|
|
 |
 |
| |
Version imprimable |
Contaminants de l'eau de boisson et effets indésirables sur le devenir de la grossesse : revue * |
Publiée dans la revue :
Environnement, Risques & Santé. Juillet - Août 2002. Volume 1Numéro 3,
|
Auteur(s) : Claudine Goldgewicht |
Afin d'identifier d'éventuels épitopes protecteurs à la surface du VHC, il est nécessaire de disposer d'une source abondante de virus. Or, il n'existe pas de modèle cellulaire ou animal permettant la production de virus en quantité suffisante pour son analyse ultérieure. Jusqu'à présent, la plupart de ces études ont été réalisées avec des peptides ou des protéines recombinantes correspondant à des fragments des protéines d'enveloppe E1 ou E2. Ces derniers n'adoptent certainement pas une structure en tout point identique à celle que peuvent adopter E1 et E2 au sein de l'enveloppe du virion, sans compter sur la perte de tous les déterminants résultant de leur hétéro-dimérisation.
Un système d'expression des protéines de structure du VHC par un baculovirus recombinant, décrit pour la première fois il y a 5 ans, vient d'être utilisé dans des essais de binding cellulaire sur des cellules hépatiques humaines et des lignées lymphoïdes. Les protéines virales exprimées dans ce système ont la propriété de s'auto-assembler pour former des pseudo-particules virales (VLP), non infectieuses, de densités comprises entre 1,17 et 1,22 et de diamètre compris entre 35 et 49 nm. Ces VLP ont des propriétés immunologiques communes avec le virion et réagissent avec des anticorps monoclonaux anti-enveloppe E1 et E2.
Des approches directes utilisant des VLP marquées ou indirectes, faisant appel à un anticorps monoclonal anti-E2 puis un anticorps secondaire marqué, ont été utilisées lors des analyses par cytométrie de flux et microscopie confocale.
Les VLP s'adsorbent de façon dose-dépendante et saturable aux hépatocytes humains en culture primaire, aux lignées HepG2, HuH7 et NKNT3, ainsi qu'à la lignée lymphoïde Molt4. La microscopie confocale a permis de préciser qu'une internalisation des VLP a lieu dans ces cellules et augmente avec la température.
Afin de vérifier, dans ce système, les différentes hypothèses déjà émises concernant les récepteurs cellulaires putatifs pour le VHC, des essais d'inhibition ont été réalisés avec des anticorps anti-enveloppe, le CD81 et des lipoprotéines. De façon nette, seuls les anticorps anti-enveloppe inhibent l'adsorption et la pénétration des VLP dans les cellules. Dans cette étude, les VLP s'adsorbent aux cellules utilisées indépendamment de l'expression de celles-ci en CD81 ; de même, un anticorps anti-CD81 humain ne bloque pas l'adsorption des VLP sur les cellules. Cette observation n'exclut pas pour autant un rôle de ce récepteur-candidat avec E2 dans un but autre que l'adsorption du virus. Le rôle biologique de l'interaction entre le VHC et les lipoprotéines demeure plus obscur. Les essais réalisés ici montrent à l'évidence une interaction entre les VLP et les VLDL, LDL et HDL qui conduit à une abolition de la reconnaissance du virus par les anticorps anti-E2 et inhibe son adsorption sur les cellules utilisées.
En dehors de l'intérêt de représenter une source d'antigène facilement purifiable, ce modèle devrait permettre d'éclaircir de nombreux points concernant tout d'abord la structure et les propriétés immunologiques de l'enveloppe du virus, de définir le ou les épitopes d'enveloppe impliqués dans l'adsorption du virus aux cellules cibles, d'évaluer, le cas échéant, l'incidence du génotype du virus sur cette étape et, par là, d'identifier les récepteurs cellulaires impliqués. Ces données devraient être d'un intérêt déterminant pour l'élaboration d'une stratégie vaccinale contre ce virus.
Triyatni M, Saunier B, et al. Interaction of hepatitis C virus-like particles and cells : a model system for studying viral binding and entry. J Virol 2002 ; 76 : 9335-44.
P. Maillard Laboratoire d'épidémiologie moléculaire des entérovirus, Institut Pasteur, Paris
|
|
|