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Dépistage de la bilharziose intestinale selon la cinétique d’élimination urinaire d’un antigène polysaccharidique


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 2, Numéro 2, 91-7, Mars-Avril 1992, Étude originale


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Christian P. Raccurt, Dominique Lardillier-Rey, Martine Appriou, Jean Tribouley, Christian Ripert, Service de parasitologie, UFR de médecine, université des Antilles et de la Guyane, boulevard Légitimus, B.P. 688, 97168 Pointe-à-Pitre cedex, France, Service de parasitologie médicale, université de Bordeaux II, 146, rue Léo-Saignat, 33076 Bordeaux cedex, France, Service d’immunologie et biologie parasitaire, université de Bordeaux II, 146, rue Léo-Saignat, 33076 Bordeaux cedex, France..

Résumé : La détection dans les urines d’un antigène polysaccharidique spécifique du genre Schistosoma dépiste les sujets parasités dans une proportion plus grande que ne le permet l’examen parasitologique des selles. Chez certains bilharziens, paradoxalement, cette recherche dans les urines est négative en dépit de la présence d’œufs de S. mansoni dans les selles. L’objectif de ce travail était de vérifier si le pourcentage de ces résultats paradoxaux pouvait être diminué en testant des urines concentrées émises au réveil, plutôt que les urines de la journée. Deux enquêtes successives ont été réalisées dans le foyer de bilharziose intestinale de Djohong, Cameroun. L’examen parasitologique des selles formulées a été effectué par une technique diphasique à l’éther. L’antigène urinaire a été recherché par la réaction d’inhibition de l’hémagglutination passive à l’aide de l’anticorps monoclonal de classe IgM Sm 10.27.12. Les résultats ont montré que les urines du réveil (391 sujets) facilitent la détection de l’antigène par rapport aux urines de la journée (264 sujets). Le gain de dépistage des sujets dont l’examen des selles est négatif est passé de 19,3 % à 53,7 % de la population examinée. Chez les sujets éliminant des œufs de S. mansoni, l’immunodiagnostic a été en défaut dans 39,8 % des cas, avec les urines de la journée, contre 25,6 % des cas, avec les urines du réveil. Chez 36 bilharziens confirmés, dont les urines ont été testées à chacune des deux enquêtes, les résultats paradoxaux ont diminué de 53 % à 19 % grâce au recueil matinal des urines. L’analyse des résultats montre que ces « sujets paradoxaux » se recrutent surtout à l’âge adulte. Le rôle de la formation de complexes immuns est discuté comme l’une des causes probables de ces cas paradoxaux.

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