ARTICLE
Auteur(s) : Henintsoa
Manarivo RabezanaharyHenintsoa
Manarivo Rabezanahary1, Andry
Maharo Andrianarivelo1, Christian
Rafalimanana2, Lala
Rasoamialy Razanakolona3, Andry
Rasamindrakotroka4
1UPFR parasitologie CHU-JRA Antananarivo Madagascar
Lot IB 432 Andoharanofotsy Madagascar
2UPFR microbiologie CHU-JRA BP 4150 Antananarivo
Madagascar
3Laboratoire national de référence BP 4150
Antananarivo Madagascar
4Département de biologie médicale Faculté
de médecine d'Antananarivo BP 375 Antananarivo Madagascar
Le paludisme est une maladie mortelle qui touche
500 millions d'individus par an dans le monde dont plus de
1 million à Madagascar [1]. Auparavant, selon les directives
de la politique nationale de la santé concernant la lutte contre
cette maladie, devant toute hyperthermie, le paludisme est à
suspecter d'emblée et doit ainsi être pris en charge. Depuis 2005,
la politique nationale de lutte contre le paludisme a été révisée
en fonction de l'apparition de deux nouveaux outils d'intervention
que sont l'utilisation en priorité de dérivés d'artésunate seuls,
mais mieux associés à d'autres molécules antipaludiques à la base
du traitement antipaludique, et l'utilisation de Test de Diagnostic
Rapide comme complément ou alternative à la microscopie pour son
diagnostic [1-3].
À l'unité de parasitologie du CHU de l'hôpital
Joseph-Ravoahangy-Andrianavalona d'Antananarivo, nous avons réalisé
une étude rétrospective sur 1 411 dossiers de patients ayant
effectué une demande de diagnostic biologique du paludisme du
1er janvier 2005 au 31 décembre 2008.
L'objectif était de rapporter les patients atteints de paludisme
confirmé parmi les cas consultants pour une forte suspicion
clinique. Nous avons pu dans le même temps étudier l'évolution des
cas diagnostiqués de 2005 à 2008.
Les cas positifs étaient de 4,1 % chez les sujets testés venus
pour suspicion clinique de paludisme, ce qui confirme le peu de
transmission de paludisme à Antananarivo. Les 51,7 % de
résultats positifs s'observaient durant les périodes chaudes et
humides des quatre années d'étude, ce qui confirme le mode de
transmission saisonnière du paludisme sur les hautes terres
centrales. On décrit classiquement une transmission plus intense
durant les deux premiers mois de l'année, mais également le
ralentissement ou l'interruption même de la transmission du
paludisme sur la haute terre centrale durant la période sèche et
froide, de juin à septembre (tableau 1)
[2]. Dans la reconnaissance d'espèce, Plasmodium falciparum
prédominait (51/58 soit 88 % des frottis sanguins positifs), suivi
par Plasmodium vivax (3/58 soit 5 %), Plasmodium malariae
(2/58 soit 3,5 %) et Plasmodium ovale (1/58 soit 1,72 %). Un
cas d'infection mixte à Plasmodium falciparum et
Plasmodium vivax était retrouvé (1/58 soit 1,7 %).
La densité parasitaire variait de 0,01 à 10 %. Une diminution
nette des taux de positivité était observée au fur et à mesure des
années d'étude, baissant significativement de 8,2 % en 2005 à 1,8 %
en 2008.
Tableau 1 Évolution du paludisme de 2005 à 2008 à
l'UPFR de parasitologie du CHU-JRA d'Antananarivo.
|
Nombre de consultants fébriles
|
|
Nombre de cas de paludisme parasitologiquement confirmés
|
|
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
Total
|
2005
|
2006
|
2007
|
2008
|
Total
|
|
Janvier
|
53
|
46
|
30
|
31
|
160
|
9
|
3
|
1
|
2
|
15
|
|
Février
|
87
|
39
|
32
|
24
|
182
|
14
|
1
|
0
|
0
|
15
|
|
Mars
|
44
|
50
|
14
|
35
|
143
|
4
|
0
|
0
|
0
|
4
|
|
Avril
|
41
|
38
|
14
|
23
|
116
|
2
|
0
|
0
|
1
|
3
|
|
Mai
|
36
|
33
|
11
|
13
|
93
|
4
|
2
|
0
|
0
|
6
|
|
Juin
|
38
|
16
|
12
|
15
|
81
|
1
|
1
|
0
|
0
|
2
|
|
Juillet
|
38
|
29
|
26
|
27
|
120
|
0
|
0
|
0
|
0
|
0
|
|
Août
|
34
|
27
|
13
|
17
|
91
|
1
|
0
|
1
|
0
|
2
|
|
Septembre
|
30
|
39
|
13
|
18
|
100
|
2
|
0
|
0
|
0
|
2
|
|
Octobre
|
36
|
36
|
30
|
24
|
126
|
2
|
0
|
0
|
0
|
2
|
|
Novembre
|
54
|
19
|
15
|
16
|
104
|
3
|
0
|
1
|
1
|
5
|
|
Décembre
|
35
|
15
|
15
|
30
|
95
|
1
|
0
|
0
|
1
|
2
|
|
Total
|
526
|
387
|
225
|
273
|
1 411
|
43
|
7
|
3
|
5
|
58
|
Ce résultat sous-entend le développement d'une surveillance
épidémiologique plus adaptée et une sensibilisation récente des
agents de santé à l'importance d'un diagnostic biologique rapide
avant tout traitement. Cette attitude diagnostique est destinée à
limiter, sur des critères raisonnés, l'automédication ou la prise
abusive d'antipaludéen en cas d'hyperthermie [1], ce qui
fait oublier dans le même temps la recherche systématique
d'autres étiologies des accès fébriles. Ces mesures bien
conduites devraient permettre d'éviter la recrudescence du
paludisme sur les hautes terres centrales et l'émergence
d'éventuelle souche résistante au médicament utilisé actuellement à
Madagascar [3].
Références
1 Ministère de la Santé, du Planning Familial et de la Protection
Sociale. Plan stratégique de lutte contre le paludisme : du
contrôle vers l'élimination du paludisme à Madagascar 2007-2012.
République de Madagascar, 2007 (en ligne). (Consulté le 10 août
2009). < URL :
http://www.usaid.gov./.../Plan%20Strategique%20Malaria%202007-2012%20Madagascar.pdf-
>.
2 Rabarijaona LP, Rabe T, Ranaivo LH, et al.
Paludisme sur les hautes terres centrales de Madagascar :
stratégies de lutte. Med Trop 2006 ; 66 : 504-12.
3 Menard D, Ratsimbasoa A,
Randrianarivelojosia M, et al. Assessment of the efficacy
of antimalarial drugs recommended by the National Malaria Control
Programme in Madagascar. Malar J 2008 ; 7 : 55.
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