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Pellagre et érythèmes pellagroïdes


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 15, Numéro 3, 205-8, Juillet-Août-Septembre 2005, Aide-mémoire

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Palokinam T Pitche

Résumé : La pellagre est une maladie carentielle due à un déficit en vitamine PP ou niacine. C’est un aspect de la malnutrition chez l’adulte dans les pays pauvres. Les principales étiologies de la pellagre sont les carences nutritionnelles en niacine, l’alcoolisme chronique, les troubles de malabsorption gastro-intestinale, certains médicaments (5-fluoro-uracile, 6-mercaptpurine, isoniazide, éthionamide, pyrazinamide, hydantoïne, phénobarbital, chloramphénicol). Le diagnostic de la pellagre est fondé sur la présence du « syndrome de 3 D » qui associe une dermatose des zones photoexposées, une diarrhée chronique et une démence. Les signes cutanés sont les premiers à apparaître dans plus de 80 % des cas. Au début, il s’agit de lésions érythémateuses (violacées ou pigmentées sur peau noire) apparaissant sur les zones découvertes ou photoexposées de façon bilatérale et symétrique avec des limites nettes. Le signe digestif le plus fréquent est la diarrhée récurrente ou chronique, qui constitue un signe de gravité de la maladie. Cette diarrhée a un retentissement sur l’état général avec un amaigrissement souvent massif et une déshydratation. Les signes neuropsychiatriques apparaissent tardivement et évoluent progressivement vers une encéphalopathie caractérisée par des troubles de la mémoire, un syndrome confusionnel et une démence. On peut observer des signes de neuropathies périphériques surtout dans le contexte d’éthylisme chronique. L’histologie des lésions cutanées n’a aucune spécificité. Il n’y a pas de tests biologiques permettant un diagnostic de certitude. Le dosage sérique de nicotinamide a peu de valeur car le sérum ne contient qu’une infime quantité d’acide nicotinique libre. Seuls les dosages urinaires des catabolites de la niacine, qui représentent 60 à 90 % de la totalité des catabolites urinaires de la niacine et constituent en pratique le seul bon indicateur du statut nutritionnel de la vitamine PP, sont abaissés au cours de la pellagre. Le traitement de la pellagre comporte une supplémentation en vitamine PP associée généralement à une prescription polyvitaminique, car il s’agit souvent de carences vitaminiques multiples, même si c’est le déficit de la vitamine PP qui est plus profond. Le traitement préventif consiste à lutter contre la pauvreté et la précarité dans les pays en développement, et à faire une éducation nutritionnelle.

Mots-clés : pellagre, déficit en niacine, malnutrition

 

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