campagne.