Résumé : L’hypothyroïdie primaire est rarement décrite dans les publications médicales africaines à l’exception, certes, de quelques allusions qui y sont faites lors de l’étude du goitre endémique. Une étude de type rétrospectif a été menée parmi les patients venant à la consultation ou hospitalisés dans le Service de médecine interne du Centre Marc-Sankale (Dakar) de 1985 à 1996. Les critères d’inclusion dans l’étude étaient les signes cliniques d’hypothyroïdie et le dosage de la thyréostimuline. Les paramètres pris en compte ont été d’ordre socio-démographique, clinique (syndromes d’hypométabolisme, cutanéomuqueux et musculaire) et étiologique (atrophie thyroïdienne spontanée, thyroïdectomie, goitre multinodulaire). Les 37cas étudiés se répartissaient en 8 hommes (âge moyen : 40,8 ± 19,2 ans) et 29 femmes (âge moyen : 41,5 ± 14,5 ans), dont la moitié était d’origine semi-urbaine, l’autre moitié se partageant à parts égales entre urbains et ruraux. Les signes cliniques associaient l’hypométabolisme (constipation : 51 %, bradycardie : 45 %, asthénie physique : 40%, somnolence diurne : 32 %, frilosité : 35 %), le syndrome cutanéo-muqueux (raucité de la voix : 48 %, dépilation : 32 %, bouffissure du visage : 27 %, macroglossie : 24 %, hypo-acousie : 21 %, prise de poids : 18 %, peau sèche : 16 %, pâleur 2 %) et le syndrome musculaire, toutefois rare (4 cas de myalgie et 2 cas de faiblesse musculaire). Dans le domaine de la biologie, la cholestérolémie totale moyenne était de 2,54 ± 0,75 g/l, la T3 totale moyenne de 1,027 ± 0,84 nmol/l, la T4 totale moyenne de 16,70 ± 16,89 nmol/l et la thy-réostimulinémie ultrasensible moyenne de 63,74 ± 51,01 mUI/l. Les étiologies se composaient de 13 goitres, 11 thyroïdectomies, 13 atrophies thyroïdiennes spontanées. L’hypothyroïdie primaire est une réalité en milieu hospitalier africain, en particulier sénégalais. Cette affection, traditionnellement rapportée dans les études de santé publique mais confinée aux foyers de goitre endémique, fait désormais son apparition dans les milieux cosmopolites africains où elle garde une forme clinique encore patente. |