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La marée noire de l‘Erika : bilan de deux années de contrôle sanitaire exercé par la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de Loire‐Atlantique (décembre 1999 ‐‐ décembre 2001)


Environnement, Risques & Santé. Volume 2, Numéro 1, 35-44, Janvier 2003, Article original


Résumé   Summary  

Auteur(s) : François Mansotte, Marie‐Andrée GORAGUER, Alcime LE GUENNIC , Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales, Service Santé‐environnement, 18‐22 bis, Rue Paul Ramadier, 44200 Nantes. .

Résumé : Contexte. Pour faire suite au naufrage du pétrolier Erika le 12 décembre 1999, le plan POLMAR Terre est déclenché en Loire‐Atlantique. Pendant deux ans, un contrôle sanitaire spécifique de certains usages est mis en œuvre et concerne les gisements naturels de coquillages, les thalassothérapies, les plages et les marais salants. Actions menées par la DDASS. Avant l‘arrivée du fioul sur les côtes, des mesures sont prises et concernent l‘organisation interne, la recherche documentaire et la réalisation de prélèvements conservatoires. Pendant les deux années qui suivent, il est procédé à la recherche des hydrocarbures totaux ou des hydrocarbures aromatiques polycycliques sur 33 gisements naturels de coquillages, 6 installations de thalassothérapie, 72 baignades en mer et dans l‘eau alimentant 2 zones de marais salants. Les valeurs mesurées sont comparées à des niveaux de qualité définis par des circulaires ministérielles après des études d‘évaluation de risque réalisées par des organismes tels que l‘Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA), l‘Institut national de l‘environnement et des risques industriels (INERIS) ou l‘Institut de veille sanitaire (InVS). Résultats. 2 290 analyses sont réalisées pour un coût de 563 500 euros dans les deux ans qui suivent le naufrage, l‘implication de la DDASS correspondant à 5 ans et 6 mois d‘équivalent temps plein. Les 33 gisements naturels de coquillages font l‘objet d‘une interdiction de ramassage pendant une durée comprise entre 5 et 18 mois. Les installations de thalassothérapie ne rencontrent pas de difficultés de fonctionnement. La mise en œuvre d‘une procédure nationale de réception de l‘état sanitaire des plages a permis d‘ouvrir au public 66 plages pour la saison estivale 2000 et 71 plages en 2001 sur un total de 72. En ce qui concerne les marais salants, la production de sel respectant les recommandations de l‘AFSSA est possible en 2000 pour les paludiers qui le souhaitent, sous réserve du respect de prescriptions techniques. Un bilan de certaines modalités d‘information du public montre l‘intérêt de ne pas négliger l‘information par affichage et de s‘assurer de la façon dont le public a accès à l‘information qui lui est destinée.

Mots-clés : catastrophe \; pétrole \; gestion risques \; hydrocarbures aromatiques polycycliques \; polluants chimiques eau \; surveillance population.

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : François Mansotte, Marie-Andrée GORAGUER, Alcime LE GUENNIC

Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales, Service Santé-environnement, 18-22 bis, Rue Paul Ramadier, 44200 Nantes.
<francois.mansotte@sante. gouv.fr>

À la suite du naufrage du pétrolier Erika, le 12 décembre 1999, des actions spécifiques de contrôle sanitaire ont été mises en œuvre pendant deux ans par la direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de Loire-Atlantique dans le cadre du plan POLMAR Terre (Pollution maritime terre). Deux premiers bilans publiés en décembre 2000 et juillet 2001 [1, 2] font le point sur l'analyse de risque toxicologique et sur l'adaptation du contrôle sanitaire réalisé dans les six premiers mois après la marée noire. Au 1er décembre 2002, soit trois ans après le naufrage, le plan POLMAR Terre n'est pas formellement levé, mais l'activité des services de l'État, à l'échelle départementale, se limite essentiellement au règlement de factures. Les dernières actions spécifiques de contrôle sanitaire mises en œuvre dans le cadre du plan POLMAR ayant été arrêtées au 31 décembre 2001, il nous est apparu important de dresser le bilan de deux ans de contrôle sanitaire mis en œuvre par la DDASS de Loire-Atlantique après le naufrage de l'Erika.

Le naufrage de l'Erika et l'organisation POLMAR

Le 8 décembre 1999, l'Erika, pétrolier de 37 000 tonnes et de 184 mètres, charge 30 884 tonnes de fioul lourd no 2 à la raffinerie Total de Dunkerque. La cargaison appartenant à la Société Total doit être livrée à Livourne, en Italie, pour être utilisée comme combustible par une centrale thermique de l'Enel. Le 12 décembre 1999, suite à un appel de détresse émis par le capitaine de l'Erika, la Marine nationale française procède à l'évacuation des 26 membres de l'équipage indien de l'Erika dans des conditions très périlleuses, avec des rafales de vent atteignant 60 nœuds et des creux de 8 à 10 m. Le navire se brise alors en deux parties ; éloignées l'une de l'autre de 12 km, elles gisent depuis par 120 mètres de fond, à 65 km au sud de la pointe de Penmarc'h et à 75 km à l'ouest de Belle-Ile-en-Mer (carte).

Les deux parties de l'épave laissent échapper une partie de la cargaison de fuel lourd qui dérive en nappes vers le sud du golfe de Gascogne. Le plan d'urgence POLMAR Mer (Pollution maritime mer) dont l'objectif est d'organiser la lutte en mer contre la marée noire, est déclenché le 15 décembre 1999 par le préfet maritime de la zone Atlantique de Brest. Quatre navires français et cinq navires étrangers participent à des opérations de pompage en mer. Les préfets de cinq départements (Finistère, Morbihan, Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime) déclenchent le plan POLMAR Terre entre le 22 et le 24 décembre 1999, à l'arrivée des premières traces de pollution sur la côte [3] qui sont identifiées dans la carte. Le plan POLMAR Terre est destiné à la préparation et à la gestion des opérations de lutte à terre contre la marée noire ; il est déclenché par le préfet de département qui dispose ainsi du concours de la Sécurité civile, de la Défense nationale, des collectivités locales et des administrations, ainsi que des moyens de sociétés privées qu'il peut réquisitionner. Il peut, de plus, disposer de « fonds d'intervention spécifiques POLMAR » qui relèvent du ministère chargé de l'Environnement. La mise en œuvre du plan POLMAR en Loire-Atlantique est résumée en quelques chiffres dans l'encadré.

Actions menées par la DDASS

Du naufrage (12 décembre 1999) à l'arrivée du fioul sur les côtes (24 décembre 1999)

Dès la connaissance de la survenue du naufrage de l'Erika, la DDASS prend un certain nombre de dispositions afin de se préparer à une éventuelle arrivée de fioul sur le littoral de Loire-Atlantique, bien que les nappes échappées des épaves semblent devoir dériver vers le sud du golfe de Gascogne. Ces mesures concernent l'organisation interne, la recherche documentaire de toutes les informations pertinentes vis-à-vis de la protection de la santé publique, les articles qui décrivent la gestion des marées mettant en œuvre du fioul lourd no 2 ainsi que la réalisation de prélèvements conservatoires.

Organisation interne

Une attention particulière est apportée à la circulation interne de l'information, d'une part entre la direction de la DDASS, le service « Santé-Environnement » et le service « Inspection de la Santé » et, d'autre part, au sein du service « Santé-Environnement » lui-même. Dans ce cadre, la DDASS rédige des synthèses qui permettent de garder la trace des actions engagées ; elle participe à des réunions POLMAR quotidiennes à la préfecture, pendant les mois qui suivent l'arrivée de la marée noire sur les côtes. Une veille médiatique quotidienne est organisée par la consultation de sites internet officiels et associatifs, la lecture de la presse écrite et le suivi des actualités télévisées, nationales et régionales. Un certain nombre de moyens logistiques sont mis en place : achat de matériel de protection (bottes, gants, vêtements, etc.), de conservation d'échantillons (réfrigérateurs, congélateurs, glacières, etc.), de communication (téléphones portables), de détection (tubes réactifs) et de conservation d'images et acquisition de preuves (appareil photo numérique).

Recherche d'informations bibliographiques

Sur la base des informations selon lesquelles le produit transporté est du fioul lourd no 2 qui peut comporter des fluxants permettant d'ajuster sa viscosité, un certain nombre de contacts sont pris afin d'acquérir de l'information sur les techniques d'évaluation de la qualité de l'air et l'identification des impacts sur la santé recensés à l'occasion des précédentes marées noires, mettant en cause du fioul lourd no 2.

Réalisation de prélèvements conservatoires

Afin de pouvoir répondre à des demandes ultérieures du FIPOL (Fond international d'intervention pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures), et, disposer de références sur la qualité des usages avant la pollution du littoral par le fioul de l'Erika, il est décidé, dans la semaine qui suit le naufrage, de procéder à un certain nombre de prélèvements conservatoires éventuellement réalisés en présence de gendarmes. Ces prélèvements portent sur l'eau de mer d'une à trois plages par commune, sur les cinq prises d'eau de mer qui alimentent six piscines et thalassothérapies, sur quatre gisements naturels de coquillages et le sel produit en 1999 dans les marais salants du littoral de Loire-Atlantique. Les prélèvements sont effectués par des agents assermentés de la DDASS, selon les techniques en vigueur pour les prélèvements d'eau de baignade, de piscines, ou pour les coquillages. Pour les échantillons d'eau, les prélèvements sont effectués dans des flacons fournis par l'Institut départemental d'analyse et de conseil (IDAC) et transportés à une température de 4 °C avant d'être analysés par ce même institut. Pour les échantillons de coquillages, les prélèvements sont effectués en sachets stériles, transportés à 4 °C, et congelés avant expédition au laboratoire municipal de Rouen.

Du 24 décembre 1999 (arrivée du fioul) au 31 décembre 2001

À l'arrivée de la marée noire sur le littoral de Loire-Atlantique, le 24 décembre 1999, il est décidé de mettre en place ou d'adapter les contrôles sanitaires existants (démarche résumée dans les tableaux 1 et 2) et de réaliser des opérations d'information et des études spécifiques.

Les chiffres du naufrage de l'Erika

Sur la cargaison de fioul transportée par l'Erika :

• 11 000 tonnes restées dans les cuves de l'Erika sont pompées par Total dans l'été 2000 et traitées à la raffinerie de la société Total du Havre

• 1 100 tonnes sont pompées en mer fin décembre 2000

• Les 18 900 tonnes restantes atteignent le littoral français, souillant 400 km de côtes entre le Finistère et la Charente-Maritime en causant la mort d'environ 300 000 oiseaux. Les opérations de nettoyage du littoral produisent environ 250 000 tonnes de déchets souillés par le fioul de l'Erika dont le traitement est prévu sous la responsabilité de la société Total sur un site jouxtant sa raffinerie de Donges en Loire-Atlantique (plus des deux tiers des déchets collectés le sont en Loire-Atlantique)

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• 24 décembre 1999 : déclenchement du plan POLMAR

• 26 décembre 1999 : arrivée de la pollution sur le littoral sous forme d'une couche visqueuse de 5 à 30 cm d'une émulsion de fioul et d'eau de mer

• Dès le 26 décembre 1999 : 500 personnes sur le littoral nettoient jusqu'à 1,2 t de déchets par homme/jour

• Dans les six premiers mois, en moyenne 908 hommes/jour (sapeurs pompiers, sécurité civile, militaires) sont occupés au nettoyage de la côte dans les 6 premiers mois, ce qui représente 850 000 heures de travail

 Tableau 2.  Synthèse des actions de contrôle sanitaire effectuées

Domaine

Objet du contrôle     
sanitaire     
Contrôle sanitaire DDASS classique Évaluation et gestion nationale Erika Procédures et niveaux
de qualité Erika
Gisements naturels de coquillages 33 gisements naturels
de coquillages
Contrôle sanitaire mensuel DDASS sans recherche d'hydrocarbures • Avis AFSSA du 7 janvier 2000 sur la qualité des coquillages et poissons [4]

Circulaire interministérielle du 31 janvier 2000 [5]
• Procédure de gestion interministérielle
• Seuil d'exclusion pour les coquillages : 1 mg/kg de poids sec pour le total 16 HAP US-EPA (0,1 mg/kg pour le poisson)
Thalassothérapies et baignades en eau de mer 6 établissements Contrôle sanitaire mensuel DDASS sans recherche d'hydrocarbures • Procédure de gestion DDASS 44
• Valeur guide : 200 ng/L pour le total des 16 HAP US-EPA sur l'eau de mer alimentant les établissements
Plages et criques 93 zones de baignades dont 72 plages et 21 criques Contrôle sanitaire DDASS 10 prélèvements pendant la saison estivale sans recherche d'hydrocarbures Évaluation de risque résiduel InVS-INERIS sur les plages dépolluées [8]

Circulaire Santé du 30 mai 2000 [7]
• Procédure de gestion et d'information Santé
Valeur guide : 200 ng/L pour le total des 16 HAP US-EPA sur l'eau de mer
Marais salants 2 zones de marais salants Aucun contrôle sanitaire sur l'eau et le sel en routine Avis AFSSA du 4 avril 2000 sur la qualité du sel et de la qualité de l'eau des marais salants [10]

Circulaire Santé du 13 avril 2000 [8]
• Procédure de gestion Santé. Valeur guide 200 ng/L pour le total des 16 HAP US-EPA sur l'eau alimentant les marais salants
• Valeur guide de 0,05 mg/kg pour le sel

Adaptation du contrôle sanitaire

Pour les 33 gisements naturels de coquillages habituellement surveillés par la DDASS (essentiellement moules et coques) qui font l'objet d'une pratique de pêche à pied de loisir et d'une consommation directe, le contrôle sanitaire mensuel de routine est intensifié par la recherche des 16 HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) préconisés par l'United States Environmental Protection Agency (US-EPA) et retenus par l'avis du 7 janvier 2000 de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) [4]. La recherche des HAP a été retenue, compte tenu de leur présence caractéristique dans le fioul de l'Erika, de leur toxicité, et du risque que représente pour le consommateur, leur transfert dans la chaîne alimentaire. Les prélèvements réalisés par la DDASS sur les gisements de coquillages à l'occasion de grands coefficients de marées sont congelés et envoyés pour analyse au laboratoire municipal et régional de la ville de Rouen. Les résultats sont comparés à la valeur d'exclusion (1 mg/kg de poids sec pour le total des 16 HAP), précisée par la circulaire du ministère chargé de l'Agriculture du 8 février 2000 [5].

Pour les 6 installations de thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer, une procédure de gestion des prélèvements d'eau en mer est établie par la DDASS dès le 26 décembre 1999. Le contrôle sanitaire de routine est renforcé jusqu'enfévrier 2000 par la recherche hebdomadaire d'hydrocarbures totaux puis par la recherche mensuelle des 16 HAP jusqu'à fin juin 2001. Ces prélèvements réalisés par la DDASS sont analysés par l'IDAC de Nantes et les résultats sont comparés à la valeur retenue pour l'eau potable par le décret du 3 janvier 1989 modifié [6], à savoir 0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux. Pour les HAP, la valeur de référence retenue est 200 ng/L pour le total des 16 HAP.

Le 30 mai 2000, le ministère chargé de la Santé publie des instructions concernant l'ouverture et le suivi des plages [7], qui seront utilisées pour les saisons estivales 2000 et 2001. La procédure de réception de « l'état sanitaire » des plages a été établie sur la base des conclusions d'une étude réalisée par l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut national de l'environnement et des risques industriels (INERIS) relative à l'évaluation du risque sanitaire résiduel pour les populations fréquentant les plages après dépollution du fioul de l'Erika [8]. Cette procédure repose sur le constat visuel de critères de qualité réalisé à l'occasion d'une visite sur place, assorti de la réalisation éventuelle de prélèvements pour la recherche des hydrocarbures (HAP et hydrocarbures totaux). Avant et pendant la saison estivale sont réalisées des campagnes mensuelles de recherche des 16 HAP ainsi que des hydrocarbures totaux sur les 72 plages de Loire-Atlantique. Les prélèvements réalisés par la DDASS sont analysés par l'IDAC et les résultats comparés à la valeur guide fixée par les instructions nationales [7] précitées à 200 ng/L pour le total des 16 HAP.

En routine, les marais salants ne font l'objet d'aucun contrôle sanitaire. Compte tenu de la sensibilité de cet écosystème particulier et de la production de sel – denrée alimentaire vendue au consommateur sans traitement particulier – les étiers (canaux qui alimentent les marais salants) sont d'abord fermés par des barrages en terre, puis équipés de barrages filtrants. Le contrôle sanitaire spécifique mis en place consiste, d'une part, à évaluer la teneur en hydrocarbures dans le milieu et, d'autre part, à valider l'étanchéité des barrages en terre puis de certains barrages filtrants. Les HAP sont également mesurés dans l'eau qui alimente les marais salants. Les prélèvements réalisés par la DDASS sont analysés par l'IDAC et les résultats comparés à la valeur guide fixée par le ministère chargé de la Santé par circulaire en date du 13 avril 2000 [9] à 200 ng/L pour le total des 16 HAP, suite à la publication d'un avis de l'AFSSA du 4 avril 2000 [10]. Les échantillons de sel prélevés par la DDASS sont analysés par le laboratoire municipal et régional de la ville de Rouen et les résultats sont comparés à la valeur guide fixée, pour le sel et le poisson, par l'AFSSA dans son avis du 7 janvier 2000 [4], à 0,05 mg/kg de poids sec pour le total des 16 HAP.

Gestion de l'information

La diffusion d'informations visant le contrôle sanitaire dans le cadre du plan POLMAR concerne des résultats du contrôle sanitaire et des informations complémentaires.

En ce qui concerne les gisements naturels de coquillages, la DDASS procède au quotidien à la diffusion des résultats mensuels de contrôle sanitaire aux élus du littoral, pour information du public, en particulier par affichage en mairie et sur les lieux d'accès aux gisements de coquillages. En complément des conditions d'informations traditionnelles précitées, la DDASS réalise des bilans périodiques sur les zones concernées par des interdictions de ramassage assorties de conseils de prudence diffusés à l'ensemble des élus du littoral et par l'intermédiaire de communiqués de presse préfectoraux.

Les six installations de thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer font l'objet d'une diffusion mensuelle des résultats du contrôle sanitaire auprès des gestionnaires de ces installations pour information du public, par affichage. Aucune disposition d'information complémentaire n'a été mise en œuvre dans le cadre de la marée noire de l'Erika.

La diffusion des résultats du contrôle sanitaire des baignades en mer se traduit classiquement par l'envoi de bulletins d'analyses récapitulatifs aux maires concernés, pour chaque plage et après chaque prélèvement. Avant la saison estivale, et dans le cadre de la procédure de réception de « l'état sanitaire » des plages, des communiqués de presse préfectoraux récapitulant l'état des plages sont diffusés aux médias.

En temps normal, ni l'eau de mer qui alimente les marais salants, ni le sel produit ne font l'objet d'un contrôle sanitaire. Les résultats des contrôles sanitaires spécifiques réalisés au cours de la marée noire font l'objet d'une diffusion, par la sous-préfecture de Saint-Nazaire, aux instances professionnelles des paludiers.

Des documents d'informations complémentaires spécifiques sont rédigés et concernent en particulier les gestionnaires de classes de mer et de clubs de loisirs nautiques. La DDASS réalise ainsi une fiche de recommandations à respecter par les clubs qui souhaitent pratiquer des activités de loisirs nautiques sur le littoral de communes où des travaux de dépollution sont en cours [11]. De la même façon, pour les maires du littoral et les maîtres nageurs sauveteurs, la DDASS diffuse un document d'informations [12] ainsi qu'une fiche de procédures à mettre en œuvre en cas de constat de souillure de la peau des estivants par du fioul [13]. Il est également demandé aux maîtres nageurs sauveteurs de consigner les plaintes et événements anormaux sur une main courante et de mettre à disposition du public de l'huile végétale pour se nettoyer la peau en cas de souillure par le fuel de l'Erika. Au niveau national un site internet officiel (www.info-erika.gouv.fr) est mis en place et une plaquette intitulée « Les plages après le naufrage de l'Erika – conseils pour vos vacances » [14] traduite en anglais et allemand est publiée. Par ailleurs, des messages d'information du public sont mis au point et traduits en anglais et allemand ; ils doivent être affichés par les maires à l'entrée des plages concernées, selon leur « état sanitaire ».

Réalisation d'études spécifiques

Dans les mois qui suivent le naufrage de l'Erika, dans le champ de la santé environnementale, et en complément des actions précitées, plusieurs études spécifiques sont menées, concernant en particulier les techniques analytiques disponibles pour doser les hydrocarbures [15], l'analyse des données d'hydrocarbures mesurées dans l'eau de mer [16], l'utilisation des lichens comme bio-indicateurs de la contamination de l'air par les HAP [17,18], le contentieux de l'Erika vu par la presse [19] et la mise au point d'éléments de gestion sanitaire d'une marée noire à l'usage des DDASS [20].

Résultats

Bilan de la recherche d'informations bibliographiques

Avant l'arrivée de la marée noire, il est recherché sur un certain nombre de bases de données (MEDLINE, TOXLINE) l'existence de publications visant à mieux qualifier l'impact sur la santé et l'exposition de la population par la baignade, la consommation de coquillages, de poissons, de crustacés, de sol ou l'exposition par l'air à l'occasion de marées noires mettant en cause du fioul lourd no 2. Cette première recherche bibliographique donne un résultat très limité et dénombre essentiellement quelques articles portant sur l'impact psychologique des marées noires. Ce n'est qu'en mars 2000 que l'INERIS portera à notre connaissance l'existence d'un article consacré à l'impact sur la santé de la marée noire du pétrolier Nakhodka transportant du fioul lourd no 2, décrit en 1997 au Japon [21].

Résultats du contrôle sanitaire spécifique

Résultats du contrôle sanitaire des gisements naturels de coquillages

De décembre 1999 à décembre 2001, 664 prélèvements pour analyse sont réalisés par la DDASS sur les 33 gisements naturels de coquillages dont elle suit mensuellement, et de façon habituelle, la qualité [22]. La recherche spécifique des 16 HAP retenus par l'AFSSA sur des prélèvements mensuels est effectuée par le laboratoire municipal et régional de la ville de Rouen pour un coût total de 260 000 euros. Le ramassage des coquillages sur l'ensemble des 33 gisements naturels de coquillages est interdit par arrêté préfectoral du 27 décembre 1999, sur la base de constats visuels réalisés par la DDASS dès l'arrivée du fioul sur les gisements. Les résultats des analyses connus ultérieurement confirment le bien-fondé de cette décision. Les analyses réalisées sur les quatre prélèvements conservatoires effectués les 20 et 22 décembre 1999 donnent des résultats (total 16 HAP exprimés en poids sec) compris entre 0,081 et 0,160 mg/kg. En 2000, les moyennes mensuelles enregistrées sur les 33 gisements varient de 0,830 mg/kg à 6,948 mg/kg, avec des valeurs qui dépassent couramment 5 mg/kg, ces résultats devant être comparés au seuil d'exclusion fixé à 1 mg/kg [5]. Le premier site de coquillages sera réouvert le 29 mai 2000 et il faudra attendre le 29 juin 2001 pour que la pêche à pied de loisir soit de nouveau autorisée sur l'ensemble des gisements naturels ; le contrôle sanitaire spécifique de recherche des hydrocarbures est suspendu en décembre 2001.

Résultats du contrôle sanitaire des installations de thalassothérapie

De fin décembre 1999 à fin juin 2001, 237 prélèvements pour analyse sont effectués par la DDASS sur les 6 installations de thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer dont elle suit mensuellement, et de façon habituelle, la qualité. Les analyses sont réalisées par l'IDAC pour un coût de 16 500 euros. Le dépassement de la valeur de 0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux n'est pas constaté sur la série de prélèvements conservatoires réalisés avant le 25 décembre 1999. Sur les 162 prélèvements réalisés entre fin décembre 1999 et le 30 juin 2000, le dépassement de la valeur de 0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux n'est constaté qu'à deux reprises. Sur 75 prélèvements, du 1er avril 2000 au 30 juin 2001, aucun dépassement de la valeur de 200 ng/L pour le total des 16 HAP n'est constaté. De décembre 1999 à décembre 2001, il n'est procédé à aucune fermeture administrative des 6 installations de thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer.

Résultats du contrôle sanitaire des plages

À partir du 20 décembre 1999, avant l'arrivée de la marée noire et afin d'établir un « point zéro », des analyses d'eau de mer à des fins de recherche d'hydrocarbures sont faites sur 1 à 3 plages de chacune des 17 communes du littoral. Ces analyses réalisées mettent en évidence une absence de contamination par les hydrocarbures (hydrocarbures totaux < 0,01 mg/L). Dans les jours qui suivent l'arrivée du fioul, un inventaire complet de l'état des plages est réalisé. L'ampleur de la pollution et la nécessité de mettre rapidement en place des chantiers de nettoyage [3] conduisent la quasi-totalité des communes à interdire l'accès du public à leurs plages, dès le début de l'année 2000.

Conformément à la circulaire du ministère chargé de la Santé du 30 mai 2000 [7], la demande de mise en œuvre de la procédure de réouverture des plages au public est faite par les mairies auprès des PCA POLMAR (Poste de commandement avancé – POLMAR) de La Baule, Guérande ou Pornic qui planifient les visites avec la DDASS (chargée par la préfecture, du pilotage de cette procédure) [23]. Afin d'accroître l'efficacité des visites de réouverture des plages, la DDASS a souhaité que le groupe de visite des plages qu'elle pilote soit composé des services suivants : PCA concerné, Service maritime et de navigation, experts du CEDRE (Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) et de la DIREN (Direction régionale de l'environnement) et que les visites se fassent en présence des représentants des communes concernées. Ce choix a permis, sur le terrain, d'une part de connaître, dans le détail, l'historique et l'ampleur de la pollution reçue et l'ensemble des moyens mis en œuvre pour y remédier (ramassage, criblage, tamisage, lavage par remise à l'eau) et, d'autre part, de définir rapidement en cas de persistance d'une pollution résiduelle, les moyens nécessaires pour y remédier et planifier leur mise en œuvre.

Pour l'année 2000, 93 plages (dont les 72 plages suivies habituellement par la DDASS et 21 criques) ont fait l'objet de 131 visites de réception du 30 mai au 17 août 2000, ce qui représente 56 jours de travail équivalent temps plein pour la DDASS [24]. Soixante-six ont fait l'objet d'un classement dans « un état sanitaire satisfaisant », 6 étant classées dans « un état sanitaire non satisfaisant ». Du 10 avril au 4 août 2000, 8 campagnes de prélèvements seront réalisées sur chacune des 72 plages, la recherche des hydrocarbures totaux et HAP sur 524 prélèvements représentant un coût de 102 445 euros. Sur les plages réceptionnées en « état sanitaire satisfaisant », 92 % des résultats des analyses (total 16 HAP) sont inférieurs à 200 ng/L, les valeurs supérieures étant très souvent dues à la réalisation de travaux de dépollution à proximité des plages [16].

Pour l'année 2001, la même procédure est reconduite sur 93 plages et criques, du 28 mai 2001 au 6 juillet 2001, ce qui représente 110 visites et 25 jours de travail équivalent temps plein pour la DDASS [25]. Soixante et onze plages sont déclarées dans un « état sanitaire satisfaisant », seule une plage n'a pas été ouverte compte tenu des travaux très importants réalisés sur des enrochements artificiels (derniers travaux de dépollution réalisés dans le cadre du plan POLMAR). Du 28 mai au 21 août 2001, 3 à 4 campagnes de prélèvements sont réalisées sur chacune des 72 plages, la recherche des hydrocarbures totaux et HAP sur 171 prélèvements représentant un coût de 54 975 euros. Aucun dépassement de la valeur guide de 200 ng/L n'est enregistré.

Résultats du contrôle sanitaire des marais salants

Le 20 décembre 1999, avant l'arrivée de la marée noire, un prélèvement est effectué sur du sel produit en 1999. Le total des 16 HAP est inférieur au seuil de détection du laboratoire municipal et régional de la ville de Rouen. Dans les jours qui suivent, dès le 26 décembre 1999, les paludiers ferment les écluses des étiers, érigent des barrages en terre et des barrages filtrants en paille. De février 2000 à mai 2001, la DDASS procède à la recherche des HAP sur 6 points des marais salants en amont et en aval des barrages mis en place ainsi qu'à des analyses sur des dispositifs filtrants pilotes et à l'occasion de travaux réalisés sur des enrochements [26].

À partir du 3 mars 2000, un arrêté préfectoral interdit les prélèvements d'eau de mer approvisionnant directement ou indirectement les marais salants. Compte tenu des termes de la circulaire du ministère chargé de la Santé du 13 avril 2000 [9], de l'avis de l'AFSSA du 4 avril 2000 [10] et de l'amélioration de la qualité de l'eau à l'entrée des marais salants, un arrêté préfectoral autorise, le 23 mai 2000, les prélèvements d'eau de mer, sous réserve de la mise en place d'un dispositif de filtration permettant de maintenir une concentration en HAP inférieure à la valeur guide de 200 ng/L. Le tribunal administratif de Nantes confirme le 11 juillet 2000 la légalité de l'arrêté du 23 mai 2000. Les 11 analyses réalisées sur le sel produit en 2000 montrent des valeurs inférieures à 0,005 mg/kg, à comparer à la valeur guide fixée par l'AFSSA [4] à 0,05 mg/kg (total 16 HAP exprimé en poids sec). De décembre 1999 à avril 2001, 694 prélèvements sont réalisés pour un coût analytique de 129 580 euros. À compter du 27 avril 2001, un arrêté préfectoral autorise les prélèvements d'eau approvisionnant les marais salants sans restriction.

Bilan de l'information

Bilan en matière d'information du public

Pendant deux ans (du 25 décembre 1999 au 31 décembre 2001), près d'une centaine de communiqués de presse ont été diffusés par la préfecture de Loire-Atlantique dans le cadre du plan POLMAR. Si l'on considère les six mois écoulés entre le 1er janvier et le 30 juin 2000, 61 communiqués de presse préfectoraux sont diffusés, dont 39 consistant en des points quotidiens ou hebdomadaires de la situation et 15 pendant la procédure de réception de l'état sanitaire des plages avant la saison estivale 2000.

En ce qui concerne l'activité du service santé-environnement de la DDASS, pendant les deux ans de gestion de la marée noire, plusieurs centaines de documents sont diffusés (procès-verbaux de réception des plages, bulletins d'analyses d'eau de mer ou de coquillages, fiches d'information générales, etc.). Généralement, l'information destinée au grand public est le plus souvent transmise aux élus pour information de la population par affichage. Il est à noter que, pendant la marée noire, aucune information locale n'est mise en ligne sur internet, la DDASS ne disposant pas alors de site internet.

La gestion de la marée noire de l'Erika représente un événement de durée exceptionnelle : pendant les deux années 2000 et 2001, la presse écrite a consacré 1 163 éditions à l'événement, l'information étant mentionnée en première page par 194 journaux nationaux. En accord avec la préfecture, la DDASS a dû répondre à plus d'une centaine de sollicitations de journalistes dont une trentaine de demandes de chaînes de télévision ou radiophoniques françaises et étrangères.

Bilan de l'information disponible auprès des Offices de tourisme

Au niveau national, 1 133 millions de plaquettes intitulées « Les plages après le naufrage de l'Erika – conseils pour vos vacances » [14] dont 986 000 en français, 118 000 en anglais et 29 000 en allemand ont été élaborées. La diffusion s'est opérée, dans les cinq départements concernés, de la façon suivante :

– diffusion directe de 92 000 exemplaires auprès des Offices de tourisme et de 375 000 exemplaires auprès des pharmaciens de l'ensemble de ce territoire ;

– les postes de secours des plages et les médecins du littoral ont été destinataires de 202 300 exemplaires par l'intermédiaire des mairies ;

– une diffusion complémentaire de 247 500 exemplaires a été réalisée auprès des maires, campings, postes de secours, médecins du littoral.

Du 28 au 31 août 2000, la DDASS a procédé à la visite de 15 des 16 Offices de tourisme du littoral [27]. Il a été constaté que la plaquette nationale est mise à disposition du public de façon évidente dans 9 établissements sur 15 (60 % des cas). Dans quatre cas, il est nécessaire de la demander pour se la procurer. Un établissement se déclare en rupture de stock et un dernier est incapable d'en fournir un seul exemplaire.

Bilan de l'information disponible auprès des postes de secours

Au niveau départemental, la DDASS a réalisé un document d'information intitulé « Surveillance sanitaire du littoral de Loire-Atlantique – saison estivale 2000 » [12] comportant une fiche de gestion établie par la DDASS [13]. Dans ce document, sont précisés le rôle des maîtres nageurs dans la surveillance quotidienne et permanente des plages, ainsi que l'information disponible à différents niveaux : dépliant d'information grand public [14], affiche PVC à l'entrée de la plage [28], contenu du site internet officiel, coordonnées téléphoniques des centres anti-poison de Rennes et d'Angers, de la DDASS et de la direction régionale et départementale de la Jeunesse et des Sports (DRDJS). Ce document a été envoyé en début juillet 2000 par la DDASS aux 17 élus du littoral pour transmission aux maîtres nageurs sauveteurs des postes de secours des baignades surveillées [11].

Du 9 au 16 août 2000, la DDASS procède à la visite de 31 postes de secours répartis sur 14 des 17 communes du littoral (soit la quasi-totalité des postes de secours) [29]. Il est constaté que la plaquette nationale « les plages après le naufrage de l'Erika – conseils pour vos vacances » [14] n'est disponible que dans 20 % des postes de secours (6/31) pour la version française, aucune plaquette en allemand ou anglais n'étant disponible. De la même façon, le document d'information précité [12] transmis aux maires et destiné aux postes de secours n'est retrouvé que dans 45 % des postes de secours visités (14/31) et la fiche de gestion établie par la DDASS dans 58 % des postes (18/31). Dans la fiche de gestion [13] où était préconisée la mise à disposition d'huile végétale pour les estivants présentant des souillures cutanées par le fioul, il a été constaté que des produits de nettoyage de la peau étaient disponibles dans 97 % des postes contrôlés (30/31). Il est à noter que les postes de secours recensent de l'ordre de 4 à 5 demandes par semaine visant le nettoyage de la peau ainsi que des questions sur la marée noire.

Bilan de l'enquête menée auprès du public

Du 11 au 23 août, 384 questionnaires sont remplis concernant 384 estivants sur 12 plages de 7 communes de Loire-Atlantique interrogés par des enquêteurs de l'ESSCA (École Supérieure des sciences commerciales d'Angers) [30]. Sur les 12 plages concernées, 9 étaient décrites par la DDASS dans « un état sanitaire satisfaisant », et sur 9 plages on pouvait trouver une affiche PVC « Information marée noire Erika » [28] en entrée de plage. Sur les 9 plages, à l'entrée desquelles se trouvait une affiche, 60 % des personnes interrogées (168/278) ont déclaré l'avoir vue et 43 % (119/278) ont déclaré l'avoir lue. De la même façon, sur l'ensemble des 12 plages, 9 % des personnes (35/384) ont déclaré avoir vu la plaquette nationale et 3 % (13/384) l'avoir lue [14]. Néanmoins, l'information par affiche et par plaquette est jugée utile par plus de 84 % des personnes interrogées.

Discussion et conclusion

À ce jour, la gestion de la marée noire peut être classée dans les phénomènes « hors normes » en plusieurs points.

• La durée : plus de trois ans de mise en œuvre du plan POLMAR, dont deux ans pendant lesquels des travaux de dépollution sont mis en œuvre, des restrictions d'usages instituées et des contrôles et études spécifiques réalisés.

• L'implication du service se traduisant par un équivalent temps plein de 5 ans et 6 mois consacré à ce dossier, 72 800 km parcourus et la réalisation de 2 290 analyses pour un coût de 563 500 euros.

• Le travail dans un contexte « POLMAR », impliquant la participation à des réunions de cellules de crise quotidiennes pendant les premiers mois, des modalités d'action et de communication spécifiques et un travail en inter-service soutenu.

• L'implication de nombreux organismes nationaux (INERIS, InVS, AFSSA...) permettant aux ministères concernés de définir des règles de gestion à mettre en œuvre par les DDASS. En particulier, sont concernées la qualité de l'eau de baignade, des plages après la réalisation de travaux de dépollution, de l'eau alimentant les marais salants, ainsi que la qualité des coquillages, des poissons et du sel marin.

• L'intérêt des médias, tant locaux que nationaux et étrangers, sur ce dossier, qui se traduit par la publication de près de 200 articles en première page dans la presse nationale.

• L'utilisation d'internet, tant par des mouvements associatifs que par l'administration pour communiquer sur différentes facettes de la marée noire.

Quelles leçons majeures tirer de cette expérience « hors du commun » ? De façon évidente, il est nécessaire pour les DDASS :

• de veiller à se préparer à la gestion de la marée noire avant qu' elle n'atteigne les côtes et ne porte atteinte à la qualité des usages. Dans ce cadre, l'organisation interne et la gestion dans la durée doivent être prévues au plus tôt ;

• d'adapter le contrôle sanitaire en fonction des caractéristiques du produit en cause, des populations et usages exposés ou susceptibles d'être exposés ;

• de mettre en œuvre une veille médiatique par l'étude quotidienne des médias tant locaux que nationaux et la consultation périodique des sites internet officiels et associatifs ;

• de s'assurer de la façon dont le public a accès et perçoit l'information officielle qui lui est transmise par l'intermédiaire des médias ou des élus et la façon dont il adapte son comportement dans la durée ;

• de veiller à assurer et mettre en œuvre les responsabilités respectives des élus et de l'État dans le domaine du contrôle sanitaire réaffirmées par les instructions POLMAR du 3 mars 2002 [31].

Remerciements

Les auteurs remercient les personnes concernées par la gestion de la marée noire de l'Erika, sous les aspects de santé environnementale, dans les structures suivantes : ministère chargé de la Santé, AFSSA, INERIS, InVS, CEDRE, Centres anti-poison de Rennes, Paris et Angers, Laboratoire municipal de Rouen, IDAC, SMN, DRDJS, DRASS, DIREN, Service départemental d'incendie et secours, PCA, sous-préfecture de Saint-Nazaire et préfecture de la Loire-Atlantique. Le travail relaté dans le présent article n'a été rendu possible que grâce à la compétence et au dévouement des personnels et stagiaires de la DDASS affectés à la direction, au service des ressources humaines et de l'administration générale, au département santé et au service santé-environnement.

SIGLES

DDASS

Direction départementale des affaires sanitaires et sociales

POLMAR Mer

Pollution MARitime Mer

POLMAR Terre

Pollution MARitime Terre

FIPOL

Fond d'intervention pour les dommages dus à la pollution par hydrocarbures

HAP

Hydrocarbures aromatiques polycycliques

US-EPA

United States Environment Protection Agency

IDAC

Institut départemental d'analyse et de conseil

InVS

Institut de veille sanitaire

INERIS

Institut national de l'environnement et des risques

AFSSA

Agence française de sécurité sanitaire des aliments

ETP

Équivalent temps plein

PCA

Poste de commandement avancé

CEDRE

Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux

DIREN

Direction régionale de l'environnement

DRDJS

Direction régionale et départementale de la jeunesse et des sports

PVC

Polychlorure de vinyle

ESSCA

École supérieure des sciences commerciales d'Angers

Références

1. Prat M, Mansotte F. La marée noire de l'Erika : 6 mois d'intervention en Loire-Atlantique. Bulletin d'information en Santé Environnementale du réseau de la Santé Publique du Québec 2000 (novembre - décembre) : 1-4.

2. Prat M, Mansotte F. La marée noire de l'Erika : 6 mois d'intervention en Loire-Atlantique. IASS La Revue 2001 ; 33 : 45-6.

3. Andre S, Rousseau C. Accident de l'Erika, interventions à terre. Bulletin d'information du CEDRE 2000 ; 14 : 8-22.

4. Agence française de sécurité sanitaire des aliments. Avis relatif à la contamination des produits de la mer par des hydrocarbures à la suite du naufrage du pétrolier Erika. Maisons-Alfort : AFSSA, 2000 ; 7 p.

5. Circulaire no 297-SDA du 8 février 2000. Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, non publiée, 3 p.

6. Décret no 89-3 du 3 janvier 1989 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine à l'exclusion des eaux minérales naturelles. Journal officiel de la République française, 4 janvier 1989 : 125-31.

7. Circulaire DGS VS4 no 2000/293 du 30 mai 2000, relative à la définition des conditions d'ouverture des plages à la suite de la dépollution du littoral atlantique par des produits pétroliers. Bulletin officiel du ministère de la Santé (numéro 2000-23) ; 10 p.

8. Institut national de l'environnement et des risques industriels (Ineris), Institut de veille sanitaire (InVs). Évaluation du risque sanitaire résiduel pour les populations fréquentant les plages après dépollution du fioul de l'Erika : rapport. Paris : INERIS; InVs, 2000 ; 52 p.

9. Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, Qualité des eaux de mer utilisées pour la production de sel. Paris : Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, 2000 ; 1 p.

10. Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Avis sur la qualité de l'eau alimentant les marais salants du 4 avril 2000. Maisons-Alfort : AFSSA, 2000 ; 5 p.

11. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Recommandations aux classes de mer et aux clubs de loisirs nautiques et pratiques placés sous la tutelle de l'inspection académique ou de la direction départementale de la Jeunesse et des Sports de Loire-Atlantique : fiches. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, 26 avril 2000 et 13 octobre 2000 ; 2 p.

12. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique, Surveillance sanitaire du littoral de Loire-Atlantique –  saison estivale 2000 : plaquette. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, juillet 2000 ; 28 p.

13. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique, Plan POLMAR Terre – Surveillance sanitaire des eaux de baignade en mer : fiche. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, 12 juillet 2000 ; 1 p.

14. Ministère de l'Emploi et de la Solidarité. Les plages après le naufrage de l'Erika – conseils pour vacances ; Die Strande nach dem Schiffbruch der Erika – Gesundheiss Empfehlungen fur irhen Urlaub ; The beaches following the Erika – advice for healthy holidays : 3 plaquettes. Paris : Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, juin 2000 ; 2 p.

15.  Barneaud A. Gestion d'une marée noire : réflexion sur les analyses d'hydrocarbures : exemple de l'Erika, rapport. École nationale supérieure de chimie de Rennes. Rennes : DDASS de Loire-Atlantique, août 2001 ; 42 p.

16.  Touranchet C. Impact de la marée noire de l'Erika sur le littoral de Loire-Atlantique : études des données collectées par la DDASS de Loire-Atlantique : rapport. Rennes : Faculté des sciences de Rennes, août 2001 ; 37 p.

17. Aair Lichens. Émanations atmosphériques côtières consécutives à la libération d'hydrocarbures dans le milieu marin – affaire Erika – études lichéniques première phase : rapport. Nantes : Aair Lichens, juin 2000 ; 17 p.

18. Aair Lichens. Émanations atmosphériques côtières consécutives à la libération d'hydrocarbures dans le milieu marin – affaires Erika – études lichéniques deuxième phase : rapport. Nantes : Aair Lichens, septembre 2000 ; 46 p.

19. Le CLezio N. Contentieux de l'Erika par la presse du 1312/1999 au 10/04/2001. Rapport de maîtrise en droit public. Toulouse : Université des sciences sociales de Toulouse, avril 2001 ; 32 p.

20. Hivert G. Éléments de gestion sanitaire d'une marée noire à l'usage des DDASS : rapport. Rennes : École nationale de la santé publique, septembre 2000 ; 55 p.

21. Morita A, Kusaka Y, De Guchi Y, et al. Acute health problems among the people engaged in the cleanup of the Nakhodka Oil Spill. Environ Res, Section A 81 1999 ; 185-94.

22. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Les gisements naturels de coquillages de Loire-Atlantique et la marée noire de l'Erika : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, septembre 2001 ; 26 p. + annexes.

23. Mansotte F, Le Guennic A. L'ouverture des plages au public après la marée noire de l'Erika. Colloque des leçons techniques de l'Erika et des autres accidents maritimes, Brest, 2002 ; 6 p.

24. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Baignades en mer, baignades en eau douce en Loire-Atlantique, saison estivale 2000 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, décembre 2000 ; 39 p.

25. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Baignades en mer, baignades en eau douce en Loire-Atlantique, saison estivale 2001 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, 2001 ; 43 p. + annexes.

26. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Les marais salants de Loire-Atlantique et la marée noire de l'Erika : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, juillet 2001 ; 35 p. + annexes.

27. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Plan POLMAR-Erika année 2000, information disponible auprès des syndicats d'initiative et offices de tourisme des communes littorales de Loire-Atlantique – Bilan au 31 août 2000 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, février 2001 ; 4 p. + annexes.

28. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Information marée noire Erika, 3 affiches support papier et PVC. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, juin 2000.

29. Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales de la Loire-Atlantique. Plan POLMAR-Erika année 2000, enquête concernant l'information disponible auprès des postes de secours des plages de Loire-Atlantique – bilan au 16 août 2000 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, février 2001 ; 7 p. + annexes.

30. École supérieure des sciences commerciales d'Angers-Junior entreprise. Étude de perception des touristes quant à l'état des plages et aux moyens de communication mis en place suite au naufrage de l'Erika par la DDASS de Loire-Atlantique : rapport. Angers : ESSCA, mai 2001 ; 54 p.

31. Circulaire du 4 mars 2002 relative à la lutte contre la pollution du milieu marin (documentation nationale POLMAR). Journal officiel de la République française , 4 avril 2002 : 5877-88.


 

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