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Données entomologiques sur le paludisme urbain en Afrique tropicale


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 3, Numéro 4, 239-45, Juillet-Août 1993, Synthèse

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Pierre Carnevale, Vincent Robert, Gilbert Le Goff, Etienne Fondjo, Lucien Manga, Martin Akogbeto, Jean-Philippe Chippaux, Jean Mouchet

Résumé : L’urbanisation, un des phénomènes sociaux les plus importants de cette fin de siècle, s’accompagne de nombreux changements écologiques qui retentissent sur la faune culicidienne. Nous rapportons, ici, les résultats des études exécutées par divers auteurs, à Pikine (Sénégal) en zone sahélienne, à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) en zone soudanienne, à Cotonou (Bénin) en zone côtière lagunaire et à Brazzaville (Congo) en zone équatoriale. Outre l’occupation des sols par les infrastructures urbaines qui limite spatialement les surfaces disponibles pour les gîtes des anophèles, la pollution domestique, notamment les détergents, rend les eaux de surface impropres au développement du vecteur majeur An. gambiae. En revanche, elle favorise Culex quinquefasciatus qui s’est adapté à ces nouveaux environnements et constitue, désormais, le moustique urbain, devenant même un marqueur de l’urbanisation. De façon générale, quelques conclusions s’imposent : - la transmission du paludisme est une réalité en milieu urbain, mais elle est quantitativement inférieure à celle sévissant dans la zone rurale environnante \; - les milieux urbains sont très hétérogènes et les conditions entomologiques sont donc très variables, d’une ville à l’autre et d’un quartier à l’autre de la même ville \; - les indices parasitologiques classiques sont en accord avec les informations entomologiques \; ils sont moins élevés que ceux des villages avoisinants \; - la zone périurbaine constitue un milieu intermédiaire, les indices entomologiques et parasitologiques étant supérieurs à ceux du centre ville et inférieurs à ceux de la zone rurale. Sur le plan clinique, la situation est rendue complexe par les nombreux facteurs sociaux (autotraitements, facilités d’accès aux soins...). Mais il apparaît que l’immunité antipalustre est plus faible chez les citadins que chez les ruraux, de sorte que le paludisme maladie peut toucher toutes les classes d’âge et que des accès pernicieux ont pu être notés chez les adultes.

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