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Prévalence des malformations congénitales autour des centrales nucléaires/utilisation des données du registre France Centre-Est


Environnement, Risques & Santé. Volume 4, Numéro 3, 179-86, Mai-Juin 2005, Article original


Résumé   Summary  

Auteur(s) : Sylviane Gautheron, Cécile Chevrier, Jean Claude Laborier, Élisabeth Robert-Gnansia , Institut européen des génomutations, 86, rue Edmond Locard, 69005 Lyon, Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), U625, Université de Rennes-Campus de Beaulieu, 35042 Rennes cedex.

Résumé : But : étudier la prévalence des malformations autour des centrales nucléaires de la région Rhône-Alpes, et la comparer à celle qu’on observe dans le reste de la zone surveillée par le registre. Méthodes : les communes de moins de 50 000 habitants situées autour des centrales ayant fonctionné entre 1979 et 2002 ont été étudiées. Pour chaque commune située à proximité d’un site (n \= 121), deux niveaux selon la distance au site nucléaire ont été attribués. Nous avons utilisé un modèle de Poisson avec une population de référence comportant les 2 154 communes de la région situées à une distance supérieure à 10 km d’une centrale. Des ajustements ont été faits sur l’année de naissance, l’âge maternel, le département de naissance, la densité de population, le revenu moyen par ménage et la présence ou non d’usine classée Seveso. Résultats : les résultats des tests sont non significatifs pour les malformations géniques/chromosomiques (p \= 0,50) ou mineures (p \= 0,14), et pour l’ensemble des malformations et la catégorie des majeures non syndromiques, un risque diminué est observé dans les zones situées à moins de 5 km d’une centrale (RR \= 0,75 et RR \= 0,71 respectivement). Le seul test mettant en évidence un taux de malformations plus élevé dans une population résidant à proximité d’un site concerne les communes rurales des zones situées entre 5 et 10 km d’une centrale (RR \= 1,41 pour les malformations majeures non syndromiques et 1,31 pour l’ensemble des malformations). Conclusion : ces résultats peuvent être dus au seul hasard, être expliqués par l’exposition, ou par des facteurs de confusion comme le trafic routier pour les communes urbaines ou l’exposition aux pesticides pour les communes rurales.

Mots-clés : centrale électrique, épidémiologie, malformations, prévalence, réacteur nucléaire, registre

ARTICLE

Auteur(s) :, Sylviane Gautheron1,*, Cécile Chevrier2, Jean Claude Laborier1, Élisabeth Robert-Gnansia1

1Institut européen des génomutations, 86, rue Edmond Locard, 69005 Lyon
2Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), U625, Université de Rennes-Campus de Beaulieu, 35042 Rennes cedex

Depuis l’introduction de la technologie nucléaire pour la production d’énergie, les effets possibles de telles installations sur l’environnement et la santé des populations ont été envisagés. L’inquiétude du public est née en particulier des travaux de Gardner concernant les leucémies de l’enfant [1]. En 1983, une augmentation d’incidence de ces pathologies dans les communes situées autour de la centrale de Sellafield en Grande-Bretagne a attiré l’attention des médias et suscité d’autres études épidémiologiques [2, 3]. Par ailleurs, en France, une étude menée autour de l’usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague suggérait là aussi une augmentation des leucémies de l’enfant [4], résultat non confirmé par l’analyse du registre des cancers de la Manche menée entre 1978 et 1998 [5].Plus rares sont les études portant sur le risque de malformations congénitales. Une publication de 1983 fait état d’un cluster (6 cas) de trisomies 21 chez des enfants dont les mères ont vécu leur adolescence à Dundalk, en Grande-Bretagne, village exposé selon les auteurs aux retombées radioactives de l’accident de Windscale survenu le 10 octobre 1957 [6]. Une autre étude concernant les malformations congénitales et mutations germinales dans un rayon de 30 km autour d’un parc nucléaire en Hongrie [7] n’a retrouvé aucun lien évident entre les taux de malformations avant et après la mise en service du site. Enfin, une étude sur les malformations dans la descendance des parents travaillant en centrale [8] a abouti à des conclusions similaires, c’est-à-dire qu’elle n’a pu mettre en évidence aucun lien entre l’exposition à de faibles niveaux de radioactivité avant la conception et le risque de malformations.Par ailleurs, en France, Boutou et al. [9], dans leur travail sur les leucémies dans la région de La Hague, ont étudié l’influence du mélange des populations, lié aux chantiers de construction des sites, sur le risque de leucémie, et ont mis en évidence un risque accru (RR = 2,7) dans les communes de la Manche où l’index de mixage de la population (pourcentage de personnes nées hors du département) était le plus haut. L’interprétation de ce phénomène fait appel à la notion que peut-être le risque infectieux pourrait être plus élevé dans les populations plus mélangées, et de plus bas niveau socio-économique. Ce type de raisonnement peut aussi être fait sur les malformations, en considérant que certaines d’entre elles peuvent être liées à des infections, telles que les cardiopathies de l’embryopathie rubéoleuse ou les hydrocéphalies de la fœtopathie de la toxoplasmose, ou encore à une hyperthermie maternelle, considérée comme à risque de défauts de fermeture du tube neural ou de pieds bots.L’objectif de ce travail est de comparer, à partir de données collectées par le registre France Centre-Est de malformations, la proportion de naissances malformées autour des centrales de la région Rhône-Alpes à celle qu’on observe dans le reste de la zone surveillée, et, le cas échéant, de tenter d’expliquer les différences.

Matériel et méthode

À partir du registre France Centre-Est de malformations [10], une base de données contenant les enfants nés malformés et les fœtus expulsés après interruption de grossesse pour malformation a été extraite. La première mise en service d’une centrale ayant eu lieu en 1978, nous avons pris en compte les enfants nés entre 1979 et 2002 inclus (24 ans) dans les six départements de la région surveillée (n = 1 085 033).

La répartition des naissances entre 1979 et 2002 par commune de résidence de la mère au moment de l’accouchement, et par âge maternel, a été obtenue de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) qui nous a fourni également une classification des communes selon leur caractère rural ou urbain. Sont regroupées sous le vocable d’unités urbaines toutes les communes appartenant à une agglomération multicommunale, ainsi que toutes les villes isolées. Par opposition, toutes les autres communes sont déclarées rurales. Nous disposons également pour chaque commune des revenus moyens par famille, de la densité et de la taille de la population, paramètres sur lesquels nous avons pu ajuster les résultats.

Cette étude concerne les six départements de la région Rhône-Alpes où se trouvent cinq sites nucléaires : Ain et Isère (sites de Bugey et Creys-Malville), Loire et Rhône (site de Saint-Alban), Ardèche et Drôme (sites de Cruas et Tricastin). Des cercles concentriques de 5 et 10 km de rayon ont été tracés sur des cartes d’état-major au 1/250 000 autour de chaque centrale et les communes incluses dans ces cercles définies selon deux niveaux de proximité (< 5 km et entre 5 et 10 km). Les communes dont une partie seulement se situe à l’intérieur d’un cercle ont été considérées comme incluses si la représentation de leur centre était dans le cercle. Sur les 2 275 communes prises en compte dans l’étude, 121 ont été considérées comme proches d’un site et 2 154 comme éloignées.

L’étude consiste à comparer la prévalence à la naissance des malformations entre deux populations, celle habitant les communes à proximité des sites et celle des communes situées à une distance supérieure à 10 km. Nous avons distingué trois sous-ensembles de malformations : les anomalies mineures, les malformations géniques/chromosomiques et les malformations majeures non syndromiques. Dans cette dernière catégorie, nous avons distingué et analysé chaque type de malformation (fentes faciales, anomalies de l’œil, réduction de membres, défauts de fermeture du tube neural, dysplasies rénales, laparoschisis…). Aucun des résultats (peu robustes en raison de la faiblesse des effectifs concernés) de l’analyse par malformation n’étant significatif, ils ne sont pas présentés dans cet article.

Parmi les variables recueillies systématiquement par le registre, celles qui ont été prises en compte dans les analyses sont : l’année de naissance, le type d’issue de grossesse (naissance ou interruption de grossesse), l’âge et la commune de résidence de la mère au moment de l’issue de grossesse, la nature des malformations observées.

Nous avons utilisé deux types d’analyses : une première analyse, univariée, utilisant le taux d’incidence standardisé (SIR) dont les résultats ne seront pas détaillés et une seconde, multivariée, utilisant un modèle de régression de Poisson.

Le SIR correspond au rapport du nombre de cas observé au nombre attendu. En prenant comme référence les communes éloignées, les nombres attendus dans les communes situées à moins de 10 km d’un site ont été calculés par standardisation indirecte avec ajustement sur des facteurs de confusion tels que l’année de naissance, le département et l’âge maternel. L’analyse a été effectuée à l’aide des tests de Beslow et Day corrigés ou de Samuels [11] en fonction des effectifs concernés.

L’analyse multivariée permet un ajustement supplémentaire des comparaisons après prise en compte d’un ensemble de facteurs de confusion et permet d’évaluer le lien entre la distance des communes aux centrales et les risques de malformations congénitales.

Dans un premier temps, les analyses ont été réalisées sur les communes de moins de 50 000 habitants, puis sur les communes rurales seulement, afin de réduire les facteurs de confusion possibles : les taux de malformations peuvent être influencés par des caractéristiques propres aux communes rurales (par exemple, l’exposition à des produits utilisés en agriculture) ou propres aux zones urbaines (pollution liée à l’industrialisation ou accès des familles à des technologies médicales plus avancées, facteurs qui n’ont pu être pris en compte).

Le modèle multivarié utilisé correspond à une approche globale qui consiste à comparer les risques des communes éloignées et proches d’une centrale, à confirmer dans un premier temps les résultats calculés par le SIR, puis à mesurer les risques associés aux distances « < 5 km » et « 5-10 km » par rapport aux communes éloignées (> 10 km), c’est-à-dire à mesurer une éventuelle relation entre la distance au site et le risque de malformation, en intégrant progressivement des facteurs de confusion potentiels que sont la densité de population des communes, le revenu moyen par ménage, et la présence d’usines classées Seveso.

Pour réaliser ces analyses, plusieurs modèles sont disponibles. Le plus naturel est l’explication directe du nombre de malformations par toutes les variables choisies initialement. Le modèle s’écrit :

Où :

Mi est le nombre de malformations de l’observation i ;

Ni est le nombre de naissances de l’observation i, variable déclarée « offset », c’est-à-dire linéairement dépendante de la variable à expliquer ;

Expo est la variable d’exposition ;

et Xk sont tous les facteurs de confusion potentiels disponibles regroupés en classes : l’âge maternel (< 20, 20-24, 25-29, 30-34, 35-39, 40-44, ≥ 45), les années, la densité (< 100 habitants/km2, 100-500, 500-1 000, > 1 000), le revenu moyen par ménage (en euros/an : < 11 400, 11 400-13 700, 13 700-16 000, > 16 000) et la présence d’industries classées Seveso.

Le risque relatif (RR) correspond à l’exponentielle des coefficients αk et γ.

Résultats

Le tableau 1( Tableau 1 ) décrit la répartition des naissances selon certaines caractéristiques sociodémographiques des communes. Il apparaît que la distribution du nombre de naissances pour les trois groupes d’exposition choisis est différente pour les catégories de population, de densité et de revenus, justifiant ainsi l’ajustement sur ces variables.

L’analyse multivariée sur les communes de moins de 50 000 habitants montre une différence significative entre les risques des populations éloignées et proches d’un site pour l’ensemble des malformations (p = 0,0015) et les majeures non syndromiques (p = 0,0011) (tableau 2( Tableau 2 ), page 183). Pour ces deux groupes de malformations, nous observons un risque diminué dans les communes situées à moins de 5 km d’une centrale (RR = 0,75 pour l’ensemble des malformations et RR = 0,71 pour les malformations majeures non syndromiques) mais pas d’effet pour les communes situées entre 5 et 10 km. En ce qui concerne les malformations mineures et géniques/chromosomiques, dont les effectifs sont plus faibles, nous n’observons pas d’effet notable de la proximité d’un site nucléaire (p = 0,14 et 0,5 respectivement). Pour les communes rurales (tableau 3( Tableau 3 ), page 184), le taux de malformations pour les populations résidant entre 5 et 10 km d’une centrale est supérieur au taux calculé dans les populations éloignées (RR = 1,31 pour l’ensemble des malformations et RR = 1,41 pour les malformations majeures non syndromiques). Ce résultat est inverse à celui que nous avons trouvé pour les communes de moins de 50 000 habitants où nous constations un risque diminué.

Pour l’ensemble de l’analyse nous avons pris en compte des facteurs de confusion (densité des communes, revenu moyen par ménage, présence d’usines classées Seveso et urbanisation) dont certains s’avèrent jouer un rôle d’ajustement significatif. Les communes de faible densité (inférieure à 500 hab/km2) ont des risques de malformations diminués par rapport aux communes de forte densité (supérieure à 5 000 hab/km2) et ce, quel que soit le type de malformation étudié. Cet état de fait se retrouve avec le caractère urbain d’une commune, qui augmente le risque de malformation. Le revenu n’a d’effet que pour les malformations majeures non syndromiques dans les communes de moins de 50 000 habitants : les populations dont le revenu est supérieur à 13 700 euros/an ont un risque de malformation diminué par rapport à la catégorie dont le revenu est inférieur à 11 400 euros/an (RR = 0,91 pour la catégorie 13 700-16 000 euros/an et RR = 0,92 pour la catégorie > 16 000 euros/an). La présence d’usines classées Seveso n’a aucune influence. Par ailleurs, quel que soit le niveau d’intégration de facteurs de confusion dans cette analyse, aucune relation entre la distance aux sites nucléaires et le risque de malformations n’est observée.

Il est à noter que ces résultats sont identiques à ceux, non détaillés ici, trouvés en analyse univariée (SIR de 0,91 pour l’ensemble des malformations et de 0,90 pour les malformations majeures non syndromiques pour les communes de moins de 50 000 habitants et SIR de 1,18 et 1,27 respectivement, pour les communes rurales).
Tableau 1 Caractéristiques sociodémographiques des communes de moins de 50 000 habitants.

D ≤ 5

5 < D < 10

D ≥ 10

Nombre de communes

34

87

2 154

Population en 1999

62 274

144 863

3 409 818

Nombre de naissances (1979-2002)

16 518

37 849

1 030 666

Pourcentage de naissances selon la taille des communes

Catégories de population

n

% naissances

n

% naissances

n

% naissances

< 5 000

30

44,8

83

59,9

2 019

44,0

5-10 000

3

30,5

3

18,4

85

18,0

10-20 000

1

24,7

0

0

30

13,9

20-50 000

0

0

1

21,7

20

24,1

Communes rurales (classification INSEE)

25

0,5

65

0,9

1 719

24,3

Densité de population (hab/km2)

Moyenne

142,9

172,1

163,7

Catégories de densité (hab/km2)

n

% naissances

n

% naissances

n

% naissances

< 100

17

14,6

58

21,8

1 532

19,7

100-500

15

71,7

22

33,6

470

27,5

500-1 000

2

13,7

5

38,2

88

18,7

1 000-5 000

0

0

2

6,3

63

33,2

> 5 000

0

0

0

0

1

0,9

Revenu familial net moyen (euros/an)

Médiane

13 024

13 266

12 244

Moyenne

13 118,8

13 436,9

12 549,7

Catégories du revenu moyen par foyer

n

% naissances

n

% naissances

n

% naissances

< 11 400

3

10,4

12

8,0

765

20,9

11 400-13 700

22

64,9

38

64,0

591

39,3

13 700-16 000

8

23,8

23

19,0

357

18,5

> 16 000

1

0,9

12

9,0

327

21,2

Inconnu

-

-

2

-

114

-

Usines Seveso

Présence d’usine Seveso

n

% naissances

n

% naissances

n

% naissances

non

30

60,4

83

90,7

2 112

84,7

oui

4

39,6

4

9,3

48

15,3

Proximité du site nucléaire

n

% naissances

Distance ≤ 5 km

34

30,4

Distance entre 5 et 10 km

87

69,6


Tableau 2 Modèle de Poisson pour les communes de moins de 50 000 habitants avec ajustement sur l’âge maternel, l’année de naissance et le département.

Mineures

Géniques/chromosomiques

Majeures non syndromiques

Toutes malformations

  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


Exposition

Non exposées

1

0,0599

1

0,141

1

0,3193

1

0,5

1

0,0005

1

0,0011

1

0,0002

1

0,0015

5 < E < 10

  • 1,22
  • [0,97 ; 1,52]


  • 1,19
  • [0,95 ; 1,50]


  • 0,85
  • [0,67 ; 1,08]


  • 0,87
  • [0,68 ; 1,11]


  • 0,98
  • [0,88 ; 1,09]


  • 0,97
  • [0,87 ; 1,08]


  • 0,99
  • [0,91 ; 1,08]


  • 0,99
  • [0,90 ; 1,08]


E <= 5

  • 0,70
  • [0,44 ; 1,10]


  • 0,76
  • [0,48 ; 1,20]


  • 0,85
  • [0,59 ; 1,23]


  • 0,92
  • [0,63 ; 1,34]


  • 0,70
  • 0,58 ; 0,84]


  • 0,71
  • [0,59 ; 0,86]


  • 0,72
  • [0,62 ; 0,85]


  • 0,75
  • [0,64 ; 0,89]


Densité (hab/km2)

Plus de 5 000

1

0,0093

1

0,0012

1

< 0,0001

1

< 0,0001

Entre 1 000 et 5 000

  • 0,73
  • [0,54 ; 1,00]


  • 1,29
  • [0,79 ; 2,12]


  • 1,04
  • [0,84 ; 1,28]


  • 0,97
  • [0,83 ; 1,15]


Entre 500 et 1 000

  • 0,76
  • [0,55 ; 1,06]


  • 1,19
  • [0,72 ; 1,97]


  • 1,06
  • [0,86 ; 1,31]


  • 0,98
  • [0,83 ; 1,16]


Entre 100 et 500

  • 0,65
  • [0,47 ; 0,90]


  • 1,02
  • [0,62 ; 1,68]


  • 0,94
  • [0,76 ; 1,17]


  • 0,86
  • [0,73 ; 1,02]


Moins de 100

  • 0,58
  • [0,41 ; 0,84]


  • 0,90
  • [0,53 ; 1,53]


  • 0,78
  • [0,62 ; 0,97]


  • 0,73
  • [0,61 ; 0,87]


Revenu familial net moyen (euros/an)

Inférieur à 11 400

1

0,9841

1

0,4584

1

0,0184

1

0,0758

Entre 11 400 et 13 700

  • 0,98
  • [0,88 ; 1,10]


  • 0,98
  • [0,87 ; 1,11]


  • 0,95
  • [0,90 ; 1,00]


  • 0,96
  • [0,92 ; 1,00]


Entre 13 700 et 16 000

  • 0,98
  • [0,85 ; 1,12]


  • 0,99
  • [0,86 ; 1,14]


  • 0,91
  • [0,85 ; 0,97]


  • 0,93
  • [0,88 ; 0,98]


Supérieur à 16 000

  • 0,98
  • [0,86 ; 1,12]


  • 1,08
  • [0,94 ; 1,24]


  • 0,92
  • [0,86 ; 0,98]


  • 0,95
  • [0,90 ; 1,00]


Présence d’usines classées Seveso

Oui

1

0,0063

1

0,9019

1

0,488

1

0,08

Non

  • 1,18
  • [1,05 ; 1,32]


  • 1,00
  • [0,89 ; 1,14]


  • 1,02
  • [0,96 ; 1,08]


  • 1,04
  • [0,99 ; 1,09]


Urbanisation

Rural

1

0,05

1

0,0651

1

0,0008

1

< 0,0001

Urbain

  • 1,17
  • [1,00 ; 1,38]


  • 1,17
  • [0,99 ; 1,38]


  • 1,14
  • [1,06 ; 1,23]


  • 1,15
  • [1,08 ; 1,23]



Tableau 3 Modèle de Poisson pour les communes rurales avec ajustement sur l’âge maternel, l’année de naissance et le département.

Mineures

Géniques/chromosomiques

Majeures non syndromiques

Toutes malformations

  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


  • RR
  • [IC à 95 %]


  • Test
  • type III


Exposition

Non exposées

1

0,297

1

0,3283

1

0,5731

1

0,5474

1

0,0066

1

0,005

1

0,0135

1

0,0117

5 < E < 10

  • 1,42
  • [0,89 ; 2,27]


  • 1,39
  • [0,87 ; 2,22]


  • 0,80
  • [0,46 ; 1,39]


  • 0,81
  • [0,46 ; 1,42]


  • 1,38
  • [1,12 ; 1,70]


  • 1,41
  • [1,15 ; 1,74]


  • 1,29
  • [1,08 ; 1,54]


  • 1,31
  • [1,09 ; 1,57]


E ≤ 5

  • 0,80
  • [0,38 ; 1,70]


  • 0,78
  • [0,37 ; 1,67]


  • 1,22
  • [0,69 ; 2,18]


  • 1,26
  • [0,70 ; 2,27]


  • 1,21
  • [0,91 ; 1,59]


  • 1,18
  • [0,89 ; 1,56]


  • 1,15
  • [0,91 ; 1,46]


  • 1,13
  • [0,89 ; 1,44]


Densité (hab/km2)

Entre 500 et 1 000

1

0,0924

1

0,2527

1

0,0004

1

< 0,0001

Entre 100 et 500

  • 0,43
  • [0,20 ; 0,93]


  • 0,57
  • [0,21 ; 1,57]


  • 0,89
  • [0,53 ; 1,49]


  • 0,72
  • [0,48 ; 1,06]


Moins de 100

  • 0,40
  • [0,19 ; 0,85]


  • 0,50
  • [0,19 ; 1,36]


  • 0,73
  • [0,44 ; 1,22]


  • 0,60
  • [0,41 ; 0,89]


Revenu moyen par foyer (euros/an)

Inférieur à 11 400

1

0,6298

1

0,3284

1

0,0988

1

0,0824

Entre 11 400 et 13 700

  • 1,07
  • [0,83 ; 1,38]


  • 0,84
  • [0,65 ; 1,08]


  • 0,90
  • [0,80 ; 1,01]


  • 0,91
  • [0,83 ; 1,00]


Entre 13 700 et 16 000

  • 1,16
  • [0,88 ; 1,53]


  • 0,87
  • [0,65 ; 1,16]


  • 0,86
  • [0,75 ; 0,98]


  • 0,90
  • [0,81 ; 1,00]


Supérieur à 16 000

  • 1,21
  • [0,88 ; 1,68]


  • 1,04
  • [0,75 ; 1,45]


  • 0,96
  • [0,82 ; 1,11]


  • 1,00
  • [0,88 ; 1,14]


Présence d’usines classées Seveso

Oui

1

0,9714

1

0,3786

1

0,3365

1

0,6615

Non

  • 1,02
  • [0,38 ; 2,76]


  • 0,68
  • [0,30 ; 1,54]


  • 1,26
  • [0,77 ; 2,08]


  • 1,09
  • [0,74 ; 1,61]


Discussion

L’étude est réalisée dans la région Rhône-Alpes qui a l’avantage d’être dotée d’un registre de malformations congénitales depuis 1976. Ce registre a déjà été utilisé à plusieurs reprises pour étudier la répartition des malformations autour de sites polluants. En particulier, une étude récente s’est intéressée aux incinérateurs d’ordures ménagères [12] et notre méthodologie est directement inspirée de celle qui a été utilisée dans cette étude.

Le registre de Lyon tend à l’exhaustivité du recueil des malformations majeures, mais, comme dans la plupart des registres, les malformations mineures sont identifiées de façon moins homogène : une maternité d’un grand centre universitaire aura plus tendance à enregistrer un angiome de taille limitée, par exemple, qu’une maternité en zone rurale. Pour pallier ce problème, nous avons décidé de présenter les résultats non seulement de l’ensemble des malformations mais aussi de chaque catégorie. Par ailleurs, le registre ne renseigne l’âge maternel que pour 80 % des cas. Ce facteur de risque a été intégré dans l’analyse après qu’on a vérifié que la répartition des âges non renseignés était indépendante des variables d’intérêt comme les groupes d’exposition ou les grandes catégories de malformations. Les âges maternels manquants nous conduisent à une perte d’informations, mais l’effectif de la population d’étude reste correct.

Nous avons considéré la commune de résidence de la mère au moment de l’accouchement comme la meilleure approche possible de la commune où l’enfant a été conçu et où l’organogenèse s’est déroulée. Les études de mobilité de la population publiées par l’INSEE à la suite du recensement de 1990 montrent que la marge d’erreur liée à cette approche est faible [13].

Plus de 2 500 interruptions médicales de grossesse (IMG) – soit environ 13 % des cas de malformations – ont été enregistrées entre 1979 et 2002. La mise en application de la loi du 28 mai 1997 sur les Centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN), et le passage obligatoire devant une commission de CPDPN pour toute demande d’IMG ont conduit, depuis 2000, à une quasi-exhaustivité de leur enregistrement. Une analyse de la proportion d’IMG par revenu du ménage a mis en évidence un pourcentage plus élevé pour les communes au plus haut revenu. On peut présumer que l’accès au diagnostic prénatal et à l’IMG est facilité dans les communes riches. Pour évaluer les conséquences de ce biais sur les résultats, nous avons réalisé un ajustement supplémentaire : la proportion d’IMG réalisées par commune. Cet ajout permet de réajuster toutes les estimations, quelle que soit la proportion d’IMG dans la commune. Les conclusions ont été similaires à celles du modèle réalisé sans cet ajustement : le revenu moyen par ménage et la densité restent des facteurs de confusion potentiels. Finalement, si la non-exhaustivité des déclarations d’IMG avant 2000 introduit un biais, celui-ci n’affecte pas les résultats.

Une étude réalisée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) [14] a permis de tracer des courbes isodoses autour des sites, à partir de la modélisation du transfert des rejets radioactifs des installations nucléaires en fonctionnement normal. Les modélisations réalisées montrent que l’allure des courbes n’est pas concentrique et varie en fonction de la centrale et du relief alentour. Nous n’avons pas travaillé sur ces courbes car la structure de nos données (qui n’inclut pas l’adresse exacte des familles) se présente sous forme de répartition des cas par commune, et les courbes isodoses ne respectaient pas les limites de communes. Les doses mesurées à proximité immédiate des centrales dans le travail de l’IRSN étaient toujours inférieures à 0,1 mSv/an, chiffre inférieur à celui des variations qu’on observe dans la radioactivité naturelle et qui ne modifie ni le risque mutagène ni le risque tératogène. Nous avons donc choisi de mener l’analyse par commune, en définissant des niveaux de proximité par cercles concentriques de 5 et 10 km autour des centrales. Certains facteurs de risque individuels n’ont pu être pris en compte, comme la consommation de tabac. En revanche, l’âge maternel a pu être intégré dans l’étude ainsi que plusieurs facteurs de confusion potentiels au niveau communal : caractéristiques sociodémographiques (densité, revenu moyen par ménage) et autres sources non négligeables de pollution (usines classées Seveso). Un autre facteur de confusion pourrait s’avérer important dans le cas des communes rurales et n’a pas été pris en compte : l’exposition aux pesticides. En effet, la population rurale est plus susceptible d’y être exposée et ce facteur pourrait avoir une influence sur la survenue de certaines malformations. D’autres expositions à caractère individuel n’ont pas pu être prises en compte : expositions professionnelles, déficits nutritionnels, comportements toxiques (tabac, alcool).

Les communes situées à moins de 5 km d’une centrale sont des communes où il y a peu de trafic routier et cela pourrait expliquer la diminution du risque suggérée sur l’ensemble des communes de moins de 50 000 habitants.

Remerciements

Ce travail a été effectué grâce à un crédit de recherche attribué par la Commission d’épidémiologie du conseil de radioprotection d’Électricité de France. L’Institut européen des génomutations est une création de Groupama, et reçoit le soutien de la Fondation d’entreprise Groupama pour la santé. Le registre France Centre-Est de malformations congénitales est subventionné par l’Institut de veille sanitaire (InVS) et l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), sur recommandation du Comité national des registres.

Références

1 Gardner MJ, Hall AJ, Downes S, Terrell JD. Follow-up study of children born to mothers resident in Seascale, West Cumbria (birth cohort). BMJ 1987 ; 295 : 822-7.

2 Gardner MJ, Hall AJ, Downes S, Terrell JD. Follow-up study of children born elsewhere but attending school in Seascale, West Cumbria (school cohort). BMJ 1987 ; 295 : 819-22.

3 Gardner MJ, Snee MP, Hall AJ, Powell CA, Downes S, Terrell JD. Results of case-control study of leukaemia and lymphoma among young people near Sellafield nuclear plant in West Cumbria. BMJ 1990 ; 300 : 423-34.

4 Viel J, Pobel D. Incidence of leukemia in young people around the La Hague nuclear waste reprocessing plant : a sensitivity analysis. Stat Med 1995 ; 14 : 2459-72.

5 Guizard AV, Boutou O, Pottier D, et al. Registre des cancers de La Manche. The incidence of childhood leukaemia around the La Hague nuclear waste reprocessing plant (France) : a survey for the years 1978-1998. J Epidemiol Community Health 2001 ; 55 : 469-74.

6 Sheehan PME, Hillary RB. An unusual cluster of babies with Down’s syndrome born to former pupils of an Irish boarding school. BMJ 1983 ; 287 : 1428-9.

7 Siffel C, Otos M, Czeizel AE. Congenital abnormalities and indicators of germinal mutations in the vicinity of the Paks nuclear plant, Hungary. Mutagenesis 1996 ; 11 : 299-303.

8 Doyle P, Maconochie N, Ronan E, Davies G, Smith PG, Beral V. Fetal death and congenital malformation in babies born to nuclear industry employees : report from the nuclear industry fanily study. Lancet 2000 ; 356 : 1293-9.

9 Boutou O, Guizard AV, Slama R, Pottier D, Spira A. Population mixing and leukemia in young people around the La Hague nuclear waste reprocessing plant. Br J Cancer 2002 ; 87 : 740-5.

10 Robert E, Francannet C, Robert JM. Le registre des malformations de la région Rhône-Alpes/ Auvergne. J Gynecol Obstet Biol Reprod 1988 ; 17 : 601-7.

11 Bouyer J, Hémon D, Cordier S, et al. Standardisation des mesures de risque et d’association. In : Épidémiologie : principe et méthodes quantitatives. Paris : INSERM éditions, 1995 : 209-26.

12 Cordier S, Chevrier C, Robert-Gnansia E, Lorente C, Brula P, Hours M. Risk of congenital anomalies in the vicinity of municipal solid waste incinerators. Occup Environ Med 2004 ; 61 : 8-15.

13 Baccaïni B, Courgeau D, Desplanques G. Les migrations internes en France. Population 1993 ; 6 : 1771-90.

14 Morin A, Backe JC. Une estimation de l’exposition du public due aux rejets radioactifs des centrales nucléaires. Note technique de l’IRSN SEGR/SAER/02-51. Clamart : Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 2002 ; 59 p.


 

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