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Connaissance et perception, chez les médecins, du risque lié à l’incinération des ordures ménagères dans un environnement proche : résultats de l’enquête Apostrophe


Environnement, Risques & Santé. Volume 8, Numéro 4, 323-34, juillet-août 2009, Article original

Texte intégral   Summary  

Auteur(s) : Pascal Roux, Bernard Bousquet, Éric Leutenegger

Résumé : Le développement des connaissances du public et d’une culture en santé-environnementale est l’un des axes majeurs du Plan national santé-environnement 2004-2008. Les médecins, dotés d’une forte crédibilité auprès du public, pourraient jouer un rôle précieux pour atteindre cet objectif. L’enquête Apostrophe avait pour objectif d’évaluer et de comparer les connaissances et les perceptions qu’avaient deux populations de médecins du risque sanitaire lié à l’incinération des ordures ménagères : ceux de l’agglomération clermontoise d’une part, riverains d’un projet d’incinérateur contre lequel une forte opposition s’était manifestée, et, d’autre part, ceux de la région de Chambéry, riverains d’un incinérateur en fonctionnement depuis longtemps. La première phase de l’enquête a porté sur l’analyse de 126 questionnaires (taux de retour 10,6 %). Une forte majorité des répondants (Clermont-Ferrand : 75 %, Chambéry 92 %, NS [non significatif]) estiment que leur niveau d’information sur les risques sanitaires de l’incinération est faible ou très faible. Près de 90 % (Clermont-Ferrand : 88 %, Chambéry : 94 %, NS) ne sont pas familiers avec la méthode de l’évaluation des risques sanitaires d’une usine d’incinération. La perception du risque sanitaire apparait contextuelle : 53 % des Clermontois estiment le risque élevé, contre 19 % des médecins de Chambéry (p <\; 0,01). Plus de 70 % des médecins des deux régions se déclarent intéressés par des formations en santé-environnement. Lors d’une seconde phase, 577 médecins clermontois ont accepté de s’entretenir au téléphone avec un confrère pour commenter ces résultats et répondre à un court questionnaire. Cet entretien a confirmé le manque d’informations et le besoin de formation des médecins. Même si les différences entre les méthodes de recueil de données interdisent toute comparaison entre les deux phases, on observe une évolution des perceptions et des opinions : les opposants déclarés au projet d’incinérateur ne sont plus, après discussion avec un confrère, que 30 % contre 62 % dans la première phase.

Mots-clés : connaissance, incinération, médecin, ordure ménagère, perception, risque, santé

 

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