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Gestion des déchets biomédicaux (DBM) au Centre hospitalier régional (CHR) de Ziguinchor


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 13, Numéro 3, 171-6, Juillet 2003, Étude originale


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Papa Ndiaye, Cheikh Fall, Abdoulaye Diedhiou, Anta Tal‐Dia, Oumar Diedhiou , Service de médecine préventive et santé publique, Faculté de médecine, de pharmacie et d‘odontologie, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal <pndiayeised.sn; pndiayetulane.edu>. Institut de santé et développement (ISED), Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal. Service de gynécologie‐obstétrique, Centre hospitalier régional (CHR) de Ziguinchor, BP 7 Sénégal .

Résumé : Pour améliorer la salubrité de l‘environnement hospitalier au bénéfice des populations, une étude sur la gestion des déchets biomédicaux (DBM) a été menée au centre hospitalier régional (CHR) de Ziguinchor du 1 er au 15 mars 2000. Au niveau du CHR, l‘incinérateur a cessé de fonctionner depuis 1993. Les problèmes de gestion des DBM ont été observés à tous les niveaux. Pendant la phase de collecte, il n‘y a pas d‘identification ni de tri. Les poubelles sont exposées un peu partout. Les manœuvres, à défaut de porter les poubelles sur le dos ou la tête, utilisent une table roulante. Les déchets aboutissent dans une crevasse peu profonde à ciel ouvert où ils sont périodiquement brûlés. La collecte, le stockage et le transport se font sans aucun moyen de protection (gants, bottes, masques, tabliers, etc.). Les déterminants essentiels de cette mauvaise gestion seraient l‘insuffisance de moyens financiers et de formation des agents chargés du nettoiement, l‘inconscience du personnel, et l‘utilisation de pratiques non standardisées, par manque de programme. Désormais, la gestion des DBM au CHR de Ziguinchor doit être correcte. L‘utilisation de matériel de protection doit être systématique. Il doit en être de même pour la décontamination de tous les objets usagés, l‘identification et le tri à la source, la récupération et la valorisation de tous les objets recelant une utilité, et l‘entreposage correct des DBM. Le transport doit se faire sous haute sécurité, du lieu d‘entreposage vers le lieu d‘élimination. L‘enfouissement sanitaire a été choisi comme méthode d‘élimination des DBM dans le contexte actuel du CHR. Un programme annuel a été proposé dans ce sens. Les stratégies d‘approche sont la formation et l‘information, la motivation, l‘équipement, la supervision et l‘évaluation. L‘exécution de ce programme requiert un budget de 5 423 454 francs CFA répartis entre la formation (22 %), l‘équipement (40 %), la construction de la fosse et le suivi (38 %). Les tâches sont réparties entre un médecin de santé publique, les responsables d‘unités de soins, et les agents préposés au nettoiement. Le suivi se fera essentiellement par trois supervisions trimestrielles au troisième, sixième et neuvième mois et par une évaluation à la fin du programme. L‘impact sera apprécié par la disparition des dépôts sauvages grâce à l‘élimination effective de tous les DBM dans la fosse d‘enfouissement sanitaire du CHR de Ziguinchor.

Mots-clés : Déchets biomédicaux \; Santé publique \; Environnement \; Hôpital.

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : Papa Ndiaye1,3, Cheikh Fall2, Abdoulaye Diedhiou2, Anta Tal-Dia1,2, Oumar Diedhiou3

1 Service de médecine préventive et santé publique, Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontologie, Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
<pndiaye@ised.sn; pndiaye@tulane.edu>
2 Institut de santé et développement (ISED), Université Cheikh Anta Diop, Dakar, Sénégal
3 Service de gynécologie-obstétrique, Centre hospitalier régional (CHR) de Ziguinchor, BP 7 Sénégal

Partout dans le monde, la sensibilisation sur les dangers liés aux rejets toxiques des industries polluantes a longtemps masqué l’importance des risques liés aux déchets biomédicaux (DBM) qui n’en sont pas moins dignes d’une attention très particulière [1, 2]. Si les infections nosocomiales atteignent 5 à 10 % des personnes hospitalisées en Europe, que penser alors de la situation en Afrique de l’Ouest où les conditions de nettoiement au niveau des services sanitaires sont très éloignées des normes d’hygiène et de propreté [3, 4] ?
Au Sénégal, la gestion des DBM engage la seule responsabilité des formations sanitaires qui ne disposent pas, la plupart du temps, de plan de gestion adéquat pour assurer leur prise en charge correcte [5, 6]. L’image qu’offre un bac à ordures dans la plupart des formations sanitaires est celle d’un salmigondis où DBM et déchets assimilables à des ordures ménagères forment un cocktail particulièrement détonnant de matières infectées, toxiques et putrides [6, 7]. Aussi, l’élimination de ces déchets dangereux fait souvent recours à des méthodes expéditives telles que l’enfouissement et le brûlage dans l’enceinte même des structures sanitaires, sans respecter les normes d’hygiène et de salubrité [2, 6].
En 1992, à la demande de la mairie, une institution appelée SENAGROL a estimé la quantité annuelle de déchets à 23 749 tonnes, dont 21 tonnes de DBM dans la ville de Ziguinchor. Près de la moitié de cette quantité (48 %) était produite par le seul Centre hospitalier régional (CHR) [7]. Le reste venant des autres établissements de soins (hôpital de district, postes et cases de santé), cabinets médicaux, dentaires et vétérinaires, pratiques d’automédication dans les foyers (injections, produits pharmaceutiques, etc.). C’est dans ce contexte qu’il nous a paru nécessaire d’analyser la gestion des DBM au CHR de Ziguinchor en vue de proposer un programme pour réduire les risques de contamination et améliorer l’état de santé environnementale et des populations.

Cadre d’étude, matériel et méthode

Le Centre hospitalier régional (CHR) de Ziguinchor, cadre de cette étude, disposait de 131 lits pour une population de plus d’un million de personnes [8]. En effet, il constituait le centre de référence ultime de toute la région et couvrait, au-delà de sa zone de couverture géographique officielle, une partie de la région administrative de Kolda et des zones frontalières de la Gambie et de la Guinée Bissau. Il était encadré par la zone aéroportuaire non habitée à l’est et au sud, et par les quartiers des HLM Néma au nord et Lindiane à l’ouest. Les habitants de ces quartiers ne pratiquaient pas de culture irriguée et bénéficiaient de l’eau courante fournie par la société des eaux (SDE). Étendu sur 60 000 m2, il disposait de 65 % de surface non bâtie avec assez de terrain vague du coté sud-est. Le sol est essentiellement argileux, et la nappe phréatique superficielle y est à 7,5 mètres en moyenne. Le personnel du CHR était subdivisé en trois catégories. Le personnel administratif comprenait un directeur, un intendant, un contrôleur de gestion, un chef du bureau des entrées, et un surveillant général. Le personnel médical et paramédical comportait 8 médecins dont 2 coopérants français, 7 techniciens supérieurs, 12 sages-femmes d’État, 3 anesthésistes, 14 infirmiers et infirmières d’État, 2 travailleurs sociaux et 6 agents sanitaires. Les agents communautaires (payés par le comité de santé) regroupaient 1 standardiste, 3 secrétaires, 20 filles et garçons de salle, 4 lingères, 11 manœuvres, 5 brancardiers, 4 cuisiniers et cuisinières, 11 gardiens, et 2 chauffeurs. Les services du CHR étaient au nombre de 17 : 6 médico-chirurgicaux, 4 paramédicaux, et 7 annexes. Ils regroupaient 19 secteurs qui se subdivisaient en 44 unités. Les DBM étaient produits par 12 secteurs sur 19, au niveau de 22 unités sur 44.

L’enquête a été menée du 1er au 15 mars 2000 au niveau du CHR de Ziguinchor. Les paramètres objectifs de gestion des DBM ont été retenus à partir d’une revue de la littérature. Ils portaient sur l’organisation du CHR, la gestion pratique des DBM (collecte, stockage, transport, élimination, protection) ainsi que ses déterminants. Un formulaire de recueil de données a été élaboré sur la base des paramètres ciblés, puis testé et corrigé. Les données ont été recueillies lors d’entretiens non structurés avec 16 responsables (directeur du CHR, surveillant général, agent de la sous-brigade d’hygiène, architecte des travaux du CHR et 12 majors de service) et 36 agents communautaires (20 filles et garçons de salle, 11 manœuvres et 5 brancardiers) concernés par la manipulation des DBM. Elles ont été complétées par des observations directes et par une recherche documentaire sur archives (du CHR, de la région médicale et de la mairie de la ville). Les informations recueillies ont été discutées et synthétisées avant d’être saisies sur l’ordinateur. Après avoir exposé nos résultats, nous présentons un programme de gestion des DBM au CHR de Ziguinchor pour améliorer la santé de l’environnement et, conséquemment, celle des populations.

Résultats

Au niveau du CHR, l’incinérateur a cessé de fonctionner depuis 1993 (photo 1). Les problèmes liés à la gestion des DBM ont été observés à tous les niveaux. Pendant la phase de collecte, il n’y avait pas d’identification ni de tri. L’absence de catégorisation empêchait toute quantification. Les poubelles étaient exposées à proximité des bureaux ou des salles d’attente, le long des couloirs et dans la cour. Le renversement accidentel d’une poubelle contenant des déchets infectieux ou toxiques, présentait des risques pour les patients, les visiteurs, et le personnel (photos 2, 3). Les manœuvres, à défaut de porter les poubelles sur le dos ou la tête, utilisaient la table roulante qui servait aussi à déposer les corps à la morgue. Les déchets qui n’atterrissaient pas sur les dépôts sauvages aboutissaient dans une fosse à ciel ouvert. Ils y étaient périodiquement brûlés et les imbrûlés se superposaient en couches stratifiées partiellement dégradées. Chaque fois qu’une fosse était pleine, une autre était creusée à côté, et ainsi de suite (photos 4, 5). Les opérations de collecte, de stockage et de transport se faisaient sans aucun moyen de protection (gants, bottes, masques, tabliers, etc.). Le personnel était en contact direct avec les DBM. Le matériel de collecte (poubelles et corbeilles) était très insuffisant. L’inhalation de gaz ou de poussières contenant des micro-organismes pathogènes était permanent. Les blessures, notamment avec les rebuts de soins piquants ou tranchants, très fréquentes, devenaient autant de risques d’infection.
Parmi les facteurs de cette mauvaise gestion, le manque de moyens financiers était le plus souvent évoqué. Il serait à la base du manque de matériel et de l’insuffisance du personnel. Le manque de formation des agents chargés du nettoiement expliquerait leur ignorance des règles d’hygiène. Ils utilisaient ainsi la même serpillière pour nettoyer des endroits aussi différents que l’évier, la table d’accouchement, le couloir ou la salle d’opération. L’inconscience du personnel, associée à l’habitude de côtoyer ces déchets à risque serait à l’origine d’une certaine banalisation du danger et finalement d’un relâchement, voire d’un abandon pur et simple, des mesures sécuritaires de travail. Le personnel chargé de la propreté, sous-payé et peu considéré, avait tendance à bâcler le travail. Il préférait participer à d’autres tâches considérées comme plus valorisantes. Aucune responsabilité n’a jamais été clairement définie en ce qui concerne le traitement des DBM, non standardisé par manque de programme (photo 6).

Commentaires et discussion

Le choix de cette étude se justifie par le fait que la mauvaise gestion des DBM constitue un véritable problème de santé par son ampleur, sa gravité et sa vulnérabilité. L’ampleur du problème de gestion des DBM est une préoccupation aussi bien pour les pays développés que pour les pays en développement. La convention de Bâle de 1989 sur « le contrôle des mouvements transfrontières de déchets dangereux et leur élimination » ainsi que les prescriptions du code de l’Hygiène prouvent aisément la réalité des risques qu’ils font peser sur la santé humaine et environnementale [1, 5]. La gravité du problème est liée aux risques de contamination pour toutes les personnes fréquentant le CHR : malades, visiteurs, et personnels, particulièrement les préposés à la manipulation des DBM. Tout cela, en plus de l’insuffisance du nettoyage de l’espace et des corps, et de la mauvaise gestion des DBM liquides qui suivent les eaux usées et vannes, est à l’origine des infections nosocomiales qui, non seulement sont coûteuses pour la collectivité, mais ont dangereusement tendance à se propager de façon épidémique dans l’ensemble des services de soins [3, 4, 9]. La vulnérabilité du problème tient au fait que les risques liés aux DBM sont fortement réductibles grâce à une bonne planification de leur gestion. Ainsi, la mise en œuvre d’un programme de gestion des DBM permettrait d’améliorer l’état de la santé environnementale et des individus. L’application technique de ce programme est possible car les ressources matérielles et la technologie existent et sont accessibles. Une planification adéquate réduit les coûts en les rationalisant, ce qui rend le programme financièrement accessible, donc pérenne [10]. D’où la nécessité de définir des orientations claires respectant les différentes étapes de la gestion des DBM au niveau du CHR de Ziguinchor.
L’utilisation systématique de matériel de protection, tel que gants de ménage en caoutchouc, pinces, tabliers en plastique et masques (cache-nez), doit être obligatoire pour le personnel chargé du ménage et de l’évacuation des DBM [6, 11, 12].
La décontamination doit être systématique pour tous les objets usagés. Le contact avec une solution chlorée à 0,5 % pendant 10 minutes les rend moins dangereux lors de la manipulation [6, 11, 12].
La récupération et la valorisation permettent de réduire la quantité des DBM. Tous les objets recelant une utilité dans les activités de soins (gants, sondes, drains, etc.) ou pouvant être utilisés à d’autres fins (conteneurs en verre ou en PVC) doivent être récupérés après décontamination et/ou stérilisation [6, 11].
L’identification et le tri à la source permettent de séparer les déchets restants en déchets biomédicaux et en déchets assimilables à des ordures ménagères. Un tri minimal nécessite au moins la présence d’une bassine et d’une corbeille dans chaque unité, et de deux grandes poubelles dans chaque secteur de soins : une de couleur rouge pour recevoir les déchets à risque dans leur totalité, une autre de couleur différente pour recevoir les ordures ménagères [11].
L’entreposage ou le stockage des déchets à risque doivent être faits dans des conditions spéciales qui diffèrent nettement de celles des déchets de type ménager [13]. Les déchets piquants ou tranchants sont mis dans des conteneurs rigides jusqu’à l’étape finale d’élimination [6, 11].
Les poubelles contenant les déchets à risque doivent être entreposées dans des lieux isolés, exclusivement réservés à cet usage, interdits d’accès à toute personne étrangère au service et fermés jusqu’à l’étape d’élimination. Après chaque vidange, elles doivent être nettoyées et décontaminées avec de l’eau de javel et refermées [7, 11].
Le transport des poubelles doit se faire sous haute sécurité, du lieu d’entreposage vers le lieu d’élimination, à l’aide de chariots alvéolés. Ces chariots pourraient être fabriqués à peu de frais grâce à l’artisanat local. Le circuit doit être éloigné des zones fréquentées par les patients et les visiteurs [6, 11].
L’élimination des DBM, quelle qu’en soit la forme, comporte des dangers potentiels de dégradation de l’environnement.
Le déversement est le fait des partisans du moindre effort. Loin d’annuler les risques de contamination, il ne fait que transférer les effets néfastes du problème [7].
Le brûlage, tel qu’il est pratiqué actuellement au CHR de Ziguinchor, comporte des risques de pollution de l’air, du fait des émanations de substances hautement toxiques ou cancérigènes (métaux lourds, gaz nocifs, particules de substances organochlorées). Celles-ci créent un phénomène de bio-accumulation au niveau des graisses des mammifères supérieurs (dont les hommes) qui les conduit à l’empoisonnement. Il sera ainsi fortement déconseillé de brûler des déchets à l’air libre, car, l’on ne sait jamais exactement ce que l’on brûle [7].
L’incinération est la pratique recommandée par les normes internationales de gestion des DBM à cause de son efficacité. Cependant, le fonctionnement inadéquat des incinérateurs est assimilable à un vulgaire brûlage et n’en comporte pas moins des risques de pollution. De plus, l’acquisition, le fonctionnement et la maintenance d’un tel ouvrage ont un coût trop lourd pour le CHR. Ainsi, il ne servirait à rien de recommander des techniques de traitement sophistiquées dont la mise en œuvre resterait en dehors des possibilités du CHR [6].
Autrement dit, la meilleure solution pour l’élimination des DBM dans le contexte du CHR demeure, à notre avis, l’enfouissement sanitaire, procédé couramment utilisé à l’intérieur des établissements de santé [6, 7]. La pollution se révèle particulièrement préoccupante lorsque les zones d’habitation qui se trouvent aux alentours comportent des puits servant à la consommation des ménages. Ce n’est pas le cas du CHR de Ziguinchor où les normes de réalisation sont réunies [7]. Le sol, essentiellement argileux, permet le creusement facile d’un trou de 5 m de profondeur et 3 de diamètre. La maçonnerie pourra utiliser du béton armé de ciment afin d’assurer l’étanchéité de la fosse. De telles mesures permettent de réduire consi-dérablement les risques de pollution des sols et des eaux souterraines par les phénomènes de percolation et de lixiviation. Dans le but d’empêcher les animaux d’y pénétrer ou d’éventuels accidents, un mur de protection d’1 mètre de hauteur, légèrement incliné vers l’extérieur, sera édifié autour de la fosse. L’ouverture sera munie d’un couvercle amovible en bois. Cette fosse pourrait servir à l’élimination des DBM durant trois à cinq années. Une fois celle-ci pleine, le mur de protection sera détruit et une dalle de ciment, où sera signalée la présence souterraine de déchets dangereux, servira à boucher hermétiquement la fosse. Dans l’attente de la découverte d’un nouveau procédé d’élimination de ces déchets, le contrôle régulier de l’eau des nappes phréatiques se fera trimestriellement [6, 7].
Un programme de gestion des DBM est ainsi proposé dans le but de contribuer à l’amélioration de la santé du personnel soignant et des populations. L’objectif est de réduire les risques de contamination des personnes et de l’environnement liés à la mauvaise gestion des DBM. Les stratégies d’approche comprendront la formation et l’information, la motivation, l’équipement, la supervision et l’évaluation. Les 19 activités à mener seront réparties en deux phases : 10 avant le début du projet, et 9 à partir du début du projet, comme présenté dans le tableau 1.

Tableau 1. Les 19 activités à mener dans le cadre du programme annuel de gestion des déchets biomédicaux au niveau du centre hospitalier régional de Ziguinchor.
Table 1. List of the nineteen activities to be carried out within the framework
of the annual biomedical waste management program at the Regional Hospital Center of Ziguinchor.
À partir du début du projet
1. Organiser une réunion d’information et de sensibilisation 11. Récupérer tous les objets réutilisables
2. Former tous les agents du nettoiement à la manipulation des DBM 12. Trier les déchets en DBM (à risque) et en ordures ménagères
3. Équiper tous les agents de matériel de protection 13. Décharger les ordures ménagères dans les bacs chaque jour
4. Doter chaque unité de deux récipients de pré-collecte 14. Vider les bacs pleins deux fois par semaine
5. Installer deux bacs à ordures dans un endroit déterminé du CHR 15. Stocker les DBM selon les règles du programme
6. Identifier les sites spécifiques de stockage 16. Transporter deux fois par jour les DBM à l’aide de chariots alvéolés
7. Doter chaque unité productrice de DBM de deux grandes poubelles 17. Déverser tous les DBM dans la fosse d’enfouissement
8. Équiper le CHR de deux chariots alvéolés 18. Superviser les agents une fois par trimestre
9. Élaborer des indicateurs précis d’évaluation 19. Évaluer le programme à la fin de l’année d’exécution
10. Construire une fosse d’enfouissement étanche de 5 m sur 3

Les ressources humaines sont constituées de 52 personnes (16 responsables d’unités de soins, 36 agents chargés de la propreté). Les ressources matérielles comprennent 2 bacs à ordures, 2 chariots alvéolés, 44 corbeilles, 22 bassines, 22 poubelles, 72 paires de gants, 72 masques, 36 tabliers, 88 balais-brosses, 88 pelles plastiques. L’acquisition des ressources et l’exécution de l’ensemble des activités du programme requiert un budget de 5 423 454 francs CFA (soit 8 267,46 euros) répartis entre la formation (22 %), l’équipement (40 %), la construction de la fosse et le suivi (38 %).
Les principales tâches seront réparties entre :
– le médecin de santé publique, responsable et coordonnateur des activités ;
– les 16 responsables, qui s’occuperont de l’équipement et de l’encadrement ;
– et les 36 agents, qui seront les exécutants du traitement effectif des DBM.
La motivation sera psychologique (supervision, réunions, évaluations, distinctions), et financière par la vente des produits de récupération.
Le suivi des activités du programme, se fera essentiellement par :
– trois supervisions trimestrielles au 3e, 6e et 9e mois ;
– et une évaluation à la fin du programme, après le 12e mois.
L’impact du programme sera apprécié par la disparition des dépôts sauvages et l’élimination effective de tous les DBM dans la fosse d’enfouissement sanitaire du CHR de Ziguinchor.

Conclusion

La gestion anarchique des DBM au CHR de Ziguinchor fait subir à l’environnement et à la population des risques importants de contamination que l’on peut éviter. Pour résoudre cet épineux problème, nous avons proposé un programme dont l’élaboration a tenu compte des déterminants identifiés en vue de lui assurer le plus grand succès dans sa mise en œuvre. L’acquisition, le fonctionnement et la maintenance d’un équipement d’incinération n’étant pas à la portée du CHR, l’enfouissement sanitaire a été adopté comme mode d’élimination des DBM.
La mise en application des différentes étapes exige l’adoption et le respect de certaines mesures fondamentales, ainsi que l’effort soutenu du personnel disponible appuyé par des ressources matérielles qu’il faut se donner la peine de rechercher.
Ainsi programmée, la gestion des DBM peut être valablement effective avec un budget de 5 423 454 FCFA seulement, ce qui est insignifiant par rapport au but poursuivi : l’amélioration de la santé du personnel de santé et de la communauté n

Références

1. Mbengue MF. Déchets biomédicaux en Afrique de l’Ouest : problèmes de gestion et esquisse de solutions. Sl : Institut africain de gestion urbaine ; Programme de gestion urbaine ; PNUD/CNUEH/Banque mondiale, Octobre 1999 ; 106 p.

2. Ndiaye C. Risques sanitaires liés à une mauvaise gestion des déchets biomédicaux. Consultation locale sur la gestion des déchets biomédicaux à Dakar (Sénégal), 30-31 Juillet 1998. Sl : OMS, sd.

3. Circulaire DGS/VS/VS2-DH/EO1-N°17 du 19 avril 1995. La lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé publics ou privés participant à l’exécution du service public. BEH 1995 ; 28 : 125-7.

4. Le Coutour X, Gallet E, Noyer V, et al. Le coût des infections nosocomiales. Agressologie 1989 ; 30 : 275-7.

5. Ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature du Sénégal. Plan national de gestion des déchets dangereux au Sénégal. Direction de l’Environnement et des Établissements classés/MEPN, Dakar 1999 ; 39 p.

6. Halbwachs H. L’élimination des déchets solides dans les établissements sanitaires de district. Forum Mondial de la Santé 1994 ; 15 : 387-92.

7. Ndiaye P. Programme annuel de gestion des déchets biomédicaux au centre hospitalier régional de Ziguinchor. Mémoire CES Santé Publique, Institut de Santé et Développement, UCAD-Dakar, 2000, No 8-510, 35 p.

8. Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan - Direction de la prévision et de la statistique. Enquête démographique et de santé au Sénégal (EDS II). Dakar : Division des statistiques démographiques, 1992/1993 : 133-40.

9. Marty N, Malavaud S, Gorecki N, et al. Trois types de surveillance épidémiologique des infections nosocomiales au CHU de Toulouse (Hôpitaux Rangueil et La Grave). Med Mal Infect 1996 ; 26 : 624-33.

10. Fayomi B, Makoutode M, Soton A, Decker M. Prévention des risques biologiques chez le personnel soignant dans un pays en voie de développement. Communication. 4e Conférence internationale de la CIST sur la santé au travail des travailleurs de la santé, Montréal-Canada, 28 septembre-1er octobre 1999.

11. Giroult E. Règles de gestion des déchets hospitaliers (pour les pays en développement). Genève : OMS/UEH/EOS 1996 ; 12 p.

12. Ministère de la Santé et de l’Action sociale du Sénégal. Prévention des infections. Protocole des services de PF au Sénégal. Sl : Programme national de planification familiale/SNSR/MSAS, 1996 ; 135 p.

13. Faye PC. Évaluation du projet de collecte, évacuation et traitement des ordures ménagères (CETOM). Mémoire de génie sanitaire, CES de santé publique, Institut de santé et développement, UCAD-Dakar, janvier 1997, 41 p.

Avant le début du projet


 

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