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Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

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Les médicaments antipaludiques et leurs modes d’emploi en milieu africain Volume 10, numéro 6, Novembre - Décembre 2000

Auteurs
Faculté des sciences de la santé, Bangui, République centrafricaine.
  • Page(s) : 425-33
  • Année de parution : 2001

En milieu tropical africain, le paludisme, dont l’agent pathogène le plus virulent et le seul mortel est Plasmodium falciparum, s’avère un problème sanitaire majeur et également un problème de développement socio-économique. Son contrôle passe par l’emploi adéquat des médicaments antipaludiques ainsi que par l’application de méthodes de protection individuelles et collectives. Les médicaments antipaludiques de première intention pour le traitement de l’accès palustre bénin sans vomissement à P. falciparum restent les amino-4-quinoléines, essentiellement la chloroquine, en se fondant sur le niveau de chimiorésistance de P. falciparum dans la majorité des pays africains, surtout en Afrique centrale et occidentale. Seul le Malawi en Afrique australe a remplacé en 1993 la chloroquine par la sulfadoxine-pyriméthamine dans cette indication. Dans le cas de l’accès palustre bénin avec vomissements mais sans gravité et de l’accès palustre sévère avec ou sans chimiorésistance à P. falciparum (suspectée ou confirmée), il faut recourir à la quinine par voie parentérale pendant au moins 3 jours. Puis, dès la reprise de la conscience ou la cessation des troubles digestifs, prendre le relais par la quinine par voie orale pendant 5 à 7 jours. L’association sulfadoxine-pyriméthamine est le traitement alternatif à la quinine. Les autres médicaments antipaludiques (halofantrine, méfloquine, artémisinine et ses dérivés), actuellement mis sur les marchés africains et injustement utilisés, doivent être réservés aux exceptionnels cas d’accès palustres à P. falciparum sévères et compliqués, suspects ou confirmés de chimiorésistance aux amino-4-quinoléines. Quant à la protection individuelle contre les anophèles, vecteurs du paludisme en milieu africain, elle utilise surtout les moustiquaires imprégnées d’insecticides pyréthrinoïdes ou la diffusion d’aérosols alors que la protection collective repose essentiellement sur l’assainissement du milieu.