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Ethique, pauvreté et SIDA |
Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 2, Numéro 2, 122-9, Mars-Avril 1992, Option
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Article gratuit
Summary
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Auteur(s) : Dirceu B. Greco |
Résumé : En 1991, le SIDA s’est étendu à tous les continents avec un nombre des sujets infectés estimé à 10 millions. Dans les pays industrialisés, l’épidémie atteindra probablement son maximum vers 1995, tandis qu’elle continuera à progresser dans les pays en développement. Le tribut le plus lourd à la maladie est payé par les populations les plus pauvres, que ce soit dans les ghettos des grandes villes des États-Unis ou dans les bidonvilles d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du Sud. Le diagnostic est clair et peut se résumer à l’équation : SIDA \= pauvreté, discrimination et non-citoyenneté. Les liens entre éthique, droits d’homme, citoyenneté et santé sont évidents dans le cadre de cette maladie. Le SIDA progresse plus intensément là où l’éthique, les droits de l’homme et la citoyenneté sont absents. De façon plus surprenante, on observe quelques avancées possibles : la nécessité d’une prise de conscience mondiale et l’engagement international pour l’arrêt de la dissémination de l’infection \; les questions de confidentialité, d’éthique dans la recherche, pour n’en citer que quelques-unes, n’ont jamais été aussi présentes que dans le domaine du VIH \; la nécessité de banques de sang sûres a précédé l’apparition du VIH, mais c’est le SIDA qui l’a rendue évidente \; les personnes atteintes du SIDA ou infectées par le VIH participent aux côtés des professionnels de la santé à la majorité de conférences internationales sur la maladie. Ces conséquences positives sont de maigres consolations pour toutes les personnes atteintes d’une maladie encore incurable, sujets à toutes sortes de discriminations et de préjudices, analogues par beaucoup d’aspects à ceux rencontrés dans le passé lors d’autres épidémies. Cet article décrit l’ampleur du défi pour arrêter la dissémination de l’infection à VIH, pour assister le malade, et discute les postures éthiques face à l’épidémie. Le tableau dressé est peut-être pessimiste, mais il est réaliste. Beaucoup d’incertitudes concernent le futur et l’espoir de la santé pour tous dans l’an 2000 est presque envolé. Les changements nécessaires sont nombreux et généralement bien connus :
- l’éducation, un lieu pour travailler, un lieu pour vivre, l’accès aux soins médicaux (Déclaration Universelle des Droits de l’homme) \;
- la nécessité d’un engagement mondial est proclamée à chaque conférence internationale sur le SIDA. Malheureusement, cette motion n’est encore qu’une figure de rhétorique \;
En ce qui concerne l’épidémie par le VIH, tous les efforts doivent être regroupés pour prévenir son extension, pour éduquer sans relâche les peuples sur les méthodes de prévention, pour diffuser notre plaidoyer en faveur de la solidarité et la non-discrimination, pour mettre à disposition des traitements contre les infections opportunistes et contre le virus lui-même et pour renforcer les programmes de recherches sur les nouveaux traitements (médicaments et vaccins).
Une action concertée des activistes de toutes sortes et des professionnels de santé ne sera probablement pas suffisante pour obtenir tout le changement nécessaire, mais nous devons encore faire entendre nos voix indignées. Notre rôle en tant qu’individus concernés est de répéter et amplifier cet appel en faveur d’une justice équitablement distribuée, indépendamment de la race, de la religion, de l’origine, de la langue et du PNB par habitant !
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