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Évolution de la prévalence de la schistosomiase intestinale dans le district de São Luis do Maranhão (Brésil) entre 1978 et 2001


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 14, Numéro 3, 149-52, Juillet-Août-Septembre 2004, Étude originale

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : Klitia de Jesus Saraiva Garrido Carneiro , Cloves Silva Carneiro , Philippe Brillet

Résumé : Au Brésil, la plupart des travaux sur la schistosomiase se concentrent soit sur les fluctuations de la vaste aire dite endémique qui s’étend le long du littoral à l’est du pays soit sur l’investissement des grandes cités par cette pathologie. Pourtant la ville de São Luis, peuplée de deux millions d’habitants et capitale d’un État fédéré (le Maranhão), est largement ignorée alors même qu’elle se situe en lisière de la deuxième aire bilharzienne du pays par sa superficie : la Baixada maranhense. Ce travail reprend les seules données disponibles à son sujet, celles du Programme fédéral de lutte dont l’implantation à São Luis a été tardive et quelque peu erratique. Elles montrent l’échec de l’éradication et le succès inégal d’un contrôle fondé sur le seul traitement des sujets positifs détectés par coprologie. Cet échec était (et reste) d’autant plus facilement prévisible que les points d’eau péridomiciliaires présentent tous les éléments facilitant la fermeture du cycle parasitaire : richesse malacologique, contamination par des déchets organiques dont des selles humaines, utilisation pour le bain ou le jeu. Ces caractères sont communs aux 14 quartiers de la ville les plus infectés, quartiers périphériques qui, tous, reçoivent en continu des immigrants venus de la Baixada toute proche. Peu éduqués, parfois contaminés et devant se satisfaire des logements les moins salubres, ces immigrants incrémentent directement le nombre d’infestés et facilitent en outre toutes les étapes du cycle parasitaire. L’évolution des données disponibles concernant ces 14 quartiers montre bien l’intermittence des passages (théoriquement annuels) du Programme et l’inévitable rebond après interruption, ainsi que l’inefficacité prévisible d’une lutte qui n’intègre ni contrôle malacologique (alors que les sites de transmission sont des petites pièces d’eau fermées) ni éducation sanitaire (alors qu’il existe un réseau municipal de postes de santé) ni assainissement.

Mots-clés : Schistosomiase, Mansonia schistosomiasis, Parasitologie, Hygiène, Santé publique, Brésil

 

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