|
|
 |
 |
| |
Version imprimable |
Sur le problème de la fluorose au Sénégal : bilan des connaissances et présentation d’une nouvelle méthode de défluoruration des eaux de boisson |
Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 6, Numéro 1, 27-36, Janvier-Février 1996, Synthèse
|
Article gratuit
Summary
|
Auteur(s) : Maxime Pontié, Michel Rumeau, Mariama Ndiaye, Codou Mar Diop |
Résumé : Au Sénégal, pays producteur de phosphates, les concentrations en ions fluorure rencontrées dans les eaux des nappes aquifères des régions phosphatées sont souvent supérieures aux normes de potabilité. Elles varient entre 5 et 15 mg/l selon les saisons alors que la concentration limite en ions fluorures est de 0,7 mg/l à 25 C. Après un inventaire hydrogéologique de la répartition des ions fluorure sur le territoire sénégalais et des risques d’intoxication encourus par les populations des zones exposées, nous présentons les différentes méthodes de défluoruration déjà mises en œuvre au Sénégal. En discutant les raisons de leur inadaptation aux réalités technico-économiques du pays, nous proposons une nouvelle méthode de défluoruration : il s’agit de la nanofiltration, parfois dénommée osmose inverse à basse pression. La nanofiltration fait partie des techniques de séparation à membranes qui mettent en jeu une force de pression. Sur une échelle des diamètres de pores, elle est située entre l’osmose inverse et l’ultrafiltration, c’est-à-dire dans le domaine des seuils de coupure entre 200 et 1 000 Daltons (1 Dalton \= 1 g/mole). Cette technique cumule les avantages de l’osmose inverse par son action au niveau ionique et ceux de l’ultrafiltration par les faibles pressions de fonctionnement mises en œuvre (<\; 20 bars) et les faibles coûts énergétiques qui en résultent (de 0,5 à 2 kwh/m3 d’eau produite). Mais, la propriété essentielle de la nanofiltration pour son application à la défluoruration, c’est sa sélectivité pour les sels minéraux. Par ailleurs, la nanofiltration possède une grande simplicité de fonctionnement et d’entretien. Cette technique à membranes permet d’obtenir en une seule étape une eau de bonne qualité \; elle permet aussi d’éviter un certain nombre d’autres traitements complémentaires de stérilisation ou de déminéralisation. Enfin, la faible consommation énergétique du procédé permet de l’envisager en couplage avec une alimentation électrique par des capteurs solaires photovoltaïques pour les sites isolés. |
Mots-clés : |
|