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La mortalité néonatale sans solution en Afrique sahélienne ? Bilan et perspectives en milieu urbain à Niamey, Niger |
Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 5, Numéro 6, 335-40, Novembre-Décembre 1995, Synthèse
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Résumé
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Auteur(s) : Hubert Barennes, Fati Moustapha Tahi, mission de Coopération française, ministère de la Santé Publique, direction de la Santé Familiale, BP 792, Niamey, Niger, Faculté des sciences de la santé, Niamey, Niger.. |
Résumé : Avec une mortalité infanto-juvénile de 318‰ naissances vivantes, une mortalité infantile de 222‰ et 15% des enfants de moins de 5 ans atteints de malnutrition grave, la mortalité néonatale n’est peut-être pas la première priorité de santé publique du Niger où 85 à 90% des accouchements se font sans assistance médicalisée et où 70% de la population réside à plus de 10 kilomètres d’un centre de santé. En outre, la forte létalité des services de néonatalogie (selon le modèle occidental) et leurs difficultés de fonctionnement en Afrique incitent à rechercher des solutions réalistes au problème de la mortalité néonatale. Cette recherche a été réalisée à Niamey, la capitale du Niger. L’analyse rétrospective des registres des maternités et des services de pédiatrie, de 1985 à 1992, a été couplée à une étude descriptive prospective d’un échantillon de 149 femmes enceintes suivies depuis les consultations prénatales jusqu’en fin de période néonatale. L’étude montre que Niamey dispose d’arguments positifs pour abaisser la mortalité néonatale. La concentration en personnel médical est élevée par rapport au reste du pays, les infrastructures de santé sont diversifiées. La mortalité des nouveau-nés (6,7‰) enregistrée pendant leur court séjour en maternité (24 heures) ne représente qu’un quart de la mortalité néonatale estimée à Niamey à 28,6‰. La létalité est élevée dans les deux services de pédiatrie (43,8%), prédomine le premier jour (45% des décès) et frappe surtout les enfants de poids inférieur à 2 500 grammes (62,4%). Ces chiffres soulignent la nécessité d’améliorer en amont la prise en charge des nouveau-nés et de coupler prévention prénatale, prise en charge obstétricale et pédiatrique. Le suivi des femmes enceintes met en évidence que l’amélioration des prestations actuelles pourrait abaisser la mortalité néonatale : ceci concerne les conditions matérielles des consultations prénatales, la réorientation des consultations prénatales vers le dépistage et un traitement correct des facteurs de risque de mortalité néonatale, la surveillance et la prise en charge obstétricale, la formation des sages-femmes des maternités. L’adoption de mesures officielles peu coûteuses est suggérée : formation d’infirmières puéricultrices dans chaque maternité et surveillance des enfants à risque dans de petites unités insérées dans les maternités, adoption d’une consultation obligatoire de l’enfant avant la cérémonie traditionnelle d’attribution du nom au 7e jour. Ces mesures sont considérées comme prioritaires avant d’envisager l’amélioration des soins hospitaliers néonatals et supposent la participation du personnel de santé et l’engagement des décideurs. Certaines de ces propositions sont actuellement en cours de réalisation. |
ARTICLE
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