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La qualité des services de santé en Afrique : l’exemple du dépistage des grossesses dystociques à Nioki (Zaïre)


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 6, Numéro 2, 107-14, Mars-Avril 1996, Option


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Pierre Fournier, Nawej Karl Itaj, Slim Haddad, Université de Montréal, Unité de santé internationale et Groupe de recherche interdisciplinaire en santé. Pavillon Marguerite d’Youville, CP 6128 suce. Centre-ville, Montréal, Québec, Canada H3C 3J7, Agent de recherche, Chercheur-adjoint..

Résumé : L’accouchement, si fréquent en Afrique et phénomène social hautement symbolique, s’accompagne de risques élevés pour la mère et l’enfant. Au cours des dernières décennies, une attention importante a été portée à l’extension des services de santé et leur accessibilité a été considérablement étendue. En revanche, leur efficacité laisse parfois à désirer, en partie du fait d’une qualité insuffisante. Cela est le cas, en particulier, pour l’évaluation du risque de grossesse compliquée mais, en principe, le suivi prénatal devrait permettre de déceler à temps la majorité de ces grossesses. Cette étude cas-témoins (59 cas et 177 témoins) a été réalisée en milieu rural au Zaïre. Elle avait pour objectif principal d’analyser la qualité du diagnostic de grossesse à risque porté au cours de la consultation prénatale et, secondairement, d’identifier les principaux facteurs de risque associés aux accouchements dystociques. Le diagnostic de grossesse à risque porté au cours de la consultation prénatale a une spécificité élevée (95 %) mais sa sensibilité est faible (53 %.) : près d’une grossesse à risque sur deux n’est pas décelée. L’analyse révèle que le diagnostic est fondé sur l’hémorragie du post-partum et la petite taille mais qu’il prend insuffisamment en compte les antécédents de dystocie et la primiparité. En utilisant mieux l’information déjà disponible, on pourrait obtenir une sensibilité de 72 %, permettant de dépister près de trois grossesses à risque sur quatre, mais au détriment de la spécificité, plus basse (67 %), qui conduirait à un diagnostic faussement positif dans un cas sur trois. Le diagnostic actuel de grossesse à risque est conservateur, en partie du fait de l’attitude du personnel para-médical qui craint d’être mal jugé par la population en cas de référence inutile. Les critères prédictifs de la dystocie osseuse sont les antécédents de dystocie, la primipartié, la petite taille, les antécédents d’hémorragie du post-partum et un suivi prénatal inadéquat. Les résultats de cette étude illustrent le fait que, dans les pays en développement où l’attention se porte essentiellement, quand cela n’est pas exclusivement, sur l’accessibilité aux services de santé, la qualité est trop souvent négligée. Elle conditionne pourtant en grande partie l’efficacité des services et, également, l’image qu’en ont les usagers qui, à son tour, influence leur utilisation.

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