John Libbey Eurotext

Cahiers d'études et de recherches francophones / Santé

La salpingographie sélective dans le traitement des infertilités par obstacle tubaire proximal : à propos de 122 cas traités à Dakar Volume 9, numéro 2, Mars - Avril 1999

Auteurs
Service de radiologie générale (Pr M. Badiane), CHU Fann, Université de Dakar, BP 5534, Dakar Fann, Sénégal.
  • Page(s) : 81-4
  • Année de parution : 1999

Une salpingographie sélective a été réalisée chez 122 femmes souhaitant avoir un enfant, présentant une stérilité primaire ou secondaire déterminée par l’absence de grossesse après plus de 1 an de rapports sexuels non protégés et dont l’hystérographie standard ne montrait aucune opacification tubaire proximale. Cette salpingographie a été réalisée en ambulatoire, en salle de radiologie, sous amplificateur de brillance et sous couverture antibiotique pendant la phase folliculaire. Nous avons utilisé des sets commerciaux complets d’abord de Cook puis de Zorn. L’âge moyen des patientes était de 34 ans (extrêmes : 28 et 46 ans). La durée moyenne de stérilité était de 7,7 ans (extrême : 2,2 et 14 ans). La recanalisation tubaire a été obtenue dans 88,7 % des cas (213 trompes) soit de façon bilatérale dans 66 % des cas, soit de façon unilatérale dans 33 % des cas. Dans tous les cas, les patientes ont eu au moins une trompe perméable au décours des procédures. Les trompes reperméabilisées ont été normales dans 73 % des cas (177 trompes) et pathologiques dans 15 % des cas (36 trompes). L’obstruction tubaire n’a pas pu être supprimée dans 11,3 % des cas (27 trompes). Des douleurs et des saignements ainsi que des nausées (moins fréquemment) ont été les signes le plus souvent retrouvés dans les suites immédiates de l’intervention. Un cas de perforation tubaire a été noté sans mortalité, et aucune grossesse extra-utérine n’a été signalée : 49 grossesses, dont 39 menées à terme, ont été recensées. Nos échecs sont principalement dus au manque de coopération des patientes surtout lorsqu’elles ont eu des antécédents d’hystérosalpingographie douloureuse et aux difficultés de cathétérisme sur les utérus fortement rétrofléchis ou antéfléchis associés à une rotation. Les complications ont été pratiquement inexistantes ; notre seul cas de perforation tubaire survenue au début de la série a été sans retentissement. La salpingographie sélective nous apparaît donc comme une technique simple, peu coûteuse et efficace, qui devrait être la méthode thérapeutique de première intention dans les infertilités par obstruction tubaire proximale.