Accueil > Revues > Sante publique > Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Santé publique
Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Le refus du dépistage VIH prénatal : étude de cas à Abidjan (Côte d’Ivoire)


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 17, Numéro 3, 133-41, juillet-août-septembre 2007, Étude originale

DOI : 10.1684/san.2007.0081

Résumé   Summary  

Auteur(s) : Annabel Desgrées du Loû, Hermann Brou, Gérard Djohan, Annick Tijou-Traoré , IRD, UMR 151, 37, rue d’Amsterdam, 75008 Paris, France, ENSEA, Abidjan, Côte d’Ivoire, ADES/SSD, CNRS UMR 5185, université de Bordeaux-II, France.

Résumé : En Afrique, un des obstacles à la prévention de la transmission du VIH reste l’insuffisance du dépistage. La faible proportion de personnes connaissant leur statut sérologique, sur ce continent, tient en partie aux réticences des individus à effectuer cette démarche. Le développement à large échelle de la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, rendu maintenant possible par l’existence de traitements peu coûteux et faciles à mettre en œuvre, va de pair avec le développement d’une proposition de dépistage VIH prénatal. Dans cet article, nous nous intéressons aux femmes qui refusent cette offre de dépistage en prénatal, à partir d’informations collectées dans un programme de recherche sur la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, le programme Ditrame Plus mené à Abidjan entre 2001 et 2005. Trois groupes de femmes ont été suivis pendant 2 ans après une proposition de dépistage prénatal : 347 femmes infectées par le VIH, 393 femmes séronégatives pour le VIH, et 62 femmes ayant refusé d’être dépistées. Ces dernières avaient une nouvelle proposition de dépistage neuf mois après la grossesse. Des informations quantitatives ont été recueillies sur les caractéristiques sociodémographiques de ces femmes, et sur leur comportement sexuel et la communication sur les IST, le VIH et le dépistage avec leur partenaire masculin avant et après la grossesse. Des entretiens approfondis sur ces sujets ont été menés auprès de 15 femmes ayant refusé le dépistage. Le groupe des femmes qui ont refusé le dépistage a un profil sociodémographique très proche des femmes qui ont accepté le dépistage et qui sont séronégatives. Elles n’ont pas eu de comportements sexuels particulièrement à risque. Après la proposition de dépistage prénatal, on observe une augmentation de 23 % de la proportion de celles qui parlent des risques IST/VIH avec leur partenaire, et plus de 9 sur 10 suggèrent à ce dernier de se faire dépister. Une femme sur cinq a accepté le dépistage lorsqu’il a été reproposé dans le post-partum, cette acceptation étant très liée au dépistage du partenaire masculin (RR \= 4,05 [1,55–10,58]). Cette étude montre, d’une part que le conseil et dépistage VIH proposés en prénatal sont bénéfiques pour améliorer la prévention, même lorsque le dépistage est refusé, et d’autre part que la démarche de dépistage requiert du temps, et le soutien du partenaire.

Mots-clés : Côte d’Ivoire, dépistage, grossesse, maladie sexuellement transmissible, transmission mère-enfant, VIH

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Annabel Desgrées du Loû1, Hermann Brou2, Gérard Djohan2, Annick Tijou-Traoré3

1IRD, UMR 151, 37, rue d’Amsterdam, 75008 Paris, France
2ENSEA, Abidjan, Côte d’Ivoire
3ADES/SSD, CNRS UMR 5185, université de Bordeaux-II, France

Malgré des efforts sans précédent au niveau mondial de mobilisation contre l’épidémie de VIH/sida, la prévention de nouvelles infections reste largement insuffisante. En 2006, 4,3 millions de personnes ont été infectées, dont 65 % en Afrique subsaharienne [1]. Une des pistes majeures à explorer aujourd’hui est de développer la « prévention positive », c’est-à-dire la prévention auprès des personnes qui se savent infectées par le VIH [2]. En effet, les personnes infectées par le VIH sont celles qui peuvent transmettre ce virus : éviter cette transmission implique donc de leur donner tout d’abord les moyens de connaître leur infection, et ensuite d’éviter de transmettre cette infection, à leurs partenaires sexuels et à leurs enfants à naître – pour les femmes –. En Afrique, où vivent deux tiers des personnes infectées par le VIH, la première de ces deux conditions est peu remplie : en 2003, on estimait que seulement 0,2 % des adultes bénéficiaient de services de conseil et test VIH volontaire [1]. À cette offre de dépistage insuffisante s’ajoutent les réticences des patients par rapport à ce dépistage [3] : ceux-ci craignent que le secret médical ne soit pas tenu et que leur entourage soit, le cas échéant, informé de leur infection par le VIH, et bien sûr ils redoutent le résultat du dépistage en lui-même, un résultat séropositif ayant pendant longtemps été considéré comme un verdict de décès à court ou moyen terme.

La situation a largement évolué au cours de la dernière décennie : l’effort mondial d’accès aux antirétroviraux initié en 2003 [1], même s’il ne touche pas encore tous les patients qui en auraient besoin, a modifié la représentation de cette infection par le VIH : de maladie inéluctablement mortelle dans un court terme, elle devient potentiellement maladie chronique. Les soignants, lorsqu’ils rendent un résultat positif pour le VIH, peuvent parler de traitement et de prise en charge [4]. Le dépistage est donc plus facile à proposer, et devrait être plus facile à accepter. Parallèlement, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant est aujourd’hui accessible à faible coût et peut être développée à large échelle, même dans les pays à ressources modérés [5, 6]. L’extension de ces programmes va généraliser la proposition du dépistage VIH aux femmes enceintes, lors des consultations prénatales. L’offre va donc s’améliorer. Mais qu’en est-il de la demande, et en particulier des réticences des populations par rapport à ce dépistage ? À Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire, 30 % des femmes enceintes à qui le dépistage était proposé dans un programme opérationnel de PTME l’ont refusé [7] et ce chiffre reste de 11 % dans un programme de recherche où une équipe de conseillères et de sages-femmes était spécialement formée pour proposer ce conseil et dépistage et dévolue à cette tâche [8]. Ces chiffres montrent que le refus du dépistage n’est pas rare, et ce, même dans les meilleures conditions d’accueil et de suivi des femmes. Peu d’éléments d’information existent sur ces femmes qui refusent le dépistage : même dans les projets de recherche où beaucoup de données sont recueillies, peu sont disponibles sur ces femmes refusantes puisque, par définition, refusant le dépistage elles n’entrent pas dans le projet.

Dans le programme Ditrame Plus1 mené à Abidjan entre 2001 et 2005, nous avons choisi de suivre pendant près de 2 ans après la proposition du dépistage faite en consultation prénatale, non seulement les femmes infectées par le VIH et prises en charge pour diminuer le risque de transmission du VIH à leur enfant, mais aussi deux groupes témoins, un groupe de femmes séronégatives pour le VIH, et un groupe de femmes ayant refusé le dépistage. Nous analysons dans cet article les données que nous avons recueillies auprès des femmes qui avaient refusé le dépistage prénatal : ont-elles un profil sociodémographique et comportemental proche des femmes infectées par le VIH, ou plutôt proche des femmes séronégatives ? Pourquoi ont-elles refusé d’être dépistées ? Si certaines ont fini par accepter d’être dépistées après plusieurs mois de suivi, qu’est-ce qui a motivé ce changement d’attitude ? Enfin, la proposition de dépistage qu’elles ont reçu (et le conseil qui l’a accompagné) a-t-elle modifié leur attitude par rapport aux risques sexuels ? En ont-elles parlé avec leur partenaire masculin ?

Population et méthode

Suivi de cohortes

Cette étude prend place dans un programme de recherche pluridisciplinaire sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, le programme Ditrame Plus, mené à Abidjan en Côte d’Ivoire entre 2001 et 2005. Dans le cadre de ce programme, un test de dépistage du VIH (assorti du conseil associé) était proposé systématiquement aux femmes enceintes de plus de 18 ans reçues en consultation prénatale dans 7 centres de santé des communes d’Abobo et de Yopougon, quartiers populaires d’Abidjan. Les femmes qui ont accepté le dépistage et qui étaient séropositives étaient suivies dans le programme de recherche sur les mesures péri-partum de réduction du risque de transmission du VIH à l’enfant, décrit ailleurs [9, 10]. Pour les femmes qui ont accepté le test et qui étaient séronégatives, et les femmes qui ont refusé le dépistage, un suivi régulier était proposé avec des consultations tous les trois mois la première année, puis tous les six mois la deuxième année. Les femmes ne recevaient pas de rémunération pour participer à ce suivi, hormis le remboursement de leurs frais de transport. En revanche, elles bénéficiaient de la gratuité des soins et des médicaments pour tous les épisodes morbides pour elles et leur enfant, de conseils en nutrition de l’enfant et en planification familiale. Les contraceptifs et préservatifs étaient délivrés gratuitement.

Les femmes qui ont refusé d’être dépistées pour le VIH au cours de la grossesse ont reçu une seconde proposition de dépistage 9 mois après l’accouchement. Toutes les femmes étaient encouragées à faire venir leur partenaire masculin au centre pour qu’il se fasse dépister gratuitement. Toutes les femmes ont signé un formulaire de consentement avant de participer à ce programme2.

Données collectées

Les données sur lesquelles repose pour l’essentiel cet article ont été recueillies à travers un questionnaire fermé. Lors de l’inclusion, les questions posées aux femmes portaient sur les caractéristiques sociodémographiques de la femme, et sur son(ses) partenaire(s) sexuel(s), son activité sexuelle et la protection des rapports sexuels ainsi que sur la communication établie avec le partenaire sur les risques sexuels, au cours des 2 ans qui avaient précédé la grossesse en cours. Lors de la visite de 18 mois post-partum, les données recueillies concernaient le dialogue instauré depuis le dépistage avec le partenaire en matière de risques sexuels, de VIH et de dépistage, les relations sexuelles et l’utilisation de préservatif [11]. Afin de garantir le respect de la confidentialité, les questionnaires ont été passés au cours d’entretiens en face-à-face, dans un local fermé. Ces entretiens ont été menés par des assistantes sociales et des sages-femmes participant au projet et formées à ce mode de recueil de données.

Parallèlement, des entretiens approfondis et enregistrés ont été menés auprès des femmes et de leurs partenaires masculins [12]. Pour les femmes ayant refusé le dépistage, cela concerne 15 femmes.

Analyse

Nous avons comparé le groupe des femmes ayant refusé d’être dépistées aux deux autres groupes de femmes qui avaient accepté le dépistage (infectées et non infectées par le VIH), à partir des caractéristiques sociodémographiques à l’inclusion, mais aussi sur les indicateurs de comportement dont nous disposions pour les 2 ans ayant précédé la grossesse en cours.

Pour évaluer l’effet du dépistage proposé et du conseil associé sur l’attitude par rapport aux risques sexuels, deux indicateurs ont été utilisés : la proportion de femmes ayant parlé d’IST ou de VIH avec leur partenaire régulier, et la proportion de femmes ayant utilisé le préservatif au moins une fois. Nous avons comparé, à l’intérieur de chaque groupe de femmes, le niveau de ces deux indicateurs avant la proposition de dépistage (sur la période de 2 ans précédant cette proposition) et après (sur la période entre le dépistage et 18 mois après l’accouchement).

La proportion de femmes ayant informé le partenaire de la proposition de dépistage qu’elles avaient reçue et la proportion de femmes ayant suggéré au partenaire de se faire dépister ont été comparées entre les trois groupes de femmes.

Enfin, dans le groupe des femmes ayant refusé la première proposition de dépistage reçue en prénatal, la proportion de celles ayant finalement accepté le dépistage après 18 mois de suivi post-partum a été mesurée. Une analyse univariée en a été faite selon l’information qui avait été donnée au partenaire, et selon l’attitude de ce partenaire par rapport au dépistage.

Ces indicateurs quantitatifs ont été complétés par des éléments d’une analyse de données qualitatives sur les raisons du refus du test, issues des entretiens menés auprès des femmes ayant refusé le dépistage3.

Résultats

Un petit groupe de femmes ayant refusé le test

Seules 62 femmes ayant refusé le dépistage ont pu être incluses dans le suivi entre juillet 2001 et juillet 2003. Elles sont moins nombreuses que ce qui avait été prévu dans le protocole initial, pour deux raisons : d’une part, dans ce projet où une équipe était spécialement formée pour le conseil VIH et la proposition de dépistage, le taux de refus du dépistage n’était que de 9 % [13]. D’autre part, les femmes qui refusaient le test de dépistage du VIH se sont avérées être aussi des femmes opposées à l’idée d’entrer dans un projet de recherche : 70 % d’entre elles refusaient cette démarche [11]. Ainsi, à la fin de la période d’inclusion prévue, 400 femmes séronégatives avaient pu être incluses contre seulement 62 femmes ayant refusé le dépistage. L’existence de ce dernier groupe, même limité en effectif, reste cependant très intéressante car, à notre connaissance, aucun projet de recherche sur le sida en Afrique ne suit de groupe de personnes ayant refusé le test de dépistage du VIH. Il est certain que le groupe de 62 femmes que nous avons suivi n’est pas représentatif de l’ensemble des femmes qui refusent le dépistage VIH en prénatal : les femmes ayant refusé d’être suivies dans notre projet sont vraisemblablement différentes des femmes qui l’ont accepté. Cependant, ce groupe de femmes ayant refusé d’être dépistées, mais ayant accepté des rendez-vous réguliers avec l’équipe de santé nous donne des informations précieuses sur les caractéristiques, les attentes, les blocages par rapport au test VIH d’une partie au moins des femmes qui refusent le dépistage, mais aussi sur la façon dont leur attitude par rapport au dépistage peut évoluer au cours du temps.

Les femmes qui ont refusé le dépistage VIH ne semblent pas avoir un comportement plus à risque que les autres

Sur les 62 femmes incluses dans l’étude, 3 ont été perdues de vue dès la deuxième visite et ne sont donc pas considérées dans l’analyse. Le groupe de 59 femmes restant a été comparé aux deux autres groupes de 347 femmes séropositives pour le VIH qui ont été enquêtées à la visite M18 après l’accouchement et de 393 femmes séronégatives pour le VIH4 [11] (tableau 1).

Le groupe des femmes qui ont refusé d’être dépistées a un profil sociodémographique marqué par un niveau d’instruction plus élevé que les autres (49 % ont fait des études secondaires), et l’appartenance à la religion chrétienne (85 %). En matière d’âge à l’entrée en vie sexuelle et de type d’union, ces femmes sont très proches des femmes dépistées et séronégatives pour le VIH. Sur les 2 ans qui ont précédé la grossesse en cours et la proposition de dépistage, elles ont eu des pratiques moins à risque pour le VIH que le groupe des femmes infectées par le VIH : toutes ont un partenaire régulier au moment de la grossesse ; seules 3 % déclarent plus d’un partenaire dans les 2 ans précédant, contre 15 % dans le groupe VIH+ (p = 0,02) ; 70 % ont parlé des risques de MST/sida avec leur partenaire contre 28 % dans le groupe VIH+ (p < 0,01) et 10 % utilisaient des préservatifs contre 1 % dans le groupe VIH+ (p < 0,01). Pour ces indicateurs, les niveaux mesurés dans le groupe des femmes ayant refusé le dépistage sont très proches de ceux mesurés chez les femmes séronégatives, et même plutôt meilleurs, bien que la différence ne soit pas significative (tableau 1).

Tableau 1 Comparaison des trois groupes de femmes suivies après un conseil et dépistage prénatal selon leur statut sérologique : caractéristiques sociodémographiques et comportements avant le dépistage. Projet Ditrame Plus, Abidjan, Côte d’Ivoire.Table 1. Comparison of the three groups of women after HIV counseling and testing, according to their HIV serostatus: socio-demographic characteristics and behaviour before HIV testing. Ditrame Plus Project, Abidjan, Ivory Coast.

Femmes ayant accepté le dépistage VIH

Femmes ayant refusé le dépistage VIH

Significativité de la différencea

Femmes infectées par le VIH (n = 347) %

Femmes séronégatives (n = 393) %

Statut VIH inconnu (n = 59) %

VIH+/VIH inconnu

Séronégatives/VIH inconnu

Religion

Chrétienne

59,7

61,3

84,7

Musulmane

33,1

33,3

6,8

< 0,01

< 0,01

Autre

7,2

5,4

8,5

Niveau d’instruction

Non scolarisée

28,8

30,3

6,8

Primaire

36,9

37,9

44,0

< 0,01

< 0,01

Secondaire

34,3

31,8

49,2

Activité rémunérée

52,7

45,5

30,5

< 0,01

0,03

Âge

18-19 ans

4,3

8,7

6,8

20-24 ans

28,2

35,5

32,2

0,61

0,61

25-29 ans

38,9

31,9

32,2

30-34 ans

19,9

16,1

23,7

35 ans et +

8,6

7,9

5,1

En union polygame

20,5

12,8

5,1

0,01

0,09

A un partenaire régulier

88,2

98,0

100,0

0,01

0,27

Type d’habitat

Individuel

36,1

42,7

53,4

0,01

0,13

Cour commune

63,9

57,3

46,6

Âge moyen au premier rapport sexuel

16,3

16,8

17,2

0,01

0,46

Nombre de partenaires réguliers 2 ans avant la grossesse

1

85,6

92,9

96,6

0,02

0,28

2 et +

14,4

7,1

3,4

Nombre de partenaires occasionnels 2 ans avant la grossesse

0

89,3

94,9

96,6

0,08

0,57

1 et +

10,7

5,1

3,4

A parlé de MST/sida avec son dernier partenaire régulier

28,0

65,6

69,5

< 0,01

0,55

Utilisait des préservatifs de façon systématique avec le dernier partenaire régulier

1,2

6,4

10,2

< 0,01

0,28

aTests statistiques : χ2 pour la comparaison de proportions ; test de Bonferroni pour la comparaison de moyennes.

a Statistics tests : χ2 for comparison of proportions. Bonferroni test for means comparisons.

La proposition du dépistage en consultation prénatale améliore la prise en compte du risque IST/VIH, quels que soient l’acceptation du dépistage ou le résultat de ce test

Nous avons comparé la communication avec le partenaire sur les risques VIH, l’utilisation du préservatif et l’information donnée au partenaire sur le dépistage entre les trois groupes de femmes, pour toutes celles qui étaient toujours suivies 18 mois après l’accouchement, et qui avaient un partenaire régulier, soit 52 femmes ayant refusé le dépistage prénatal, 306 femmes infectées par le VIH et 352 femmes séronégatives (Annexe B).

La figure 1 montre que la proposition du dépistage en consultation prénatale est suivie d’une augmentation considérable du dialogue entre les femmes et leur partenaire conjugal sur les MST et le VIH, et cela dans les trois groupes. Les femmes ayant refusé le test, qui avaient déjà un bon niveau de communication sur les risques IST/VIH avec leur partenaire avant la grossesse au cours duquel on leur a proposé le dépistage, sont 90 % à aborder ce sujet avec leur partenaire après la grossesse, soit 23 % de plus qu’avant la proposition de dépistage. Ces femmes sont aussi plus nombreuses à utiliser des préservatifs après la proposition de dépistage qu’avant (figure 2). Enfin, plus de 9 femmes ayant refusé le dépistage sur 10 informent leur partenaire masculin de la proposition de dépistage qu’elles ont reçu et lui suggèrent d’aller se faire dépister (figure 3). Sur toutes ces questions, le comportement des femmes ayant refusé le dépistage est très proche de celui des femmes qui l’ont accepté et qui sont séronégatives (figures 1–3).
  Annexe B. Communication entre la femme et son partenaire régulier sur les risques sexuels et l’utilisation du préservatif, avant et après le conseil et dépistage VIH proposé en prénatal, selon que la femme a ou non accepté le dépistage et selon son statut VIH (Abidjan, programme Ditrame Plus, 2002–2005)Communication between women and their regular partner on sexual risks and condom use, before and after counselling and HIV testing, according to acceptance of testing and serostatus (Abidjan, Ditrame Plus, 2002–2005).

A accepté le dépistage VIH en prénatal

A refusé le dépistage prénatal

VIH+ (n = 306)

VIH– (n = 352)

Statut VIH inconnu (n = 52)

Avant la proposition de dépistage VIHa

A discuté des IST avec son partenairec

28,4 %

65,1 %

67,3 %

A utilisé des préservatifs avec son partenairec

21,3 %

36,1 %

51,9 %

Après la proposition de dépistage VIHb

A discuté des IST avec son partenairec

65,0 %

96,6 %

90,4 %

Comparaison avant/après le dépistage (p du test de Mc Nemar)

p < 0,01

p < 0,01

p < 0,01

A parlé à son partenaire de la proposition du dépistage reçue

42,8 %

97,4 %

80,8 %

A suggéré à son partenaire de se faire dépister

71,6 %

96,6 %

90,4 %

A suggéré à son partenaire d’utiliser des préservatifs en cas de rapports extraconjugaux

58,2 %

94,3 %

92,3 %

A utilisé des préservatifs avec son partenairec

48,8 %

58,7 %

57,1 %

Comparaison avant/après le dépistage (p du test de Mc Nemar)

< 0,01

< 0,01

0,75

aAvant la proposition du dépistage VIH : dans les 2 ans qui ont précédé la grossesse au cours de laquelle le conseil et dépistage VIH a été proposé.

bAprès la proposition du dépistage VIH : entre la proposition du dépistage et 18 mois après l’accouchement.

cAu moins une fois sur la période considérée.

Accepter finalement le dépistage : une affaire de temps et de couple

Sur les 59 femmes qui ont été suivies au moins 12 mois après l’accouchement, 11 ont accepté d’être dépistées lors de la reproposition du test à M9, soit 19 % des femmes suivies ayant finalement accepté le dépistage. Une femme sur les 11 dépistées était VIH+, ce qui est cohérent avec la prévalence du VIH de 10,5 % mesurée en 2002 dans la population des femmes enceintes à Abidjan [14]. Aucune caractéristique sociodémographique n’apparaît associée à l’acceptation du dépistage (résultats non présentés). Le seul facteur corrélé est le fait que le conjoint se soit fait dépister (tableau 2) : les femmes dont le partenaire s’est fait dépister sont quatre fois plus nombreuses à accepter finalement le dépistage que les autres. L’analyse quantitative est cependant limitée sur ce sujet, étant donné le faible effectif considéré.

Les entretiens qualitatifs menés auprès de ces femmes ayant refusé le dépistage nous éclairent sur les raisons qu’elles invoquent, d’abord pour avoir refusé le dépistage, puis pour avoir fini par l’accepter le cas échéant. Le refus initial du dépistage est presque toujours expliqué par le caractère délétère que peut avoir la connaissance de sa propre infection par le VIH. Leurs propos font référence aux risques psychologiques d’une telle connaissance, risques souvent mis en relation avec la difficulté d’accès au traitement.

« Si tu sais, là, c’est maintenant que la maladie s’aggrave. (…) Tu as peur, tu n’arrives plus à manger et tu penses toujours à ça, donc au fur et à mesure tu maigris jusqu’à ce que la maladie s’aggrave » : Mme F., 22 ans, niveau secondaire, en union libre.

« Pourquoi aller savoir qu’on est malade alors qu’on ne peut pas se soigner ? Bon, ce savoir-là, vraiment, ça peut te tuer avant même que le virus ne se réveille » : M. H., 27 ans, niveau maîtrise, partenaire de Madame F.

« Au moins, quand tu ne sais pas, tu ne te tues pas » : Mme G., 23 ans, niveau CM2, mariage coutumier.

Chez les femmes qui ont fini par accepter le dépistage, comme chez celles qui disent vouloir le faire « un jour », deux éléments apparaissent déterminants pour prendre leur décision : prendre le temps de décider, tout d’abord, et l’attitude du partenaire masculin par rapport à ce dépistage, par ailleurs. Les femmes expriment en effet ce besoin de mûrir une décision qui n’est pas facile à prendre. Lorsqu’on leur a proposé le dépistage au cours d’une consultation prénatale, alors qu’elles ne s’y attendaient pas et ne venaient pas au centre de santé dans cet objectif, elles ne se sont pas « senties prêtes ». Lorsque la proposition est renouvelée après plusieurs mois, certaines ont eu le temps de s’y préparer. L’attitude du partenaire masculin par rapport au dépistage apparaît être aussi un facteur décisif pour la femme, dans sa prise de décision de se faire dépister. Plusieurs femmes ont refusé le test qui leur était proposé au cours de la grossesse, car elles souhaitaient d’abord demander l’avis de leur conjoint. Face au refus de ce dernier, elles ne sont pas revenues faire ce dépistage. Parmi les femmes qui n’ont pas été dépistées à la fin du suivi, plusieurs disent désirer le faire mais préférer attendre que leur conjoint soit d’accord, et que lui-même se fasse également dépister. Cela leur paraît la condition sine qua non pour pouvoir se protéger du risque d’infection VIH, et avoir accès aux traitements. Cela corrobore le résultat observé parmi les femmes qui ont finalement accepté le dépistage, quatre fois plus nombreuses lorsque le partenaire s’est fait dépister (tableau 2).

Tableau 2 Proportion de femmes ayant finalement accepté le dépistage selon l’information et l’attitude de leur partenaire par rapport au dépistage.Table 2. Percentage of women who finally agreed to undergo HIV testing, according to discussion with their male partners and the partners’ attitude towards testing.

Femmes ayant d’abord refusé le dépistage en prénatal puis accepté le dépistage au cours des 18 mois de suivi

RR [intervalle de confiance à 95 %]

pa

n/N

Pourcentage

Ensemble

11/59

19

La femme a parlé à son partenaire de sa participation au projet

Oui

10/54

18,5

0,93 [0,15–5,83]

0,66

Non

1/5

20,0

Réaction du partenaireb

Favorable

9/51

17,6

0,53 [0,10–2,92]

0,47

Défavorable ou indifférent

1/3

33,3

La femme a parlé de MST/sida avec son partenaire

Oui

10/54

18,5

0,93 [0,15–5,83]

0,66

Non

1/5

20,0

Le partenaire s’est fait dépister pour le VIH

Oui

3/5

60,0

4,05 [1,55–10,58]

0,04

Non

8/54

14,8

aTest exact de Fisher.

bPour les femmes ayant parlé à leur partenaire de leur participation au projet.

Discussion-conclusion

La soixantaine de femmes qui avaient refusé d’être dépistées lors d’une consultation prénatale à Abidjan et que nous avons suivies pendant 18 mois n’est pas représentative de l’ensemble des femmes qui refusent le dépistage VIH en consultation prénatale. Cependant, l’étude auprès de ces femmes permet de remettre en question les idées reçues les concernant. Tout d’abord, ces femmes n’ont pas de comportements sexuels particulièrement à risque, qui expliqueraient leur refus de se faire dépister par une crainte plus forte que chez les autres femmes d’être infectées par le VIH. Au contraire, lorsqu’on considère la période précédant la grossesse au cours de laquelle le dépistage leur a été proposé, ces femmes avaient un seul partenaire masculin avec qui elles ont, dans deux tiers des cas, discuté des risques liés au VIH ; elles n’ont pas déclaré de rapports occasionnels, et leur âge d’entrée en vie sexuelle, marqueur important de la prise de risque sexuel [15], est similaire à celui des femmes qui ont accepté le test et sont séronégatives. Il s’agit de femmes plus instruites que la moyenne, et leur refus ne paraît pas résulter d’une mauvaise compréhension de ce qui leur est proposé, mais plutôt d’un refus d’affronter l’angoisse que représente un éventuel résultat positif.

Par ailleurs, et c’est aussi un résultat inattendu, on observe un effet bénéfique de la proposition du dépistage en prénatal, même chez ces femmes ayant refusé d’être testées : après que cette proposition leur ait été faite, plus de femmes abordent la question du dépistage et des risques sexuels avec leur partenaire.

Enfin, une femme sur cinq accepte le dépistage lorsqu’il est de nouveau proposé 9 mois plus tard, et cette acceptation est fortement liée au dépistage préalable du partenaire.

Ces résultats soulignent que le rôle du partenaire masculin ne doit pas être sous-estimé, et ce, non seulement dans ses aspects négatifs, mais aussi dans ses aspects positifs : il a déjà été largement rapporté qu’une des raisons majeures pour lesquelles les femmes refusent d’être dépistées est leur crainte de la réaction de leur conjoint s’il devait apprendre qu’elles sont infectées par le VIH [16, 17]. Cette étude le confirme. Cependant, dans le même programme de recherche, nous avons pu observer que les réactions négatives des partenaires sont peu fréquentes [18, 19]. En outre, cette étude montre que le partenaire peut aussi être l’élément moteur de la démarche de dépistage. Cela rejoint les travaux sur le conseil et le dépistage volontaire qui ont montré que lorsque le conseil et le dépistage étaient proposés au couple et non à l’individu seulement, cela s’accompagnait d’une meilleure acceptabilité du dépistage et d’une meilleure adhésion aux conseils de prévention du VIH [20-22].

Enfin, le fait qu’une femme sur cinq accepte finalement le dépistage lorsqu’il est reproposé après plusieurs mois soulève la question du « temps nécessaire » pour prendre la décision du dépistage, et confirme la pertinence de proposer plusieurs fois le dépistage, même en cas de refus. Lorsque les femmes ont refusé le dépistage en prénatal, reproposer ce dépistage à chaque fois que les femmes ont un contact avec le service de santé paraît important. En particulier, le conseil et dépistage VIH ne doivent pas être oubliés dans la période du post-partum, dont on sait qu’en Afrique elle peut être un moment à haut risque « d’entrée du VIH dans le couple » : dans des contextes culturels où la tradition impose une abstinence post-partum prolongée, la période qui suit l’accouchement est souvent marquée par une augmentation des relations sexuelles extra-conjugales chez l’homme [23].

Ainsi, que la proposition de dépistage prénatal soit acceptée ou non, le conseil qui l’accompagne, s’il est bien mené, est toujours bénéfique : pour la femme, qui bénéficie d’une meilleure information sur les risques sexuels ; pour son partenaire, à qui elle transmet toute ou une partie de l’information. Reste à ce que ces conseils soient mis en pratique pour une prévention effective. L’exemple du dépistage montre que la répétition du conseil est un des éléments qui facilitent cette mise en pratique.

Annexe A. Composition du groupe Ditrame Plus ANRS 1201/1202/1253

Références

1 UNAIDS ; WHO. AIDS epidemic update : special report on HIV/AIDS : december 2006, UNAIDS, ed. UNAIDS : Geneva, 2006. www.unaids.org.

2 Bunnell RE, Mermin JH, De Cock KM. HIV prevention for a threatened continent. Implementing positive prevention in Africa. JAMA 2006 ; 296 : 855-8.

3 Desclaux A, Raynaut C. Le dépistage VIH et le conseil en Afrique au sud du Sahara. Paris : Karthala, 1997.

4 Vidal L, Esse C, Gadou D, Kponhassia G. Les professionnels de santé d’Abidjan et de Bouaké face à l’initiative : une enquête qualitative. In : Msellati P, Vidal L, Moatti JP, eds. L’accès aux traitements du VIH/sida en Côte d’Ivoire. Évaluation de l’initiative Onusida/Ministère ivoirien de la Santé publique. Paris : ANRS, 2001.

5 Dabis F, Ekpini ER. HIV-1/AIDS and maternal and child health in Africa. Lancet 2002 ; 359 : 2097-104.

6 Ekouevi DK, Tonwe-Gold B, Dabis F. Advances in the prevention of mother-to-child transmission of HIV-1 infection in resource-limited settings. AIDS Read 2005 ; 15 : 479-80 ; 487-93.

7 Coulibaly M, Noba V, Rey J. Quelques réflexions sur la mise en place d’un programme opérationnel de réduction de la transmission mère-enfant (PTME) à Abidjan, Côte d’Ivoire. In : Desgrees du Lou A, Ferry B, eds. Sexualité et procréation confrontées au sida dans les pays du Sud. Paris : CEPED, 2006.

8 Ekouevi DK, Rouet F, Becquet R, Inwoley A, Viho I. Immune status and uptake of antiretroviral interventions to prevent mother-to-child transmission of HIV-1 in Africa. J Acquir Immune Defic Syndr 2004 ; 36 : 755-7.

9 Dabis F, Bequet L, Ekouevi DK, et al. Field efficacy of zidovudine, lamivudine and single-dose nevirapine to prevent peripartum HIV transmission. AIDS 2005 ; 19 : 309-18.

10 Becquet R, Ekouevi D, Viho I, et al. Acceptability of exclusive breastfeeding with early cessation to prevent HIV transmission through breastmilk, ANRS 1201/1202 Ditrame Plus, Abidjan, Côte d’Ivoire. JAIDS 2005 ; 40 : 600-8.

11 Desgrées-du-Loû A, Brou H, Djohan G, et al. Beneficial effects of offering prenatal HIV counselling and testing on developing a HIV preventive attitude among couples. Abidjan, 2002-2005. Aids and Behavior 2007 ; Epub ahead of print; online first 10.1007/s10461-007-9316-6.

12 Tijou-Traoré A. Dialogue, gestion des risques de transmission du VIH et choix reproductifs au sein de couples sérodifférents résidant à Abidjan (Côte d’Ivoire). In : Desgrées-du-Loû A, Ferry B, eds. Sexualité et procréation confrontées au sida dans les pays du sud. Paris : CEPED, 2006.

13 Ekouevi DK, Leroy V, Viho I, et al. Acceptability and uptake of a package to prevent mother-to-child transmission using rapid HIV testing in Abidjan, Ivory Coast. AIDS 2004 ; 18 : 697-700.

14 Msellati P, Sakarovitch C, Bequet L, et al. Decrease of human immunodeficiency virus prevalence in antenatal clinics in Abidjan, Ivory Coast, 1995-2002. Int J STD AIDS 2006 ; 17 : 57-60.

15 Caraël M, Cleland JC, Deheneffe JC, et al. Sexual behavior in developing countries : implications for HIV control. AIDS 1995 ; 9 : 1171-5.

16 Kilewo C, Massawe A, Lyamuya E, Semali I, Kalokola F. HIV counselling and testing of pregnant women in sub-Saharan Africa. Experiences from a study on prevention of mother-to-child HIV-1 transmission in Dar Es Salaam, Tanzania. J Acquir Immune Defic Syndr 2001 ; 28 : 458-62.

17 Gaillard P, Melis R, Mwanyumba F, Claeys P, Muigai E. Vulnerability of women in an African setting : lessons for mother-to-child HIV transmission prevention programmes. AIDS 2002 ; 16 : 937-9.

18 Desgrées du Loû A, Brou H, and for the DITRAME PLUS study group. Conjugal risks after a prenatal HIV testing : experiences from a PMTCT program in Abidjan, Côte d’Ivoire, 2001-2005. Communication in AIDSIMPACT Conference, July, 1-4, 2007, Marseille.

19 Tijou-Traoré A. Pourquoi et comment en parler ? Dialogue conjugal autour de l’annonce de la séropositivité à son conjoint au sein de couples sérodiscordants à Abidjan (Côte d’Ivoire). Sci Soc Sante 2006 ; 24 : 43-65.

20 Grinstead O, Gregorich S, Choi KH, Coates T, and the VCT efficacy study group. Positive and negative life events after counselling and testing : the Voluntary HIV-1 counseling and testing Efficacy study. AIDS 2001 ; 15 : 1045-52.

21 The Voluntary HIV-1 Counseling and Testing Efficacy Study Group. Efficacy of voluntary HIV-1 counselling and testing in individuals and couples in Kenya, Tanzania, and Trinidad : a randomised trial. Lancet 2000 ; 356 : 103-12.

22 Maman S, Mbwambo J, Hogan M, Kilonzo G, Sweat M, Weiss E. HIV and partner violence : implications for HIV voluntary counseling and testing programs in Dar es Salaam, Tanzania. Research report, 2001. www.populationcouncil.org.

23 Cleland JG, Ali MM, Capo-Chichi V. Post-partum sexual abstinence in West Africa : implications for AIDS-control and family planning programmes. AIDS 1999 ; 13 : 125-31.

1 Le programme Ditrame Plus (« Diminuer la transmission mère–enfant ») est financé par l’ANRS et coordonné par l’unité l’Inserm 593. Il comprend un volet de Sciences sociales coordonné par l’IRD dans lequel prend place cette étude.2 Le protocole du programme a été approuvé par le comité d’éthique de Côte d’Ivoire.3 Une analyse qualitative approfondie est en cours.4 Sept femmes séronégatives pour le VIH ont été perdues de vue après l’inclusion et sont exclues de l’analyse.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]