John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Syndrome cognitif et moteur associé au VIH-1 Volume 7, numéro 3, Mai-Juin 1997

Auteurs
  • Page(s) : 187
  • Année de parution : 1997

L’atteinte du système nerveux central est fréquente au cours de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1). Plus de 40 % des cas de sida présentent une symptomatologie neurologique patente et les études neuro-anatomiques ont révélé l’existence de lésions du système nerveux central dans 80 à 90 % des cas. Au cours de l’infection par le VIH-1, le système nerveux central peut être le siège d’une atteinte directe par le virus ou par une pathologie infectieuse et/ou tumorale consécutive à l’immunodéficience induite (infections opportunistes). L’encéphalopathie au VIH-1, dénommée actuellement « syndrome cognitif et moteur associé au VIH-1 », intéresse les patients de tous âges et est beaucoup plus fréquente au stade de l’immunodépression. Sa fréquence varie entre 4 et 65 % de la population infectée par le VIH-1. Plusieurs hypothèses physiopathologiques ont été avancées. Le rôle des macrophages et des cellules microgliales infectés par le virus a été mis en évidence. Des mécanismes indirects ont également été évoqués, en particulier la libération de lymphokines (TNF, interleukines) et la neuro toxicité d’une glycoprotéine de l’enveloppe du VIH-1 (la glycoprotéine 120). Cliniquement, l’affection se présente sous la forme d’une démence sous-corticale déterminée par la triade troubles cognitifs, troubles moteurs et troubles du comportement. Le diagnostic clinique est un diagnostic d’exclusion. Les infections opportunistes et les tumeurs du système nerveux central doivent être éliminées par des examens d’imagerie cérébrale (tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique) ou par l’examen du liquide céphalorachidien. L’examen anatomopathologique révèle l’existence d’une pâleur myélinique de la substance blanche, la présence de cellules géantes multinucléées et de cellules microgliales. L’examen neuropsychologique est utile pour confirmer le diagnostic, quantifier la réponse au traitement antirétroviral et évaluer l’importance des troubles cognitifs. Il n’existe pas de traitement spécifique de l’affection. L’utilisation des analogues nucléosidiques associés aux autres familles thérapeutiques existantes ouvre des perspectives nouvelles dans la prise en charge de ces patients.