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Les solutions vaccinales chez l’homme et l’animal face aux virus influenza aviaire H 5N 1


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 16, Numéro 2, 135-8, Avril-Mai-Juin 2006, Tribune libre

DOI : 10.1684/san.2006.0009


Auteur(s) : Maurice-Paul Durand , 61 bis, rue Roger-Salengro, 37000 Tours.

ARTICLE

Auteur(s) : Maurice-Paul Durand

61 bis, rue Roger-Salengro, 37000 Tours

Le virus de l’influenza aviaire H5N1, devenu épizootique en janvier 2004 en Asie, a fait l’objet de communiqués suffisamment nombreux pour que l’on revienne sur la grippe et ses caractéristiques actuelles [1, 2].Il est nécessaire, pour la suite de l’exposé d’avoir à l’esprit la structure du virus.À sa surface :
  • une hémagglutinine, responsable du pouvoir pathogène et vaccinant, divisée en 15 sous-types (1 à 15), qui permet l’attachement du virus à la cellule cible ;
  • une neuraminidase, divisée en 9 sous-types (1 à 9), permettant la pénétration du virus et la sortie du virion néoformé hors de la cellule ;
  • un génome réparti en 8 segments (NA HA, et 6 autres protéines).
Chaque virus contient une seule hémagglutinine et une seule neuraminidase ; on a donc 135 combinaisons virales possibles. En outre, les dérives antigéniques du virus, portant sur les hémagglutinines en particulier, sont bien connues. Depuis une vingtaine d’années, on assiste régulièrement dans le monde à des explosions d’influenza aviaire dues à des virus H5-H7-H9.Parallèlement, on observait jusqu’à présent des épidémies de grippe classique H1N1-H2N2-H3N 2… qui sont les composants du vaccin classique.On comprendra donc l’inquiétude des experts lors de l’apparition de ces cas graves de grippe humaine en 1997 à Hong Kong (18 cas et 6 décès) consécutifs à une épizootie d’influenza aviaire due à un nouveau virus H5N1, virus que l’homme ne connaissait pas immunologiquement, le rendant donc totalement sensible, poussant ainsi vétérinaires et médecins à la mise au point de vaccins.Cette recherche est devenue d’autant plus urgente qu’à partir de janvier 2004, la maladie a explosé chez les volailles (plusieurs centaines de millions de morts) ; chez l’homme, les cas sporadiques et mortels sont devenus plus nombreux (184 cas et 103 décès au 22 mars 2006 [3].Les solutions vaccinales adoptées sont différentes chez l’homme ou l’animal.

Vaccination animale

Possibilités éventuelles

L’extrême virulence du virus asiatique tue rapidement l’œuf embryonné inoculé, rendant impossible la production virale classique sur œuf. Diverses solutions sont proposées :
  • soit utiliser une autre souche aviaire H5 moins virulente cultivée sur œuf, vaccinante mais possédant une neuraminidase différente. Il s’agit de la technique dite DIVA (Differenciated Infected from Vaccinated Animals) [4] Elle fut utilisée avec succès en Italie, couplée à des mesures sanitaires (abattage et isolement) avec un vaccin H7N3, pour juguler l’épizootie de 2000-2002 due au type H7N1. L’avantage de cette technique est de permettre de différencier par la recherche des anticorps, les animaux sains vaccinés (N3), des infectés (anticorps N1), des vaccinés et infectés (N1 et N3) ;
  • soit essayer de trouver un virus homologue apathogène (qui n’a pas encore été trouvé) pouvant être utilisé comme vaccin vivant ;
  • soit réaliser un vaccin par ingénierie génétique, en couplant le gène H5 à un virus aviaire non pathogène, puis l’utiliser comme vaccin vivant (fowl pox) ou tué (solution des vaccins humains grippaux).

Remarquons que la stratégie européenne n’est pas favorable à la vaccination tant que l’Europe ne connaîtra que quelques foyers d’influenza, vite circonscrits par un abattage rapide accompagné de l’indemnisation des éleveurs. Une autorisation est accordée, si l’urgence s’en fait sentir, à la vaccination des canards vivant à l’extérieur.

La vaccination aviaire n’est réservée, selon les experts et l’Office international des épizooties (OIE), qu’aux seuls pays massivement envahis par la maladie et pour lesquels l’abattage devient inopérant.

Applications

Vaccins DIVA

Quatre laboratoires (États-Unis, France, Pays-Bas, Chine) fabriquent à notre connaissance, ce type de vaccin. Il s’agit d’un vaccin H5N2, préparé à partir d’une souche anglaise de 1978.

Cinq milliards de doses ont déjà été utilisées en Chine. Il s’agit, en général de vaccins tués adjuvés par un excipient huileux, inutilisable chez l’homme en raison de fortes réactions locales et durables.

Il existe également des vaccins H5N6, ainsi que des vaccins H7N7 et H9N2, destinés à protéger les élevages européens, américains et asiatiques des différents virus aviaires rencontrés actuellement : H5, H7, H9[5].

L’immunité se mesure :

  • par la détermination du taux des anticorps IHA (inhibant l’hémagglutination) ≥ 256, quatre semaines après la revaccination ;
  • ou par des épreuves virulentes : les résultats sont conformes à ce que l’on en attendait :

. protection des élevages sains 18 jours après la revaccination dans un environnement contaminé [6], absence de mortalité après épreuve virulente [7] ;

. forte diminution de l’excrétion virale chez les vaccinés : 106,3 et 106,16 chez les témoins ; 101,23 et 101,78 (frottis oronasal) ; 101 et 101,53 (frottis cloacal) chez les vaccinés. Il y a donc une réduction mais pas un arrêt de l’excrétion virale, de l’ordre de 10 000 à 100 000 fois par rapport aux animaux témoins.

Le but est donc, en cas d’une épizootie très importante, de diminuer la pression infectieuse par une vaccination généralisée, puis dans un second temps, lorsque les cas se feront moins nombreux, de pratiquer la vaccination en même temps que l’abattage des foyers atteints cliniquement.

Vaccins vivants

À notre connaissance, deux vaccins sont utilisés qui, pratiquement, reposent sur la même technologie : les gènes, hémagglutinine H5[8] ou H5[9], obtenus à partir de souches H5N8 en particulier, sont recombinés à un virus de la variole du canari (fowl pox) non pathogène pour les volailles. L’immunité dure 10 à 12 semaines, le vaccin protège contre la mortalité (90 à 100 %) et diminue l’excrétion virale de 1 à 2 log, après une injection virulente de 9 souches différentes HPAI (High Pathogenic Avian Influenza) ayant une homologie dans la séquence protéique H5 de 87 à 100 % et isolées sur une période de 38 ans. Pratiquement, les anticorps maternels ne jouent pas dans la vaccination du poussin ; en revanche, l’immunité ne se développe pas sur des animaux préalablement vaccinés par le fowl pox contre la variole aviaire (immunité du type variole-vaccine).

La vaccination humaine

Problèmes à résoudre

Le vaccin est indispensable chez l’homme et son utilisation devrait être associée, en cas de pandémie, à l’isolement des malades et au traitement par le seul antiviral actif disponible (Oseltamivir) tout en sachant que l’émergence de souches virales résistantes est hautement probable [10].

Le virus actuel tuant l’œuf embryonné, il faut trouver une solution alternative pour la production. Une vaccination sera probablement nécessaire ; l’intérêt d’adjuvants d’immunité et la quantité d’antigène sont à déterminer. Par ailleurs, la culture cellulaire du virus pourrait permettre une production virale non limitée par la disponibilité actuelle en œufs embryonnés. La souche vaccinale prototype de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) (A Vietnam 2004) appartient à la sous-classe 1 ; les souches indonésiennes et chinoises (2003 et 2004) appartiennent à la sous-famille 2, montrent des dérives antigéniques du gène codant pour l’hémagglutinine ; le réseau de référence OMS a donc commencé à développer une nouvelle souche prototype à partir de virus récemment isolés. Enfin Liu ainsi que Normile [11, 12] constatent que la virulence initiale a considérablement augmenté. Il reste donc beaucoup de problèmes à résoudre.

Applications

Vaccination par un vaccin vivant avirulent H5N1

Cette solution est impossible actuellement en l’absence d’un tel virus, bien que l’on ait observé des sérologies positives sans signes cliniques en Asie, sur des volailles, des porcs et des humains.

Vaccin vivant couplant un adénovirus vecteur à une hémagglutinine H5 d’un virus H5N1

Hoelscher et al. [13] constatent que les vaccins antigrippaux classiques sont inefficaces, que le H5N1 est léthal pour l’œuf embryonné et que la quantité d’œufs nécessaire pour la production traditionnelle d’un vaccin serait impossible à obtenir. Ces auteurs ont développé un virus-vaccin en couplant un adénovirus humain (H Ad) à l’hémagglutinine H5 d’un virus H5N1, suivant la méthode décrite par Parks [14]. Le résultat est un recombinant H Ad-H5HA. Ce vaccin induit une immunité humorale (mesurée par le taux d’anticorps IHA) et une réponse à médiation cellulaire, vis-à-vis de virus humains H5N1, récemment isolés. Expérimentalement une double vaccination de souris Balb.c avec 103 Pfu (Plaque forming unit) induit une protection contre la maladie clinique (pas de perte de poids), contre la mort (100 % de survie versus 0 %). Il est accompagné d’une réplication virale, et d’une activité contre les diverses souches virulentes H5N1 inoculées. Il induit une multiplication (de 3 à 8 fois) du nombre de cellules CD8T produisant l’interféron γ.

Cette expérimentation souligne l’intérêt potentiel de ce vaccin.

La culture sur substrat cellulaire rend la production indépendante :

  • de la disponibilité en œufs du système ovoculture ;
  • des immunostimulants qui seront probablement nécessaires pour un vaccin classique inactivé.

Cette stratégie vaccinale a l’avantage d’induire une forte immunité humorale et cellulaire ainsi qu’une protection croisée contre les différents virus H5N1 qui sont en dérive constante. Ces auteurs suggèrent également de coupler cet adénovirus à d’autres gènes de la nucléoprotéine et de l’enveloppe du virus ; ils proposent également d’y associer d’autres souches pathogènes connues - H7N7 et H9N2 - pour disposer ainsi d’un vaccin anti-influenza polyvalent. Il ne semble pas que les anticorps antiadéno générés par une première vaccination interfèrent, bien au contraire, lors de la revaccination. Si nécessaire, on pourrait remplacer l’adénovirus humain par un adénovirus bovin, porcin, canin, ovin, simien.

Vaccin tué obtenu par ingénierie génétique

  • Principe de production

Cette solution est décrite très précisément dans un opuscule édité par l’OMS [15]. L’extrême virulence de H5N1 rendant impossible la culture in ovo, la solution consiste à modifier les sites de clivage de l’hémagglutinine et de la neuraminidase au niveau du génome du virus H5N1 et de les substituer aux H1N1 d’un virus connu et apathogène A.PR.8. L’hémagglutinine est modifiée par la délétion du peptide des acides aminés multibasiques responsables de l’hypervirulence des souches actuelles H5N1. Ce virus A PR/8/34/H1N1 est connu et utilisé couramment pour sa culture abondante sur œufs et sur cellules.

Ce virus recombiné, obtenu à partir d’éléments plasmides d’expression et de transcription, contiendra le segment HA modifié, le segment NA du H5N1 et les six autres segments protéiques constitutifs du virus PR8. Ce virus est utilisé depuis 1960 pour produire les vaccins classiques par coinfection sur œuf de ce virus et des souches vaccinales utilisées, aboutissant à une abondante croissance d’un virus réassorti.

Le réassortiment génétique ne peut être obtenu que par un laboratoire spécialisé, muni d’une installation protégée P3, pour pouvoir travailler ces virus dangereux H5N1. Trois souches prototypes, en particulier la 17/VN/1194/04 (= AVN 04) ont été utilisées pour ces réassortiments ; elles peuvent être obtenues sur demande auprès des trois laboratoires autorisés : NIBSC (Grande Bretagne), Centres for Disease Control and Prevention (CDC, Atlanta, États-Unis), WHO Infl. Animal (Memphis, États-Unis).

  • Résultats

En France, 5.106 doses de vaccins prépandémiques et 20.106 d’un futur vaccin pandémique ont été commandées, en vertu du principe de précaution. L’efficacité ne pouvant se tester par épreuve virulente sur l’homme, elle a été testée par épreuve sur souris et mesure du taux des anticorps (IHA ou SN en culture cellulaire).

Le vaccin grippal classique contient en principe 15 μg d’hémagglutinine pour une dose de 0,5 mL ; il est considéré efficace s’il produit des anticorps IHA ≥ 1/40 ou d’un indice S N du même taux ; il génère une protection estimée de 70 à 90 % de la population vaccinée. Or une très importante étude multicentrique publiée par Treanor et al. [16] montre qu’une double vaccination d’un vaccin (ref. 1203 – Pasteur Aventis) non adjuvé, pratiquée sur 451 adultes avec différentes concentrations d’hémagglutine (7,5 – 15 – 45 – 90 μg/dose x 2), aboutit, 28 jours après le rappel, à l’estimation minimale requise d’immunité, avec 50 % d’anticorps IHA au 1/40e, et obtenue avec la quantité maximale d’antigène, soit 90 μg/dose. Ce résultat est inquiétant car il représente une quantité minimale de 180 μg d’antigène par individu. Or 900 millions de doses à 15 μg/dose (capacité maximale mondiale de production) ne représentent plus que 75 millions de doses (2 x 90 μg) annuelles possibles [17] d’un vaccin modérément efficace puisque l’on a une efficacité estimée de 52 % contre 70 à 90 % avec les vaccins grippaux classiques. Les auteurs américains pensent qu’il y a urgence à augmenter le pouvoir vaccinant par des immunostimulants : MF59-alun-. Les études de l’Institut Pasteur, confirmant ces observations, ont entraîné la mise au point d’un vaccin adjuvé par l’alun. Injecté à 300 volontaires, à doses variables, la double injection d’un vaccin contenant 30 μg/dose a donné une réponse immunitaire conforme aux recommandations européennes ; d’où un triplement possible des quantités de vaccins disponibles, soit 225 millions de doses, ce qui est loin de la quantité mondiale souhaitable qui se situe à 1 ou 2 milliards de doses [18].

Autres recherches

De nombreux pays effectuent leurs propres recherches et annoncent avoir mis au point des vaccins dits « efficaces » (vaccin chinois [19] – vaccin hongrois [20] prévus initialement pour les vétérinaires et les éleveurs vivant en contact avec les volailles.

Autres alternatives

L’opinion quasi unanime des spécialistes est que si la pandémie survient, 4 mois au moins sont nécessaires pour l’isolement du virus pandémique, son réassortiment génétique et le début de la production et des contrôles. En outre, les quantités produites seront très inférieures à la demande qui sera énorme. Enfin, le rythme de la diffusion virale dans une population neuve, donc sensible, à toute chance d’être rapide. Pour toutes ces raisons, une solution alternative a été proposée par Lu et al. (fin mars 2006) [21] : la production sur cheval d’un sérum hyperimmun ; le titre obtenu était de 1/1024 IHA et 1/2048 SN. L’équivalent de 6 mL de sérum hyperimmun représentant 100 μg de gammaglobuline purifiée, protège la souris contre une dose léthale du virus H5N1. Cet antisérum qui pourrait être utilisé à titre curatif et préventif semble une voie intéressante à explorer.

Conclusions

Chez l’animal

Deux cas de figure entraînant deux attitudes différentes sont à envisager :

1. Dans les pays dits « développés » : nos structures sanitaires et professionnelles et les mesures prises nous rendent confiants. Lors de rares cas de grippe aviaire H5N1, l’abattage s’impose sans vaccination, associé à une surveillance renforcée de l’environnement ;

2. Dans les pays aux infrastructures sanitaires et professionnelles moins développées, submergés par la vague épizootique, la seule solution reste :

  • Dans un premier temps, la vaccination généralisée, qui est efficace et qui vise à diminuer les cas cliniques et la quantité de virus excrétée par les contaminés ;
  • Dans un second temps, lorsque la poussée épizootique se sera assagie, les sondages sérologiques pratiqués sur animaux sentinelles non vaccinés permettront de constater la persistance ou non du virus. Dans ce dernier cas, on pourra alors passer au système retenu par les pays européens. L’expérience mexicaine a en effet démontré que l’éradication n’est possible en milieu infecté qu’en associant vaccination et abattage.

Chez l’homme

  • Les problèmes à résoudre sont les suivants
    • rapidité de la réponse à isoler le virus pandémique, à le réassortir avec le virus PR8, à le produire industriellement ;
    • nécessité d’une énorme quantité d’œufs pour la culture virale, impossible à obtenir pratiquement ;
    • nécessité de trouver le bon adjuvant et la dose optimale d’antigène pour le vaccin pandémique ;
    • extension probablement très rapide de la pandémie, favorisée par les très nombreux déplacements humains (plusieurs centaines de milliers de personnes empruntent l’avion chaque jour).
  • Options

Nous sommes incertains sur la réussite de cette opération de vaccination avec le vaccin classique H5N1 recommandé par l’OMS.

  • Deux voies, à notre avis, méritent d’être encouragées éventuellement, sous réserve de résultats ultérieurs confirmant leur intérêt
    • la production de sérum équin hyperimmun stocké préventivement et permettant un usage préventif ou curatif ;
    • la production de vaccin vivant à base d’un adénovirus recombinant avec une hémagglutine H5 et éventuellement d’autres constituants du virus aviaire. D’après les travaux de Treanor, ce virus vaccin :
      • . peut être produit sans problème sur culture cellulaire du type vero ;
      • . peut se conserver actif lyophilisé, d’où la possibilité de constituer des stocks ;
      • . provoque une immunité active sérique et à médiation cellulaire, avec production d’anticorps IHA circulants ;
      • . est actif et protège contre différentes souches virales H5N1 et semble couvrir les dérives antigéniques de ce virus.

La barrière d’espèce et conséquences

Le mieux est évidemment de partager l’optimisme de beaucoup de vétérinaires qui pensent que la barrière d’espèce jouera dans le cas de l’influenza aviaire, comme elle a joué dans le cas de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). où certains scientifiques alarmistes nous avaient prédit des centaines de milliers de morts, alors que nous n’en recensons que 16 actuellement. On ne peut d’ailleurs qu’être frappé par la similitude des faits :
  • Les Français, avant l’interdiction de la viande anglaise, ont consommé environ 800 000 carcasses anglaises infectées : le bilan est de 16 décès ;
  • Un ou probablement deux milliards d’Asiatiques en contact permanent avec le virus n’ont extériorisé de 2003 à 2006 que 200 cas cliniques environ et 100 décès. On peut se permettre de penser que le virus passe très difficilement à l’homme.

Néanmoins, la contamination possible humaine sera d’autant moins importante que l’on aura, dans les pays débordés par l’épizootie, pratiqué une vaccination aviaire généralisée, financée partiellement, si besoin est, par les pays encore indemnes, et destinée à diminuer la pression virale infectieuse pour l’homme.

Dans le cas d’une pandémie grippale, la seule solution du vaccin actuel proposée par l’OMS est peut-être insuffisante. D’autres voies de recherches (immunothérapie, vaccin vivant à adénovirus, autres vaccins à imaginer) sont à encourager.

Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un problème préoccupant et que les énergies et les idées doivent être mobilisées pour tenter d’enrayer cette pandémie qui nous guette.

Références

1 Huraux JM, Nicolas JC, Agut H, Peigue-La Feuille N. 2003. Les orthomyxoviridae. In : Naffath N, Wanderswer F, eds. Traité de virologie médicale. Paris : ESTEM (Agence universitaire de la Francophonie), 2003.

2 Durand MP. L’influenza aviaire H5N1. La pandémie annoncée aura t’elle lieu. CR Acad Agric Fr 2006 ; 91 : 47-50.

3 Institut national de veille sanitaire (InVS). L’épidémie de grippe aviaire H5N1. Point au 22 mars 2006. http ://www.invs.sante.fr.presse.

4 Capua I, Marangon S. Vaccination for avian influenza in Asia. Vaccine 2004 ; 22 : 4137-8.

5 Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Agence nationale du médicament vétérinaire. Souches vaccinales Intervet autorisées France 2006. Maisons Alfort : Afssa, 2006.

6 Ellis TM, Leung CY, Chow MKet al. Vaccination of chickens against H5N1 avian influenza in the face of an outbreak interrupts virus transmission. Avian Pathol 2004 ; 33 : 405-12.

7 Swayne DE, Beck JR, Perdue ML, Beard CW. Efficacy of vaccines in chicken against highly pathogenic Hong-Kong H5N1 avian influenza. Avian Dis 2001 ; 45 : 355-65.

8 Chen H. Harbin : Veterinary research institute, 2005. www.hvri.ac.cn.

9 Swayne DE, Beck JR, Kinney F. Failure of a recombinant fowl-pox vaccine containing an avian influenza hemagglutiningen to provide consistent protection against influenza chickens preimmunized with a fowl pox vaccine. Avian Dis 2000 ; 44 : 132-7.

10 Jefferson T. Antivirals for influenza in healthy adults : systematic review. Lancet 2006 ; 367 : 303-13.

11 Liu I, Gao GF. Highy pathogenic H5N1. Influenza virus infections in migratory birds. Science 2005 ; 309 : 1206.

12 Normile D. Potentially more lethal variants hits migratory birds in China. Science 2005 ; 309 : 231.

13 Hoelscher MA, Garg S, Bangari DS. Development of adenoviral vector based pandemic influenza vaccine against antigenically distinct human H5N1 strains in mice. Lancet 2006 ; 367 : 475-81.

14 Parks RS, Cummings DT, Evelegh CM, Sankar U, Graham FL. A high efficiency cre/10xP based system for construction of adenoviral vectors. Hum Gene Thera 1999 ; 10 : 2667-72.

15 World Health Organization (WHO). Global influenza program 2003. Production of pilot lots of inactivated influenza vaccines from reassortant derived from avian influenza viruses. Geneva : WHO, Department of communicable diseases, 2003.

16 Treanor JJ, Campbell JP, Zangwill KM, Rowe T, Wolff M. Safety and immunogenicity of an inactivated subvirion influenza A (H5N1) vaccine. Engl J Med 2006 ; 354 : 1343-51.

17 Poland GA. Vaccines against time. Engl J Med 2006 ; 354 : 1411-3.

18 Institut Pasteur. Vaccin grippe aviaire : des résultats encourageants contre la souche H5N1. Paris : Institut Pasteur, 2006. http ://www.futura-sciences.com/news-vaccin-grippe-aviaire-resultats.

19 Vietnam New Agency (VNA). La Chine approuve le test clinique du vaccin pour l’homme contre la grippe aviaire. 2005. http ://www.vnanet.vn/newsp.asp.

20 Romandie. La Hongrie affirme avoir mis au point un vaccin contre le H5N1. Mars 2006. http ://www.romandie.com/infos/ats/display.

21 Lu S, Guo Z, Pan X, Wang G, Zhang D. Passive immunotherapy for influenza A H5N1. Virus infection with equine hyperimmune globuline F. (ab)2 in mice. Respir Res (en ligne) 2006. http ://respiratory-research.com/info/instructions.


 

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