John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

Le défi de la lutte contre le paludisme en Afrique tropicale : place et limite de la lutte antivectorielle Volume 1, numéro 4, Octobre-Novembre 1991

Auteurs
entomologiste médical ORSTOM, 213, rue Lafayette, 75010 Paris, France, entomologistes médicaux ORSTOM, OCEAC, BP 288, Yaoundé, Cameroun, entomologiste médical ORSTOM, BP 1386, Dakar, Sénégal, entomologiste ORSTOM, OCCGE, BP 153, Bobo-Dioulasso, Burkina-Faso, entomologiste médical, Institut Médecine tropicale, Nationalstraate, Antwerpeen, B-2000, Belgique, entomologiste, Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, BP 06, Brazzaville, Congo,
  • Page(s) : 277-88
  • Année de parution : 1991

Le paludisme en Afrique tropicale reste un problème dont la gravité et l’urgence dépassent les ressources locales. Il se pose comme un défi à la solidarité internationale, en particulier dans le domaine de la protection des populations locales, basée uniquement, en attendant le vaccin, sur la lutte antivectorielle. Les perspectives dans ce domaine sont bien différentes selon les caractéristiques épidémiologiques du paludisme en particulier de sa stabilité. La lutte contre le paludisme stable exige des techniques très performantes. Les diverses méthodes de lutte antilarvaire sont peu indiquées. Les pulvérisations intradomiciliaires d’insecticide rémanent sont plus efficaces dans les zones forestières que dans les savanes humides. Mais elles doivent être poursuivies sans limitation de temps, car l’arrêt des traitements est aussitôt suivi par un retour du paludisme à son niveau antérieur. Les moustiquaires imprégnées de pyréthrinoïdes offrent de bonnes perspectives mais leur emploi est limité par des facteurs anthropo-économiques. La lutte contre le paludisme instable est moins exigeante. Les traitements intradomiciliaires sont en général efficaces et leur périodicité peut être plus espacée ; la protection individuelle devrait être efficace ; dans certaines situations (pas dans toutes), la lutte antilarvaire et l’aménagement de l’environnement peuvent être envisagés. Cet inventaire critique des moyens de lutte actuellement disponibles contre les anophèles ne laisse que peu de marge de manœuvre en particulier dans les zones stables. Il faut donc utiliser au mieux les armes disponibles en veillant à leur adéquation aux contextes locaux. Les échecs antérieurs nécessitent la prise en compte des facteurs économiques et socioculturels pour assurer la poursuite des opérations sans limite prévisible de temps.