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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Tumeurs cutanéo-muqueuses : aspects épidémiologiques dans le service de dermatologie du centre hospitalier national Yalgado Ouedraogo de Ouagadougou, Burkina Faso Volume 13, numéro 2, Avril 2003

Auteurs
Centre hospitalier national Yalgado Ouedraogo, 01 BP 7022, Ouagadougou 01, Burkina Faso Service de dermatologie et de vénéréologie <fatou_barroyahoo.fr> Service de chirurgie Service de pédiatrie Service d’anatomie et de cytologie pathologiques Laboratoire d’histo-pathologie cutanée de Strasbourg (France)

Du 1 er janvier 1992 au 31 décembre 1996, nous avons mené une étude rétrospective sur les tumeurs cutanéo-muqueuses, dans le but de déterminer les aspects épidémiologiques et les différents types de tumeurs rencontrées dans le service de dermatologie et de vénérologie du centre hospitalier national Yalgado Ouédraogo de Ouagadougou. Nous avons colligé 33 types regroupant 1 024 cas de tumeurs cutanéo-muqueuses chez 988 patients. Un même patient pouvait avoir deux ou trois types différents de tumeurs. La tranche d’âge de 20 à 39 ans était la plus touchée (60,6 % des patients). Nous avons observé l’importance des tumeurs bénignes cutanées (988 cas, soit 96,5 %), avec une prédominance des tumeurs bénignes d’origine infectieuse, en particulier virale (51,7 %). Parmi ces tumeurs bénignes sont comptabilisées des infections sexuellement transmissibles tels que les condylomes. Trente-six cas (soit 3,5 %) d’affections tumorales malignes sont colligés, dont 29 cas de maladie de Kaposi, 5 carcinomes cutanés (13,8 %) dont 3 carcinomes spinocellulaires et 2 basocellulaires ; 2 tumeurs à malignité limite, dont 1 dermatofibrosarcome protubérant et 1 idradénome nodulaire sont recensées. La prévalence élevée des condylomes (151 cas) pourrait expliquer la prédominance de la tranche d’âge la plus concernée car elle est la plus sexuellement active. Notre série a confirmé la relative rareté (3,5 %) des cancers cutanés chez le sujet noir africain. La prédominance de la maladie de Kaposi pourrait s’expliquer par la prévalence élevée du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) dans notre pays.