ARTICLE
Auteur(s) : François Mansotte, Marie-Andrée GORAGUER, Alcime LE GUENNIC
Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales,
Service Santé-environnement, 18-22 bis, Rue Paul Ramadier,
44200 Nantes.
<francois.mansotte@sante.
gouv.fr>
À la suite du naufrage du pétrolier Erika, le 12 décembre
1999, des actions spécifiques de contrôle sanitaire ont été mises
en œuvre pendant deux ans par la direction départementale des
Affaires sanitaires et sociales (DDASS) de Loire-Atlantique dans le
cadre du plan POLMAR Terre (Pollution maritime terre). Deux
premiers bilans publiés en décembre 2000 et juillet 2001 [1, 2]
font le point sur l'analyse de risque toxicologique et sur
l'adaptation du contrôle sanitaire réalisé dans les six premiers
mois après la marée noire. Au 1er décembre 2002, soit
trois ans après le naufrage, le plan POLMAR Terre n'est pas
formellement levé, mais l'activité des services de l'État, à
l'échelle départementale, se limite essentiellement au règlement de
factures. Les dernières actions spécifiques de contrôle sanitaire
mises en œuvre dans le cadre du plan POLMAR ayant été arrêtées au
31 décembre 2001, il nous est apparu important de dresser le
bilan de deux ans de contrôle sanitaire mis en œuvre par la DDASS
de Loire-Atlantique après le naufrage de l'Erika.
Le naufrage de l'Erika et l'organisation POLMAR
Le 8 décembre 1999, l'Erika, pétrolier de
37 000 tonnes et de 184 mètres, charge
30 884 tonnes de fioul lourd no 2 à la
raffinerie Total de Dunkerque. La cargaison appartenant à la
Société Total doit être livrée à Livourne, en Italie, pour être
utilisée comme combustible par une centrale thermique de l'Enel. Le
12 décembre 1999, suite à un appel de détresse émis par le
capitaine de l'Erika, la Marine nationale française procède à
l'évacuation des 26 membres de l'équipage indien de l'Erika
dans des conditions très périlleuses, avec des rafales de vent
atteignant 60 nœuds et des creux de 8 à 10 m. Le navire
se brise alors en deux parties ; éloignées l'une de l'autre de
12 km, elles gisent depuis par 120 mètres de fond, à
65 km au sud de la pointe de Penmarc'h et à 75 km à
l'ouest de Belle-Ile-en-Mer (carte).
Les deux parties de l'épave laissent échapper une partie de la
cargaison de fuel lourd qui dérive en nappes vers le sud du golfe
de Gascogne. Le plan d'urgence POLMAR Mer (Pollution maritime mer)
dont l'objectif est d'organiser la lutte en mer contre la marée
noire, est déclenché le 15 décembre 1999 par le préfet
maritime de la zone Atlantique de Brest. Quatre navires français et
cinq navires étrangers participent à des opérations de pompage en
mer. Les préfets de cinq départements (Finistère, Morbihan,
Loire-Atlantique, Vendée, Charente-Maritime) déclenchent le plan
POLMAR Terre entre le 22 et le 24 décembre 1999, à l'arrivée
des premières traces de pollution sur la côte [3] qui sont
identifiées dans la carte. Le plan POLMAR Terre est destiné
à la préparation et à la gestion des opérations de lutte à terre
contre la marée noire ; il est déclenché par le préfet de
département qui dispose ainsi du concours de la Sécurité civile, de
la Défense nationale, des collectivités locales et des
administrations, ainsi que des moyens de sociétés privées qu'il
peut réquisitionner. Il peut, de plus, disposer de « fonds
d'intervention spécifiques POLMAR » qui relèvent du ministère
chargé de l'Environnement. La mise en œuvre du plan POLMAR en
Loire-Atlantique est résumée en quelques chiffres dans
l'encadré.
Actions menées par la DDASS
Du naufrage (12 décembre 1999) à l'arrivée du fioul sur
les côtes (24 décembre 1999)
Dès la connaissance de la survenue du naufrage de l'Erika, la
DDASS prend un certain nombre de dispositions afin de se préparer à
une éventuelle arrivée de fioul sur le littoral de
Loire-Atlantique, bien que les nappes échappées des épaves semblent
devoir dériver vers le sud du golfe de Gascogne. Ces mesures
concernent l'organisation interne, la recherche documentaire de
toutes les informations pertinentes vis-à-vis de la protection de
la santé publique, les articles qui décrivent la gestion des marées
mettant en œuvre du fioul lourd no 2 ainsi que la
réalisation de prélèvements conservatoires.
Organisation interne
Une attention particulière est apportée à la circulation interne
de l'information, d'une part entre la direction de la DDASS, le
service « Santé-Environnement » et le service
« Inspection de la Santé » et, d'autre part, au sein du
service « Santé-Environnement » lui-même. Dans ce cadre,
la DDASS rédige des synthèses qui permettent de garder la trace des
actions engagées ; elle participe à des réunions POLMAR
quotidiennes à la préfecture, pendant les mois qui suivent
l'arrivée de la marée noire sur les côtes. Une veille médiatique
quotidienne est organisée par la consultation de sites internet
officiels et associatifs, la lecture de la presse écrite et le
suivi des actualités télévisées, nationales et régionales. Un
certain nombre de moyens logistiques sont mis en place : achat
de matériel de protection (bottes, gants, vêtements, etc.), de
conservation d'échantillons (réfrigérateurs, congélateurs,
glacières, etc.), de communication (téléphones portables), de
détection (tubes réactifs) et de conservation d'images et
acquisition de preuves (appareil photo numérique).
Recherche d'informations bibliographiques
Sur la base des informations selon lesquelles le produit
transporté est du fioul lourd no 2 qui peut
comporter des fluxants permettant d'ajuster sa viscosité, un
certain nombre de contacts sont pris afin d'acquérir de
l'information sur les techniques d'évaluation de la qualité de
l'air et l'identification des impacts sur la santé recensés à
l'occasion des précédentes marées noires, mettant en cause du fioul
lourd no 2.
Réalisation de prélèvements conservatoires
Afin de pouvoir répondre à des demandes ultérieures du FIPOL
(Fond international d'intervention pour les dommages dus à la
pollution par les hydrocarbures), et, disposer de références sur la
qualité des usages avant la pollution du littoral par le fioul de
l'Erika, il est décidé, dans la semaine qui suit le naufrage, de
procéder à un certain nombre de prélèvements conservatoires
éventuellement réalisés en présence de gendarmes. Ces prélèvements
portent sur l'eau de mer d'une à trois plages par commune, sur les
cinq prises d'eau de mer qui alimentent six piscines et
thalassothérapies, sur quatre gisements naturels de coquillages et
le sel produit en 1999 dans les marais salants du littoral de
Loire-Atlantique. Les prélèvements sont effectués par des agents
assermentés de la DDASS, selon les techniques en vigueur pour les
prélèvements d'eau de baignade, de piscines, ou pour les
coquillages. Pour les échantillons d'eau, les prélèvements sont
effectués dans des flacons fournis par l'Institut départemental
d'analyse et de conseil (IDAC) et transportés à une température de
4 °C avant d'être analysés par ce même institut. Pour les
échantillons de coquillages, les prélèvements sont effectués en
sachets stériles, transportés à 4 °C, et congelés avant
expédition au laboratoire municipal de Rouen.
Du 24 décembre 1999 (arrivée du fioul) au 31 décembre
2001
À l'arrivée de la marée noire sur le littoral de
Loire-Atlantique, le 24 décembre 1999, il est décidé de mettre
en place ou d'adapter les contrôles sanitaires existants (démarche
résumée dans les tableaux 1 et 2) et de réaliser des opérations d'information et
des études spécifiques.
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Les chiffres du naufrage de l'Erika
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Sur la cargaison de fioul transportée par
l'Erika :
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• 11 000 tonnes restées dans les
cuves de l'Erika sont pompées par Total dans l'été 2000 et traitées
à la raffinerie de la société Total du Havre
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• 1 100 tonnes sont pompées en mer
fin décembre 2000
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• Les 18 900 tonnes restantes
atteignent le littoral français, souillant 400 km de côtes
entre le Finistère et la Charente-Maritime en causant la mort
d'environ 300 000 oiseaux. Les opérations de nettoyage du
littoral produisent environ 250 000 tonnes de déchets
souillés par le fioul de l'Erika dont le traitement est prévu sous
la responsabilité de la société Total sur un site jouxtant sa
raffinerie de Donges en Loire-Atlantique (plus des deux tiers des
déchets collectés le sont en Loire-Atlantique)
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• 24 décembre 1999 : déclenchement
du plan POLMAR
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• 26 décembre 1999 : arrivée de la
pollution sur le littoral sous forme d'une couche visqueuse de 5 à
30 cm d'une émulsion de fioul et d'eau de mer
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• Dès le 26 décembre 1999 :
500 personnes sur le littoral nettoient jusqu'à 1,2 t de
déchets par homme/jour
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• Dans les six premiers mois, en moyenne
908 hommes/jour (sapeurs pompiers, sécurité civile,
militaires) sont occupés au nettoyage de la côte dans les
6 premiers mois, ce qui représente 850 000 heures de
travail
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Tableau 2. Synthèse des
actions de contrôle sanitaire effectuées
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Domaine
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Objet du
contrôle
sanitaire |
Contrôle
sanitaire DDASS classique |
Évaluation et
gestion nationale Erika |
Procédures et
niveaux
de qualité Erika |
| Gisements
naturels de coquillages |
33 gisements naturels
de coquillages |
Contrôle
sanitaire mensuel DDASS sans recherche d'hydrocarbures |
• Avis AFSSA du
7 janvier 2000 sur la qualité des coquillages et poissons
[4]
↓
Circulaire interministérielle du 31 janvier
2000 [5] |
• Procédure de
gestion interministérielle
• Seuil d'exclusion pour les coquillages : 1 mg/kg de
poids sec pour le total 16 HAP US-EPA (0,1 mg/kg
pour le poisson) |
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Thalassothérapies et baignades en eau de mer |
6 établissements |
Contrôle
sanitaire mensuel DDASS sans recherche d'hydrocarbures |
— |
• Procédure de
gestion DDASS 44
• Valeur guide : 200 ng/L pour le total des 16 HAP
US-EPA sur l'eau de mer alimentant les établissements |
| Plages et
criques |
93 zones de
baignades dont 72 plages et 21 criques |
Contrôle
sanitaire DDASS 10 prélèvements pendant la saison estivale
sans recherche d'hydrocarbures |
Évaluation de
risque résiduel InVS-INERIS sur les plages dépolluées [8]
↓
Circulaire Santé du 30 mai 2000 [7] |
• Procédure de
gestion et d'information Santé
Valeur guide : 200 ng/L pour le total des 16 HAP
US-EPA sur l'eau de mer |
| Marais
salants |
2 zones de
marais salants |
Aucun contrôle
sanitaire sur l'eau et le sel en routine |
Avis AFSSA du
4 avril 2000 sur la qualité du sel et de la qualité de l'eau
des marais salants [10]
↓
Circulaire Santé du 13 avril 2000 [8] |
• Procédure de
gestion Santé. Valeur guide 200 ng/L pour le total des
16 HAP US-EPA sur l'eau alimentant les marais
salants
• Valeur guide de 0,05 mg/kg pour le sel |
Adaptation du contrôle sanitaire
Pour les 33 gisements naturels de coquillages
habituellement surveillés par la DDASS (essentiellement moules et
coques) qui font l'objet d'une pratique de pêche à pied de loisir
et d'une consommation directe, le contrôle sanitaire mensuel de
routine est intensifié par la recherche des 16 HAP
(hydrocarbures aromatiques polycycliques) préconisés par
l'United States Environmental Protection Agency (US-EPA) et
retenus par l'avis du 7 janvier 2000 de l'Agence française de
sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) [4]. La recherche des HAP a
été retenue, compte tenu de leur présence caractéristique dans le
fioul de l'Erika, de leur toxicité, et du risque que représente
pour le consommateur, leur transfert dans la chaîne alimentaire.
Les prélèvements réalisés par la DDASS sur les gisements de
coquillages à l'occasion de grands coefficients de marées sont
congelés et envoyés pour analyse au laboratoire municipal et
régional de la ville de Rouen. Les résultats sont comparés à la
valeur d'exclusion (1 mg/kg de poids sec pour le total des
16 HAP), précisée par la circulaire du ministère chargé de
l'Agriculture du 8 février 2000 [5].
Pour les 6 installations de thalassothérapie et piscines
alimentées en eau de mer, une procédure de gestion des prélèvements
d'eau en mer est établie par la DDASS dès le 26 décembre 1999.
Le contrôle sanitaire de routine est renforcé jusqu'enfévrier 2000
par la recherche hebdomadaire d'hydrocarbures totaux puis par la
recherche mensuelle des 16 HAP jusqu'à fin juin 2001. Ces
prélèvements réalisés par la DDASS sont analysés par l'IDAC de
Nantes et les résultats sont comparés à la valeur retenue pour
l'eau potable par le décret du 3 janvier 1989 modifié [6], à
savoir 0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux. Pour les HAP,
la valeur de référence retenue est 200 ng/L pour le total des
16 HAP.
Le 30 mai 2000, le ministère chargé de la Santé publie des
instructions concernant l'ouverture et le suivi des plages [7], qui
seront utilisées pour les saisons estivales 2000 et 2001. La
procédure de réception de « l'état sanitaire » des plages
a été établie sur la base des conclusions d'une étude réalisée par
l'Institut de veille sanitaire (InVS) et l'Institut national de
l'environnement et des risques industriels (INERIS) relative à
l'évaluation du risque sanitaire résiduel pour les populations
fréquentant les plages après dépollution du fioul de l'Erika [8].
Cette procédure repose sur le constat visuel de critères de qualité
réalisé à l'occasion d'une visite sur place, assorti de la
réalisation éventuelle de prélèvements pour la recherche des
hydrocarbures (HAP et hydrocarbures totaux). Avant et pendant la
saison estivale sont réalisées des campagnes mensuelles de
recherche des 16 HAP ainsi que des hydrocarbures totaux sur
les 72 plages de Loire-Atlantique. Les prélèvements réalisés
par la DDASS sont analysés par l'IDAC et les résultats comparés à
la valeur guide fixée par les instructions nationales [7] précitées
à 200 ng/L pour le total des 16 HAP.
En routine, les marais salants ne font l'objet d'aucun contrôle
sanitaire. Compte tenu de la sensibilité de cet écosystème
particulier et de la production de sel – denrée alimentaire vendue
au consommateur sans traitement particulier – les étiers (canaux
qui alimentent les marais salants) sont d'abord fermés par des
barrages en terre, puis équipés de barrages filtrants. Le contrôle
sanitaire spécifique mis en place consiste, d'une part, à évaluer
la teneur en hydrocarbures dans le milieu et, d'autre part, à
valider l'étanchéité des barrages en terre puis de certains
barrages filtrants. Les HAP sont également mesurés dans l'eau qui
alimente les marais salants. Les prélèvements réalisés par la DDASS
sont analysés par l'IDAC et les résultats comparés à la valeur
guide fixée par le ministère chargé de la Santé par circulaire en
date du 13 avril 2000 [9] à 200 ng/L pour le total
des 16 HAP, suite à la publication d'un avis de l'AFSSA du
4 avril 2000 [10]. Les échantillons de sel prélevés par
la DDASS sont analysés par le laboratoire municipal et régional de
la ville de Rouen et les résultats sont comparés à la valeur guide
fixée, pour le sel et le poisson, par l'AFSSA dans son avis du
7 janvier 2000 [4], à 0,05 mg/kg de poids sec pour
le total des 16 HAP.
Gestion de l'information
La diffusion d'informations visant le contrôle sanitaire dans le
cadre du plan POLMAR concerne des résultats du contrôle sanitaire
et des informations complémentaires.
En ce qui concerne les gisements naturels de coquillages, la
DDASS procède au quotidien à la diffusion des résultats mensuels de
contrôle sanitaire aux élus du littoral, pour information du
public, en particulier par affichage en mairie et sur les lieux
d'accès aux gisements de coquillages. En complément des conditions
d'informations traditionnelles précitées, la DDASS réalise des
bilans périodiques sur les zones concernées par des interdictions
de ramassage assorties de conseils de prudence diffusés à
l'ensemble des élus du littoral et par l'intermédiaire de
communiqués de presse préfectoraux.
Les six installations de thalassothérapie et piscines alimentées
en eau de mer font l'objet d'une diffusion mensuelle des résultats
du contrôle sanitaire auprès des gestionnaires de ces installations
pour information du public, par affichage. Aucune disposition
d'information complémentaire n'a été mise en œuvre dans le cadre de
la marée noire de l'Erika.
La diffusion des résultats du contrôle sanitaire des baignades
en mer se traduit classiquement par l'envoi de bulletins d'analyses
récapitulatifs aux maires concernés, pour chaque plage et après
chaque prélèvement. Avant la saison estivale, et dans le cadre de
la procédure de réception de « l'état sanitaire » des
plages, des communiqués de presse préfectoraux récapitulant l'état
des plages sont diffusés aux médias.
En temps normal, ni l'eau de mer qui alimente les marais
salants, ni le sel produit ne font l'objet d'un contrôle sanitaire.
Les résultats des contrôles sanitaires spécifiques réalisés au
cours de la marée noire font l'objet d'une diffusion, par la
sous-préfecture de Saint-Nazaire, aux instances professionnelles
des paludiers.
Des documents d'informations complémentaires spécifiques sont
rédigés et concernent en particulier les gestionnaires de classes
de mer et de clubs de loisirs nautiques. La DDASS réalise ainsi une
fiche de recommandations à respecter par les clubs qui souhaitent
pratiquer des activités de loisirs nautiques sur le littoral de
communes où des travaux de dépollution sont en cours [11]. De la
même façon, pour les maires du littoral et les maîtres nageurs
sauveteurs, la DDASS diffuse un document d'informations [12] ainsi
qu'une fiche de procédures à mettre en œuvre en cas de constat de
souillure de la peau des estivants par du fioul [13]. Il est
également demandé aux maîtres nageurs sauveteurs de consigner les
plaintes et événements anormaux sur une main courante et de mettre
à disposition du public de l'huile végétale pour se nettoyer la
peau en cas de souillure par le fuel de l'Erika. Au niveau national
un site internet officiel (www.info-erika.gouv.fr) est mis en place
et une plaquette intitulée « Les plages après le naufrage de
l'Erika – conseils pour vos vacances » [14] traduite
en anglais et allemand est publiée. Par ailleurs, des messages
d'information du public sont mis au point et traduits en anglais et
allemand ; ils doivent être affichés par les maires à l'entrée
des plages concernées, selon leur « état sanitaire ».
Réalisation d'études spécifiques
Dans les mois qui suivent le naufrage de l'Erika, dans le champ
de la santé environnementale, et en complément des actions
précitées, plusieurs études spécifiques sont menées, concernant en
particulier les techniques analytiques disponibles pour doser les
hydrocarbures [15], l'analyse des données d'hydrocarbures mesurées
dans l'eau de mer [16], l'utilisation des lichens comme
bio-indicateurs de la contamination de l'air par les HAP [17,18],
le contentieux de l'Erika vu par la presse [19] et la mise au point
d'éléments de gestion sanitaire d'une marée noire à l'usage des
DDASS [20].
Résultats
Bilan de la recherche d'informations bibliographiques
Avant l'arrivée de la marée noire, il est recherché sur un
certain nombre de bases de données (MEDLINE, TOXLINE) l'existence
de publications visant à mieux qualifier l'impact sur la santé et
l'exposition de la population par la baignade, la consommation de
coquillages, de poissons, de crustacés, de sol ou l'exposition par
l'air à l'occasion de marées noires mettant en cause du fioul lourd
no 2. Cette première recherche bibliographique donne un
résultat très limité et dénombre essentiellement quelques articles
portant sur l'impact psychologique des marées noires. Ce n'est
qu'en mars 2000 que l'INERIS portera à notre connaissance
l'existence d'un article consacré à l'impact sur la santé de la
marée noire du pétrolier Nakhodka transportant du fioul lourd
no 2, décrit en 1997 au Japon [21].
Résultats du contrôle sanitaire spécifique
Résultats du contrôle sanitaire des gisements naturels de
coquillages
De décembre 1999 à décembre 2001, 664 prélèvements pour
analyse sont réalisés par la DDASS sur les 33 gisements
naturels de coquillages dont elle suit mensuellement, et de façon
habituelle, la qualité [22]. La recherche spécifique des
16 HAP retenus par l'AFSSA sur des prélèvements mensuels est
effectuée par le laboratoire municipal et régional de la ville de
Rouen pour un coût total de 260 000 euros. Le ramassage
des coquillages sur l'ensemble des 33 gisements naturels de
coquillages est interdit par arrêté préfectoral du 27 décembre
1999, sur la base de constats visuels réalisés par la DDASS dès
l'arrivée du fioul sur les gisements. Les résultats des analyses
connus ultérieurement confirment le bien-fondé de cette décision.
Les analyses réalisées sur les quatre prélèvements conservatoires
effectués les 20 et 22 décembre 1999 donnent des résultats
(total 16 HAP exprimés en poids sec) compris entre 0,081 et
0,160 mg/kg. En 2000, les moyennes mensuelles enregistrées sur
les 33 gisements varient de 0,830 mg/kg à
6,948 mg/kg, avec des valeurs qui dépassent couramment
5 mg/kg, ces résultats devant être comparés au seuil
d'exclusion fixé à 1 mg/kg [5]. Le premier site de coquillages
sera réouvert le 29 mai 2000 et il faudra attendre le
29 juin 2001 pour que la pêche à pied de loisir soit de
nouveau autorisée sur l'ensemble des gisements naturels ; le
contrôle sanitaire spécifique de recherche des hydrocarbures est
suspendu en décembre 2001.
Résultats du contrôle sanitaire des installations de
thalassothérapie
De fin décembre 1999 à fin juin 2001, 237 prélèvements pour
analyse sont effectués par la DDASS sur les 6 installations de
thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer dont elle
suit mensuellement, et de façon habituelle, la qualité. Les
analyses sont réalisées par l'IDAC pour un coût de
16 500 euros. Le dépassement de la valeur de
0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux n'est pas constaté sur
la série de prélèvements conservatoires réalisés avant le
25 décembre 1999. Sur les 162 prélèvements réalisés entre
fin décembre 1999 et le 30 juin 2000, le dépassement de la
valeur de 0,01 mg/L pour les hydrocarbures totaux n'est
constaté qu'à deux reprises. Sur 75 prélèvements, du
1er avril 2000 au 30 juin 2001, aucun dépassement
de la valeur de 200 ng/L pour le total des 16 HAP n'est
constaté. De décembre 1999 à décembre 2001, il n'est procédé à
aucune fermeture administrative des 6 installations de
thalassothérapie et piscines alimentées en eau de mer.
Résultats du contrôle sanitaire des plages
À partir du 20 décembre 1999, avant l'arrivée de la marée
noire et afin d'établir un « point zéro », des analyses
d'eau de mer à des fins de recherche d'hydrocarbures sont faites
sur 1 à 3 plages de chacune des 17 communes du littoral.
Ces analyses réalisées mettent en évidence une absence de
contamination par les hydrocarbures (hydrocarbures
totaux < 0,01 mg/L). Dans les jours qui suivent
l'arrivée du fioul, un inventaire complet de l'état des plages est
réalisé. L'ampleur de la pollution et la nécessité de mettre
rapidement en place des chantiers de nettoyage [3] conduisent la
quasi-totalité des communes à interdire l'accès du public à leurs
plages, dès le début de l'année 2000.
Conformément à la circulaire du ministère chargé de la Santé du
30 mai 2000 [7], la demande de mise en œuvre de la
procédure de réouverture des plages au public est faite par les
mairies auprès des PCA POLMAR (Poste de commandement
avancé – POLMAR) de La Baule, Guérande ou Pornic qui
planifient les visites avec la DDASS (chargée par la préfecture, du
pilotage de cette procédure) [23]. Afin d'accroître l'efficacité
des visites de réouverture des plages, la DDASS a souhaité que le
groupe de visite des plages qu'elle pilote soit composé des
services suivants : PCA concerné, Service maritime et de
navigation, experts du CEDRE (Centre de documentation de recherche
et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux) et
de la DIREN (Direction régionale de l'environnement) et que les
visites se fassent en présence des représentants des communes
concernées. Ce choix a permis, sur le terrain, d'une part de
connaître, dans le détail, l'historique et l'ampleur de la
pollution reçue et l'ensemble des moyens mis en œuvre pour y
remédier (ramassage, criblage, tamisage, lavage par remise à l'eau)
et, d'autre part, de définir rapidement en cas de persistance d'une
pollution résiduelle, les moyens nécessaires pour y remédier et
planifier leur mise en œuvre.
Pour l'année 2000, 93 plages (dont les 72 plages
suivies habituellement par la DDASS et 21 criques) ont fait
l'objet de 131 visites de réception du 30 mai au
17 août 2000, ce qui représente 56 jours de travail
équivalent temps plein pour la DDASS [24]. Soixante-six ont fait
l'objet d'un classement dans « un état sanitaire
satisfaisant », 6 étant classées dans « un état
sanitaire non satisfaisant ». Du 10 avril au 4 août
2000, 8 campagnes de prélèvements seront réalisées sur chacune
des 72 plages, la recherche des hydrocarbures totaux et HAP
sur 524 prélèvements représentant un coût de
102 445 euros. Sur les plages réceptionnées en
« état sanitaire satisfaisant », 92 % des résultats
des analyses (total 16 HAP) sont inférieurs à 200 ng/L,
les valeurs supérieures étant très souvent dues à la réalisation de
travaux de dépollution à proximité des plages [16].
Pour l'année 2001, la même procédure est reconduite sur
93 plages et criques, du 28 mai 2001 au 6 juillet
2001, ce qui représente 110 visites et 25 jours de
travail équivalent temps plein pour la DDASS [25]. Soixante et onze
plages sont déclarées dans un « état sanitaire
satisfaisant », seule une plage n'a pas été ouverte compte
tenu des travaux très importants réalisés sur des enrochements
artificiels (derniers travaux de dépollution réalisés dans le cadre
du plan POLMAR). Du 28 mai au 21 août 2001, 3 à
4 campagnes de prélèvements sont réalisées sur chacune des
72 plages, la recherche des hydrocarbures totaux et HAP sur
171 prélèvements représentant un coût de
54 975 euros. Aucun dépassement de la valeur guide de
200 ng/L n'est enregistré.
Résultats du contrôle sanitaire des marais salants
Le 20 décembre 1999, avant l'arrivée de la marée noire, un
prélèvement est effectué sur du sel produit en 1999. Le total des
16 HAP est inférieur au seuil de détection du laboratoire
municipal et régional de la ville de Rouen. Dans les jours qui
suivent, dès le 26 décembre 1999, les paludiers ferment les
écluses des étiers, érigent des barrages en terre et des barrages
filtrants en paille. De février 2000 à mai 2001, la DDASS procède à
la recherche des HAP sur 6 points des marais salants en amont
et en aval des barrages mis en place ainsi qu'à des analyses sur
des dispositifs filtrants pilotes et à l'occasion de travaux
réalisés sur des enrochements [26].
À partir du 3 mars 2000, un arrêté préfectoral interdit les
prélèvements d'eau de mer approvisionnant directement ou
indirectement les marais salants. Compte tenu des termes de la
circulaire du ministère chargé de la Santé du 13 avril
2000 [9], de l'avis de l'AFSSA du 4 avril 2000 [10]
et de l'amélioration de la qualité de l'eau à l'entrée des marais
salants, un arrêté préfectoral autorise, le 23 mai 2000, les
prélèvements d'eau de mer, sous réserve de la mise en place d'un
dispositif de filtration permettant de maintenir une concentration
en HAP inférieure à la valeur guide de 200 ng/L. Le tribunal
administratif de Nantes confirme le 11 juillet 2000 la
légalité de l'arrêté du 23 mai 2000. Les 11 analyses
réalisées sur le sel produit en 2000 montrent des valeurs
inférieures à 0,005 mg/kg, à comparer à la valeur guide fixée
par l'AFSSA [4] à 0,05 mg/kg (total 16 HAP exprimé en
poids sec). De décembre 1999 à avril 2001, 694 prélèvements
sont réalisés pour un coût analytique de 129 580 euros. À
compter du 27 avril 2001, un arrêté préfectoral autorise les
prélèvements d'eau approvisionnant les marais salants sans
restriction.
Bilan de l'information
Bilan en matière d'information du public
Pendant deux ans (du 25 décembre 1999 au 31 décembre
2001), près d'une centaine de communiqués de presse ont été
diffusés par la préfecture de Loire-Atlantique dans le cadre du
plan POLMAR. Si l'on considère les six mois écoulés entre le
1er janvier et le 30 juin 2000, 61 communiqués
de presse préfectoraux sont diffusés, dont 39 consistant en
des points quotidiens ou hebdomadaires de la situation et
15 pendant la procédure de réception de l'état sanitaire des
plages avant la saison estivale 2000.
En ce qui concerne l'activité du service santé-environnement de
la DDASS, pendant les deux ans de gestion de la marée noire,
plusieurs centaines de documents sont diffusés (procès-verbaux de
réception des plages, bulletins d'analyses d'eau de mer ou de
coquillages, fiches d'information générales, etc.). Généralement,
l'information destinée au grand public est le plus souvent
transmise aux élus pour information de la population par affichage.
Il est à noter que, pendant la marée noire, aucune information
locale n'est mise en ligne sur internet, la DDASS ne disposant pas
alors de site internet.
La gestion de la marée noire de l'Erika représente un événement
de durée exceptionnelle : pendant les deux années 2000 et
2001, la presse écrite a consacré 1 163 éditions à
l'événement, l'information étant mentionnée en première page par
194 journaux nationaux. En accord avec la préfecture, la DDASS
a dû répondre à plus d'une centaine de sollicitations de
journalistes dont une trentaine de demandes de chaînes de
télévision ou radiophoniques françaises et étrangères.
Bilan de l'information disponible auprès des Offices de
tourisme
Au niveau national, 1 133 millions de plaquettes
intitulées « Les plages après le naufrage de
l'Erika – conseils pour vos vacances » [14] dont
986 000 en français, 118 000 en anglais et 29 000 en
allemand ont été élaborées. La diffusion s'est opérée, dans les
cinq départements concernés, de la façon suivante :
– diffusion directe de 92 000 exemplaires auprès des
Offices de tourisme et de 375 000 exemplaires auprès des
pharmaciens de l'ensemble de ce territoire ;
– les postes de secours des plages et les médecins du littoral
ont été destinataires de 202 300 exemplaires par
l'intermédiaire des mairies ;
– une diffusion complémentaire de 247 500 exemplaires
a été réalisée auprès des maires, campings, postes de secours,
médecins du littoral.
Du 28 au 31 août 2000, la DDASS a procédé à la visite de 15
des 16 Offices de tourisme du littoral [27]. Il a été constaté
que la plaquette nationale est mise à disposition du public de
façon évidente dans 9 établissements sur 15 (60 % des
cas). Dans quatre cas, il est nécessaire de la demander pour se la
procurer. Un établissement se déclare en rupture de stock et un
dernier est incapable d'en fournir un seul exemplaire.
Bilan de l'information disponible auprès des postes de
secours
Au niveau départemental, la DDASS a réalisé un document
d'information intitulé « Surveillance sanitaire du littoral de
Loire-Atlantique – saison estivale 2000 » [12]
comportant une fiche de gestion établie par la DDASS [13]. Dans ce
document, sont précisés le rôle des maîtres nageurs dans la
surveillance quotidienne et permanente des plages, ainsi que
l'information disponible à différents niveaux : dépliant
d'information grand public [14], affiche PVC à l'entrée de la plage
[28], contenu du site internet officiel, coordonnées téléphoniques
des centres anti-poison de Rennes et d'Angers, de la DDASS et de la
direction régionale et départementale de la Jeunesse et des Sports
(DRDJS). Ce document a été envoyé en début juillet 2000 par la
DDASS aux 17 élus du littoral pour transmission aux maîtres
nageurs sauveteurs des postes de secours des baignades surveillées
[11].
Du 9 au 16 août 2000, la DDASS procède à la visite de
31 postes de secours répartis sur 14 des 17 communes du
littoral (soit la quasi-totalité des postes de secours) [29]. Il
est constaté que la plaquette nationale « les plages après le
naufrage de l'Erika – conseils pour vos vacances »
[14] n'est disponible que dans 20 % des postes de secours
(6/31) pour la version française, aucune plaquette en allemand ou
anglais n'étant disponible. De la même façon, le document
d'information précité [12] transmis aux maires et destiné aux
postes de secours n'est retrouvé que dans 45 % des postes de
secours visités (14/31) et la fiche de gestion établie par la DDASS
dans 58 % des postes (18/31). Dans la fiche de gestion [13] où
était préconisée la mise à disposition d'huile végétale pour les
estivants présentant des souillures cutanées par le fioul, il a été
constaté que des produits de nettoyage de la peau étaient
disponibles dans 97 % des postes contrôlés (30/31). Il est à
noter que les postes de secours recensent de l'ordre de 4 à
5 demandes par semaine visant le nettoyage de la peau ainsi
que des questions sur la marée noire.
Bilan de l'enquête menée auprès du public
Du 11 au 23 août, 384 questionnaires sont remplis
concernant 384 estivants sur 12 plages de 7 communes
de Loire-Atlantique interrogés par des enquêteurs de l'ESSCA (École
Supérieure des sciences commerciales d'Angers) [30]. Sur les
12 plages concernées, 9 étaient décrites par la DDASS
dans « un état sanitaire satisfaisant », et sur
9 plages on pouvait trouver une affiche PVC « Information
marée noire Erika » [28] en entrée de plage. Sur les
9 plages, à l'entrée desquelles se trouvait une affiche,
60 % des personnes interrogées (168/278) ont déclaré l'avoir
vue et 43 % (119/278) ont déclaré l'avoir lue. De la même
façon, sur l'ensemble des 12 plages, 9 % des personnes
(35/384) ont déclaré avoir vu la plaquette nationale et 3 %
(13/384) l'avoir lue [14]. Néanmoins, l'information par affiche et
par plaquette est jugée utile par plus de 84 % des personnes
interrogées.
Discussion et conclusion
À ce jour, la gestion de la marée noire peut être classée dans
les phénomènes « hors normes » en plusieurs points.
• La durée : plus de trois ans de mise en œuvre du plan
POLMAR, dont deux ans pendant lesquels des travaux de dépollution
sont mis en œuvre, des restrictions d'usages instituées et des
contrôles et études spécifiques réalisés.
• L'implication du service se traduisant par un équivalent temps
plein de 5 ans et 6 mois consacré à ce dossier,
72 800 km parcourus et la réalisation de
2 290 analyses pour un coût de
563 500 euros.
• Le travail dans un contexte « POLMAR », impliquant
la participation à des réunions de cellules de crise quotidiennes
pendant les premiers mois, des modalités d'action et de
communication spécifiques et un travail en inter-service
soutenu.
• L'implication de nombreux organismes nationaux (INERIS, InVS,
AFSSA...) permettant aux ministères concernés de définir des règles
de gestion à mettre en œuvre par les DDASS. En particulier, sont
concernées la qualité de l'eau de baignade, des plages après la
réalisation de travaux de dépollution, de l'eau alimentant les
marais salants, ainsi que la qualité des coquillages, des poissons
et du sel marin.
• L'intérêt des médias, tant locaux que nationaux et étrangers,
sur ce dossier, qui se traduit par la publication de près de
200 articles en première page dans la presse nationale.
• L'utilisation d'internet, tant par des mouvements associatifs
que par l'administration pour communiquer sur différentes facettes
de la marée noire.
Quelles leçons majeures tirer de cette expérience « hors du
commun » ? De façon évidente, il est nécessaire pour les
DDASS :
• de veiller à se préparer à la gestion de la marée noire avant
qu' elle n'atteigne les côtes et ne porte atteinte à la
qualité des usages. Dans ce cadre, l'organisation interne et la
gestion dans la durée doivent être prévues au plus tôt ;
• d'adapter le contrôle sanitaire en fonction des
caractéristiques du produit en cause, des populations et usages
exposés ou susceptibles d'être exposés ;
• de mettre en œuvre une veille médiatique par l'étude
quotidienne des médias tant locaux que nationaux et la consultation
périodique des sites internet officiels et associatifs ;
• de s'assurer de la façon dont le public a accès et perçoit
l'information officielle qui lui est transmise par l'intermédiaire
des médias ou des élus et la façon dont il adapte son comportement
dans la durée ;
• de veiller à assurer et mettre en œuvre les responsabilités
respectives des élus et de l'État dans le domaine du contrôle
sanitaire réaffirmées par les instructions POLMAR du 3 mars
2002 [31].
Remerciements
Les auteurs remercient les personnes concernées par la gestion
de la marée noire de l'Erika, sous les aspects de santé
environnementale, dans les structures suivantes : ministère
chargé de la Santé, AFSSA, INERIS, InVS, CEDRE, Centres anti-poison
de Rennes, Paris et Angers, Laboratoire municipal de Rouen, IDAC,
SMN, DRDJS, DRASS, DIREN, Service départemental d'incendie et
secours, PCA, sous-préfecture de Saint-Nazaire et préfecture de la
Loire-Atlantique. Le travail relaté dans le présent article n'a été
rendu possible que grâce à la compétence et au dévouement des
personnels et stagiaires de la DDASS affectés à la direction, au
service des ressources humaines et de l'administration générale, au
département santé et au service santé-environnement.
|
SIGLES
|
|
DDASS
|
Direction départementale des affaires
sanitaires et sociales
|
|
POLMAR Mer
|
Pollution MARitime Mer
|
|
POLMAR Terre
|
Pollution MARitime Terre
|
|
FIPOL
|
Fond d'intervention pour les dommages dus à la
pollution par hydrocarbures
|
|
HAP
|
Hydrocarbures aromatiques polycycliques
|
|
US-EPA
|
United States Environment Protection
Agency
|
|
IDAC
|
Institut départemental d'analyse et de
conseil
|
|
InVS
|
Institut de veille sanitaire
|
|
INERIS
|
Institut national de l'environnement et des
risques
|
|
AFSSA
|
Agence française de sécurité sanitaire des
aliments
|
|
ETP
|
Équivalent temps plein
|
|
PCA
|
Poste de commandement avancé
|
|
CEDRE
|
Centre de documentation de recherche et
d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux
|
|
DIREN
|
Direction régionale de l'environnement
|
|
DRDJS
|
Direction régionale et départementale de la
jeunesse et des sports
|
|
PVC
|
Polychlorure de vinyle
|
|
ESSCA
|
École supérieure des sciences commerciales
d'Angers
|
Références
1. Prat M, Mansotte F. La marée noire de
l'Erika : 6 mois d'intervention en Loire-Atlantique.
Bulletin d'information en Santé Environnementale du réseau de la
Santé Publique du Québec 2000 (novembre - décembre) :
1-4.
2. Prat M, Mansotte F. La marée noire de
l'Erika : 6 mois d'intervention en Loire-Atlantique.
IASS La Revue 2001 ; 33 : 45-6.
3. Andre S, Rousseau C. Accident de l'Erika,
interventions à terre. Bulletin d'information du CEDRE
2000 ; 14 : 8-22.
4. Agence française de sécurité sanitaire des
aliments. Avis relatif à la contamination des produits de la mer
par des hydrocarbures à la suite du naufrage du pétrolier
Erika. Maisons-Alfort : AFSSA, 2000 ; 7 p.
5. Circulaire no 297-SDA du
8 février 2000. Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, non
publiée, 3 p.
6. Décret no 89-3 du 3 janvier 1989
relatif aux eaux destinées à la consommation humaine à l'exclusion
des eaux minérales naturelles. Journal officiel de la République
française, 4 janvier 1989 : 125-31.
7. Circulaire DGS VS4 no 2000/293 du
30 mai 2000, relative à la définition des conditions
d'ouverture des plages à la suite de la dépollution du littoral
atlantique par des produits pétroliers. Bulletin officiel du
ministère de la Santé (numéro 2000-23) ; 10 p.
8. Institut national de l'environnement et des
risques industriels (Ineris), Institut de veille sanitaire (InVs).
Évaluation du risque sanitaire résiduel pour les populations
fréquentant les plages après dépollution du fioul de l'Erika :
rapport. Paris : INERIS; InVs, 2000 ; 52 p.
9. Ministère de l'Emploi et de la Solidarité,
Qualité des eaux de mer utilisées pour la production de sel.
Paris : Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, 2000 ;
1 p.
10. Agence française de sécurité sanitaire des
aliments, Avis sur la qualité de l'eau alimentant les marais
salants du 4 avril 2000. Maisons-Alfort : AFSSA,
2000 ; 5 p.
11. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Recommandations aux
classes de mer et aux clubs de loisirs nautiques et pratiques
placés sous la tutelle de l'inspection académique ou de la
direction départementale de la Jeunesse et des Sports de
Loire-Atlantique : fiches. Nantes : DDASS de
Loire-Atlantique, 26 avril 2000 et 13 octobre 2000 ;
2 p.
12. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique, Surveillance
sanitaire du littoral de Loire-Atlantique – saison estivale
2000 : plaquette. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique,
juillet 2000 ; 28 p.
13. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique, Plan POLMAR
Terre – Surveillance sanitaire des eaux de baignade en
mer : fiche. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique,
12 juillet 2000 ; 1 p.
14. Ministère de l'Emploi et de la Solidarité.
Les plages après le naufrage de l'Erika – conseils
pour vacances ; Die Strande nach dem Schiffbruch der
Erika – Gesundheiss Empfehlungen fur irhen Urlaub ; The
beaches following the Erika – advice for healthy
holidays : 3 plaquettes. Paris : Ministère de
l'Emploi et de la Solidarité, juin 2000 ; 2 p.
15. Barneaud A. Gestion d'une marée noire :
réflexion sur les analyses d'hydrocarbures : exemple de
l'Erika, rapport. École nationale supérieure de chimie de
Rennes. Rennes : DDASS de Loire-Atlantique, août 2001 ;
42 p.
16. Touranchet C. Impact de la marée noire de
l'Erika sur le littoral de Loire-Atlantique : études des
données collectées par la DDASS de Loire-Atlantique :
rapport. Rennes : Faculté des sciences de Rennes, août
2001 ; 37 p.
17. Aair Lichens. Émanations atmosphériques côtières
consécutives à la libération d'hydrocarbures dans le milieu
marin – affaire Erika – études lichéniques première
phase : rapport. Nantes : Aair Lichens, juin 2000 ;
17 p.
18. Aair Lichens. Émanations atmosphériques côtières
consécutives à la libération d'hydrocarbures dans le milieu
marin – affaires Erika – études lichéniques deuxième
phase : rapport. Nantes : Aair Lichens, septembre
2000 ; 46 p.
19. Le CLezio N. Contentieux de l'Erika par la
presse du 1312/1999 au 10/04/2001. Rapport de maîtrise en droit
public. Toulouse : Université des sciences sociales de
Toulouse, avril 2001 ; 32 p.
20. Hivert G. Éléments de gestion sanitaire d'une
marée noire à l'usage des DDASS : rapport. Rennes :
École nationale de la santé publique, septembre 2000 ;
55 p.
21. Morita A, Kusaka Y, De Guchi Y, et al.
Acute health problems among the people engaged in the cleanup of
the Nakhodka Oil Spill. Environ Res, Section A 81
1999 ; 185-94.
22. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Les gisements
naturels de coquillages de Loire-Atlantique et la marée noire de
l'Erika : rapport. Nantes : DDASS de
Loire-Atlantique, septembre 2001 ;
26 p. + annexes.
23. Mansotte F, Le Guennic A. L'ouverture des
plages au public après la marée noire de l'Erika. Colloque des
leçons techniques de l'Erika et des autres accidents maritimes,
Brest, 2002 ; 6 p.
24. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Baignades en mer,
baignades en eau douce en Loire-Atlantique, saison estivale
2000 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique,
décembre 2000 ; 39 p.
25. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Baignades en mer,
baignades en eau douce en Loire-Atlantique, saison estivale
2001 : rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique,
2001 ; 43 p. + annexes.
26. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Les marais salants
de Loire-Atlantique et la marée noire de l'Erika :
rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, juillet
2001 ; 35 p. + annexes.
27. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Plan POLMAR-Erika
année 2000, information disponible auprès des syndicats
d'initiative et offices de tourisme des communes littorales de
Loire-Atlantique – Bilan au 31 août 2000 :
rapport. Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, février
2001 ; 4 p. + annexes.
28. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales (DDASS) de la Loire-Atlantique. Information marée
noire Erika, 3 affiches support papier et PVC.
Nantes : DDASS de Loire-Atlantique, juin 2000.
29. Direction départementale des Affaires sanitaires
et sociales de la Loire-Atlantique. Plan POLMAR-Erika année
2000, enquête concernant l'information disponible auprès des postes
de secours des plages de Loire-Atlantique – bilan au
16 août 2000 : rapport. Nantes : DDASS de
Loire-Atlantique, février 2001 ;
7 p. + annexes.
30. École supérieure des sciences commerciales
d'Angers-Junior entreprise. Étude de perception des touristes
quant à l'état des plages et aux moyens de communication mis en
place suite au naufrage de l'Erika par la DDASS de
Loire-Atlantique : rapport. Angers : ESSCA, mai
2001 ; 54 p.
31. Circulaire du 4 mars 2002 relative à
la lutte contre la pollution du milieu marin (documentation
nationale POLMAR). Journal officiel de la République
française , 4 avril 2002 : 5877-88.
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