John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Place de l’artéméther parmi les dérivés du qinghaosu Volume 3, numéro 4, Juillet-Août 1993

Auteurs
Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Faculté de médecine Paris Ouest, Hôpital Ambroise-Paré, 9, avenue Charles-de-Gaulle, 92104 Boulogne, France, Laboratoire de Parasitologie-Mycologie, Faculté de médecine Cochin-Port-Royal, Paris, France. Épicentre, 8, rue Saint-Sabin, 75011 Paris, France.
  • Page(s) : 308-13
  • Année de parution : 1993

L’artéméther est un nouvel antipaludique, dérivé du qinghaosu, qui est lui-même un antipaludique extrait d’Artemisia annua. Ce principe actif original a été découvert en Chine en 1971. L’artéméther est développé par les Laboratoires Rhône-Poulenc Rorer et actuellement utilisé dans certaines zones impaludées. Son activité parasiticide s’exerce contre les formes asexuées endo-érythrocytaires de Plasmodium falciparum. Il semble également actif sur P. vivax. Le mécanisme d’action, qui est différent de celui des autres antimalariques, est incomplètement élucidé mais lui confère une activité sur les souches chloroquino-résistantes. Des souches résistantes au qinghaosu ont pu être induites au laboratoire chez des rongeurs infectés, mais n’ont pas été observées en clinique. Les caractéristiques de l’utilisation de l’artéméther chez l’homme sont : la remarquable rapidité d’élimination du plasmodium circulant et, à moindre degré, la rapidité de la défervescence thermique après mise au traitement. Actuellement, l’artéméther est uniquement disponible en solution huileuse pour injection intramusculaire mais d’autres formes galéniques sont à l’étude. La place exacte de l’artéméther dans le traitement des formes graves de paludisme, et notamment du neuropaludisme, sera précisée par les résultats des études cliniques actuellement en cours.