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Attitudes et comportements des femmes enceintes face au dépistage du VIH à Abidjan (Côte d’Ivoire), en 1995 et 1996


Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé . Volume 8, Numéro 3, 234, Mai-Juin 1988, Notes méthodologiques

Summary  

Auteur(s) : Djénéba Coulibaly, Philippe Msellati, Séri Dedy, Christiane Welffens-Ekra, François Dabis

Résumé : La proposition de test de dépistage du VIH chez les femmes enceintes est faite à la Formation sanitaire urbaine (FSU) et au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon, par le biais du projet DITRAME, au cours d’un entretien destiné à obtenir leur consentement. Le taux d’acceptation a été de 61 % au CHU et de 77 % à la FSU en 1995, mais seulement 73 % des femmes du CHU et 48 % de la FSU sont revenues chercher le résultat de leur test. Ceci nous a conduits à nous poser les questions suivantes : pour quelles raisons les femmes refusent-elles le test de dépistage du VIH ? Pourquoi celles qui l’ont accepté ne viennent-elles pas chercher les résultats ? Une enquête qualitative à l’aide d’entretiens approfondis a été menée. Cinquante femmes vues en consultation prénatale ayant refusé le test de dépistage VIH ont été interrogées individuellement dans le centre de santé où le test leur a été proposé. Pour connaître les raisons de l’indifférence vis-à-vis des résultats du test, 50 autres femmes l’ont été également, soit à domicile, soit dans le centre de santé, huit jours au moins après la date prévue pour l’annonce des résultats. Les principales raisons du refus du test et de l’indifférence aux résultats semblent essentiellement la crainte de voir sa mort s’accélérer, la peur du rejet par l’entourage, notamment par le mari, celle de la rupture possible du secret médical et de la révélation du statut sérologique alors que ces femmes, enceintes, se considèrent comme vulnérables. Le test de dépistage du VIH reste une pratique peu courante en Afrique subsaharienne. Il est actuellement l’apanage de projets de recherches ou d’essais thérapeutiques. Pour le rendre moins contraignant et mieux accepté, des campagnes de sensibilisation semblent ici indispensables. En effet, beaucoup de femmes en Afrique sont dépendantes économiquement et socialement de leur partenaire, ce qui entrave la décision de réaliser un tel test. Cette campagne de sensibilisation permettra à toute la population d’être informée sur le test et conduira les femmes à se sentir en sécurité en le pratiquant. Aussi, il faudrait que l’État trouve des fonds pour réduire les frais supplémentaires qu’il entraînerait et qui s’ajoutent à ceux des examens prénatals et de consultation.

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