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Infection à VIH et parasitoses en zone tropicale


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 1, Numéro 3, 189-201, Août-Septembre 1991, Synthèse


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Francisco Veas, Jean-Loup Rey, Centre ORSTOM de Montpellier (programme SIDA), BP 5045, 34032 Montpellier Cedex, France..

Résumé : Une des caractéristiques essentielles de l’infection à VIH en Afrique est son association fréquente avec les maladies infectieuses et parasitaires. Ces associations peuvent être de trois ordres \; soit une simple conséquence de l’immunodéficience, soit être provoquée par une interaction spécifique au niveau intracellulaire, en cas de co-infection du même type de cellule ou intercellulaire par l’intermédiaire de différents médiateurs, soit enfin une association conjoncturelle due à un facteur de confusion iatrogène. Concernant le paludisme, les données sont contradictoires \; les enquêtes rétrospectives ne montrent pas de relation entre les fréquences des deux affections mais un certain nombre de cliniciens insistent sur la clinique grave du paludisme chez l’adulte en rapport avec l’infection à VIH. L’hypothèse est soulevée des rapports de l’infection à VIH avec la chimiorésistance à la chloroquine qui en Afrique s’est étendue parallèlement à l’infection à VIH. Pour les schistosomiases, il n’y a pas de données épidémiologiques mais quelques études en laboratoire montrent que des informations rétrovirales peuvent être transportées par des schistososmes et que les protéines virales et parasitaires présentent des homologies. Pour la trypanosomiase africaine, les études rétrospectives ne montrent pas de lien significatif entre la séropositivité à VIH et la parasitémie, mais, hors Afrique, des relations cliniques, biologiques et épidémiologiques ont été mises en évidence entre VIH et leishmanies d’une part, VIH et Trypanosoma cruzi d’autre part. Plusieurs études récentes montrent in vitro des relations entre le VIH et les protozoaires intestinaux et génitaux. Quant aux parasitoses ubiquistes, elles n’ont pas la même importance relative en Afrique que sous nos latitudes. En conclusion, nous pensons que ces inter-relations sont importantes pour la compréhension de la pathogénicité des VIH et de l’épidémiologie africaine des VIH et pour l’avenir des programmes de lutte contre le SIDA et contre les parasitoses.

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